Category: politique

  • Olivier Galzi vante le service public

    Olivier Galzi vante le service public

    Au soir de sa défaite, le candidat David Fournier (PS), aussi adjoint sortant en charge de l’administration générale s’inquiétait pour le sort des agents avec la victoire d’Olivier Galzi (DVD). « J’ai senti beaucoup de soulagement », nous répondait, à l’inverse, le nouveau maire il y a une semaine, estimant que « les agents seront les acteurs du changement », réservant le détail de son propos aux intéressés. C’est chose faite depuis ce jeudi. Olivier Galzi a dévoilé sa feuille de route, entouré de sa majorité, à l’hôtel de ville. « Nous avons une responsabilité commune, immense et magnifique : bien faire fonctionner cette ville, bien servir les Avignonnais, et redonner, ensemble, de la fierté à l’action publique locale », brosse-t-il avec emphase, comptant sur les quelque 2 000 agents pour rendre « visible le grand changement ».

    Le maire propose un « pacte de confiance », reposant sur trois notions : respect, reconnaissance et responsabilité. D’abord, « le respect du chef envers ses troupes, mais aussi le respect des troupes envers le chef », campe Olivier Galzi, relatant « trop d’histoires » entendues où le personnel municipal serait tire-au-flanc. « Je vous ai défendus dans cette campagne, parce que je crois en vous », assure-t-il. Lors de la présentation de son programme, il avait pourtant épinglé « ceux qui nuisent au service » en évoquant certains agents de la propreté. Des propos qui se retrouvent dans la responsabilité : « Cela implique la possibilité d’être sanctionné quand des fautes ont été commises… » À moins que cela ne fasse écho au vol de viande au sein de la restauration municipale qui a déclenché une grève. Enfin, par reconnaissance, Olivier Galzi, parle de primes « quand cela sera possible, en fonction de notre situation financière ».

  • Coup de chaud à venir sur le budget au conseil municipal d’Aix

    Coup de chaud à venir sur le budget au conseil municipal d’Aix

    Après le conseil municipal d’installation, les élus de la majorité et de l’opposition, désormais officiellement élus, seront de nouveaux réunis en salle des États de Provence. Ce vendredi 3 avril, le deuxième conseil municipal du mois se tiendra en mairie, avec, à l’ordre du jour, 29 rapports.

    Surtout, cette séance permettra aux élus d’examiner le Rapport d’orientation budgétaire (ROB) et devrait dresser les priorités budgétaires de la majorité de Sophie Joissains (UDI). Dossier sur lequel les oppositions devraient intervenir. « Les orientations budgétaires ne changent pas, c’est les mêmes, nous allons répéter les mêmes choses : il y a des orientations, mais derrière, il n’y a pas de vraie politique, clairement définie, les orientations budgétaires permettent surtout de répondre aux urgences, aux besoins », commente Marc Pena, député PS des Bouches-du-Rhône, candidat aux élections et désormais à la tête du groupe d’opposition Aix Avenir. « Il permet aussi à la municipalité de rappeler son opinion, qui consiste à dire qu’elle n’augmente pas les impôts et qu’elle est très précautionneuse de son champ public… », résume-t-il.

    Diverses interventions

    « J’aurai l’occasion de montrer que les impôts augmentent autrement, notamment la part métropolitaine qui augmente puisqu’il y a une réversion commune importante au sein d’Aix-Marseille, telle qu’elle est aujourd’hui, poursuit Marc Pena. Au-delà de cela, il y a une nouvelle équipe, on pourrait penser qu’il y a des choses plus audacieuses proposées, mais ce n’est pas le cas. Je crains une chose, c’est la façon dont sera traité financièrement le monde associatif dans son ensemble. » Dans le même groupe d’opposition, David Tessier (PCF) indique que le groupe interviendrait sur les « baisses de dotations de l’état, qui empêchent les collectivités de fonctionner » et sont une « entrave au fonctionnement démocratique ». Les élus d’Aix Avenir devraient prendre également la parole sur le rapport annuel de la Ville en matière de développement durable (RAD), à l’ordre du jour. Idem pour Philippe Klein (Horizons), qui siège dans l’opposition aux côtés du conseiller départemental Cyrille Blint. « Nous n’interviendrons pas seulement sur le ROB mais aussi sur le RAD, il me paraît, sur de nombreux points, insuffisant et ne permet pas d’avoir une adaptation suffisante au changement climatique, ce sont des mesurettes là où il faudrait avoir une vraie prise de conscience sur l’incidence du changement climatique sur la vie des Aixois », indique l’élu. Aussi, vingt rapports de désignations des représentants du conseil municipal aux conseils de la ville, devraient occuper la seconde partie de la séance.

    Conseil municipal retransmis sur le site de la Ville dès 9h.

  • Un ex-phalangiste au Liban comme collaborateur d’Emmanuel Fouquart

    Un ex-phalangiste au Liban comme collaborateur d’Emmanuel Fouquart

    Les CV sulfureux n’embarrassent pas le Rassemblement national. Le 24 mars dernier, les services de l’Assemblée nationale ont enregistré la réembauche de Thibaut de Bougrenet de la Tocnaye comme collaborateur du député de la circonscription martégale, Emmanuel Fouquart (RN). Aujourd’hui âgé de 67 ans, celui qui vient d’être élu maire de Préaux (Indre) s’était engagé, à 25 ans, pour combattre pendant la guerre civile du Liban, en 1983 et 1984, au sein des Phalanges libanaises. Soit moins d’un an après les massacres de civils palestiniens des camps de Sabra et Chatila par ces milices chrétiennes fascisantes. Un an plus tard, il participe aux opérations des Contras au Nicaragua, qui prônaient les assassinats de civils et prisonniers contre le gouvernement sandiniste. « Je n’ai pas à regretter quoi que ce soit », assume-t-il auprès de nos confrères de la Nouvelle République.

    Cela ne l’a pas empêché de monter au sein du parti lepéniste, bien au contraire. Conseiller municipal à Avignon puis Cavaillon, ancien élu régional, l’ingénieur a intégré le comité central du FN dès 2011, conseille Marine Le Pen sur les questions industrielles lors des élections présidentielles et, depuis 2017, dirige l’Institut de formation des élus locaux (Iforel), l’organisme de formation du RN.

    Quant à ses idées, il ne les dissimulait pas sur les réseaux sociaux, comme l’a relevé le site d’information Streetpress. Celui qui considère l’islam comme une « machine de guerre » saluait en 2016 un « excellent communiqué » qui appelait à « traiter le Coran et les hadiths comme “Mein Kampf” » avant de déplorer en 2020 qu’un « certain lobby juif continue de boycotter le RN ».

    Pas de quoi ébranler celui qui l’emploie depuis le mois de novembre, avec une pause pour les municipales. « Je le connais depuis 2015 », explique Emmanuel Fouquart. Le député des Bouches-du-Rhône dit l’avoir embauché, à mi-temps, « pour son expertise ». « Il me fait des rapports sur tous les changements industriels sur la zone de Fos », explique-t-il. Peu importe son passé de milicien. « Ce sont des choses que je ne connais pas, ça remonte à quarante ans, j’avais 16 ans », justifie benoîtement le député, qui n’a « pas vu » ses publications haineuses. Et jure qu’il n’est « même pas politique dans son activité »… malgré son poste de collaborateur parlementaire. « Il n’est pas en charge de ma communication », défend Emmanuel Fouquart. Pas choqué le moins du monde.

  • Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    « C’est la première fois que nous dépassons la barre des 2 milliards d’euros au budget primitif ». Prononcée en guise de conclusion de deux jours de débats cordiaux qui ont abouti, mardi 31 mars à Montpellier, au vote* du budget 2026 du Département de l’Hérault, la phrase de Kléber Mesquida (DVG) ne dit rien du casse-tête financier enduré.

    Si le président héraultais ne semble plus craindre une reprise en mains de la Chambre régionale des comptes, il est bien conscient que sa marge de manœuvre financière reste minime. Précisément de 33,8 millions d’euros (ME) au lieu de 68,7 l’an passé pour ce qui est de l’épargne brute. L’épargne nette est même négative (-19ME), au même niveau qu’en 2024. Pris dans « un effet de ciseau », le Département aux finances toujours précaires, ne sort pas encore de l’étau.

    Deux raisons essentielles l’expliquent. D’abord les dépenses sociales (949,2ME) pèsent mécaniquement chaque année plus lourd dans un territoire précaire. 280ME pour le RSA, 186,2ME pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), 185,1ME pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et 106,4ME qui relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

    « Chaque euro dépensé utile »

    Autant de dépenses sociales obligatoires qui sont loin d’être compensées « à l’euro près » comme promis par l’État qui transfère des compétences puis se désengage année après année. Résultat : un reste à charge colossal et en hausse (259ME en 2026 au lieu de 245,6ME l’an passé) : 110,7ME sur le RSA, 79,6 sur l’APA ou encore 68,7ME pour la PCH. « Ce qui nous plombe c’est le non respect de la parole de l’État », synthétise le vice-président aux finances, Cyril Meunier (DVG).

    Conséquence : si les dépenses d’investissement seront en légère hausse (181,6ME dont 102,2ME pour les travaux sur les routes et les domaines), l’effort reste minimaliste. Et K. Mesquida de prévenir : « On va passer une année 2026 à faire des économies, je resterai sur la même ligne, on ne peut pas avoir de dérive, on serait pénalisable ». Il faut dire qu’un emprunt d’équilibre de 61,7ME a dû être nécessaire pour équilibrer les comptes.

    Pas de quoi convaincre les élus d’opposition RN. « Je trouve ce budget trop optimiste sur les recettes avec un pari hasardeux sur la TVA et l’immobilier », critique le Biterrois Gilles Sacaze. La collectivité a pourtant joué la prudence avec 310ME de droits de mutation escomptés en recettes (+4,8% au lieu des +7% préconisés par l’État). Avec une dette qui pointe à 845,5ME (25 ans pour rembourser), l’opposante RN Marie Hirth dénonce « les subventions à certaines associations et les dépenses de com’ ». « Nous avons fait le maximum partout », lui assurera K. Mesquida. Avant que son 1er vice-président Renaud Calvat (PS) n’abonde. « Chaque dépense est au minimum utile voire indispensable aux habitants et aux communes ».

  • Gard : une campagne marquée par la violence

    Gard : une campagne marquée par la violence

    Hélas, chaque campagne électorale peut entraîner son lot de violences. Mais cette campagne municipale a été un record en la matière. Si le suffrage universel sert justement à trancher de manière pacifique les sujets qui divisent, certains individus utilisent ces périodes pour jouer de l’intimidation ou même des poings. Un peu partout en France, la campagne 2026 a été émaillée de menaces de mort, d’insultes, d’actes de vandalisme et parfois même de violences physiques. Si bien qu’Emmanuel Macron a fait part de sa « préoccupation » devant une augmentation des violences durant cette période.

    Le Gard, où l’extrême droite est en perpétuelle progression, a été particulièrement touché. L’apogée de cette violence s’est déroulé à Nîmes le 20 février lorsque quatre militants communistes ont été violemment agressés par des soutiens de Franck Proust (LR). Les faits se sont déroulés devant un panneau d’affichage sur les hauts de Nîmes juste avant minuit, heure officielle de fin de campagne. « Il y a d’abord un jeune gars qui arrive et nous dit qu’il veut coller pour Franck Proust, on lui dit que ce n’est pas possible », raconte Grégory, l’un des militants agressés. « Il a alors téléphoné et plusieurs voitures sont ensuite arrivées. Dans la première, un gars sort comme une bombe et il commence à venir nous gueuler dessus. Cette personne, c’est un patron de bar bien connu de Nîmes qui est colistier sur la liste de Proust. Il me dit qu’ils vont passer en force et ils sont rapidement dix autour de nous. »

    La situation se tend et face à la fermeté des militants communistes bien décidés à garder le panneau, deux des soutiens de Vincent Bouget sont violemment agressés. « Ils étaient plus nombreux donc on en a pris plein la g… On a été projetés par terre et on a été roués de coups, de coups de pieds et de poings. Ils ont ensuite pris la fuite en voiture. Quelques minutes après, la police arrive. La scène a été filmée par un passant et nous avons pris en photo les plaques d’immatriculation », poursuit Grégory. Deux des militants sont transportés à l’hôpital. Résultat : Grégory souffre d’une fracture du nez et du plancher orbital ainsi que des contusions, qui lui ont valu 15 jours d’ITT. Édouard, l’autre militant agressé, a des côtes et une dent cassée et l’oreille interne touchée également (10 jours d’ITT). Ils ont porté plainte pour violences en réunion. Depuis, six personnes ont été placées en garde à vue avant d’être libérées mercredi 1er avril.

    Graffitis et menaces

    Sur place, d’autres présences interrogent, comme celle du fils du sénateur (LR) Laurent Burgoa. Son père a confirmé qu’il était bien présent « sans pour autant être l’un des protagonistes » et confirme qu’il fait « confiance aux enquêteurs pour établir la vérité ». « Il y avait aussi une voiture de l’Usam, le club de hand avec trois personnes qui en sont sorties avec des joggings de l’Usam », précise Grégory. Une présence d’autant plus problématique que le puissant président du club de handball nîmois, David Tebib, figurait aussi sur la liste de Proust. Contacté, Franck Proust n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    La violence a également fait irruption à Bessèges. Déjà très tendue, la campagne dans la ville du nord du Gard, émaillée par de nombreuses « boules puantes », a pris une tournure encore plus inquiétante lorsqu’une bagarre a éclaté dans un bar entre des colistiers de Christine Roux et des soutiens de la liste d’extrême droite qui se présentaient dans la commune voisine de Molières-sur-Cèze. « L’un de nos colistiers a été blessé », a confirmé Christine Roux, la future maire.

    L’ancien maire communiste de Saint-Jean-du-Pin, Eric Maubenard, aujourd’hui président du Prolé d’Alès, a également vu débouler chez lui un homme qui a tenté de rentrer dans son domicile tout en proférant des insultes. Il lui a reproché à la fois d’avoir voté pour Christophe Rivenq alors que Maubenard ne vote pas à Alès et d’avoir évincé sa femme du conseil municipal. Celle-ci était sur la liste de Philippe Fages, battue par la maire sortante. Eric Maubenard a déposé une main courante.

    Outre les nombreuses annonces de dépôts de plainte pour diffamation, certains candidats ont aussi été victimes de vandalisme et de graffitis injurieux. Ainsi, à Saint-Jean-de-Valériscle, bourgade de 600 habitants au nord du département, plusieurs élus de la liste du maire sortant Marc Jekal (qui a été réélu) ont été victimes d’incivilités et un ancien élu a même retrouvé sa porte avec une croix gammée et l’inscription « sale nazi ». Trois plaintes ont été déposées.

    Des tags insultants ont également été découverts sur les affiches des deux candidats à Saint-Jean-de-Serres (540 habitants) mais aussi sur le bitume devant leur maison. « Dans la nuit du 14 au 15 mars, avant le premier tour donc, il y avait une flèche qui désignait mon domicile avec écrit « pute et facho », explique Fabien Engelibert. Cet élu d’opposition et membre de l’Après a déposé plainte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Il n’en est pourtant pas à sa première dégradation. Depuis qu’avec sa femme ils ont fait campagne pour le Nouveau front populaire en juin 2024, accrochant même parfois des affiches sur leur voiture, il dit être régulièrement ciblé : « Pendant la campagne, la porte arrière de notre voiture a été forcée. Après les élections, nous avons eu du vandalisme sur notre ferme puis notre voiture a été vandalisée avec les quatre pneus crevés, les essuie-glaces arrachés. Quelques mois plus tard, un pavé a été lancé sur notre voiture, cassant la vitre. »

    Fabien Engelibert s’interroge sur ce climat de violence dans sa commune depuis 2024, où les actes de vandalisme se sont multipliés : « Des véhicules ont brûlé et toute une série de pneus ont été crevés. J’étais adjoint au maire jusqu’en décembre 2025, en charge de la sécurité et j’ai constaté une accélération à partir des législatives. On s’est posé la question de savoir s’il n’y avait pas une volonté de faire monter un sentiment d’insécurité. Fin août, j’ai pu consulter les vidéos de surveillance et on voit une personne, un grand bonhomme, crâne rasé, chaussé de rangers, qui sort d’une voiture et donne des coups de couteau dans des pneus avant de repartir en petites foulées. »

    Dans le Gard, marqué aussi par des attaques contre les personnes LGBT à Nîmes ou contre le bar communiste du Prolé à Alès, la violence politique est bien de retour.

  • [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    Parce que les citoyens n’y participent pas directement à l’instar des sénatoriales, elles sont souvent ignorées voire minimisées. Et pourtant… Dans la foulée des municipales, l’élection des présidents des intercommunalités est un moment essentiel pour l’avenir des territoires, peut-être même davantage que le scrutin municipal à proprement parler.

    Les maires dépossédés

    Plusieurs raisons l’expliquent. Tout d’abord, la force de frappe. Comparées aux Villes, les communautés de communes, d’agglomération ou de Métropole jouissent de budgets de loin supérieurs. En 2025 : 1,82 milliard d’euros pour la Métropole de Montpellier au lieu de 753 millions d’euros pour la seule Ville de Montpellier. L’écart est encore plus parlant dans les petites intercommunalités. En outre, ces dernières récupèrent une part importante de la fiscalité des Communes : Cotisation foncière des entreprises (CFE), Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), Taxe sur les surfaces commerciales, Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom)…

    Des recettes perçues en échange des compétences exercées par les intercommunalités qui surclassent là encore les Communes. C’est d’autant plus vrai depuis que la loi NOTRe (2015) a renforcé leurs domaines d’intervention. Ainsi les intercommunalités ont-elles la main sur les politiques majeures de transports publics, de gestion des déchets, d’eau et d’assainissement, de développement économique ou de transition écologique. Autre exemple particulièrement parlant : l’urbanisme. Si chaque maire délivre toujours l’acte administratif du permis de construire, séparément ils ne sont plus directement à la baguette pour planifier les constructions à l’échelle communautaire. Via le Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), c’est l’intercommunalité qui construit les grands schémas directeurs, fixe les zones constructibles, la part de logements sociaux ou d’accession aidée. Il en va de même pour le prix de l’eau et des transports, l’installation d’entreprises…

    Ainsi l’essentiel du pouvoir de décision est-il désormais dans les intercommunalités. « Le maire pèse surtout sur la vie quotidienne, grossièrement la bordure de trottoir qui a son importance, la police municipale, les équipements publics. Mais les maires ne font pas les lois », nous résumait il y a quelques semaines, le politologue Michel Crespy. Les présidents d’Agglos ou de Métropole ne sont pas davantage législateurs mais ce sont eux qui impulsent leur vision du territoire. Ce ne sont pas des dictateurs pour autant puisqu’ils sont élus par les maires et conseillers municipaux siégeant à l’intercommunalité. Mais leurs prérogatives élargies expliquent que les élections communautaires donnent lieu à d’intenses tractations politiques en coulisses.

  • [Sète Agglopôle] Loïc Linarès rempile pour un second mandat

    [Sète Agglopôle] Loïc Linarès rempile pour un second mandat

    Un vote de confirmation pour Loïc Linarès. Le président PS était candidat à sa réélection à la tête de Sête Agglopôle, le 31 mars, face à Sébastien Pacull, élu RN à Sète. Sans surprise le socialiste a été réélu, au 1er tour. Car il semblerait que le bilan réalisé au cours des dix derniers mois ait séduit les différents édiles et élus du territoire. À l’instar du maire de Gigean, Marcel Stoecklin, doyen du conseil nouvellement élu, en charge de présider la séance dans la salle de l’Aire à Frontignan. « Le changement de gouvernance à 10 mois de l’échéance a montré que quand la gouvernance s’écoute, les blocages se lèvent. Ce modèle est à consolider. Les attaches partisanes doivent s’effacer et l’intérêt territorial primer », a-t-il souligné.

    Un intérêt territorial qui s’est retrouvé avec la candidature de Loïc Linarès. La veille, un accord avait été trouvé, assurant la présidence au socialiste et désignant Hervé Marquès, maire LR de Sète, comme premier vice-président et Thierry Baëza, maire de Mèze, comme deuxième vice-président. Signé par les 14 édiles de l’Agglo, il laissait peu de place au suspense. Même Sébastien Pacull s’est présenté sans y croire, « conscient des équilibres de l’assemblée ».

    « Relation de confiance »

    C’est sur son bilan que Loïc Linarès a appuyé sa candidature. « Ce vécu de 10 mois a tissé une relation de confiance avec tous les maires. Cette relation et notre travail collectif motivent ma démarche. Le consensus trouvé est constructible et vise à protéger l’intérêt collectif de notre territoire », soutient le socialiste. Et d’insister sur les enjeux économiques et environnementaux qui seront majeurs dans cette nouvelle mandature. « Nous prendrons en main un certain nombre de dossiers, qui n’avaient pas été assez portés comme le Scot, la LGV », poursuit Loïc Linarès.

    C’est donc avec 42 voix que le Frontignanais a été élu (2 votes blancs, 6 pour Pacull). Remerciant l’administration, les collègues de l’assemblée et sa famille, Loïc Linarès s’est mis « au boulot » en déterminant le bureau communautaire (15 vice-présidents et 2 élus délégués). Là non plus, pas de coup de théâtre par rapport à ce qui était annoncé. Hervé Marquès devient le premier vice-président (VP), suivi de Thierry Baëza comme 2e VP. Chaque commune obtient une vice-présidence, exceptée Sète avec la nomination de Vincent Sabatier (LR) comme 14e VP. Ainsi s’ouvre un nouveau chapitre pour l’agglomération sétoise.

  • Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Deux mille cent soixante dix-huit jours. Sitôt reconduit dans ses fonctions de maire de Montpellier par ses colistiers (53 voix sur 68), samedi 28 mars, Michaël Delafosse a immédiatement relancé le compte à rebours dans son bureau du 8e étage de l’Hôtel de Ville. 2 178 comme le nombre de jours à mettre à profit durant son second mandat à la tête de la 7e ville de France qu’il promet « plus belle, plus solidaire, plus écologiste, plus fraternelle ».

    Avant de s’attaquer à convaincre les 30 maires de la Métropole qui devront élire leur président jeudi 9 avril, l’étape municipale n’était pour Michaël Delafosse qu’une formalité depuis sa nette victoire (50,13%), le 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%). Mais le premier maire de Montpellier à se faire réélire depuis Georges Frêche en 2001 n’a pas bâclé l’exercice, bien au contraire.

    Au cours d’un discours fleuve, empli de gravité, d’espoirs et d’émotion, le maire socialiste à qui deux enfants du conseil municipal des jeunes ont remis son écharpe tricolore, a pris son temps à la tribune. Dans une ville qui s’est abstenue à 54,16%, dans un monde qui va mal entre intolérances, climatoscepticisme et guerres, M. Delafosse refuse la résignation et joue la carte du vivre ensemble. « Mon engagement est viscéralement républicain ». Qu’il s’agisse de lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, les violences faites aux femmes, le narcotrafic ou les marchands de sommeil, « il n’y a pas de République à géométrie variable, il y a une République pour tous les habitants ».

    En présence de la maire honoraire Hélène Mandroux, il a d’abord remercié les Montpelliérains. « Votre confiance m’honore, m’engage et m’oblige ». Dans un salut républicain, il a d’abord dit au revoir à ceux qui ne siégeront plus dont Jacques Domergue (LR) ou l’ancien maire, Philippe Saurel, battu. « Nous nous sommes affrontés vivement mais le respect doit l’emporter, la République l’exige ». Il a ensuite eu des remerciements poignants pour les siens : son épouse Anne-Lise, ses enfants Hugo, Adrien et son père, disparu il y a 2 ans sans qui le professeur d’histoire géographie ne serait pas où il est. Le gorge nouée, saluant la mémoire de récents disparus (Gasset, Serrou, Montanari…), M. Delafosse a aussi décrit le « compagnonnage douloureux avec la mort » qui entoure la difficile fonction de maire.

    La liste des 26 adjoints

    L’édile a ensuite esquissé le « cap » de son second mandat. A l’instar du premier, il promet de tenir ses engagements de campagne. Après « la question écologique et sociale » grâce à la gratuité des transports, la 5e ligne ou la mutuelle communale, il vise « les services publics les plus performants de France ». Et se veut rassurant : « Chaque euro dépensé sera un euro utile ». Pêle-mêle, il liste la création d’une maison des syndicats, d’une agence municipale du logement et d’un millier de logements étudiants avec le Crous, la rénovation de quartiers populaires comme la Mosson, les Cévennes ou la cité Saint-Martin. Mais aussi la naissance de 10 nouveaux parcs, un millier de jardins partagés, des places réaménagées avec leur mobilier urbain (bancs…) qui favorisent les rencontres. Ou encore une aide à la rénovation des façades pour les enseignes commerciales, les « circuits courts » plutôt que le « Mercosur » ou le soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire.

    Pour mener à bien sa mission, M. Delafosse a désigné 26 adjoints. Certains l’étaient déjà (Sébastien Cote, Marie Massart, Tasmine Akbaraly, Laurent Nison, Agnès Saurat, Manu Reynaud, Radia Tikouk, Stéphane Jouault, Agnès Robin, Eddine Ariztegui, Michel Aslanian, Boris Bellanger, Emilie Cabello, Alban Zanchiello, Mustapha Laoukiri, Elodie Brun-Mandon). D’autres le deviennent (Christophe Bourdin, Serge Guiseppin, Muriel Ressiguier, Inbal Benayon, Nelly Lacince, Delphine Esselin, Annie Benezech, Yvan Nosbé, Sophiane Mansouria, Adama Kanté). Leurs délégations seront dévoilées lors du prochain conseil municipal du 8 avril.

    D’ici là, les deux oppositions ont fait savoir qu‘elles veilleraient au grain, chacune à leur manière. Orphelin de son leader Mohed Altrad, absent alors qu’il aurait présidé la séance en tant que doyen à la place de Michel Calvo, Salim Jawhari a promis une « opposition constructive ». « On continuera à défendre nos idées en espérant mixer nos valeurs et projets ». Tonalité différente chez les Insoumis où Nathalie Oziol déplore ne pas avoir pu s’exprimer avant l’élection du maire à laquelle elle candidatait (8 voix). « Cela aurait pu être un moment de changement de pratiques démocratiques. Ce n’est pas en nous coupant le micro qu’on nous fera taire », prévient la députée LFI dont le groupe revendique la présidence de la commission des finances. Vu leur entrée en matière musclée, pas sûr que les Insoumis aient gain de cause.

  • [Région Sud] Vers une gestion durable du territoire

    [Région Sud] Vers une gestion durable du territoire

    C’est la deuxième fois que le Parlement de la mer, crée en 2022 par la Région Sud pour « répondre collectivement aux grands défis de la Méditerranée », se réunit en assemblée générale. Organisée dans l’hôtel de Région (2e) mercredi, la réunion était animée par Christophe Madrolle, conseiller régional (Union des centristes et des écologistes) et président de la commission « biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques », l’une des cinq qui composent le Parlement de la mer. Avec elle : « Une commission pêche, une commission économie bleue, une commission nautisme yachting et une commission sport », détaille-t-il. Parmi les points mis en avant : la volonté de ne pas « opposer économie et écologie », note François de Canson, vice-président de la Région (DVD) en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Et de rappeler la création, en mars 2025, de la certification « Territoires engagés pour la Méditerranée », imaginée pour « valoriser l’identité maritime des territoires et soutenir le développement des politiques publiques qui s’inscrivent dans une gestion durable de l’espace maritime et littoral ». « L’occasion de permettre à tous les acteurs de travailler ensemble », insiste le maire de la Londe-les-Maures (83), première commune labellisée.

    Autres points forts du bilan, d’après la Région : les « 6,6 millions d’euros d’aides régionales mobilisés pour accompagner les ports de plaisance certifiés ports propres » ou encore les « 30 millions d’euros investis dans le cadre du plan escales zéro fumée pour permettre la connexion électrique des ferries et navires de croisière à quai ». Une mesure très attendue.

    Perspectives

    En plus de la poursuite des démarches déjà engagées depuis 2022, la Région annonce ajouter de nouvelles missions au Parlement de la mer.

    Sont notamment prévus : le développement de nouveau carburants pour décarboner les flottes de navires, la mise en place du projet « éolien flottant » pour valoriser l’usage des énergies marines renouvelables, la création d’une labellisation« 100% sud », avec une signalétique « Valeurs du sud » dans les ports pour valoriser les produits et garantir une traçabilité ou encore l’apparition d’un « tourisme contrôlé » avec la création d’un « pass visiteur multimodal ». L’ambition est de « développer les mobilités durables » et de nouveau itinéraires, notamment autour de la « véloroute du littoral », qui doit relier le Gard à Nice par 500km de pistes cyclables. Vaste programme.

  • Premières divergences sur la sécurité lors du conseil municipal

    Premières divergences sur la sécurité lors du conseil municipal

    Cette séance inaugurale – après le conseil d’installation du 21 mars – a déjà laissé apparaître certains clivages politiques, notamment lors de la création des commissions municipales, où sont débattus les sujets et les propositions avant leur présentation en séance plénière.

    Et déjà, Kévin Jacquin, élu du Rassemblement national, a pointé « l’absence de commission dédiée à la sécurité, en décalage avec les ambitions » affichées du maire (DVG), Frédéric Vigouroux, lors de la campagne électorale, d’après l’élu d’extrême droite.

    L’intéressé considère que « la sécurité est un sujet important, oui, mais traité dans le cadre de la commission cadre de vie ». À l’inverse, Kévin Jacquin souhaiterait « une commission faite pour ça ». Ce à quoi Frédéric Vigouroux répond que « la sécurité est aussi une question d’éducation » et « dépend de plusieurs instances, comme le contrat local de sécurité avec État et préfet ».

    À noter que le groupe RN ne s’est pas porté volontaire pour siéger dans les conseils d’écoles, de collèges et de lycées.

    Recrutement

    Six postes ont été créés dans divers services, principalement techniques, dont cinq en CDD. Cette situation interroge Vincent Trotot, élu de l’opposition LFI/EELV, qui s’étonne de l’absence de créations de postes en CDI. « C’est un CDD de 12 mois qui fait office de période d’essai » justifie l’adjointe Magali Nicolas, , avec à la clé une titularisation « si l’agent donne satisfaction ».