Category: politique

  • Un nouveau casse-tête pour les maires de la Métropole

    Un nouveau casse-tête pour les maires de la Métropole

    C’est peu dire que l’option retenue, ce mardi, par le préfet pour arrêter le budget métropolitain, de renvoyer la grenade dégoupillée aux élus pour arbitrer les 53 millions de coupes entre les différentes communes, les a pris pour la plupart de court. En urgence, les maires de la Métropole se sont réunis par visioconférence, en fin d’après-midi. Avec pour principale interrogation les moyens à leur disposition pour exécuter la copie rédigée par l’état, ou la réécrire collectivement. Face aux autres édiles, le président (LR) de l’institution, Nicolas Isnard, a ainsi plaidé pour reprendre les préconisations de la chambre régionale des comptes qui sabrait la dotation de solidarité communautaire (DSC). Dans son entourage, on estime que le budget signé par le préfet, qui coupe dans les attributions de compensations, n’est pas applicable puisque la Métropole s’est engagée, le 15 décembre dernier, sur des montants pour chaque municipalité. En fin d’année, elle n’aurait donc plus de crédits pour remplir ses obligations. D’autant plus que toute modification doit être validée par une majorité qualifiée et l’ensemble des communes. Une lecture qui diffère de l’appréciation du préfet.

    Quitte ou double à Marseille

    « Il va falloir s’entendre pour sortir de l’impasse », souffle-t-on dans l’entourage du maire de Marseille. Les projecteurs braqués sur les attributions de compensation, dont le mode de calcul n’est pas favorable à la capitale régionale, vont dans le sens du discours défendu par Benoît Payan (DVG), et on « prend acte de la décision courageuse du préfet ». Reste la menace d’un retour à la copie de la chambre régionale des comptes, qui faisait perdre 36 millions d’euros à la commune en touchant à la dotation de solidarité communautaire. « Ce serait étrange que les maires reviennent sur le seul acte politique qu’ils ont posé dans le mandat, pointe-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. Revenir à une coupe sans contexte et sans réflexion de la DSC, ce serait bafouer toute forme de solidarité métropolitaine. » En pointant les coupes opérées dans les transports, le fonctionnement métropolitain, ses subventions. « Une réforme structurelle de la Métropole est nécessaire et inévitable », insiste-t-on.

    Une autre voie pour Martigues

    « Nous pouvons faire autrement, avec une augmentation très modérée de l’impôt pour sortir de ce mauvais pas », plaide pour sa part le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Une voie jusqu’ici refusée par les magistrats financiers, le préfet et le président de la Métropole. « Il y a quelque chose de dogmatique dans ce refus, il faut trouver des ressources », défend l’édile, les entreprises contribuant trois fois plus que les ménages. « Si on touche aux attributions de compensation, bon nombre de maires voteront contre, si on supprime la DSC, le maire de Marseille aura raison de s’opposer, ces deux solutions n’existent plus », détaille-t-il. Défendant la nécessité de créer un établissement dédié aux mobilités, avec un versement revalorisé.

    Une alerte pour Aubagne

    Le maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, confie : « Je note avec satisfaction que cette feuille de route budgétaire confirme la pérennité de la gratuité des transports, dans l’immédiat. » L’élu reste cependant en alerte sur ce sujet [lire ci-contre]. « En modulant les attributions de compensation, le préfet a ouvert un dossier complexe, que beaucoup qualifiaient jusqu’ici de “boîte de Pandore” », alerte par ailleurs l’édile. Et d’asséner : « La solidarité est une valeur cardinale que je revendique pour notre territoire, mais elle ne doit pas servir de variable d’ajustement pour compenser des déséquilibres historiques dont les communes ne sont pas responsables ».

  • En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    Absente du scrutin en 2020, la France insoumise compte cette fois bien prendre le train du Sénat en présentant une liste en vue du scrutin du 27 septembre. Le parti qui, en parallèle structure son réseau d’élus en ayant créé fin mai l’association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de Vaucluse, a désigné ses co-chefs de file : Mathilde Louvain, élue d’opposition à Avignon après avoir porté la liste La nouvelle Avignon populaire aux municipales, et Julien Gautier, conseiller municipal minoritaire à la Tour d’Aigues.

    « On a une mission, celle de préparer une liste insoumise et citoyenne, prête à être déposé », fait valoir Julien Gautier, prévoyant de partir en campagne à la fin du mois. Pas question pour autant d’assurer avec certitude que LFI mènera à terme ce dessein. « Toutes les hypothèses sont ouvertes aujourd’hui », précise le nouvel élu de la Tour d’Aigues. Une décision sera prise au national qui pilote le dossier et les éventuelles discussions avec des partenaires. En Vaucluse à gauche, le sénateur PS sortant Lucien Stanzione est de nouveau sur la ligne de départ (notre édition du week-end) pour conduire une liste DVG sans forcément additionner les partis politiques et encore moins avec LFI.

    La base de grands électeurs pouvant accorder leurs voix à la liste insoumise reste très en deçà d’une possibilité de siège. « On ne se voit pas encore dans les jardins du Luxembourg », concède Julien Gautier, qui réfute toute « candidature de témoignage ». « C’est un combat pour les idées, dans le temps de la campagne présidentielle qui s’amorce déjà, et c’est important d’avoir une adresse politique en direction des grands électeurs. » Ce que les autres candidats ne feraient pas ou peu. « Je ne veux pas être désobligeant, mais des politiciens qui cherchent leur réélection en expliquant qu’il ne faut pas faire de politique, c’est vraiment ne pas prendre au sérieux les grands électeurs », dénonce-t-il.

    Cet avocat pénaliste, militant actif de LFI depuis sa création, tance aussi les ambitions du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD) qui a lancé son mouvement « Le bon sens des territoires » et présentera Anaïs Hausmann en candidate (notre édition de vendredi). « Cette formule creuse du bon sens me fait penser à l’expression « La terre, elle, ne ment pas » [employée par le maréchal Pétain en 1940] », compare Julien Gautier. La France insoumise compte mettre la focale sur ses thèmes de prédilection des biens communs (eau, logement), lutte contre la pauvreté et « rénovations de nos institutions par une VIe République ».

  • [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif principal de la braderie prévue à la fin du mois ?

    Gaëlle Rodeville : Il y a plusieurs buts. Le premier, c’est de revitaliser le centre-ville et de trouver un événement qui permet aux Aubagnais et aux Aubagnaises de se réapproprier à la fois les commerces, leurs rues et le centre-ville, déserté depuis plusieurs années par les habitants. Le deuxième objectif, c’est de faire de cette braderie un moment de fête et de convivialité, puisqu’il y aura notamment des animations culturelles comme de la danse, du théâtre et du chant. Tout sera fait pour que les gens aient plaisir à rester à la braderie et y passer la journée.

    Quelles sont les raisons qui expliquent la désertion progressive du centre-ville par ses habitants ?

    G.R. : Aujourd’hui, on a une ville qui est nue, si je puis dire. Il n’y a plus d’animation ou d’événement qui permettent à la population de se retrouver dans le centre-ville. En fait, la ville d’Aubagne n’a pas la chance d’avoir ni la mer, ni une activité particulière. Elle a donc besoin d’activités culturelles ou commerciales de façon à ce que les gens se réapproprient le centre-ville. Aujourd’hui, on a un centre-ville qui est finalement un peu dénué d’espaces agréables. Il n’y a pas de zone ombragée, par exemple.

    Souhaitez-vous inscrire la braderie dans la durée et en faire un rendez-vous pérenne ?

    G.R. : Oui, absolument, c’est plus qu’un objectif. Nous souhaitons effectivement inscrire l’événement dans la durée et le renouveler de façon consécutive, au moins trois ou quatre fois dans l’année. Au fur et à mesure, nous aimerions pouvoir le déployer sur plusieurs jours. La braderie sera une manière de renouveler la qualité de vie, mais aussi de renforcer l’activité culturelle de la ville. À long terme, l’idée est qu’elle amène aussi des touristes ou des gens venus d’autres communes qui ont envie de participer à cette journée-là.

    Constatez-vous un engouement de la population autour de cette future braderie ?

    G.R. : Oui, le signe positif, c’est qu’il y a énormément de participants. Nous avons pu constater l’enthousiasme des habitants, mais aussi celui des associations et des commerçants. Il y a une envie commune de renforcer la vie du centre-ville.

    La redynamisation du centre-ville constitue-t-elle une priorité de votre action ?

    G.R. : La problématique et le regard sont complètement différents je pense. C’est-à-dire que le vivre ensemble et le croisement des publics sont une priorité. Nous souhaitons que toutes les propositions, qu’elles soient culturelles, commerciales ou sociales, soient pour toutes et tous, pour garantir l’accessibilité. Nous voyons bien, aujourd’hui, l’état de notre centre-ville et nous déplorons qu’un tas de choses aient été retirées, comme les porches qui permettaient d’avoir de l’ombre sur la place principale. Cela dénature la ville et c’est ce qui explique aussi qu’il y a eu finalement très peu d’activités, ces dernières années. Il y a tout un programme à revoir en tenant compte de ce que souhaitent aussi les Aubagnais.

    Grande braderie d’Aubagne, le 28 juin 2026, de 8h à 18h.

  • Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi (PCF) s’est fendu d’un communiqué, lundi, pour « sommer l’État d’agir à la hauteur du péril » qu’est « l’aggravation considérable du risque incendie » en France et dans le département.

    Le parlementaire regrette la « livraison tardive » des quatre Canadairs commandés depuis 2024, et pointe « une impasse » pour la France que de « déléguer sa responsabilité à l’Union Européenne » et de commander des appareils de construction canadienne, soumis à la norme Itar des États-Unis limitant les exportations de matériel aérospatial.

    Ces raisons conduisent le sénateur à demander au gouvernement de mandater urgemment la Direction générale de l’armement (DGA) afin de lancer au plus tôt la production de l’Hynaero Frégate F-100, bombardier d’eau de conception française dont le fabricant doit s’installer à Istres d’ici 2028.

    Garantir la souveraineté

    « L’implantation de la société Hynaero sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres pour y assembler le Frégate-F100 doit attirer toute notre attention », insiste Jérémy Bacchi, particulièrement au regard des « performances inédites » promises par les concepteurs, à savoir une contenance de dix tonnes d’eau contre les six des Canadairs CL-415, trois heures d’autonomie en combat du feu et une vitesse de croisière de 250 nœuds (environ 460 km/h).

    Mais, au-delà des performances, le sénateur relève que le Frégate F-100 est un appareil « free Itar », « garantissant une souveraineté française absolue et la création de plus de 700 emplois directs » sur le territoire. Les prototypes sont attendus pour 2030, marquant le début de deux ans de certification avant utilisation en action.

  • [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    La Marseillaise : Quels seront vos principaux sujets de vigilance ?

    Antoine Bertrand : Cette commission des finances revient traditionnellement à l’opposition. Il n’y a donc aucune entente avec la majorité, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Mon rôle sera d’exiger la transparence la plus totale sur les comptes publics de la Ville. Michaël Delafosse présente des budgets à l’équilibre, mais quand on regarde les trajectoires budgétaires, il y a de vrais sujets d’inquiétude. Le contrôle financier ne doit pas être seulement dans les mains de l’exécutif municipal : il revient aussi au conseil municipal, qui représente le peuple. Cette fonction, je veux l’exercer avec sérieux, dans l’intérêt général des Montpelliérains.

    Vous critiquez notamment l’augmentation de la fiscalité. Pourquoi ?

    A.B. : Le problème est démocratique. Cette hausse des impôts était visiblement anticipée avant les élections, mais elle n’a pas été annoncée aux Montpelliérains pendant la campagne. Si Michaël Delafosse avait été honnête, il aurait permis un vrai débat budgétaire. Or cette hausse arrive quelques semaines après les municipales, dans les alcôves du conseil municipal et de la métropole. En plus, elle s’accompagne d’une baisse des investissements publics et des moyens pour les services publics : c’est un budget austéritaire. On ne peut pas augmenter la pression fiscale sans engager les investissements structurants dont la ville a besoin. Nous aurions fait d’autres choix : une régie publique de l’énergie, une politique volontariste du logement social et étudiant, ou encore la gratuité des cantines scolaires. L’alimentation n’est pas un bien marchand, c’est un bien commun.

    Vous mettez aussi en cause la responsabilité de l’État. Que lui reprochez-vous ?

    A.B. : Il y a un véritable hold-up de l’État sur les collectivités, commencé sous François Hollande et poursuivi depuis. Les dotations baissent ou stagnent, les fonds comme le fonds vert sont réduits, et les communes doivent chercher des subventions partout. L’État assèche les collectivités, tout en leur transférant toujours plus de charges. Cela réduit leur autonomie fiscale et abîme la démocratie locale. À Montpellier, où le taux de pauvreté est massif, autour de 24%, l’augmentation de la fiscalité est un double coup de massue, surtout avec le coût du logement.

  • Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    La deuxième Métropole de France peut de nouveau reprendre la main sur ses finances. Près de deux mois après le refus des élus de voter le budget pour protester contre des coupes budgétaires, celui-ci a été notifié ce mardi matin à l’intercommunalité par le préfet de région.

    «Je suis resté volontairement silencieux tout au long du processus pour ne pas perturber le débat, cette phase est terminée», partage Jacques Witkowski. Lui souligne le «choix surprenant» qu’a fait l’hémicycle métropolitain, en assurant que «ce n’est pas une collectivité qui est en faillite, […] on n’était pas dans une situation d’urgence qui aurait nécessité une intervention majeure». De quoi écarter tout recours à une hausse des impôts locaux. Il exonère aussi l’État de toute responsabilité dans le déficit de 144 millions d’euros : «Les concours financiers sont supérieurs à ce qu’ils étaient en 2023, cela reste une collectivité aidée au-dessus de ce que l’on fait habituellement.»

    «Je remets le ballon au centre»

    Aussi reprend-il à son compte les coupes claires préconisées jeudi par la chambre régionale des comptes dans son avis budgétaire, avec 91 millions d’euros d’économies dont 25 millions pour les transports, 12 millions pour les subventions aux associations et opérateurs métropolitains, 4,5 millions sur la masse salariale.

    Mais là où les magistrats financiers prévoyaient de retirer 53 millions dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes pour compenser les inégalités du territoire, lui propose de tailler dans les attributions de compensation (AC), reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. «Le préfet doit faire respecter les lois et les règlements de la République», justifie-t-il. Or, la chambre régionale des comptes avait pointé 178 millions d’euros d’attributions de compensation considérées comme indues. Tandis que la DSC est une obligation légale.

    Il ne désigne cependant pas les villes qui verront leurs reversements coupés. Ce sera à l’hémicycle métropolitain de répartir ces 53 millions de coupes entre ses communes, à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, suivi d’un vote des conseils municipaux. A moins que les élus ne décident désormais de voter une décision budgétaire modificative pour changer la copie rendue par le préfet et piocher malgré tout dans la dotation de solidarité. «Dans ces deux chemins, il y a une condition absolue, la Métropole doit équilibrer son budget», rappelle le représentant de l’Etat. Et d’imager : «Cela ne fait jamais plaisir quand un arbitre de terrain siffle une faute de jeu. C’est ce que je fais, je remets le ballon au centre.» Ce qui est certain, c’est que les communes devront revoir leurs budgets déjà votés.

    Enjeux parlementaires

    Face à l’appel des maires de déconstruire l’édifice intercommunal, «l’Etat n’est pas saisi d’un débat de modification de la Métropole, ce n’est pas à l’ordre du jour, indique le préfet. S’ils veulent un débat on s’en saisira, mais ça prendra du temps». Quant à la hausse demandée du versement mobilité pour faire contribuer davantage les entreprises au financement des transports, «c’est un choix du Parlement», rappelle-t-il. Comme toute évolution du statut de la RTM évoquée en conférence des maires la veille.

  • La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    Parmi les nombreux dossiers examinés au cours du dernier conseil municipal, tenu le 9 juin, figurait le suivi des recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC). En mars 2025, les magistrats ont publié un rapport de 64 pages dans lequel était analysée la gestion financière de la commune entre 2014 et 2020. Elle estimait notamment que la situation financière était « à observer avec prudence en raison du manque de fiabilité de l’information budgétaire et financière qu’elle délivre », tout en présentant « un endettement à ce jour maîtrisé ».

    Cette évaluation, réalisée à la demande du maire Hervé Granier (LR), comme l’a rappelé ce dernier, intervenait notamment dans un contexte de changement de majorité municipale, la ville étant passée de Roger Meï (PCF) au maire actuel. En début de séance, et à partir de l’ordre du jour, Hervé Granier a ainsi rappelé les cinq recommandations formulées par les magistrats.

    « On a été avant-gardistes »

    Il s’agit de l’élaboration d’une « procédure d’évaluation du risque contentieux », « l’assurance de suivi des heures supplémentaires par la mise en place d’un système automatisé du temps de travail », « la mise en place CIA du Rifseep », « l’adoption d’une application d’un guide interne de la commande publique adapté à la collectivité » et la « mise en place d’un dispositif de prévention d’atteinte à la probité ».

    « Certaines de ces recommandations ont été ou sont en cours de mise en œuvre », résume le maire, avant de faire le point sur chacune des mesures. « Vous savez qu’on a un désaccord de fond sur l’interprétation qui a été faite du rapport de la CRC, pointe Marion Robert, élue d’opposition (DVG). Vous en reteniez un relatif satisfecit, ce qui n’était pas tout à fait notre interprétation. Nous avons à plusieurs reprises cité les extraits de ce rapport qui mettait en cause les risques de probité, la sincérité budgétaire des comptes présentés par la Ville, mais encore la sous-évaluation des risques financiers. » En résumé, « nous trouvons que ces réponses ont le mérite d’exister, mais elles nous paraissent à ce stade assez insuffisantes », estime l’élue, après avoir repris point par point les solutions mises en place par la majorité.

    Au tour de la majorité d’expliquer de façon détaillée ses avancées, sur chacune des recommandations. « En matière d’atteinte à la probité, je trouve qu’on a été assez avant-gardistes, assez efficaces sur ça », estime Arnaud Mazille, adjoint au maire. Il précise : « Aujourd’hui, dans la typologie des contentieux, 99% des dossiers concernant la ville relèvent uniquement de contestations. »

  • Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le Var est en deuil. Dominique Lain, maire du Luc-en-Provence, est décédé dimanche 14 juin aux alentours de 23 heures, à l’âge de 61 ans. Hospitalisé à l’hôpital de la Timone à Marseille après un infarctus survenu à la fin du mois de mai, il avait été opéré, mais n’a finalement pas survécu. L’annonce a été faite par la mairie sur Facebook.

    « Engagé »

    La semaine dernière, l’élu avait annoncé sa mise en retrait de la vie politique pour quelques mois. Élu maire en 2020 puis reconduit en mars dernier, il était également conseiller départemental depuis 2015, vice-président du conseil départemental du Var chargé de la sécurité et de la prévention des risques, président du Sdis 83 (Service départemental d’incendie et de secours) et de la communauté de communes Cœur du Var.

    Le préfet du Var Simon Babre, dans un communiqué, salue « un élu de terrain, proche de ses concitoyens, engagé pour offrir une ambition à sa commune du Luc-en-Provence et pour la concrétiser ».

    L’émotion est forte dans le département. Le président du conseil départemental, Jean-Louis Masson, a évoqué « une immense tristesse » après la disparition de son « ami fidèle ». Il a salué « un élu d’exception, profondément attaché à son territoire et à ses habitants », soulignant son « courage », sa « loyauté » et sa « profonde bienveillance ». Dans un communiqué, les sapeurs-pompiers du Var décrivent un « président disponible et impliqué ». Les hommages se multiplient également de la part de nombreuses personnalités politiques varoises, tels que Thierry Bongiorno, maire de Gonfaron, ou Yannick Simon, ancien maire de Cabasse et ancien président de Cœur du Var, tous deux proches du disparu.

    Au Luc-en-Provence, un livre de condoléances a été ouvert à l’accueil de la mairie. La première adjointe, Élisabeth Mariottini, devrait assurer l’intérim à la tête de la commune jusqu’à l’élection d’un nouveau maire par le conseil municipal.

  • Les maires appellent à déconstruire la Métropole d’Aix-Marseille

    Les maires appellent à déconstruire la Métropole d’Aix-Marseille

    Après trois heures d’échanges, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, résumait dans un sourire : « De la Monstropole, nous sommes passés à la nécropole. » Ce lundi après-midi, quatre jours après l’avis budgétaire de la chambre régionale des comptes qui préconisait 118 millions d’euros de coupes dans le budget métropolitain, le président (LR) de l’intercommunalité avait convié les maires du territoire, afin de parler d’une seule voix auprès du préfet de région. Lequel doit désormais arrêter le budget de l’institution après le refus des élus de le voter.

    « Unanimement, l’ensemble des maires de notre Métropole considèrent que le temps est surtout venu que l’État, avec notre soutien, repense le financement des compétences et le périmètre de notre institution », lâche le communiqué final adopté par la conférence métropolitaine des maires, que le président devait adresser au préfet dans la soirée. Dans un œcuménisme résistant aux embardées d’une mise sous tutelle, ceux-ci appellent ainsi à déconstruire l’établissement public né aux forceps, il y a dix ans. De quoi comprendre la satisfaction exprimée à la sortie de l’hémicycle, malgré les 53 millions de dotation de solidarité communautaire (DSC) que la chambre régionale des comptes préconise de retirer aux communes.

    « Il y a une unité qui mérite d’être saluée », appuie Nicolas Isnard à la fin de la conférence des maires. Celui-ci estime toujours avoir choisi le bon chemin : « Sauf si le préfet venait à changer ce qui a été décidé par les magistrats, il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les contribuables métropolitains. » Mais, surtout, après le constat réitéré par la chambre régionale des comptes d’un développement des transports non financé à terme, il lance : « La Métropole telle qu’elle est aujourd’hui n’est plus viable, nous n’avons pas assez de recettes pour couvrir ses dépenses. » Un diagnostic partagé par la maire d’Aix, qui glisse qu’« au plus haut sommet de l’État, on le dit encore sous le manteau, mais on le dit ».

    Une RTM façon RATP

    « Cette Métropole est malade de sa réalité financière, de sa réalité structurelle, elle est malade de naissance », affirme aussi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, bien décidé à revoir les flux financiers entre la Métropole et les communes, dans lesquels sa ville reste sous-dotée. « La solidarité entre les communes doit prendre en compte l’histoire et la solidarité, y compris pour la Ville de Marseille », le soutient le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, qui rappelle que la Métropole pourra amender le budget arrêté par le préfet. « Ne nous privons pas de ça », sourit-il, satisfait d’un redécoupage annoncé des compétences qu’il réclamait. Les maires de Marseille et d’Aix, ainsi que le président (DVC) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, sont chargés de défendre cette réforme structurelle « au plus haut niveau de l’État », confirme Nicolas Isnard.

    Surtout, les maires affichent aussi un front uni sur le financement des transports. « L’ensemble des élus demandent le déplafonnement du Versement Mobilité à l’instar du Grand Paris », écrit le communiqué final, alors que les entreprises contribuent déjà au maximum légal pour financer les transports sur le territoire. Parmi les pistes évoquées qui nécessitent l’aval du Parlement, un versement différencié en fonction des territoires, « pour payer les transports là où ils sont mis en place et pas de manière uniforme », défend Nicolas Isnard. À la fin de la conférence, Sophie Joissains plaidait aussi pour que les transports soient confiés à un établissement public indépendant de la Métropole, sur un périmètre plus large. « Cela marche à Paris, cela pourrait avoir du sens », défend-elle. Avec, en plus, un retard historique à rattraper.

    Le patronat inquiet pour l’industrie

    Dans une note publiée ce vendredi, l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée appelle à « une sortie immédiate du blocage » face à la mise sous tutelle de la Métropole. Le puissant syndicat patronal demande à respecter la feuille de route signée pour la réindustrialisation du golfe de Fos et de sanctuariser les projets industriels face aux coupes annoncées. D’autant plus face à un retard « plus acceptable » pour « une armature de transport qui reste sous dimensionnée ». Et de tacler : « La responsabilité politique consiste à décider dans la difficulté, pas à transférer la difficulté à une procédure. » Y.S.

  • [Parole de maire] Philippe Armengol : « On est un petit village mais on a de grosses ambitions »

    [Parole de maire] Philippe Armengol : « On est un petit village mais on a de grosses ambitions »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans La Marseillaise. Aujourd’hui Philippe Armengol, maire (DVG) de Velleron (84).

    En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence et des Alpes, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Vous avez été réélu pour un second mandat, sans liste concurrente en face contre 4 en 2020. Le signe d’avoir bien travaillé ou d’un manque
    de vitalité démocratique ?

    Philippe Armengol : On est modeste avec mon équipe mais le travail, la proximité aussi, le fait qu’on explique nos choix, qui ne sont pas toujours majoritairement validés par la population, font qu’ils deviennent plus acceptés. Notre projet sur le mandat précédent était de s’adresser à tout le monde, des plus jeunes jusqu’aux seniors. C’est ce qu’on a fait. Tout en s’occupant autant des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. J’englobe aussi dans cette réussite nos agents [une quarantaine] qu’on a remis au centre de l’échiquier.

    Quels vont être vos projets majeurs du mandat ?

    P.A. : On a des gros gros chantiers en cours. Comme sur la voirie, chemin des Gypières en entrée de village, à 1,6 million d’euros. On va aussi enfin régler un gros point noir de sécurité routière en créant un giratoire sur la D938, celle qui fait Cavaillon-Monteux. Depuis 20 ans, il y a un carrefour très accidentogène. On a réussi à trouver un compromis avec le Département et le Grand Avignon, il sera créé cette année. Un autre gros chantier en cours, celui de la rénovation énergétique totale de l’école qui doit se terminer en septembre. Donc plusieurs gros projets à cheval sur les deux mandats se concrétisent dont on va bénéficier sur les années à venir. Côté école, on est repassé en régie municipale pour la cantine en janvier dernier. C’est un projet très vertueux économiquement, écologiquement et socialement. C’est parfait pour le maintien de l’agriculture locale, pour le choix de la traçabilité. On tient à la cohésion sociale aussi, on a un centre de jeunesse qui propose des activités superbes mais on veut travailler aussi avec les seniors. Sur la mobilité douce, le but est de faciliter l’accès de tous les gens en toute sécurité, quel que soit le quartier où ils vivent, au village ou à la colline. La végétalisation, les îlots de fraîcheur, on continue d’y travailler. Rayon attractivité économique, nous avons un marché agricole de producteurs exceptionnel. C’est le seul de la région ouvert tous les jours d’avril à octobre, sauf le dimanche, et qui accueille plus de 70 producteurs. On souhaite maintenir ce niveau d’exigence. C’est un lieu de vie, de rencontre sociale, ça fédère, ça fait de la fraternité, et c’est ce qu’on veut pour le village.

    Vous insistez sur le volet écologique, cela rejoint aussi votre délégation de vice-président au Grand Avignon

    P.A. : Oui, j’ai conservé le volet environnement, climat, biodiversité. On a déjà fait beaucoup mais il y a encore de gros enjeux. À Velleron, nous avons commencé à être producteur d’énergie. On a installé des panneaux solaires sur les vestiaires du stade pour réaliser de l’autoconsommation patrimoniale. Tout ce qu’on va produire, sert à diminuer la facture de l’énergie consommée dans les bâtiments municipaux. Nous avons comme volonté aussi d’installer d’autres panneaux photovoltaïques pour une consommation collective en impliquant les citoyens. C’est un projet commun, qui encore une fois, unit et crée une solidarité. En toute modestie, on est un village qui a pris une autre dimension, par notre rayonnement et notre façon de faire. On est un petit village mais on a de grosses ambitions. Je pense que lundi dernier en a été le témoignage. On a organisé une marche blanche pour Lyhanna. Il y a eu des centaines de personnes venues de Cavaillon, de Pernes, de L’Isle-sur-la-Sorgue, de Saint-Rémy, parce qu’elles savent qu’on a une sincérité dans nos démarches.

    Il y a aussi deux dossiers importants en suspens à Velleron : le projet d’urbanisation de la Grande Bastide et l’ex-hôtel Zoom désaffecté, temple de l’urbex.

    P.A. : Pour Zoom, il y avait un projet de nouveau complexe hôtelier qu’on avait validé. Mais le propriétaire privé ne donne plus de nouvelles, c’est dommage. Sur la Grande Bastide [projet de lotissement de 200 logements sur un terrain de 7 hectares, combattu par la Ville et l’État avec plusieurs manifestations], ça reste aussi un sujet fédérateur dans le village. En décembre 2024, le tribunal administratif a donné raison à l’aménageur mais qui n’a rien entrepris depuis. Nous soutenons l’État dans sa démarche auprès de la cour d’appel de Toulouse mais nous ne savons pas quand cela sera audiencé. J’ai rencontré, en décembre, le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, on a des échanges réguliers depuis. Je viens de recevoir le mémoire en appel de l’État. Le projet met très clairement en péril la commune.

    Quelle satisfaction avez-vous dans votre mandat, au vu des nombreuses contraintes économiques et des critiques faciles ?

    P.A. : Il ne faut pas se leurrer, c’est complexe. Mais pour autant, il y a tellement d’enjeux et de valeurs qu’on veut faire perdurer, comme la solidarité, la tolérance, l’humanisme, la transition écologique, qu’on se doit de les maintenir dans le village. Être élu de nos jours, c’est compliqué, mais on a la fierté à défendre ces valeurs, comme devant le ministre. Il peut y avoir des moments de découragement, mais jamais au point d’abandonner. Le fait d’être en équipe, avec des agents super, cela maintient. J’évacue beaucoup par le sport [il pratique des trails ultra longue distance, jusqu’à 170 km]. C’est vraiment une soupape indispensable dans mon équilibre. J’en dresse des parallèles avec le rôle de maire : un ultra-trail, c’est la gestion sur la durée, on ne doit pas descendre trop bas, ni aller trop haut dans l’euphorie. Tout comme quand on est maire avec un objectif et des projets. J’ai aussi souhaité garder mon activité professionnelle, même un jour par semaine comme professeur des écoles aux Amandiers à Carpentras. C’est une façon de garder un pied dans le réel. Quand on parle de pouvoir d’achat en tant qu’élu, je le vois avec mes parents d’élèves.

    Les élections sénatoriales approchent aussi. Allez-vous prendre parti ?

    P.A. : Je suis en réflexion, c’est un sujet que je suis de près mais ma priorité c’est le village. Les deux sénateurs sortants qui se représentent [Jean-Baptiste Blanc, LR, et Lucien Stanzione, PS] ont fait le job. L’idée serait que les deux puissent être réélus.