Category: politique

  • Vincent Bouget prend la tête de Nîmes Métropole

    Vincent Bouget prend la tête de Nîmes Métropole

    C’est désormais officiel : le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, a été élu ce mardi 14 avril au matin président de Nîmes Métropole, lors du conseil communautaire d’installation. Une élection attendue, au terme d’un scrutin à bulletin secret qui n’a laissé que peu de place au doute. Sur les 105 conseillers communautaires appelés à voter, 95 suffrages ont été exprimés. Vincent Bouget recueille 74 voix, contre 21 pour son unique adversaire, Julien Sanchez, chef de file du Rassemblement national à Nîmes. Dix bulletins blancs ou nuls complètent le décompte.

    Présentée « au nom de l’ensemble des maires de l’agglomération » par Rémi Nicolas, maire de Marguerittes, la candidature du nouvel édile nîmois s’inscrit dans une dynamique majoritaire construite dans les jours ayant suivi les municipales. Elle marque surtout un tournant politique : Vincent Bouget devient le quatrième président de Nîmes Métropole (après Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud et Franck Proust), mais surtout le premier président de gauche de l’intercommunalité. Malgré l’issue largement acquise, la séance n’a pas été totalement apaisée. Julien Sanchez a profité de sa prise de parole pour attaquer la nouvelle majorité, dénonçant un supposé « sectarisme » et tentant de rallier au-delà de son camp. Ses 21 voix traduisent toutefois un soutien limité.

    « Chaque commune, chaque habitant compte »

    Dans la foulée du vote, Vincent Bouget a pris la parole, pour mesurer le poids de la fonction : « Cette confiance que vous m’accordez est à la fois un honneur et une très grande responsabilité. La volonté d’être à la fois maire et président d’intercommunalité n’est pas une volonté de cumuler les pouvoirs, mais un gage d’efficacité pour dynamiser notre action collective. (…) Depuis des siècles, notre territoire est un carrefour. Aujourd’hui, chaque commune de Nîmes métropole tient à sa manière une partie de cet héritage », a déclaré le nouveau président, avant de citer une a une les 39 communes qui composent l’agglo. « Chaque lieu dans notre métropole a son caractère. Je suis convaincu que cette diversité est une force et que nous n’en tirons pas encore suffisamment parti. Chaque commune et chaque habitant comptera dans notre métropole. À nous de faire en sorte que notre pluralité soit une force », a-t-il martelé, cherchant à poser un cadre collectif dès l’ouverture de la mandature. Une façon, aussi, de répondre aux crispations politiques exprimées quelques minutes plus tôt.

    La journée devait se poursuivre avec l’élection des vice-présidents et la mise en place du bureau communautaire, premières pièces d’un exécutif appelé à piloter, dès ce printemps, les grands dossiers du territoire. Fanny Daguenet (PCF, transports), Pierre Jaumain (PS, logement), Sibylle Jannekeyn (Les Ecologistes, environnement), Gilles Guillaud (PRG, finances) et Nicolas Cadène (DVG) sont notamment pressentis côté Nîmes, tandis que Rémi Nicolas (DVG, Marguerittes) est annoncé premier vice-président, avec une place également pour Eddy Valadier (LR, Saint-Gilles) et Gaëtan Prévoteau (DVD, Langlade). En parallèle, l’équipe politique se renforce : Nicolas Koukas, opposant communiste à Arles et actuel directeur de cabinet à Port-de-Bouc, devrait intégrer le cabinet de Vincent Bouget à l’Agglo.

  • Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    L’exposé de l’adjoint délégué au budget Philippe Caizergues est exhaustif à l’heure d’aborder le débat d’orientation budgétaire, lors de ce deuxième conseil municipal de la nouvelle mandature, en la salle Pagnol, lundi soir. Port-Saint-Louis dispose de 19,1 millions d’euros de recettes, dont les trois quarts proviennent de sa fiscalité, qui n’est pas augmentée contrairement aux dépenses qui s’élevaient à 17,6 millions d’euros en 2025. D’un côté le fonctionnement augmenterait de 6,83% par rapport à 2025, de l’autre la prévision de -9,5% de dépenses en énergie, eau et carburants, les fluides, a été réalisée en début d’année avant les conflits internationaux. « On s’attend à une augmentation du carburant pour les véhicules et le chauffage », prévient l’adjoint.

    D’autre part, « l’aggravation » de la contribution de la Ville au Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (Fpic) soulevée par l’adjoint, à hauteur de 57 000 euros, soit 200% en plus depuis 2021.

    Un manque d’ambition ?

    Philippe Caizergues pointe une « situation maîtrisée de l’endettement », avec 4,1 millions d’euros d’en-cours en 2026, soit 0,92% du budget de fonctionnement et une capacité de désendettement de 2,43 ans. « Cela permet d’envisager de nouveaux emprunts pour des investissements structurants » estime l’élu, comme le maintien du soutien aux associations.

    Un rapport « quasi identique aux années antérieures » selon l’opposante Aurélie Grach. « Votre budget se veut prudent et responsable mais reste trop éloigné des réalités du quotidien des habitants en termes de santé, de pouvoir d’achat, de services publics… » tance l’élue, qui préférerait un budget pour « maintenir et faire vivre notre centre médical » ou « faciliter le quotidien et alléger les charges des familles ».

    Le maire Martial Alvarez affirme en réponse qu’il « partage » cette vision, parlant de « la protection de la population comme leitmotiv », et invoquant « la marge laissée par la gestion exceptionnelle des dernières années ». « Le travail sur le foncier économique va permettre de retombées fiscales et nous travaillons à une nouvelle organisation entre élus et administration pour chercher les économies là où il y aura le moins d’impact pour la population », développe le maire, renvoyant les mesures plus précises au prochain conseil municipal, prévu le 27 avril, pour le vote du budget.

  • [Entretien] « On a besoin de renforcer le parti sur Béziers »

    [Entretien] « On a besoin de renforcer le parti sur Béziers »

    La Marseillaise : L’extrême droite est au plus haut à Béziers, c’est une déception pour le Printemps de Béziers ?

    Nicolas Cossange : Oui, c’est une déception qui pose des questions sur la façon de construire une opposition, le programme, la temporalité. Tout n’était pas simple, il y avait quand même quelques faiblesses au printemps de Béziers. Et dans une ville comme Béziers, ça se paye cash.

    Qu’a-t-il manqué ?

    N.C. : Il manquait de contenu programmatique, de mobilisation militante. Même si c’est paradoxal là-dessus, parce qu’en tant que communiste, je ne suis pas insatisfait de la mobilisation des camarades du parti, au contraire. On fait deux adhésions sur la campagne. Mais enfin on ne peut pas être douze partis et galérer jusqu’à la dernière semaine pour construire la liste. On avait les logos, mais on n’avait pas les bras derrière. Il manquait du travail de fond. C’est sur du contenu, c’est sur du programme qu’on emporte les gens. On ne peut pas emmener les gens sur un projet uniquement parce qu’on est ensemble. Le programme ne sort que deux, trois semaines avant le premier tour. Il n’est pas construit collectivement. On ne va pas se raconter d’histoire. Un programme qui tombe d’en haut, de notre tête de liste. Il y a eu un travail en commission réalisé mais qui a été assez superficiel. Et nous avons découvert des éléments forts de notre programme dont on n’était pas au courant, comme le projet Orbiana.

    Vous quittez donc le conseil municipal, tout comme le poste de secrétaire départemental du PCF en juin prochain ?

    N. C. : C’était prévu. Ça fait dix ans, il était temps de passer la main.

    Comment voyez-vous la suite de votre engagement politique ?

    N.C. : On a besoin de faire vivre et de renforcer le parti sur Béziers. Parce que ces élections le montrent, il ne suffit pas d’accumuler les logos. Il faut faire des campagnes unitaires, faire des campagnes de rassemblement. Mais si on les fait sur des organisations politiques qui ne se renforcent pas, on n’y arrivera pas. Donc le travail, dans l’immédiat, c’est de continuer à faire vivre, à renforcer le Parti communiste français sur Béziers pour demain, sur des batailles électorales, mais pas uniquement, sur les batailles sociales, pouvoir peser plus.

    Propos recueillis par L. D.

  • Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Les élections municipales à peine passées, les partis politiques se penchent déjà sur les élections sénatoriales où, tous les trois ans, la chambre haute du Parlement est renouvelée de moitié. En septembre, c’est donc la série 2 qui sera élue, soit les représentants des départements de l’Ain (n° 1) à l’Indre (n° 36), ainsi que du Bas-Rhin (n° 67) au Territoire de Belfort (n° 90). Si Vivette Lopez (LR) a déjà annoncé qu’elle ne se représenterait pas dans le Gard, Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) multiplient depuis plusieurs mois les rencontres dans les villages.

    Pour autant, Denis Bouad, 73 ans, n’a pas encore officiellement confirmé sa candidature. Il assure qu’il se lancera dans la bataille s’il est à la tête d’une liste d’union de la gauche (hors LFI). Car si des discussions ont débuté entre socialistes et communistes qui devraient permettre un accord, le PCF n’a pas encore totalement exclu la possibilité de monter une liste autonome. Le plus probable aujourd’hui reste toutefois le chemin de l’union pour éviter la situation de 2020 où le PS s’était divisé en deux entre Alexandre Pissas et Denis Bouad, qui était parvenu à rallier les écolos et le PCF deux jours avant le scrutin.

    Le RN pour empêcher Burgoa ?

    Contrairement à 2020, Denis Bouad consent à présenter un communiste en deuxième position (en 2020, Patrick Malavieille était en 3e position). Deux femmes sont évoquées pour représenter le PCF : la conseillère départementale et nouvelle maire de Saint-Privat-de-Champclos Cathy Ville-Chaulet et la première adjointe à Saint-Martin-de-Valgalgues, Jennifer Willens. Battue de 9 voix en 2020, la gauche espère en effet bien récupérer le troisième siège sénatorial du Gard.

    Apprécié des élus de gauche comme de droite, Laurent Burgoa, de son côté, aura la main sur sa liste après le renoncement de Vivette Lopez, avec qui il entretenait des relations plus que froides. Si les tractations existent aussi à droite, le sénateur LR devra surtout faire face à une vive opposition du Rassemblement National. « M. Burgoa sera dégagé du Sénat, je vous donne ma parole », a ainsi asséné Julien Sanchez à Midi Libre, faisant ainsi reposer sa défaite sur la droite qui n’a pas voulu se retirer, à ses dépens. Si l’ancien maire de Beaucaire n’avait réalisé que 11% en 2020, les prises, par le RN, de Bagnols-sur-Cèze et Vauvert, plus quelques petites communes, pourraient bien affaiblir la droite.

    Tristan Arnaud

  • Sécurité et narcotrafic : Bouget pose ses premiers actes

    Sécurité et narcotrafic : Bouget pose ses premiers actes

    La gauche nîmoise savait qu’elle serait attendue au tournant. À peine l’écharpe enfilée, Vincent Bouget a choisi d’attaquer un sujet longtemps confisqué par les postures : la sécurité, et derrière elle, la réalité brutale du narcotrafic.

    Le 31 mars, le nouveau maire rencontre le préfet du Gard, Jérôme Bonet. Le lendemain, 1er avril, il écrit au gouvernement : deux courriers, l’un au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’autre au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, pour demander des renforts policiers et judiciaires. Dans l’entourage municipal, le message est clair : la ville ne veut plus de réponses ponctuelles, mais des effectifs durables, côté police nationale comme côté justice, alors que l’actualité locale reste rythmée par des faits liés au trafic et ses violences.

    « Un fort besoin d’apaisement »

    Dans les premiers jours, l’exécutif cherche à tenir l’équilibre promis pendant la campagne : parler sécurité sans slogan, et sans angélisme. D’un côté, mettre l’État devant ses responsabilités. De l’autre, reprendre la main sur ce qui relève du pouvoir municipal : présence, règles, arrêtés, médiation. C’est là qu’arrive la mesure la plus visible : l’arrêté encadrant les épiceries de nuit, appliqué à partir du 1er avril et jusqu’au 31 octobre, avec fermeture entre 22h et 6h dans un périmètre ciblé. Un texte initialement annoncé sous Jean-Paul Fournier, jamais réellement mis en œuvre, et que la nouvelle majorité choisit de maintenir. L’objectif affiché : limiter attroupements, nuisances sonores, troubles de voisinage, et reprendre le contrôle d’espaces où la tension monte vite, surtout à l’approche de la belle saison.

    Nicolas Nadal, nouvel adjoint à la sécurité, assume un « signal d’apaisement ». Il évoque « un fort besoin d’apaisement et de tranquillité » exprimé pendant la campagne, et justifie une décision claire : « Ce sont bien trop souvent des points de rassemblement et de nuisances sonores pour le voisinage. » L’élu promet aussi « de la fermeté » sur l’application des arrêtés, tout en répétant que la ville doit marcher sur « deux jambes » : prévention et tranquillité. Au fil de ces premières décisions, Bouget cherche déjà à installer une méthode : exiger des moyens là où la mairie ne peut pas tout, et agir vite là où elle le peut. À Nîmes, ce tempo-là, et sa capacité à tenir dans la durée, sera le premier test politique.

  • « On a deux ans pour se remettre en vie »

    « On a deux ans pour se remettre en vie »

    La Marseillaise : Quels sont vos projets pour la commune ?

    Jean-Marc Alpe : On s’est présentés pour la sauvegarde de la vie. C’est d’abord la sauvegarde de l’eau, la sauvegarde de l’activité économique. Chez nous, c’est essentiellement agricole. Il y va falloir aussi essayer d’attirer une tranche générationnelle plus jeune chez nous. Ça, c’est les trois grands axes. Et le plus important, c’est la gestion de l’eau d’arrosage et de l’eau potable. Il y a aussi le pastoralisme, et puis tenter de faire en sorte que les gens se parlent entre eux.

    Pourquoi la gestion de l’eau est-elle une problématique importante à Entrepierres ?

    J.-M.A. : On a des devoirs avec la DECI (défense extérieure contre l’incendie). Il faut qu’on arrive à gérer, à récupérer les sources et les productions en eau, et en même temps les stocker pour que cela serve à l’arrosage et à la défense contre les incendies sans dénaturer les cours d’eau et les sources. Ça, c’est notre gros chantier. C’est ce qu’on va mettre en place dès qu’on peut, dès que nos ressources budgétaires nous le permettent, parce que pour l’instant, c’est pas gagné.

    Avez-vous d’importants problèmes de budget ?

    J.-M.A. : On n’a pas un gros budget. On a deux ans pour se remettre en vie, pour arriver à récupérer des fonds, parce que la dernière année a été dramatique. On a zéro marge de manœuvre.

    Quelle est la principale problématique à Entrepierres ?

    J.-M.A. : Le problème, c’est le vieillissement. Il faut que l’on récupère des jeunes. Cela va être compliqué pour garder l’école. Cette année, c’est bon, on a nos deux postes, mais l’année prochaine…

    Comment êtes-vous devenu maire ? Pourquoi la tête de liste a-t-elle abandonné ?

    J.-M.A. : La tête de liste a abandonné pour des raisons qui lui sont propres. Elle a abandonné 15 jours avant les élections. Je l’ai très mal vécu. On a fait une réunion le 6 au matin, avant la réunion publique. Et c’est là où il a annoncé à tout le monde qu’il arrêtait. Il a voulu faire éclater la liste. Moi, ce qui m’a importé, c’est de savoir ce que les colistiers voulaient faire. Est-ce qu’on continuait ?

    Comment s’est passé le conseil d’installation ?

    J.-M.A. : La tête de liste a voulu s’exprimer une énième fois. On a considéré que ce n’était pas le lieu. Donc il est parti. On s’est présentés en binôme au départ, et la fonction de maire devait être complètement partagée entre les deux.

    Quel est votre projet pour le 8 mai ?

    J.-M.A. : Je veux profiter de l’hommage pour lancer un message de paix à travers les enfants et appeler à la paix dans le monde. C’est la date idéale pour faire ça. C’est bien de rendre hommage aux morts, c’est mieux de demander à ce que les gens vivent.

  • Le brin de muguet fait plier le gouvernement

    Le brin de muguet fait plier le gouvernement

    Victoire ! Le 1er-Mai restera, cette année au moins, férié, chômé et payé, comme le veut la loi depuis 1948. C’est la conclusion que tirent les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) à l’issue de leur rencontre avec le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, organisée à la suite d’une lettre cosignée par huit dirigeants syndicaux au total (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires). Envoyé dimanche, le courrier demandait au Premier ministre, Sébastien Lecornu (Ren.), de pas convoquer de commission mixte paritaire (CMP) pour la proposition de la loi (PPL) sur le 1er-Mai, rendue possible par un vote tactique de ses défenseurs vendredi. Une demande à laquelle le Premier ministre a décidé d’accéder. « C’est la journée des travailleurs et des travailleuses, c’est le seul jour férié, chômé et payé, a déclaré lundi soir Jean-Pierre Farandou. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles », a-t-il estimé, renvoyant la question du travail ce jour-là au 1er mai 2027.

    « Tour de passe-passe parlementaire »

    « Permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er-Mai », c’est là l’intention de la proposition de loi (PPL) déposée au Sénat en avril 2025 et adoptée dans la foulée par la chambre haute, en juillet 2025. Car il est bien question, selon les défenseurs de la loi, de « permettre », et non d’habilement contraindre, bien sûr. Une bien étonnante conception unanimement dénoncée chez les syndicats et élus de gauche.

    Alors que la PPL devait être débattue vendredi à l’assemblée, le vote d’une motion de rejet tactique par ses propres défenseurs (allant des macronistes au Rassemblement national), devait lui permettre de sauter cette étape. En effet, en cas de désaccord entre le Parlement et le Sénat, le gouvernement a la possibilité de convoquer une Commission mixte paritaire, comprenant 7 députés et 7 sénateurs, chargés de trouver, ensemble, un compromis. Une réunion dans le cas présent favorable au vote de la PPL sur le 1er-Mai, le Sénat s’étant déjà prononcé en sa faveur. Un « tour de passe-passe parlementaire », a dénoncé lundi Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT sur RTL. « Ce qu’il s’est passé vendredi est inacceptable. On vit un choc pétrolier plus grave que celui de 1973 et aujourd’hui ce que veut faire Gabriel Attal [Ren, Ndlr] en alliance avec la droite et l’extrême droite, c’est nous voler le 1er-Mai, le fruit de 140 ans de luttes sociales et de luttes ouvrières ! », s’est-elle indignée sur la même antenne. L’objectif de cette tentative de procédure accélérée : permettre au texte, s’il était voté, d’être appliqué dès le 1er mai de cette année. Une option que le Premier ministre a donc lundi écartée, refusant de convoquer cette commission.

    Étendre l’exception

    Concrètement, en l’état, la proposition de loi visait à autoriser le travail des salariés le 1er-Mai, dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres). Seul jour férié obligatoirement chômé et payé depuis 1948, le 1er-Mai, journée internationale des travailleurs, empêche donc aux patrons de la majorité des secteurs de faire travailler leurs employés, au risque d’une amende de 750 euros par salarié concerné. Font exception les « établissements et services pour lesquels la continuité de l’activité est indispensable », parmi lesquels figurent actuellement les hôpitaux, les transports, les forces de l’ordre ou encore l’hôtellerie et la restauration. L’ambition était donc bien d’étendre l’exception. Une volonté revenue l’an dernier après que des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris s’étaient émus de contrôles inopinés suivis d’amendes pour avoir fait travailler des employés le 1er mai 2024. Selon les syndicats, le grand danger à terme est qu’une telle proposition de loi « étende la dérogation d’ouverture » le 1er-Mai « à de nombreux secteurs professionnels et pour de grandes entreprises, aux dépens des salariés mais aussi des petits commerces indépendants de proximité ».

    Le symbole politique du muguet

    Alors que certains fleuristes réclament la possibilité de faire travailler leurs employés le 1er-Mai, date de vente du muguet, Ariane Lombardi, membre de la direction nationale du PCF et élue de Marignane, rappelle le symbole de cette vente pour les communistes : « C’est une tradition qu’on a toujours portée. On fait vivre la solidarité, la présence dans les quartiers. On fait vivre concrètement cette histoire et ces luttes sociales, ouvrières, populaires, souligne-t-elle. Et pour les sections, c’est aussi un moyen de gagner une autonomie financière pour mener les luttes aux côtés de la population et des salariés. »

  • Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Une petite musique inquiétante se fait entendre depuis quelques semaines dans la métropole toulonnaise faite de renoncements et de déprogrammations de pièces de théâtre, d’expositions ou simplement d’initiatives visant à lutter contre toutes les discriminations. La première est venue de La Seyne mais n’est même pas du fait de la nouvelle majorité RN de la ville. Pas directement, du moins. Ici, c’est une soirée citoyenne qui devait se dérouler le 26 mars au centre social et culturel Mandela qui a tout bonnement été annulée. La représentation d’une œuvre du Théâtre de l’Utopie, D’où tu viens toi ?, démontant les stéréotypes et les discours racistes décomplexés du quotidien devait y être jouée. Une initiative portée par les militants varois du mouvement altermondialiste Attac. Rien de bien subversif donc. La décision a été prise par la structure associative craignant de s’attirer les foudres de la nouvelle équipe de la municipalité d’extrême droite – comme cela est déjà arrivé ailleurs, à Fréjus par exemple avec le retrait de subventions au centre social les Tournesols, en 2014, avec une régulation culturelle opérée par l’asphyxie. Une première autocensure dans l’ex-Cité des Chantiers qui depuis s’en est suivie de deux autres. La dernière décision concernant un événement portant sur la lutte contre l’homophobie. Avec, là encore, des intervenants qui devaient se produire à Mandela prévenus que la rencontre n’aurait finalement pas lieu. « Il n’y a pas de pression établie, mais plutôt un climat politique incitant à la prudence avant même que ne tombe une interdiction formelle », souligne Guy Calmès du mouvement l’Après.

    Toulon sauve l’honneur

    Plus étonnant encore, l’annulation d’une expo photos à La Garde cette fois, où là le RN n’est pas parvenu à prendre la ville, mais peut-être déjà un peu les esprits. L’artiste montpelliérain Romain Berger devait présenter son travail à la fin du mois à la Galerie G. Trop queer ? Trop osé ? La Ville explique cette déprogrammation par le fait que ça ne correspondrait pas au public familial du lieu…

    Pas du tout convaincu par cet argument, le Collectif Fiertés Toulon (CFT) déplore de son côté « une multiplication inquiétante d’annulations et d’interdictions d’événements LGBTQIA+ dans plusieurs communes du Var, dirigées par des courants conservateurs ou voulant en préserver l’électorat, comme à La Garde ».

    Pas question en tout cas de laisser bafouer ou même réduire « la liberté de création et d’expression qui ne peut être conditionnée à des choix politiques locaux ni à des considérations idéologiques ».

    « Rien ne justifie d’imposer des formes de pression, de censure ou de restriction qui ne correspondent ni à la réalité vécue, ni aux attentes de la population », martèle Elsa Nardini pour le collectif. Le CFT propose à tous ces artistes et militants éconduits par la petitesse d’esprit des élus de les recevoir à Toulon, où on garde l’esprit ouvert, pendant la Quinzaine des Fiertés créée justement pour lutter contre l’invisibilisation et soutenir la diversité des expressions culturelles et offrir des espaces où la création peut exister librement. « Nous sommes actuellement en discussion avec Romain Berger afin d’accueillir son exposition et ne pas laisser l’obscurantisme s’installer dans notre département », conclut Elsa Nardini.

  • Le Département réajuste son aide aux communes

    Le Département réajuste son aide aux communes

    Le coffre-fort du Département se referme. Alors que la situation financière de la collectivité s’améliore enfin, les conseillers départementaux devront approuver ce mardi matin, au moment de voter le budget, une coupe de 36 millions d’euros dans l’aide aux communes. De quoi la porter désormais à quelque 100 millions d’euros, une chute de 27% par rapport au précédent budget.

    « C’est normal en année électorale, les nouvelles équipes doivent se mettre en place », explique le vice-président (LR) délégué aux finances, Yves Moraine. Le conseil régional, quatre jours plus tôt, avait ainsi décidé d’une année blanche pour ses propres dispositifs d’aides aux communes, le temps de laisser ces nouvelles majorités construire leurs projets. Et l’argentier du Département de sourire : « Une fois que vous avez aidé les communes, il y a un moment où il y a moins de besoins. »

    C’est que le conseil départemental sait se montrer généreux : plus de 920 millions d’euros ont été versés entre 2018 et 2023 (dont près de 250 millions pour la seule année 2019), pointait en décembre dernier la Chambre régionale des comptes (notre édition du 02/12). Des aides qui n’avaient pas le moindre souci des inégalités du territoire, déploraient les magistrats. « Les règles qui régissent l’octroi des subventions départementales n’ont pas été formalisées », cinglait le rapport.

    Mise en conformité

    « La Chambre régionale des comptes a reconnu la qualité des dispositifs de l’aide aux communes », célèbre pourtant très sérieusement la première délibération à l’ordre du jour ce mardi, présentée par la présidente (DVD) de la collectivité Martine Vassal elle-même. Celle-ci malgré tout propose « une première série d’adaptations » pour se mettre en conformité avec les recommandations des magistrats. « Comme je l’avais annoncé au moment de la présentation du rapport », rappelle Yves Moraine. Ainsi les deux dispositifs qui finançaient l’achat de véhicules et de matériel sont supprimés – à l’exception des véhicules de police municipale, des comités feux de forêt ou de sécurité civile – le plafond de 100 000 euros pour les aides aux travaux de proximité sera désormais « strictement appliqué », les aides aux acquisitions foncières et immobilières seront limitées à une par an avec l’obligation de ne pas revendre les biens pendant vingt-cinq ans (au lieu de dix), les nouveaux bâtiments financés devront obligatoirement présenter une labellisation « bâtiment durable méditerranéen »… Reste encore à adapter le montant des subventions à la richesse des communes, comme le réclame la Chambre régionale des comptes. « Ces évolutions qui nécessitent des recherches de données budgétaires et des analyses complexes seront présentées à l’assemblée départementale lors d’une prochaine session budgétaire », annonce la délibération.

    Ces coupes dans les aides aux communes n’empêchent pas l’investissement global de la collectivité de se maintenir juste en dessous de 500 millions d’euros pour 2026, tandis que la hausse des recettes permet à l’épargne de se rétablir, pour une capacité de désendettement qui devrait passer sous la barre des douze ans fin 2026, après avoir frôlé les vingt ans. Les dépenses de fonctionnement progressent de 3,6%, dont 92 millions d’euros de plus pour les solidarités. Insuffisant, avait alerté le groupe communiste lors du débat d’orientations budgétaires (notre édition du 31/03). D’autant plus que le sport, la culture ou le logement font les frais des arbitrages budgétaires.

  • Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    L’exposé de l’adjoint délégué au budget Philippe Caizergues est exhaustif à l’heure d’aborder le débat d’orientation budgétaire, lors de ce deuxième conseil municipal de la nouvelle mandature, en la salle Pagnol, lundi soir. Port-Saint-Louis dispose de 19,1 millions d’euros de recettes, dont les trois quarts proviennent de sa fiscalité, qui n’est pas augmentée contrairement aux dépenses qui s’élevaient à 17,6 millions d’euros en 2025. D’un côté le fonctionnement augmenterait de 6,83% par rapport à 2025, de l’autre la prévision de -9,5% de dépenses en énergie, eau et carburants, les fluides, a été réalisée en début d’année avant les conflits internationaux. « On s’attend à une augmentation du carburant pour les véhicules et le chauffage », prévient l’adjoint.

    D’autre part, « l’aggravation » de la contribution de la Ville au Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (Fpic) soulevée par l’adjoint, à hauteur de 57 000 euros, soit 200% en plus depuis 2021.

    Un manque d’ambition ?

    Philippe Caizergues pointe une « situation maîtrisée de l’endettement », avec 4,1 millions d’euros d’en-cours en 2026, soit 0,92% du budget de fonctionnement et une capacité de désendettement de 2,43 ans. « Cela permet d’envisager de nouveaux emprunts pour des investissements structurants » estime l’élu, comme le maintien du soutien aux associations.

    Un rapport « quasi identique aux années antérieures » selon l’opposante Aurélie Grach. « Votre budget se veut prudent et responsable mais reste trop éloigné des réalités du quotidien des habitants en termes de santé, de pouvoir d’achat, de services publics… » tance l’élue, qui préférerait un budget pour « maintenir et faire vivre notre centre médical » ou « faciliter le quotidien et alléger les charges des familles ».

    Le maire Martial Alvarez affirme en réponse qu’il « partage » cette vision, parlant de « la protection de la population comme leitmotiv », et invoquant « la marge laissée par la gestion exceptionnelle des dernières années ». « Le travail sur le foncier économique va permettre de retombées fiscales et nous travaillons à une nouvelle organisation entre élus et administration pour chercher les économies là où il y aura le moins d’impact pour la population », développe le maire, renvoyant les mesures plus précises au prochain conseil municipal, prévu le 27 avril, pour le vote du budget.