Category: social

  • Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    « Sous l’eau, tout est plus compliqué. On a toujours de l’air dans les mains, les gestes sont plus longs. C’est un peu comme pour les astronautes, on a les mêmes sensations. » Julien Pillard, scaphandrier pour Onet Technologies, vient à peine de sortir de la piscine de la Comex (compagnie maritime d’expertise) dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec encore de l’eau sur sa combinaison et son attirail de plus de 50 kilos sur le dos, il ressort d’un exercice « de montage-démontage mécanique » quasi en conditions réelles.

    Pendant sa plongée, il était surveillé par son collègue Rémi Douzou, ingénieur et scaphandrier depuis un poste de commande aux multiples écrans et un assistant prêt à intervenir à tout moment pour la sécurité du plongeur. « Chacun de ses déplacements est suivi par des caméras et des remontées d’informations radiologiques qu’on a avec toutes les sondes qui équipent le plongeur », détaille Rémi Douzou. Une surveillance de tous les instants qui s’explique facilement : l’exercice visait à reproduire l’immersion dans une piscine d’un réacteur nucléaire, la spécialité des scaphandriers d’Onet Technologies. « On a les plongeurs en milieu nucléaire les plus expérimentés du monde », note Rémi Douzou. Une affirmation pas exagérée : ils réalisent une centaine de missions par an, en France et à l’international. « On est sollicité par tous les exploitants du nucléaire et on intervient sur les centrales, qu’elles soient en activité ou en démantèlement, mais aussi sur les usines de recyclage de déchets nucléaires ou les centres de recherche… », développe l’ingénieur. Un métier encore plus spécifique que les soudeurs sous-marins et scaphandriers en travaux publics, déjà réputés pour leurs dangerosité et pénibilité, puisqu’ils sont « dans un milieu contaminé radiologiquement ». Mais rien d’insurmontable pour Julien Pillard : « La pression, c’est de ne pas s’approcher d’éléments irradiants. On a des capteurs et le chef d’opération en surface nous dit de s’approcher ou pas des éléments. Il faut toujours rester vigilant mais quand ça fait des années qu’on en fait, c’est un travail comme un autre. »

    250 ingénieurs à Marseille

    De quoi mettre en valeur les travailleurs d’Onet Technologies, division axée sur le nucléaire et l’ingénierie de l’entreprise marseillaise. « On est très connu pour la propreté, beaucoup moins pour d’autres métiers », reconnaît Magali Bousquet, directrice marketing et communication du groupe Onet. Pourtant, avec 40 ans dans le milieu et 3 000 salariés, son expertise n’est plus à prouver : « On est aussi aux États-Unis et au Japon, où l’on participe au démantèlement de Fukushima. » Et son siège marseillais a une place bien particulière. Claire-Amélie Gabriel, responsable de la communication et du marketing d’Onet Technologies met en avant le « centre d’ingénierie avec 250 ingénieurs spécialisés et 20 000m2 de capacité industrielle pour la fabrication » du site. En bref, une expertise made in Marseille.

  • Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    « Sous l’eau, tout est plus compliqué. On a toujours de l’air dans les mains, les gestes sont plus longs. C’est un peu comme pour les astronautes, on a les mêmes sensations. » Julien Pillard, scaphandrier pour Onet Technologies, vient à peine de sortir de la piscine de la Comex (compagnie maritime d’expertise) dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec encore de l’eau sur sa combinaison et son attirail de plus de 50 kilos sur le dos, il ressort d’un exercice « de montage-démontage mécanique » quasi en conditions réelles.

    Pendant sa plongée, il était surveillé par son collègue Rémi Douzou, ingénieur et scaphandrier depuis un poste de commande aux multiples écrans et un assistant prêt à intervenir à tout moment pour la sécurité du plongeur. « Chacun de ses déplacements est suivi par des caméras et des remontées d’informations radiologiques qu’on a avec toutes les sondes qui équipent le plongeur », détaille Rémi Douzou. Une surveillance de tous les instants qui s’explique facilement : l’exercice visait à reproduire l’immersion dans une piscine d’un réacteur nucléaire, la spécialité des scaphandriers d’Onet Technologies. « On a les plongeurs en milieu nucléaire les plus expérimentés du monde », note Rémi Douzou. Une affirmation pas exagérée : ils réalisent une centaine de missions par an, en France et à l’international. « On est sollicité par tous les exploitants du nucléaire et on intervient sur les centrales, qu’elles soient en activité ou en démantèlement, mais aussi sur les usines de recyclage de déchets nucléaires ou les centres de recherche… », développe l’ingénieur. Un métier encore plus spécifique que les soudeurs sous-marins et scaphandriers en travaux publics, déjà réputés pour leurs dangerosité et pénibilité, puisqu’ils sont « dans un milieu contaminé radiologiquement ». Mais rien d’insurmontable pour Julien Pillard : « La pression, c’est de ne pas s’approcher d’éléments irradiants. On a des capteurs et le chef d’opération en surface nous dit de s’approcher ou pas des éléments. Il faut toujours rester vigilant mais quand ça fait des années qu’on en fait, c’est un travail comme un autre. »

    250 ingénieurs à Marseille

    De quoi mettre en valeur les travailleurs d’Onet Technologies, division axée sur le nucléaire et l’ingénierie de l’entreprise marseillaise. « On est très connu pour la propreté, beaucoup moins pour d’autres métiers », reconnaît Magali Bousquet, directrice marketing et communication du groupe Onet. Pourtant, avec 40 ans dans le milieu et 3 000 salariés, son expertise n’est plus à prouver : « On est aussi aux États-Unis et au Japon, où l’on participe au démantèlement de Fukushima. » Et son siège marseillais a une place bien particulière. Claire-Amélie Gabriel, responsable de la communication et du marketing d’Onet Technologies met en avant le « centre d’ingénierie avec 250 ingénieurs spécialisés et 20 000m2 de capacité industrielle pour la fabrication » du site. En bref, une expertise made in Marseille.

  • Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Autour d’une journée de débats, organisée à l’appel de la CFDT Commerce et services des Bouches-du-Rhône, les salariés Carrefour, réunis en intersyndicale, sont venus des quatre coins de la France s’ordonner pour contre-attaquer le passage des magasins de l’enseigne en location sous-gérance. Voilà plus d’un an que la CFDT appelle à dénoncer le « montage destructeur » de la location-gérance. « En juin, un collectif de plusieurs magasins s’est mis en place pour apporter des éléments leur permettant d’aller combattre sur des expertises, rappelle Yann Durafour, délégué syndical CFDT de Carrefour Le Merlan. L’objectif est donc d’accompagner ces magasins et leurs salariés, pour assigner en justice Carrefour et récupérer les éléments. Le collectif a aujourd’hui grandi. » En intersyndicale – FO et la CGT ayant rejoint la réunion de ce vendredi – représentants nationaux de syndicats et experts judiciaires, incluant des avocats en droit du travail, se sont réunis pour réfléchir aux meilleures pistes de contre-attaque face à la multiplication des externalisations de magasins. Pour rappel, ce contrat par lequel le propriétaire d’un fonds de commerce en confie l’exploitation à un locataire-gérant qui l’exploite contre une redevance, cause aux salariés une « perte de leurs acquis sociaux au bout de 15 mois », selon la CFDT, une baisse de salaire, et davantage de précarité. Entre autres. « Aucun locataire-gérant depuis 2018 n’a réalisé de bénéfices. La location est juste une tromperie, une machine pour licencier, pour Jérôme Coulombel, ex-directeur du service contentieux au siège Carrefour de Caen. Vous avez osé bouger localement. C’est vous qui allez pouvoir faire sauter les verrous. » Si avocats et experts n’ont pas encore de réponses quant à la stratégie à adopter, le but reste, pour les salariés, de démontrer le système déloyal, pour les effectifs, de la location-gérance. « Le but est de montrer comment la location est une fraude pure et dure chez Carrefour », ajoute Yann Durafour. À suivre.

  • Dix-huit blocages dégagés et neuf gardes à vue

    Dix-huit blocages dégagés et neuf gardes à vue

    « En 40 ans de manifestation, c’est la première fois que je me fais jeter à terre », Patrick Rué n’en revenait pas. Le secrétaire du syndicat FO territoriaux Marseille a dénoncé une charge policière, « sans coups portés mais contre des manifestants calmes, dont une majorité de femmes, dont deux ont également été jetées à terre » précisait-il, encore « choqué », alors qu’il participait à un blocage du tunnel Saint-Charles en amont de la manifestation.

    Pour la préfecture de police cette action, comme les autres actions de déblocage, a « été menée dans le respect du cadre légal et des consignes du maintien de l’ordre ». La charge a été effectuée suite au « refus d’obtempérer des manifestants à qui il a été sommé de quitter la voie publique ».

    Hier à 14h30, la Préfecture tirait un premier bilan sécurité : 22 interpellations à Marseille et 18 blocages empêchés sur les Bouches-du-Rhône empêchés. Neuf personnes sont restées gardées suite aux différentes interpellations. À Salon de Provence, la Plateforme Carrefour était débloquée dans le début de l’après-midi. À Marseille, le blocage de la société Eurolinks, dans le 13e arrondissement, dès 6h du matin n’a pas engendré de rupture d’activité. Il a également été dissous en fin de matinée. Globalement, « à 13h, les cortèges étaient dispersés sans problème à Aix-en-Provence, Arles et Salon ».

  • Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    « Plus que jamais, le partage des valeurs et des richesses, la revalorisation des salaires et l’égalité entre les femmes et les hommes sont indispensables », lance au nom de l’intersyndicale Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse, devant plus de 5 000 manifestants rassemblés sur la place du Petit Palais ce jeudi 18 septembre, après un cortège sans incident depuis le cours Jean-Jaurès.

    Cette question des rémunérations des salariés est ressortie maintes fois dans les discussions des manifestants, particulièrement nombreux à déambuler dans la rue de la République en fin de matinée. « Augmenter les salaires d’1% fait rentrer 4 milliards d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale. Imaginons si on décidait d’augmenter davantage les salaires, car 1%, ça ne suffit pas aujourd’hui pour permettre aux gens d’avoir un reste à vivre suffisant à la fin du mois. Le salaire, c’est aussi du financement pour les hôpitaux, par exemple. Mais pour cela, il faut que Macron parle au patronat. Il y a plein de boîtes qui sont entrées en négociations annuelles obligatoires et c’est compliqué. Ils ne peuvent pas, d’un côté, bénéficier d’exonérations sociales à hauteur de 80 milliards d’euros et, de l’autre, ne pas augmenter les salaires », expliquait la responsable syndicale en amont de sa prise de parole.

    « Il faut que ceux qui sont en difficulté le fassent savoir et viennent avec nous dans la rue », insiste de son côté Mario Chauvet, élu syndical suppléant FO au réseau de transport Tecelys. « De notre côté, on s’en sort bien, car il y a plus de 240 chauffeurs syndiqués chez nous sur 280. On a du poids au sein de l’entreprise et on fait valoir nos revendications avec le rapport de force. Nos salaires sont augmentés quasiment tous les ans et suivent l’inflation. Mais j’ai des proches qui ne s’en sortent pas, ou très difficilement, mais ne font rien. Il faut se révolter et se rassembler, car si on ne fait pas ça, les patrons pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Il faut être dix fois plus nombreux pour avoir le rapport de force », poursuit-il au sein du cortège, pendant que les enceintes hurlent depuis le camion de son syndicat.

    La dette aux patrons

    Mais du côté des services publics, la revalorisation salariale est un sujet bien plus épineux. « Cela fait des années que nos salaires sont gelés et que les prix augmentent. Les travailleurs ne font que s’appauvrir », regrette ainsi Mélanie Saïsse, co-secrétaire CGT Éduc’action 84. « Ce n’est pas à nous de payer la dette, c’est au patronat. Car ce sont toujours les mêmes qui s’enrichissent grâce à l’argent public et les mêmes qui s’appauvrissent », ajoute-t-elle avant de dénoncer les « contrôles de police abusifs » sur des lycéens, le matin même, alors que ceux-ci manifestaient devant le lycée Mistral, à quelques centaines de mètres de là.

    Une jeunesse qui était présente massivement ce jeudi, avec plus de 300 étudiants et lycéens de la Cité des Papes, pour lesquels la question du salaire joue sur le choix de l’orientation, comme pour Mio, en terminale au lycée Mistral. « Mon rêve, c’est de faire du théâtre. Mais l’État abandonne le secteur culturel, ainsi que le social et la santé. Tout est sous-payé et j’ai peur de ne pas pouvoir en vivre avec la vie qui devient de plus en plus chère », confie-t-il.

    « Ce n’est pas
    à nous de payer la dette, c’est au patronat »

  • Debout à Toulon pour le progrès social et le bien commun

    Debout à Toulon pour le progrès social et le bien commun

    « La casse des services publics ? En tant qu’enseignante je suis bien placée hélas pour vous en parler », commence Carine Siviliano (FO) en pointant qu’« avec 30 à 40 gamins par classe on ne peut plus faire le boulot comme on le faisait avant ». Et de poursuivre, remontée : « C’est exactement comme dans les hôpitaux, quand tu as 75 patients pour deux infirmiers sur un étage… Le soir quand ils rentrent chez eux, ils peuvent avoir fait tout ce qu’il leur était possible, n’empêche qu’ils n’ont pas correctement accompli leur mission faute de moyens. »

    « Un mouvement comme ça, ça donne toujours de l’espoir, en tout cas c’est le moment ou jamais », conclut-elle, ragaillardie par la belle participation qui s’annonce et en rêvant déjà à « une grève générale ».

    « Je suis là parce que je pense que la société va très très mal et que ça fait des années que la situation s’enlise. On a moins d’argent, on peut moins vivre », s’indigne Lætitia, qui se revendique comme apolitique et non syndiquée. Et d’ajouter : « Éduquer la jeunesse et soigner les citoyens ça devrait être leur priorité, alors que c’est un naufrage total. On se tire une balle dans le pied et on saborde l’égalité des chances. »

    Il y a déjà du monde sur la place de la Liberté. Même si une partie des manifestants sont rassemblés devant le commissariat central pour protester contre l’arrestation d’une rare violence de deux lycéennes en fin de matinée devant Dumont d’Urville alors qu’ils organisaient avec leur camarade une opération de blocage partiel. La police a jugé l’une de leurs pancartes insultante à son égard.

    « On est là aussi pour mener la lutte antifasciste en réaction à tous ces mouvements d’extrême droite qui montent en Europe et sur l’emprise de cette idéologie jusque dans le macronisme », nous expliquait Issem, l’une des jeunes filles placées en garde à vue. Nous l’avions rencontrée tôt le matin devant l’établissement. Maxence, 19 ans, lance : « C’est bien qu’on soit là tous ensemble contre ce système ultra-capitaliste. Il faut taxer les riches ! Quand on voit dans quel état sont les hôpitaux, il y a de quoi se révolter. Ma mère travaille dans une maison de retraite, c’est pareil, elle galère. »

    « Nous aussi, on a le droit à un avenir », clame Julia en fustigeant les injustices sociales et l’inaction climatique. La jeunesse est dans la rue.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT du Var Richard Roméo-Giberti livre son analyse : « C’est une journée de mobilisation qu’on a souhaité implanter dès ce matin dans les entreprises pour aller au contact des salariés et leur faire reprendre conscience que le seul moyen d’impacter le capital qui est arrosé à coups de milliards d’euros par l’État pour un résultat proche du zéro, eh bien c’est de faire grève. » Pour le responsable syndical, « la séquence qui s’ouvre si on reste sur les mesures annoncées par feu François Bayrou cet été, ça va conduire à moins de lits à l’hôpital, moins de vie sociale, moins de solidarité devant les aléas de la vie ».

    Un beau cortège est à présent formé. « Ça montre qu’il y a une exaspération forte et une volonté de défendre nos conquis sociaux et particulièrement la Sécurité sociale », constate Brigitte Cheinet (CGT-retraités). « À chaque déclaration de nos gouvernants, on touche un peu plus le fond et on nous promet de nous faire payer tous les dégâts commis par les classes dirigeantes de ce pays depuis des années », tempête Alain Tournay le secrétaire départemental de la FSU, en expliquant que pendant ce temps les services publics sont saccagés. Et de conclure : « Dans l’éducation on a eu 6 et bientôt 7 ministres en l’espace de quelques années avec à chaque fois l’objectif non pas d’investir dans l’Éducation nationale mais de faire des économies. Chaque année, c’est à peu près 2 000 à 3 000 postes qui sont supprimés dans l’Éducation nationale.

    « Hôpitaux saturés, classes surchargées, transports dégradés… Les inégalités explosent et de plus en plus de familles basculent sous le seuil de la pauvreté », a rappelé Jean Innocenzi (CFDT) lors de la prise de parole de l’intersyndicale. « Alors pas question que les travailleurs et les plus précaires, qui servent toujours de variable d’ajustement, paient les frais d’une politique qui sacrifie délibérément le bien commun, les services publics et l’avenir des jeunes au bénéfice d’obscurs intérêts privés et financiers », conclut-il.

    « Le seul moyen d’impacter
    le capital c’est de faire grève »

  • À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    Patatra. Le blocus qui devait s’organiser, jeudi matin au pied de la CMA CGM (2e), dans le cadre du mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux, a été réprimé avant même d’avoir commencé. À 6h30, quelque 200 militants qui s’étaient donné rendez-vous au métro Joliette (2e) abandonnaient déjà l’éventualité d’une action au pied de l’empire Saadé, d’après eux « surprotégé » par les forces de police.

    Aux alentours de 7h, le cortège a finalement décidé de se déplacer vers les Terrasses du port (2e), où un blocus de l’A55 était envisagé. Mais les policiers, mobilisés en nombre sur la zone, ont immédiatement stoppé les militants qui ont été poussés hors de la route moins d’une minute après leur arrivée. Les forces de l’ordre ont dans la foulée utilisé plusieurs bombes lacrymogènes afin d’encercler le cortège et de procéder à un contrôle d’identité général. Au total, selon la police, 100 personnes ont été contrôlées et 22 interpellées. « Tu n’es pas seul ! », scandent les militants lorsque certains manifestants sont écartés. « Les personnes mises à l’écart ne sont pas systématiquement interpellées. En général, elles le sont parce qu’elles refusent de décliner leur identité. Si elles refusent toujours de coopérer au bout de 4h, elles sont emmenées en garde à vue », explique un policier présent sur place. Les forces de l’ordre ont fouillé l’intégralité des militants contrôlés, photographié leur pièce d’identité et récupéré leurs équipements de protection (gants, lunette de plongée, masque FFP2…). Des bombes de peinture et pétards ont également été confisqués aux militants.

    Violence et revendications du blocus

    Si les bombes lacrymogènes, utilisées dès 7h10, ont permis aux policiers d’encercler la majorité des manifestants, certains sont parvenus à s’extraire du groupe, parfois violemment repoussés par les forces de l’ordre. Dans une vidéo enregistrée par l’Agence France Presse et diffusée en masse sur les réseaux sociaux, on aperçoit un policier pousser avec son pied une manifestante avant de lui exiger de se « casser ». « Oui je me casse », répond la jeune femme avant qu’un policier ne la pousse de nouveau et qu’elle tombe au sol. Une vidéo qui a suscité, sur les réseaux, une vive émotion, notamment chez Clémence Guetté, députée du Val-de-Marne (LFI). « Partout ce matin, la répression frappe et cogne sans distinction ni retenue. Les images qui nous parviennent sont honteuses », s’est indigné l’élue sur X.

    « On est là pour dire au gouvernement qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il se passe au niveau national comme international, détaille Lucie, militante de 23 ans présente à la tentative de blocus. On exige notamment que les ultrariches donnent davantage à l’état ». Et son amie, Line, d’ajouter : « On reviendra même si ça s’est mal passé aujourd’hui, on ne se laissera pas faire ». « On essaie de créer un rapport de force car on voit bien que les manifestations traditionnelles n’ont pas d’effet. L’intensité de la présence policière montre que le ministère de l’Intérieur n’est pas serein », justifie Luidji, en fin de manifestation.

    D’autres blocus étaient en parallèle organisés à Marseille, notamment devant l’usine d’armement Eurolinks (13e), qui a fourni des composants militaires à Israël depuis le 7-Octobre.

  • L’ouverture le dimanche de Renaud-Barrault en bonne voie

    L’ouverture le dimanche de Renaud-Barrault en bonne voie

    On approche de la fin d’un chapitre interne qui devrait en ouvrir un nouveau inédit en externe. Comme révélé (notre édition du 30 août), la Ville s’apprête à ouvrir pour la première fois tous les dimanches après-midi l’une de ses bibliothèques, en l’occurrence celle de Renaud-Barrault. Si la volonté municipale est d’ancrer cette habitude, « une année d’expérimentation a été fixée », confie Claude Nahoum, premier adjoint en charge de la culture et de l’éducation.

    Un choix inédit, qui doit bien entrer en vigueur ce 21 septembre. « Normalement, ça ouvrira dimanche », livre Nicolas Garcia, secrétaire général FO des Territoriaux d’Avignon. « Je suis optimiste », abonde Claude Nahoum. Un petit doute subsiste toutefois. Car ce jeudi, l’intersyndicale des agents (FO, CGT, CFDT, fédération autonome) avait initialement prévu un point presse pour dénoncer « un projet d’ouverture dominicale imposé sans concertation réelle, qui vient aggraver une situation déjà critique sur le terrain ». Mais, après une nouvelle réunion, un protocole de fonctionnement a été transmis aux syndicats ce jeudi matin. « On doit regarder ce qui a été proposé », justifie Nicolas Garcia.

    Parmi les points de crispation, le volontariat, « géré de manière intelligente », assure désormais Claude Nahoum. À savoir que l’ensemble des agents des bibliothèques peuvent être amenés à venir à Renaud-Barrault les dimanches (13h30-18h). « Cela fait un jour travaillé tous les 7 dimanches, accompagné d’une prime d’un peu plus de 100 euros », détaille le premier adjoint. Jusque-là, l’intersyndicale parlait d’un « projet qui accentue les inégalités, met en péril l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, et accroît la pression sur des équipes déjà fragilisées ». Et plaidait pour l’embauche de vacataires. « Il faut 15 personnes pour ouvrir, on a recruté 5 vacataires, si on s’aperçoit que ce n’est pas suffisant, on n’est pas fermé à en prendre un ou 2 de plus », conclut Claude Nahoum.

  • Des coupes prévues à la protection de l’enfance

    Des coupes prévues à la protection de l’enfance

    Alors que mercredi, le Département inaugurait les nouveaux locaux d’une Maison d’enfants à caractère social à Montfavet, le lendemain il laissait planer la fermeture de deux services de la protection de l’enfance. À savoir le centre maternel et le service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile (SAPSAD), existants respectivement depuis 30 et 20 ans, et partie prenantes de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Le premier service s’occupe des jeunes mamans isolées en difficulté, quand le second permet à des éducateurs de suivre des familles à domicile.

    Un dossier débattu ce jeudi après-midi en conseil d’administration du centre départemental enfance famille (CDEF) de Vaucluse. « On ne ferme pas, ce n’est pas le sujet, on parle de réorganisation », lâche pourtant Suzanne Bouchet, présidente du CDEF. Celle qui est aussi vice-présidente du Département répondait là aux interrogations des syndicats des personnels CGT et FO du CDEF, qui ont bruyamment interrompu quelques minutes le conseil d’administration. « C’est de l’enfumage, la réorganisation annoncée est la fermeture au 31 décembre, cela a été dit en CSE extraordinaire juste avant », tempête une salariée. Les 8 représentants du personnel ont tous voté contre cette réorganisation.

    Soixante-treize familles, pas encore averties, vont être impactées. « Ces structures représentent bien plus que le simple lieu d’accueil, elles constituent des espaces de soutien, de sécurité et de reconstruction pour des mères isolées et leurs enfants et leur famille », décrit Virginie Gincourt, secrétaire CGT du CDEF, ravie de la forte mobilisation de ce jeudi, syndicale mais aussi politique (le député Raphaël Arnault ou le conseiller départemental PCF, Rémy Blanc). Devant l’AG, elle insiste aussi sur le sort des salariés des services, soit 22 personnes. « Vers quelles structures seront orientées les familles, quelle continuité et quelle qualité d’accompagnement seront garanties ? », s’interroge Virginie Gincourt, craignant une solution « low cost ». « Cela va renforcer les fragilités des familles et réactiver le sentiment d’abandon », ajoute-t-elle.

    Vers une délégation « low cost » ?

    Les agents redoutent que ces missions « de service public soient déléguées au monde associatif avec des réductions de coût », s’alarme Benjamin Lopez, délégué du personnel CGT. La temporalité de la fermeture est jugée brutale, ayant été annoncée « il y a deux semaines ». « Ce sont les techniciens du Département qui ont décidé cela et veulent faire voter aux politiques, ce n’est pas normal, on espère que ce rassemblement fera réfléchir les politiques », projette Benjamin Lopez.

    À la sortie du CA, les confrontations d’informations étaient contradictoires. Entre ce qui a été dit aux administrateurs [dont les élues Annick Dubois (PS) pour le Département et Anne-Catherine Lepage (PCF) pour la Ville], à savoir « pas de fermeture », et ce qui a été avancé en CSE aux agents, « où une réorientation du personnel a été évoquée par une note de service ». Un prochain CA doit avoir lieu le 14 octobre, quelques jours après une séance plénière du Département où les élus de gauche ne devraient pas manquer d’évoquer le dossier. « L’ASE est un sujet préoccupant », confiait, fin juin, dans nos colonnes Dominique Santoni, présidente LR du Département. Sollicitée, la collectivité n’a pu donner suite dans l’immédiat.

  • Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Il faut savoir dire stop ! Stop à l’injustice sociale, stop au non-respect du vote du peuple, stop aux centaines de milliards qui sont versés aux entreprises sans contreparties ! Stop à m’ment donné ! » Devant le Mucem à Marseille, Stéphane Martins De Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, donne le ton de l’état d’esprit des manifestants qui battent le pavé marseillais ce 18 septembre.

    À ses côtés, les travailleurs de la métallurgie des usines du bassin de l’Étang de Berre allument une myriade de fumigènes. Devant lui, des milliers de chasubles rouges estampillés CGT marchent d’un pas déterminé. En fond, on aperçoit à peine le camion avec ballon de la FSU et à l’autre bout du port, des manifestants attendent encore leur tour avant de prendre le départ. Le Vieux-Port est plein à craquer. C’est dire l’ampleur du cortège, au niveau des plus grosses manifestations contre la réforme des retraites. Et tous dénoncent avec force les politiques libérales. « On se bat pour obtenir de nouveaux conquis sociaux, pas en perdre comme on le subit année après année depuis trop longtemps. La retraite doit revenir à 60 ans », tonne Stéphane Martins De Araujo. Avant de développer sur la réalité des conditions de travail des ouvriers : « Entre la pénibilité et l’exposition à plusieurs produits nocifs, on a une explosion des maladies professionnelles, année après année. Travailler à 64 ans dans ces conditions, c’est impossible. »

    La retraite toujours dans les têtes

    Il fait également le lien avec les débats autour du budget : « C’est ahurissant, on ne peut pas donner des millions d’euros à un milliardaire et lui laisser la main sur l’industrie française qui s’en sert pour de la casse sociale ! » Des propos qui font écho aux messages inscrits sur les pancartes des manifestants : « Toujours les mêmes qui subissent : les travailleurs pauvres et de la classe moyenne », « Taxons les super riches et leurs super profits pour l’école et la santé » ou encore « Plus rien à traire ici ». Cette demande unanime de justice fiscale est sans doute symbolisée par le refus toujours aussi prégnant de la réforme des retraites et son passage de l’âge de départ à 64 ans. « Il faut une rupture complète des politiques menées. L’abrogation de la réforme des retraites ne serait pas que symbolique, mais ça montrerait un changement radical. C’est la première mesure d’urgence à prendre. Depuis 2023, une majorité de la population est toujours hostile à cette réforme », insiste Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca.

    Entre le combat syndical de 2023 et aujourd’hui, le lien est tout trouvé : « Ce 18 septembre, les travailleurs se mobilisent massivement. À des niveaux qu’on n’a pas vus depuis des années, au moins depuis les mobilisations contre cette réforme. » Avis partagé par Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui évoque « une grève massive dans les établissements scolaires et les services publics ». « Il y a un monde fou dans les rues aujourd’hui, plus que le 10. Ça montre que la population veut une autre politique, sans budget d’austérité. Et on a des propositions pour un budget qui finance les services publics, l’abrogation de la réforme des retraites », développe le syndicaliste.

    Encore plus fort que le 10

    Plus de monde que le 10 ? Tout le monde s’accorde pour le dire, comme un signe que la colère sociale s’enracine profondément. Dans les cortèges, on retrouve la même fougue de la jeunesse qui s’y était exprimée tout en ajoutant une présence massive d’une grande diversité de travailleurs du public comme du privé. Les ouvriers CGT de Coca-Cola des Pennes-Mirabeau, les travailleurs des autoroutes du Sud de Vinci, de Technicatom, les cheminots, des travailleurs du BTP ou de la logistique, les dockers et agents portuaires du Grand port Maritime… « 48 milliards d’euros d’économies ou 38, on n’en veut pas ! Les travailleurs se mobilisent contre les politiques de casse sociale. On veut que les choix politiques permettent de vivre et travailler dignement », tonne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Si elle juge la mobilisation réussie, son organisation planche déjà sur la suite, au niveau national comme départemental. « On construit la suite du rapport de force. La journée du 9 octobre sera départementalisée, c’est en lien avec le budget de la sécurité sociale », explique la syndicaliste. Le combat ne fait donc que commencer pour les militants.

    Sur tout le territoire, une déferlante populaire a battu le pavé, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var , le Vaucluse ou encore l’Occitanie. Nos reporters étaient dans la manifestation.

    A Avignon, Marseille à Montpellier.

    A Béziers !

    A Toulon