Category: politique

  • Vaï ! veut aller plus vite, plus loin et plus fort à Marseille

    Vaï ! veut aller plus vite, plus loin et plus fort à Marseille

    Rallié à la France insoumise en vue des élections municipales, le collectif écologiste et citoyen, Vaï !, présentait ses vœux et de futurs candidats, jeudi sur le toit de l’Artplex aux Réformés (1er). Ils étaient cinq autour de Sébastien Barles, adjoint (ex-EELV) au maire de Marseille en charge de la transition écologique, à pointer le bilan du Printemps marseillais.

    Pas assez vite, pas assez radical, pas assez démocratique. C’est en substance le fond de la critique ouvertement formulée ici. « Avec en plus à Marseille une approche conservatrice du pouvoir », pousse Sébastien Barles déplorant le manque de « vision et de volonté de transformation de la ville ». Pour lui l’arrivée d’un nouvel acteur (La France insoumise) qui avait enjambé les dernières élections municipales change la donne.

    Maria Mouries Estevens, « artiste-performeuse curatrice et facilitatrice », Lisa-Dounai Soncin, neuropsychologue dans les quartiers Nord, Antoine Bennahmias, enseignant en urbanisme et « fils » de l’ancien député européen (Les Verts), Pierre Brechet, professeur d’occitan, et Elise Méouchy, militante associative engagée dans le Donut Infolab ou le Collectif des écoles de Marseille, l’ont suivi dans son aventure.

    Le programme insoumis dévoilé le 15 janvier

    Tous seront candidats dans un secteur. À l’instar de celle-ci, portée sur les questions d’ouverture des données qu’elle met en lien avec l’engagement citoyen, tous ont fait part de leur sensibilité et décliné la trame de propositions programmatiques devant figurer dans le programme de La France insoumise. Il sera présenté le 15 janvier après une plénière qui permettra aux insoumis, vaïstes et citoyens engagés sur la campagne, de se « l’approprier » a expliqué Hedi Bounouar, directeur de la campagne de LFI, venu assister au point presse.

  • Trois ans d’inéligibilité pour Hassen Hammou

    Trois ans d’inéligibilité pour Hassen Hammou

    Clap de fin ? Trois semaines après sa condamnation à 15 mois de prison avec sursis pour corruption de mineur, pour laquelle il a fait appel, Hassen Hammou, ex-cadre marseillais du parti Les Écologistes, était de retour devant la justice. Il comparaissait cette fois pour usurpation d’identité. L’objet du délit ? Avoir créé, fin novembre, un compte Snapchat au nom d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dans le but d’obtenir des informations.

    Ce dernier a déposé plainte le 25 novembre, moins de deux semaines après le retentissant assassinat de son frère Mehdi. Jeudi, à l’issue de sa garde à vue, Hassen Hammou a reconnu les faits et accepté, dans le huis clos d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, une peine de deux mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité.

    La validation devant le juge, en audience publique, sera hésitante. « Il n’y a pas de peine partielle ici, sinon, c’est le procès », s’agacera le président du tribunal face aux hésitations de l’accusé. « Il n’a aucunement voulu nuire, son but était de savoir ce qu’il allait advenir de lui au sein du parti », explique l’avocate d’Hassen Hammou à la barre. Désigné chef de file des écologistes pour les municipales à Marseille, ce dernier croyait alors encore à une issue positive à son procès pour corruption de mineur, dont le délibéré est attendu le 16 décembre.

    « En se faisant passer pour Amine, il voulait tester la parole d’un membre de son parti pour savoir s’il était en quelque sorte loyal envers lui, s’il pouvait avoir son soutien en vue des élections », abonde Soraya Slimani, l’avocate d’Amine Kessaci. Reçu comme partie civile, il n’était pas présent à l’audience et réclamait un euro symbolique.

    Stratégie inchangée

    pour Les écologistes

    à la barre, son avocate souligne « la dignité » de son client, soucieux « d’apaiser le débat ». Dans un message qu’il l’a chargée de lire au tribunal, Amine Kessaci estime que « l’identité, le deuil et la parole ne sont pas des outils politiques ». « Il a été sidéré, consterné, attristé d’apprendre qu’un camarade qui partage les mêmes convictions, ait pu usurper son identité, son image, sa cause » et ait pu « parler à sa place », note l’avocate. Comme lui, Hassen Hammou avait fondé un collectif de soutien aux victimes du narcotrafic.

    Cette condamnation à trois ans d’inéligibilité scelle l’avenir politique immédiat d’Hassen Hammou, ex-membre du bureau national d’EELV, suspendu le 17 octobre puis exclu en décembre de son parti qui a exprimé son « profond dégoût à l’idée qu’une instrumentalisation puisse être faite des drames ayant touché la famille Kessaci ».

    Le 2 janvier, le conseil statutaire d’EELV avait par ailleurs invalidé le vote des adhérents, portant sur la stratégie municipale et la désignation du chef de file, en annulant pour « irrégularités » l’AG qui avait servi de support. Un vote réalisé sous le contrôle de la tutelle nationale… La stratégie d’alliance au 1er tour avec le Printemps marseillais reste toutefois la règle. Personne ne demande à la revoter, expliquait mardi Olivier Bertrand, responsable national des élections, à nos confrères du Monde, qui ont révélé l’information.

  • La gauche à Solliès-Pont invite à penser global pour agir localement

    La gauche à Solliès-Pont invite à penser global pour agir localement

    Le collectif qui regroupe des militants associatifs, politiques et des citoyens guidés par l’intérêt général, réaffirme en ce début d’année les valeurs de justice sociale, de solidarité, d’engagement écologiste et humaniste, qui président à ce rassemblement. Ainsi que ses ambitions pour cette commune varoise. Et cela tout en souhaitant ses meilleurs vœux à la population « dans un contexte planétaire et national compliqué ». C’est le moins qu’on puisse dire.

    « Solliès-Pont n’est pas un îlot isolé du monde, nous subissons, nous aussi, les conséquences des choix budgétaires qui ont des effets sur les collectivités, mais aussi des dérégulations géopolitiques et environnementales », commence Jean-Pierre Luquand (Les Écologistes).

    Pour le responsable politique qui introduit la séance, le mot d’ordre « Penser global, agir localement » lui semble, plus que jamais, de circonstance.

    Difficile dans ce contexte en tout cas de se prétendre sincèrement apolitique si ce n’est pour des visées purement électoraliste. Et d’insister donc : « Nous nous ne sommes pas neutres, et nous avons l’honnêteté de déclarer notre engagement dans le respect des autres.»

    La liste candidate à la gestion de la collectivité et de la communauté de communes se revendique donc fièrement de gauche, écologiste et solidaire.

    « André Garron, se présente pour un 4e mandat, ça fait beaucoup ! », insiste le militant écologiste en expliquant vouloir analyser le bilan du maire sortant « en toute objectivité ». C’est-à-dire en reconnaissant « des avancées indéniables mais aussi des désaccords profonds ». Et de revenir donc sur une gestion que la gauche qualifie de « personnelle et autoritaire ». L’occasion de proposer à la population une véritable alternative dans ce domaine, en donnant plus de place au débat et à l’intelligence collective.

    Une véritable alternative progressiste

    L’équipe souhaite également réaffirmer son opposition totale au modèle de société porté par l’extrême droite, et ici sur ce territoire par la député Laure Lavalette (RN) et la candidate du parti à la flamme sur Solliès-Pont, Magali Brune. La stratégie de dédiabolisation ne change absolument rien au « fonds de commerce » dans lequel on retrouve, ajoute Jean-Pierre Luquand, « l’instrumentalisation des peurs, le rejet de l’autre et une politique antisociale ».

    La gauche propose tout au contraire « un projet d’avenir susceptible de répondre aux défis écologiques, sociaux et démocratiques ». Avec « une commune qui donne envie d’y vivre, plus solidaire, participative et citoyenne, et pleinement engagée dans la transition écologique ».

    Des objectifs clairs qui vont permettre de construire un programme dans le dialogue avec la population.

    C’est à Christiane Vincent (sympathisante PCF), la conseillère municipale et communautaire d’opposition sortante, à qui il revient l’honneur de conduire le collectif à la bagarre des municipales de mars prochain.

    « Militante politique, humanitaire et de solidarité, elle correspond aux valeurs que porte notre liste, et je voudrais souligner son courage quand elle s’est retrouvée souvent seule à la Communauté de communes Vallée du Gapeau (CCVG) pour tenir tête à l’ensemble. Il faut le faire », conclut Jean-Pierre Luquand.

    « On va porter la question de la démocratie comme un levier indispensable pour transformer la ville, ça peut aller d’un budget participatif à un référendum », intervient Alain Bolla (PCF).

    Pour le responsable politique, « il faut que les citoyens aient des pouvoirs de décision afin de prendre part aux transformations nécessaires ».

    Parmi les grands projets qui vont être mis en avant, on compte la création d’une régie agricole municipale qui fournira en produits sains les cantines scolaires de la ville.

  • Cyrille Blint rejoint Philippe Klein dans sa campagne

    Cyrille Blint rejoint Philippe Klein dans sa campagne

    C’est « un ralliement extrêmement important, résume Philippe Klein. Il est l’archétype de ce que peuvent être beaucoup d’Aixois (…) moi qui souhaite m’entourer de la société civile. » Élu d’opposition et référent local Horizons, il avait annoncé sa candidature aux municipales avant les fêtes, après avoir tendu la main à Sophie Joissains, maire (UDI) sortante. Sans « retour ». Le conseiller départemental du canton Aix 1, Cyrille Blint, également encarté Horizons a déclaré rejoindre le candidat dans sa campagne. « Le ralliement est logique, mais n’est pas lié qu’au statut Horizons, qui est de la politique nationale. La politique locale est bien différente, justifie Blint. Je constate, depuis le début de mon mandat d’énormes dysfonctionnements sur Aix, mais aussi dans ses quartiers et villages. Sur le terrain, les gens n’ont pas le sentiment d’être entendus. » L’élu départemental considère sa méthode de terrain « proche » de celle de Klein, qu’il qualifie de « proche des personnes ». La place de Blint dans la liste sera « déterminée collectivement », assure Klein.

  • Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Il a consulté sa famille avant de l’annoncer officiellement. Le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (DVG) se lance dans la campagne des élections municipales pour briguer un quatrième mandat. « On ne se rend pas compte de l’investissement que ça représente d’être élu, il faut que je sois tourné vers la ville à 200%, donc il fallait que ce soit un choix collectif avec mes proches », explique-t-il.

    Ce « sacerdoce républicain », l’édile souhaite de nouveau l’endosser pour « protéger les habitants ». « Miramas n’est pas une ville riche, c’est une ville populaire. Elle est plus touchée par les effets du monde, les différentes crises – financières, sanitaires, énergétiques et autres -, donc il faut que sa population soit plus protégée au quotidien par la mairie. » Après avoir réalisé 90% du programme de 2020, malgré deux années compliquées dues au Covid-19, Frédéric Vigouroux a l’ambition « de continuer à transformer cette ville », la « préparer au développement économique, aux effets du changement climatique, préserver son environnement en assurant de l’habitat ».

    Des réunions thématiques

    Certains projets sont déjà dans les tuyaux : le nouveau pôle ferroviaire, la construction d’un hôtel des polices avenue Chalve, la mise en place d’une unité de production culinaire en collaboration avec la Ville de Saint-Chamas pour nourrir les enfants des écoles des deux communes avec des aliments bio et locaux, l’installation d’agriculteurs à Saint-Désiré, mais aussi de commerces à proximité d’Intermarché, de professionnels de santé à la maison pluridisciplinaire du nord de la Ville comme à la Boule Noire, ou encore la réouverture de l’ancien centre mutualiste de santé.

    Certains projets d’aménagement sont à définir avec les habitants. « J’habite la ville, mais je n’habite pas partout. Il faut utiliser les instances participatives pour imaginer la commune de demain », affirme Frédéric Vigouroux. Notamment sur la question du logement : « De nombreux jeunes Miramasséens veulent revenir ici bâtir leur famille, preuve que la ville est attractive. Ces gens nous demandent de construire. Donc on a un gros travail à faire sur le thème : comment la ville se réinvente sur elle-même, sans sur bétonner et en préservant la nature, l’environnement et l’agriculture. C’est ça qu’on va écrire avec les habitants dans le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal de 2028. »

    Des réunions thématiques seront organisées dans les semaines à venir pour co-construire le programme. La première aura lieu le 22 janvier. Le projet électoral définitif devrait être annoncé le 19 février. La liste, sans étiquette, est ouverte à tous les partis « sauf un ». Entendre : le RN. « Il y aura des visages connus, avec un rajeunissement mais une ossature importante de personnes expérimentées », affirme le maire candidat. Rendez-vous « dans quelques semaines », pour connaître les noms.

  • [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    La Marseillaise : Vous multipliez en ce début d’année les inaugurations, du Zénibus à l’extension du tramway T3… C’est une « révolution des transports » ou seulement un premier pas ?

    Martine Vassal : C’est une avancée énorme par rapport à ce qui s’est passé précédemment. Nous sommes vraiment sur une révolution des transports qui commence aujourd’hui. Nous avons fait Miramas il y a quelques mois, lundi nous avons fait le bus à haut niveau de service entre Plan-de-Campagne et Marignane… À Marseille, on relie tous les quartiers : avec le T3, le B4 et le B5, on relie le Nord à l’Est et au Sud, nous avons aujourd’hui un maillage, en complément de ce qui existe aujourd’hui.

    Les services de l’État étaient inquiets pour l’extension
    du tramway sur les enjeux d’accessibilité, d’aménagements cyclables. Vous avez pu
    les rassurer
     ?

    M.V. : Tout à fait. Et même dans le métro on a rendu accessibles un certain nombre de stations alors que c’est plus compliqué, il faut faire installer des ascenseur. mais maintenant il y a le Prado, Castellane…

    Il y a quand même un retard significatif.

    M.V. : Il y avait un retard significatif sur tout ! Les dates historiques, c’est : 1977, l’inauguration du métro avec Gaston Defferre ; 2007, le tramway avec Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier. Et aujourd’hui, 2026, c’est Martine Vassal ! Pendant cette période, les présidents d’intercommunalité ont préparé ce qu’on inaugure aujourd’hui. Ils avaient une vision que j’ai développée pour arriver à ce résultat. Mais derrière, il y avait une partie financière, je n’ai eu de cesse d’aller chercher des financements à l’Europe, à la Région, à l’État, au Département. Et j’ai augmenté l’investissement de manière très forte : quand je suis arrivée en responsabilité, il était à 80 millions d’euros par an, il est passé à 300 millions, ça a mis un coup de boost.

    Au Sud pour le tramway, il y a un goût d’inachevé : il n’y a pas encore de parking relais
    à la Gaye, il ne va pas jusqu’à
    la Rouvière…

    M.V. : Le parking relais de la Gaye, c’est un engagement que j’ai pris. On a lancé les études, il va se faire. En attendant, nous avons souhaité faire un parking relais intermédiaire d’une cinquantaine de places. Mais aujourd’hui, j’attends toujours les autorisations de la Ville de Marseille. S’il y en a un qui me met des bâtons dans les roues, c’est la Ville de Marseille, comme d’habitude. Ce qui les embête, c’est que nous on a une vision, on avance, mais eux ils essaient de nous faire reculer. Pour la Rouvière, il était prévu à l’origine un arrêt dans le rond-point, cela ne se fait pas. Nous sommes en train de voir avec la mairie de secteur si on peut faire une station après le rond-point. La difficulté c’est qu’on n’a pas eu un assentiment de la population à ce niveau-là ni au niveau du passage sur la montée de la colline Saint-Joseph. Il faut le remettre à plat.

    Au Nord, il y a de l’impatience pour la phase 2 de la prolongation du tramway, et en même temps on voit les marchés déjà lancés pour le tramway des Catalans…

    M.V. : On a voté à l’unanimité le plan de déplacement métropolitain en 2021. L’idée d’origine c’est de partir du centre-ville pour aller en étoile. Si à chaque fois qu’il vient un nouvel exécutif on change tout, on ne fait rien. À partir de la rue de Lyon, la mairie de secteur a voulu changer le tracé, mais quand vous changez un tracé de manière aussi importante pour passer par le littoral, vous repartez de zéro. Ils peuvent nous dire merci, on a été ultrarapides. Pour les Catalans, le projet est prêt : est-ce qu’on devrait l’arrêter pour en faire un autre ? Mais l’autre je ne peux pas aller plus vite ! C’est un transport qui est dans la ZFE, qui va permettre de faire des pistes cyclables, de réguler la circulation. J’attends toujours le merci ! Et il y a une autre branche importante, la partie Belle de Mai, et on va aller jusqu’au Merlan. Mais ils nous ont bloqué pendant cinq ans, on n’a pas encore pu lancer les appels d’offres ! Les blocages, c’est la Ville de Marseille.

    En attendant, les bus sont saturés pour aller à la Belle de Mai, pourquoi il n’y a pas plus de moyens ?

    M.V. : Parce qu’il me faut des caméras de vidéosurveillance, il me faut de la police. Vous avez pris le boulevard National ? Vous avez vu le gymkhana qu’il faut faire ? C’est quand même inacceptable, il faut de la police sur place pour faire la circulation.

    Il y a le tramway, et puis il y a le métro… Le métro à 21h30, c’est fini quand ?

    M.V. : Vous allez me dire qu’il y a du retard sur un chantier à 580 millions d’euros ? Ce sera au mois de mai ou juin, au printemps. Ca arrive ! Il aurait été beaucoup plus facile d’arrêter complètement le métro toute la journée, on aurait gagné deux ans. Mais je n’ai pas voulu pénaliser les Marseillais. Il n’y en a que 4 000 qui prennent le métro après 21h30, et il y a des bus de substitution. Pour adapter le dispositif qui avait cinquante ans, mettre du neuf sur du vieux, c’est très compliqué. Les rames, elles, sont bien là.

    Depuis le 1er janvier la RTM est soumise à un nouveau contrat d’obligation de service public qui veut l’« exposer aux aléas du marché ». Cela ne risque pas de la fragiliser ?

    M.V. : Ce ne sera pas privatisé. La RTM se modernise, elle avance, c’est un partenaire en qui nous avons entièrement confiance. Vivement le mois de mars qu’on passe ces élections et qu’on n’en fasse plus un enjeu électoral pour dire n’importe quoi…

    La RTM demandait 600 millions d’euros de plus, la Métropole lui disait que c’était « inacceptable »…

    M.V. : C’est normal, c’est une négociation. La RTM va avoir un développement considérable dans les années à venir, son chiffre d’affaires a considérablement augmenté avec les nouvelles lignes. Sur le métro, on va doubler la fréquence ! Les rames vont être automatisées, il y aura plus de personnes. Je suis de tout cœur avec la RTM, avec les contrôleurs dont un s’est encore fait agresser cette semaine. Dans les jours qui viennent, le groupement de protection va avoir la caméra et les armes non létales !

    En quelle année les Marseillais pourront avoir des transports à la hauteur de ce qu’on voit à Lyon, ou Toulouse ?

    M.V. : 2026. Ça commence aujourd’hui.

    La gratuité des transports à Aubagne sera-t-elle maintenue ?

    M.V. : Quand le Val’tram arrivera, on verra à ce moment-là. Le nouvel exécutif de la Métropole décidera ce qu’il va faire.

    On a l’impression que le Marseille des bus est mis de côté par rapport au Marseille des tramway. À la Savine, les habitants réclament le retour de bus la nuit…

    M.V. : On a travaillé sur une mise à plat complète du réseau de bus, cela faisait trente ans que ça n’avait pas été revu. L’arrivée des nouvelles lignes fait que automatiquement on va changer le dispositif. Quand tout cela sera en action, dans les mois qui viennent, on appliquera ce qui a été concerté avec les habitants, secteur par secteur.

  • L’extension du tramway mise en service

    L’extension du tramway mise en service

    Un gros coup appuyé sur l’immense buzzer rouge vif, et la nouvelle rame de tramway se dévoile. La foule était dense ce mercredi midi, sur les bords du nouveau terminus du T3 à Capitaine-Gèze (15e), pour la mise en service commerciale de l’extension du tramway marseillais sur douze stations, au nord et au sud de la ville. « Il est haut, il est immense ! », soufflent sur le quai les collégiens de l’établissement privé Loyola (15e). Avant que la cohue des premiers voyageurs ne s’engouffre dans la rame.

    « Ce n’est plus une chimère et encore moins un caprice, c’est une réalité tangible au service des habitants de la ville », célèbre la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, après le premier arrêt du voyage inaugural. Inscrite parmi les seize projets du volet mobilité Marseille en grand, cette extension a bénéficié d’un soutien exceptionnel de l’État à hauteur de 50 millions d’euros, sur les 350 millions du projet (dont 102 millions de la Métropole). « Les transports sont particulièrement importants dans une ville de la taille de Marseille, sans ambition nous n’aurions pas de cohérence », souligne le préfet Jacques Witkowski. La veille, il a lui-même signé les arrêtés autorisant la circulation des quinze nouvelles rames, avec une série de nouvelles prescriptions qui réclament encore une fois la finalisation des aménagements urbains (notre édition du 27/12). De derniers réglages pour ces 6,2km de nouveaux rails, permettant de rallier Belsunce depuis Gèze en 13 minutes, la place Castellane depuis la Gaye en 16 minutes. Au total, 93 000 voyageurs quotidiens sont attendus à l’horizon 2030.

    La campagne sur les rails

    « Nous avons fait en temps, en heure, en respectant les budgets », célèbre sur l’estrade dressée la présidente (DVD) de la Métropole, remerciant les institutions qui ont apporté leur obole. Avant de s’en prendre, à mots couverts, à la municipalité marseillaise, déplorant « le manque de vision de certains élus en poste ». C’est qu’au milieu des remerciements, la maire adjointe (DVG) Samia Ghali n’avait pas hésité à doucher l’enthousiasme. « Cet instant, c’est juste une remise en ordre de ce qui était en désordre », taclait-elle, attendant encore la phase 2 de l’extension jusqu’à la Bricarde. « Mais au-delà de ça, c’est aussi important d’avoir des bus qui ne s’arrêtent pas à 19h quand on habite à la Savine, à la Solidarité, à Kallisté », ajoutait-elle. « Avec de la police municipale », se contente de répondre la présidente de la RTM.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Laure-Agnès Caradec

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Laure-Agnès Caradec

    Municipales, Marseille, narcotrafic, transports, accords à droite…

    À vous la parole ⬇️

  • Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    À deux mois et demi des municipales, quel parti sortira vainqueur de ce scrutin à un an de la présidentielle ? Dans l’Hérault, le Rassemblement national (RN) veut confirmer ses scores réalisés aux précédents scrutins (34,98% des suffrages exprimés aux élections européennes de 2024, cinq députés élus sur les neuf que compte l’Hérault lors des législatives de 2024) et tentera de remporter sa première commune du département. Et ainsi lorgner sur Béziers pour ravir la place au seul maire d’extrême droite de l’Hérault, Robert Ménard. S’il n’a pas encore officiellement désigné de candidat dans la cité de Riquet – le député Julien Gabarron est pressenti – le RN a néanmoins avancé ses pions à Agde en désignant le député Aurélien Lopez-Liguori comme tête de liste face au maire sortant Sébastien Frey (LR). À Sète aussi le risque d’une victoire de l’extrême droite existe : Aurélien Lopez-Liguori avait été élu dès le premier tour aux législatives de 2024. Le RN a désigné Sébastien Pacull pour ravir l’Île singulière. D’autant que la droite se retrouve fragilisée dans ces deux dernières villes. Alors qu’elle régnait depuis plus de vingt ans sans partage, les déboires judiciaires des deux ex-édiles (Gilles d’Ettore à Agde et François Commeinhes à Sète), démissionnaires, sapent la confiance des électeurs.

    La gauche va donc devoir batailler pour mobiliser face aux velléités de l’extrême droite. Malgré les bons scores réalisés aux dernières législatives par le NFP (4 députés élus), force est de constater que les forces de gauche partent souvent désunie dans la plupart des communes pour le premier tour. Si à Béziers, l’union s’est réalisée avec le Printemps de Béziers de Thierry Antoine (EELV-PS-PCF-PP), LFI, menée par le tandem David Ocard et Wissal El-jarrari, fait cavalier seul. Même schéma à Sète : alors que la liste Nouvelle Page regroupe le PCF, LFI et EELV autour de Laura Seguin, les socialistes ont décidé de partir de leur côté avec Sébastien Denaja.

    À Castelnau-le-Lez, la gauche n’a pas su tirer profit des divisions de la droite (entre le maire sortant Frédéric Lafforgue et Julien Miro) puisque Écologistes et le PS partiront chacun de leur côté.

    Une désunion à l’œuvre même dans les communes où l’extrême droite est faible, à l’instar de Montpellier où le maire PS Michaël Delafosse (pas encore déclaré) doit affronter au premier tour, entre autres Nathalie Oziol (LFI) et Jean-Louis Roumégas (EELV). Alors que l’union est plébiscitée par les électeurs de gauche, ces configurations les démobiliseront-ils ? L’enjeu de la participation sera en effet une des clés du scrutin des 15 et 22 mars.

  • Cécile Helle dresse le portrait chinois de son successeur

    Cécile Helle dresse le portrait chinois de son successeur

    À l’inverse des séances du conseil municipal, ce genre de rendez-vous de début d’année dans les quartiers manqueront à Cécile Helle dans trois mois quand elle aura quitté l’Hôtel de ville. La maire (PS) affectionne ces cérémonies de vœux, permettant d’être au plus près des habitants « pour nourrir ma réflexion et projets », redit-elle, ce mardi soir à la maison commune Nord, théâtre du coup d’envoi de ce « marathon » *. Une année « dans un contexte singulier », puisque des municipales auront lieu dans deux mois (15-22 mars), interdisant au maire de faire l’éloge de son action et projets, et « parce que j’ai fait le choix de ne pas solliciter de 3e mandat ».

    Cécile Helle estime avoir fait le job : « Je crois en l’action par la preuve, la transformation de la ville est suffisamment tangible pour ne pas avoir à le dire », revendique la première magistrate qui se permet « deux pas de côté » en citant deux exemples concrets sur le quartier, le démarrage de la rénovation urbaine à la Reine-Jeanne et la Grange d’Orel ou le rôle de l’épicerie sociale et solidaire. Son discours d’une vingtaine de minutes a aussi été l’occasion de s’épancher sur la façon de concevoir son rôle de maire et de dresser un portrait chinois de son successeur possible à gauche. Au sein de la majorité, le renoncement la veille de Joël Peyre – absent mardi soir a rebattu les cartes. Les deux adjoints candidats déclarés, David Fournier (PS) et Paul-Roger Gontard (La Convention) étaient présents tout comme Zinèbe Haddaoui (ex-PS), membre d’Avignon citoyen, collectif pas vraiment en phase avec la méthode Fournier et qui pourrait pencher vers Mathilde Louvain (LFI).

    « Être maire a été un engagement exclusif, on n’imagine pas le don de soi et l’énergie que cela demande, quand un drame survient dans la ville, cela nous touche directement au cœur », prévient Cécile Helle. Dans l’assistance, David Fournier, semble acquiescer. Encore plus quand la maire parle de « proximité et d’humanité » et « souhaite la continuité par rapport à 2014 ». « Je souhaite le meilleur pour Avignon et je ne doute pas que c’est ce qu’il se passera », conclut-elle.

    « Je suis membre du PS, il n’y aura pas de surprise »

    En aparté avec la presse, elle accepte de se livrer un peu plus. En décembre, avant son ultime conseil municipal, Cécile Helle nous confiait avoir « une préférence ». S’est-elle évaporée avec Joël Peyre ? « J’ai toujours dit que ma préférence était celle du candidat du rassemblement à gauche », détourne-t-elle en reconnaissant que « Joël Peyre avait des qualités » pour être maire. Difficile désormais de l’imaginer ne pas se tourner « avant la fin du mois » vers David Fournier. « Je suis membre du PS, il n’y aura pas de surprise dans la manière de me positionner », lâche Cécile Helle. Le candidat inaugure ce samedi son local de campagne. Des échanges entre les intéressés ont lieu pour formaliser ou pas la présence, et donc le soutien, de la maire ce jour là. « Je n’ai pas encore décidé », conclut-elle.

    * Huit autres cérémonies
    sont encore prévues jusqu’au 28
     janvier à Montfavet en clôture. Dont la suivante dès ce mercredi pour la Barthelasse (18h30, société nautique).