Category: politique

  • Nicolas Isnard affiche un front uni métropolitain

    Nicolas Isnard affiche un front uni métropolitain

    Comme un symbole, c’est depuis son fief salonais, dans l’ancien siège du conseil de territoire, que le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, a donné ce mercredi la réplique au préfet de région. La veille, au moment d’arrêter le budget de l’intercommunalité placée sous tutelle depuis le début du mois d’avril, celui-ci avait en effet renvoyé la balle aux élus métropolitains en leur demandant d’arbitrer eux-mêmes les coupes entre les différentes communes. De quoi prendre de court la plupart d’entre eux, qui imaginaient le préfet reprendre entièrement la copie rendue le jeudi précédent par la chambre régionale des comptes (notre édition du 17/06). 

    « La messe était quasiment dite, jusqu’à ce que le préfet choisisse une autre orientation », déplore Nicolas Isnard. Et tandis que le représentant de l’État exonérait l’austérité gouvernementale de toute responsabilité dans les difficultés métropolitaines, l’édile salonais s’irrite : « Nous n’aurions pas eu ce pataquès si l’État n’avait pas baissé ses dotations. Qu’il vienne par la voix du préfet chercher à semer la zizanie, peu importe : le socle de l’unité des maires fera face. »

    Budget changé avant l’été

    Cette unité, pourtant, est tout sauf évidente. L’option prônée par la chambre régionale des comptes de sabrer dans la dotation de solidarité communautaire (DSC), versée par la Métropole pour corriger les inégalités entre communes, pénalisait surtout la Ville de Marseille. Celle du préfet, de toucher aux attributions de compensation (AC), l’argent reversé aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle dont une partie est considérée comme « indue » par les magistrats financiers, met en première ligne les villes industrielles de l’étang de Berre. « C’est de la chinoiserie technocratique », balaie le président de la Métropole. « L’État essaie par tous les moyens en envoyant son soldat régional de dresser les bénéficiaires de l’AC contre ceux de la DSC, ces tentatives n’ont pas marché, nous sommes rassemblés et déterminés », assure-t-il, au lendemain d’une visioconférence lors de laquelle il prônait le choix de sacrifier la dotation de solidarité communautaire. « Je ne suis que le porte-parole d’un collectif, pas un empereur qui décide pour les autres », répond l’édile salonais. Et d’illustrer : « Que ce soit le bras droit ou le bras gauche, nous allons devoir nous amputer de nos ressources. » Même s’il convient qu’il faudra rééquilibrer les reversements métropolitains aux communes, basés sur un calcul vieux de trente ans. Un chantier de taille pour la conférence métropolitaine fiscale et financière qui doit se tenir à l’automne.

    Quoi qu’il en soit, la Métropole reprendra la copie préfectorale, ne serait-ce que parce qu’elle la juge fragile techniquement et juridiquement, à travers une décision budgétaire modificative. « Nous allons discuter d’ici mercredi », indique son président, qui espère modifier le budget préfectoral « avant l’été ». Une seule option est d’emblée rejetée, celle présentée par le maire communiste de Martigues, Gaby Charroux, de lever de nouveaux impôts. « Plus on évite les impôts, mieux on se porte », balaie Nicolas Isnard. À l’inverse, il souligne que le refus de voter le budget a empêché une forte hausse d’une taxe foncière métropolitaine qui concerne surtout les entreprises. Mais il n’insiste pas moins pour réclamer un déplafonnement du versement mobilité qu’elles paient afin de financer le développement des transports au-delà des sacrifices de l’année en cours. « Les modèles métropolitains ne sont plus viables, il faut que l’État entende le message », répète-t-il.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité David Ytier

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité David Ytier

    Finances de la Métropole, fonctionnement, économies, fiscalité…À vous la parole ⬇️

  • Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Nicolas Meizonnet continue-t-il son instrumentalisation des traditions taurines ? Pour l’opposition, l’annonce effectuée par le nouveau maire de Vauvert le 2 juin d’un retour de la corrida dans les arènes Jean Brunel en est un nouvel exemple. Elle sera organisée le dimanche 9 août en début de fête votive, après neuf ans d’absence.

    Rapidement, les militants opposés à la corrida comme l’Alliance Anticorrida ont fait part de leur consternation et y ont vu un « coup de communication » du nouveau maire. Mais aucune action en justice n’est prévue. En effet, pour que le retour de la corrida soit contesté, il faut une rupture de la tradition tauromachique locale durant plusieurs années. Ce fut par exemple le cas à Pérols qui avait été interdit de spectacle taurin avec mise à mort. Mais à Vauvert, la tradition a perduré durant les mandats de Jean Denat (PS), puisque des novilladas ont continué d’être organisées. Or entre une novillada et une corrida, seul l’âge du taureau diffère.

    Si certains élus d’opposition sont fondamentalement opposés à la mise à mort du taureau, c’est surtout sur l’aspect financier qu’insistent aujourd’hui les opposants à Nicolas Meizonnet. « Le contrat présenté en conseil municipal court sur deux ans et ne concerne que la communication et le conseil d’Hadrien Poujol. C’est tout de même 24 000 euros par an. Pour une mairie qui n’a pas beaucoup de moyens, ça commence à faire cher les festivités. Pour l’instant, on ne connaît même pas le prix de la corrida », fustige Magali Nissard, élue d’opposition.

    Moins de culture,

    plus de corridas

    De plus en plus onéreuses, les corridas représentent en effet un poste budgétaire important dans l’organisation des fêtes votives. Des villes comme Alès ont d’ailleurs réduit la voilure dans ce domaine lors de la feria 2026. Vendredi 5 juin, le maire d’extrême droite a également présenté en conseil municipal la grille tarifaire pour les 4 000 places que comptent les arènes vauverdoises, qui s’étend de 10 à 85 euros.

    « L’argent qui est économisé en annulant Jazz à Vauvert sert en réalité à organiser une corrida. Le maire a coupé dans les subventions aux associations à hauteur de 88 000 euros. Il dit que c’est -30% pour tout le monde mais en réalité, certaines associations ont gardé la même subvention quand d’autres ont eu des baisses. Ils ont aussi augmenté les tarifs du centre de loisirs. Ils détricotent tout ce qu’on avait fait pour atteindre un objectif de mixité sociale », ajoute Magali Nissard, qui craint que cette corrida ne dénature la fête votive vauverdoise.

    « Est-ce que les habitants attendent ça ? Je ne suis pas sûre que ceux qui sont attachés aux traditions et à la fête votive à Vauvert soient très intéressés par une manifestation de tauromachie espagnole. Même des personnes de l’électorat de Meizonnet le disent. En plus, la fête commence le samedi soir et le dimanche, c’est la première vraie journée où il y a habituellement le déjeuner au pré, la course camarguaise l’après-midi et de nuit dans les arènes. Comme c’est le week-end, c’est vraiment attendu. Ces animations qui marchaient bien seront placées le lendemain », regrette l’élue d’opposition.

  • Un nouveau casse-tête pour les maires de la Métropole

    Un nouveau casse-tête pour les maires de la Métropole

    C’est peu dire que l’option retenue, ce mardi, par le préfet pour arrêter le budget métropolitain, de renvoyer la grenade dégoupillée aux élus pour arbitrer les 53 millions de coupes entre les différentes communes, les a pris pour la plupart de court. En urgence, les maires de la Métropole se sont réunis par visioconférence, en fin d’après-midi. Avec pour principale interrogation les moyens à leur disposition pour exécuter la copie rédigée par l’état, ou la réécrire collectivement. Face aux autres édiles, le président (LR) de l’institution, Nicolas Isnard, a ainsi plaidé pour reprendre les préconisations de la chambre régionale des comptes qui sabrait la dotation de solidarité communautaire (DSC). Dans son entourage, on estime que le budget signé par le préfet, qui coupe dans les attributions de compensations, n’est pas applicable puisque la Métropole s’est engagée, le 15 décembre dernier, sur des montants pour chaque municipalité. En fin d’année, elle n’aurait donc plus de crédits pour remplir ses obligations. D’autant plus que toute modification doit être validée par une majorité qualifiée et l’ensemble des communes. Une lecture qui diffère de l’appréciation du préfet.

    Quitte ou double à Marseille

    « Il va falloir s’entendre pour sortir de l’impasse », souffle-t-on dans l’entourage du maire de Marseille. Les projecteurs braqués sur les attributions de compensation, dont le mode de calcul n’est pas favorable à la capitale régionale, vont dans le sens du discours défendu par Benoît Payan (DVG), et on « prend acte de la décision courageuse du préfet ». Reste la menace d’un retour à la copie de la chambre régionale des comptes, qui faisait perdre 36 millions d’euros à la commune en touchant à la dotation de solidarité communautaire. « Ce serait étrange que les maires reviennent sur le seul acte politique qu’ils ont posé dans le mandat, pointe-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. Revenir à une coupe sans contexte et sans réflexion de la DSC, ce serait bafouer toute forme de solidarité métropolitaine. » En pointant les coupes opérées dans les transports, le fonctionnement métropolitain, ses subventions. « Une réforme structurelle de la Métropole est nécessaire et inévitable », insiste-t-on.

    Une autre voie pour Martigues

    « Nous pouvons faire autrement, avec une augmentation très modérée de l’impôt pour sortir de ce mauvais pas », plaide pour sa part le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Une voie jusqu’ici refusée par les magistrats financiers, le préfet et le président de la Métropole. « Il y a quelque chose de dogmatique dans ce refus, il faut trouver des ressources », défend l’édile, les entreprises contribuant trois fois plus que les ménages. « Si on touche aux attributions de compensation, bon nombre de maires voteront contre, si on supprime la DSC, le maire de Marseille aura raison de s’opposer, ces deux solutions n’existent plus », détaille-t-il. Défendant la nécessité de créer un établissement dédié aux mobilités, avec un versement revalorisé.

    Une alerte pour Aubagne

    Le maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, confie : « Je note avec satisfaction que cette feuille de route budgétaire confirme la pérennité de la gratuité des transports, dans l’immédiat. » L’élu reste cependant en alerte sur ce sujet [lire ci-contre]. « En modulant les attributions de compensation, le préfet a ouvert un dossier complexe, que beaucoup qualifiaient jusqu’ici de “boîte de Pandore” », alerte par ailleurs l’édile. Et d’asséner : « La solidarité est une valeur cardinale que je revendique pour notre territoire, mais elle ne doit pas servir de variable d’ajustement pour compenser des déséquilibres historiques dont les communes ne sont pas responsables ».

  • En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    Absente du scrutin en 2020, la France insoumise compte cette fois bien prendre le train du Sénat en présentant une liste en vue du scrutin du 27 septembre. Le parti qui, en parallèle structure son réseau d’élus en ayant créé fin mai l’association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de Vaucluse, a désigné ses co-chefs de file : Mathilde Louvain, élue d’opposition à Avignon après avoir porté la liste La nouvelle Avignon populaire aux municipales, et Julien Gautier, conseiller municipal minoritaire à la Tour d’Aigues.

    « On a une mission, celle de préparer une liste insoumise et citoyenne, prête à être déposé », fait valoir Julien Gautier, prévoyant de partir en campagne à la fin du mois. Pas question pour autant d’assurer avec certitude que LFI mènera à terme ce dessein. « Toutes les hypothèses sont ouvertes aujourd’hui », précise le nouvel élu de la Tour d’Aigues. Une décision sera prise au national qui pilote le dossier et les éventuelles discussions avec des partenaires. En Vaucluse à gauche, le sénateur PS sortant Lucien Stanzione est de nouveau sur la ligne de départ (notre édition du week-end) pour conduire une liste DVG sans forcément additionner les partis politiques et encore moins avec LFI.

    La base de grands électeurs pouvant accorder leurs voix à la liste insoumise reste très en deçà d’une possibilité de siège. « On ne se voit pas encore dans les jardins du Luxembourg », concède Julien Gautier, qui réfute toute « candidature de témoignage ». « C’est un combat pour les idées, dans le temps de la campagne présidentielle qui s’amorce déjà, et c’est important d’avoir une adresse politique en direction des grands électeurs. » Ce que les autres candidats ne feraient pas ou peu. « Je ne veux pas être désobligeant, mais des politiciens qui cherchent leur réélection en expliquant qu’il ne faut pas faire de politique, c’est vraiment ne pas prendre au sérieux les grands électeurs », dénonce-t-il.

    Cet avocat pénaliste, militant actif de LFI depuis sa création, tance aussi les ambitions du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD) qui a lancé son mouvement « Le bon sens des territoires » et présentera Anaïs Hausmann en candidate (notre édition de vendredi). « Cette formule creuse du bon sens me fait penser à l’expression « La terre, elle, ne ment pas » [employée par le maréchal Pétain en 1940] », compare Julien Gautier. La France insoumise compte mettre la focale sur ses thèmes de prédilection des biens communs (eau, logement), lutte contre la pauvreté et « rénovations de nos institutions par une VIe République ».

  • [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif principal de la braderie prévue à la fin du mois ?

    Gaëlle Rodeville : Il y a plusieurs buts. Le premier, c’est de revitaliser le centre-ville et de trouver un événement qui permet aux Aubagnais et aux Aubagnaises de se réapproprier à la fois les commerces, leurs rues et le centre-ville, déserté depuis plusieurs années par les habitants. Le deuxième objectif, c’est de faire de cette braderie un moment de fête et de convivialité, puisqu’il y aura notamment des animations culturelles comme de la danse, du théâtre et du chant. Tout sera fait pour que les gens aient plaisir à rester à la braderie et y passer la journée.

    Quelles sont les raisons qui expliquent la désertion progressive du centre-ville par ses habitants ?

    G.R. : Aujourd’hui, on a une ville qui est nue, si je puis dire. Il n’y a plus d’animation ou d’événement qui permettent à la population de se retrouver dans le centre-ville. En fait, la ville d’Aubagne n’a pas la chance d’avoir ni la mer, ni une activité particulière. Elle a donc besoin d’activités culturelles ou commerciales de façon à ce que les gens se réapproprient le centre-ville. Aujourd’hui, on a un centre-ville qui est finalement un peu dénué d’espaces agréables. Il n’y a pas de zone ombragée, par exemple.

    Souhaitez-vous inscrire la braderie dans la durée et en faire un rendez-vous pérenne ?

    G.R. : Oui, absolument, c’est plus qu’un objectif. Nous souhaitons effectivement inscrire l’événement dans la durée et le renouveler de façon consécutive, au moins trois ou quatre fois dans l’année. Au fur et à mesure, nous aimerions pouvoir le déployer sur plusieurs jours. La braderie sera une manière de renouveler la qualité de vie, mais aussi de renforcer l’activité culturelle de la ville. À long terme, l’idée est qu’elle amène aussi des touristes ou des gens venus d’autres communes qui ont envie de participer à cette journée-là.

    Constatez-vous un engouement de la population autour de cette future braderie ?

    G.R. : Oui, le signe positif, c’est qu’il y a énormément de participants. Nous avons pu constater l’enthousiasme des habitants, mais aussi celui des associations et des commerçants. Il y a une envie commune de renforcer la vie du centre-ville.

    La redynamisation du centre-ville constitue-t-elle une priorité de votre action ?

    G.R. : La problématique et le regard sont complètement différents je pense. C’est-à-dire que le vivre ensemble et le croisement des publics sont une priorité. Nous souhaitons que toutes les propositions, qu’elles soient culturelles, commerciales ou sociales, soient pour toutes et tous, pour garantir l’accessibilité. Nous voyons bien, aujourd’hui, l’état de notre centre-ville et nous déplorons qu’un tas de choses aient été retirées, comme les porches qui permettaient d’avoir de l’ombre sur la place principale. Cela dénature la ville et c’est ce qui explique aussi qu’il y a eu finalement très peu d’activités, ces dernières années. Il y a tout un programme à revoir en tenant compte de ce que souhaitent aussi les Aubagnais.

    Grande braderie d’Aubagne, le 28 juin 2026, de 8h à 18h.

  • Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur Bacchi demande à accélérer le projet Frégate

    Le sénateur des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi (PCF) s’est fendu d’un communiqué, lundi, pour « sommer l’État d’agir à la hauteur du péril » qu’est « l’aggravation considérable du risque incendie » en France et dans le département.

    Le parlementaire regrette la « livraison tardive » des quatre Canadairs commandés depuis 2024, et pointe « une impasse » pour la France que de « déléguer sa responsabilité à l’Union Européenne » et de commander des appareils de construction canadienne, soumis à la norme Itar des États-Unis limitant les exportations de matériel aérospatial.

    Ces raisons conduisent le sénateur à demander au gouvernement de mandater urgemment la Direction générale de l’armement (DGA) afin de lancer au plus tôt la production de l’Hynaero Frégate F-100, bombardier d’eau de conception française dont le fabricant doit s’installer à Istres d’ici 2028.

    Garantir la souveraineté

    « L’implantation de la société Hynaero sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres pour y assembler le Frégate-F100 doit attirer toute notre attention », insiste Jérémy Bacchi, particulièrement au regard des « performances inédites » promises par les concepteurs, à savoir une contenance de dix tonnes d’eau contre les six des Canadairs CL-415, trois heures d’autonomie en combat du feu et une vitesse de croisière de 250 nœuds (environ 460 km/h).

    Mais, au-delà des performances, le sénateur relève que le Frégate F-100 est un appareil « free Itar », « garantissant une souveraineté française absolue et la création de plus de 700 emplois directs » sur le territoire. Les prototypes sont attendus pour 2030, marquant le début de deux ans de certification avant utilisation en action.

  • [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    La Marseillaise : Quels seront vos principaux sujets de vigilance ?

    Antoine Bertrand : Cette commission des finances revient traditionnellement à l’opposition. Il n’y a donc aucune entente avec la majorité, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Mon rôle sera d’exiger la transparence la plus totale sur les comptes publics de la Ville. Michaël Delafosse présente des budgets à l’équilibre, mais quand on regarde les trajectoires budgétaires, il y a de vrais sujets d’inquiétude. Le contrôle financier ne doit pas être seulement dans les mains de l’exécutif municipal : il revient aussi au conseil municipal, qui représente le peuple. Cette fonction, je veux l’exercer avec sérieux, dans l’intérêt général des Montpelliérains.

    Vous critiquez notamment l’augmentation de la fiscalité. Pourquoi ?

    A.B. : Le problème est démocratique. Cette hausse des impôts était visiblement anticipée avant les élections, mais elle n’a pas été annoncée aux Montpelliérains pendant la campagne. Si Michaël Delafosse avait été honnête, il aurait permis un vrai débat budgétaire. Or cette hausse arrive quelques semaines après les municipales, dans les alcôves du conseil municipal et de la métropole. En plus, elle s’accompagne d’une baisse des investissements publics et des moyens pour les services publics : c’est un budget austéritaire. On ne peut pas augmenter la pression fiscale sans engager les investissements structurants dont la ville a besoin. Nous aurions fait d’autres choix : une régie publique de l’énergie, une politique volontariste du logement social et étudiant, ou encore la gratuité des cantines scolaires. L’alimentation n’est pas un bien marchand, c’est un bien commun.

    Vous mettez aussi en cause la responsabilité de l’État. Que lui reprochez-vous ?

    A.B. : Il y a un véritable hold-up de l’État sur les collectivités, commencé sous François Hollande et poursuivi depuis. Les dotations baissent ou stagnent, les fonds comme le fonds vert sont réduits, et les communes doivent chercher des subventions partout. L’État assèche les collectivités, tout en leur transférant toujours plus de charges. Cela réduit leur autonomie fiscale et abîme la démocratie locale. À Montpellier, où le taux de pauvreté est massif, autour de 24%, l’augmentation de la fiscalité est un double coup de massue, surtout avec le coût du logement.

  • Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    La deuxième Métropole de France peut de nouveau reprendre la main sur ses finances. Près de deux mois après le refus des élus de voter le budget pour protester contre des coupes budgétaires, celui-ci a été notifié ce mardi matin à l’intercommunalité par le préfet de région.

    «Je suis resté volontairement silencieux tout au long du processus pour ne pas perturber le débat, cette phase est terminée», partage Jacques Witkowski. Lui souligne le «choix surprenant» qu’a fait l’hémicycle métropolitain, en assurant que «ce n’est pas une collectivité qui est en faillite, […] on n’était pas dans une situation d’urgence qui aurait nécessité une intervention majeure». De quoi écarter tout recours à une hausse des impôts locaux. Il exonère aussi l’État de toute responsabilité dans le déficit de 144 millions d’euros : «Les concours financiers sont supérieurs à ce qu’ils étaient en 2023, cela reste une collectivité aidée au-dessus de ce que l’on fait habituellement.»

    «Je remets le ballon au centre»

    Aussi reprend-il à son compte les coupes claires préconisées jeudi par la chambre régionale des comptes dans son avis budgétaire, avec 91 millions d’euros d’économies dont 25 millions pour les transports, 12 millions pour les subventions aux associations et opérateurs métropolitains, 4,5 millions sur la masse salariale.

    Mais là où les magistrats financiers prévoyaient de retirer 53 millions dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes pour compenser les inégalités du territoire, lui propose de tailler dans les attributions de compensation (AC), reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. «Le préfet doit faire respecter les lois et les règlements de la République», justifie-t-il. Or, la chambre régionale des comptes avait pointé 178 millions d’euros d’attributions de compensation considérées comme indues. Tandis que la DSC est une obligation légale.

    Il ne désigne cependant pas les villes qui verront leurs reversements coupés. Ce sera à l’hémicycle métropolitain de répartir ces 53 millions de coupes entre ses communes, à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, suivi d’un vote des conseils municipaux. A moins que les élus ne décident désormais de voter une décision budgétaire modificative pour changer la copie rendue par le préfet et piocher malgré tout dans la dotation de solidarité. «Dans ces deux chemins, il y a une condition absolue, la Métropole doit équilibrer son budget», rappelle le représentant de l’Etat. Et d’imager : «Cela ne fait jamais plaisir quand un arbitre de terrain siffle une faute de jeu. C’est ce que je fais, je remets le ballon au centre.» Ce qui est certain, c’est que les communes devront revoir leurs budgets déjà votés.

    Enjeux parlementaires

    Face à l’appel des maires de déconstruire l’édifice intercommunal, «l’Etat n’est pas saisi d’un débat de modification de la Métropole, ce n’est pas à l’ordre du jour, indique le préfet. S’ils veulent un débat on s’en saisira, mais ça prendra du temps». Quant à la hausse demandée du versement mobilité pour faire contribuer davantage les entreprises au financement des transports, «c’est un choix du Parlement», rappelle-t-il. Comme toute évolution du statut de la RTM évoquée en conférence des maires la veille.

  • La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    La ville de Gardanne expose sa feuille de route pour son suivi financier

    Parmi les nombreux dossiers examinés au cours du dernier conseil municipal, tenu le 9 juin, figurait le suivi des recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC). En mars 2025, les magistrats ont publié un rapport de 64 pages dans lequel était analysée la gestion financière de la commune entre 2014 et 2020. Elle estimait notamment que la situation financière était « à observer avec prudence en raison du manque de fiabilité de l’information budgétaire et financière qu’elle délivre », tout en présentant « un endettement à ce jour maîtrisé ».

    Cette évaluation, réalisée à la demande du maire Hervé Granier (LR), comme l’a rappelé ce dernier, intervenait notamment dans un contexte de changement de majorité municipale, la ville étant passée de Roger Meï (PCF) au maire actuel. En début de séance, et à partir de l’ordre du jour, Hervé Granier a ainsi rappelé les cinq recommandations formulées par les magistrats.

    « On a été avant-gardistes »

    Il s’agit de l’élaboration d’une « procédure d’évaluation du risque contentieux », « l’assurance de suivi des heures supplémentaires par la mise en place d’un système automatisé du temps de travail », « la mise en place CIA du Rifseep », « l’adoption d’une application d’un guide interne de la commande publique adapté à la collectivité » et la « mise en place d’un dispositif de prévention d’atteinte à la probité ».

    « Certaines de ces recommandations ont été ou sont en cours de mise en œuvre », résume le maire, avant de faire le point sur chacune des mesures. « Vous savez qu’on a un désaccord de fond sur l’interprétation qui a été faite du rapport de la CRC, pointe Marion Robert, élue d’opposition (DVG). Vous en reteniez un relatif satisfecit, ce qui n’était pas tout à fait notre interprétation. Nous avons à plusieurs reprises cité les extraits de ce rapport qui mettait en cause les risques de probité, la sincérité budgétaire des comptes présentés par la Ville, mais encore la sous-évaluation des risques financiers. » En résumé, « nous trouvons que ces réponses ont le mérite d’exister, mais elles nous paraissent à ce stade assez insuffisantes », estime l’élue, après avoir repris point par point les solutions mises en place par la majorité.

    Au tour de la majorité d’expliquer de façon détaillée ses avancées, sur chacune des recommandations. « En matière d’atteinte à la probité, je trouve qu’on a été assez avant-gardistes, assez efficaces sur ça », estime Arnaud Mazille, adjoint au maire. Il précise : « Aujourd’hui, dans la typologie des contentieux, 99% des dossiers concernant la ville relèvent uniquement de contestations. »