Category: societe

  • Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    L’écume forme de petits moutons blancs sur un étang de Berre agité. Ce jeudi, les bourrasques sont tellement violentes qu’Émilien Urbach préfère ne pas prendre la mer. « Ce serait inconscient », glisse-t-il. La météo lui accorde quelques jours supplémentaires pour travailler sur son voilier de 1977, l’Hétérotope. Arrivé le 23 mars au port Maritima de Martigues, le skipper doit finaliser des réparations avant de rejoindre l’Estaque puis de prendre le large avec la Global Sumud Flotilla le 4 avril avec une centaine d’autres embarcations.

    « Pour naviguer avec eux, il y a un tas de normes de préparation des bateaux, notamment en termes d’autonomie électrique, et vu qu’il faut qu’on installe des caméras, qui sont notre seule protection pendant la délégation, il y a plein de petits aménagements à faire, détaille-t-il. Plus des révisions avant de parcourir les 2 000 miles qui nous séparent de Gaza. »

    D’autant que l’Hétérotope aura le retour à faire immédiatement. « Notre but est de ne pas nous faire attraper, de récupérer les productions des autres bateaux avant d’atteindre la ligne rouge », explicite Émilien Urbach. Le voilier a en fait la vocation d’être un centre culturel flottant, et pour ça, « on va distribuer un sachet de conservation avec des blocs-notes et des appareils photo jetables à chaque équipage ».

    De la création d’œuvres pendant la navigation

    Cette idée a germé à la suite de la précédente Flottille, qui a eu lieu en automne 2025. Émilien Urbach y avait participé en tant que journaliste pour L’Humanité. Il explique : « Quand on s’est fait intercepter, il a fallu balancer tous nos carnets de notes, il y a des camarades qui ont avalé leur carte SD pour garder les images. Donc on s’est dit : la mémoire est très fragile, il faut travailler là-dessus. » Une fois de retour à terre, des artistes se pencheront sur la matière issue des sachets de conservation « pour lui donner un écho et créer un patrimoine culturel du mouvement ».

    Des artistes, à l’instar du dessinateur Edmond Baudoin ou du photographe Saif Fradj, embarqueront à bord de la Flottille « pour créer des œuvres autour de ce qui se passe pendant la navigation mais aussi autour d’un dialogue avec des artistes palestiniens », poursuit Émilien Urbach.

    La mission de l’Hétérotope au sein de la Global Sumud Flotilla s’inscrit dans la droite ligne de son histoire récente. Le voilier a été acquis par la compagnie de théâtre C’est la goutte d’eau, fondée par le journaliste (par ailleurs metteur en scène et auteur) et sa compagne, pour sensibiliser le public aux enjeux migratoires en présentant un spectacle imaginé à bord de l’Aquarius, le bateau de sauvetage de SOS Méditerranée lors d’une tournée tout autour de la Méditerranée en 2018-2019. Sept ans plus tard, le bateau-théâtre se transforme en centre culturel embarqué.

  • Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    L’étude réalisée par l’Insee sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, confirme la présence du plafond de verre pour les femmes. Réalisée à partir de données de 2024, l’étude, présentée ce jeudi en partenariat avec le préfet de région, met en lumière des inégalités toujours marquées, malgré une légère amélioration ces dernières années.

    Entre 2018 et 2024, l’écart de salaire a diminué de 3,5 points. En moyenne, les femmes continuent de percevoir des revenus inférieurs à ceux des hommes dans la région. Même à temps de travail équivalent, l’écart reste significatif, preuve que les inégalités ne s’expliquent pas uniquement par la durée de travail. « Ces différences s’expliquent en partie par la place occupée par les femmes dans le monde professionnel. Moins présentes dans les postes les plus rémunérateurs, elles restent sous-représentées dans les plus hauts niveaux de salaire, ce qui contribue directement à creuser les écarts », détaille l’Insee.

    Différences selon les territoires

    Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Les écarts sont particulièrement marqués dans certains territoires, atteignant plus de 15% dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, contre 6,1% dans les Hautes-Alpes. « Ces différences s’expliquent notamment par la structure des emplois et la concentration de métiers plus rémunérateurs », ajoute l’Institut.

    Les femmes restent moins bien rémunérées dans presque toutes les catégories socioprofessionnelles. L’écart est particulièrement marqué chez les cadres (-14,9%) et les ouvriers (-14,7%), tandis qu’il est beaucoup plus limité chez les employés (-2,5%).

    Les inégalités s’accentuent au fil de la carrière. Chez les jeunes de moins de 30 ans, l’écart est relativement faible : les femmes gagnent environ 5% de moins que les hommes, et ce dans presque toutes les catégories. Seule exception chez les employés, où l’écart tombe à seulement -1,1%, toujours chez les moins de 30 ans.

    Avec l’âge, l’écart se creuse fortement. Entre 30 et 49 ans, puis à partir de 50 ans, les femmes se retrouvent de plus en plus loin derrière les hommes en termes de salaire. « Cela montre des trajectoires professionnelles différentes entre femmes et hommes. » Face à ce constat, la préfecture insiste sur la nécessité d’agir : « L’importance est de porter des politiques publiques ambitieuses pour faire face à ces données. » Avec l’objectif de réduire durablement les inégalités salariales.

    En chiffres

    20,2%

    C’est l’écart moyen de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Paca. Cet écart prend en compte toutes les situations, notamment les temps partiels, situation de travail assez fréquente chez les femmes dans la région. Il donne ainsi une vision globale des inégalités salariales.

    13,8%

    À temps de travail égal, l’écart existe toujours : les femmes gagnent encore moins que les hommes. Cet écart de 13,8% exclut les différences liées au temps partiel et permet de comparer des situations similaires. Il met en évidence des écarts de rémunération qui subsistent entre les salariés hommes et femmes.

    21%

    Les femmes ne représentent que 21% des 1% des salariés les mieux payés. Elles sont donc très minoritaires parmi les postes les plus rémunérateurs. Elles sont également sous-représentées parmi les 10% les mieux rémunérés, où elles constituent 29% des effectifs. Les femmes représentent 43% des salariés du privé.

  • Un deuxième navire au GNL pour Corsica linéa à Marseille

    Un deuxième navire au GNL pour Corsica linéa à Marseille

    La cérémonie s’est tenue au chantier naval chinois CMJL Jinling, à Weihai, aux côtés du partenaire industriel de la compagnie, Stena RoRo et marque l’achèvement de la construction du navire RoPax menée avec succès depuis la pose de la quille en février 2025. Le Capu Rossu rejoindra la France en mai avant d’être baptisé lors de deux cérémonies : le 11 juin à Marseille et le 12 juin à Ajaccio.

  • Une journée pour une agriculture paysanne à taille humaine

    Une journée pour une agriculture paysanne à taille humaine

    Marché paysan, projection débat, diffusion de podcast, table ronde ou encore boum… Le programme est chargé pour cette 3e édition de la journée de l’agriculture paysanne. Co-organisée par huit associations, dont la Confédération paysanne et les Paniers marseillais, l’événement aura lieu toute la journée du samedi au sein de la ferme pédagogique du Roy d’Espagne à Marseille (9e).

    « Le but de cette journée est pouvoir parler de la culture paysanne et de ses spécificités et mettre en avant qu’il y a encore de la culture paysanne aux abords des villes, surtout dans les Bouches-du-Rhône, explique Jean-Charles Bureau, secrétaire de la Confédération paysanne 13 et apiculteur. Et d’inciter les gens à changer leurs pratiques de consommation, en leur montrant qu’il y a des points de vente et la qualité de nos productions », ajoute-t-il. Un marché paysan et un repas fait avec les produits locaux permettront notamment aux curieux de découvrir la richesse de l’agriculture paysanne du département.

    Le village des associations permettra également à chacun de découvrir les initiatives mises en place à l’échelle locale pour promouvoir les circuits courts, comme l’association des Paniers marseillais, ou l’expérimentation de la sécurité sociale de l’alimentation portée par la Comac.

    Pression foncière

    L’occasion aussi pour les associations organisatrices de promouvoir cette forme d’agriculture comme nécessaire à la mise en place d’une réelle souveraineté alimentaire française. « Car l’agriculture paysanne repose sur des petites fermes, à taille humaine, qui sont donc généralement plus directement liées aux consommateurs, explique Clément Gauthier, animateur de réseau pour l’association des paniers marseillais. Et ils reposent plus sur des pratiques agroécologiques moins dépendantes des intrants de synthèse produits à partir de gaz importé. Ils permettent donc une meilleure autonomie alimentaire des territoires. [car pas dépendant du court des énergies internationales ]. »

    La question de la pression foncière sur les exploitations agricoles sera aussi au cœur des débats de cette journée. Car pour Jean-Charles Bureau, « la pression foncière et la bétonisation sont un gros souci [ pour l’agriculture]. Car si les terres des agriculteurs qui partent à la retraite ne sont pas gardées pour les paysans futurs, alors elles sont perdues. Et pour avoir une autonomie alimentaire, il nous faut des terres arables ». C’est pourquoi, les associations défendent le projet d’un million de paysans d’ici 2050.

  • Toutes et tous aux abris

    Toutes et tous aux abris

    À la suite des effondrements de la rue d’Aubagne en 2018, le thème central de la campagne de 2020 portait sur la résorption de l’habitat indigne. Le SAF déplore que l’actuelle campagne porte principalement sur la surenchère sécuritaire au détriment de ce sujet central.

    En 2022, on recensait plus de 16 000 sans-abri à Marseille.

    D’autres communes, comme Bordeaux ou Grenoble, endiguent la carence de l’État en s’y substituant par la création de places d’hébergement d’urgence et en engageant sa responsabilité financière auprès du Tribunal administratif. La Mairie peut mobiliser son patrimoine foncier et encourager le Préfet à réquisitionner les biens de tourisme non déclarés et les 57 000 logements vides au profit de l’hébergement des plus précaires. La Mairie doit également se substituer à l’État en matière de contrôle des hôtels conventionnés, et donc subventionnés, afin de garantir la décence et la salubrité des hébergements au sein de ces établissements.

    85 % des Marseillais sont éligibles à un logement social.

    À Marseille on dénombre 50 000 demandeurs en attente, pour un délai d’attribution supérieur à 5 ans. Toutefois, l’opacité dans l’attribution des logements sociaux, y compris ceux relevant du contingent municipal, reste de mise. Malgré une augmentation de ses effectifs, le service communal d’hygiène et de salubrité apparaît toujours sous-dimensionné par rapport à la réalité du mal-logement, ce qui implique des délais excessifs de traitement des signalements, des classements de dossiers sur la base des dires des bailleurs sans procédure contradictoire et sans notification du motif du classement, ainsi que l’absence de contrôle municipal en dehors des signalements effectués par les locataires. Pour rendre le contrôle de la décence des logements loués effectif, ce service doit être redoté. Les locataires doivent être adressés vers des associations partenaires et informer sur le droit d’être assisté d’un avocat et sur le mécanisme de l’aide juridictionnelle, afin d’obtenir la réalisation des travaux et demander une diminution ou une conservation du loyer.

    La ville de Marseille s’est constituée partie civile dans 14 affaires correctionnelles en 2024/2025 et a communiqué sur la condamnation de 29 marchands de sommeil depuis 2020. La majeure partie des poursuites pénales proviennent de plaintes de victimes ou d’associations. Pourtant, les agents communaux sont les premiers à découvrir les situations d’indignité des logements et la soumission de personnes vulnérables. L’article 40 du code de procédure pénale qui prévoit que « tout fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur », doit davantage être mise en œuvre.

    Par le SAF

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  • Le Mistral pousse les pompiers à de nombreuses interventions

    Le Mistral pousse les pompiers à de nombreuses interventions

    Routes bloquées, chutes d’arbres, lignes électriques à terre… Les services de secours ont dû répondre à des centaines d’appels d’urgence dans le département, ce jeudi alors que l’alerte jaune vents violents devrait être levée vendredi après-midi.

    Plusieurs centaines d’interventions

    Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont redoublé d’efforts jeudi dès le début d’après-midi alors que le Mistral forcit. « Les pompiers ont dû effectuer d’interventions liées à des chutes d’arbres sur les routes », indique le Service départemental de secours et d’incendie, à Aix, Carnoux, La Bouilladisse, Allauch, Eguilles, Ventabren, Rognac, Coudoux, Velaux, Cabries… Témoignant de l’ampleur du phénomène étendu sur toutes les Bouches-du-Rhône et la région. Pour autant, « aucun dommage aux personnes et aux biens n’est à constater », indique-t-il. Sur ces interventions « le travail des pompiers a essentiellement consisté à sécuriser les abords et en lien avec les autres services permettent de libérer les voies de circulation… » De plus, quatre interventions pour sécuriser des toitures partiellement arrachées sont en cours sur les communes de Berre, Arles, Velaux et les Pennes Mirabeau.

    Le toit de la piscine s’envole

    « Cette dernière intervention est la plus significative car elle concerne 200m² de la toiture de la piscine Jas de Rhôdes située avenue Paul brutus, qui se sont partiellement arrachés », précise le Sdis. « Le bâtiment d’une surface de 1 000m² abritait 15 usagers et 12 employés, tous sont indemnes et ont été évacués », précisent les sapeurs-pompiers. Les opérations de sécurisation du bâtiment ont nécessité l’intervention d’une équipe spécialisée en manœuvre de force.

    En fin d’après-midi, les sapeurs-pompiers dénombraient 150 interventions directement liées au Mistral avec, notamment, plusieurs lignes électriques qui étaient également tombées. L’Est de l’Etang de Berre et l’ouest d’Aix-en-Provence étant plus particulièrement impactés.

    Les interventions se sont succédé également pour les marins-pompiers à Marseille intra-muros qui en dénombrait « près d’une centaine en milieu d’après-midi ». Ces derniers ont notamment porté secours et pris en charge un passant blessé à la jambe par la chute d’un arbre, boulevard Théodore Thurner (6e). Les fortes rafales ont exigé de nombreuses opérations de sécurisation de toitures.

    La préfecture des Bouches-du-Rhône indique que le département est placé en vigilance jaune vents violents jusqu’à vendredi après-midi.

    Dans le département voisin du Var, Météo France avait également maintenu une vigilance jaune vent Violent, avec des rafales soufflant à plus de 95 km/h. La Préfecture maritime de Méditerranée a quant à elle relayé une alerte météo marine, « pouvant entraîner des vagues de submersion », et a appelé « au report de toute sortie en mer ».

    Des rafales jusqu’à 131 km/h à La Ciotat

    Le Mistral a soufflé très fort ce jeudi, sur l’ensemble du département. En début d’après-midi, les sapeurs-pompiers du 13 ont fait récapitulatif des différents relevés, avec en tête un vent à 131km/h, au Bec de l’Aigle de La Ciotat. Des rafales à 122km/h ont été enregistrées à Martigues et à Marignane (la plus forte rafale depuis le 5 janvier 2022 dans le secteur). Le Mistral a soufflé au-dessus de 100km/h à Saint-Cannat (114 km/h), Salon de Provence (105km/h), Marseille à Saint-Loup (103km/h) ou encore à Aubagne.

  • À Carpentras, les lycées Fabre et Victor-Hugo luttent ensemble

    À Carpentras, les lycées Fabre et Victor-Hugo luttent ensemble

    Les deux établissements font face à une grosse baisse de moyens annoncée pour la rentrée prochaine. Un premier rassemblement s’était également tenu le matin même devant le lycée Fabre.

  • À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    Quelques minutes après la sonnerie de la pause méridienne au lycée Frédéric-Mistral d’Avignon, alors que les derniers élèves se dépêchent de sortir de l’établissement pour aller manger chez eux ou dans un snack des alentours, ce sont une trentaine d’enseignants qui se sont regroupés devant les grilles pour protester contre « la baisse des moyens horaires prévue par le rectorat ».

    Panneaux en main, les messages sont divers. « Faire avec moins, c’est faire moins bien », « Plus de DHG [dotation horaire globale, c’est-à-dire le nombre d’heures d’enseignement dans l’établissement, Ndlr] pour mieux enseigner » ou encore « Rendez les heures au lycée Mistral » peut-on notamment lire sur les pancartes. Ce serait au total pas moins de 120 heures de la dotation horaire globale (DHG) qui seraient amputées à l’établissement sur décision du rectorat d’Aix-Marseille. Ce qui entraîne la suppression d’une classe de seconde et de terminale ainsi qu’un poste d’enseignant en français. Résultat, en seconde par exemple, les élèves seront dispatchés en huit classes à 35 apprenants et deux classes à 24. « Cette nouvelle augmentation d’élèves par classe est un non-sens pédagogique », regrettent les manifestants. Mais aussi des dédoublements de classes supprimés « en spécialité anglais, en physique-chimie, en sciences numériques… un peu partout en fin de compte », liste Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la Snes-FSU en Vaucluse et enseignant dans l’établissement. Une baisse que le rectorat justifie « par une baisse démographique ». Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

    Une suppression d’heures beaucoup trop élevée pour le responsable syndical. La DHG est calculée à hauteur de 1,1 heure par élève par les services de l’État. « On aurait dû perdre 80 ou 90 heures, ce qui était déjà beaucoup trop. Mais là, c’est un vrai coup de rabot », déplore Sylvain Bartet. Dans une pétition réclamant l’abandon de cette décision, il est revendiqué « un retour au dispositif de classes de seconde à effectifs réduits tendant à 25 élèves par classe ». Celle-ci a été signée par 70 enseignants de l’établissement scolaire. Une nouvelle manifestation est prévue ce mardi 31 mars devant la direction académique.

    Meilleures conditions

    de travail

    Des effectifs moins fournis qui permettraient « d’aider au mieux les élèves de ce niveau à réussir leur entrée au lycée et leur orientation », insiste-t-on dans cette même pétition. Marie*, représentante des parents d’élèves et mère d’une élève de terminale, abonde en assurant que cette décision « aura une conséquence directe sur les enfants ». En évoquant par exemple « le non-dédoublement pour les matières scientifiques, ce qui empêche les organisations de travaux dirigés ou d’expériences », qui sont pour elle « des moments où on développe notamment son expression orale, ce qui est essentiel pour le grand oral » ou encore « des heures où ils peuvent exprimer leurs idées plus librement ».

    Un recul qui serait le plus marqué de ces six dernières années. « En 2020, on fonctionnait encore avec 26 élèves par classe en seconde. Là, ce serait presque un luxe », assure Sylvain Bartet. « Si on laisse passer sans rien dire cette baisse, cela ne ferait qu’empirer ces prochaines années », insiste Marie.

    L’an dernier, au mois de mai, une manifestation similaire s’était tenue face à une baisse de DHG de 56 heures dans le même lycée. « Au bout d’un moment, on s’inquiète aussi de la réputation de Mistral. Car moins d’heures, cela veut dire aussi moins de résultats aux examens. Certains élèves viennent de très loin pour les options proposées ici. Ce serait bête que cela s’arrête pour des calculs comptables », insiste la parent d’élève.

    *Prénom modifié

  • À Septèmes, le soutien du maire aux grévistes du collège Ferrandi

    À Septèmes, le soutien du maire aux grévistes du collège Ferrandi

    Ces derniers ont également reçu la visite du maire (PCF), André Molino, venu apporter son « soutien aux enseignants mobilisés ». « Ils défendent notre école publique fragilisée par un manque criant de moyens. Le gouvernement prévoit en effet la suppression de plus de 4 000 postes au niveau national dans les premier et second degrés, dont 900 pour l’Académie Aix Marseille », s’est notamment insurgé le maire, avant de poursuivre : « Toujours moins de postes, toujours plus d’élèves, des conditions qui ne cessent de se dégrader : autant de conséquences des politiques d’austérité qui mettent à mal l’éducation nationale. »

  • À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    « éducation au rabais = démocratie en danger », « laissez nos profs en paix », « laissez-nous nos options et nos spé »… De nombreux élèves se sont mobilisés aux côtés de leurs professeurs, jeudi, devant leurs établissements, puis devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), à Digne-les-Bains. Ils s’inquiètent des suppressions de classes, d’heures de cours, de postes d’enseignants et d’options ou de spécialités, dans le département.

    Devant le lycée Alexandra-David-Néel de Digne-les-Bains, particulièrement mobilisé car largement touché par ces coupes budgétaires, Alexandra, 17 ans, craint que la suppression de sa spécialité audiovisuel. « C’est la grande spécificité de notre lycée, les options et les spés artistiques. C’est pas possible de les supprimer ! », déplore-t-elle, en train de préparer des pancartes pour la manifestation, sur fond musical. « Ils veulent augmenter les effectifs de classes à 35 élèves, surtout pour les sections STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), alors que, pour avoir une classe qui est déjà à 35, c’est horrible ! »

    « Éducation négligée, lycées énervés »

    Elena, 15 ans, est venue devant son lycée pour soutenir ses professeurs. « Notre classe est menacée, on a déjà du mal à se concentrer avec 25 élèves, et c’est compliqué pour les professeurs de nous aider chacun à notre tour. Alors 35, ça risque d’être énorme », craint-elle. Sur les pancartes préparées par les lycéens et leurs enseignants devant l’établissement, on peut lire : « 35 élèves pour 30m2, on appelle ça un élevage intensif », « éducation négligée, lycéens énervés », « le nouveau budget gros flop »… « On aurait décroché depuis longtemps si on était 35 », affirment Anaé et Alexia, 17 ans, en classe de STMG, dont les effectifs vont augmenter.

    À l’intérieur du lycée, les nombreux professeurs mobilisés se réunissent avant de prendre la route vers la DSDEN en fin de matinée. « Jusqu’à maintenant, on avait 9 heures d’option EPS, on a même eu jusqu’à 12 heures. Et là, on nous supprime 3 heures. Cela veut dire qu’un groupe va sauter alors qu’on a 79 inscrits. Il y en a forcément qui vont rester sur le carreau et arrêter l’option », regrette Aline Marteau, professeure d’EPS au lycée Alexandra-David-Néel. « On a un collègue qui vient faire un complément de service. Ce collègue risque de sauter », ajoute-t-elle.

    « On doit faire des compromis pour que l’édifice ne s’écroule pas », constate Julie Ruffe Raimon, professeure d’arts plastiques. « Mais là, ça s’écroule », lui répond Aline Marteau. Le convoi d’Alexandra David-Néel a rejoint plusieurs autres établissements mobilisés devant la DSDEN. « C’est un département qui se soulève », lance Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, rappelant qu’il manque « 44 classes supplémentaires pour être dans la moyenne européenne » dans le département : « Pour l’instant, on est les derniers d’Europe. Cette année, ils attaquent l’éducation prioritaire. Le collège Jean-Giono à Manosque perd deux classes. »