Category: social

  • Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    Face à la crise provoquée par la guerre, les pêcheurs de Méditerranée sur le pont

    C’est une crise sans précédent. La première semaine du mois d’avril, environ 50% de la flottille méditerranéenne n’est pas sortie en mer à cause de la montée des prix du gazole professionnel, selon le comité des pêches d’Occitanie. Son président, Bernard Perez, est consterné : « Nous n’avons jamais connu ça auparavant. L’augmentation du prix du gazole fait perdre environ 375 euros par semaine à chaque marin. »

    En février, le prix au litre du gazole de pêche était de 60 centimes. Avec les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, il est monté à 87 centimes le litre en mars, avant de dépasser 1,10 euro le litre au mois d’avril. Face à cette flambée des prix, les pêcheurs de Méditerranée s’étaient réunis une première fois à Sète le mercredi 1er avril et avaient décidé collectivement de lancer une grève illimitée à partir du 7 avril. Une décision finalement annulée dès le week-end suivant : « Nous avons finalement décidé de repousser l’idée d’une grève dans l’intérêt général, explique Bernard Perez. D’abord, parce que certains bateaux peuvent encore continuer d’aller à la mer pour l’instant et il ne faut pas les empêcher de travailler. Deuxièmement, parce que c’est une question de souveraineté alimentaire : la population doit pouvoir se fournir en poisson frais au quotidien. Or, le prix du gazole risque de continuer d’augmenter et nous sommes face à un risque de pénurie, donc il faut continuer d’aller en mer tant qu’on le peut. » Si la grève est annulée, le combat ne s’arrête pas pour autant : le président du comité des pêches d’Occitanie affirme qu’un courrier a été envoyé pour demander une rencontre avec la ministre de la pêche, Catherine Chabaud.

    Vendredi 27 mars, la ministre avait annoncé débloquer une enveloppe totale de 5 millions d’euros en soutien aux pêcheurs français, qui doivent bénéficier d’une aide de 20 centimes par litre de gazole marin, via un remboursement sur présentation des factures. Un geste considéré comme insuffisant pour beaucoup d’entre eux, qui prévoient déjà une nouvelle réunion en cette fin de semaine.

    Travail à perte

    Jean-Marie Nouguier est patron d’un chalutier de 25 mètres à Agde, sur lequel il emploie quatre marins. « Lors de la semaine sainte, je ne suis pratiquement pas allé en mer, se désole-t-il. En temps normal, un bateau comme le mien doit travailler une journée ou une journée et demie pour payer le carburant sur cinq jours. Avec les prix qui ont augmenté, je me retrouve à devoir travailler plus de trois jours pour payer le carburant. Mon entreprise perd de l’argent et ma trésorerie fond. »

    Comme beaucoup de ses confrères, le pêcheur fait le constat qu’avec des prix du carburant aussi élevés, ce n’est pas la peine de sortir en mer. Pour la deuxième semaine d’avril, il a ainsi été contraint de naviguer sans refaire le plein, en finissant la cuve qu’il avait renflouée quand le gazole marin était (déjà) à 95 centimes le litre. « Je dois payer mon équipage et ça ne va plus être possible si les prix ne baissent pas de nouveau très rapidement, poursuit-il. Je dois avancer les salaires de mes marins grâce aux aides que je reçois. J’ai honte, je ne sais même pas quoi leur dire. » L’un des membres de l’équipage doit bientôt prendre sa retraite et alors que le secteur peine déjà à recruter, Jean-Marie Nouguier s’inquiète aussi de ne pas réussir à le remplacer dans ces conditions.

  • Face à la crise des carburants, « On a des solutions » lance la CGT

    Face à la crise des carburants, « On a des solutions » lance la CGT

    « Ce sont des profiteurs de guerre », déclare François Canu, représentant local de la CGT. Pour lui un seul responsable : les grands groupes pétroliers. « Pour se rendre au travail, rien ne change, si ce n’est combien ça nous coûte », continue-t-il. « C’est les travailleurs qui sont attaqués. De nos jours, c’est la loi du plus fort et c’est pour ça qu’il faut qu’on se rassemble », affirme Aimé Musto, venu participer au rassemblement. Et selon lui, cela concerne tout le monde, pas juste les travailleurs : « Je suis retraité, je n’ai plus le même salaire qu’avant et l’impact sur mon quotidien est important. »

    « Taxer les profits »

    Afin de répondre aux problèmes de l’augmentation du coût de la vie pour la population, la CGT propose des solutions comme « des jours de télétravail exceptionnels pour les milieux qui le permettent, afin de limiter les coûts du trajet » ou encore « un réajustement de la taxe sur le carburant afin de maintenir son prix », explique Frédéric Larrivee, secrétaire général des finances publiques de la CGT des Bouches-du-Rhône. C’est avec force que François Canu appelle l’État
    « à investir massivement dans les transports publics pour pallier le manque de mobilité dû à l’essence, et à taxer les superprofits comme ceux que réalisent en ce moment des entreprises ». Et d’estimer que « jusqu’à 24 milliards d’euros de profit auraient été réalisés par les compagnies pétrolières depuis le début de la guerre ».

    Marius Meulé

  • La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    « Dans les Bouches-du-Rhône, plus de la moitié des salariés travaillent hors de leur commune. Le carburant n’est pas un choix, c’est une nécessité pour vivre et travailler. Chaque hausse est donc une attaque directe contre leur pouvoir d’achat. » C’est l’alerte lancée par l’UD CGT 13 dans le cadre d’un appel à la mobilisation, ce jeudi à 18 heures, autour de la hausse des prix des carburants depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    « 24 milliards de profits »

    L’organisation syndicale dénonce notamment une « spéculation » pour essence, diesel et autres produits pétroliers pétrole, en lien avec ces « tensions géostratégiques ». « Dans notre département, la plateforme pétrochimique de Lavéra génère près de 5 millions d’euros supplémentaires de profits par jour depuis le début du conflit ! », prend pour exemple l’UD CGT. Avant de pointer plus globalement « 24 milliards d’euros de profits supplémentaires pour les raffineurs et distributeurs, avec, pour les grands groupes pétroliers et pétrochimiques, une explosion de leurs profits ».

    D’où le rassemblement afin de revendiquer « l’augmentation générale des salaires, l’encadrement des prix de l’énergie et la taxation des superprofits liés aux crises ». Et surtout montrer « le refus que les salariés paient pendant que d’autres s’enrichissent ». « Ce que les salariés, retraités, et précaires perdent à la pompe, les multinationales le gagnent en profits. La guerre et les crises servent de prétexte à l’enrichissement d’une minorité », martèle l’Union Départementale.

  • La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    « Une situation d’une gravité exceptionnelle, un nouveau cap qui vient d’être franchi. » C’est en ces termes que l’Union Départementale CGT du Var qualifie les menaces de mort dont ont été victimes l’UL CGT de Toulon et son secrétaire général, Patrice Moulun. Des appels « à la guillotine » de la CGT et de son représentant, « d’une violence inouïe », affichées sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, mercredi dernier, près du pont de la Gare.

    Ces faits s’inscrivent « dans un climat délétère où la parole haineuse se libère et où certains pensent pouvoir intimider celles et ceux qui défendent les droits des travailleurs, dans un contexte marqué par une progression inquiétante des idées d’extrême droite dans le département, que nous combattons sans relâche à travers nos tracts et nos mobilisations, en lien avec les orientations portées par la CGT au niveau national », décrit l’Union Départementale. « C’est certainement en lien avec nos prises de position entre les deux tours des élections municipales. La concomitance des temps est étrange », appuie Richard Roméo-Giberti, secrétaire départemental CGT 83.

    Le syndicat ajoute qu’il ne « tolérera jamais qu’un camarade et que l’organisation soient menacés pour son engagement syndical. S’attaquer à un militant CGT, c’est s’attaquer à l’ensemble de l’organisation, à ses valeurs de solidarité, de justice sociale et de démocratie. »

    Deux plaintes pour menaces de mort

    « Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas reçu de telles menaces », affirme Richard Roméo-Giberti, qui dit ne pas avoir de soupçons précis quant à leur provenance. En conséquence, deux plaintes ont été déposées par le secrétaire général de l’UL CGT Toulon, et par la CGT, pour « menaces de mort ». Toutefois, cette dernière n’a pas l’intention de se laisser intimider, « bien au contraire. Nous continuerons à porter la voix des salariés, à dénoncer les politiques antisociales et à combattre sans concession les idéologies de haine, de division et de repli », en réaffirmant la « responsabilité des forces démocratiques, syndicales et associatives de se lever contre la banalisation de l’extrême droite et de défendre les libertés fondamentales. La CGT appelle à la solidarité la plus large et réaffirme sa détermination à poursuivre le combat pour l’émancipation des travailleurs. »

    D’autres actions pourraient être entreprises par l’Union départementale CGT, indique Richard Roméo-Giberti, qui précise que l’organisation réfléchit actuellement à un plan global de riposte.

  • En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    Le soleil de plomb a fait briller les dizaines de casseroles en inox sorties ce mercredi 8 avril devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon. Un peu plus d’une soixantaine de personnes s’étaient réunies pour manifester contre la fermeture prévue de 44 classes sur le département contre 19 ouvertures.

    Comme il y a une semaine tout pile, ce sont surtout des mères de famille qui étaient mobilisées aux côtés des syndicats. Et cette fois-ci, certaines sont venues avec leurs enfants, qui se sont donnés un malin plaisir à faire du bruit avec des ustensiles de cuisine. « La situation est déjà complexe et une fermeture est envisagée. Ils ne pensent pas à nos enfants », confie un parent d’élève de l’école Pierre de Coubertin, en extra-muros à Avignon. Situation similaire du côté de l’école Roland Scheppler, dans le quartier des Courtines, où est prévue la suppression d’une classe de grande section maternelle. « De nombreux enfants que l’on accueille sont des primo-arrivants avec des besoins spécifiques et pas forcément prévus dans les effectifs en avance. On accueille également des jeunes du foyer Pierre Valdo. On est totalement pris de court », glisse une enseignante dont le poste est potentiellement menacé par la mesure. « Les manifestations s’amplifient. Il ne faut rien lâcher. Nos écoles ne doivent pas être une variable d’ajustement pour toutes les finances publiques », lance, quelques mètres derrière, Blaise Laurent, membre du Snudi FO Vaucluse, tandis que des représentants du syndicat sont allés à la rencontre du directeur académique.

    « Travail rigoureux »

    Si une rencontre avec le préfet avait initialement été demandée par les représentants syndicaux de Force ouvrière, c’est donc finalement par le Dasen, Philippe Koszyk, qu’ils ont été reçus. Et ce, alors que la carte scolaire sera à nouveau votée ce jeudi 9 avril en CSA et une le soir avec les représentants de l’État et des différentes communes concernées par les mesures.

    Du côté du rectorat, on assure que la carte scolaire « fait l’objet d’un travail rigoureux, mené en concertation avec les collectivités locales ». Et que « les dotations sont fixées en fonction du contexte marqué par la baisse démographique ». Et que malgré cette baisse, « l’objectif reste bien d’améliorer l’encadrement, de renforcer l’inclusion et de réduire les inégalités territoriales ».

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez

  • Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    L’étau se resserre sur la filière papetière française et l’usine de pâte à papier de Fibre Excellence à Tarascon. Toujours en grande difficulté financière, l’entreprise reste menacée de mise en redressement judiciaire d’ici le 15 avril.

    Et ce malgré des discussions qui durent depuis des mois entre l’État et le groupe, dont une proposition du ministre de l’industrie d’aide de 150 millions d’euros sur des mesures au moyen-long terme (lire notre article du 28/02). « Le discours de la direction reste le même : il faut des engagements concrets et directs, des garanties écrites de court terme pour permettre au groupe de passer 2026 », explique Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site tarasconnais. En bref, la main tendue du ministre ne répond pas totalement aux attentes du groupe, qui réclame notamment une revalorisation rapide de son prix de vente de l’électricité produite sur ses sites. Une revalorisation qui permettrait de passer ses comptes dans le vert, compensant la hausse du coût de sa matière première, le bois, et un prix de vente de la pâte à papier pas folichon. Mais cette question de l’électricité reste un point de blocage persistant avec l’État, pour lequel Fibre Excellence a lancé un recours administratif, à la fin mars.

    « Sans action directe, on est en redressement judiciaire le 15 avril. C’est une semaine décisive, l’attente est très angoissante pour les salariés », s’inquiète Laurent Quinto. L’intersyndicale des sites se rend, à nouveau, à Bercy pour une réunion avec le Ciri (Comité interministériel pour la restructuration industrielle), ce vendredi. La veille, c’est la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), qui a rendez-vous avec le Premier ministre sur le sujet. « Il serait incompréhensible que l’État reste inactif », dénonce-t-elle.

    Un coût « social

    et territorial »

    La chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles a aussi lancé un « appel à une décision urgente de l’État », le 2 avril dernier, dans un courrier à l’adresse du Premier ministre. Elle alerte sur le coût « économique, social et territorial » qu’aurait une liquidation de l’entreprise. Un coût qui serait « bien supérieur à l’effort demandé aujourd’hui pour rétablir une situation viable et un impact immédiat et massif pour le territoire du Pays d’Arles ». Comme la CGT, la chambre consulaire met en exergue les conséquences potentielles locales : « La disparition du site de Tarascon entraînerait la perte de 20% de l’activité du port d’Arles et un manque à gagner direct estimé à 1 million d’euros par an pour les collectivités locales. »

  • Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Pour soutenir Jérôme*, salarié de l’Institut Saint-Ange convoqué pour un entretien en vue d’un licenciement, un peu moins d’une quarantaine de personnes étaient rassemblées devant l’établissement ce mardi 7 avril, à Avignon.

    Convoqué à 12h30 par sa direction sur place, il ne travaillait plus depuis 15 jours, tout en étant payé sans savoir la raison de cette décision. « Les faits reprochés sont en fin de compte une insuffisance professionnelle », explique Jérémy Borne, délégué syndical CGT de la structure, également présent lors du rendez-vous.

    Pas d’alertes

    « Son travail n’a fait l’objet d’aucune remarque particulière jusqu’à ce jour », avance dans un tract le syndicat. « Il n’y avait pas vraiment de difficultés majeures dans les missions courantes. Le salarié assure aussi qu’il n’a jamais reçu sa fiche de poste, donc il ne connaissait pas vraiment le périmètre de son travail », poursuit le responsable syndical. Si licenciement il y a, celui-ci sera contesté, « mais on va essayer de ne pas aller aux prud’hommes », explique Jérémy Borne. Le délégué CGT estime « qu’il y aurait dû y avoir une gradation », car le concerné n’avait « pas eu d’alertes ni fait de fautes graves ».

    Tout en concédant qu’il n’y a rien d’illégal dans la procédure, des membres de la CGT pointent une « méthode peu humaine ». Toujours dans le même tract, le syndicat note également que cette situation intervient après le renvoi de salariés sur d’autres sites gérés par l’association Fouque. « Cela interpelle sur les méthodes et le climat de travail dans tous les établissements de notre association », glisse la CGT. Contactée par La Marseillaise, l’association Fouque n’a pas répondu à nos sollicitations.

    *Prénom modifié

  • Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    «  Nous voulons montrer à quoi ressemble une journée si on n’est pas là. » Ce mercredi, les ambulanciers privés se mobilisent sur l’ensemble du territoire national pour demander de meilleures conditions de travail. Principale revendication : une revalorisation de leurs tarifs par le gouvernement, pour suivre l’inflation « qui touche notre matériel embarqué, l’oxygène, l’essence bien sûr, mais aussi les salaires », justifie Johan Cabrita, directeur général de Var Assistance, principal transporteur sanitaire du département, pour qui « il est inadmissible que nos salariés, qui ont des responsabilités lourdes, la vie des gens entre leurs mains, soient payés au Smic. Mais nous n’avons pas les moyens de les augmenter ».

    Ces tarifs restent bloqués à 150 euros le déplacement dans un rayon de 20 km, quand « ceux des pompiers, qui étaient à 124 euros en 2020, sont à 217 euros aujourd’hui », pointe Johan Cabrita. « On voudrait être revalorisés à 250 euros, ou au minimum au niveau des pompiers. Pourquoi n’aurait-on pas la même évolution qu’eux ? », s’interroge-t-il.

    « 33% de défaillances

    en plus depuis 2024 »

    Mais il ne s’agit pas des seules doléances des ambulanciers. Dans le viseur également, « des temps d’inactivité toujours plus importants dans les prises en charge hospitalières », à cause des actes administratifs délégués par les hôpitaux, qui n’ont plus le temps, faute de moyens, de les réaliser. « On perd 15 à 30 minutes alors que cela ne fait pas partie de nos prérogatives, et que la prise en charge totale du patient, du transport à la dépose, ne devrait prendre que 15 minutes en théorie », déplore l’ambulancier.

    Autre manque à gagner pour son entreprise, les factures non réglées par les hôpitaux : « Le GHT 83 (Groupement hospitalier de territoire du Var) nous doit plus d’1 million, cela fait un an que l’hôpital de Brignoles ne nous paye plus. On est obligé de prendre des crédits en trésorerie. » Et si Var Assistance et ses plus de 50 ans d’existence ont la « chance » d’être suivis par les banques, ce n’est pas forcément le cas de plus petites structures. « Il y a eu 33% de défaillances en plus depuis 2024, et les difficultés commencent à peine », met en garde Johan Cabrita.

    Ce mercredi, il ne s’agira pas pour les ambulanciers de « pénaliser les patients », qui seront pris en charge, surtout dans les cas d’urgence, vers les hôpitaux. Mais les sorties d’hôpitaux ne seront pas assurées avant 20h. « Une grosse majorité des entreprises varoises participent, sauf celles qui sont déjà en défaillance, pour qui c’est compliqué de se mobiliser », affirme le directeur général de Var Assistance, qui espère être reçu par l’ARS et le préfet, mais aussi par la Caisse nationale d’assurance maladie pour discuter d’une hausse des tarifs et d’un éventuel fonds d’indemnisation face aux aléas subis par les transporteurs sanitaires.

  • À Hyères, les 25 salariés de Mini green power menacés de perdre leur emploi

    À Hyères, les 25 salariés de Mini green power menacés de perdre leur emploi

    Nouveau coup de massue pour Mini green power (MGP), entreprise de valorisation de déchets en énergie bas-carbone, installée à Hyères depuis 2014. Après un premier placement en redressement judiciaire en 2023, la start-up est de nouveau en passe de déclarer une cessation de paiements, et de perdre ses 25 employés. En cause selon Jean Riondel, fondateur et dirigeant de la structure : la résiliation d’un contrat à 53,5 millions d’euros par Suez, multinationale de gestion d’eau et de déchets, à la veille de son lancement. Tout commence, d’après le fondateur et dirigeant de l’entreprise Jean Riondel, en 2023, lors du premier placement en redressement judiciaire de MGP. « À l’époque Suez nous fait une première offre de rachat, à 500 000 euros, que je refuse car trop faible, détaille-t-il. Ils sont finalement revenus vers moi car ils trouvaient notre technologie particulièrement intéressante et voulaient vraiment travailler avec nous. »

    Après plusieurs mois de négociation d’après Jean Riondel, un accord est trouvé en juillet 2024. Un premier contrat est signé avec Suez et engage la création d’un « démonstrateur », autrement dit la construction d’une machine « test », pour que soit prouvée à Suez la fiabilité de la technologie, toujours selon les déclarations du dirigeant de MGP. « L’idée était que le lancement du démonstrateur déclenche le deuxième contrat, celui que nous avions chiffré à plus de 50 millions d’euros, explique le dirigeant de MGP. La collaboration s’est très bien déroulée jusqu’à un changement de direction en juillet 2025. Les factures ont commencé à avoir du mal à être payées. Puis, la veille du lancement du transformateur, Suez a résilié le contrat de façon très brutale. » MGP, qui soupçonne Suez de vouloir bénéficier gratuitement de ses 38 brevets « innovants », engage donc une action en justice contre la multinationale. « Nous pensons qu’il existe ici un sujet d’intérêt public : celui de la fragilisation d’une PME innovante française, détentrice de brevets stratégiques, par un acteur qui aurait profité de sa vulnérabilité », s’indigne MGP.

    « Attaques calomnieuses »

    De son côté, Suez affirme faire l’objet « d’attaques calomnieuses ». L’entreprise ajoute : « Face aux dérives constatées des coûts et du calendrier, SUEZ a décidé de mettre un terme aux contrats qui le liaient à MGP, comme le contrat lui en laissait la possibilité. L’intégralité des sommes dues à MGP a été réglée dans le respect des contrats signés, y compris à l’issue de la résiliation du contrat. SUEZ et MGP sont libres de tous engagements contractuels. Les brevets de MGP restent en particulier la propriété de cette société. »

  • Au lycée Langevin à Martigues, une grève contre une école à deux vitesses

    Au lycée Langevin à Martigues, une grève contre une école à deux vitesses

    La mobilisation ne faiblit pas. Alors que « le budget alloué aux établissements scolaires ne cesse de baisser malgré des effectifs constants voire en hausse », au lycée Paul-Langevin, l’équipe pédagogique proteste en se relayant dans une grève tournante, les mardis et les jeudis. « On a perdu 4 heures d’enseignement par semaine en dix ans, contextualise Amélie Barbet, professeure de lettres modernes. C’est incessant, le temps d’exposition aux savoirs ne cesse de baisser et c’est dramatique ». Depuis 2013, le nombre d’heures accordé par élève a chuté de 18%.

    Sentiment d’injustice

    Concrètement, la baisse de la dotation globale horaire a entraîné « la fermeture des spécialités numérique et sciences informatiques, littérature étrangère en langue anglaise, langues et cultures de l’antiquité, alors qu’on était le dernier établissement de tout le bassin à la proposer », note Marina Reboul, pour le collectif Langevin en Lutte, dans une pétition qui a déjà reçu près de 1 000 signatures.

    « Ce sont de belles spécialités, qui ne sont certes pas très rentables aux yeux de nos chers dirigeants dans leur logique comptable, mais qui sont indispensables, s’émeut Amélie Barbet. On a aussi perdu la spécialité théâtre qui était un moment suspendu le mercredi après-midi et était très fréquentée. Il y avait aussi une classe prépa Sciences-po qui permettait d’ouvrir des perspectives, surtout dans un territoire éloigné comme celui de Martigues. On a l’impression d’être abandonnés, que tout est pour les élites urbaines ».

    L’enseignante déplore « une école à deux vitesses qui installe une espèce de dichotomie de plus en plus profonde entre enseignement privé et public » : « Il y a un grand sentiment d’injustice ».