Category: politique

  • « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    Fondateur du Triptyk Théâtre, et désormais adjoint aux Arts, à la Culture, et à l’Éducation populaire à Nîmes, Denis Lanoy ne sépare jamais création et politique. Dans un Gard où l’extrême droite prospère électoralement, il pose un diagnostic sans détour : « Nous avons sans doute perdu du terrain. La gauche a un peu abandonné le terrain culturel depuis la fin des années 1990. » Pour lui, ce renoncement pèse lourd. À l’heure où le RN impose ses obsessions identitaires, la gauche doit « se ressaisir » et refaire de la culture « une question centrale de son projet politique ».

    Car la culture n’est pas, à ses yeux, un supplément d’âme. « J’aime bien l’idée de la culture comme un droit », explique-t-il. Un droit qui n’a de sens que s’il vise « l’émancipation ». Et pour garantir ce droit, il faut un outil : le service public. « Sans service public, il ne peut pas y avoir de droit. Sinon, la relation entre les êtres repose sur le droit du plus fort à imposer au plus faible. » C’est précisément pour cela, estime Denis Lanoy, que l’extrême droite s’acharne contre la culture. Parce qu’elle demeure « l’endroit de mise en critique permanente », celui où se défendent le droit, l’égalité, la pensée et la liberté.

    « Plus violent

    que la censure »

    Dans la région, les exemples se multiplient : festivals annulés, expositions empêchées, subventions menacées, récits patrimoniaux verrouillés. Mais Denis Lanoy refuse presque le mot de « censure ». Trop faible, selon lui. « Censurer, ça voudrait dire qu’ils laissent faire mais qu’ils contrôlent un peu le contenu. Là, ils suppriment complètement. C’est plus violent que la censure. » L’extrême droite, poursuit-il, avance vite et fort. Elle se drape dans la légitimité des urnes pour justifier des politiques d’étouffement. « Ils disent : on a été élus pour prendre des décisions, on prend la décision de supprimer la culture. » Derrière l’apparence démocratique, Denis Lanoy voit une logique profondément antidémocratique : tarir les lieux où se fabrique la contradiction.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’élu nîmois, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit. »

    Tenir la digue

    À Nîmes, la nouvelle majorité promet des annonces en matière culturelle. Denis Lanoy reste prudent sur le détail, mais revendique une méthode : « favoriser le débat démocratique » et permettre « au plus de monde possible d’avoir accès à la culture ». Une ambition qui prolonge son combat de longue date contre la réduction de Nîmes à une simple carte postale romaine ou touristique. La ville, rappelle-t-il, est faite de « circulations, de métissages, de mémoires populaires, ouvrières, méditerranéennes. »

    Reste la question des moyens. Alors que l’État serre les collectivités à la gorge, Denis Lanoy prévient la gauche : céder sur les budgets culturels serait une faute historique. « Si nous ne tenons pas le cap de dire : coûte que coûte, on maintiendra les budgets culturels, le jour où on cède, la digue va péter et le RN s’engouffrera partout. » Dans ce combat, pas de neutralité possible : abandonner les théâtres, les bibliothèques, les festivals, les artistes et les lieux d’éducation populaire, c’est laisser le terrain libre aux récits réactionnaires, aux falsifications historiques et aux politiques de fermeture. À l’extrême droite qui rêve d’une culture triée, domestiquée ou supprimée, Denis Lanoy oppose une autre ligne : une culture vivante, populaire, conflictuelle, capable d’armer les consciences. Une culture qui ne demande pas la permission d’exister et qui défend « la richesse d’humanité de chacun ».

  • L’élection municipale d’Allemagne-en-Provence annulée

    L’élection municipale d’Allemagne-en-Provence annulée

    Le tribunal administratif de Marseille a décidé la semaine dernière d’annuler l’élection municipale d’Allemagne-en-Provence en raison de l’absence de mention de la nationalité étrangère d’un candidat de la liste arrivée en tête. « Les opérations électorales du 15 mars 2026 relatives aux élections municipales de la commune d’Allemagne-en-Provence sont annulées », peut-on lire dans la décision du tribunal administratif du 7 mai, confirmant des informations de BFM DICI et de La Provence. La liste de Christian Gaudemard était arrivée en tête de l’élection municipale, mais c’est son adversaire, le maire sortant Alex Pianetti, qui avait été déclaré vainqueur, les bulletins de Christian Gaudemard ayant été annulés. Ce dernier avait saisi le tribunal administratif. Une nouvelle élection municipale devra être organisée dans les trois mois, précise le jugement.

  • La moto américaine efface le 1er mai

    La moto américaine efface le 1er mai

    Comme toutes les mairies gérées par le Rassemblement national, la politique culturelle à Beaucaire s’inscrit dans la défense des traditions locales. Ici, c’est donc naturellement la culture taurine qui capte toutes les attentions. « Une école taurine est en cours de mise en place avec une association qui a eu une subvention exceptionnelle à la création, ce qui est assez rare. Il y a aussi une novillada qui va voir le jour. Pour eux, la culture c’est la culture taurine et provençale, point », explique Luc Perrin.

    L’élu d’opposition, également secrétaire de l’association Latinos Sin Fronteras, remarque qu’il est aussi très difficile pour certaines associations d’obtenir une salle  : « Il y a toujours de grandes difficultés pour avoir des réponses. Nous essayons d’organiser une fête avec l’association pour le 20 mai. On a demandé une salle il y a plus d’un mois et je n’ai aucune réponse. J’ai fait une relance, toujours sans réponse. Si ce qu’on demande ne leur plaît pas, ils préfèrent ne pas répondre plutôt que de dire non ».

    À Beaucaire, la culture chrétienne est également à l’honneur avec notamment la traditionnelle crèche installée chaque année dans la mairie malgré les multiples condamnations judiciaires. « Il y a aussi la Sainte-Madeleine, les vendanges de la Madeleine, la cuvée de la Madeleine où les maires sont toujours présents sans écharpe. Le maire assiste à des messes et on voit bien qu’il ne fait pas ça en toute discrétion, il s’affiche mais sans écharpe », détaille Luc Perrin.

    Les USA à l’honneur

    Comme depuis onze ans, les drapeaux américains ont envahi les rues de Beaucaire vendredi 1er mai. En effet, la fête des travailleurs a toujours été fustigée par l’extrême droite. Alors à Beaucaire, la municipalité RN a décidé de l’invisibiliser en organisant une grande fête de la moto américaine. Harley-Davidson, tatouages, musique country et jeeps sont au rendez-vous de cet événement qui a tout du rassemblement Maga (Make America Great Again, la devise de Donald Trump). Une procession de motards est même bénie par des prêtres. Pendant le temps d’une journée, la municipalité RN ne voit donc pas d’objection à célébrer une culture étrangère…

    « Ça fait toujours très bizarre de voir le curé bénir les motards sous une nuée de drapeaux américains. Mais cet événement a un succès énorme donc si on le critique, on passe pour un rabat-joie », explique Luc Perrin. « À Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard.

  • Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    La scène se passe dans l’entre-deux-tours des municipales sur le marché de la Rocade. Olivier Galzi (DVD) y croise Mathilde Louvain (LFI). « Vous ne me serrez pas la main ? Vous n’êtes pas républicaine ? Pas de haine et pas de violence en politique », lance alors le futur maire à la candidate qui lui serre la main. Ce qui pourrait être une simple anecdote de campagne prend un écho particulier aujourd’hui. Car lors des cérémonies du 8-Mai, le premier magistrat a refusé la poignée de main avec Raphaël Arnault, député (LFI).

    Un geste polémique, les deux protagonistes ayant tour à tour livré leur analyse de la situation. « La République n’est pas un protocole, elle est un cadre exigeant, qui suppose que la légitimité s’inscrive non seulement dans les urnes, mais aussi dans une certaine idée du rapport à la violence et au débat », se justifie Olivier Galzi qui, quelques jours plus tôt lors de la dissolution confirmée de la Jeune garde, avait réaffirmé son appel à la démission du député. « Dans le Vaucluse, l’installation durable du RN n’a pas seulement renforcé ce parti, elle a contaminé une partie de la droite locale, désormais tétanisée à l’idée de lui déplaire », déplore Raphaël Arnault.

    Arroseur arrosé ou affront

    Illustration, Thierry d’Aigremont, délégué du RN 84, a, lundi, adressé ses « félicitations » à Olivier Galzi pour ce « geste de fermeté face à ce député-délinquant qui fait honte au Vaucluse ». Même Alice Cordier, du collectif identitaire Nemesis, au lourd passif avec Raphaël Arnault, s’est réjouie de la scène. Il y a un mois dans nos colonnes, le député LFI n’était pourtant pas opposé à rencontrer le nouveau maire. « Je m’autorise à discuter avec lui car il n’est pas RN même si la frontière est fine », nous confiait-il. Si, à l’instar du conseiller régional (DVD) Michel Bissière, on moque « l’arroseur arrosé » puisque Raphaël Arnault à l’Assemblée nationale avait refusé de serrer la main à un député RN, d’autres, soutiens à gauche, voient dans l’attitude d’Olivier Galzi « un affront aux administrés de sa circonscription qui ont voté pour Raphaël Arnault ».

    « Je voudrais dire à ceux qui n’ont pas voté pour nous, que nous aurons à leur égard la même attention », promettait Olivier Galzi dans son discours d’installation de maire. « En continuant à taper fort sur LFI, il reste clivant et organise le débat uniquement autour de lui ou LFI », analyse un observateur expérimenté de la vie politique. « J’ai fait la démonstration qu’il existe un chemin qui va permettre de construire avec toutes les sensibilités tout en évitant des positions extrêmes », estime Olivier Galzi, interrogé jeudi dernier. Une stratégie payante lors de la campagne qui peut encore fonctionner tant que le maire a le vent en poupe. « Mais attention quand ça ira mal, ce sera compliqué d’aller chercher des soutiens », prévient cette même source. Au risque alors que le dicton « jeu de main, jeu de vilain » ne fasse encore plus sens.

  • Comment Robert Ménard revisite l’Histoire à des fins idéologiques

    Comment Robert Ménard revisite l’Histoire à des fins idéologiques

    Trente ans de chantier, dix-neuf hectares aménagés, treize millions de budget, premiers coups de pioche espérés en 2028. Le projet « Béziers antique », porté par l’édile d’extrême droite Robert Ménard, se veut faramineux. L’objectif affiché étant de reconstruire la cité de Riquet telle qu’elle était en l’an 30 après Jésus-Christ, avec les techniques employées pendant l’Antiquité. Un amphithéâtre, une nécropole, un forum, un ludus (une école de gladiateurs) devraient ainsi voir le jour le long de la route de Lespignan. « Béziers antique » se veut pédagogique, notamment en montrant différentes techniques utilisées par des artisans et en proposant des animations et démonstrations toute l’année.

    Sauf que le maire semble se servir de ce projet pour mener une bataille idéologique propre à l’extrême droite en réécrivant l’Histoire. « Il le pratique depuis 2014 mais il varie beaucoup sur son positionnement partisan puisqu’il a soutenu Marine Le Pen, Éric Zemmour, maintenant Bruno Retailleau. Sur le fond, il a une vision réactionnaire, une sorte de national-catholicisme qui s’inscrit dans la longue tradition de l’extrême droite depuis Charles Maurras. Ménard a des usages de l’Histoire qui sont problématiques et idéologiques », soutient Richard Vassakos, historien et auteur de l’ouvrage La Croisade de Robert Ménard : Une bataille culturelle d’extrême droite (éditions Libertalia, 2021).

    Un âge d’or révolu

    Une vision d’un passé fantasmé, une nostalgie d’un âge d’or révolu, dont l’apogée aurait été la chrétienté dans l’Antiquité. « Ce n’est pas n’importe quelle Rome antique, c’est celle de l’an 30 après Jésus-Christ, donc du début de la christianisation. Il y a là quand même un biais, une orientation assez claire. Ce n’est pas la Rome républicaine, c’est la Rome impériale qui va vers la christianisation et on prend le point de départ de l’ère chrétienne. Donc il y a quand même quelque chose qui n’est pas anodin », poursuit Richard Vassakos. L’an dernier, l’édile s’était illustré en installant un olivier bimillénaire – de l’âge du Christ – devant la mairie. Sans oublier les crèches de la nativité, les messes de la Feria, les cérémonies patriotiques, etc. « Il y a une volonté de remettre la religion au centre du village qui, en fait, est une construction de la guerre, du choc des civilisations, c’est-à-dire que c’est les chrétiens contre les autres, c’est nous et eux  », soutient l’historien.

    Or Béziers est le fruit de mélanges des multiples populations qui se sont succédé : les Celtes sont les premiers puis viennent les Romains avant que les Wisigoths, les Francs et les Arabes ne s’arrêtent à Béziers.

    « Le but est de mener la bataille culturelle via un certain nombre de forces réactionnaires, d’implanter un récit ou un méta-récit et donc de construire cette dimension identitaire. Le projet “Béziers antique” pourrait être très bien. Effectivement, Béziers a été une ville romanisée. Il n’y a aucun souci avec ça. La difficulté, c’est ce qu’on y met derrière », observe Richard Vassakos, qui craint que le projet biterrois ne devienne une sorte de Puy-du-Fou, complexe de loisirs porté en Vendée par l’ultra réac Philippe de Villiers, connu pour son interprétation de la Révolution controversée. L’extrême droite aurait-elle un problème avec la République ?

  • Deux candidats pour la présidence des Républicains

    Deux candidats pour la présidence des Républicains

    Après la claque des municipales à Marseille et le coup de Jarnac de sa présidente sortante Laure-Agnès Caradec qui a annoncé ce mardi rallier l’extrême droite, le chantier qui attend les Républicains des Bouches-du-Rhône ne s’annonce pas comme une partie de plaisir, à moins d’un an de la présidentielle. Ils sont pourtant deux à lorgner, à l’occasion du congrès qui se tiendra les 8 et 9 juin, la tête de la fédération qui compte quelque 1 700 adhérents dans le département – moitié moins que lors du dernier congrès. Après l’annonce lundi de la candidature du vice-président de la Région Ludovic Perney (notre édition du 12/05), l’ex-présidente de la RTM Catherine Pila a officialisé face à la presse ce mardi matin : « Je suis candidate aujourd’hui à la présidence de la fédération des Républicains des Bouches-du-Rhône. »

    Le défi du renouvellement

    « C’est Bruno Retailleau lui-même qui m’a demandé de m’engager dans cette élection, assure-t-elle. J’ai un côté bon soldat, quand j’ai un chef, je suis mon chef. » Une suggestion qui date de plusieurs mois, raconte l’ancienne présidente du groupe municipal d’opposition de la droite, qui s’est concrétisée lorsque Laure-Agnès Caradec lui a confirmé, jeudi soir, qu’elle ne souhaitait pas conserver son siège « pour raisons personnelles ». Et pour cause, puisque la voilà désormais ralliée à l’UDR d’Éric Ciotti. Si Catherine Pila salue le travail mené par celle qui a dirigé pendant deux ans et demi la fédération, elle se défend de toute porosité avec le RN : « Mes idées ne sont pas d’extrême droite, elles ne sont pas au centre, je ne trahis pas mes convictions. » Dans l’entre-deux-tours des municipales à Marseille, elle avait bien relayé la demande de ceux qui réclamaient un accord technique avec le RN. « Ils m’ont demandé jusqu’au bout d’assumer le sale boulot en tant que présidente de groupe, mais il était hors de question pour moi de franchir ce cap », justifie-t-elle. Soutenue par la sénatrice Valérie Boyer et l’ex-maire d’Aubagne Gérard Gazay, elle ambitionne « de fédérer les militants et de retrouver cette flamme militante qui a brillé pendant des années ». Avec une priorité, ouvrir « une vraie permanence » pour la fédération et travailler à une école de formation des militants.

    « Nous avons deux visions totalement opposées, tacle en face Ludovic Perney. Sa vision, c’est de continuer l’héritage de Martine Vassal qui la soutient en off pour garder une main sur le parti. » « Nous sommes sur une élection interne qui ne concerne que nos militants », rétorque Catherine Pila, rappelant que la présidente (DVD) du Département n’est plus encartée à LR. Mais elle assure : « Je n’ai pas d’adversaire dans ma famille politique. »

    Mais tous deux partagent la nécessité de redresser le parti qui n’a plus aucun conseiller municipal à Marseille et de préparer le terrain pour une nouvelle génération. En misant notamment sur la candidature de Bruno Retailleau à la présidentielle, option retenue par les trois quarts des adhérents dans les Bouches-du-Rhône.

  • Laure-Agnès Caradec rallie l’UDR

    Laure-Agnès Caradec rallie l’UDR

    Elle faisait partie de ceux, dans l’entre-deux-tours des municipales, qui avaient milité pour une fusion des listes entre la droite et l’extrême droite à Marseille. Ce mardi midi, la présidente sortante des Républicains dans les Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec, arrivée à la tête de la fédération fin novembre 2023 après deux ans de vacance du poste, a annoncé rejoindre le parti d’Éric Ciotti, l’UDR.

    « J’ai mené la campagne municipale avec loyauté, écrit celle qui était tête de liste pour Martine Vassal dans les 9e et 10e arrondissements de Marseille. Mais aujourd’hui, je choisis une ligne claire, une droite à la fois libérale et sans compromission. » Avec l’ancienne adjointe de Jean-Claude Gaudin, c’est un ralliement de poids pour l’extrême droite qui n’a eu de cesser de miner les rangs de la droite. Elle « tire les conséquences de la campagne catastrophique de Martine Vassal », se gargarise le responsable départemental du RN Franck Allisio. « On comprend votre maintien au second tour des élections d’arrondissements, il visait à faire gagner l’extrême droite », tacle la tête de liste du Printemps marseillais (G.s) dans le secteur, Pierre Huguet. « Voilà le résultat quand certains sont guidés par la pleutrerie et la couardise » appuie l’ancienne colistière de Laure-Agnès Caradec dans les 9-10, Sandra Blanchard (Ren.) tandis que le conseiller municipal d’opposition (Ren.) Romain Simmarano assure qu’à droite, « il existe une école de pensée qui n’a rien à voir avec l’extrême droite, et qui n’a pas vocation à sauter dans le bain d’acide ». « Ce n’était pas une surprise, pour nous, c’est un non-événement », réagit-on dans l’entourage de la présidente (DVD) du Département Martine Vassal, dont l’exécutif compte désormais deux vice-présidents d’extrême droite avec le maire de Marignane, Eric Le Dissès. Y.S.

  • Ludovic Perney candidat à la présidence des LR 13

    Ludovic Perney candidat à la présidence des LR 13

    Saluant le travail mené par la présidente sortante Laure-Agnès Caradec, l’ancien responsable départemental des jeunes LR reconnaît que « les résultats des dernières élections municipales à Marseille imposent clairvoyance et humilité », tout en insistant sur les victoires « éclatantes » à Aix, Istres, Salon, La Ciotat. Il promet de faire de la fédération « la plus grande des fédérations de France », de remettre en place des universités d’été, ouvrir une nouvelle permanence, lancé des états généraux de la droite. Et l’ancien soutien d’Aurélien Pradié lors du congrès de 2022 d’inviter à être « en ordre de bataille et unis autour de notre président Bruno Retailleau, pour faire triompher nos idées et nos couleurs » pour les prochaines échéances électorales. C’est qu’il devrait avoir face à lui comme candidate la vice-présidente nationale du parti Catherine Pila, proche du sénateur vendéen, qui doit elle-même officialiser sa candidature ce mardi matin.

    Y.S.

  • La présidente sortante des LR 13 Laure-Agnès Caradec rejoint le parti d’Eric Ciotti

    La présidente sortante des LR 13 Laure-Agnès Caradec rejoint le parti d’Eric Ciotti

    Elle avait déjà confié à ses proches, jeudi soir, qu’elle ne se représenterait pas à la tête de la fédération des Républicains dans les Bouches-du-Rhône. Ce mardi midi, la présidente des LR 13 et ex-présidente de l’établissement public Euroméditerranée Laure-Agnès Caradec a annoncé qu’elle rejoindre les rangs de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, allié au Rassemblement national (RN).

    «J’ai mené la campagne municipale avec loyauté, écrit sur les réseaux sociaux celle qui était tête de liste pour la droite dans les 9e et 10e arrondissements de Marseille. Mais aujourd’hui, je choisis une ligne claire, une droite à la fois libérale et sans compromission.» Et celle qui avait hérité d’une fédération sans direction en novembre 2023 d’ajouter qu’elle a toujours été «une femme libre, de droite».

    Ce nouveau ralliement de poids à l’extrême droite n’a pas manqué de faire réagir la majorité municipale. «On comprend mieux sa responsabilité dans la victoire de l’extrême droite dans le 9/10, lance l’adjointe (PCF) au logement Audrey Garino, qui avait dirigé la campagne du Printemps marseillais dans le secteur. Les digues comme les masques n’en finissent plus de tomber.»

  • Les sénatoriales avancent à grand train

    Les sénatoriales avancent à grand train

    Alors que les formations politiques digèrent à peine la fin des municipales, un nouveau scrutin est en préparation : les sénatoriales du 27 septembre, où le Vaucluse est amené à renouveler ses trois sénateurs. Une élection loin de passionner comme les municipales, puisque seuls de grands électeurs (parlementaires, élus régionaux, départementaux, municipaux) sont amenés à désigner leurs représentants au Palais du Luxembourg. Dans le département, ils seront quelque 1 300 à devoir se prononcer. Le 5 juin, les conseils municipaux se réuniront pour finaliser la liste des grands électeurs.

    En 2020, la droite avait aisément glané deux sénateurs, Jean-Baptiste Blanc (LR) et Alain Milon (LR), qui avaient mené deux listes respectives arrivées en tête. Le 3e siège revenant à Lucien Stanzione, 1er secrétaire fédéral du PS, à la tête d’une liste d’union de la gauche. Loin derrière, l’extrême droite, divisée entre le RN et le clan Bompard, avait présenté deux listes, celle du RN recueillant 157 voix, quand il faut entre 280 et 300 voix pour espérer décrocher un siège.

    Sortant le mieux élu, Jean-Baptiste Blanc sera de la partie. Il a officialisé sa candidature dans une lettre aux élus jeudi dernier, dans laquelle il vante son bilan, autour de la loi ZAN (artificialisation des sols) ou ses 117 propositions de loi. « Je pense que mon travail mérite d’être poursuivi, j’ai été un vrai pont pragmatique entre Paris et le Vaucluse », estime le parlementaire, qui a déjà rencontré quelques-uns des 50 nouveaux maires vauclusiens. Seconde de sa liste en 2020, la présidente LR du Département, Dominique Santoni pourrait de nouveau être candidate mais reste, pour l’heure, en observatrice des configurations éventuelles. Âgé de 78 ans, Alain Milon devait initialement passer la main mais, selon Vaucluse Matin, une nouvelle candidature n’est pas à exclure. « Je suis pour une liste d’union la plus totale car sinon, plus il y a de listes, plus on favorise le RN », analyse Jean-Baptiste Blanc. La droite est sortie confortée (Apt, Cavaillon, Vaison…) voire renforcée des municipales (Avignon). Avec l’élection d’Olivier Galzi (DVD) à la tête de la ville-centre, la droite peut espérer 80 grands électeurs de plus.

    Olivier Galzi pousse

    sa compagne

    Sauf que le premier magistrat entend peser dans l’élection « d’une manière ou d’une autre », se contente-t-il de répondre, sans préciser s’il compte pousser une liste autonome ou s’allier avec la droite. Interrogé jeudi dernier, Olivier Galzi avait des atours macronistes d’il y a dix ans. « Notre large mouvement sans étiquette et transpartisan s’est levé pour faire bouger les lignes, nous devons peser dans les échéances qui arriveront », plaide Olivier Galzi. Si lui-même ne sera pas candidat, sa compagne et adjointe au maire, Anaïs Hausmann, pourrait l’être. Questionné, le maire préfère éluder dans un sourire. Toujours est-il que jeudi dernier, c’est Anaïs Hausmann qui a représenté la Ville lors de l’assemblée générale des maires de Vaucluse. Une présence remarquée où l’élue a engagé bon nombre d’échanges. Une rencontre Blanc-Galzi est prévue le 22 mai. Ex-présidente de Renaissance 84, Malika Di Fraja vient aussi de se déclarer candidate à l’investiture.

    À gauche, « le contexte est moins favorable », sait bien Lucien Stanzione, au moment d’aborder sa seconde campagne, marquée par les pertes d’Avignon et de Carpentras. Le sénateur PS compte bien rempiler et miser sur le soutien des partenaires de gauche. « J’ai fait un tour pour le moment informel, mais cela va s’accélérer avec l’idée de présenter ma liste début juillet », projette-t-il. Côté PCF, si rien n’a été validé du côté des instances, « on considère que Lucien a fait le travail et si la gauche a une chance de conserver un siège, il doit lui revenir », estime Julien De Benito, secrétaire du PCF 84. Une liste a priori sans insoumis, qui pourraient présenter leurs propres 5 candidats. « Toutes les élections nous intéressent mais aucune décision ne sera prise tant que des chefs de file ne seront pas désignés, d’ici à la fin du mois », temporise-t-on chez LFI.

    Quoi qu’il en soit, Lucien Stanzione espère convaincre au-delà du simple sérail de la gauche. « Il y a 6 ans je démarrais comme candidat, là je pense que mon bilan et travail, sur l’agriculture par exemple, peut être reconnu au-delà des étiquettes », projette-t-il. Et ce « alors que le danger RN tape à la porte ». L’extrême droite rêve de glaner son premier sénateur vauclusien – Thierry D’Aigrement, délégué du RN 84 est pressenti –, elle qui a déjà 4 députés sur 5. La probabilité existe mais elle est loin d’être assurée, l’étiage actuel de grands électeurs RN serait autour de 200.