Category: politique

  • Mehdi Medjati se représente contre l’étalement urbain à Cabriès

    Mehdi Medjati se représente contre l’étalement urbain à Cabriès

    Déjà candidat en 2020, l’avocat né à Cabriès, Mehdi Medjati a annoncé ce dimanche sa candidature pour la mairie de la commune de Cabriès Calas. Sa liste, Préservons l’avenir est sans étiquette et sera présentée le 16 janvier à 19h au Domaine de la Guérine, dans la commune.

    « Je me représente cette année parce que j’estime avec ceux qui me suivent que les besoins réels de la commune de Cabriès Calas ne sont pas satisfaits », explique le Cabriessien de naissance.

    « Un projet commun »

    Pour cet ancien membre du PS, qui l’a quitté en 2007, la commune connaît de grands problèmes d’étalement urbain et de bétonisation. « La commune est grignotée par Plan de Campagne, avec des avancées sur le crin de verdure qu’est Cabriès ». Avec sa liste, il souhaite donc s’opposer au projet de lotissement de 300 logements, au niveau du rond-point d’action. « Ils seraient totalement déconnectés des centres de vie, ça n’aurait pas de sens ». Il s’oppose également au projet de cité des sciences, à la place du parc club de l’Arbois. « Cela enlèverait une zone tampon, et se serait une avancée de Plan de Campagne sur Cabriès », dénonce-t-il.

    Il souhaiterait cependant développer des logements pour les jeunes, qui ne s’y installent plus à cause des prix. Le candidat propose ainsi de « construire des petites unités avec du social locatif ou du social vers la propriété ». Il souhaite également revitaliser les centres de villages de Cabriès et Calas. Sa liste s’oppose aussi au projet de sortie d’autoroute à Bouc-Bel-Air qui « aggraverait les conditions de circulation à Calas, alors qu’il y a déjà des bouchons catastrophiques. » La sécurité est le dernier point central du programme. Selon le candidat « il y a eu une explosion ces dernières années des cambriolages ». Et de proposer un renforcement des effectifs de police municipale, plutôt que de la vidéosurveillance. Pour une liste que le candidat mène sans étiquette : « Parce que les personnes qui m’entourent sont de tendances très diverses mais sont fédérées par un projet qui consiste à protéger Cabriès Calas et à redonner naissance au centre du village ».

    Réunion de présentation le 16 janvier à 19h au Domaine de la Guérine.

  • Face au sursaut fasciste et impérialiste, le PCF veut incarner l’espoir à Port-de-Bouc

    Face au sursaut fasciste et impérialiste, le PCF veut incarner l’espoir à Port-de-Bouc

    Alors qu’« aux quatre coins du globe, l’impérialisme guerrier et les atteintes populistes de l’extrême droite resurgissent », la section port-de-boucaine du PCF place ses vœux sous le signe « de l’espoir, de la solidarité, de l’amitié entre les peuples et de la fraternité », affirme l’un des membres de l’exécutif, Mathias Escalante.

    Sur le plan international, les conflits se multiplient, en Ukraine, en Palestine ou au Nigeria. La récente violation du droit international de Donald Trump est une tentative de « piller les richesses notamment pétrolières du [Venezuela] (…) et poursuivre la droitisation de l’Amérique Latine ». « Ces conflits, alimentés par la complaisance des marchands d’armes et des États-Unis (…) font monter chaque jour d’un cran les tensions géopolitiques qui menacent l’équilibre de nos sociétés », affirme le représentant de la section.

    Au niveau national, le RN « poursuit son entreprise de dédiabolisation », et les gouvernements successifs « tentent d’imposer une cure d’austérité sans précédent », cassant « les services publics ».

    Dans ce « chaos », la section renouvelle sa confiance à Laurent Belsola, maire sortant et candidat à sa succession. « On se rend bien compte de l’importance des élus locaux pour protéger les habitants. Avoir des élus de proximité, comme Laurent et son équipe, ayant fait leurs preuves et ayant la capacité de porter des projets malgré les baisses de dotation de l’État et de la Métropole, c’est quand même quelque chose de très rassurant. » Ce soutien, la section l’appuie sur un bilan « solide » et un « travail rigoureux » ayant mené, point d’orgue du mandat, à l’obtention du contournement autoroutier.

  • Les communistes font vœu d’une année de victoire à Martigues

    Les communistes font vœu d’une année de victoire à Martigues

    « La camaraderie et la fraternité » ont réuni les communistes de Martigues à la Salle Dufy lundi soir, comme le caractérise le maire et candidat Gaby Charroux à l’occasion des vœux de la section du PCF.

    Des vœux qui se sont déroulés juste après le rassemblement en soutien au Venezuela, auquel le PCF a appelé à participer. « l’intervention impérialiste de Donald Trump au Venezuela marque un recul démocratique et humain terrifiant » selon le secrétaire du PCF de Martigues Axel Samuel, pour qui « le combat pour la justice sociale ici est indissociable du combat pour la paix là-bas ».

    Et pour cause, « la brutalité internationale trouve un écho dans la politique que nous subissons », affirme le responsable, au travers d’un « budget d’austérité aveugle » qui « sabre nos communes, dernière ligne de défense de la démocratie et du service public ». Axel Samuel considère que face au déficit invoqué comme raison d’économie, « le véritable déficit est celui de l’humanité et de la justice sociale, et à Martigues nous leur disons que nos services publics ne sont pas des variables d’ajustement mais notre bien commun ».

    « Une perspective communiste à Martigues »

    Le maire communiste Gaby Charroux partage l’analyse. « Le macronisme à bout de souffle persiste à vouloir imposer un budget austéritaire parmi les plus violents au niveau social », tance l’édile, « alors même que plus de 211 milliards d’euros sont versés chaque année aux entreprises sans contrôle ni contreparties ».

    Face aux « logiques marchandes et au recul des services publics » induits par cette politique, le maire oppose la perspective du « modèle martégal, où nous faisons le choix de l’investissement humain, de la solidarité et de l’intérêt général ». Gaby Charroux affirme que le PCF et ses élus « ont fait le choix de protéger » Martigues et ses habitants des « effets de l’inflation, des crises internationales et du désengagement de l’État ». En réponse, « la proximité, l’écoute, et par une démocratie locale vivante et exigeante », ainsi qu’une politique « d’accès à la culture, à l’éducation, au sport, aux loisirs, aux vacances, pensée comme un droit et pas comme un privilège », selon le maire.

    Une ambition double de l’élu, pour que « 2026 soit une année de victoire » aux élections municipales, mais aussi pour « faire vivre la mémoire des 90 ans du Front populaire ».

    Et de la dissolution des ligues fascistes la même année.

  • Avignon : Joël Peyre se retire de la course aux municipales

    Avignon : Joël Peyre se retire de la course aux municipales

    Joël Peyre était l’un des premiers à s’être positionné au sein de la majorité pour prendre la suite de Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon, à l’Hôtel de ville. Mais l’actuel élu aux finances annonce, ce lundi, son retrait de la course aux municipales des 15 et 22 mars.

    « Dans un esprit de responsabilité, j’ai pris la décision de ne pas conduire de liste, ni d’être candidat aux élections de mars 2026 », indique Joël Peyre, « sans amertume, mais non sans regrets », dans un communiqué ce lundi. « L’heure est venue de constater que nous n’avons pas su ou pu créer une dynamique de rassemblement », justifie-t-il. Malgré de nombreux soutiens au sein de la majorité et l’inauguration de son local de campagne le 18 décembre, le sondage paru le 20 décembre dans La Provence ne le créditant que de 5% -très loin derrière David Fournier (PS) à 18%- a certainement pesé dans ce retrait.

    Cette décision est un acte fort en vue de l’unité de la gauche alors que Benoît Belvalette (Place publique), a opéré un rapprochement avec David Fournier. Preuve que les discussions étaient compliquées avec l’adjoint à l’administration municipale, Joël Peyre ne lui apporte pas son soutien. « Malgré de nombreux appels au dialogue et à l’unité, certains acteurs ont persisté dans des positions irréconciliables, préférant défendre des intérêts personnels, de clans ou de partis plutôt que de rechercher le compromis. Devant ces perspectives, et pour le bien commun de notre ville et de ses habitants, afin de ne pas ajouter de la confusion à la confusion, nous ne participerons pas à une « course à l’échalote » vide de sens», livre Joël Peyre.

    Plus d’infos à lire dans La Marseillaise du mardi 6

  • Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Vingt-cinq ans de Fournier à Nîmes, trente et un ans de Roustan à Alès : en 2026, deux villes clefs du Gard tournent la page de mairies verrouillées à droite. À Nîmes, Jean-Paul Fournier (LR) se retire après quatre mandats. La droite laisse un paysage en friche, fracturé entre les ambitions concurrentes de Julien Plantier, ancien premier adjoint, et de Franck Proust, patron de Nîmes Métropole, adoubé par LR, l’UDI… et plus récemment Horizons. À côté, Renaissance tente d’exister, au prix de combinaisons illisibles pour beaucoup de Nîmois. Quant au RN en embuscade, il laisse planer la rumeur Julien Sanchez.

    En face, la gauche a tiré les leçons de 2020. Avec Nîmes en Commun, Vincent Bouget (PCF) conduit une union large – PS, EELV, PP – nourrie par une démarche participative au long cours : des réunions de quartiers et un questionnaire où plus de 3 000 habitants ont pris la parole. Dans une ville où la droite a confisqué les décisions pendant un quart de siècle, le message est clair : redonner la ville à celles et ceux qui l’habitent.

    À Alès aussi, c’est la fin d’une époque. Max Roustan, figure de la droite locale depuis les années 1990, a passé la main à son fidèle compagnon de route, Christophe Rivenq. Une continuité revendiquée, au moment même où l’extrême droite engrange des victoires dans les circonscriptions alentour. Le RN rêve de transformer l’ancienne « capitale des Cévennes rouges » en vitrine de sa normalisation. La gauche, elle, tente de reconstituer un front commun pour « reprendre la maison » via le mouvement du Printemps alésien et son chef de file Paul Planque (PCF).

    Mais l’enjeu dépasse les seules préfecture et sous-préfecture. Dans les villages viticoles et les petites villes, le RN lorgne sur les mairies (Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Vauvert…). Là où les services publics se retirent, où les loyers flambent et où les fins de mois se tendent, c’est aussi le terrain de jeu des discours de haine et des clientélismes opaques. En 2026, le Gard joue donc gros. Soit les forces de gauche et du mouvement social parviennent à transformer les colères en projets, les citoyens en contre-pouvoirs locaux. Soit l’extrême droite continue d’essaimer, de Beaucaire à Vauvert, d’Alès aux hameaux des Cévennes, profitant des divisions et des rancœurs personnelles.

  • [Entretien] Thomas Posado : « Cet acte de guerre est une ingérence impérialiste sans précédent »

    [Entretien] Thomas Posado : « Cet acte de guerre est une ingérence impérialiste sans précédent »

    La Marseillaise : Quelle est la situation actuelle au Venezuela, à la lumière des derniers événements ?

    Thomas Posado : Il y a eu une série de bombardements sur des sites militaires vénézuéliens et Donald Trump qui a annoncé la capture Nicolás Maduro et de son épouse. Quand on parle de capture, c’est plus précisément une exfiltration avec la volonté de juger Nicolás Maduro. Une information d’une telle gravité est un acte de guerre, une ingérence impérialiste sans précédent depuis plusieurs décennies en Amérique Latine de la part des États-Unis au Venezuela.

    Le contexte autour de ce dossier est une accusation de narcotrafic par Donald Trump concernant Nicolás Maduro. Qu’en pensez-vous ?

    T.P. : Cette accusation de narcotrafic et difficilement lisible de la part de Donald Trump, sachant qu’il a gracié Juan Orlando Hernandez, l’ancien président du Honduras, qui a été condamné par la justice états-unienne à 45 ans de prison pour avoir introduit 400 tonnes de cocaïne aux états-Unis, il y a quelques semaines à peine. On voit bien que ce prétexte de trafic de drogue est instrumentalisé par les états-Unis pour punir les gens qu’il n’aime pas et absoudre ceux qu’il apprécie. Oui, il y a du narcotrafic au Venezuela comme dans beaucoup de pays du monde, mais le Venezuela est une route secondaire du transit du trafic de cocaïne, il n’a aucun rôle dans la production. C’est une instrumentalisation dans des objectifs géopolitiques de corollaire Trump à la doctrine Monroe*.

    Comment en est-on arrivé là ? Quel regard portez-vous sur la situation ?

    T.P. : On a un Trump qui, depuis le début de son mandat, fait preuve d’un interventionnisme extrêmement fort en Amérique latine. Dans les huit premiers mois, il a négocié avec Nicolás Maduro le maintien de l’assouplissement des sanctions imposées par Washington contre l’acceptation des déportations de migrants vénézuéliens. Depuis août, on est dans une escalade permanente, sachant que CNN dénombrait 17 menaces militaires avant les vacances de Noël, donc là, on doit dépasser la 26e. On a eu des bombardements de navires au large des côtes vénézuéliennes, voire colombiennes et mexicaines, qui ont coûté la vie à une centaine de personnes, il y a eu la fermeture de l’espace aérien où seules les compagnies locales pouvaient opérer, un nouveau blocus maritime pour les pétroliers en décembre avec l’interdiction d’accoster et de se charger en pétrole vénézuélien. Et puis, le dernier en date, cet acte de guerre qui est encore plus grave.

    Quelle pourrait être la suite ?

    T.P. : Ce n’est pas la même chose de capturer un chef d’état que d’avoir le contrôle territorial du pays. Pour l’instant, on ne voit pas de dissidence dans l’armée et le scénario constitutionnel, au Venezuela, serait que Delcy Rodriguez, vice-présidente et fidèle de Maduro, prête serment dans les prochaines heures comme nouvelle présidente. Mais après une intervention militaire de ce type, elle sera de fait sur la liste des cibles de Washington.

    Doctrine selon laquelle les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme leur zone d’influence et s’opposent à toutes interventions étrangères

  • Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Pour les représentants de l’État qui changent régulièrement de poste, les prises de fonction sont souvent des marronniers sans grand intérêt. Celle de Chantal Mauchet n’a rien eu d’un parcours de santé. Entre les fortes intempéries et la crise bovine, l’ancienne préfète de l’Ain a connu un baptême du feu mouvementé, lundi 22 décembre.

    Un département en vigilance orange pluie/inondations/orages, des cours d’eau en vigilance rouge, des dizaines de routes barrées, une centaine d’interventions des secours à coordonner, 3 000 foyers privés d’électricité à Montpellier ou Palavas… Sans oublier, en parallèle, la vaccination d’une douzaine d’élevages dans 18 communes avec l’appui de la Chambre d’agriculture et du Sdis. Au lieu des cocktails de bienvenue, les premiers jours de Chantal Mauchet ont été consacrés à gérer les urgences. « Les vaccins sont arrivés et disponibles, cela va aller très vite », a-t-elle promis pour rassurer les éleveurs dont les bovins sont sous la menace de la dermatose nodulaire contagieuse.

    Pour avoir été en contact avec des responsables agricoles, Chantal Mauchet promet de garder un œil attentif sur la conchyliculture qui « pourrait souffrir des pluies abondantes ». Se sachant dans une région viticole, elle assure vouloir mettre en place le plan d’urgence du gouvernement.

    « Ferme »

    sur le narcotrafic

    Nommée en Ariège (2018) puis dans le Tarn-et-Garonne, l’énarque de 61 ans titulaire d’une maîtrise de droit et d’une licence d’ethnologie, devient la première préfète de l’Hérault. « Je suis très honorée. Je tiens à faire vivre l’égalité, l’éducation, la prévention. Je veux déconstruire les stéréotypes, travail dès l’enfance mené par l’Éducation nationale. » À moins de 3 mois des municipales, la représentante de l’État tient aussi à promouvoir la parité. « Parfois les femmes peuvent s’autocensurer sur les compétences, la gestion des temps. Je veux leur apporter une aide, un appui pour être candidates. »

    En ce début 2026, Chantal Mauchet va profiter des cérémonies de vœux pour aller à la rencontre des élus et forces vives. « Je suis pragmatique, j’aime aller sur le terrain. Je joue collectif, j’ai l’habitude de demander l’avis des services et je tiens à bien comprendre mon département pour ne pas prendre de décision hors-sol. »

    Il y a bien des sujets sur lesquels elle veut d’emblée s’affirmer. Le projet décrié de Contournement ouest de Montpellier (COM) va suivre son cours avec les fouilles puis le début des travaux fin 2026 ou début 2027. À l’instar de son prédécesseur François-Xavier Lauch, la nouvelle préfète promet « une grande fermeté contre le narcotrafic ». « Nous allons continuer d’agir sur le terrain contre ces criminels. » Les opérations anti-délinquance (ex-Places nettes) seront poursuivies, ainsi que les fermetures administratives d’épiceries véreuses ou le travail avec les bailleurs sociaux.

    Côté social, certaines manifestations continueront-elles à être interdites à Montpellier ? « Le principe est la liberté de manifester. Il peut y avoir des interdictions au vu du contexte. Le guide reste les risques à l’ordre public. » Enfin, sur le volet laïcité, reste à savoir si Chantal Mauchet sera plus ferme que ses prédécesseurs. Voilà des années que la préfecture n’attaque plus la Ville de Béziers de Robert Ménard qui installe une crèche de Noël dans la mairie. Une violation de la loi de 1905 déjà condamnée 7 fois en justice.

  • Un rassemblement de soutien au Venezuela ce samedi soir à Marseille

    Un rassemblement de soutien au Venezuela ce samedi soir à Marseille

    Le président américain, Donald Trump, a annoncé, ce samedi 3 janvier, que les forces américaines avaient « capturé » et « exfiltré » le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.

    Le gouvernement du Venezuela dénonce ce samedi une « très grave agression militaire » des Américains.

    C’est dans ce cadre qu’un appel au rassemblement, à Marseille, a été lancé par plusieurs associations, syndicats dont la CGT et mouvements politiques, dont le PCF, en soutient au Venezuela et à son peuple après l’attaque menée par les Etats-Unis.

    Rendez-vous est donné à 18h30 place Félix-Barret, devant le préfecture.

  • [Entretien] Frédéric Dabi : « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle »

    [Entretien] Frédéric Dabi : « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle »

    La Marseillaise : Est-ce que ces élections municipales de 2026 vont, selon vous, présenter des caractéristiques, une tonalité spécifique, qui les rendraient assez différentes des précédentes ?

    Frédéric Dabi : Oui, très clairement. D’abord parce que, sauf dissolution, ce sera le dernier scrutin avant la présidentielle de 2027. Comme en 2001, ces municipales pourront être lues comme une répétition générale, moins par leurs résultats que par la lecture politique qui en sera faite. En 2001, on avait mis en avant les victoires de la gauche à Paris, Lyon et Dijon, en occultant le nombre de villes perdues ailleurs. En 2026, il y aura une vraie bataille d’interprétation, et toutes les forces politiques peuvent se retrouver fragilisées : un PS perdant de grandes villes, une droite LR en recul, un RN qui ne perce pas, ou une France insoumise cantonnée à gêner les socialistes sans gagner de municipalités, y compris à Roubaix.

    Ces élections seront donc plus politiques que les précédentes. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte inédit, que j’appelle l’éclipse du politique à l’échelle nationale. Les Français ont le sentiment que le politique ne les écoute plus et ne parvient plus à améliorer leur situation, ce qui pourrait avoir des effets importants sur la participation. À mes yeux, ce seront des municipales très particulières.

    Vous évoquez ce contexte. Est-ce que l’on sait déjà quelles sont les préoccupations des Français à la veille de ces élections ? Et est-ce qu’elles ont, elles aussi, évolué depuis 2020 ?

    F.D. : Les enquêtes récentes montrent une hiérarchie des préoccupations totalement inédite pour des municipales. La première, c’est la sécurité des personnes et des biens, un niveau que l’on n’avait plus vu depuis les régionales de 2015 ou la présidentielle de 2002. À cela s’ajoute le narcotrafic, désormais clairement identifié par les Français. Viennent ensuite l’accès aux soins et la santé, puis la dette. Ce sont des enjeux nationaux, presque régaliens, qui, faute de réponses au niveau national, redescendent vers le local et s’invitent dans les campagnes municipales. La question de l’accès aux soins ne connaît pas d’opposition simple entre métropoles et petites communes. Ces trois enjeux inédits peuvent fragiliser les maires sortants, notamment dans les petites communes, et montre que ce qui se joue au niveau national pèse directement sur le vote municipal. Les sortants peuvent néanmoins valoriser leur bilan, leur présence sur le terrain et leur capacité d’écoute, et mettre en avant d’autres sujets très appréciés localement, comme le logement, les mobilités ou le cadre de vie. Les campagnes mêleront ainsi une forte dimension nationale – sécurité, santé, dette – et des enjeux locaux, avec une homogénéisation des préoccupations sur tout le territoire.

    Vous avez souligné la proximité de l’élection présidentielle,
    en faisant le parallèle avec 2001. Quelles conséquences cela peut-il avoir, notamment sur la stratégie du Rassemblement national et de la France insoumise
     ?

    F.D. : Les deux forces dites radicales s’engagent fortement dans ces municipales, ce qui n’était pas le cas en 2020. Cela confirme que ce scrutin est perçu comme important, presque comme une répétition générale avant la présidentielle.

    Mais le RN et LFI n’y vont pas avec les mêmes atouts. Pour LFI, c’est une véritable première : elle a très peu de sortants, à l’exception du maire de Faches-Thumesnil, ce qui limite ses gains potentiels, même s’il existe des possibilités à en Seine-Saint-Denis ou à Roubaix avec David Guiraud. Cela tient au fait que LFI reste une force très nationale, encore en décalage avec l’imaginaire municipal. Elle dispose néanmoins de points d’appui, notamment les scores élevés de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, et d’un possible rôle d’arbitre au second tour dans plusieurs grandes villes. Mais un mauvais scrutin municipal aurait des conséquences, y compris sur la dynamique présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Le RN, lui, est dans une autre logique : il dispose déjà de nombreux sortants et cherche à prolonger son implantation locale, dans la continuité de législatives réussies, y compris dans des départements où il était jusque-là faible.

    Ce que certains appellent « l’ancien monde », soit le PS et LR se partageant l’essentiel des collectivités locales, pourrait-il être chamboulé en 2026 pour se rapprocher du rapport de force national ? Peut-on aller vers une forme de tripartition territoriale ?

    F.D. : L’hypothèse est séduisante, mais je n’y crois pas. Il existe une étanchéité jamais vue entre le national et le local, encore renforcée par la fin du cumul des mandats. Les forces dominantes au niveau national restent faibles à l’échelle locale. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, entre 80% et 90% des villes sont toujours tenues par le PS, le PCF, les Écologistes, LR ou l’UDI. Je ne vois pas pourquoi cela changerait fondamentalement. Il peut y avoir des ajustements à la marge. LR est en difficulté et ne dominait plus guère que Nîmes parmi les grandes villes. Le PS peut perdre une grande ville. Mais il est très difficile d’imaginer que LFI, le RN ou Renaissance émergent au point de reproduire localement la tripartition nationale. Aux municipales, le dégagisme reste limité.

    Est-ce que, justement, les maires sortants bénéficient toujours de cette prime au sortant ?

    F.D. : Oui, elle existe toujours, même si elle se fragilise. On observe une forme de défiance qui touche le local, notamment parce que des enjeux nationaux irriguent les campagnes municipales. Les maires font face à des exigences citoyennes inédites, et à des polémiques symboliques qui s’invitent dans la fin de mandat. Pour autant, dans les villes de plus de 10 000 habitants, les municipales restent un scrutin de stabilité. Même en 2014, année de forte alternance, environ 70% des maires sortants ont été reconduits. Mais c’est aussi un scrutin de récit : si des villes majeures comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice ou Bordeaux changeaient d’étiquette, l’impact symbolique serait considérable.

    En Occitanie, est-ce que le scrutin va obéir aux mêmes logiques que dans le reste du pays ? Peut-on déjà identifier des configurations ou des villes emblématiques ?

    F.D. : Oui, globalement. Les enjeux de sécurité, de trafic de drogue et de santé y sont très concrets, et je ne vois pas pourquoi la région ferait exception. Comme ailleurs, il y aura des villes symboles. À Montpellier, Michaël Delafosse apparaît bien placé. À Nîmes, une division possible de la droite pourrait profiter à d’autres forces notamment à l’association de gauche et des écologistes autour de Vincent Bouget. À Castelnau-le-Lez, un jeune élu proche de la majorité présidentielle pourrait l’emporter. Reste le cas de Toulouse : Jean-Luc Moudenc parviendra-t-il une nouvelle fois à s’en sortir, ou la force de la gauche aux élections nationales, combinée à une possible division à gauche, peut-elle rebattre les cartes ? Comme ailleurs, il y aura des configurations locales fortes, mais sur les grandes thématiques, l’Occitanie s’inscrit dans une logique d’homogénéité avec le reste du pays.