Category: politique

  • [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    Un petit mois à peine après son élection à la tête de la commune du Grand Avignon de 9 000 habitants, le premier magistrat livre ses premières impressions et feuille de route pour assurer la relève de Guy Moureau (PCF), qui après 42 ans à la tête d’Entraigues ne se représentait pas.

    La Marseillaise : Commencez-vous à prendre la mesure de ce nouveau costume ?

    William Bouquet : Oui, j’ai fait déjà deux mandats en tant qu’adjoint, mais c’est vrai que le poste de maire, c’est une marche assez importante entre les deux. Là, j’ai encore mon activité de responsable de formation jusqu’à fin mai. Cela me prend un jour par semaine le temps d’accompagner jusqu’au diplôme. Donc à partir du 1er juin, je serai vraiment à 100% pour la commune. Le costume, on est vite obligé de l’endosser parce que les affaires et la vie ne laissent pas le temps à l’installation. Il faut prendre des décisions sur des choses assez importantes et rapidement, comme l’installation du conseil, les délégations des élus, les différentes commissions… Et les parapheurs [dont plusieurs sont posés sur son bureau], c’est le quotidien. C’est très important, parce que ça permet au maire d’être au courant de tout. Quand j’ai un doute, j’appelle la DGS [directrice générale des services] pour avoir des compléments d’information. J’ai la chance d’avoir des services qui sont réactifs. Je dois rencontrer cette semaine le préfet, j’ai déjà vu les sénateurs Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS) mais également Olivier Galzi [maire DVD d’Avignon] dans le cadre du Grand Avignon.

    Avez-vous été surpris par un aspect du rôle de maire ?

    W.B. : Pour l’instant, non. Car j’avais de très bons contacts avec l’ancien maire, Guy Moureau. Il m’avait proposé de prendre la suite au niveau de la tête de liste, depuis 2022, donc j’avais une vue sur les dossiers importants et il m’avait familiarisé avec le fonctionnement de la mairie. J’avais participé au jury de recrutement de la nouvelle DGS qui vient d’arriver. Mais on passe au stade supérieur. Avant, j’étais plutôt sur l’enfance-jeunesse, sur le sport, moins sur le CCAS avec les demandes de personnes qui sont dans le besoin.

    Est-ce difficile de passer après Guy Moureau, quelle sera la patte Bouquet ?

    W.B. : Ah, c’est sûr qu’il y a un historique ! Que je ne rattraperai pas car je ne serai pas maire pendant 42 ans (rires). Un des avantages que j’ai, c’est que je suis un enfant du village. Donc les gens me connaissaient d’avant, m’ont connu dans mon rôle d’adjoint. La transition s’est fait plus naturellement que quelqu’un qui n’est pas connu. Pendant la campagne, il a été à nos côtés pour vraiment dire qu’on était sur une continuité de l’existant. Souvent, ce qu’on me dit, c’est que j’ai une plus grande écoute que lui-même si je n’ai jamais eu ce problème avec lui. En tant que formateur et avant directeur d’une plateforme logistique, l’écoute et le management issus de ma vie professionnelle m’aident dans cette prise de poste. Ma patte sur les projets sera davantage sur la partie environnement et surtout énergie renouvelable, c’est là où on pèche un petit peu. Mais on ne lâchera pas le social, on va faire le maximum pour aider les gens qui ont des problèmes.

    Vous parliez du préfet. De quoi allez-vous lui parler en priorité ?

    W.B. : Il veut recevoir tous les nouveaux maires. Aujourd’hui, on a deux dossiers qui nous sont chers : un, qui est tombé la semaine dernière, celui d’une fermeture d’une classe en maternelle. On a déjà fait un courrier à l’inspection académique. Et l’autre, c’est au niveau de la gendarmerie, avec la création du centre pénitentiaire. Le sénateur Blanc a rencontré le directeur de cabinet de M. Lecornu. On avait neuf gendarmes en 1984, alors qu’on était à 4 500, 5 000 habitants. Aujourd’hui, on a toujours neuf gendarmes, pour 9 000 personnes avec une coopération entre Pernes-les-Fontaines et Entraigues et le commandement est à Pernes. Nous demandons à ce que le commandement puisse être ici, en même temps que des renforts qui ne seront pas de trop avec l’ouverture du centre pénitentiaire d’ici à au 1er décembre a priori. D’après le préfet, les futurs détenus seront tous en fin de peine et réinsérables.

    Lors de votre discours d’installation, vous disiez que « être maire, c’est le plus beau des mandats ». Pourquoi ?

    W.B. : Le plus beau est le plus dangereux. Guy Moureau disait souvent que « le maire c’est le seul élu à portée de baffe ». Et c’est peut-être pour ça que c’est beau. Dans le sens où on est là pour résoudre les problèmes, trouver des solutions, et quand on y parvient, les gens sont contents et reconnaissants. C’est le mandat de la proximité, de l’action concrète, des réalisations visibles, utiles. On touche la réalité. C’est aussi le mandat du lien, qui fait la force et l’âme de notre commune. On voit les décisions qu’on prend. Alors que quand on n’est pas maire, on signe des papiers, on vient peut-être pour l’inauguration d’une école de musique ou autre chose, mais on ne vit pas avec.

    Entraigues est l’une des dernières communes à gauche en Vaucluse et vous avez très largement battu la candidate RN. Comment l’expliquez-vous ?

    W.B. : Je ne pense pas qu’au niveau de la mairie, on soit dans une vive histoire droite-gauche, parce que quand on regarde les élections autres que les municipales, c’est le RN qui arrive en tête [48,01% pour Jordan Bardella aux Européennes de 2024 ou 61% pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2022]. Les gens voulaient vraiment quelqu’un de la commune, qui connaît sa ville et surtout qui veut rester dans la même politique et garder cette âme de village, les gens sont très attachés à ça. Et notre programme, il est vraiment sur ça. Quant à l’opposante RN [Catherine Chavrier] il semblerait qu’elle ne soit pas dans une démarche d’opposition systématique.

    Quelles premières réalisations devraient aboutir ?

    W.B. : Il y a un gros projet qui est en préparation depuis quelques années, le quartier de la gare qui va démarrer. La commercialisation va attaquer dans quelques jours, c’est plus de 254 logements. Après, il y a la transition écologique : des panneaux photovoltaïques seront posés sur la salle des sports et alimenteront en énergie la cuisine centrale, les services techniques, le stade de foot, le tennis, le boulodrome. C’est un investissement, mais quand on voit aujourd’hui les fluctuations énergétiques, on a tout intérêt à arriver à une indépendance complète. La création d’un pump track est en bonne voie aussi du côté du stade Nardini. Enfin, l’autre projet qui est très intéressant pour la cohésion sociale, c’est un parc dont les études sont en train d’être lancées, non loin de la maison de retraite. Notre but c’est de garder ce lien, que les gens puissent se rencontrer, discuter. Qu’il y ait toujours cette bonne atmosphère dans la ville, cela fait partie de notre ADN.

  • [Rue de la République] Jean-Pierre Squillari : « Nous ferons d’Aubagne une ville à nouveau vivante et festive »

    [Rue de la République] Jean-Pierre Squillari : « Nous ferons d’Aubagne une ville à nouveau vivante et festive »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La victoire

    Didier Gesualdi : À quoi attribuez-vous le désir de changement exprimé par les électeurs d’Aubagne ?

    Ça a été difficile mais au plus c’est difficile, au plus la victoire est belle. Je constate que le maire finit en troisième position, c’est quand même significatif. J’attribue ce désir de changement tout d’abord à un rejet de M. Gazay par les citoyens. Cela faisait trois ans que nous arpentions les rues aubagnaises, les quartiers, et les gens ne pouvaient plus supporter le maire en place. Ensuite, Mme Mélin du RN arrive en deuxième avec un score uniforme dans la région et même dans le pays. Le tout était de battre ces deux candidats.

    Léo Purguette : Et pourtant Mme Mélin avait gagné deux fois les législatives. C’est un désaveu pour elle aussi ?

    Oui, elle avait gagné, haut la main, aux législatives. Mais je remarque que sur les municipales elle a du mal à faire des scores conséquents bien que cette année, elle passe devant M. Gazay.

    Didier Gesualdi : Pour vous, c’est la proximité qui fait la différence ?

    Oui, ma campagne a été fondée sur la proximité. Je suis un enfant d’Aubagne, mes anciennes fonctions font que je connais parfaitement la ville. J’ai commencé à 16 ans comme pompier volontaire et j’ai fini à la direction du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). Je suis resté dans ma ville toute ma vie sauf trois ans où j’ai été chez les pompiers de Paris. Je connais les rouages de la ville, énormément de personnes… Et puis je suis à l’aise quand je promène. Ce qui n’était pas trop le cas du maire précédent.

    Didier Gesualdi : Vous avez dit à son propos « on a tourné l’une des pages les plus sombres de l’histoire d’Aubagne ». C’est quand même très fort. En quoi cette page était-elle sombre ?

    Il faut se rendre à l’évidence. Le rejet, c’est un constat. Et l’image renvoyée par notre ville aussi. Autrefois on me disait « tu habites Aubagne ? Quelle chance, c’est une ville sympathique avec son centre-ville, ses animations… » Mais depuis plusieurs années, les gens disaient « je ne vais plus à Aubagne, c’est mort, les magasins ferment, c’est sale ». La page est sombre en effet.

    La bétonisation

    Léo Purguette : Le bilan a-t-il pesé d’après vous dans le choix des Aubagnais ? Vous avez beaucoup critiqué le volet urbanisme durant votre campagne.

    Le bilan est sans équivoque. Nous allons faire un moratoire, nous allons arrêter la bétonisation. Des citoyens se sont organisés en collectif, ils ont fait un « Aubagne béton tour ». C’est-à-dire qu’ils passaient dans chaque quartier, pour annoncer aux riverains ce qui allait se passer. Le mouvement s’est amplifié. Ils ont porté la contestation devant les tribunaux ou devant le préfet, ils ont pratiquement toujours eu raison. Les Aubagnais sont fatigués du bétonnage de leur ville.

    Didier Gesualdi : Quels étaient les problèmes posés ? Construction ? Infrastructures ?

    Un problème de lieu aussi. Quand vous construisez dans la plaine de Beaudinard sur des terres agricoles irriguées et que vous n’en avez pas le droit… Quand vous construisez au piémont de Garlaban avec le risque feux de forêts et que vous n’avez pas le droit… Lorsque vous décidez de remplir une carrière de déchets soi-disant inertes et que le préfet a mis son opposition… Il n’y a pas de secret, il y a un problème.

    Didier Gesualdi : Dans votre programme vous parlez de renaturation du centre-ville, comment ça va se décliner concrètement ?

    On va revégétaliser le centre-ville qui est triste. On va aussi désimperméabiliser. Je suis allé visiter la ville de Cuers dans le Var qui arrive, l’été, à avoir trois degrés de moins que les autres villes, par la végétalisation, les matériaux utilisés, les îlots de fraîcheur… En adaptant ces solutions, cela ne représente pas des sommes astronomiques. Végétaliser ça veut dire aussi recréer des parcs urbains. Vous vous rendez compte qu’on a supprimé des parcs pour construire des maisons résidentielles !?

    Le logement social

    Léo Purguette : Vous refusez la bétonisation mais il y a des constructions utiles, celles qui permettent de se loger avec un loyer modéré. À gauche, on défend généralement cette perspective. Est-ce que vous la défendez, vous ?

    Bien sûr qu’on la défend ! D’autant plus qu’il y a besoin de logements sociaux. La volonté du précédent maire a été de vendre les logements sociaux aux locataires. À première vue on peut se dire que c’est une bonne chose mais quand on se penche sur le dossier, on se rend compte que ce sont des appartements vieillissants ou vieux et qu’il va y avoir des travaux à faire, aux frais des nouveaux propriétaires. Ensuite cette opération diminue le logement social. Nous on veut en faire du logement social, il ne s’agit pas de faire des ghettos, on veut faire du mitage. Et ça, le précédent maire ne le comprenait pas.

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous proposez pour les primo-accédants ?

    Vous savez, depuis que je suis maire, j’ai dû recevoir une cinquantaine de demandes de logements – que des logements sociaux – on ne m’écrit pas pour avoir des logements résidentiels. On va faire l’état des lieux, récupérer des logements vacants, travailler avec la Métropole pour proposer des solutions aux personnes en difficulté.

    L’Hôpital d’Aubagne

    Léo Purguette : Nicolas Isnard expliquait sur ce plateau que ce serait les maires qui représenteraient la Métropole dans les établissements de leur territoire comme les hôpitaux. Quid de celui d’Aubagne ?

    Nous arrivons, nous n’avons pas encore eu les détails du dossier de l’hôpital. Ce qui est certain, c’est que nous sommes favorables, favorables et encore favorables à la construction du nouvel hôpital, contrairement à ce que dit M. Gazay. À quel endroit ? La déclaration d’utilité publique est sortie, il va y avoir des procédures d’expropriation ce qui est quand même assez compliqué mais nous espérons, que l’hôpital verra le jour avant la fin de ma mandature.

    La gratuité des transports

    Léo Purguette : La gratuité des transports qui date des majorités à direction communiste à Aubagne, a perduré malgré la Métropole. Avez-vous des garanties pour l’avenir ? Faut-il généraliser la gratuité à l’échelle de toute la métropole ?

    La gratuité des transports, c’est fondamental. Je suis persuadé que dans 20, 30 ou 40 ans, les transports seront gratuits, on ne pourra pas y échapper. Il y a 15 ans, Aubagne a décidé de mettre les transports gratuits dans la commune et puis dans son agglomération. On nous a pris pour des hurluberlus à l’époque. On nous a dit que c’était impossible et l’opposition de droite avait même dit que les impôts avaient augmenté à cause de cela, c’était complètement faux. Il y a une taxe qui s’appelle le versement transports et qui s’applique aux entreprises. Si le taux dans les Bouches-du-Rhône était équivalent à celui de Paris, on pourrait faire la gratuité partout.

    L’office du tourisme

    Didier Gesualdi : Allez-vous renoncer à un projet que vous avez qualifié de « pharaonique », celui du nouvel office du tourisme d’Aubagne qui était porté par votre prédécesseur ?

    Oui ! C’est un projet ubuesque… J’étais au conseil municipal lorsque M. Gazay a annoncé qu’il allait faire l’office du tourisme et que tous les maires de la Métropole étaient d’accord. Vous imaginez que les portables ont marché très rapidement lorsqu’on a appris cette nouvelle. On a reçu des textos de plusieurs maires disant qu’ils n’étaient même pas au courant. Ce projet est surdimensionné, quatre ou cinq fois plus grand que celui de La Ciotat alors qu’on reçoit dix fois moins de personnes… En plus Internet est passé par là, les gens se renseignent différemment, même à Paris il n’y a pratiquement plus d’office du tourisme dans la forme dont on parle. Et nous on construirait un office du tourisme de 400 m² sur le cours Voltaire ? Pour nous, c’est complètement inopérant.

    Le début du mandat
    Léo Purguette : Changer de politique, ça prend du temps. Que vont voir de neuf les habitants dans les tout prochains mois ?
    Les 100 premiers jours, c’est important. Il y a de l’organisation à avoir, des décisions à prendre. Il y a celles qui coûtent et celles qui ne coûtent pas grand-chose. Par exemple, on va faire une braderie tous les mois à partir de juin à la mode de Lille, toutes proportions gardées.
    Didier Gesualdi : Avec des moules frites ?
    On mettra des panisses ! Ça ne sera pas une braderie classique mais festive, avec des animations, de manière à faire revenir les gens dans le centre-ville. Il faut que les commerçants jouent le jeu, que ce jour-là, il n’y ait pas le rideau de baissé. C’est une des premières choses. Ensuite on va travailler sur une mutuelle communale, comme ça se fait pas loin de chez nous, à Peypin par exemple. J’ai rencontré le maire de cette commune qui m’a dit « c’est extraordinaire, on arrive à faire baisser pratiquement à 50 euros par mois la cotisation ». Donc ça sera du gain sur le pouvoir d’achat et ça ne coûtera pas grand-chose à la Ville. On va se pencher également sur les frais d’obsèques, on va voir si on peut municipaliser ça. Ce seront les premières mesures.
    Didier Gesualdi : Vous défendez l’idée d’une zone agricole protégée. En quoi consiste-t-elle ?
    De tout temps Aubagne a été le grenier de la région. J’ai travaillé en amont de l’élection avec les agriculteurs, je les revois en tant que maire afin de créer la zone agricole protégée où on ne pourra plus construire. Il n’y aura plus de spéculation en espérant qu’un terrain passe constructible. M. Gazay a enlevé 10 hectares agricoles à Aubagne ! Dans une zone agricole protégée, un agriculteur qui part à la retraite, soit il va louer à un agriculteur, soit il va vendre à un agriculteur. Une vingtaine d’entre eux cherche du terrain.
    Didier Gesualdi : La Métropole des maires avancée par Nicolas Isnard, ça va dans le bon sens ?
    On a l’avantage d’avoir un président de la Métropole qui est maire, qui connaît les problèmes des maires. Le tout premier président, Jean-Claude Gaudin, était maire de Marseille mais je pense que le trou dans la chaussée de La Destrousse, ça lui passait un peu au-dessus. En revanche, M. Isnard qui est maire de Salon, une commune équivalente à celle d’Aubagne nous a rassurés sur une politique de proximité.
    Didier Gesualdi : Le Val’Tram arrive l’été prochain si je ne me trompe pas…
    Vous vous trompez, il arrivera beaucoup plus tard. M. Gazay a fait un caprice en voulant faire le tour d’Aubagne plutôt que de relier la gare. Il a défiguré le centre-ville pendant 2-3 ans. Les commerçants et les Aubagnais en ont payé les conséquences. Pour faire quoi ? L’Aubagnais va monter une fois ou deux à Roquevaire ou à La Destrousse et puis c’est fini.
    La République c’est quoi ?

    Jean-Pierre Squillari : « La République nous rassemble, elle est là pour protéger le citoyen. les différentes Républiques se sont faites après des crises ou des combats. La Ière naît de la Révolution et destitue Louis XVI, la IIe naît de la Révolution de 1848 et destitue Louis-Philippe, la IIIe République, c’est Gambetta qui la proclame on était dans la guerre, le siège de Sedan. La IVe République, c’est après la guerre de 1939-45. Et la Ve, on était en pleine guerre d’Algérie. Chaque fois la République a su rassembler. »

    La question des lecteurs de La Marseillaise

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe : Bonjour M. le maire qu’allez-vous faire au niveau de la culture ? La culture provençale et Pagnol ne font pas tout.

    Oui tout à fait d’accord. Nous avons créé un service événementiel. Nous avons dans notre équipe, Gaëlle Rodeville, elle est responsable du festival du cinéma d’Aubagne qui fait un carton. Elle a d’énormes idées pour renouveler la politique culturelle d’Aubagne. On va travailler dans l’originalité, la culture populaire et faire de notre commune une ville festive.

  • Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Au beau milieu de la végétation du groupe scolaire Rose la Garde dans le 13e arrondissement de Marseille, les engins de chantiers sont discrets. Pourtant, depuis lundi, des ouvriers sont à l’œuvre pour rénover le bâtiment de l’école maternelle. Ce vendredi, la nouvelle adjointe (PM) déléguée au bâti scolaire, Nassera Benmarnia, y faisait sa première visite officielle, accompagnée de la nouvelle maire (PM) du secteur, Tina Biard-Sansonetti.

    Le bâtiment, construit dans les années 70, avait des problèmes d’infiltrations lors d’épisodes de grosses pluies. Pendant les vacances scolaires, la ville a donc entamé une rénovation pour 400 000 euros. « Il s’agit de travaux d’urgence en attendant des travaux plus globaux », précise Tina Biard-Sansonetti, maire de secteur du 13-14. Le but étant d’assurer l’étanchéité et mieux isoler le bâtiment, en mettant de nouveaux drains pour que l’eau puisse s’écouler plus facilement, et ne pas s’infiltrer dans les murs. Des travaux d’autant plus nécessaires que 400 nouveaux logements doivent être construits dans le quartier.

    Comme l’établissement Rose La Garde, ce sont 117 écoles qui sont en train d’être rénovées par la mairie, pour une enveloppe globale de 2,3 millions d’euros. « Il y a des programmations de travaux dans toutes les écoles de Marseille, de manière équitable sur tous les secteurs et pas uniquement les secteurs acquis à la gauche, martèle la nouvelle adjointe au bâti scolaire, au plan école et à la rénovation et construction des écoles. On [la municipalité] rattrape, on rénove, on construit de nouvelles écoles. Ce n’est pas facile, ce n’est pas simple, mais la volonté est là. »

  • L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    S’il était attendu, c’est tout de même un coup de tonnerre qui s’est déroulé au conseil communautaire de Petite Camargue mercredi 15 avril. Et ce, pour deux raisons. D’abord parce que pour la première fois un élu du Rassemblement national va gérer une intercommunalité dans le Gard. Mais c’est aussi l’ampleur du score qui interroge : Nicolas Meizonnet l’a en effet emporté avec 25 voix sur les 30 possibles et aucun candidat n’a osé se présenter face à lui.

    Tous les maires l’ont ainsi soutenu, que ce soit Jean-Paul Franc, maire d’Aimargues et ancien secrétaire CGT chez Perrier, le président sortant réélu à Aubord André Brundu, le nouveau maire de Beauvoisin Frédéric Meseguer ou encore l’édile du Cailar, Joël Tena. Des soutiens d’autant plus incompréhensibles que dans l’histoire de la Communauté de communes, le maire de Vauvert, la ville centre, n’a jamais eu la présidence de l’interco.

    « C’est déconcertant, il n’y a eu aucune opposition, aucune résistance », s’indigne Magali Nissard, nouvelle leader de l’opposition à Vauvert depuis le retrait de Jean Denat. « Il y a la droite dans toutes les villes et on voit qu’elle bascule. Meizonnet a dit que la Communauté de communes ne serait pas la vitrine du RN mais on a du mal à y croire. J’ai tenté de pousser le président sortant à y aller mais il n’a jamais donné d’explications sur son retrait. Ce qui m’inquiète c’est comment ils vont se positionner face à lui par la suite ? Est-ce qu’ils vont laisser tout passer ? »

    La gauche s’élargit

    à l’Agglo d’Alès

    Toute la semaine, les présidents des intercommunalités ont été élus avec une forme de continuité. C’est par exemple le cas pour le maire de Cardet, Fabien Cruveiller, qui était seul en lice pour récupérer la présidence du Piémont Cévenol où la majorité de Saint-Hippolyte-du-Fort a retrouvé la première vice-présidence, tournant ainsi la page de l’opposition frontale qui avait entaché le mandat précédent. Les élus régionaux socialistes Régis Bayle et Fabrice Verdier ont également été réélus respectivement à la tête du Pays Viganais et du Pays d’Uzès. Du côté des changements, l’opposant à Pierre Martinez et maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi, a été élu président du Pays de Sommières. Elu à Montfrin, Philippe Marchesi, a pris la suite de Pierre Prat à la tête de l’intercommunalité du Pont du Gard sur fond de divisions.

    Côté Alès Agglomération, Christophe Rivenq (LR) a été réélu confortablement dans le fauteuil de président qu’il occupe depuis 2020. Mais pour cela, il a plié devant les demandes de la gauche qui lui demandait plus de responsabilités. Ainsi, le PCF a récupéré un poste de vice-président supplémentaire (Sylvain André (Cendras), Claude Cerpedes (Saint-Martin-de-Valgalgues), Pascale Eugène (La Grand-Combe) et Ghislain Chassary (Rousson). Avec l’écologiste Aurélie Génolher et Nathalie Montoro Teissier (DVG), la gauche compte six vice-présidents sur 15 à l’Agglo. « Il y a les vice-présidents mais il y a aussi les responsabilités et on peut affirmer que la gauche prend une place plus importante à l’Agglo, en compromis avec Christophe Rivenq », réagit Sylvain André.

  • Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    C’est au théâtre L’Escale, à La Garde, que nous étions invités vendredi à venir découvrir le travail des minots de l’ASE sur les planches, dans le cadre de la première édition du Festival Môme. Un événement artistique porté par l’Institut des arts inclusifs du groupe Umane et la compagnie de danse 6e Sens. Un spectacle chorégraphique pensé comme un espace d’expression, de rencontre et de dépassement de soi afin de renforcer la confiance et aider le grand public à porter un regard nouveau sur la jeunesse et l’inclusion.

    « L’aide sociale à l’enfance fait beaucoup parler d’elle dans les médias où elle est souvent pointée du doigt comme un modèle qui serait à bout de souffle avec des institutions qui font du mieux qu’elles peuvent, mais sont souvent en difficulté », souligne Aline Rol, la directrice de l’institut. Et de poursuivre : « Nous, on essaye à notre modeste échelle d’offrir à ces enfants des expériences un peu innovantes qui peuvent leur permettre un chemin de construction. »

    Le collectif engagé essaie d’ailleurs, est-il expliqué, d’explorer de multiples pistes « pour montrer aussi au pouvoir public qu’il y a peut-être d’autres façons de faire ». Et dans ce cadre répond en ce moment à un appel à projet du Département pour pouvoir structurer un réseau de ce qu’on appelle les tiers de confiance. Des proches qui peuvent prendre le relais en cas d’ordonnance de placement pour éviter l’institution qui est souvent, par définition, maltraitante. Non pas, insiste Aline Rol, par les professionnels, mais par le fait de regrouper des enfants avec des fragilités, des soucis de délinquance, de prostitution, de drogue… L’idée est donc de proposer des alternatives. Et de poursuivre : « On a monté ce projet de résidence autour de la danse avec dix enfants qui ont été sélectionnés sur volontariat, qui avaient envie de vivre cette expérience.»

    Une pièce qui coupe

    le souffle

    Pendant deux semaines, une en février et pendant ces vacances scolaires, ils se sont donc retrouvés en communauté autour d’une compagnie de danseurs professionnels dans lequel se mêlent déjà avec harmonie artistes valides et en situation de handicap.

    Avec au final, une chorégraphie époustouflante construite de A à Z avec les jeunes sur le thème de la joie.

    Aujourd’hui, dernier jour de résidence, on retrouve les gamins en situation. Et c’est vraiment bluffant. Chacun endossant parfaitement son rôle en s’intégrant dans l’ensemble pour donner du sens. L’idée était de les mettre en situation pour une première restitution avant qu’ils ne se retrouvent à nouveau sur scène le 12 mai cette fois devant une salle remplie d’un public venu apprécier la qualité de leur travail au même titre que les autres danseurs. Et se mettre en joie.

    « On a eu vraiment un retour exceptionnel », déclare avec beaucoup d’émotion Cécile Martinez, la chorégraphe qui a monté avec eux la pièce de 35 minutes en 8 jours seulement.

    « Ils ont été considérés en tant qu’artistes dès le départ au même niveau qu’une compagnie professionnelle », souligne celle qui a le talent de transformer les faiblesses en force.

    Alors Alison, 14 ans, confie : « Oui, j’avais un peu peur au début mais je me suis dit que ça allait bien se passer. Que c’était l’occasion de créer quelque chose. Et franchement ce qu’on vient de vivre c’est un truc à faire au moins une fois dans sa vie. »

    Anastasia, 14 ans, intervient : « Ça nous a appris ce que, nous, on pouvait faire de nos envies et comment se canaliser dans le spectacle, en confiance. »

    À ses côtés Jasmine, 14 ans également, explique, elle, avoir déjà fait du théâtre et aimer beaucoup la danse. « Je trouve que ça fait découvrir d’autres choses que celles qu’on rencontre d’habitude enfermés dans un foyer. Ça fait changer d’air ! », explique-t-elle.

    Et conclut, des étoiles dans les yeux : « Je suis fière de tout le monde, parce qu’en même pas deux semaines on a fait un fabuleux spectacle, avec de vrais danseurs professionnels, tout le monde n’a pas cette chance. Je pense qu’on n’aurait pas pu faire ça si on n’était pas en foyer. »

    De toute cette gratitude et ces émotions exprimées on en ressort tout retourné. La magie de la culture.

    « Je suis fière de ce fabuleux spectacle. Tout le monde n’a pas cette chance »

  • Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dès la campagne, Olivier Galzi avait donné le ton, en pointant des dysfonctionnements au sein du service propreté. « Ceux qui nuisent au service doivent être sanctionnés », prévenait-il à l’adresse des quelque 135 agents. Le nouveau maire (DVD) était attendu de pied ferme ce vendredi matin pour une visite du service. Une rencontre virile mais correcte, où Olivier Galzi n’a pas hésité à sortir les muscles, assumant un dialogue qui l’est tout autant. « Si quelqu’un n’est pas content, il vient me le dire en face. On va s’expliquer. S’il a des bonnes raisons, je vais les écouter. Mais si j’ai des bonnes raisons de lui dire qu’il fait mal son boulot ou qu’il ne le fait pas, on va se parler franchement d’homme à homme », pose-t-il.

    Il faut dire que le matin même, des tags hostiles avaient été réalisés invitant les nouveaux élus ou les chefs de service à dégager. « Adam = mafia », pouvait-on lire. En l’occurrence, Michel Adam, adjoint à la propreté et qui officiait dans ce service jusqu’à son départ à la retraite il y a deux ans. Pourquoi réussirait-il en tant qu’élu là où, à écouter Olivier Galzi, le service défaille ? « Cela fonctionnait bien avec Marie-Josée Roig [maire de 1995 à 2014] car l’adjoint était en phase avec le directeur, moi-même, justifie Michel Adam. Depuis, la propreté n’était pas la priorité du maire, donc c’était difficile d’avoir les moyens matériels et la volonté d’agir comme on voulait. »

    Un adjoint qui connaît très bien la maison

    Quant aux tags, le maire préfère les prendre comme un message encourageant. « Cette méthode lâche une bonne nouvelle, ça veut dire qu’on dérange les ultra-minoritaires qui ont compris que les petits arrangements sur le dos des Avignonnais sont terminés », commente-t-il, annonçant le dépôt d’une plainte contre ces « ennemis de la ville qui agissent comme un poison lent ». Devant une bonne soixantaine d’agents, Olivier Galzi implore : « L’heure est venue de combattre ceux qui nuisent à votre image et à celle de notre ville : n’acceptez plus qu’une grande gueule vous empêche de faire votre travail ou parte avec le matériel de l’équipe pour faire son petit business. »

    Mais il sait aussi se montrer cajoleur : « Vous êtes les ambassadeurs de la propreté d’Avignon, votre action doit être visible reconnue et valorisée. » En ce sens, le premier magistrat promet « un dialogue social apaisé et constructif, ceux qui s’investissent seront reconnus, ceux qui freinent l’action collective devront rendre des comptes ». Des « moyens matériels et humains à la hauteur » sont annoncés. Contrairement à la police municipale, il n’est pas prévu de recrutements supplémentaires. « L’idée, c’est de mieux organiser », précise-t-il.

    À bâtons rompus, plusieurs échanges s’enchaînent avec les agents. Les présents condamnent « les tags qui jettent le discrédit ». « M. le maire, venez voir où on mange et l’état des toilettes, même des animaux n’iraient pas », interpelle Adel. Tout au long de la visite, il prend garde de ne jamais parler d’incurie ni d’impéritie, mais son visage le dit pour lui. Ou alors, il prend la presse à témoin quand un agent lui explique que 100 poubelles dites bi-flux, visiblement inadaptées, ont été commandées malgré l’avis contraire des services concernés.

    Trois mesures globales sont affichées pour une meilleure propreté, où l’adage vertueux du « si c’est propre, je vais faire en sorte de ne pas salir » est mis en avant. Brigades d’intervention rapide et opérations quartiers propres, qui commenceront dès la fin du mois, vont être lancées, pour une sorte de grand ménage ciblé, associant la population. Enfin, la « troisième action, ça va être de suivre la demande de l’usager pour qu’il ne reste jamais sans réponse », conclut Michel Adam.

  • Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    « Nous ne savons pas si nous allons garder Fame », lançait le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer Philippe Maurizot jeudi soir au conseil municipal. La régie autonome Festivités actions manifestations événement (Fame), établissement public organisateur de festivités locales, doit accueillir 6 représentants titulaires et autant de suppléants du conseil municipal à son conseil d’administration, sur proposition du maire.

    Aucun membre de l’opposition n’y figurant, Nicolas Féraud (PCF) demande à ce titre : « Allez-vous inviter un membre de Notre Fos ? », la liste conduite par Rémi Esnault, absent à la séance. « Ou allez-vous expliquer aux Fosséens que votre situation de majorité rend la transparence moins nécessaire que lorsque vous la défendiez », poursuit-il.

    Des audits internes

    À cela, Philippe Maurizot répond que « des audits démarrent sur les structures annexes de la commune » comme Fame, « il n’y a aucune garantie que Fame soit conservée, modifiée ou que nous faisions appel à une autre organisation ». Face à l’insistance de l’élu communiste de répondre à la question, l’édile explique n’avoir « rien à cacher, si un élu veut venir il pourra nous expliquer ce qui a été fait ».

    Dans la même veine, le maire envisage d’« arrêter certains projets comme la SPL sens urbain », la société d’aménagement à capitaux et direction publique associant les communes environnantes, un outil pour l’urbanisme. Même idée pour la Maison pour tous (MPT). « Ces organisations, au-delà du matériel, représentent un budget conséquent » justifie le nouvel édile, obsédé par la rigueur budgétaire (notre édition du 17/04).

    Un détricotage annoncé dans la lignée des mairies tombées à l’extrême droite.

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Mardi 14 avril, ils étaient encore nombreux, parents, enfants, enseignants, à se mobiliser devant l’école Prosper-Mérimée à Nîmes pour s’opposer à la nouvelle carte scolaire qui prévoit une fermeture de classe dans cette école du quartier de la Croix de Fer. Un cortège s’est ensuite rendu devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (Dsden) pour faire entendre le mécontentement.

    Comme partout dans le département ces dernières semaines, de nombreuses mobilisations se sont déroulées à Nîmes pour s’opposer aux 18 fermetures de classe prévues pour la rentrée 2026. S’il a déjà fait part de son opposition à ces fermetures lors d’une réunion le 2 avril avec Christophe Mauny, le directeur académique, Vincent Bouget a cette fois pris la plume pour réaffirmer son « désaccord profond » dans une lettre envoyée au Dasen. Pour le maire communiste, professeur d’histoire-géographie de formation, la baisse des effectifs doit permettre au contraire de baisser le nombre d’élèves par classe plutôt que de faire des économies.

    Lutter contre les inégalités

    « L’éducation, par l’apprentissage des savoirs, est le levier majeur de l’émancipation de notre jeunesse. L’école est également l’écrin d’une sociabilisation apaisée, de l’ouverture à l’autre, et de la confiance en soi. Or, les études, y compris celles de la Chambre régionale des Comptes dont l’objectif principal est la rationalisation des coûts et dépenses au regard des politiques publiques, démontrent que le nombre réduit d’élèves par classe amoindrit considérablement les inégalités et favorise la réussite scolaire de tous les enfants. », écrit-il.

    Une autre mobilisation a été particulièrement suivie à Nîmes : celle de l’école Georges-Bruguier, dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon où une classe de CP sur les cinq que compte l’établissement doit fermer en septembre. Jeudi 9 avril, 100% des enseignants étaient en grève. Avec cette fermeture, les effectifs par classe pourraient passer de 12 aujourd’hui à 15 en septembre. Or cette école possède l’indice de position sociale (IPS) le plus bas de l’académie et a donc des besoins spécifiques.

    C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste aussi Vincent Bouget dans son courrier soulignant que « le département du Gard est l’un des plus pauvres de France, et la ville de Nîmes compte plus de 40 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté ce qui représente près de la moitié des enfants scolarisés ». « L’ambition que nous portons à l’enfance et aux questions d’éducation implique de considérer la réussite comme un projet d’avenir. Et nous ne pouvons imaginer l’appréhender par le seul biais d’une gestion comptable qui s’appuie sur des ratios. Le dédoublement des classes étendu à l’ensemble des niveaux dans l’élémentaire est une des solutions qui répond à cette ambition », conclut le maire de Nîmes qui demande « le maintien de l’ensemble des classes existantes ».

  • Autonomie de la Corse : une étape annoncée, des questions entières

    Autonomie de la Corse : une étape annoncée, des questions entières

    Après des mois d’attente, de reports et d’incertitudes, ce calendrier redonne de la visibilité à un processus engagé depuis plusieurs années. L’objectif affiché est clair : inscrire la Corse dans la Constitution comme territoire à statut particulier, ouvrant la voie à une forme d’autonomie institutionnelle.

    Mais une révision constitutionnelle suppose un parcours exigeant : adoption à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, avant une validation par le Congrès à une majorité qualifiée. Le chemin reste donc étroit, d’autant que les débats s’annoncent vifs. Derrière le mot « autonomie », les visions divergent : reconnaissance du peuple corse, pouvoirs des institutions locales, capacité d’adapter certaines règles aux réalités de l’île… autant de points qui restent ouverts.

    Quelle sera la portée réelle de la réforme ?

    Dans ce contexte, l’annonce d’un examen parlementaire constitue une étape importante mais encore fragile.

    L’enjeu est désormais de savoir quelle sera la portée réelle de cette réforme. Car une autonomie sans leviers d’action concrets risquerait de rester essentiellement symbolique, sans répondre pleinement aux attentes exprimées depuis des années.

    L’examen du texte à la fin du mois de mai ouvre ainsi une séquence importante dont les débats et l’issue permettront de mesurer concrètement la direction prise pour l’évolution institutionnelle de l’île.

    Et au-delà du cas corse, ce débat interroge plus largement la capacité de la République à prendre en compte ses diversités territoriales tout en préservant son cadre commun. L’île se retrouvant, une nouvelle fois, au cœur de cette réflexion.