Category: politique

  • À Martigues, une histoire populaire qui redonne des repères

    À Martigues, une histoire populaire qui redonne des repères

    « L’histoire est à nous », dans le sens populaire du terme. C’est en tout cas ce que l’adjoint Pierre Dharréville (PCF) défend à l’heure d’annoncer la troisième édition du festival d’histoire populaire de Martigues, baptisé Pop’Histoire, lors d’une conférence de presse, lundi, au cinéma La Cascade.

    Un festival qui « manifeste une volonté d’appropriation collective de l’histoire, cette science qui permet de comprendre les mouvements du monde et de la société », poursuit l’élu, en la mettant à disposition sur l’espace public. C’est sur cet aspect public qu’insiste l’adjoint (PCF) Florian Salazar-Martin : « On a la chance, à Martigues, que les espaces soient ouverts, lorsqu’ailleurs, beaucoup d’espaces libres se rétrécissent. » « Pop’Histoire est imaginé comme un printemps populaire de l’histoire, un moment de fête pour réfléchir et s’amuser », complète Jean-François Szymanski, de la librairie l’Alinéa, également co-organisateur de la manifestation.

    Cette troisième édition passe un cap partenarial, notamment avec Aix-Marseille université (AMU), dont le président, Éric Berton, signe l’édito du programme avec le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux et dont plusieurs chercheurs participent à l’initiative. Mais aussi avec l’Éducation nationale, à travers plusieurs rendez-vous dédiés aux collégiens et lycéens martégaux.

    De 1936 à 2026,

    une histoire de luttes

    « Le va-et-vient entre le présent et l’histoire est essentiel quand les repères se perdent avec le déroulement permanent de l’actualité », présente Florian Salazar-Martin. C’est ce qui caractérise cette troisième édition qui, d’un côté, consacre l’essentiel de sa programmation à l’étude du Front populaire et des conquêtes sociales de 1936, avec parfois un angle féministe et, de l’autre côté, répond – indirectement – à l’actualité brûlante du contrôle des médias et de la culture par des personnalités d’extrême droite.

    Particulièrement à l’heure de la censure annoncée par Canal+, piloté par Vincent Bolloré, à l’encontre des artistes signataires d’une tribune dénonçant l’influence du milliardaire dans le cinéma. « On ne peut pas accepter de mainmise sur les artistes et les idées pour faire triompher un agenda antiféministe, raciste », tranche Florian Salazar-Martin. Pierre Dharréville souligne à cet effet le rôle de Jean Renoir, « figure du Front populaire à sa manière ». « Ce qui se passe avec le cinéma s’est passé récemment avec le livre, avec Bolloré et les éditions Grasset », rappelle Jean-François Szymanski, renvoyant à l’historien « Yohann Chapoutot, qui a pointé cette volonté des oligarques de disposer des outils qui façonnent l’opinion publique ».

    Pop’Histoire promet une riposte à sa manière. « Une réponse en actes, une résistance avec ses contradictions, une alerte importante », conclut le libraire. « Le Front populaire s’est construit dans l’adversité face au fascisme depuis les émeutes de 1934 jusqu’aux grandes conquêtes sociales », développe Pierre Dharréville, qui n’oublie pas de souligner la place des femmes dans cette histoire, également au cœur du programme. Comme pour rappeler la nécessaire convergence de ces luttes.

    La conférence d’ouverture de Pop’Histoire, dédiée à la lutte des femmes pour leur liberté, aura lieu jeudi 28 mai à 18h, au cinéma La Cascade.

  • Une élue du Département tête de liste RN aux sénatoriales

    Une élue du Département tête de liste RN aux sénatoriales

    Les uns après les autres, le RN feuilletonne les ralliements comme s’il s’amusait à faire tomber les dominos de la droite républicaine. Une semaine après l’annonce de l’adhésion surprise de la présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec à l’UDR ciottiste (notre édition du 13/05), le responsable départemental du parti lepéniste Franck Allisio a annoncé ce lundi que la vice-présidente du conseil départemental (ex-LR), Marie-Pierre Callet, mènera la liste d’union de l’extrême droite aux sénatoriales de septembre prochain dans le département.

    Délégations rendues

    « Nous avons mis un point d’honneur à choisir une tête de liste hors-Marseille, en se rappelant que l’essentiel des maires sont hors de Marseille », appuie Franck Allisio, qui assure que la candidate validée par les commissions d’investiture du RN et de l’UDR, proche du député RN Emmanuel Taché, « est le profil idéal pour les sénatoriales ». Quatre fois battue aux municipales à Maussane-les-Alpilles où elle s’est installée en 1992, l’exploitante agricole de 68 ans, pendant dix ans à la tête du groupement bovin des Bouches-du-Rhône, est élue depuis 2015 au Département sur le canton de Salon-1, en binôme avec le maire d’Eyguières Henri Pons, chargée des routes après avoir reçu les délégations du numérique et de la viticulture. « Je n’ai pas changé de convictions », assure celle qui avait quitté les Républicains après la dissolution de juin 2024, et qui très sérieusement affirme qu’elle ne se sent « pas du tout d’extrême droite » après avoir adhéré au RN.

    Si elle n’a prévenu la présidente (DVD) du conseil départemental de sa décision que ce dimanche, « je suis toujours dans la majorité de Martine Vassal », assurait-elle dans la matinée. Avant que la présidente de l’exécutif départemental n’indique par communiqué qu’« il a été convenu qu’elle se mettrait en retrait du groupe Provence unie et qu’elle rendrait l’ensemble de ses délégations (…) dans un souci de clarté, de sérénité et de bon fonctionnement de notre majorité ». La loi sur le non-cumul des mandats doit de toute façon la rattraper après sa très probable élection au palais du Luxembourg en septembre.

    « Nous espérons bien faire deux sièges », annonce ainsi Franck Allisio en calculant que le RN seul compte plus de 400 grands électeurs sur les 2 700 du département, pour huit places. Une gageure, même s’il rappelle que « systématiquement les listes RN ont dépassé le nombre de grands électeurs du RN ». Car l’ancienne tête de liste (ex-RN) de l’extrême droite, Stéphane Ravier, devrait conduire sa propre liste, indique-t-il. « Notre intérêt aux sénatoriales, c’est d’avoir une liste RN – UDR et lui d’avoir une liste indépendante, nous sommes d’accord pour avoir une liste séparée », explique le député en promettant que « cela a toujours été convenu comme ça ». Le relatif échec de l’extrême droite aux municipales, hors Marseille, a dû temporiser des ambitions.

  • Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    L’aide à l’hébergement et au logement pour les victimes de violences « n’est pas nouveau sur le territoire » campe Anne-Sophie, de l’association Solidarité Femmes 13 (SF13). Depuis 50 ans, l’association œuvre sur l’ensemble du département, à travers trois antennes – Marseille, Aix et Istres – et 12 permanences pour être au plus près des besoins des femmes et enfants du territoire. Sans oublier les hébergements disséminés sur toutes les Bouches-du-Rhône : Marseille, Istres, Port-de-Bouc, etc.

    Un accompagnement social qui n’aurait jamais pu se faire « sans l’aide des services publics », souligne la salariée de SF13. Subventions de l’État principalement, mais aussi des collectivités locales, « nous bénéficions d’engagements locaux assez puissants – Région, Département, Villes, sans lesquels nous ne pourrions aujourd’hui pas nous déployer », reconnaît-elle. Depuis 50 ans que l’association existe, la coordination entre associations et politiques publiques est « primordiale ». « Autant nous avons besoin du soutien financier et institutionnel des acteurs politiques du territoire, autant la réalité du terrain que nous recensons leur est essentielle pour développer des services publics cohérents. C’est un lien que nous devons conserver, si ce n’est renforcer », détaille Anne-Sophie.

    Un dispositif innovant

    et inédit

    « L’objectif est de poursuivre son développement, compléter l’offre, et la créer lorsqu’il n’y en a pas » poursuit-elle. Le nouveau projet qui sera révélé le 4 juin est un dispositif innovant et inédit, alliant les pouvoirs publics, la sphère privée et notre association : « nous n’avions jamais mis en place un projet d’une telle ampleur », confie la salariée de l’association SF13.

    Un pari que Marie Batoux, déléguée à l’égalité des genres de la ville de Marseille applaudit : « Le programme est intéressant car il permettra de structurer sur le territoire, des solutions pour aider les femmes victimes de violences en précarité ou en tout cas, soumises à des conditions qui ne leur permettent pas de se protéger. »

    L’aide au logement pour les victimes de violences n’est pas nouvelle sur le territoire marseillais. Marie Batoux s’en souvient bien. « Pendant la Covid-19, nous avons soutenu l’auberge marseillaise, un lieu refuge initié par neuf associations dans l’ancienne Auberge de Jeunesse Bonneveine (8e) », rappelle l’élue.

    Le dispositif de la Cepac et de SF13 s’inscrit d’ailleurs dans cette « réflexion menée par de la ville », apprécie Marie Batoux. Un maillage entre les institutions politiques est associatives qu’elle juge nécessaire : « Nous sommes face à un problème de société patriarcal. Nous, élus et acteurs politiques, devons répondre à ce problème local, en proposant des ressources. Incarner ce que doit être la Ville de Marseille, une entité protectrice du public vulnérable, en travaillant avec des experts de la question comme Solidarité femmes 13 », conclut-elle.

  • La vice-présidente des Bouches-du-Rhône Marie-Pierre Callet tête de liste RN aux sénatoriales

    La vice-présidente des Bouches-du-Rhône Marie-Pierre Callet tête de liste RN aux sénatoriales

    Après le ralliement de l’ex-présidente des Républicains dans les Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec à l’UDR mardi dernier, c’est une autre vice-présidente du conseil départemental, Marie-Pierre Callet, qui rejoint le RN. Après avoir obtenu le feu vert des commissions d’investiture des deux partis, celle-ci sera la tête de liste de l’union d’extrême droite pour les prochaines sénatoriales, a annoncé ce lundi matin le responsable départemental du parti lepéniste Franck Allisio.

    Ancienne présidente de la filière bovine dans le département, celle qui est élue sur le premier canton de Salon-de-Provence et qui siège depuis 2015 dans la majorité de Martine Vassal au Département avait quitté les Républicains en 2024 avant de rallier le RN ces dernières semaines. Avec cette tête de liste hors-Marseille, l’extrême droite vise deux sièges au Sénat sur les huit en jeu dans les Bouches-du-Rhône lors des scrutins qui se tiendront le 27 septembre prochain.

    Le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, tête de liste en 2020, devrait de son côté mener une autre liste à l’extrême droite, indique Franck Allisio. «Notre intérêt aux sénatoriales c’est d’avoir une liste RN – UDR et lui d’avoir une liste indépendante, nous sommes d’accord pour avoir une liste séparée », explique le député de Marignane.

  • [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    La Marseillaise : Vous avez d’abord été candidat aux municipales puis avez rejoint la liste de David Fournier avant d’en sortir au second tour avec la fusion LFI. Quel bilan tirez-vous de cette campagne ?

    Benoît Belvalette : On a toujours dit que les municipales n’étaient qu’une étape pour Place publique, pas une fin en soi. On a souhaité porter une nouvelle façon de faire de la politique et apporter cette régénération qui manquait tant à cette ville. D’ailleurs, l’élection d’Olivier Galzi est la démonstration qu’il y avait peut-être besoin d’un renouveau sur cette ville. De mon côté, des contraintes professionnelles m’ont amené à être beaucoup moins présent. Au sein du rassemblement, j’ai eu l’impression que le projet n’était pas forcément une priorité, ou du moins on n’a pas assez affirmé que c’était quelque chose d’essentiel, on aurait aimé peser plus fortement sur les choix stratégiques. Derrière, il planait toujours ce doute d’une alliance avec LFI. Le positionnement de David Fournier n’a pas toujours été très clair, on peut comprendre dans sa stratégie, qu’il fallait aller chercher des électeurs LFI. Mais l’absence de clarté n’a pas aidé. On avait fait un choix clair [vis-à-vis de LFI] et on l’a assumé, on ne regrette pas. Plus largement, avec le recul, je pense que si on s’était réunis avec Joël Peyre (PRG) et Paul Roger Gontard (La Convention) on aurait beaucoup plus pesé. On doit tirer les enseignements de notre incapacité à se mettre d’accord pour les prochaines échéances.

    Quelles sont-elles justement ?

    B.B. : Déjà, on continuera d’être présent dans la vie locale, on sera une vraie force de proposition, une vigie exigeante, pour être utile à Avignon. Le prochain scrutin sera les sénatoriales. On va y participer et aider à ce que la gauche soit bien représentée. On a rencontré Lucien Stanzione [sénateur PS sortant] qu’on devrait soutenir. Mais on se projette avant tout sur la présidentielle avec la candidature, certainement en septembre, de Raphaël Glucksmann. Et ensuite les législatives. Les municipales ont montré que l’alliance ambiguë du PS avec LFI a perturbé la lisibilité du discours. Pour d’autres échéances, Place publique peut porter ce leadership d’une gauche sociale ouverte et humaniste, sans considérer que LFI fasse partie de ce périmètre.

    Quel regard portez-vous sur les débuts d’Olivier Galzi ?

    B.B. : Si on veut être crédible, il faut laisser à cette municipalité le temps d’agir, ça serait malhonnête d’être déjà dans une critique exacerbée. Chaque fois qu’il faudra alerter, nous le ferons. Et chaque fois qu’une décision ira dans le bon sens, on la saluera, parce que c’est ça aussi faire de la politique : ne pas être une gauche qui soit incantatoire, simplement à dénoncer, mais être une gauche objective et utile. Je mets en garde Olivier Galzi : quand on veut faire un travail de fond, la politique mérite mieux qu’une communication à outrance. Il faut de l’humilité et du travail, ne pas considérer qu’on peut avoir toutes les réponses aux problématiques et puisqu’on veut représenter l’ensemble des Avignonnais, il faut entendre toutes les forces politiques qui ont des choses à dire.

  • [Entretien] Jérémy Bacchi : « Il faut prendre tous les sujets de front »

    [Entretien] Jérémy Bacchi : « Il faut prendre tous les sujets de front »

    La Marseillaise : Que vous inspirent ces procès et cette réponse judiciaire ?

    Jérémy Bacchi : En amont, je veux saluer le travail des forces de police qui permet d’arriver à ces procès contre les chefs mafieux, et plus largement contre ce système. Ce travail d’investigation est la priorité. Ce volet judiciaire envoie un signal fort à ces organisations et à la population : on peut de lutter contre ces phénomènes, les choses avancent, et on ne peut que s’en réjouir.

    L’Appel de Marseille que vous avez initié préconisait une réponse politique. Vous en êtes satisfaits ?

    J.B. : L’Appel de Marseille lancé en janvier 2024 visait à provoquer un électrochoc dans la société pour que les pouvoirs publics se saisissent du sujet et adaptent notre appareil législatif aux réalités actuelles du narcotrafic. Le mois suivant, avec Guy Benarroche et Marie-Arlette Carlotti, nous avons saisi le président du Sénat pour la créer une commission d’enquête sur les narcotrafics dont le rapport a été adopté à l’unanimité du Sénat qui a adopté en 2025 une loi pour « sortir la France du piège du narcotrafic ». Sur cet aspect l’Appel a rempli ses objectifs initiaux. Mais un deuxième volet préventif en matière sanitaire et éducative, mériterait quelque chose du même type.

    Sur quoi mettre encore l’accent ?

    J.B. : Il y a quatre piliers. La protection de l’enfance est dans une situation dramatique, elle a besoin de plus de moyens. Près d’un jeune sur deux enrôlés dans les réseaux est issu de l’ASE, et les jeunes filles confrontées à la prostitution et exploitées par ces mêmes filières. Il y a ensuite le volet sanitaire pour l’accompagnement des personnes addictes car, effectivement, moins de consommateurs, c’est moins de trafic. Il y a aussi la question des relations diplomatique avec les pays producteurs de drogues. Puis il y a le levier financier avec le blanchiment de l’argent de la drogue et l’utilisation des avoirs confisqués liés au narcotrafic. Il faut prendre tous les sujets de front.

    Il y a aussi la protection des familles de victimes ?

    J.B. : Je suis intervenu la semaine passée au Sénat sur un texte que le Gouvernement, main dans la main avec la droite, a rejeté, et je le regrette, portant notamment sur la protection des personnes, militants associatifs et politiques qui dénoncent et se battent contre le narcotrafic. Mais la bataille continue.

  • Teixier répond à Dellanegra et appelle au dialogue

    Teixier répond à Dellanegra et appelle au dialogue

    Les deux opposantes, qui s’étaient affrontées pendant les municipales, ne se ménagent pas. Depuis la première séance chaotique à la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), qui a vu Patrick de Carolis (Horizons) réélu président à une voix près, Tania Teixier (SE) et la maire de Saint-Martin-de-Crau Séverine Dellanegra (SE) se renvoient la balle quant à la responsabilité de cette scission au sein de l’intercommunalité.

    Pour rappel, cette dernière avait refusé quatre vice-présidences. Son élue d’opposition, elle, a finalement écopé du volet économique et est en charge du développement des zones d’activités économiques. Elle affirme : « Patrick de Carolis m’a proposé une vice-présidence. Si je la refusais, notre commune n’aurait jamais été représentée. Pour moi c’était une question de devoir. »

    Tania Teixier appelle au dialogue et demande à Séverine Dellanegra de « raison garder ». « Je ne comprends pas que quelqu’un qui vantait les mérites de l’ACCM et qui briguait sa présidence veuille aujourd’hui en sortir, si ce n’est par ego. D’autant que pour sortir d’un EPCI il faut l’aval du préfet. »

    « C’est pas comme ça qu’on va faire avancer les dossiers, moi je lui tends la main », affirme la conseillère municipale et élue à l’agglomération.

    À l’ACCM, elle envisage de mettre en place un « grand plan d’actions sur la propreté dans les zones d’activités parce que, que ce soit à Saint-Martin, à Tarascon ou à Arles, j’ai bien conscience qu’il y a un vrai problème d’insalubrité, de dépôts sauvages ».

  • [Parole de maire] Robert Deledda (La Cadière d’Azur) : « On prépare l’avenir et nous avons déjà fait des miracles »

    [Parole de maire] Robert Deledda (La Cadière d’Azur) : « On prépare l’avenir et nous avons déjà fait des miracles »

    Ancien premier adjoint du maire communiste René Jourdan, le nouveau premier magistrat de La Cadière d’Azur Robert Deledda (SE) rappelle ses ambitions pour la commune mais aussi les obstacles et les difficultés que l’équipe va devoir affronter pour les réaliser.

    La Marseillaise : Vous dites que vous vous êtes présenté pour préparer l’avenir…

    Robert Deledda : Oui, absolument, déjà au niveau de l’équipe, avec de nouvelles personnes qui vont apparaître. Et ça c’est très important, parce que j’ai constaté depuis à peu près entre 30 et 40 ans que je suis élu, qu’on ne nous préparait pas. D’un coup, on est là dans le bain et on doit apprendre de ses erreurs. Donc là, il va y avoir tout un travail de formation et d’accompagnement. Et on va mettre en avant toute cette nouvelle génération.

    Eh puis, il y a les projets qui vont marquer la commune. On a des bâtiments municipaux vétustes, on va donc pour commencer faire un audit et à partir de là, on va voir quel entretien, quelle maintenance il faut faire pour les mettre aux normes. Et les restructurer pour donner satisfaction aussi bien aux personnels qui travaillent aujourd’hui dans des locaux qui ne sont pas adaptés aux usagers. On doit pouvoir accueillir tous les publics dans de bonnes conditions, notamment les personnes à mobilité réduite.

    On va également construire une nouvelle mairie dans l’extension de l’actuelle mairie annexe.

    Nous avons besoin de moderniser et donner de bonnes conditions de travail au personnel et aux élus. Un lieu où les adjoints et les conseillers municipaux vont pouvoir se réunir, discuter de projets, d’activités, d’animations… de travailler. Aujourd’hui les adjoints parfois n’ont pas de bureau. On a besoin aussi de pouvoir se retrouver entre nous. Et pas seulement pour des réunions de groupes de travail, des réunions de commissions.

    Vous avez également des ambitions touristiques…

    R. D. : Le constat c’est que pour l’instant nous ne sommes pas bons au niveau de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume, puisque lorsqu’on observe que les touristes viennent essentiellement dans une certaine période et au niveau du littoral. Je pense qu’on a des atouts pour travailler sur les quatre saisons tous ensemble, intelligemment, au niveau de l’ensemble du territoire. Or, aujourd’hui nous n’avons que trois offices de tourisme : Bandol, Sanary et Saint-Cyr. Donc tous situés sur le littoral. Il reste à développer l’arrière-pays et les quatre saisons.

    En plus, on a une richesse énorme, nous, c’est le vignoble. On a un territoire qui est béni des dieux grâce à tous nos agriculteurs. Le paysage que l’on a là, c’est grâce à eux qu’il a été protégé. Et on va encore plus protéger nos terres agricoles comme on s’y est engagé au cours de notre campagne électorale. On l’a dit, on le fait, et on va le prouver. C’était déjà d’ailleurs la politique prioritaire de René Jourdan.

    Vous devez faire face en même temps à un désengagement de l’État avec des dotations qui ne cessent de baisser…

    R. D. : Elle a été drastique ! Et ça nous fait vraiment mal. Les communautés rurales se retrouvent très exposées. Mais tant que je pourrais, je n’augmenterais pas les impôts, puisque le pouvoir d’achat des contribuables se réduit, et une partie de la population souffre. Quand on voit à combien s’élève le prix de l’essence…

    Donc nous, on est là pour les aider, pour les accompagner. Mais l’État, petit à petit grignote nos moyens d’agir et augmente ses exigences. Concernant les logements sociaux, par exemple. Nous, bien entendu, on est pour, il n’y a aucun problème. Seulement, on n’a pas de réserve foncière. Alors, on les fait où ? Et même si on arrivait à en trouver, on se retrouverait confronté à d’autres impossibilités, des routes trop petites, un problème de sécurité au niveau des trottoirs, d’assainissement, au niveau des écoles… Nous ne sommes pas, tout seuls, au niveau de la commune, en capacité de répondre à la loi. Ce que l’on vise c’est un développement durable tout en maîtrisant nos dépenses.

    Vous ne souhaitez pas non plus que la commune se développe trop rapidement au niveau de sa démographie…

    R. D. : Oui, ça pourrait nous déstructurer. Vous avez vu lorsqu’on a traversé le village, ce lien social qui nous unit avec les commerçants, avec les habitants. Et vous pouvez nous accompagner en dehors du centre, dans les quartiers périphériques, c’est exactement pareil. On se connaît, les gens viennent vers l’élu de proximité. Alors, non, on ne veut pas grandir trop vite de peur d’y perdre aussi un peu notre âme. Et surtout ne plus pouvoir répondre correctement aux besoins de la population en termes de services publics. Et ça c’est primordial pour nous. Et d’ailleurs à ce niveau, on veut faire de plus en plus, et on fait déjà beaucoup avec moins, malheureusement.

    Heureusement qu’on a des employés municipaux extraordinaires, des gens pleinement engagés au service de la population. Le maire seul ne fait rien. Le maire et les adjoints seuls ne font rien. On est une équipe !

    Êtes-vous optimiste ?

    R. D. : Serein. Parce que je suis quelqu’un de très combatif, et parce qu’autour de moi, je le répète, j’ai des gens qualifiés, compétents. Des gens qui m’entraînent aussi. Parce que des fois, je réfléchis, je me dis, là il faut que je prenne du recul. Et c’est eux qui me disent : « Non, monsieur le maire, il faut aller de l’avant ! » Et donc c’est grâce à eux, cette nouvelle génération qui apparaît, qu’on avance.

    Et il y a ce mélange d’anciens qui ont l’expérience et qui maîtrisent bien les sujets budgétaires, l’organisation, et de jeunes qui apportent un regard neuf et proposent de nouvelles solutions.

    C’est compliqué d’être un élu de la République, le maire d’une petite commune ?

    R. D. : C’est compliqué, mais c’est le plus beau des mandats. Parce que, regardez ce matin, c’est la proximité, le sourire des gens, quelqu’un qui vous dit : « Merci, félicitations pour votre élection, on attend vos projets, c’est bien ! Vous êtes entouré d’une belle équipe… » Et en parlant de l’équipe, je dois dire que si c’est moi qui l’ai choisie, ils m’ont choisi eux aussi, sinon ils ne seraient pas venus sur la liste.

    Alors, oui, c’est pas toujours simple. C’est parfois même comme je l’ai dit très compliqué. Il faut parfois prendre des risques lorsqu’on est maire. Mais dans notre vie personnelle aussi.

    En tout cas, je suis fier de préparer l’avenir.

  • Cnil et Défenseur des droits saisis pour le ciblage des lycéens

    Cnil et Défenseur des droits saisis pour le ciblage des lycéens

    La mobilisation dans les lycées marseillais engagés depuis cet hiver pour dénoncer le manque de moyens et la baisse des dotations horaires dans les établissements scolaires du second degré, prend une étrange tournure depuis la mobilisation le 26 mars d’élèves, enseignants et personnels devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN).

    Intimidations

    Après un appel à la grève et aux rassemblements le 30 avril, porté par plusieurs organisations syndicales et lycéennes, pour dénoncer à la fois les conditions d’enseignement et des pratiques d’identification jugées inquiétantes, la CGT Educ’action a annoncé vendredi avoir officiellement saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés et le Défenseur des droits.

    Une double saisine pour collecte, traitement et transmission de données personnelles d’un côté, et atteintes aux libertés fondamentales et aux droits des élèves, de l’autre.

    Au cœur de l’affaire, des courriers adressés à certaines familles et indiquant que leur enfant avait été « reconnu » lors de la mobilisation du 26 mars, sans aucune précision sur les méthodes utilisées. Ces lettres, que La Marseillaise (30 avril) avait pu consulter, invitaient notamment les familles à rappeler à leurs enfants « leurs obligations scolaires » et à veiller à leur assiduité.

    « Ce courrier constitue une tentative d’intimidation injustifiée avec pour objectif de réprimer le mouvement de contestation organisé par de nombreux lycéen·nes et organisations lycéennes. La méthode employée est scandaleuse », déplorait alors Marion, cosecrétaire académique du Snes-FSU.

    Le 24 avril, nos confrères de La Provence avaient révélé que des lycéens qui manifestaient devant la DSDEN avaient été photographiés par un inspecteur puis identifiés par leurs établissements, à la demande du directeur académique. Pour les organisations, dont des syndicats enseignants et des associations de parents, ces pratiques s’apparentent à « une forme de surveillance et de fichage de mineurs » fondée sur leur engagement dans un mouvement social.

    Face à ces éléments, la CGT Educ’action 13, y voit un possible traitement illégal de données personnelles de mineurs, des pratiques assimilables à du fichage et des atteintes aux libertés d’expression et de manifestation. Le syndicat pointe aussi des pressions exercées sur les familles et un risque pour le droit à l’éducation.

    « Nous le disons clairement : on ne peut pas, d’un côté, prétendre former des citoyen·nes éclairé·es et engagé·es, et de l’autre surveiller, identifier et intimider des lycéen·nes qui exercent leurs droits. L’Éducation nationale n’a pas vocation à ficher les élèves, ni à réprimer leur engagement », précise la CGT Educ’action.

    La double saisine vise désormais à faire la lumière sur les conditions de collecte et d’utilisation des données, et d’éventuelles atteintes aux libertés fondamentales. La CGT réclame « toute la transparence » et appelle élèves, parents et personnels à signaler toute situation comparable.

  • Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Adjointe chargée du logement
    Les moyens d’action

    Didier Gesualdi : On vous a confié l’une des délégations les plus délicates, celle du logement. Quels sont vos objectifs ?

    La question du logement est une priorité de l’action municipale depuis 6 ans. Évidemment parce que notre ville a des spécificités lourdes et parce qu’elle est impactée comme l’ensemble des grandes villes de France par des phénomènes qui sont liés à l’augmentation des meublés de tourisme, l’augmentation des loyers, la rareté du foncier… De façon très caricaturale, ma feuille de route a trois axes : premièrement la question du logement abordable avec l’encadrement des loyers, la production de logements sociaux, deuxièmement la question du logement indigne qui est très fort dans notre ville et dont la vacance se nourrit et troisièmement la question du parcours dans le logement. Vous l’avez noté, dans ma délégation il y a la question de l’hébergement d’urgence, ce n’était pas le cas dans la délégation de mon prédécesseur. Pourquoi ? Parce que précisément nous avons souhaité nous inscrire dans une prise en compte transversale du logement qui va de la rue jusqu’au logement privé. Le parcours du logement c’est ça mais aussi à travers les différents âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à celui des seniors.

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2020. Le logement, c’était l’un des moteurs du vote Printemps marseillais. Est-ce que le compte y est ?

    Nous avons énormément travaillé car nous avons hérité de pas grand-chose. Nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques et de services qui n’existaient pas. Je pense notamment à toute la politique d’hébergement d’urgence avec la mise à disposition de 15 sites et de 600 places. Je rappelle aussi l’ensemble des actions menées par mon prédécesseur sur la question du logement indigne avec la mise en place d’équipes dédiées pour traiter les périls, accompagner les ménages évacués, engager des politiques de travaux d’office. On partait de pas grand-chose, ça a été très long à mettre en place. Aujourd’hui nous avons des dispositifs qui fonctionnent, qui demeurent à amplifier bien évidemment, et des équipes efficaces.

    Didier Gesualdi : La semaine dernière sur ce plateau, Romain Simmarano disait que le Printemps marseillais avait désormais l’ensemble des mannettes.

    M. Simmarano a le mérite de faire de la politique et d’en faire plutôt bien mais nous n’avons pas l’ensemble des mannettes. Si c’était le cas, nous aurions l’ensemble des institutions publiques qui concourent aux politiques publiques sur notre territoire et donc le Département, la Région et pourquoi pas l’État ? Ça ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas. Pour autant, le travail que nous avons engagé avec la Métropole vise à nous délier les mains sur un certain nombre de sujets : propreté, transports en commun, voirie, logement… Cela va permettre des avancées notables pour la vie quotidienne des Marseillais. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que durant ces six dernières années, ce n’est pas sur le logement que la Ville et la Métropole ont le moins bien travaillé ensemble. Un certain nombre d’outils ont été créés. Le plan local de l’habitat a été voté. La Ville entre enfin dans la Soléma, la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, Provence Métropole Logement… Elle va irriguer la réflexion de ces outils avec ses objectifs municipaux.

    Léo Purguette : Rénovation des copropriétés dégradées, rénovation urbaine… Comment reloger les personnes ?

    Les besoins sont énormes on va avoir besoin de l’ensemble des outils pour reconstituer l’offre. On a relevé la jauge d’agrément des logements sociaux pour y arriver.

    Le logement indigne

    Léo Purguette : La lutte contre le logement indigne semble sans fin. Quand des logements sont réhabilités d’autres entrent dans l’indignité. Comment entendez-vous mener la bataille pour que le nombre de logements indignes soit réduit réellement ?

    Il commence à réduire. Nous avons moins de stock de logements indignes depuis quelques mois, moins de signalements. Preuve que le travail très pro-actif que nous menons depuis 6 ans commence à porter ses fruits mais on part de très très loin. Le travail qui est devant nous est encore énorme, c’est pour ça qu’on avait besoin de la société publique locale SPLAIN à qui nous avons transmis 34 immeubles de centre-ville à réhabiliter intégralement. On avait besoin de la puissance publique parce qu’il s’agit d’opérations lourdes, extrêmement onéreuses et qui nécessitent un volontarisme très fort. On a eu six ans de mise à plat, aujourd’hui on a des outils qui commencent à prendre leur pleine mesure, ça va nous permettre de démultiplier nos actions en maintenant un très haut niveau d’engagement. Nous maintiendrons un très haut niveau de contrainte également, je pense notamment au travail que nous menons contre les marchands de sommeil et qui est concomitant de notre politique de lutte contre le logement indigne. L’enjeu pour nous, c’est d’accompagner l’ensemble des ménages qui souffrent de ce fléau dans notre ville.

    Didier Gesualdi : Le permis de louer, c’est satisfaisant ? C’est suffisant ?

    Non on souhaite très clairement l’étendre pour, a minima, coller à la cartographie de l’indécence des logements dans l’hypercentre ou les quartiers nord. C’est une des réponses à ce problème.

    Le cadre de vie

    Léo Purguette : La précédente ministre du Logement, Juliette Méadel, avait mis la pression sur les bailleurs HLM sur la question de vie quotidienne : poubelles, boîtes aux lettres fracturées, ascenseurs en panne… Est-ce que ça a porté ses fruits ? Que ferez-vous en tant que présidente du bailleur PML ?

    C’est un peu récent pour en tirer un bilan mais l’angle est le bon. Effectivement, les pieds d’immeuble participent de la qualité de vie que l’on doit à nos résidents. Ça fait partie des premiers échanges que j’ai eu avec les équipes de PML et plus généralement avec les équipes de la politique de la ville. Nous avons eu un certain nombre de remontées d’habitants de logements sociaux qui étaient dégradés soit en extérieur soit en intérieur. Et le fait que nous ayons une relation plus apaisée avec la Métropole va notamment permettre d’avancer sur les encombrants…

    Les meublés touristiques

    Léo Purguette : À quoi bon construire des logements privés s’ils sont accaparés par les meublés de tourisme ? Que comptez-vous faire ?

    C’est un vrai enjeu. On estime qu’environ 2 000 logements sont concernés par an, donc si vous rapportez ça au nombre de logements construits par an, ça fait un sur deux qui disparaît. La Ville est quasiment au taquet de ce que la loi permet en matière de contraintes. Nous avons fait baisser le nombre de jours quand on est sur une résidence principale de 120 à 90 jours avec obligation de déclaration et pour les résidences secondaires, il faut une demande de dérogation et reconstituer l’offre c’est-à-dire mettre un bien équivalent dans le marché locatif traditionnel. La dernière option qui reste mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à avancer, c’est de modifier le plan local d’urbanisme pour interdire, comme à Paris, certains arrondissements complètement aux meublés de tourisme. Là on est sur une échéance un peu plus loin. Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est contrôler et c’est judiciariser les abus. Il y a des règles, elles doivent être respectées, on n’est pas un el dorado du tourisme mais une ville qui a des besoins de logements.

    Le logement social

    Léo Purguette : Dans le précédent mandat, la Ville a été critiquée pour l’insuffisance de construction de logements sociaux, le tir a ensuite été corrigé. Quels sont vos objectifs en la matière ?

    Nous les avons votés avec le programme local de l’habitat en 2024 : construire chaque année, 4 500 logements en tout dont 2 300 logements sociaux. Oui, nous avons rattrapé le tir puisqu’en 2025, la Ville a autorisé la construction de 2 480 logements sociaux dont les trois quarts sont des logements sociaux ou très sociaux, car vous le savez il existe des nuances au sein de la grande catégorie logement social. Si Marseille avait d’ailleurs un taux de logements sociaux acceptable au regard de la loi avant notre arrivée, c’est qu’il était essentiellement le fait de la construction de logements dits PLS, le plus haut niveau de logements sociaux. Or nous souhaitons que ce soit PLAI et PLUS, les catégories très sociales qui puissent être construites sur tout le territoire. Nous avons une dynamique de rattrapage qui est bonne puisque nous sommes à 103% de réalisation de nos objectifs triennaux. Nous les avons donc atteints et même dépassés.

    Léo Purguette : Allez-vous continuer à faire inclure des logements sociaux dans les programmes de construction ou des bâtiments de logements sociaux vont-ils sortir de terre ?

    L’un et l’autre ne s’excluent pas. On est plutôt dans une logique de maillage et donc de seuil dans chaque construction. Aujourd’hui à partir de 30 logements construits, il y a 30% de logements sociaux dus dans le programme. Je pense que c’est un bon outil pour favoriser la mixité sociale. Ça permet de construire du logement social partout. Il peut, demain, y avoir un objet de promotion unique sur la question sociale mais globalement, on est sur de petits lots qui viennent renforcer l’offre dans l’ensemble des arrondissements.

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous que des maires dans le département, dont le programme était de ne pas faire de logements sociaux, aient été réélus ?

    Leur programme était dans l’illégalité. Je le juge sévèrement parce qu’on a un objectif d’équilibre territorial à atteindre. Aujourd’hui, la Ville de Marseille a considérablement relevé le nombre de permis attribués à des logements sociaux et elle produit à elle seule 55%des logements sociaux de la Métropole alors qu’elle pèse 46% de la population. C’est Marseille la locomotive mais on ne peut pas tout faire à Marseille, j’appelle l’ensemble des maires à l’entendre.

    Didier Gesualdi : Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le foncier…

    On peut entendre toutes les limites de l’exercice mais on voit bien qui sont celles et ceux qui ont de vraies contraintes. Quand il y en a, il n’y a pas de constat de carence parce que l’État en tient compte.

    La vacance

    Didier Gesualdi : Des professionnels de l’immobilier disent que les règles anti-meublés touristiques sont telles que les propriétaires préfèrent garder leur logement vide plutôt que de jouer le jeu ?

    Ce n’est pas tout à fait les chiffres dont on dispose. La vacance se nourrit davantage de l’indignité. On est sur un phénomène de marchandisation du logement. Moins d’un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. On voit bien que c’est un investissement locatif avec des gens qui cherchent de la rentabilité. Nous, on cherche l’intérêt général.

    Léo Purguette : Allez-vous réquisitionner les logements vides ?

    J’aimerais beaucoup. La loi ne permet pas aux communes la réquisition. Elle est cassée immédiatement par le tribunal administratif car c’est un outil à la main du préfet. Il en existe d’autres comme le doublement de la taxe sur la vacance après deux ans et l’intermédiation locative qui permet à des propriétaires frileux d’avoir un tiers pour gérer la relation avec un locataire.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie : Pourquoi ne pas fixer le taux de logements sociaux par arrondissement ?

    Ce n’est pas le cadre de la loi, pour autant c’est l’objectif qu’on se fixe. L’objectif de mixité, on le pense à l’échelle de la ville. On ne souhaite pas que les logements sociaux soient tous dans les mêmes arrondissements ce qui a été le cas pendant très longtemps. C’est pour ça que nous avons souhaité faire baisser le seuil de construction de logements sociaux aux opérations de 30 logements pour que nous puissions égrener dans toute la ville des logements sociaux à l’inverse de ce qui a été fait par nos prédécesseurs. J’aurais une attention particulière sur les arrondissements très déficitaires. Je pense au 7e ou au 12e arrondissements, qui sont en très grande tension. Pas plus tard que lundi matin, j’étudiais un projet dans le 12e. Sans la baisse du seuil que j’évoquais, ce type de projets n’aurait jamais pu exister. C’est parce qu’on l’impose qu’il arrive dans l’objet de promotion, sinon, le promoteur n’aurait jamais fait cette proposition. C’est donc un dispositif très utile. Sera-t-il suffisant ? Je ne sais pas. À titre personnel je suis favorable à une évolution de la loi pour que l’objectif passe à 25% de logements sociaux par secteur municipal.