Quatre candidatures se sont présentées pour la présidence, le maire réélu (Hor.) d’Arles Patrick de Carolis, son opposant (PCF) Nicolas Koukas, la maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau Séverine Dellanegra et le maire (RN) de Tarascon Alexandre Ducouret. Au second tour, le maire d’Arles ne l’a emporté que d’une voix face à la maire de Saint-Martin-de-Crau, après le retrait des deux autres candidats. Surtout, aucun accord n’a pu être trouvé sur la répartition des vice-présidences, malgré les suspensions de séance : Patrick de Carolis n’en accordera aucune à son opposante, lui faisant payer sa candidature alors que quatre postes avaient été proposés. De quoi laisser craindre une crise de gouvernance.
Category: politique
-

Cette fois, le RN est représenté dans les vice-présidences du Grand Avignon
Pas de coup de Trafalgar cette fois dans l’élection des 15 vice-présidents du Grand Avignon. En 2020, puis en 2022 lorsque le Pontet avait changé de premier magistrat, les deux maires RN de l’agglo avaient été mis au ban de l’exécutif, permettant à Annick Dubois (PS) et Jean-Firmin Bardisa (DVD), respectivement élus d’opposition à Morières et au Pontet, de damer le pion à Grégoire Souque et Patrick Suisse, éphémère maire du Pontet.
Ce mercredi, les deux vice-présidents sortants, battus aux municipales par le RN, ont de nouveau candidaté, offrant une alternative aux votes RN. Mais en vain. « Aucune ambition ne justifie une alliance avec l’extrême droite », plaide Jean-Firmin Bardisa, rappelant son bilan et se posant en candidat de « la responsabilité » quand, par exemple il y a deux ans lors du fiasco du nouveau délégataire des déchets, Joris Hébrard, maire du Pontet, « avait joué sur les peurs » plutôt que d’être constructif. Même tonalité un peu plus tard pour Annick Dubois, sollicitant à nouveau « la confiance » de ses pairs les appelant à un « choix clair pour faire barrage à l’extrême droite ». Joris Hébrard moque un adversaire « désavoué par les urnes » qui « s’acharne ». Quant à Grégoire Souque, il ne veut plus « d’une combine qui ne respecterait pas la démocratie ». Messages entendus puisque les maires RN ont largement été élus 2e et 4e vice-présidents, leurs opposants ne récoltant que 11 et 15 voix sur 73.
« La question de rupture démocratique est résolue »« Je me réjouis de cette unité du territoire, cela dénote une conscience aiguë pour avancer », applaudit Olivier Galzi, à l’issue de l’élection des 15 vice-présidents. « La question de rupture démocratique est résolue, à partir du moment où les habitants d’une commune ont voté pour un maire, parfois même au premier tour, je ne vois pas quelle serait la légitimité d’une assemblée communautaire à expliquer que celui qui doit siéger à la vice-présidence sera celui qui a perdu les élections », assume le nouveau président, visiblement très suivi par l’ensemble de l’assemblée communautaire. Pour le reste, tous les autres candidats proposés, venus des 13 autres communes, ont été élus à la quasi-unanimité : Pascale Bories (Villeneuve les Avignon), Martine Durieu (1ère adjointe de Vedène), William Bouquet (Entraigues), Paul Mély (Les Angles), Patrick Sandevoir (adjoint Rochefort), Philippe Inderbitzin (adjoint Roquemaure), Claude Morel (Caumont), Lionel Fischer (adjoint Saint-Saturnin), Sandrine Soulier (Pujaut), Philippe Armengol (Velleron), Yvan Bourelly (Saze), Jacques Demanse (Sauveterre) et Dominique Ancey (Jonquerettes). Leurs délégations sont en cours d’attribution, des arbitrages seront nécessaires entre ceux souhaitant garder leurs missions du mandat précédent et ceux désirant en changer.
-

À Aubagne, les priorités du mandat au cœur des délégations d’adjoints
À l’occasion du premier conseil municipal d’installation de la mandature le 29 mars dernier, le nouveau maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, promettait « d’écrire une nouvelle page avec vous ». La signature, le 1er avril dernier, des arrêtés de délégations de fonctions à ses douze adjoints et quatre adjoints de secteur, en marque les principaux chapitres. Ces délégations reflètent ainsi aussi bien les équilibres de la majorité municipale que les priorités affichées de la mandature.
Premier de ces symboles, c’est à la première adjointe (DVG) Clémentine Fardoux qu’échoit la délégation à l’urbanisme. « Nous avons hésité entre la laisser au maire et me la donner », partage celle qui avait été suspendue de LFI il y a un an. « C’est un geste tout à fait politique, explique-t-elle. Nous concrétisons le fait que l’un de nos projets phares soit l’arrêt de la bétonisation de la ville. » Ce qui avait été l’un des fils conducteurs de longue date de la campagne menée à gauche. S’y ajoute la promesse de faire de la politique autrement avec sa délégation aux nouvelles pratiques démocratiques. « Jean-Pierre Squillari incarne le maire de proximité par excellence, met en avant Clémentine Fardoux. Nous avons mené une campagne au contact des habitants et cette interaction permanente va continuer pendant le mandat. » Avec l’ambition de recréer du débat dans les conseils de quartier, de provoquer des référendums d’initiative citoyenne sur les grands projets, de permettre à des associations d’intervenir en conseil municipal.
Équilibre politiqueLa troisième adjointe (PCF) Hélène di Vita-Danchesi hérite aussi de politiques prioritaires, sur le logement et l’action sociale. Deux délégations qui n’avaient pas d’adjoint de plein exercice lors de la précédente mandature marquée par la dégradation accélérée du centre-ville (notre édition du 02/04) et le gel des dotations au centre communal d’action sociale.
La répartition des responsabilités retranscrit aussi l’union réalisée dans l’entre-deux tours avec Giovanni Schippani (DVC). Nommé deuxième adjoint, celui-ci a reçu « avec une grande fierté » la délégation à la sécurité, avec notamment en ligne de mire la création du nouveau commissariat. Ses anciens colistiers reçoivent aussi des délégations de poids : l’économie pour Betty Chiquet-Corallo, l’éducation pour Pierre Arnoux, la petite enfance pour Sandrine Salemme, le sport pour Julianne Bouvot. « Quand on donne ces délégations, c’est qu’on respecte les partenaires », souligne Clémentine Fardoux. De quoi poser les bases du mandat.
Les délégations des adjoints
1er adjoint : Clémentine Fardoux, déléguée aux ressources humaines, à l’urbanisme, à la mise en œuvre du projet de ville et nouvelles pratiques démocratiques ;
2e adjoint : Giovanni Schipani, délégué à la sécurité publique, à la citoyenneté, à l’état civil, au devoir de mémoire et aux anciens combattants ;
3e adjointe : Hélène di Vita-Danchesi, déléguée au logement, à l’habitat, à la défense des locataires et à l’action sociale ;
4e adjoint : Denis Grandjean, délégué aux finances communales et au plan mobilité ;
5e adjointe : Betty Chiquet-Corallo, déléguée à l’attractivité du territoire, aux relations avec le monde économique, aux professions libérales et aux partenariats stratégiques ;
6e adjoint : Arthur Salone, délégué au tourisme, au bâti scolaire et municipal et à la végétalisation de l’espace public ;
7e adjointe : Gaëlle Rodeville, déléguée à la redynamisation du centre-ville, au pilotage des grands projets et à l’événementiel ;
8e adjoint : Pierre Arnoux, délégué à l’éducation, à l’enseignement supérieur et aux relations avec les établissements du secondaire ;
9e adjointe : Fadila Teyssier, déléguée à la vie associative et aux droits des femmes ;
10e adjoint : François Otchakovsky-Laurens, délégué à la culture, au patrimoine, à la filière argile et aux relations internationales ;
11e adjointe : Sandrine Salemme, déléguée à la politique de la petite enfance, à l’enfance et au protocole ;
12e adjoint : Fabio Chikhoune, délégué à la jeunesse, au conseil municipal des jeunes, à l’insertion professionnelle, aux handicaps et à la lutte contre les discriminations ;
Michaël Tedesco, adjoint des quartiers Pin Vert, Passons, centre-ville et Palissy, délégué aux activités périscolaires ;
Jean-François Budon, adjoint des quartiers Camp Major, Eoures et Saint-Mitre, délégué à la qualité de vie ;
Soumicha Draoui, adjointe des quartiers Charrel et Tourtelle, déléguée à la prévention et à la politique de la ville ;
Julianne Bouvot, adjoint des quartiers Beaudinard, Espillères, Napollon et Saint-Pierre, délégué au sport et à la vie étudiante.
-

Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire
Dès la troisième séance de conseil municipal, la nouvelle assemblée délibérante a été plongée dans le grand bain avec le débat d’orientation budgétaire. « Il ne s’agit pas simplement d’un exercice technique, mais d’un temps de transparence et de responsabilité », rappelle Akrem M’Hamdi, adjoint au maire en charge des finances.
Le tout dans un contexte « exigeant », rappelle Laurent Belsola (PCF), entre les « conséquences internationales liées aux conflits armés », les « concurrences douanières imposées par certains gouvernants », et le désengagement progressif de l’État, tant au niveau des services publics, « obligeant les collectivités à redoubler d’efforts pour pallier les manques », qu’au niveau des finances. La suppression de la taxe professionnelle en 2010 ainsi que de la taxe d’habitation constituent un « manque à gagner pour les communes », insiste le maire. Son adjoint aux finances ajoute : « Le projet de loi de finances 2026 va faire perdre entre 5 à 8 milliards d’euros aux collectivités selon les estimations. »
Dans ce marasme et malgré des « marges de manœuvre réduites », la Ville de Port-de-Bouc parvient à éviter l’effet ciseaux. En 2025, les recettes sont estimées à 36,8 millions d’euros, les dépenses à 31,2 millions d’euros. « Depuis 2022 elles ont augmenté de 6,8% contre une inflation de 13,6%, note Akrem M’Hamdi. Nos dépenses augmentent deux fois moins vite que l’inflation. » Dans ces dépenses, 18,7 millions d’euros sont alloués au personnel, soit 59,9%. « Garder les compétences a un coût, on est montés à 400 agents, précise-t-il. Ce taux est dans la moyenne mais il va falloir qu’on fasse attention, on en est largement conscients. »
Pour 2026, les objectifs sont clairs : « Poursuivre la maîtrise de la masse salariale, investir sans dégrader notre équilibre et consolider notre niveau d’endettement », dévoile Akrem M’Hamdi.
Des priorités assuméesCelui-ci s’élève à 855 euros par habitant, un niveau proche de la strate des villes entre 10 000 et 20 000 habitants (environ 803 euros), avec un poids de la dette contenu à 37,8% des recettes, contre 56,7% pour la strate.
Pour continuer de « préparer l’avenir sans abandonner qui que ce soit sur le bord du chemin », la commune se donne la possibilité d’emprunter à hauteur de 1,5 million d’euros. En 2026, elle envisage de flécher 22% des recettes à destination de l’éducation et la jeunesse, 38% à destination des équipements et du patrimoine, 18% pour l’environnement et le cadre de vie et 20% pour culture et sport. « Ça risque d’être compliqué, admet Akrem M’Hamdi, pour autant on a des priorités qu’on va assumer », parmi lesquelles : la rénovation énergétique des bâtiments, l’amélioration du cadre de vie, du réseau de voiries et des réseaux de mobilités douces, l’accès à une santé de proximité et l’adaptation au changement climatique. Le budget sera mis au vote le 28 avril.
-

Hyères unie à gauche veut « poursuivre le combat »
Avec 7,86% des voix et aucun siège glané au conseil municipal, Hyères unie à gauche n’a pas obtenu les résultats escomptés. Qu’importe : sa tête de liste Caroline Moulin (Les Écologistes) veut capitaliser sur cette première campagne, pour « poursuivre ce combat. Nous ne lâcherons rien », promet-elle.
Pour la liste progressiste, le contexte particulier de ce scrutin, marqué par « la volonté de tourner la page Giran, a favorisé Véronique Bernardini. Les autres candidats ont fait les frais du vote utile : Jean-Michel Eynard-Tomatis perd 744 voix entre les deux tours et Nicolas Massuco 273. Quant à Jean-Pierre Giran, malgré sa fusion avec François Cornileau, il ne parvient pas à conserver le total des voix de leurs deux listes du premier tour », commente-t-elle, a posteriori.
« Redonner goût à l’engagement citoyen »Si Hyères unie à gauche « salue l’élection d’une femme à la tête de la troisième ville du Var », des réserves persistent : « Ce sont toujours les mêmes responsables, d’une liste à l’autre, qui portent depuis des décennies les mêmes politiques. La véritable rupture était portée par notre liste, autour de priorités claires : santé, environnement, culture, logement, démocratie et services publics. »
Par ailleurs, l’élection de la nouvelle maire par seulement « 28% des électeurs inscrits », couplée aux plus de 41% d’abstention, « confirme une crise démocratique profonde. Redonner goût à l’engagement citoyen sera un enjeu majeur », ambitionnent les progressistes, qui lancent un appel à « celles et ceux qui refusent les mêmes politiques à nous rejoindre. Rien ne changera sans engagement collectif. C’est ensemble que nous construirons une alternative crédible, durable et clairement ancrée à gauche pour Hyères ».
-
![[Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/03d7920ce38510b6376adbab779de7c5.jpg)
[Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »
La Marseillaise : Il se murmure que vous songez à vous présenter aux sénatoriales. Êtes-vous candidat ?
Renaud Muselier : J’annoncerai ce jeudi à ma majorité, avec une expression orale ce vendredi lors de la plénière qui a lieu pour le budget, ma décision d’être candidat. Après les municipales, la prochaine étape, qui est la mère des batailles, c’est la présidentielle. J’entends y participer dans le cadre de ce que je sais le mieux faire : avoir un candidat unique et des soutiens rassemblés pour gagner. Depuis ma position de président de Région, ma voix n’est pas assez forte. J’ai donc décidé d’être candidat au Sénat. Je pense que j’ai servi mon pays en servant la région, je veux désormais servir notre région en servant mon pays. Nous avons ici le sentiment du travail accompli et la certitude que nous avons été un laboratoire d’innovation politique. Nous avons créé une majorité plurielle, c’était une nécessité imposée par la contrainte, puis nous avons eu une pratique du pouvoir, un exercice novateur de l’expression de l’intérêt général, une manière de gouverner en additionnant les différences qui a prouvé qu’il était possible de demeurer fidèle à ses idées et ses valeurs sans sombrer dans le sectarisme ou la brutalité des comportements. Ici à la Région, on a multiplié les succès, su faire face aux crises, donné une ligne, un cap. On a surtout su suppléer aux insuffisances d’un État obèse, au mieux engourdi, au pire pétrifié. Et aujourd’hui je vois qu’à l’Assemblée un certain nombre de parlementaires veulent s’en prendre aux régions au prétexte d’une proposition sur l’Alsace, avec, au bout, un dépeçage de notre organisation territoriale. Je le refuse. Les Régions ne sont pas des territoires avec lesquels on peut faire sécession au gré des humeurs du moment ou des petits calculs électoraux. C’est dans ce contexte que je serai candidat aux élections sénatoriales en septembre.
Cela signifie-t-il que vous quittez le conseil régional ?
R.M. : Si je suis élu, je céderai la présidence tout en restant conseiller régional ayant en charge les Jeux olympiques, les affaires internationales et l’Europe.
À qui souhaitez-vous céder la présidence ?
R.M. : Question naturelle. Mais la réponse s’inscrit dans un cadre plus large et plus collectif. Quels sont les enjeux ? Un certain nombre de personnes dans la majorité régionale vont faire campagne pour la présidentielle, je veux garantir cette liberté pour chacun mais protéger la Région des turbulences que cela peut générer. Après, il faut un profil type et mécaniquement un respect territorial. Quand on regarde les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, qui ne manquent pas de gens de qualité. C’est trop petit. Le Vaucluse, il y a des évolutions politiques avec la victoire à Avignon mais il y a trop de travail pour venir ici. Dans les Bouches-du-Rhône, tout le monde est servi. La victoire de Nicolas Isnard fait en sorte que la totalité des vice-présidences de droite et du centre à la Métropole Aix Marseille Provence, sont des membres de ma majorité. Dans les Alpes-Maritimes, le désordre est encore important. Il faut attendre tranquillement que ça se décante et que les écuries se définissent dans le cadre de la présidentielle. Donc on arrive dans le Var. Je pense que le profil type c’est quelqu’un qui a été élu et réélu…
… Dès le premier tour ?
R.M. : Quelqu’un qui est président d’une communauté d’agglo, qui a participé à la victoire à Toulon, qui est vice-président à la Région. Un profil type s’écrit naturellement. Mais ce n’est pas le débat du jour. C’est l’organisation qui est importante. Les vice-présidents resteront vice-présidents. Le cabinet restera le cabinet. Les équipes resteront les équipes. C’est l’intelligence collective qui doit perdurer.
Avec François de Canson dans votre fauteuil, ce serait la première fois qu’un Varois accéderait à la présidence de la Région.
R.M. : D’abord je veux dire que cette démarche que j’engage s’est faite dans d’autres régions. C’est vrai en Bretagne avec Jean-Yves Le Drian et Loïg Chesnais-Girard, dans les Pays de la Loire avec Bruno Retailleau et Christelle Morançais, en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke… Ça s’est fait deux fois dans le Grand est, c’est désormais M. Leroy qui en est président. C’est susceptible d’arriver en Corse avec l’élection de M. Simeoni à la mairie de Bastia. Ensuite, le Var est un département qui a beaucoup grossi, il est de même taille que les Alpes-Maritimes en réalité, donc il n’est pas incohérent qu’il puisse nous donner un président.
En apprenant votre décision, certains diront que vous désertez le combat des prochaines régionales, qu’elles sont perdues d’avance.
R.M. : On m’a toujours annoncé que je vais perdre. C’est assez amusant parce que tout en disant cela, on me demande toujours de partir au combat. On m’avait annoncé la défaite aux régionales, le raz-de-marée RN aux municipales. Ils sont où ceux qui ont annoncé cela ? Peuvent-ils ressortir leurs écrits, leurs propos, leurs passages télé pour nous expliquer qu’on allait tous être dévorés ? La vérité c’est que sur 29 têtes de liste issues de ma majorité, 28 sont gagnants ! Il n’y en a qu’un qui a perdu, c’est Nice. C’est à part. Quand je regarde le nombre de communes dans la région et que j’additionne les listes divers droite et sans étiquette qui forment ce grand collectif de la droite et du centre, j’en ai 94% ! 2,5% d’extrême droite. Ont-ils progressé ? Oui. La pression est-elle importante ? Oui. Mais avec ma méthode régionale, ils perdent systématiquement.
Peut-on appliquer la méthode Muselier sans Muselier ?
R.M. : Je ne suis pas unique au monde. C’est une technique, une méthode, un mode d’emploi. Tous ceux qui ont gagné dans leur commune, l’ont suivi. J’ai toujours dit « ne soyez pas candidats les uns contre les autres », ils ne l’ont pas été. Ça marche quand même. Partout où il y a eu division, il y a eu défaite. Vous voulez qu’on parle de Fos ? De Menton ? De La Seyne ? De Carpentras ? Oh ! Quand il y a l’union avec du travail dans la proximité, de l’efficacité, comme chez M. Isnard, ce sont des endroits où le RN est à 60% et nous gagnons à 80%. Le national ce n’est pas le local !
La méthode d’unité maximale
de la droite et du centre a été éprouvée à Marseille et n’a pas fonctionné. Comment l’expliquez-vous ?R.M. : Je pense qu’on a eu dans la région une efficacité maximum sauf pour Nice et Marseille. D’abord l’extrême droite n’a pas gagné ce scrutin, je remercie tous ceux qui nous ont aidés à ce qu’elle ne le gagne pas et j’en veux beaucoup à ceux qui se sont divisés pour la faire gagner. À Fos, c’est les divisions de la gauche, à La Seyne, ce sont les miens qui font perdre. Et à Toulon, c’est tous ensemble qu’on gagne. Bravo Mme Massi, merci M. Bonnus et Mme Brunel.
Vous faites comme si Marseille et Nice étaient des exceptions. Ce sont de très grosses exceptions !
R.M. : D’abord sur l’exception marseillaise, je soutiens Mme Vassal, c’est mon amie. Ça n’a pas marché. Je le regrette. Il y a toutes une série de paramètres qui entrent en compte. M. Payan n’était pas mon candidat mais il a été élu par les Marseille. Respect. Bravo. Je lui fais ma salutation républicaine. Mais la ville était à gauche, elle reste à gauche. On ne l’a pas perdue.
Vous avez perdu les élections…
R.M. : Oui mais on garde la Métropole.
Avec une ampleur historique.
R.M. : Ça n’a pas marché du tout. Et ça me gêne tout particulièrement parce que j’étais le président de son comité de soutien. Donc je le prends aussi pour moi. Quelque part c’est une claque pour moi aussi. Certains m’ont dit « tu comprends j’aime pas Vassal », mais pourquoi tu ne votes pas pour moi alors puisque je la soutiens ? Bon, on a fait 5. Ça arrive dans la vie. On fera plus la prochaine fois ! J’ai essayé de fabriquer une nouvelle génération. Il y a plein de jeunes très bien dans cette équipe, il y a des moins jeunes qui sont malheureux et je suis malheureux pour eux. C’est une page qui se tourne, une autre s’écrira. M. Payan est conforté et pour la première fois de sa vie, il est élu maire. Tant mieux pour lui.
Et Nice ? Que s’est-il passé ?
R.M. : Je ne sais pas comment l’histoire s’écrira. Est-ce que ce sera le fruit de la haine de deux hommes qui ont tout fait ensemble ? Ou d’une brillante stratégie de l’un par rapport à l’autre dont le bilan exceptionnel n’a pas pesé ? Ou l’histoire d’un mec d’extrême droite qui cache l’étiquette et demande à Bardella de ne pas venir ? Pour quelle raison la gauche ne s’est-elle pas retirée ? Est-ce justement toute cette histoire commune qui fait que là-bas, elle ne veut pas ? Il nous faudra prendre du recul, analyser les erreurs. Contrairement à Marseille, il y aura des conséquences nationales. Il y a un RN camouflé en union des droites qui avance d’une manière terriblement efficace.
Les épreuves des JO prévues à Nice auront-elles lieu à Lyon ?
R.M. : D’abord je ne parle jamais du plan B même s’il existe. Le plan A, c’est le projet Estrosi-Muselier validé par le comité d’organisation des Jeux olympiques, les fédérations nationales et internationales et le CIO, est conforme aux normes des JO. Le projet alternatif de M. Ciotti est au niveau d’un championnat du monde junior d’après ce que me disent les fédérations et le CIO. Il y a quand même un vrai gap. J’ai constaté que M. Ciotti était contre les JO de Paris et puis quand il a vu le succès il a dit que c’était bien. Il était contre le JO à Nice parce que c’était piloté par M. Estrosi et puis il a réalisé en cours de route que c’était bien. Je l’ai eu au téléphone, au-delà des divergences politiques je veux garder les Jeux pour ma région. C’est environ 700 millions de retombées économiques pour Briançon, 700 millions pour Nice, 700 millions pour le reste. Tous ceux qui ont gagné les élections dans les Alpes sont pour les Jeux. Lui, maintenant, il est demandeur. On n’a pas le choix, il faut décider entre le 20 et le 30 avril, il faut lancer les appels d’offres en mai. Nos équipes se sont vues le 1er avril – ce n’est pas une blague – que des techniciens pas de politiques. Prochain rendez-vous le 17 avril. Je pense qu’on va y arriver.
Vous voulez vous impliquer dans
la présidentielle, qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Vous êtes favorable à une primaire ? Vous êtes candidat dans ce type de dispositif ?R.M. : Ça veut dire que ce qui est applicable au plan local pour éviter des défaites et des raz-de-marée doit être bien intégré au niveau national. Munich c’est d’abord les esprits. Il faut se battre ! Je suis viscéralement gaulliste, j’entends me porter à l’avant-garde de ce combat. C’est la présidentielle de tous les dangers. Le pays est divisé. Des clans hostiles s’y affrontent sans se préoccuper de l’intérêt supérieur de la Nation. On assiste à des attitudes irresponsables et j’ose le dire, criminelles, dans un contexte ou la France comme l’Europe sont confrontées à un nouvel ordre mondial. Je suis un des plus vieux, je peux constater avec mon expérience que les rivalités d’ego sont souvent inversement proportionnelles à la qualité de ceux qui les entretiennent. Elles risquent de donner un funeste laissez-passer à une victoire des extrémistes et à une défaite de la France. C’est au Sénat, à l’Assemblée, dans les formations politiques qu’il faut être aujourd’hui pour faire entendre cette voix-là. Il n’en faut qu’un sinon on perdra !
Comment imaginez-vous procéder pour n’en garder qu’un ?
R.M. : Dans la mesure où on n’arrive pas à se départager aujourd’hui, il faut au moins avoir un pacte. Travailler sur un socle commun. C’est assez facile sur la santé ou sur l’école. C’est plus compliqué sur les questions économiques et fiscales. Il y a un effort à faire sur les finances, réparti équitablement. Sur l’international aussi. Il faut un pacte sur les valeurs, la laïcité, la performance de notre État. On peut faire ce qu’on veut, si on ne le modifie pas, ça ne marchera pas. Je l’ai dit au président de la République : quand on a fait nos lois olympiques, la loi Notre-Dame de Paris, on a sorti des choses en temps et en heure qu’on aura jamais sorti autrement. Et on n’a pas éclaté le droit du travail ni pété les normes environnementales… Pourquoi on ne ferait pas une grande loi comme ça, pour deux ans, sur la totalité de notre pays ? Pour éviter de mettre 5 ans à faire une crèche et que toutes ces règles qui s’additionnent aux normes coupent les pattes de tout le monde. Il faut simplifier, décentraliser…
Vous ne répondez pas sur la primaire.
R.M. : Je n’ai pas la réponse. Je vous ai répondu sur les ego démultipliés. Ça va se décanter. Quand vous êtes un homme de droite comme moi, qui a tout vécu, vous savez que le gagnant d’une primaire un an avant, il est battu. On n’a que ça comme expérience. M. Philippe me va très bien, M. Attal me va très bien, quelqu’un issu de LR me va très bien. Mais il faut qu’il n’y en ait qu’un à la sortie. Ça rentre dans les esprits. Si le bloc central veut être devant Mélenchon, il ferait bien de faire attention à ne pas finir derrière M. Glucksmann.
Qu’allez-vous proposer ? Un comité de liaison entre les forces de la droite et du centre ? Cette discussion ne peut pas voir lieu qu’au Sénat ?
R.M. : Je le dis avec humilité, je crois que je suis respecté. On peut m’aimer, ne pas m’aimer mais il est rare qu’on conteste le travail que j’ai fait et mon mode de gouvernance. Mais je vois bien que cette puissance de baron local élu et réélu, ne pèse pas au niveau national. Je suis président délégué des Régions de France… On n’a pas accès au Premier ministre, au gouvernement, au Parlement… Ce n’est pas possible ! Donc jusqu’à maintenant je menais les combats locaux, mais il y a la présidentielle à gagner. Avant je pouvais faire les deux, aujourd’hui on ne peut plus. Il faut que je monte à Paris, que je fasse entendre ma voix et mon expérience.
Dans les Bouches-du-Rhône, les sénatoriales sont un scrutin de liste. Avec qui serez-vous candidat ?
R.M. : Je suis candidat dans un calendrier respectueux de mes amis. Je ne prends la place de personne. Patrick Boré qui était mon ami n’est plus là. M. Le Rudulier ne peut pas être candidat. Peu de gens sont capables de porter un discours rassembleur, anti-extrêmes, pro-décentralisation, pro-place des maires dans la Métropole qu’il faut revoir au plan législatif. La liste viendra.
Vous êtes Marseillais donc il vous faut une Aixoise en numéro 2. Mme Devesa plutôt que Mme Boyer ?
R.M. : Il me faut des voix. Je crois qu’on peut faire quatre sièges. Il faut une belle liste. Il faut du nord, du sud, de l’est, de l’ouest, des hommes, des femmes, un peu toutes les sensibilités, des gens qui s’entendent, un projet. Je veux être le chef de ce projet, le proposer en tant que tel. La liste ce sera plutôt fin mai, début juin.
Où allez-vous siéger ? Votre sensibilité actuelle, Renaissance, est un peu marginale au Sénat.
R.M. : Vous savez, au Sénat on n’arrive jamais à retrouver ses petits. Moi je suis un LR-Renaissance, un Muselier-Modem-Horizon-centriste-droite. Dans une élection comme celle-là, vous êtes élu par vos maires. Tous les grands maires ici, sont chez moi, en dehors de Marseille. Tous les grands maires je les ai aidés. Avec la convention régionale des maires, les contrats de territoire qu’on a passé, font en sorte qu’il n’y a pas de différence politique entre eux et moi. Je ne suis pas arrivé avec les subventions de la Région en disant « je suis Renaissance », j’étais là pour aider à bien ficeler des dossiers avec l’Europe pour avoir des résultats. Je m’inscris dans cette logique-là.
Vous en avez parlé avec Gérard Larcher ? Vos amis parisiens ?
R.M. : J’ai prévenu tout le monde à Paris. Que ça soit M. Larcher, M. Attal, M. le président de la République, M. le Premier ministre. Vous savez, je fais les choses dans l’ordre parce que je sais comment ça marche.
Que vous ont-ils dit ?
R.M. : Après la surprise, ils trouvent que c’est plutôt une bonne idée.
Samedi vous inaugurez le branchement à quai des navires de croisière. Ce sera donc l’une des dernières réalisations de votre mandat ?
R.M. : Je vais être très heureux d’avoir initié ça. Mais regardez le paradoxe politique. Je pense que les Marseillais aiment leur port mais ne supporte plus d’être enfumé. Je crée les escales zéro fumée quand M. Payan nous fait une pétition contre les bateaux. On n’a pas pu en parler pendant la campagne. Samedi, on va l’inaugurer et c’est M. Payan qui va couper le ruban. J’éclate de rire. C’est cocasse. Mais je ne regrette rien, je crois que l’économie doit trouver une solution par rapport à l’environnement. C’est ce que j’ai écrit dans ma COP d’avance et mon premier budget vert d’Europe. Je le prouve. Je suis content pour le Port et les Marseillais. Pareil, je crois à la réindustrialisation décarbonée des bassins ouest. Ce n’est pas pour ça qu’il faut brûler les flamants roses !
-

Élu à la tête du Grand Avignon, Olivier Galzi enterre les « divisions »
Ce n’est pas les États-Unis d’Avignon mais presque. À entendre Olivier Galzi, élu mercredi matin, président (DVD) du Grand Avignon, « le territoire est désormais à nouveau uni ». Tout au long de la matinée puis, à l’issue de la séance devant la presse, le maire d’Avignon s’est évertué à jouer l’unité. Si on est loin des chicayas chers à Emmanuel Macron au sujet de la métropole Aix-Marseille, depuis 12 ans, l’agglo n’était pas gouvernée par la ville-centre, un fort regret de Cécile Helle (PS) et ses deux mandats de maire d’Avignon. Idem, les deux maires RN du Pontet et de Morières ont cette fois été élus vice-présidents (lire ci-dessous), Olivier Galzi défendant le respect des urnes.
La relance de la LEO érigée en prioritéLa mandature s’ouvre avec un « score stalinien », glissent certains élus. Le maire d’Avignon a récolté 87% des suffrages, soit 63 voix sur 73. Et ce malgré les candidatures de gauche avignonnaise de Mathilde Louvain (LFI), 3 voix, et de Mouloud Rezouali (EELV), 6 voix. La gauche avignonnaise ne compte pourtant que 7 élus, les deux voix extérieures étant celle de la moriéroise Annick Dubois (PS) et, vraisemblablement, du pontétien Jean-Firmin Bardisa (DVD). Curieusement, les candidats à la présidence n’ont pu s’exprimer qu’à l’issue du vote passé. « Nous serons les porte-voix de ceux qu’on n’écoute pas dans ce territoire d’inégalités avec un triste record de ségrégation géographique, selon l’Insee, soutient Mathilde Louvain, martelant sa ligne des biens communs comme la gestion publique de l’eau ou la gratuité des transports. » « Je ne suis pas naïve, un projet de gauche sociale ne sera pas à l’œuvre, mais la politique d’arrangement entre amis doit cesser », confie-t-elle lors d’une suspension de séance. De son côté, Mouloud Rezouali met en avant à son tour la gratuité des transports mais aussi « l’indépendance énergétique, alimentaire et la condition animale ».
L’issue du vote favorable envers Olivier Galzi ne faisait guère de doute depuis que Joël Guin, président (DVD) sortant, avait finalement renoncé à se présenter vendredi dernier. Comble du symbole, c’est même lui qui a joué les missi dominici pour son successeur en présentant au micro la candidature d’Olivier Galzi. Tout juste élu, celui-ci voit dans son score, « la meilleure réponse pour le territoire et à nos administrés qui attendent efficacité et idéologie ». Cette union serait ainsi le meilleur message à envoyer auprès des « acteurs économiques et nos partenaires, État, Département, Région ». « Une division avec la ville-centre, les communes gardoises, aurait été mortelle pour notre territoire, il faut faire tomber les remparts », estime Olivier Galzi, récusant toute « hégémonie » ou « ostracisation de communes en raison de leurs étiquettes politiques ».
Une vice-présidence pour chaque communeQue ce soit par soutien, pragmatisme ou dépit, l’ensemble des maires ont adhéré à ce discours, même aussi les élus RN d’Avignon. « Il n’y a pas de grands et petits maires, on est tous autour d’une table ronde, unis dans une communauté de destin, et on va avancer ensemble », promet le nouveau président devant la presse, faisant sien le projet de territoire construit sur le mandat précédent. En gage de ne « pas être au-dessus des autres », Olivier Galzi maintient donc une vice-présidence pour chaque commune, là où jusqu’en 2014 Avignon « avait 4 vice-présidences ». Logement, développement économique, transition écologique, mobilités, avec notamment la volonté de relancer la liaison Est-Ouest (LEO), « les défis sont nombreux ». À la fois maire et président du Grand Avignon et bénéficiant d’une oreille très attentive de la part du Département et de la Région, Olivier Galzi a donc tous les leviers en main. Un atout pour lui, voire un poids supplémentaire.
-

Olivier Galzi élu à la tête du Grand Avignon
Avec 63 voix, il est élu avec 87,5% devant Mouloud Rezouali (Les Écologistes) avec 6 voix et Mathilde Louvain (LFI), 3 voix. « Mon score est la meilleure réponse pour le territoire dont la division aurait été mortelle. J’ai entendu parler de volonté hégémonique, c’est un non sens, l’essence même d’une agglomération c’est d’agglomérer », déclare-t-il. Place désormais à l’élection des 15 vice-présidences. Chaque maire et chaque commune devraient être représentés a promis Olivier Galzi.
Plus d’informations dans La Marseillaise de ce jeudi.
![[#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invité Jean-Pierre Squillari.](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/bae888d2fcb6ca39abe117a78cc8844d.jpg)

![[#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invité Jean-Marc Coppola](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/75c249cf0993e50012b5366d938ddf25.jpg)