Category: politique

  • Des rappeurs phocéens haussent le ton contre le RN

    Des rappeurs phocéens haussent le ton contre le RN

    « On entend des gens dire : “on n’a jamais essayé le RN, on ne peut pas savoir.  Moi, je n’ai jamais testé de manger des excréments, mais je sais que ce n’est pas bon. » L’extrême droite, beaucoup en parlent, mais c’est peut-être le jeune rappeur Maze qui la résume de la manière la plus parlante.

    Comme certains de ses autres camardes, ils sont quelques MC’s et chanteurs, la plupart assez jeunes, à avoir tenu à exprimer leur refus de voir le RN accéder au pouvoir à Marseille, en ce jeudi 19 mars, à l’Après-M. Un lieu de restauration rapide tout autant que plateforme sociale et banque alimentaire, situé à Sainte-Marthe. Dans le secteur des 13-14, ici même où le RN est arrivé en tête au premier tour des élections municipales. « Dans toute l’histoire de notre ville, le monde artistique a fait preuve d’engagement face au racisme et à l’extrême droite : des mouvements des quartiers des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, en passant par les mobilisations après le meurtre d’Ibrahim Ali », rappellent les organisateurs de cette prise de parole.

    « Ce vote, c’est pour notre survie et les gens qui nous entourent. Il faut aller voter. Même si ce n’est pas votre choix de base, ça sera toujours mieux d’avoir Payan pendant 7 ans que le RN pendant 7 ans », appelle la rappeuse DZ Kaïna, qui se réfère aux exemples du passé comme du présent : « Regardez ce que l’extrême droite a fait avec l’Allemagne nazie, ce qu’elle fait en Palestine, aux États-Unis avec l’ICE… »

    Parmi les autres artistes présentes, Lansky Namek prévient pour sa part : « On est là pour faire barrage aux idées nauséabondes du RN. Marseille, c’est une unité plurielle et ça le restera. »

    Si une majorité de présents sont plutôt jeunes, un pilier du rap marseillais a répondu présent, en la personne de Jo Popo. « Marseille est à un tournant de son histoire. Si les gens ne se mobilisent pas, ils vont le regretter », alerte cette moitié du groupe emblématique 3e Oeil, qui redoute également la destruction du tissu associatif et culturel de la ville si le RN accède à la tête de la mairie.

  • Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Ce dimanche soir à la Palmeraie Borély, une demi-heure après la publication des premiers résultats du premier tour des municipales à Marseille, le candidat du RN Franck Allisio se gargarisait déjà : « Dimanche prochain, je serai votre maire. »

    Improbable encore à l’automne, cette possibilité s’est renforcée au fil de la campagne. Tandis que le RN affichait un visage policé, la droite marseillaise se perdait entre gages à l’électorat d’extrême droite et coups de barre au centre. Jusqu’au croisement des courbes sondagières dès le début du mois de novembre, puis le décrochage final.

    Pas en pole position

    À l’issue du premier tour, le candidat RN a ainsi quelque 99 137 voix, soit 35,02% des suffrages exprimés, seulement 4 746 bulletins de moins que le maire (DVG) Benoît Payan (36,67%). « Nous avons aujourd’hui fait un choix historique », se vantait donc dimanche soir Franck Allisio, qui a réalisé le meilleur résultat de l’extrême droite dans un scrutin municipal à Marseille. Il réalise notamment une percée dans les quartiers Sud et Est de Marseille, en particulier dans les quartiers les plus aisés (jusqu’à 43,8 points de plus qu’en 2020 pour le bureau de vote de l’école des plages du Prado). De quoi remplacer la droite dans ses bastions traditionnels. Il n’y a guère que dans les quartiers populaires du 14e arrondissement que l’ex-maire FN du secteur, Sandrine D’Angio, fait moins bien que son oncle Stéphane Ravier en 2020.

    S’il n’arrive pas à se placer en pole position pour le second tour, la marche pour que le RN prenne le dessus dans une ville où il a fait couler le sang apparaît dangereusement fine. D’autant plus face à la menace de deux gauches « irréconciliables » et la perspective d’une quadrangulaire plus que hasardeuse.

    Quelle abstention ?

    Le retrait annoncé mardi matin du candidat LFI Sébastien Delogu, « responsable pour un million » comme il le présentait, desserre un peu l’étau. Avec ce désistement, le parlementaire qui avait rassemblé 11,94% des suffrages libère une réserve de 33 000 voix à gauche, sous la pression imposée par le camp de Benoît Payan. Qui a beaucoup moins poussé la candidate de la droite au désistement républicain. Car le second tour est loin d’être une simple question d’additions, et les états-majors ont bien en tête les notices des sondages. L’enquête d’opinion réalisée par Elabe entre les 9 et 16 février estimait ainsi qu’environ 20% des électeurs de Sébastien Delogu pourraient s’abstenir s’il n’était pas présent au second tour, d’autant plus face au rejet partagé dans la manifestation lundi soir qui réclamait la fusion des deux listes de gauche à Marseille. Mais surtout, en cas de duel au second tour, 42% des électeurs de Martine Vassal se tourneraient vers l’extrême droite, et 25% vers le maire sortant, le reste s’abstenant.

    De quoi comprendre la vive réaction du candidat du RN face à une triangulaire qui apparaissait comme le scénario le plus sûr pour éviter sa victoire. Ce mardi, Franck Allisio s’est empressé de dénoncer « les accords de la honte », avant d’appeler lors d’une conférence de presse mercredi, devant des médias sélectionnés, à une « union sacrée » avec la « droite humaniste qui ne nous a pas encore rejoints ».

    Reste à savoir ce que peuvent valoir les prédictions d’un sondeur un mois plus tard, avec l’inconnue de la participation au second tour, de la solidité du socle électoral restant à droite, de l’élan pris surtout par le RN en une semaine, après avoir réalisé un score historique. Et de la solidité d’un front républicain sans cesse convoqué. « Le danger du RN n’est absolument pas écarté », insiste encore ce vendredi dans nos colonnes le maire (DVG) sortant Benoît Payan. Et le résultat risque de n’être certain qu’une fois les derniers bulletins dépouillés, et les potentiels recours épuisés.

    Ces secteurs où le RN est en tête

    Dans les 9e-10e

    Après avoir remporté lors des législatives de 2024 la circonscription, l’extrême droite est arrivée largement en tête du premier tour, avec l’élue régionale (RN) Éléonore Bez (44,9% des voix) qui possède une avance de plus de 7 200 voix sur le candidat du Printemps marseillais, Pierre Huguet (28,77%). La marche peut paraître haute face à celle qui a déjà été candidate plusieurs fois sur le secteur. À droite, la présidente des LR 13 Laure-Agnès Caradec (16,5% au premier tour) s’est maintenue. À gauche, il n’y a qu’une réserve de 3 600 voix avec les 8,1% réalisés par la candidate LFI Myriam Meghraoui. Reste que le soutien de l’ex-maire (Ren.) de secteur Lionel Royer-Perreaut, fortement implanté, peut jouer. De même que la participation.

    Dans les 11e-12e

    À l’Est, le premier secrétaire du Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône Yannick Ohanessian (26,7% des voix au premier tour) a un retard de 8 000 voix à rattraper sur le nouveau délégué du RN pour la ville de Marseille, Olivier Rioult (43,8%). Un retard considérable à rattraper dans le fief de la très droitière sénatrice LR Valérie Boyer, à cheval sur deux circonscriptions législatives remportées par l’extrême droite en 2024. Arrivée en tête en 2020 avant de remporter la mairie de secteur, la droite menée par Sylvain Souvestre ne finit qu’en troisième position, avec 23,5% des voix, et se maintient pour le second tour quand les insoumis y ont réalisé leur plus faible score. Les nombreux élus ralliés au RN avaient senti le vent tourner.

    Dans les 13e-14e

    Le secteur est le seul de Marseille à avoir été dirigé par le FN, de 2014 à 2020, avec à la clé la fermeture de services publics et affaires en justice. Dans le fief de son oncle Stéphane Ravier (ex-RN), l’ex-maire Sandrine D’Angio reste en tête, avec 39,8% des voix, quelque 5 300 voix derrière la candidate (DVG) du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,42%) qui a labouré le terrain ces dernières années. Des voix que peut apporter le retrait du militant insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) comme le score de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortant (DVD) Marion Bareille, arrivée en 4e position (12,1%) ne l’avait emporté en 2020 que grâce au retrait du candidat PCF Jérémy Bacchi. Elle n’a pas rendu la pareille.

    Royer-Perreaut soutient Huguet dans les 9-10

    L’ancien maire et député (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé, ce jeudi qu’il voterait « à titre personnel » pour le candidat du Printemps marseillais dans le secteur, Pierre Huguet (G.s) pour le second tour des municipales. Alors que la candidate du RN, Éléonore Bez, a obtenu au premier tour 44,9% des voix, loin devant l’union de la gauche (28,8%) et la droite (16,5%), « je ne voterai ni pour les extrêmes, ni pour les battues d’avance », détaille-t-il, face à « un choix important que je sais crucial pour le secteur ». « Point de soutien à un parti, mais à un homme compétent, travailleur, affable, dont j’estime qu’il a les qualités requises pour défendre les dossiers très techniques de mobilité, de développement urbain », précise l’ancien député.

  • [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse des rapports de force à la veille du second tour ?

    Benoît Payan : J’ai pris acte de la décision de Sébastien Delogu. Elle est courageuse, elle est responsable. Même si elle est venue sur le tard, elle est venue. Ce qui n’est pas le cas de Madame Vassal, alors que nous nous sommes historiquement toujours retirés quand le RN était en situation de gagner. Le danger du RN n’est absolument pas écarté. On est dans une triangulaire où chaque voix va compter. Je veux battre en brèche l’affirmation seulement laquelle je serais avantagé dans cette configuration. C’est faux. Je veux battre en brèche cette affirmation qui est justement portée par mes adversaires qui veulent démobiliser l’électorat de gauche, écologiste, humaniste, toutes celles et tous ceux qui refuse de voir notre ville tomber dans un système ségrégationniste. On a vingt-sept siècles d’histoire qui nous regarde, on est devant notre destin, confronté à une réalité qui peut nous rattraper dimanche.

    La configuration du second tour ne semble pourtant pas convenir au candidat d’extrême droite.

    B.P. : Lundi, Franck Allisio a fendu le masque de responsabilité qu’il a porté durant toute la campagne pour nous faire croire qu’il était le représentant d’une droite classique et qui avait dupé une partie des Marseillais. Lundi, j’ai vu le visage des enfants de Jean-Marie Le Pen, j’ai vu la haine, il est redevenu lui-même. Ça m’a fait froid dans le dos. Les résultats de dimanche, le retrait de Sébastien Delogu qui l’a apparemment rendu fou, le maintien de Martine Vassal qui l’a, semble-t-il, fait sortir de ses gonds, ont révélé le visage de l’extrême droite : la haine, la violence, la brutalisation du débat public. Il est revenu sur la « submersion migratoire », après avoir délaissé le vocable des héritiers de Vichy durant la campagne. Il s’était retenu trop longtemps. Chassez le naturel, il revient au galop.

    On vous a dépeint comme intransigeant, inflexible à l’égard de la tête de liste insoumise, pour autant il vous faudra ses électeurs pour l’emporter, qu’avez-vous à leur dire ?

    B.P. : D’abord je ne confonds pas les électeurs et les dirigeants. Je ne partage pas leurs méthodes. Je ne me suis jamais soumis à Jean-Luc Mélenchon, je pense que je suis sa bête noire mais ça m’est égal. J’ai un profond respect pour des électeurs qui veulent de la radicalité. Je respecte ceux qui ont cette sensibilité.

    Les rapports de forces de second tour sont très contrastés selon les secteurs. Certains d’entre eux vous inquiètent-ils plus que d’autres ? Allez-vous vous y impliquer ce vendredi ?

    B.P. : D’abord, je veux dire que Mohamed Bensaada [tête de liste LFI dans les 13-14 Ndlr.] qui était qualifié a montré quel militant il était. Les 13-14 portent encore les stigmates des six années du RN et de leur doublure cascade. L’enjeu y est fort. Mais il est fort partout. Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter 4 arrondissements à Marseille. Je me bats de toutes mes forces pour empêcher cela. On sait ce qu’est le RN. La suppression des subventions à la culture, le sport qui se dégrade avec l’abandon des stades et des gymnases, les associations qui aident aux devoirs, à la cohésion sociale, sont systématiquement la cible des foudres de l’extrême droite. On a vu les dégâts dans les 13-14. Comme la ville tout entière, aucun secteur ne mérite d’avoir à sa tête une femme ou un homme qui trie les gens en fonction de leur religion, de leur couleur de peau, de leur orientation politique ou sexuelle. Il faut rappeler ce qu’est le RN : c’est le parti le plus condamné de France pour racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie… C’est le parti de la haine de l’autre. C’est le parti de la haine de ce qu’est la République. C’est le parti de l’anti-Marseille. Tout dans l’ADN de Marseille est l’inverse du Rassemblement national. Je le dis aux habitants de cette ville et notamment ceux des quartiers populaires : « Vous avez une arme la plus pacifique qui puisse exister, c’est le bulletin de vote. Montrez-leur que nous sommes les plus nombreux, n’abandonnez pas vos quartiers à ces gens qui n’iraient pas voter. Dites à vos voisins, vos proches, qu’il faut voter. L’abstention profite au RN. »

    Envisagez-vous une ville où vous seriez maire avec un ou plusieurs secteurs dirigés par le RN ? Comment cela pourrait fonctionner ?

    B.P. : Ça serait forcément beaucoup plus compliqué qu’avec un maire républicain, écologiste, communiste ou de gauche radicale. Ça va être terrible parce que ces gens-là ne travaillent pas pour l’intérêt de la population. Ils ne travaillent que pour l’intérêt du clan Le Pen. Ils veulent faire de nos villes des laboratoires de leur politique de ségrégation et d’outrance. Ce sont des dogmatiques. La préférence nationale, qu’est-ce que ça veut dire en fait ? On n’en a pas assez goûté ? On n’a plus de mémoire ? On a fêté les 80 ans de la Libération et on a tout oublié ? Moi je n’oublie rien.

    Des observateurs considèrent que la poussée du RN a été favorisée par la réforme du mode de scrutin à laquelle vous étiez favorable. Y voyez-vous un lien ?

    B.P. : Non, les observateurs, s’ils observaient ne diraient pas ce genre de bêtises. Il suffit de regarder le score de Mme Vassal au premier tour de 2020 et au premier tour de 2026. 100% des voix qu’elle a perdu sont parties sur l’extrême droite. C’est la conséquence directe de ce que je dis depuis trois ans : à force de singer le Rassemblement national, il vous remplace. Gramsci avait raison. Il faut sans cesse mener la bataille culturelle. Quand on perd son âme, on se perd politiquement. Quand culturellement on devient minoritaire, immédiatement cela se traduit sur le plan politique. Quand j’ai voulu aider les associations qui font du lien social, les enfants de Gaza ou SOS Méditerranée, les mots de la droite étaient ceux de l’extrême droite. Quand Mme Vassal a dit qu’elle était l’original et que le Front national était la copie, les gens ne s’y sont pas trompés. Quand elle a dit qu’elle était d’accord avec les valeurs du RN sur l’immigration et la sécurité mais que sur l’économie il est trop à gauche, elle n’a pas mesuré qu’elle était en train d’acter la disparition de la droite républicaine à Marseille. Personne ne peut s’en réjouir. Je combats la droite républicaine, c’est mon adversaire, je n’en partage pas les valeurs mais dans droite républicaine, il y a République. Dans RN ce n’est pas le cas. Quand on a un Bruno Retailleau qui dit que l’état de droit, c’est finalement accessoire, c’est aussi un pas vers le RN.

    L’abstention est préoccupante à Marseille surtout dans une municipale où l’on sait que les citoyens ont un rapport étroit avec leur maire. Est-ce que ça vous a surpris ? Pensez-vous la contrecarrer au second tour ?

    B.P. : Ce n’est jamais bon l’abstention, c’est toujours un mauvais signal pour la démocratie. Je veux me battre contre ça. D’ailleurs quand on regarde où il y a l’abstention, c’est là où les gens ont été pendant des années et des années, à l’abandon. Je ne sais pas construire un commissariat, une école, un service public, une maison de quartier avec un tweet. Je fais les choses avec la réalité, avec le temps administratif. J’ai passé une campagne où tous mes adversaires rasaient gratis or je sais toutes les difficultés, la patience nécessaire. Quand on regarde l’abstention, il y a des chiffres en trompe-l’œil et j’espère que La Marseillaise aura l’occasion de faire une grande enquête sur le sujet, on voit qu’en effet les chiffres de la participation sont en baisse mais pas tant que ça pour des raisons compliquées mais qui méritent d’être regardées.

    Quel message adressez-vous aux abstentionnistes ?

    B.P. : On joue notre histoire. Nous les Marseillais, on est un peuple, on a l’occasion de dire que cette ville, on peut la rendre encore plus solidaire, encore plus belle, encore plus fraternelle. Cette ville leur appartient. Le travail que je mène avec mon équipe, avec tous ces militants extraordinaires, c’est pour eux. Je suis fier des Marseillais, je leur dis allez voter, cette ville c’est celle où vos enfants vont grandir, où vous allez vieillir. Ce n’est pas pareil quand la ville est dirigée par le RN ou par une grande coalition de gauche. On s’occupe des personnes âgées isolées en leur portant des repas chauds plutôt que de ne leur proposer que des lotos. On s’est occupé des plus précaires pour les sortir de la rue, des femmes battues… Il n’y a pas d’autres villes en France et c’est ma fierté, d’avoir, avec Audrey Garino, signé un plan pauvreté. Vous vous rendez compte ce que c’est pour une ville d’avoir à faire un plan pauvreté alors qu’ailleurs, ce sont des départements qui le font. Cela montre à quel point, nous les Marseillais, avons été laissés-pour-compte par notre Métropole, notre Département, notre Région. On s’est battu pour que le logement social soit digne, pour la création d’une Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, aucune autre ville que nous n’a construit autant d’écoles en six ans… N’en déplaisent à mes détracteurs, je comprends que ça les ennuie, mais personne depuis 1945 n’aura, en un mandat, construit 27 écoles et au moment où je vous parle, 50 autres sont en train d’être lancées. Aucune ville en France n’aura fait manger gratuitement 10 000 gamins à la cantine, ne propose le kit scolaire à 80 000 enfants d’une valeur de 80 euros et qui va passer à 150 euros, ne travaille sur le petit déjeuner gratuit pour 15 000 gamins ! On n’a pas tout réussi parce que nous ne sommes que des femmes et des hommes mais à côté de ceux pour qui seule la carte de visite compte ou qui veulent une cocarde plus grosse que le pare-brise, nous sommes fiers de ce que nous avons fait avec humilité, force et aussi douceur.

    Martine Vassal vous accuse d’avoir fait monter le RN pour orchestrer un duel.
    Que lui répondez-vous
     ?

    B.P. : Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes.

    Dans le nouveau mandat que vous briguez, qu’est-ce qui pourrait faire reculer l’extrême droite ?

    B.P. : La volonté farouche d’expliquer aux gens de ne pas avoir peur. Le Front national fait son lit sur la peur. Tout dans le monde est en train de favoriser cela. La droite et la gauche qui perdent leur boussole, des débats nationaux qui nous font honte, une actualité internationale terrible, une Europe incapable de nous protéger, des États-Unis qui deviennent, d’un pays allié, un pays rapace, la Russie qui fait la guerre aux portes de l’Europe, les conflits au Moyen-Orient qui ont exacerbé nos différences, monté les communautés les unes contre les autres… Les drames que l’on a pu vivre, les attaques terroristes du 7 octobre, les massacres perpétrés à Gaza, la guerre en Iran, en Amérique du Sud… Les dirigeants de notre monde ne se hissent pas à la hauteur de l’histoire, ne comprennent pas qu’après la Seconde Guerre Mondiale, nous avons fait le serment, nous les démocrates, d’avoir une ligne de conduite dictée par le droit et des institutions internationales qui étaient des cadres desquels il ne faudrait jamais sortir. Aujourd’hui quelqu’un qui dit que la Terre est plate a la même parole que celui qui dit que la Terre est ronde… Il faut qu’une génération se lève pour dire stop.

    Qu’est-ce qu’il manque aux gens tentés par l’extrême droite ? Un État-providence. Un État qui amène du service public. Quand on parle de sécurité, bien sûr qu’il faut des policiers. Je n’ai pas honte de dire que j’ai doublé ma police municipale et que je vais recommencer, ni que j’ai triplé ma police la nuit, que je mets des caméras devant les écoles, que j’ai créé une brigade équestre… Mais il faut que la République soit là. Il faut La Poste, France Travail, la Sécurité sociale… Il faut aussi augmenter le pouvoir d’achat.

    Une municipalité le peut-elle ?

    B.P. : Le maire n’augmente pas les salaires mais je peux faire des choses. Je vous l’ai dit pour la rentrée scolaire, les cantines, les petits-déjeuners dans les écoles. Je vais faire une mutuelle municipale pour que les gens puissent se soigner. Aujourd’hui pour beaucoup c’est soit je remplis le frigo, soit je me soigne. Voilà dans quel monde on vit ! Plus personne à gauche ne pose les conditions d’un grand débat national sur la répartition des richesses. Je ne suis pas quelqu’un qui dit « il y a les méchants et les gentils », mais quand on fait République ensemble, ceux qui gagnent de l’argent, créent des emplois doivent être respectés, la contrepartie c’est qu’on paye des impôts. Ces impôts servent à faire vivre une société, créer des postes de fonctionnaires pour le service public qui est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas.

    En glissant dans l’urne dimanche, on choisit aussi ses conseillers métropolitains. C’est un enjeu important pour quelqu’un qui a désigné la Métropole comme une entrave à sa politique ?

    B.P. : Ça a été plus que ça. La Métropole a été un outil pour taxer les Marseillais et financer avec leur argent des réalisations magnifiques pour les autres communes. Tant mieux pour elles mais je n’accepte pas cette injustice. Je n’accepte pas que les Marseillais soient ceux qui payent le plus d’impôts pour le service public le plus minable. On nous a reproché de nous renvoyer la balle mais mon rôle était de défendre les Marseillais contre une Métropole qui n’a pas mis l’argent pour qu’on puisse avoir des transports dignes, une ville propre, des routes refaites, un espace public apaisé. Promenez-vous à Cassis, Gemenos, à La Ciotat, à Venelles et vous verrez de quoi est capable la Métropole avec l’argent des Marseillais. Si nous l’emportons dimanche. Ça c’est terminé. Plus rien ne se fera sans Marseille parce que la loi PLM change tout. Je dis aux Marseillais que le bulletin qu’ils ont dans la main permettra de vivre dans une ville plus belle, plus propre, où le développement se fait en accord avec la nature. Tout ça c’est la Métropole. Est-ce qu’ils veulent sur la question de l’eau, avoir des m3 gratuits ? Veulent-ils le tunnel à 1 euro le passage ? Ce tunnel à 12,50 euros, c’est honteux d’avoir laissé des entreprises privées se gaver comme ça sur le dos des Marseillais. Ça aussi c’est du pouvoir d’achat. J’ai été cherché des centaines de millions d’euros à Paris avec des gens qui ne pensaient pas comme moi, je suis capable d’aller négocier ça. Quand on est maire de Marseille, on doit se battre pour protéger, rassembler et préparer l’avenir. Ce n’est pas un slogan, c’est notre viatique. Comment peut-on dire comme M. Allisio qu’on veut être le maire du 9e au 13e arrondissement ? C’est un crachat à la figure des Marseillais. Moi je suis maire de tous les Marseillais, qu’ils votent pour moi ou contre moi. Il a eu l’honneur d’entrer au conseil municipal de Marseille en 2020, la première chose qu’il fait c’est qu’il se carapate à Marignane pour se faire élire député et qu’il démissionne. Il revient pour dire « élisez-moi maire » ! Parlant de notre débat il a dit que dans un OM-PSG on ne rajoute pas Le Havre, méprisant Mme Vassal, mais contre lui, c’est pas l’OM, même pas le PSG, c’est le FC Marignane.

    Martine Vassal dit que ses amis maires continuent de lui faire confiance. Peut-elle rester présidente ?

    B.P. : Il y a les mots qu’on dit pendant les élections et puis il y a la réalité. Je pense que Mme Vassal va devoir faire avec la réalité.

    Est-il possible de faire changer le centre de gravité de la Métropole ?

    B.P. : Il a déjà changé naturellement.

    Avez-vous un candidat ?

    B.P. : Ce sera celui ou celle qui respecte les Marseillaises et les Marseillais.

  • La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    Il y a 6 ans, il avait déjà sué à grosses gouttes pour conserver son fauteuil de maire pour 155 voix. Dimanche 15 mars, Jean Denat n’a rien pu faire pour éviter la catastrophe. Avec 956 bulletins de retard, le socialiste (42,5%), battu en duel par le député RN Nicolas Meizonnet (57,5%), a perdu Vauvert, son bastion depuis 12 ans.

    Après Beaucaire en 2014, avant peut-être Bagnols-sur-Cèze ce dimanche 22 mars, Vauvert devient la seconde ville gardoise à se jeter dans les bras de l’extrême droite. Au grand dam de Jean Denat, qui dit ne rien regretter. « Je suis triste et déçu, c’est la démocratie. Je souhaite bonne chance aux Vauverdois car la magie s’arrêtera vite », lâchait le maire déchu au soir du 1er tour.

    Meizonnet, sa bête noire

    Pour ce retraité de l’éducation nationale qui fut conseiller général puis départemental du canton de Vauvert de 1998 à 2015, le coup est rude. À 71 ans, se profile peut-être la fin d’une carrière politique. Laquelle avait déjà subi un coup d’arrêt en mars 2015. Alors président du Département du Gard depuis 6 mois, Jean Denat avait été battu dans son fief à la surprise générale par… Nicolas Meizonnet, sa bête noire !

    Dimanche 15 mars 2026, c’est le même homme qui a réussi à déboulonner l’édile socialiste de sa ville. Élu député de la 2e circonscription du Gard en 2020 à la suite de la démission de Gilbert Collard, dont il était suppléant, Nicolas Meizonnet, réélu en 2022 puis aux législatives anticipées de 2024, a réussi à Vauvert là où son père, Jean-Louis Meizonnet, avait échoué.

    Dimanche 15 mars, celui qui avait adhéré au FN en 2011, est arrivé en tête dans 9 des 10 bureaux de vote de cette terre de bouvine. N. Meizonnet a promis d’être « un maire de proximité, celui de tous les Vauverdois ». Vu la politique antisociale pratiquée par le RN dans le laboratoire voisin de Beaucaire, il est permis d’en douter.

  • Lionel Royer-Perreaut apporte son soutien à Pierre Huguet dans les 9-10 à Marseille

    Lionel Royer-Perreaut apporte son soutien à Pierre Huguet dans les 9-10 à Marseille

    Si au mois de janvier il dénonçait le «vide abyssal» de la campagne des municipale dans les 9e et 10e arrondissements, l’ancien maire et député (Ren.) du secteur, Lionel Royer-Perreaut, a annoncé, ce jeudi après-midi, à travers une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, qu’il voterait «à titre personnel» pour le candidat du Printemps marseillais pour le scrutin d’arrondissements, Pierre Huguet (G.s).

    Alors que la candidate du RN, Eléonore Bez, avait obtenu 44,9% des voix, loin devant l’union de la gauche (28,8%) et la droite (16,5%), «je ne voterai ni pour les extrêmes, ni pour les battues d’avance», détaille-t-il, face à «un choix important que je sais crucial pour le secteur». «Point de soutien à un parti, mais à un homme compétent, travailleur, affable, dont j’estime qu’il a les qualités requises pour défendre les dossiers très techniques de mobilité, de développement urbain», précise encore l’ancien député qui, s’il reconnaît que «ce choix surprendra», s’était déjà retiré aux second tour des législatives en 2024 pour faire barrage à l’extrême droite.

    «Chaque voix comptera»

    «Quand l’essentiel est menacé, quand nos valeurs républicaines sont mises à l’épreuve, il faut savoir dépasser les étiquettes pour défendre ce qui nous unit et protéger l’avenir de nos enfants», le remercie le candidat du Printemps marseillais, qui avait déjà rallié sur sa liste une ancienne adjointe de Lionel Royer-Perreaut, Sophia Mabrouk.

    Après avoir dénoncé, ce mercredi, le maintien au second tour de la présidente des LR 13, Laure-Agnès Caradec, malgré la menace du RN, Pierre Huguet appelle désormais «au rassemblement de celles et ceux qui refusent la division et qui veulent défendre ce vivre ensemble auquel nous sommes si attachés». Et de rappeler que «dimanche, chaque voix comptera».

  • À Sète, la gauche bien placée après des désistements en cascade

    À Sète, la gauche bien placée après des désistements en cascade

    Trente ans après l’accession de François Liberti (PCF) à la mairie sétoise, la gauche va-t-elle effectuer son grand retour aux affaires le 22 mars ? Arrivée en troisième position avec 20,55% des suffrages exprimés le soir du premier tour, la tête de liste de Nouvelles Pages (UG) Laura Seguin soutenue par LFI, les Écologistes, les communistes et désormais forte du soutien de la fédération socialiste de l’Hérault, espère créer l’exploit l’emporter dimanche et mettre fin une fois pour toutes au règne de François Commeinhes, ex-édile condamné pour détournement de fonds publics, et celui de ses dignes « héritiers » politiques.

    Des héritiers néanmoins qui seront présents le 22 mars, puisque tous ont pu se qualifier pour le second tour : Hervé Marquès (LR, ex-adjoint de Commeinhes) est arrivé premier avec 28,07 % des voix, suivi du RN Sébastien Pacull (ex-adjoint lui aussi) avec 20,55% tandis que Pascal Pintre (DVD, ancien directeur de campagne de Commeinhes) récolte 14,82% des voix. Ce dernier a finalement décidé de se retirer le 16 mars. Pour Laura Seguin, « Les résultats de ce premier tour ont montré qu’il y avait une vraie dynamique, la victoire est à portée de main. Sète a besoin d’un second souffle », avance la candidate.

    Réserve de voix

    Seules 1 608 voix séparent Laura Seguin d’Hervé Marquès au premier tour. « On a une réserve de voix importantes : tous les républicains, progressistes qui ont fait un autre choix que nous et qui veulent barrer la route à l’extrême droite », reprend la tête de liste de « Nouvelles Pages ». Elle pourra même compter sur les potentiels électeurs de Sébastien Denaja. Le socialiste, arrivé en cinquième position (13,70%), a préféré se retirer plutôt que de fusionner avec Nouvelles Pages – les négociations n’ayant pu aboutir. « Le choix du désistement républicain est le plus fidèle à nos convictions et à la ligne politique claire que nous avons portée. Nous formons le vœu que ce choix responsable rassemble le plus largement possible contre le double péril que représenteraient la perpétuation d’un système vermoulu et l’accession aux responsabilités de l’extrême droite », écrit le conseiller régional dans une lettre adressée aux Sétois. Une décision augmentant les chances de la gauche d’accéder à la mairie. D’autant que ce n’est pas la seule réserve de voix possible, Nouvelles Pages entend aller chercher les abstentionnistes – la participation étant de 63,48% au premier tour. « Ils sont encore malheureusement très nombreux. Notamment dans certains quartiers populaires. Or, les mesures que l’on porte sur l’accès au logement digne, sur le pouvoir d’achat comme la gratuité de la cantine scolaire, des transports en commun, sont vraiment destinées à améliorer leur quotidien. Il faut aller les chercher et espérer gagner », fait valoir Laura Seguin. Une alternative permettant d’écrire une nouvelle page de l’Île singulière.

  • La gauche biterroise n’est pas arrivée à endiguer la vague brune

    La gauche biterroise n’est pas arrivée à endiguer la vague brune

    On est déçu car on a l’impression que tout est figé. C’est la même situation qu’en 2020 avec un Robert Ménard très haut », soupire Thierry Antoine. Au lendemain du premier tour des élections municipales, la tête de liste du Printemps de Béziers n’est pas parvenue à inquiéter le maire d’extrême droite de Béziers Robert Ménard, réélu dès le premier tour avec 65,6% des suffrages exprimés. La liste d’union de la gauche ne récolte qu’un maigre 6,52%.

    Malgré une faible participation (56,43%) à l’image du national, c’est la désillusion pour la gauche qui n’aura qu’un seul élu siégeant dans l’opposition municipale (Thierry Antoine) et aucun au conseil d’Agglo. « On s’y attendait un peu mais pas dès le premier tour. On note qu’il y a eu une faible participation à ce scrutin, ce qui est inquiétant pour la démocratie française et qui devrait faire relativiser sa victoire à Ménard », fait valoir de son côté David Ocard, tête de liste LFI qui pointe à la dernière place avec 3,66% des voix.

    Près de 75 % pour l’extrême droite !

    Même la présence d’une liste RN menée par le député de l’Hérault Julien Gabarron – une première depuis l’arrivée de Ménard à la tête de la cité de Riquet en 2014 – n’a pas contrecarré l’élection de l’adepte des plateaux télé. Le parti de Marine Le Pen a récolté à peine 8,97% des voix et arrive troisième. C’est donc le conseiller de la majorité régionale Thierry Mathieu (SE) qui devient le principal opposant de Robert Ménard, en arrivant second avec 15,24% des suffrages. « Dans l’opposition, nous accompagnerons les projets qui tireront la ville vers le haut tout comme nous dénoncerons avec force et méthode toutes les dérives qui l’enfonceront », précise-t-il sur ses réseaux.

    La gauche ne s’avoue pour autant pas vaincue. « On a commencé à construire une union, on va continuer à travailler en espérant que la communication du maire ne va pas tout écraser car c’est le cas aujourd’hui, il est très difficile de se faire entendre », fait valoir T. Antoine.

    * Lire aussi la chronique
    d’Annie Menras p 25.

  • Le sortant socialiste l’emporte au 1er tour à Frontignan

    Le sortant socialiste l’emporte au 1er tour à Frontignan

    51,16%. C’est le score réalisé par le maire sortant de Frontignan Michel Arrouy, assuré, dès le premier tour, d’entamer un second mandat. Une victoire aux airs de grand chelem puisque le socialiste, à la tête d’une liste d’union de la gauche – excepté LFI, qui ne présentait toutefois aucun candidat – l’a emporté dans les 19 bureaux de vote de la ville. « Quand on voit les résultats autour de nous, on se dit que pour une ville de 25 000 habitants, c’est pas mal », savoure Michel Arrouy. Une « victoire collective », insiste-t-il, à mettre au crédit d’une « équipe des forces de gauche » et d’un bilan : « durant 6 ans, on a transformé la ville en faisant des investissements attendus par nos concitoyens sans dénaturer ni l’identité ni l’histoire de Frontignan ».

    Rien n’était pourtant joué dans cette commune du Bassin de Thau ouvertement convoitée par le Rassemblement national, dont le candidat Cédric Delapierre, arrivé second, a tout de même recuelli 35,87% des suffrages (4 152 voix, soit 477 de plus que le précédent candidat du RN, Gérard Prato, lors du deuxième tour des municipales de 2020, en duel contre Michel Arrouy).

    La liste RN décroche ainsi 6 sièges au conseil municipal de Frontignan face à 27 élus de la liste d’union de la gauche emmenée par Michel Arrouy et 2 élus de la liste conduite par le divers droit Thibaut Cléret Villagordo, arrivé troisième (12,97%). Reste une inconnue et un enjeu de taille : la répartition des sièges – donc le rapport de forces – au sein de l’Agglo de Sète, dont plusieurs communes, à commencer par Sète, doivent encore passer le couperet du second tour. A.G.

  • Le maire non réélu de Château-Arnoux-Saint-Auban dépose un recours

    Le maire non réélu de Château-Arnoux-Saint-Auban dépose un recours

    Il rencontrera son avocate et expliquera les motifs précis l’ayant poussé à déposer ce recours vendredi. Le recours devrait être déposé vendredi également au tribunal administratif de Marseille. Il doit être déposé avant le conseil municipal d’installation, pendant lequel le nouveau maire, Philippe Bertrand, doit être officiellement élu, vendredi à 18h.

  • À Briançon, un collectif pour battre le maire sortant

    À Briançon, un collectif pour battre le maire sortant

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui pourrait combler votre retard de neuf points sur Arnaud Murgia ?

    Capucine Mounal : Déjà, il n’a pas gagné dès le premier tour comme il l’annonçait. Ensuite, on veut aller chercher les électeurs de Richard Nussbaum en présentant les points de convergence sur lesquels ils peuvent nous rejoindre, comme l’opposition au projet du Fort des têtes. On veut leur dire que voter utile c’est voter pour nous, puisqu’on a le plus de chances de battre le maire sortant.

    Vincent Virat : De plus, notre démarche, entièrement citoyenne, fonctionne. Elle a réuni plus de voix que la liste de gauche en 2020. Notre méthode intéresse et elle est gagnante. On veut capitaliser dessus et rassembler au-delà des partis de gauche.

    Comment convaincre celles et ceux qui n’ont pas déjà voté pour vous ?

    V.V. : Beaucoup de gens sont désintéressés de l’élection ou ne savent parfois même pas qu’elle a lieu. Certains partent aussi du principe qu’il est impossible de battre Arnaud Murgia. Or, sur le terrain, on constate que l’argument du barrage à sa politique fonctionne. Beaucoup découvrent qu’il peut être battu.

    C.M. : Il y a au sein de la population une vraie opposition à ses projets complètement hors-sol et démesurés, comme la construction du Fort des Têtes pour le village olympique, décidé sans consulter les citoyens. Or, ils ont besoin de se sentir acteurs de leur ville et pas des figurants délaissés et jamais concertés.

    Vous avez mentionné votre démarche citoyenne, qu’est-ce qui peut plaire dans celle-ci ?

    C.M. : Déjà, cela démultiplie les profils et amène des gens qui ne cherchent pas à faire carrière et auxquels les Briançonnais peuvent s’identifier. Ce sera une gouvernance citoyenne qui n’aura pas d’autres objectifs que la gestion de la ville.

    C.M. : C’est aussi une méthode qui tranche avec celle d’Arnaud Murgia. À nos réunions publiques, tout le monde peut prendre la parole et participer, là où le maire base une grande partie de sa politique sur la mise en avant de sa personne. Sa campagne est construite sur le mode « votre maire fait ci, votre maire fait cela ». Nous ne mettons pas en avant une individualité.