Category: social

  • Marseille fait front pour les services publics

    Marseille fait front pour les services publics

    La rue a repris la parole pour défendre la fonction publique sur les pavés marseillais, ce mardi, à l’occasion d’une journée de grève et de manifestation intersyndicale pour le moins suivie. « Il y a une convergence des colères ! Le gel du point d’indice des fonctionnaires depuis 10 ans n’est pas acceptable et la baisse des salaires concerne tout le monde », gronde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Autour de lui, les manifestants s’amassent aux Réformés, en haut de la Canebière, avant de partir en direction de la Préfecture.

    Et la banderole de tête, derrière laquelle se retrouvent les représentants des trois pans de la fonction publique, agents des collectivités territoriales, des hôpitaux publics et de l’État, délivre un message clair : « Plus de services publics, plus de salaires. » Car cette mobilisation entend remettre en avant le mal-être et les besoins des centaines de milliers d’agents qui portent les différents services publics à bout de bras. « Tout augmente sauf les salaires : le gasoil, le gaz, l’électricité, l’alimentaire… Et au boulot, on nous demande toujours plus, mais on n’est pas payés plus ! », dénonce Marie, une agente territoriale de Port-Saint-Louis qui travaille au centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville et syndiquée CGT.

    « 50% de grévistes

    chez les instituteurs »

    Christophe Martin-Chalamel, secrétaire général de la CFDT Ville de Marseille, abonde : « Le pouvoir d’achat des fonctionnaires baisse de plus en plus. Quand le Smic augmente, nous, on reste au même niveau à cause du gel du point d’indice. On demande simplement une réévaluation avec l’inflation ». Cette question du gel du point d’indice, base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, cristallise l’attention. Mais c’est surtout le symbole d’un manque de moyens durablement imposé aux services publics. « Encore une fois, le budget prévu et les différentes mesures pour la fonction publique s’annoncent rétrogrades et austéritaires. C’est moins d’État, moins de services publics et ce sont les plus fragiles qui paient ! », développe Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13. Syndicat qui évoque le chiffre de « 50% de grévistes chez les instituteurs dans les Bouches-du-Rhône » comme mesure de l’exaspération des fonctionnaires.

    Une chose est sûre, c’est que la colère monte crescendo. Avec 30 000 manifestants décomptés côté intersyndicale et 3 800 côté préfecture de police, on est bien au-dessus de la précédente journée de grève et de manifestation, qui s’est déroulée le 15 septembre dernier. Il était alors décompté 5 000 manifestants côté syndicats, contre 900 selon la préfecture. Il faut dire que les fonctionnaires ont reçu le soutien de nombreuses autres catégories de travailleurs, comme ceux du monde de la culture, les travailleurs de l’énergie ou encore les lycéens. La fougue de la jeunesse a d’ailleurs pris la tête du cortège. « Pour Bernard Arnault et ses collègues, il n’y a pas de crise », lance Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, sur le fameux camion bleu de sa profession. Avant de délivrer un message de soutien à l’adresse des agents : « La fonction publique, les écoles, les pompiers, les infirmières, c’est notre patrimoine ».

  • A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier, les manifestants, nombreux (7000 selon la CGT), se sont rassemblé sur la Place Albert 1er aux alentours de 14h30 ce mardi 29 septembre. Mathieu Guy, membre du bureau de l’UD 34, revient dans cette vidéo sur l’enjeu de cette mobilisation à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.

    Un cortège dense composé des travailleurs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités, Hôpital) mais aussi des pompiers, des lycéens ont défilé à Montpellier derrière une banderole de l’intersyndicale qui avait appelé à cette journée de grèves et de manifestations. De nombreux jeunes sont présents et le mouvement de blocage des lycées, parti de la région parisienne, essaime dans l’Hérault : ce mardi, les lycées Mermoz et Monnet de Montpellier ont été bloqués par les élèves.

    Élèves en classe de première au lycée Jean Monnet, Cali et Leoya ont rejoint le cortège de la mobilisation des agents publics. «On demande d’être écoutés et respectés, d’avoir plus de budget pour rénover le lycée, l’internat, et aussi d’avoir de l’argent pour la culture, car Jean Monet est un lycée avec options artistiques. On est inquiètes pour notre avenir».

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent dans le cortège des étudiants derrière une banderole du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier).

    Le pouvoir d’achat, grignoté par l’inflation et l’absence de revalorisation du point d’indice ces dernières années, est omniprésent dans les revendications du cortège montpelliérain. En grève depuis plusieurs semaines, les pompiers professionnels étaient également présents.

    À Nîmes, les manifestants se sont rassemblé au fur et à mesure devant la Maison Carrée. On y croise des agents de la fonction publique de tous les secteurs, de l’hôpital à l’école, en passant par le Département. Tous ont le même mot d’ordre : « Des salaires pour vivre, des moyens pour travailler, un service public pour tous. » Le départ initialement prévu à 14h a été repoussé et le cortège finit par s’élancer.

    Christophe Allègre (UNSA Gard) a porté la déclaration unitaire des organisations syndicales de la fonction publique. Face à la dégradation des conditions de travail et à la perte de pouvoir d’achat, les syndicats réclament « une revalorisation significative de la valeur du point d’indice » et de véritables progressions de carrière. Le représentant alerte aussi sur les moyens matériels : « Les piratages massifs et successifs montrent qu’il y a urgence à donner aux services les outils et les moyens d’assurer la sécurité de toutes les données personnelles ». Alors que les difficultés de recrutement s’aggravent et que « les risques psychosociaux se multiplient », il prévient : « C’est bien l’avenir des services publics qui est en jeu ».

    Un grand nombre de jeunes se sont joints au cortège pour cette mobilisation. Cela intervient lors d’une journée également marquée par des blocus dans plusieurs lycées Nîmois, dont Daudet et Dhuoda, et la montée de tensions avec les forces de l’ordre . Le maire de Nîmes, Vincent Bouget (PCF) a appelé « à l’apaisement et la la vigilance de toutes et tous, afin que les mobilisations lycéennes puissent se tenir dans le calme et dans le respect».

    Le message des lycéens est clair : de l’écoute, du budget pour les établissements et les personnels, et la lutte contre l’extrême-droite.

  • À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    À Tarascon, une Alliance pour la relance de Fibre Excellence

    Un projet de relance, de diversification et de développement à long terme de l’activité papetière a d’ores et déjà été construit », indiquent les syndicats CGT Filpac et Fibre Excellence. Aux acteurs économiques de manifester leur intérêt.

    Alors que l’État a annoncé reprendre la main sur l’usine de pâte à papier, les syndicats entendent mettre à profit « ce temps relatif » pour « explorer ce que cet outil industriel pourrait devenir demain ». Car le temps presse avant que l’usine ne soit démantelée. Après le départ des anciens salariés du site, le vendredi 25 septembre, les liquidateurs étaient encore à l’œuvre sur le site. Dans un communiqué la LFI a alerté : « le site classé Seveso n’est plus actuellement en sécurité ». Les députés des Bouches-du-Rhône ont interpellé la préfecture pour « agir sans délai », afin de « permettre la reprise d’une activité essentielle à notre souveraineté ».

    Diversifier l’outil

    Convaincus qu’un avenir est possible, et au-delà du maintien de l’activité industrielle existante, les syndicats souhaitent faire « émerger les activités susceptibles de faire évoluer l’outil ». À savoir : « nouvelles productions papetières, valorisation de matières recyclées et de coproduits, production d’énergie, photovoltaïque, méthanisation, pyrogazéification, valorisation du CO2 biogénique… ». Autant de pistes qui demandent à être sérieusement étudiées. Des milliers d’emplois sont en jeu dans tout l’aval de la filière bois et forêts.

    À ce stade, « aucune prise d’engagement n’est demandée. L’objectif est d’identifier les intérêts existants et de faire émerger les possibilités économiques qui pourraient contribuer à l’évolution du site », précise le communiqué. Les entreprises et acteurs économiques concernés sont invités à se manifester « dans les meilleurs délais » à l’adresse : alliance.industries@mailo.com

  • à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    Ce lundi matin, quasiment aucun élève n’a franchi les grilles de l’établissement. Sur l’esplanade, une quarantaine de professeurs tenaient des banderoles. On pouvait y lire « On est des humains, pas des numéros » ou « Rendez-nous Sophie Jaboulin ».

    Affectée provisoirement à Jean Cocteau en 2022 suite à une « erreur administrative » lors d’une précédente mutation, Sophie Jaboulin subit de nouveau les dysfonctionnements du rectorat, qui veut lui faire « regagner le lycée de l’Empéri » à Salon-de-Provence contre son gré, explique Philippe Caracchioli, élu du personnel. Ses collègues dénoncent une injustice, une « non-gestion », voire un manque d’humanisme de l’académie, pourtant alertée de la situation à de multiples reprises depuis le mois de février. Ils souhaitent que Sophie Jaboulin puisse être, a minima, réintégrée la rentrée prochaine. Dans l’immédiat, l’équipe pédagogique demande une réponse « satisfaisante pour la santé » de leur collègue, en arrêt maladie.

    Gestion « incohérente »

    Les élèves de cette professeure d’EPS demandent aussi son retour. Six d’entre-eux se rendront à Aix-en-Provence vendredi pour demander une audience au rectorat. Gaspard sera de la partie. Il explique : « J’ai intégré la section sport étude l’an dernier, quand la structure a été créée par Madame Jaboulin, qui a porté ce projet à bout de bras : elle s’est occupée de l’administratif, de la recherche de sponsors, de nos emplois du temps, venait avec nous en compétition, a réuni les fonds pour les championnats de France… Ce qui nous a permis de ramener des médailles. Ce qu’on critique, c’est l’incohérence du rectorat qui a mis des mois à répondre à Madame Jaboulin qui demandait à ce que son dossier soit ré examiné, tout en nous félicitant pour ces résultats. » Aujourd’hui, sans la professeure, la section sport étude est « en péril », assure l’élève de terminale. Le rectorat aurait proposé à d’autres enseignants de prendre le relais, ce qu’ils refusent « pour ne pas prendre la place », de la professeure mutée.

    Au-delà du cas de Sophie Jaboulin, les revendications des élèves sont plus larges. Ils dénoncent les travaux perpétuels du lycée, qui auraient dû s’achever il y a des années mais qui s’éternisent en raison, notamment, du dépôt de bilan du maître d’œuvre. À l’extérieur de l’établissement, des filets retiennent les parements de briques qui s’effondrent. Ajax, en spécialité théâtre, pointe la présence « d’amiante » dans la salle de pratique. Mathieu, Léa et Salomé, porte-paroles du mouvement s’agacent des conditions d’apprentissage : des plannings trop denses, un manque de moyens humains et d’accompagnement. Les forces progressistes (PCF, insoumis, socialistes, UL CGT) ont envoyé un courrier au recteur, au président de Région et au ministère pour demander un rééquilibrage des budgets publics, des « rythmes scolaires viables », des embauches massives et un « investissement à la hauteur des besoins pour la rénovation des bâtiments ».

  • Ils manifestent aujourd’hui pour la fonction publique

    Ils manifestent aujourd’hui pour la fonction publique

    Manon Magagnosc, hospitalière
    CGT Toulon

    « C’est 20 ans de gel du point d’indice. Quand on nous annonce un budget avec 54 milliards d’économie… Responsable de l’UD CGT Var, je travaille à l’hôpital de Sainte-Musse. On nous demande encore de faire plus avec moins. Les gens ne font pas le lien avec l’austérité alors que les effets sont concrets, comme la fermeture des urgences. L’été quand ça brûle ou quand il y a le Covid, là on se rappelle qu’on a des fonctionnaires. Le mépris, il n’y a rien de pire. À la CGT, on dit qu’il faut un appel massif à la grève, qu’on mesure ce que c’est un jour sans eux. »

    Sophien Abid, technicien territorial FO
    Marseille

    « Le point d’indice est gelé depuis bien trop longtemps. Tout a augmenté de façon exponentielle mais pas notre salaire. Le 10 du mois, beaucoup de mes collègues fonctionnaires sont à zéro sur le compte. On subit aussi le manque de moyens humains : des départs à la retraite ne sont pas remplacés, les recrutements ne sont pas réalisés… On charge toujours plus les personnels mais sans mettre les bras avec. Ça vaut aussi pour les moyens techniques : on a un service espace vert qui n’a plus de tronçonneuse pour couper des arbres ! On en est là ! On n’a plus les moyens d’assurer nos missions comme il le faudrait. »

    Mélanie Saïsse, professeure des écoles
    CGT Educ’action Vaucluse

    « Jeudi dernier, notre syndicat a tenu son assemblée générale. Le bilan dressé confirme la nécessité de la mobilisation de ce mardi. Elle doit permettre de faire entendre une exigence simple : l’école publique ne peut plus reposer sur la capacité des personnels à compenser indéfiniment le manque de moyens alors que les besoins augmentent et que les personnels se sentent abandonnés par leur hiérarchie. Des élèves sans accompagnement, des enseignants qui travaillent dans des salles à 40 °C, des postes non pourvus, des personnels en souffrance, des établissements qui bricolent pour tenir. Une école qui tient uniquement parce que ses personnels la tiennent à bout de bras, ce n’est pas une école qui fonctionne. »

    Christelle Brotons, agent du Sdis
    Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels
    Digne

    « Nous sommes des fonctionnaires mais un peu différents. Au Sdis 04 [Service départemental d’incendie et de secours], je fais partie des personnels administratifs, techniques et spécialisés (Pats), on a le même rythme de travail que les autres, mais s’il y a une grosse intervention, on nous rappelle. Sans Pats pas de pompiers et inversement. Nous demandons des moyens matériels et humains parce qu’il y a les incendies mais aussi le secours à la personne. Si l’État ne revoit pas sa copie sur le financement des Sdis… On continuera. »

    Philippe Angelleli, agent territorial CFTC
    Marseille

    « Cela fait des années que le point d’indice n’a pas été revu, et on se rend bien compte de l’augmentation du coût de la vie, au point que les gens ne peuvent plus s’alimenter correctement sans compter les prix à la pompe, le prêt immobilier quand ils ont pu acheter. La plupart des territoriaux de Marseille sont des agents de catégorie C, au Smic. Face à des administrés en demande, dans les écoles, les crèches, les bureaux de proximité, on manque de postes. Les dossiers prennent plus de temps. Même si les agents assurent leur mission. On est en survie administrative. Il s’agit de l’avenir du service public. »

    Cécile Braca, enseignante d’anglais Snes-FSU
    Miramas

    « La principale revendication, c’est la revalorisation du point d’indice, indexé sur l’inflation. On en a marre que nos salaires soient bloqués. Ça a été le cas pendant dix ans. Ils l’ont un peu débloqué pour finalement le geler de nouveau dans le budget 2027. Le métier n’est plus attractif. C’est pas un métier facile, si en plus l’Éducation nationale paye mal les enseignants en début de carrière alors qu’ils ont fait un bac+5, ça n’aide pas. Pour compenser, et parce qu’il y a des matières où c’est vraiment la pénurie, comme les maths, le français ou les lettres modernes, leur solution consiste à recruter un peu plus tôt ou à embaucher des contractuels, qui sont encore moins payés que les autres. Ce n’est pas non plus optimal pour les élèves. »

  • Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force ouvrière montre les muscles avant la journée de grève et d’actions de ce mardi 29 septembre. « Pour les secteurs comme les écoles, les crèches, les cimetières, les bureaux municipaux, la grève va être très suivie », se félicite Patrick Rué, l’indéboulonnable secrétaire général du syndicat FO des agents territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole.

    Ce lundi, sur le parvis du Mucem, son syndicat entend faire une démonstration de force avec la visite spéciale d’un bus deux étages de la Fédération des services publics FO et la présence de son secrétaire général, Laurent Mateu. « Le bus est là dans le cadre d’un tour de France en vue des élections professionnelles mais aussi pour informer la population soit sensible aux problèmes des fonctionnaires », développe Patrick Rué. Son secrétaire général abonde : « On arrive dans une période où une grande partie des agents de la fonction publique territoriale touche moins que le Smic. Il est temps de bouger, le mécontentement doit se faire entendre. »

    Des tensions

    avant les élections

    Problème : Avant la visite au Mucem, ce bus FO a fait un tour auprès de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’UD FO 13 (lire encadré ci-contre). Une UD qui ne reconnaît pas comme légitime le syndicat des territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole tenu par Patrick Rué, depuis l’émergence d’un autre syndicat dissident, uniquement sur le champ métropolitain, dirigé par Carine Pinet (lire notre article du 06/03). En effet, Franck Bergamini jugeait le syndicat historique de Patrick Rué « en dehors des statuts confédéraux ». Et ce, alors que la fédération a pris parti pour Patrick Rué. En bref, des dissensions qui ressurgissent avant les élections professionnelles, en décembre prochain, où FO joue sa place de première organisation dans les deux collectivités. « On n’a pas reconnu le syndicat de Carine Pinet. Notre secrétaire confédéral, Frédéric Souillot, a préconisé une assemblée générale. Quoi qu’il arrive, il y aura des listes déposées, et l’on verra quelle liste sera retenue. Il faut gérer ça au mieux », explique Laurent Mateu. Cette espérance de résolution du conflit par le haut est partagée par Franck Bergamini, mais avec une nuance. Car dans le cas où deux listes seraient bien déposées, il prévient : « La confédération tranchera. » D’ici là, les territoriaux fidèles à Patrick Rué se rassemblent devant leur local du boulevard d’Athènes pour cette grève du 29.

  • Spectacle et culture font front commun

    Spectacle et culture font front commun

    Des financements publics en chute libre et un étau qui se resserre autour de la liberté d’expression. » À Marseille, à Avignon comme « partout où il y a des mobilisations », indique Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT spectacle, les acteurs du monde culturel et du spectacle battront le pavé.

    De la lecture publique à l’audiovisuel, en passant par les écoles d’arts, les opéras, les musées ou les archives c’est un large secteur qui est soumis depuis plusieurs années à des attaques budgétaires. Et les annonces du gouvernement « sur des budgets encore en baisse dans la création et l’audiovisuel, nous font craindre le pire ». Après la crise Covid, après un été caniculaire où de nombreuses représentations ont été annulées, les emplois, notamment les plus précaires, sont à la peine et des structures mettent la clé sous la porte. « C’est sans compter les plans de licenciements invisibles dans le spectacle vivant en raison de créations qui ne se font pas », précise le syndicaliste.

    Face à des financements publics à la baisse, des collectivités se désengagent. « Les difficultés sont multiples. Dans ce contexte de crise budgétaire où nous sommes le premier secteur sur lequel on rogne, nous devons aussi faire face à des programmations annulées par certaines municipalités, d’extrême droite et autres, souligne le secrétaire général CGT spectacle. C’est la liberté de création que nous devons défendre. »

  • Fonction publique : les rendez-vous pour la manif’ du 29 septembre

    Fonction publique : les rendez-vous pour la manif’ du 29 septembre

    Marseille

    10h30, aux Réformés.

    Martigues

    10h, rond-point de la mairie.

    Miramas

    10h30, devant la mairie.

    Arles

    10h, au kiosque à musique.

    Toulon

    10h30, place de la Liberté.

    Draguignan

    10h30, sous-préfecture.

    Avignon

    10h30, cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains

    11h, place du Général- de-Gaulle.

    Gap

    10h30, devant la préfecture.

  • Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre ne sera pas seulement une bataille de fiches de paie. Dans le Gard et l’Hérault, comme partout dans l’Hexagone, les syndicats veulent faire de cette journée de grève un point de convergence des colères qui traversent les services publics et, au-delà, le monde du travail. Les huit organisations représentatives de la Fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, auxquels s’ajoute la CFTC) appellent ensemble à se mobiliser pour une journée interprofessionnelle. Une unité rare, renforcée après l’échec du rendez-vous salarial du 8 juillet et sur fond de nouvelles économies annoncées pour 2027.

    Au cœur des revendications : la revalorisation du point d’indice, gelé à 4,92 euros depuis juillet 2023, la refonte des grilles, le retour de la GIPA [garantie individuelle du pouvoir d’achat], l’abrogation du jour de carence et davantage de moyens humains. Depuis juin, 862 000 agents doivent même percevoir une indemnité différentielle pour que leur traitement indiciaire atteigne le Smic. Ambiance faste. « Ce n’est plus une histoire de pouvoir d’achat, mais de pouvoir de vivre », tranche Pascale Thoirey, de la FSU du Gard. Elle décrit des enseignants qui décrochent, des AESH maintenues dans la précarité et « une perte de sens du métier » jusque chez des personnels autrefois « avec le service public chevillé au corps ». « L’État organise la précarité de ses personnels », tout simplement.

    Même constat côté CFDT. Sylvia da Costa, secrétaire générale de l’UD du Gard et soignante, refuse de réduire la mobilisation à une défense corporatiste : « Le service public, c’est un bien commun. Tout le monde doit pouvoir y accéder dans de bonnes conditions. » La soignante pointe les urgences du CHU de Nîmes, où plus de 150 patients attendaient récemment une prise en charge, mais aussi les écoles et collectivités confrontées aux non-remplacements. « Sans nous, le pays ne fonctionne pas. »

    Du salaire au service rendu

    Dans le Gard, FO veut justement éviter que le 29 septembre ne soit qu’une date de plus sur le calendrier syndical. Gilles Besson, secrétaire général de l’UD, préfère partir des conflits déjà ouverts : à Carrefour Supply Chain Saint-Gilles, dans l’énergie, à la Sécurité sociale ou encore chez les marins-pêcheurs. « La convergence ne se décrète pas depuis une salle de réunion », insiste-t-il. Elle doit, selon lui, se construire sur les revendications concrètes des salariés : « Une journée de grève coûte cher : pour qu’un salarié accepte de perdre une journée de salaire, il faut construire un rapport de force qui ait du sens et des perspectives. »

    Pour Mathieu Guy, qui coordonne la journée pour la CGT dans l’Hérault, « le 29 septembre n’arrive pas de nulle part ». Santé, éducation, secours, action sociale : « Les besoins explosent », tandis que les syndicats redoutent de nouvelles restrictions budgétaires. La CGT oppose notamment ces économies aux 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises recensées en 2023, tandis que 54 milliards d’euros d’efforts sont annoncés pour 2027. Le sens des priorités. Derrière les salaires se joue enfin la capacité même des services publics à remplir leurs missions. « Nous ne voulons pas choisir entre de bons services publics et des agents correctement rémunérés : nous voulons les deux, parce que l’un ne va pas sans l’autre », résume Mathieu Guy. Tous ne promettent pourtant pas déjà un mouvement reconductible. Les suites dépendront du rapport de force construit sur le terrain, dans les ateliers, les hôpitaux, les écoles et dans la rue. La colère est là : reste à voir si, le 29 septembre, elle saura se transformer en rapport de force.

    « L’État organise la précarité de ses personnels »

  • [Témoignages] La fonction publique chevillée au corps

    [Témoignages] La fonction publique chevillée au corps

    De quoi remettre en avant le travail quotidien des agents des services publics qui œuvrent au quotidien, et parfois dans l’ombre, pour le bien commun. Et qui s’alarment du budget de l’État à venir qui risque bien de réduire encore leurs moyens. Des moyens dont ils manquent déjà cruellement à l’image des sapeurs-pompiers, en grève depuis début septembre et figures de proue du mouvement. En bref, les petites mains de l’État ne veulent pas subir à nouveau l’austérité.

    « Le gouvernement met école publique et fonctionnaires en porte-à-faux »
    Julien Saint-Roman professeur d’histoire-géo-EMC (FSU) à Toulon

    Être enseignant, de nos jours, c’est « faire face à des injonctions contradictoires ». Professeur d’histoire-géographie au collège des Pins d’Alep de Toulon, Julien Saint-Roman a la sensation d’être pris dans un étau, entre les difficultés « de permettre à tout le monde d’accéder aux mêmes chances » d’un côté, et « les attaques de la droite et de l’extrême droite, en des temps où tout n’est qu’opinion, avec des parents d’élèves, des politiques, voire des élèves qui remettent en question la vérité des faits, le travail scientifique » de l’autre. Ajoutez à cela « la concurrence féroce de l’enseignement privé sous contrat », autre entrave à l’égal accès à l’enseignement, et vous obtenez « séparatisme sociologique et politique », favorisé par « un gouvernement qui met l’école publique et ses fonctionnaires en porte-à-faux ».

    Les conditions matérielles d’exercice du métier sont elles aussi pointées du doigt, entre un pouvoir d’achat en berne provoqué par « une inflation qui augmente deux fois plus vite que le point d’indice depuis 2010 », « une charge de travail multipliée à cause du nombre croissant d’élèves, qui nécessiterait plus de 40 000 professeurs supplémentaires pour avoir le même taux d’encadrement qu’en 2007 », des profils qui « ne sont plus pris en charge correctement » et des « bâtiments vieillissants soumis à la canicule et au froid l’hiver ». Il y a « de multiples facteurs qui peuvent conduire à la mobilisation » pour le secrétaire adjoint de la FSU du Var.

    « Pendant le Covid, on était applaudi, aujourd’hui, la situation est pire »
    Ludivine Russo agent de service hospitalier (CFDT) à Avignon

    À l’hôpital d’Avignon, Ludivine Russo est « partie de tout en bas », assure-t-elle. Aujourd’hui agent de service hospitalier (ASH), elle a commencé par de la plomberie avant de monter des échelons et de prendre des responsabilités syndicales à la CFDT.

    Dans l’établissement hospitalier, le plus important de Vaucluse avec pas moins de 3 600 agents, « on galère », regrette-t-elle. « On tient grâce à notre engagement et notre sens du service public », explique-t-elle. Et prône la volonté de tous d’assister les patients et les familles, mais aussi entre collègues. « C’est la force des services de s’aider. Quand les services ne s’aident pas, la moitié se barre. Alors qu’un service super soudé, les filles se disent on est dans la mouise, mais on l’est ensemble », poursuit l’ASH. Au quotidien, des agents constatent un manque de reconnaissance. « Pendant le Covid, on était applaudi. On pensait que ça changerait dans le bon sens mais non, c’est encore pire ! On n’a jamais vu l’hôpital comme ça », illustre la responsable syndicale.

    Ce mardi, une mobilisation intersyndicale avec la CGT et FO est prévue sur le site pour sauver la crèche hospitalière qui va potentiellement être externalisée. « Cela permettait aux agents de travailler plus sereinement et ça illustre ce qu’il se passe au niveau national. On est en train de démanteler le service public », pointe-t-elle.

    « Nous sommes le dernier recours pour la population » Laurent Guilloteau sapeur-pompier (CGT) dans les Bouches- du-Rhône

    Le quotidien de Laurent Guilloteau, sapeur-pompier professionnel pour le service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) et secrétaire général de la CGT Sdis 13 est pour le moins chargé. « Une journée classique de pompiers débute par une prise de garde entre 7 et 8 heures, pour une garde de 12 ou 24 heures. Il y a ensuite un appel des présents, où l’on va savoir sur quel engin on va intervenir dans la journée. On a aussi une vérification des engins, pour être sûr qu’ils soient bien opérationnels. On enchaîne ensuite sur du sport ou alors sur des manœuvres et des entraînements pour nos futures missions… Ensuite, la journée est cadencée par les interventions », explique-t-il. Ces interventions justement « peuvent durer 10 minutes comme 12 heures, cet été, on a dépassé les 500 interventions par jour dans le département ». De quoi donner un aperçu de la charge de travail : « Fin juin, on a eu une très forte activité sur une journée, j’ai retrouvé des collègues arlésiens qui n’avaient pas eu le temps de manger le midi et qui n’avait toujours pas mangé à 2h du matin. »

    De quoi surtout remettre en perspective le rôle de ces fonctionnaires territoriaux : « On subit depuis des années la dégradation de l’ensemble des services publics : nous sommes le dernier recours pour la population. Si l’hôpital public ne peut pas prendre en charge la population, si elle n’a pas accès à de l’aide sociale, elle fait appel aux pompiers. »