Category: social

  • Les Kem One endeuillés après un accident à Martigues

    Les Kem One endeuillés après un accident à Martigues

    L’action syndicale des salariés de Kem One à Lavera a pris un coup d’arrêt brutal, mercredi matin. Un accident de la route a impliqué un motard sur la départementale 9 à proximité de l’entrée de l’usine chimique, aux alentours de 8h.

    L’intervention de huit pompiers et de leurs quatre engins de secours n’a pas suffi à réanimer le motard d’une soixantaine d’années, d’après les pompiers 13. L’accident a perturbé un temps la circulation autour des accès à la plateforme pétrochimique, à la sortie du viaduc et autour du rond point du chat noir.

    La CGT a demandé le report des négociations

    D’après les syndicalistes présents à l’entrée de l’usine Kem One, rapidement informés, le motard en question était l’un des travailleurs de l’usine. Vers 9h, les salariés mobilisés avec le syndicat CGT de l’entreprise dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ont collectivement décidé d’arrêter leur mouvement.

    La CGT Kem One a demandé le report des NAO à la direction du groupe, qui a accepté. Le nouveau rendez-vous est fixé au 28 janvier. « On avait même fait attention à fluidifier le passage au tractage et pas bloquer », regrette un syndicaliste présent sur place.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    La Marseillaise : Ce début d’année est marqué par le chaos international…

    Serge Ragazzacci : On a une situation globale qui est en train de dégénérer. On dénombre plus de 400 morts depuis le cessez-le-feu en Palestine. On voit bien qu’on a une situation de guerre qui continue un peu partout dans le monde autour des questions liées aux ressources, en Ukraine avec les métaux rares, au Venezuela avec le pétrole. On revient à des choses un peu basiques dans le capitalisme, avec des postures très coloniales, les menaces réaffirmées sur Cuba, le Groenland, qu’on est bien obligés de prendre au sérieux après l’enlèvement de Maduro. Il faut donc réaffirmer un message de paix et la nécessité de se mobiliser contre l’avancée de l’extrême droite dans le monde et dans notre pays. On voit malheureusement ce qu’il s’est passé aux USA, avec cette police ICE, l’assassinat de cette mère de famille, les images de chasse à l’homme, des choses qui doivent en faire rêver plusieurs chez nous.

    L’année 2025, d’un point de vue syndical, a été marquée par des luttes victorieuses, notamment sur les retraites…

    S.R. : Ce qu’on a gagné, c’est de maintenir cette question des retraites dans le paysage et de ne rien lâcher. Il y a eu des conséquences politiques et même si c’est symbolique, ce décalage existe. On peut construire dessus pour aller vers la progression. Donc c’est une bonne chose, mais surtout ce qui a marqué l’année 2025, ce sont les luttes dans les entreprises sur l’emploi, les salaires. On a constaté qu’on avait eu une activité soutenue parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait fait beaucoup d’actions, de formations. Il n’y a pas eu de relâchement, même si, peut-être, c’est moins visible de l’extérieur car il n’y a eu de grandes manifs.

    Néanmoins, on ne dénombre
    pas moins de 483 plans de licenciements en ce début d’année, il faut amplifier la lutte
     ?

    S.R. : C’est la grande question. Ça va bientôt faire un an que la CGT publie des éléments sur les plans sociaux en cours. Il faut arriver à enrayer le processus, même si on a pu avoir quelques victoires comme le rejet du PSE d’Auchan, le projet de la nationalisation d’Arcelor Mittal. Un certain nombre de luttes sont engagées et c’est sûrement un des grands enjeux de la séquence parce que notre pays est frappé, toujours dans le contexte international, par un déficit de souveraineté. Si on maintient la destruction de notre industrie, le pays va être complètement dépendant de ses approvisionnements en matériel. On l’a découvert en grand en 2020, mais rien n’a changé depuis. C’est ce qui fait le déficit de notre balance du commerce extérieur mais aussi ce qui crée notre dette au niveau de la planète et de la couche d’ozone. On a besoin de réindustrialiser le pays, ce qui veut dire commencer par éviter les grands plans de licenciement et les fermetures d’usines.

    Nationalisation, réindustrialisation, les idées syndicales progressent dans le débat public en 2026 ?

    S.R. : Il faut qu’on arrive d’une part à les partager davantage avec les autres formations syndicales et d’autre part que ce soit repris à la hauteur nécessaire par les formations politiques. Sur un certain nombre de sujets, je trouve que la gauche reste un peu timide. On a une offensive droitière pour revenir sur un ensemble de conquêtes sociales : les 35 heures, le 1er mai, etc. De l’autre côté, on a un peu du mal à trouver une accroche pour garantir quelques points d’appui pour le monde du travail. Par exemple, une nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures ; le CDI dans le privé et le statut dans le public redeviennent la norme parce qu’aujourd’hui il y a une forte précarité, une déréglementation. On doit retrouver un droit du travail qui protège et évite de mettre les gens en compétition non pas sur la qualité de leur travail mais sur le statut de leur contrat de travail. La question de l’augmentation des salaires et des pensions est essentielle. Il y a quand même des éléments structurants que le mouvement syndical a mis en évidence et qui doivent être repris beaucoup plus fortement dans le débat public et sans aucune retenue.

  • Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    « La sirène a retenti, on a dû sortir. » Ce jeudi matin, Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) à la culture à la mairie de Marseille, comme les autres membres du conseil d’administration de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée (Inseamm), dont le directeur général Raphaël Imbert, ont dû quitter l’instance après son interruption fortuite… Et devant une « haie du déshonneur » faite par plusieurs dizaines d’agents, enseignants aux Beaux-Arts, du conservatoire ou encore agents d’accueil. Lesquels ont largement hué la direction avec des slogans sans fausse note : « La direction s’engraisse, la pédagogie régresse » ou encore « direction gavée, école asphyxiée ». La veille, le conservatoire Pierre-Barbizet était fermé du fait d’une grève des agents d’accueil, en lutte depuis plus d’une semaine, pour « plus de reconnaissance » (lire nos articles du 07/01 et 15/01).

    En bref, la colère monte crescendo et les différents corps de l’Inseamm accordent leur violons pour se faire entendre. « Je suis agent ici depuis 1985 et c’est la première fois que je vois un tel mouvement », glisse un travailleur de la culture. Vincent Robinot, élu du Snam-CGT, résume la problématique : « On a le sentiment que la direction générale est sourde aux inquiétudes que l’on exprime depuis bien longtemps. Le projet du campus Art Méditerranée met à mal l’enseignement des arts dans nos établissements. » Avant de prendre un exemple concret : « On voit des embauches au secrétariat général, chez les hauts-cadres, mais aux Beaux-Arts et au conservatoire, pour les agents au contact, il y a des baisses de budgets. » L’écho est sensiblement le même chez les agents d’accueil : « Un sous-effectif, des horaires qui explosent, des missions qui s’alourdissent et des salaires qui stagnent. »

    « Des mesures d’avancées sociales »

    En bon chef d’orchestre puisque président du conseil d’administration, Jean-Marc Coppola veut calmer le tempo : « Il y a des revendications légitimes des agents d’accueil, on a fait des propositions qui ne les satisfont pas, on peut l’entendre. On va se remettre autour de la table. » Sur les critiques de gestion et autour du campus Art Méditerranée, il hausse le ton : « Il y a de l’incompréhension de la part des représentants des personnels. On a un projet qui vise à créer de nouveaux partenariats, à aller chercher des moyens supplémentaires. » Et rappelle tout un panel de « mesures d’avancées sociales » à la fois salariales et indemnitaires mises en place.

    Sur le fond, il renvoie à une situation budgétaire complexe : « Les moyens de l’établissement sont assurés à 80% par la Ville de Marseille, c’est plus de 16 millions d’euros. La contribution a augmenté depuis le début du mandat. Par contre, celle de l’État a diminué et il n’y a aucune contribution de la Région, ni du Département, ni de la Métropole. » Une nouvelle réunion est prévue, ce vendredi entre grévistes, direction et présidence du conseil d’administration.

  • L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    L’UD CGT à fond contre l’extrême droite en 2026

    Une salle comble et des vœux empreints de combativité pour l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « Nous en aurons besoin, pour affronter cette nouvelle année qui ne part pas de la meilleure des manières », entame le secrétaire général de l’organisation, Marc Pietrosino, ce jeudi soir à la Bourse du travail de Marseille. Pour sa première cérémonie de vœux, le syndicaliste élu au congrès d’octobre dernier, débute son allocution par l’actualité chaude au niveau international. Il dénonce d’emblée « l’administration Trump qui enterre clairement l’ordre international qui prévalait depuis 1945 » en citant « l’enlèvement du président Nicolas Maduro ». Dans la lignée de la tradition de l’organisation, Marc Pietrosino pointe « une violation du droit international que le président Lula comparait aux pires heures de l’ingérence états-unienne en Amérique du Sud ». Un bon moyen de rappeler qu’à l’inverse, « face aux attaques impérialistes et aux régimes autoritaires, de la Palestine au Venezuela, de l’Iran à Cuba, l’Union départementale apportera toujours son soutien inconditionnel aux peuples qui luttent pour la liberté ».

    Son constat pour l’Europe n’est pas plus reluisant. « Les entreprises européennes vont continuer de soigner leurs actionnaires en 2026. Le montant total des dividendes versés par les groupes de l’indice Stoxx 600 pourrait atteindre 454 milliards d’euros cette année. » Même dessin pour la France, mais avec un supplément « d’instabilité politique rare ». « L’explication de cette instabilité est due au refus d’un président de la République de se conformer aux résultats des élections, d’écouter les mots d’ordre des nombreuses mobilisations qui ont eu lieu », tacle le secrétaire général. Avant de tonner : « Il s’entête dans une politique néolibérale mortifère. »

    Le lien est tout trouvé avec un autre grand combat de la CGT : la lutte contre l’extrême droite. « Maintenant, pour remplacer le banquier ni de droite ni de gauche, les capitalistes s’activent pour construire une union des droites et propulser les candidats d’extrêmes droites sur le devant de la scène », s’alarme Marc Pietrosino. L’occasion d’évoquer les élections municipales de mars prochain. Un scrutin pour lequel l’organisation « ne compte pas rester muette ». « Nous avons toujours eu des accointances avec les forces progressistes, surtout avec celles qui savent qu’elle est la place de chacun », explique le syndicaliste. Il espère notamment « une victoire du camp progressiste à Arles » au regard du combat des militants pour l’occupation de la bourse du travail de la ville. Devant des représentants du PCF, LFI, NPA ou LO, le secrétaire général délivre un message clair : « Nous continuerons ce travail avec toutes les forces politiques et progressistes qui partagent nos valeurs et notre vision. »

    Un meeting avec Sophie Binet à Gardanne

    Un travail qui passe notamment par une bataille idéologique et culturelle. « Cette alliance entre le capital et l’extrême droite symbolisée par les tentatives d’appropriations de tous les médias, et du monde de la culture, par des milliardaires tels que Boloré, Krétinsky ou Stérin », analyse Marc Pietrosino. Avant de rester positif : « Nous ne sommes pas sans arme face à cela. Nous représentons le nombre et la proximité. La CGT des Bouches-du-Rhône, c’est 32 000 adhérents répartis dans des centaines d’entreprises. » Et la CGT 13, c’est aussi des luttes victorieuses. « Nous démontrons à l’ensemble du monde du travail que nous sommes capables de mener à bien des projets porteurs d’emplois qui contredisent la logique patronale », rappelle le secrétaire général. Il cite notamment la société coopérative d’intérêt collectif CPMM, fruit « d’une reprise de l’outil de travail ». Mais également « les premières embauches à la centrale de Gardanne (…) formidable outil industriel ». De quoi résumer le combat du syndicat pour « développer les industries, les activités portuaires, le réseau ferroviaire et énergétique ». De quoi annoncer surtout « un meeting sur le site de la centrale qui verra la venue de notre secrétaire générale Sophie Binet » le 13 février prochain. Tout un programme donc.

  • L’UD CGT 13 dénonce la « Une » de La Provence

    L’UD CGT 13 dénonce la « Une » de La Provence

    La « Une » de nos confrères de La Provence d ece 14 janvier, à propos des « grands procès de 2026 » et des « affaires qui feront la Une de l’actualité judiciaire cette année », fait réagir l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Et il y a de quoi : le journal affiche Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand Port Maritime de Marseille (CGT GPMM) aux côtés de Félix Bingui, le « chef du clan Yoda jugé pour le trafic de la Paternelle » ou encore de l’affaire des « bars à filles de l’Opéra », à la Une comme dans les pages.

    « Une nouvelle fois, ce journal orchestre une mise en scène méthodique visant notre camarade », tempête l’organisation syndicale. Elle juge que « le placer sur la même ligne que des trafiquants, des tueurs d’enfants, des marchands de sommeil ou des proxénètes ne relève ni de l’information ni du hasard. Cela traduit un choix éditorial assumé, profondément partial et politiquement orienté ».

    L’UD CGT 13 revient aussi sur le passif entre la CGT du Port et le journal du milliardaire Rodolphe Saadé : « Deux plaintes ont été déposées en janvier 2025 visant “La Provence”. Elles sont actuellement en cours d’instruction : l’une pour violation du secret de l’enquête, l’autre pour diffamation. » Manière de rappeler que La Provence avait révélé le placement en garde à vue de Pascal Galéoté concernant des soupçons de détournement fonds du Comité social et économique du port avant même qu’il ne soit lui-même au courant. Lequel nie en bloc ces accusations. « Cette mise en parallèle scandaleuse vise à discréditer l’action syndicale et celles et ceux qui, chaque jour, défendent les droits des salariés », développe l’UD CGT 13. Avant de dénoncer une « tentative grossière de caricature ». Et de noter : « La stigmatisation et les amalgames ne feront jamais taire la contestation sociale ni les luttes portées par la CGT. »

    Précisons qu’au lendemain de la parution de cette Une et la diffusion du communiqué de presse de la CGT, le directeur de la rédaction de La Provence, Olivier Biscaye s’est justifié d’un mot « à nos lecteurs » apportant quelques éléments d’importance*. Ce dernier entame : « Une photo qui ne passe pas », avant de renvoyer à la communication de la CGT. Puis développe : « Cette Une peut en effet prêter à interprétation, nous entendons le point de vue de Pascal Galéoté, sa présence aux côtés des autres affaires peut se discuter ». Pour autant il précise ensuite : « Cependant, nous réfutons l’idée que nous ayons voulu porter à l’honneur du responsable CGT dont nous suivons l’actualité avec minutie et rigueur ». Les militants de l’organisation syndicale et le concerné apprécieront… Ou pas.

    *Article mis à jour le 15/01 dans la matinée

  • Une mobilisation inédite au conservatoire de Marseille

    Une mobilisation inédite au conservatoire de Marseille

    Mouvement social inédit au conservatoire de musique de Marseille ce jeudi. Enseignants des Beaux-Arts et agents d’accueil expriment leur colère quant à la gestion de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (INSEAMM).

    Ils se mobilisent à l’occasion d’un conseil d’administration après une fermeture totale du conservatoire Pierre Barbizet, mercredi, du fait de la grève des agents d’accueil soutenue par la CGT. « De mémoire c’est la première fois qu’il y a une aussi grosse mobilisation », glisse un agent.

  • Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    « On s’est levé pour rien ! » Ce mercredi matin, les minots repartent du conservatoire Pierre Barbizet à Marseille, sans avoir pu mettre la main sur leurs instruments. Sur place, des salariés annoncent, avec un air désolé : « Les cours sont annulés toute la journée. » En cause ? Le mouvement de grève lancé par les agents d’accueil et de sécurité du site, sur un préavis de grève de la CGT, se durcit. « On était sur deux heures le matin et deux heures l’après-midi depuis plus d’une semaine, mais on passe sur une grève toute la journée », explique un agent gréviste de l’établissement qui fait partie de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm).

    Pour rappel, ils revendiquent une « meilleure reconnaissance » de leur travail essentiel au fonctionnement du conservatoire, via une hausse salariale et une amélioration de leurs conditions de travail (lire notre article du 07/01). Et si la direction, par la voix du saxophoniste Raphaël Imbert, affiche une ouverture au dialogue social et dit « entendre les revendications », reste que les agents ne sont pas convaincus par ses propositions. « Elles ne sont clairement pas à la hauteur », dénoncent les agents, après un premier round de discussion.

    En parallèle, un collectif d’agents, notamment des enseignants, des Beaux-Arts de Marseille toujours de l’Inseamm, mais situé à Luminy, fait aussi part de son opposition quant « à l’évolution » de l’institut public, avec le lancement d’une pétition. Ils citent « des conditions salariales dégradées » sur fond de « réduction des moyens alloués au Conservatoire comme aux Beaux-Arts ». De quoi animer le conseil d’administration prévu ce jeudi.

  • Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Les militants de la CGT ont répondu présents pour soutenir les agents de sécurité de Grand Littoral, ce mardi. Le rendez-vous, le troisième depuis leur première mobilisation début décembre, était fixé aux abords du centre commercial des quartiers Nord tôt le matin. Ils se mobilisent toujours afin d’obtenir « une reconnaissance salariale » et la fin d’une « répression syndicale » sur le site de la part de l’entreprise Triomph Sécurité, qui assure la sécurité de Grand Littoral. Pour rappel, le conflit a débuté avec un mouvement de grève inédit pour les petites mains de la sécurité, sur fond de demande de revalorisation et de prise en compte de « l’insécurité » particulière du lieu. Lequel s’est suivi d’un autre rassemblement, au lendemain de Noël, mais en soutien à des agents proches de la CGT menacés de mutation « à l’autre bout du département ».

    Une « série d’agressions »

    Rebelote donc ce mardi, avec une mobilisation liant les deux problématiques. « Les agents sont agressés au quotidien, les alertes sont ignorées par la direction, les syndicats de terrain sont écartés », dénonce le syndicat CGT Prévention-Sécurité du département.

    L’organisation énumère plusieurs agressions et incidents qu’auraient vécus les agents, allant de 2022 jusqu’à récemment : « Coupure à la main suite à une agression à l’arme blanche d’un agent », puis en 2024 « l’utilisation de bombe lacrymogène contre les agents lors d’une interpellation », ou encore en juillet 2025 « une altercation physique avec jets de tables et chaises à Starbucks ». D’où le constat : « Ces incidents montrent l’exposition quotidienne au danger des agents, sans protection ni reconnaissance par la direction. » Et d’où l’appel des militants : « L’heure n’est plus à subir. »

  • Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    On est au fond du trou, criblés de dettes », s’inquiète Michaël de Dios, secrétaire adjoint du syndicat CGT de l’usine Kem One de Fos-sur-Mer. Ce dernier et son homologue du site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo, nous ont sollicités, vendredi 9 janvier, pour livrer leurs inquiétudes sur l’état et la gestion de la société chimiste, propriété du fond d’investissement états-unien Apollo global management, alors que débutent, ce mercredi, les négociations annuelles obligatoires (NAO).

    Car, cinq ans après l’acquisition de Kem One par Apollo, les comptes ne sont pas bons, selon les syndicalistes. « On a payé 38 millions d’euros sur les intérêts de la dette en 2025, affirme Geoffrey Del Baldo. C’est comme si on commençait l’année dans le négatif. » « C’est approximativement le résultat net qu’on faisait avant, abonde Michaël de Dios. Tout ce qu’on gagne passe dans le remboursement des intérêts de la dette. »

    La conjoncture économique n’aide pas. « La dette grossit à cause du contexte de la chimie », détaille Didier Chaix, délégué syndical de Kem One au niveau national. « Il a fallu réemprunter 200 millions d’euros, cette année, car le marché du PVC est déprimé en prix et en volumes. 2026 est une année charnière et les interrogations se posent sur le maintien de l’activité », estime le syndicaliste.

    Un air de déjà vu

    Les syndicalistes pointent le besoin d’investissement. Pour Didier Chaix, « même dans une période compliquée, il faut investir pour préparer l’outil de production pour les bonnes années ». En substance, la CGT « prend ses responsabilités », selon le délégué central, et demande à Apollo de « ne pas piloter Kem One sur son activité, mais sur son avenir », parlant d’un « monstre financier de 900 milliards de dollars pour lequel ça ne devrait pas être un problème de sortir quelques dizaines de millions pour l’outil ».

    L’utilisation de l’argent est au cœur des critiques. « On est shooté aux consultants imposés par Apollo », tance Didier Chaix. « Entre 2024 et 2025 ça nous a coûté 25 millions d’euros. On sera très loin de cette somme pour nous aux négociations annuelles », fait-il remarquer. « Ça n’apporte aucune plus-value », juge Geoffrey Del Baldo, qui abonde : « Pendant ce temps, on a des retards de paiement auprès des sous-traitants. Avec le manque de trésorerie, des électriciens et échafaudeurs ont été payés avec trois mois de retard. » « L’image de Kem One est celle d’un mauvais payeur et on pense avoir perdu des clients comme ça », déplore-t-il.

    Et pas que des clients. « Nos dirigeants ont perdu la confiance des salariés », lance Michaël de Dios, indiquant que « les cadres, ouvriers, jeunes apprentis, fuient Kem One. On n’arrive pas à recruter et les gens partent ou veulent partir » déplore-t-il. Didier Chaix confirme et constate « beaucoup de démissions, de ruptures conventionnelles et de CDD qui ne sont pas reconduits et ça dégrade les conditions de travail de ceux qui restent ».

    Le doute, pour ne pas dire la défiance, s’installe. « Partout où Apollo est venu, ils n’ont rien investi et font payer les intérêts de la dette jusqu’à la bascule », s’insurge Michaël de Dios. Le passage du fond d’investissement entre 2011 et 2014 à Ascométal, à proximité, s’était soldé par un redressement judiciaire. « Il y a intérêt à ce que les propriétaires trouvent une solution, car notre activité impacte la filière », conclut Didier Chaix.

    Contactée, la direction de Kem One n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais. Le syndicat CGT de Lavera appelle à la mobilisation devant l’entrée, ce mercredi dès 7h.

    « Apollo nous fait payer sa dette jusqu’à la bascule »

  • CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    D’ici 5 ans, pas moins de 12% des effectifs du CHU de Montpellier pourraient disparaître avec la mise en place d’outils d’intelligence artificielle (IA). Quand on sait que le premier employeur public de l’Hérault emploie quelque 10 000 salariés, 1 200 postes seraient ainsi concernés. Telle est la crainte de la CGT à la suite de plusieurs réunions avec la direction qui a annoncé que l’hôpital public montpelliérain faisait partie des premiers « CHU tests ».

    En fin d’année 2025, lors du Comité social d’établissement (CSE), aucune donnée chiffrée n’a été gravée dans le marbre. Ce qui peut expliquer que seule la CGT s’est pour l’heure prononcée contre le dispositif (FO, l’Unsa et la CFDT ont voté pour ou se sont abstenues). Mais « ces chiffres avaient été révélés lors de réunions préalables », assure Pierre Renard. Et le délégué syndical CGT de redouter un « plan social déguisé ».

    Pour l’heure, pas de licenciements secs en vue mais des « non renouvellements de CDD et des non remplacements de départs à la retraite » qui au fur
    -et à mesure feront baisser la masse salariale du CHU, pourtant en sous-effectif chronique comme ailleurs. « On le voit avec la grève des médecins libéraux. Rien n’a été anticipé par l’ARS ni les pouvoirs publics. Résultat  : les urgences du CHU sont débordées. Si on connaissait un drame semblable à l’incendie en Suisse, on n’aurait pas les moyens humains de prendre en charge tous les patients ».

    Le « prétexte » de l’IA ?

    Dans les discours officiels, l’IA médicale sur laquelle travaille le CHU vise à faire gagner du temps et de l’efficience aux services. Et même Pierre Renard en convient : cette technologie en devenir peut avoir des effets bénéfiques sur l’organisation des services, la coordination des tâches. « Un patient pourra repartir avec son compte rendu médical le jour même, ce qui n’était pas toujours le cas ». Mais le cégétiste prévient : « L’IA ne pourra pas répondre au téléphone pour renseigner une mamie. Elle ne réglera pas tout ». Surtout pas remplacer la présence humaine indispensable auprès des patients. « La CGT n’est pas contre l’IA mais contre la façon dont on pourrait l’utiliser. L’IA ne doit pas amener moins de réflexion chez les médecins ni remplacer des postes administratifs », prévient Pierre Renard.

    En attendant le prochain Comité d’établissement, il craint que l’administration soit dans le viseur. « Des postes de secrétariat, de coordination d’infirmiers ou dans l’interprétation de l’imagerie médicale… », illustre-t-il. « Cela ouvre la porte à des dérives qui auraient aussi des répercussions sur la Caisse de retraite de la fonction publique, dont le déficit se creuse à cause des suppressions de postes ». Pour Pierre Renard, l’IA doit venir « en accompagnement » d’un service public hospitalier qui devrait au contraire renforcer sa masse salariale. « Là, on sent que l’IA sera un prétexte pour la réduire ».