Category: politique

  • Les voix de la Belle de Mai veulent être entendues

    Les voix de la Belle de Mai veulent être entendues

    Profiter des élections municipales pour dire « entendez-nous ». C’est le sens de la conférence de presse organisée au LaboFriche de la Friche Belle de Mai, mercredi, par des habitants, usagers et associations du 3e arrondissement. Parmi eux, Fairville, L’appel de mai, la Comac, le collectif On le fait pour nous et treize autres organisations réunies dans le Collectif d’accès aux droits du 3e.

    Ce quartier souvent dépeint comme le plus pauvre d’Europe, « avec ses vulnérabilités multidimensionnelles, a besoin d’une approche multisectorielle », explique Alima El Bajnouni, membre d’Un centre-ville pour tous et responsable de l’association Appuii, avant d’énumérer les problématiques relevées.

    Les deux principales (accès aux droits – services publics et Conditions de logement) ont été mises en avant dans une enquête réalisée par Action contre la faim, comme le rappelle Kheira, du collectif On le fait pour nous. Au total six thématiques sont ciblées avec des cas très concrets.

    « Discrimination »

    La question de l’espace public dans sa dimension propreté, voirie, accessibilité ou sécurité, et celle des transports concernent la Métropole, et sont les plus discutées. Douja n’hésite pas à parler de « discrimination » en pointant « les bus 31, 32, 33, 34 toujours remplis », « l’arrêt St-Mauront du 82 » suspendu en raison d’un point de deal, la nécessité de prolonger les horaires des lignes 56 et 49 après 19h30, ou l’absence d’abribus…

    Au fond de la salle, Faiza prend la parole pour défendre les élèves de l’école Vaillant envoyés dans le 14e, « de l’autre côté de Plombières », sans solution de transport. Le tram qui doit traverser la Belle de Mai est aussi l’objet de vives inquiétudes, les représentants du collectif Qu’est-ce qui s’tram ?, pointant le manque de transparence du projet. État des écoles Cadenat et Révolution, éclairage public, accès aux stages, baisse des financements aux associations, espaces verts et relogement animent la discussion.

    Présent dans la salle, Abdallah Salim Alladine, le candidat de la France insoumise sur le secteur, abonde lorsqu’il est question du manque de transparence dans les attributions de logements sociaux, ciblant le bailleur social de la municipalité… Le Printemps marseillais, justement, a déjà répondu au courrier adressé par le collectif. « Pour une fois », tacle Kheira. « Ce courrier a été envoyé à tous. Qui que ce soit qui est élu, nous veillerons à ce que les engagements soient tenus », conclut Alima.

  • Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Au milieu des agrès de la rue des enfants de l’école Friedland ce mercredi, dans le 6e arrondissement de Marseille, c’est en commençant par un regard dans le rétroviseur que l’actuel adjoint (G.s) à l’éducation, Pierre Huguet, démarre la présentation du programme du Printemps marseillais pour les écoliers. « En 2020, nous avons fait de l’école la priorité », souligne le président du groupe Printemps marseillais, rappelant la Une de Libération, le 2 février 2016, qui désignait les établissements de la ville comme « la honte de la République ». Six ans plus tard, il se félicite des travaux réalisés dans toutes les écoles, des moyens redonnés pour le service public de l’éducation. « Bien sûr, nous n’avons pas tout fait, mais qui pensait qu’en six ans, nous allions rattraper vingt-cinq ans de retard ? » concède-t-il.

    Petits-déjeuners gratuits

    Alors, l’adjoint tête de liste pour le Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements promet : « Nous allons continuer le travail réalisé et élargir encore notre action. » à commencer par une heure d’accueil gratuite, entre 16h30 et 17h30, pour que les enfants puissent faire leurs devoirs à l’école. « Ce que j’ai pu constater, c’est que les principales ruptures d’égalité se font en dehors du temps scolaire », appuie Pierre Huguet. Dans la même veine, le nombre de places d’accueil en centre aéré, le mercredi et pendant les vacances, doit passer de 6 000 aujourd’hui à 12 000, afin de proposer au plus grand nombre des activités culturelles et sportives. « Cela permet de répondre aux besoins des familles et de corriger les inégalités », souligne l’élu, qui confie en aparté l’ambition de restructurer la filière de l’animation pour lutter contre la précarité dans ce secteur. Des mesures qui ne sont pour l’instant pas chiffrées. « Une fois qu’on a la volonté, on peut trouver des moyens », assure-t-il.

    Pour réduire cette fracture sociale, le Printemps marseillais compte aussi sur des kits scolaires à la valeur doublée, veut proposer des petits-déjeuners gratuits pour toutes les élèves des quartiers prioritaires, étendre la cantine gratuite à 15 000 enfants (contre 10 000 aujourd’hui). à ses côtés, l’auteur Rachid Zerrouki, connu sous le pseudo Rachid l’Instit’, opine. « L’alimentation, la cantine ont un poids très concret sur la santé de nos élèves, ce qui fait qu’ils arrivent le matin en étant apte à apprendre », souligne le professeur coordinateur d’un micro-collège pour décrocheurs, venu soutenir le Printemps marseillais. Sans être candidat, précise-t-il.

    La transformation des cantines justement doit se poursuivre avec la construction de cantines de proximité. Leur nombre n’est pas encore défini. « La première, on l’a annoncée à Saint-Antoine-de-Palanque, et nous travaillons sur un second site à Château-Gombert, commente l’adjoint. C’est un plan qui va prendre dix à douze ans, il faut mobiliser du foncier. »

    La rénovation des écoles doit se poursuivre, à son rythme de croisière désormais atteint. Malgré l’ombre au tableau, le signalement au parquet réalisé par l’ancien préfet de région. « ça ne doit pas venir brouiller le signal positif envoyé sur les écoles, défend Pierre Huguet. Aujourd’hui, on a une enquête, on verra les conclusions. Mais cela n’enlève en aucune matière les engagements qui ont été pris. »

  • Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Le Printemps marseillais mise sur le périscolaire

    Au milieu des agrès de la rue des enfants de l’école Friedland ce mercredi, dans le 6e arrondissement de Marseille, c’est en commençant par un regard dans le rétroviseur que l’actuel adjoint (G.s) à l’éducation, Pierre Huguet, démarre la présentation du programme du Printemps marseillais pour les écoliers. « En 2020, nous avons fait de l’école la priorité », souligne le président du groupe Printemps marseillais, rappelant la Une de Libération, le 2 février 2016, qui désignait les établissements de la ville comme « la honte de la République ». Six ans plus tard, il se félicite des travaux réalisés dans toutes les écoles, des moyens redonnés pour le service public de l’éducation. « Bien sûr, nous n’avons pas tout fait, mais qui pensait qu’en six ans, nous allions rattraper vingt-cinq ans de retard ? » concède-t-il.

    Petits-déjeuners gratuits

    Alors, l’adjoint tête de liste pour le Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements promet : « Nous allons continuer le travail réalisé et élargir encore notre action. » à commencer par une heure d’accueil gratuite, entre 16h30 et 17h30, pour que les enfants puissent faire leurs devoirs à l’école. « Ce que j’ai pu constater, c’est que les principales ruptures d’égalité se font en dehors du temps scolaire », appuie Pierre Huguet. Dans la même veine, le nombre de places d’accueil en centre aéré, le mercredi et pendant les vacances, doit passer de 6 000 aujourd’hui à 12 000, afin de proposer au plus grand nombre des activités culturelles et sportives. « Cela permet de répondre aux besoins des familles et de corriger les inégalités », souligne l’élu, qui confie en aparté l’ambition de restructurer la filière de l’animation pour lutter contre la précarité dans ce secteur. Des mesures qui ne sont pour l’instant pas chiffrées. « Une fois qu’on a la volonté, on peut trouver des moyens », assure-t-il.

    Pour réduire cette fracture sociale, le Printemps marseillais compte aussi sur des kits scolaires à la valeur doublée, veut proposer des petits-déjeuners gratuits pour toutes les élèves des quartiers prioritaires, étendre la cantine gratuite à 15 000 enfants (contre 10 000 aujourd’hui). à ses côtés, l’auteur Rachid Zerrouki, connu sous le pseudo Rachid l’Instit’, opine. « L’alimentation, la cantine ont un poids très concret sur la santé de nos élèves, ce qui fait qu’ils arrivent le matin en étant apte à apprendre », souligne le professeur coordinateur d’un micro-collège pour décrocheurs, venu soutenir le Printemps marseillais. Sans être candidat, précise-t-il.

    La transformation des cantines justement doit se poursuivre avec la construction de cantines de proximité. Leur nombre n’est pas encore défini. « La première, on l’a annoncée à Saint-Antoine-de-Palanque, et nous travaillons sur un second site à Château-Gombert, commente l’adjoint. C’est un plan qui va prendre dix à douze ans, il faut mobiliser du foncier. »

    La rénovation des écoles doit se poursuivre, à son rythme de croisière désormais atteint. Malgré l’ombre au tableau, le signalement au parquet réalisé par l’ancien préfet de région. « ça ne doit pas venir brouiller le signal positif envoyé sur les écoles, défend Pierre Huguet. Aujourd’hui, on a une enquête, on verra les conclusions. Mais cela n’enlève en aucune matière les engagements qui ont été pris. »

  • Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Des cinq listes qui briguaient la mairie de Pézenas en 2020, il ne devrait en rester que deux, le 15 mars. Celle du maire PS sortant, Armand Rivière, qui a sonné il y a 6 ans le glas de l’hégémonie de la droite d’Alain Vogel-Singer. Condamné pour « prise illégale d’intérêt » en 2017, l’ancien maire de droite a finalement eu gain de cause en 2021 en cassation pour un vice de procédure. Si un retour n’est pas à exclure, il a depuis perdu en influence.

    La seconde liste connue à ce jour est celle du macroniste Philippe Huppé. L’ancien député (2017-2022) LREM puis Agir Ensemble est vu par la majorité de gauche comme un « parachuté ». La 5e circonscription de l’ancien maire d’Adissan n’étant pas celle de Pézenas (4e). Pour le reste, pas de liste LFI ni de RN à l’horizon.

    Formations diversifiées

    et création d’emplois

    Est-ce à dire que le maire sortant a convaincu en 6 ans ? « Compte tenu de la situation de la Ville à notre arrivée, du Covid et de la guerre en Ukraine, le bilan nous satisfait, même si on peut toujours faire mieux », positive Armand Rivière. La « cantine dès 1 euro avec tarifs progressifs » est une fierté. De même que la réfection de l’avenue de Verdun (11 ME), la remise en culture de la ferme de L’Auribelle sur 14ha ou encore la belle dynamique culturelle (400 ans de Molière, festival Boby Lapointe…).

    Sans être le fruit d’un accord de partis, sa liste ouverte à la société civile, qui compte des socialistes, écologistes ou communistes, défend des « valeurs de gauche ». Dans le bassin de vie d’Agde parmi les plus sinistrés de France, A. Rivière veut « redonner de la dignité ». Bonne nouvelle : le décret du ministère est imminent pour acter le dispositif « Territoire zéro chômeur » à Pézenas. Des embauches en CDI sont donc attendues dans « des secteurs non concurrentiels où des besoins sont non couverts » (utilité sociale, conciergerie de quartier, accompagnement à la mobilité…). A. Rivière veut coupler cet outil au développement de la formation, en lien avec les activités locales comme la « filière viande » (abattoirs) ou les « métiers d’art » (chanson, théâtre). Côté constructions, le quartier Saint-Christol (24ha) offrira 584 logements, dont certains aidés. Le centre aquatique et la piste d’athlétisme seront « rénovés ». Un « plan fraîcheur » va être engagé dans les écoles et dans la ville avec « un square ou un jardin rénové chaque année ». Le tout via des ateliers participatifs. « Je n’ai pas la science infuse, je suis à l’écoute », insiste le maire PS.

  • Élections municipales : ces jeunes candidats témoignent

    Élections municipales : ces jeunes candidats témoignent

    Dylan Douang Roux, Vivre mieux (liste de Bruno Aubry) Bouc-Bel-Air (13)

    « On a beau parler, personne n’écoute »

    « On a beau parler, personne n’écoute les jeunes. C’est pour cela que j’aimerais les représenter. » À tout juste 18 ans et encore lycéen, Dylan Douang Roux a décidé de devenir candidat à Bouc-Bel-Air, sur la liste « Vivre mieux » menée par Bruno Aubry (DVG). « Son programme m’a beaucoup plu. Déjà parce que j’aime bien l’écologie. Et aussi parce qu’il nous a proposé de faire une partie jeunesse. »Invité par une amie à l’inauguration de la permanence de campagne du candidat, il a souhaité rejoindre la liste. Une façon pour lui de montrer que l’on peut s’investir en politique. « Mes collègues ne sont pas hyper intéressés. Mais depuis que je suis candidat, ils s’en préoccupent plus, constate le bachelier en métiers de l’électricité et de ses environnements connectés (Melec). ça montre qu’on peut rentrer dans un parti jeune. Ça peut les motiver. » Dylan Douang Roux, Boucain de longue date, veut permettre aux plus jeunes de découvrir le plus tôt possible la diversité des métiers qui existent. Il entend également organiser des rencontres entre jeunes et personnes âgées au sein de sa commune.

    Eva Janus

    Selma Bechagra, Pour Martigues ! (liste de Gaby Charroux) Martigues (13)

    « Nous sommes les citoyens de demain »

    Travailleuse sociale de 21 ans et ancienne animatrice Bafa, Selma Bechagra a décidé, cette année, d’être candidate sur la liste menée par le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) pour les municipales. Un engagement né en constatant les aides mises en place par la municipalité sortante.

    « À Martigues, il y a des aides pour passer le Bafa par exemple, avec un stage rémunéré, ce qui est rare. J’en ai profité et je veux que d’autres en profitent. J’ai donc voulu défendre ça, sachant que j’ai un petit frère, une petite sœur, des cousins. J’aimerais qu’eux aussi en bénéficient », explique la jeune candidate. En tant que travailleuse sociale, elle voit également comment les aides de la Ville accompagnent certaines personnes. « Évidemment, cela peut être amélioré, mais la mairie fait beaucoup. » Pour défendre ces mesures et encouragée par un membre de sa famille, la jeune femme décide alors de s’investir sur la liste de Gaby Charroux.

    Sa candidature est aussi un moyen de mobiliser les jeunes autour d’elle. « Avant, je ne m’intéressais pas à la politique et mes amis autour de moi, c’est pareil, se désole-t-elle. Mais une fois qu’on m’a donné accès à quelques informations, je me suis dit qu’en fait, c’est important de s’engager. Parce que nous sommes les citoyens de demain. »

    E.J.

    Mazy Djezzar, Génération écologie (liste de David Fournier) Avignon (84)

    « Rien ne change si on n’est pas élu »

    À 27 ans, Mazy Djezzar connaît déjà sa 3e campagne électorale. Le référent vauclusien de Génération écologie est en lice aux côtés de David Fournier (PS), après avoir déjà œuvré aux municipales de 2020 sur la liste EELV de Jean-Pierre Cervantès puis l’année suivante aux régionales.

    Prof de maths dans deux collèges avignonnais, il s’est intéressé à la politique par le prisme du militantisme associatif autour de l’environnement, dans son quartier des Grands-Cyprès. Collecte de déchets, ambassadeur du tri, « j’avais envie de faire plus et rien ne peut changer si on n’est pas élu », souligne le jeune homme. Un avis guère partagé dans son entourage. « Quand je me suis engagé, j’ai eu un manque de soutien entre ceux qui disaient que la politique ne servait à rien et ceux qui ne s’y intéressaient pas du tout », se souvient-il. Il constate aussi l’effet des réseaux sociaux : « Les jeunes connaissent les politiques juste par ce qu’ils font, mais pas pour leurs idées. » Et s’arme de pédagogie : « J’écoute, j’ai un peu de bagage pour les convaincre de voter, mais l’Éducation nationale doit remplir son rôle et offrir de la maturité citoyenne. »

    F.C.

    Sasha Quiles, Demain Sisteron ! (liste de Zoé Lerouge) Sisteron (04)

    « Tout le monde a sa parole à donner »

    À 25 ans, Sasha Quiles, salarié dans une ressourcerie, a décidé pour la première fois de se porter candidat aux municipales sur la liste citoyenne « Demain Sisteron ! » (Alpes-de-Haute-Provence), menée par Zoé Lerouge. Arrivé dans la ville il y a trois ans, il ne se voyait pas « vivre à un endroit sans s’investir dans la communauté dans laquelle [il] habite ».

    Pour ce cégétiste, cette décision est motivée par la volonté de refaire vivre la démocratie locale et mobiliser les jeunes. « On est dans une époque où il y a un recul de la confiance envers la démocratie. Participer à cette vie publique et politique, c’est aider à redonner confiance aux gens envers la politique directe. Parce que les municipales, c’est la politique du quotidien. »

    Une politisation qui s’est en quelque sorte imposée au jeune homme : « Mon frère est handicapé de naissance, donc les luttes liées à cette question m’ont touché. J’ai grandi à l’époque de la Manif pour tous, et vis-à-vis de ma sexualité, j’ai très vite compris que ce serait un combat de tous les jours. […] En m’investissant dans ces municipales, je veux montrer qu’on peut tous mettre notre pierre à l’édifice et que tout le monde à sa parole à donner. »

    E.J.

  • Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

    Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

    « Les citoyens auront du mal à croire que celui qui fait la loi ne la connaît pas. » Alors que le sénateur Stéphane Ravier, ancien membre du Rassemblement national puis de Reconquête, et sa nièce Sandrine d’Angio sont sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Marseille, ce mardi, le procureur de la République donne le ton de l’audience qui s’y est déroulée.

    Pendant plusieurs heures, le tribunal a débattu de leur rôle dans l’utilisation des deniers publics lorsqu’ils étaient maires du 7e secteur, les soupçonnant de faits de favoritisme. En cause ? Le recours à deux sociétés, « liées car présidées par le même couple » comme le note la présidente du tribunal, pour la création d’un nouveau site web pour la municipalité et la gestion de celui-ci entre 2016 et 2018. Le tout « en n’ayant recours à aucune procédure de marché public, aucune mise en concurrence, aucune publicité ».

    Pour la mandature de Stéphane Ravier, les montants cumulés des différentes prestations s’élèvent à 46 760 euros hors taxe et 26 275 euros pour celle de Sandrine d’Angio. Donc au-dessus du seuil de 25 000 euros qui oblige les collectivités à des procédures de marchés publics avec les obligations légales qui vont avec. Les prestations étaient scindées en plusieurs devis et autres bons de commande entre les deux sociétés, avec un maximum de 24 000 euros et des brouettes. Et via des documents aux dénominations parfois bien similaires, des factures « création de site web » revenant à plusieurs reprises par exemple, à des dates très proches.

    Saucissonnage ou pas ?

    La question est de prouver un lien entre ces entreprises dans le service fourni. Et in fine, un partage des prestations afin d’éviter ce seuil des 25 000 euros. Le procureur y voit là « une tentative grossière de saucissonnage ». Pour lui, « les faits de favoritisme sont avérés » : « Le même jour, on a deux devis. Le devis de l’une des sociétés fait référence au devis de l’autre, les documents établissent eux-mêmes une homogénéité. Il y a le même actionnariat, aucune différence réelle de prestations […], une seule commande de l’autorité politique. »

    La défense assure de son côté que les prestations étaient bien différentes. « Les éléments qui lient les sociétés sont apparus pendant l’enquête, on ne peut pas leur reprocher de ne pas l’avoir su […]. Dire que 24 000 euros, c’est près de 25 000 et donc que c’est suspect relève de la divination », a plaidé le conseil de Stéphane Ravier et Sandrine d’Angio.

    La défense de Stéphane Ravier consiste à cantonner son rôle à une action purement politique et renvoie la responsabilité à son directeur financier. « Je donne les consignes et l’administration administre. J’ai demandé à ma directrice de cabinet la création d’un nouveau site, point barre », explique-t-il. « Le directeur du service financier ne m’alerte pas, j’avais aucune raison de m’inquiéter. […] Sur les feuilles, au milieu de centaines d’autres factures, il y avait déjà des signatures », développe-t-il.

    Lui comme Sandrine d’Angio certifient n’avoir aucun lien avec les sociétés en question, leur direction ou les actionnaires. Même schéma de défense pour sa nièce qui a pris sa succession à la mairie de secteur en 2017, et donc signé d’autres factures dans la foulée. Sa signature sur un bon de commande ? « Oui, mais je ne sais pas à quoi ça correspond. »

    Le procureur a requis six mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour les deux. La décision du tribunal est attendue mardi 17 février.

  • Orange : la préfecture confirme les recours d’un Bompard toujours maire

    Orange : la préfecture confirme les recours d’un Bompard toujours maire

    Y aura-t-il un maire éphémère à Orange après Yann Bompard ? Plus les jours passent, moins l’hypothèse a de l’épaisseur (notre édition de ce mardi). Ce mardi, dans un communiqué, la préfecture a confirmé la stratégie judiciaire du maire (Ligue du sud) condamné et inéligible pour tenter d’étirer son mandat jusqu’au bout. « Yann Bompard ayant déposé un recours le 6 février contre l’arrêté de démission d’office de conseiller municipal et de maire devant le tribunal administratif de Nîmes, l’arrêté est suspendu jusqu’à ce qu’il soit statué sur sa requête », fait valoir la préfecture. Une requête qui sera étudiée le 6 mars, soit une semaine avant le 1er tour des municipales.

    Pour rappel, le 26 janvier dernier le tribunal de Marseille a reconnu Yann Bompard coupable de détournements de fonds publics, le condamnant notamment « à la privation de son droit d’éligibilité pour une durée de cinq ans avec exécution provisoire », note la préfecture. Le lendemain, le préfet a donc pris ce fameux arrêté de démission d’office. Or Yann Bompard, l’a donc contesté, entraînant le gel de la décision. Et ce, selon l’entourage du maire, pour ne « pas entraîner de latence » dans la gestion des affaires courantes. Quoi qu’il arrive au tribunal administratif, Yann Bompard ne pourra pas se présenter aux municipales.

  • À Toulon, les progressistes prônent transparence et contrôle renforcé

    À Toulon, les progressistes prônent transparence et contrôle renforcé

    Dans une ville et un département où se concentre l’un des plus grands nombres d’élus « démissionnés » par la justice, mieux vaut prendre la question au sérieux et réfléchir à des outils permettant d’éviter que d’autres ne s’écartent demain, volontairement ou non, du droit chemin. C’était tout le sens du forum organisé, ce mardi soir au Télégraphe, par la liste Toulon en commun, en compagnie d’Eva Joly et du journaliste d’investigation Claude Ardid.

    « L’ancien maire, président de la Métropole et ancien-président du conseil départemental, Hubert Falco, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité pour recel de détournement de fonds publics », débute Magali Brunel, tête de liste.

    Elle souligne aussi que, dans ce même camp de la droite varoise, l’ex-maire de Sanary Ferdinand Bernard, l’ex-président du conseil départemental Marc Giraud ou encore l’ex-maire de La Seyne, Nathalie Bicais, ont eux aussi été condamnés ces derniers mois. L’actuel président du Département, Jean-Louis Masson, a écopé d’une amende de 15 000 euros pour prise illégale d’intérêts. Et de poursuivre : « Nous ne pouvons pas tolérer ces comportements douteux, ces détournements, ces corruptions… » L’occasion d’épingler l’extrême droite, et plus précisément le RN, « parti le plus condamné de France et pas seulement pour injures racistes », précise André De Ubeda (PCF), 2e sur la liste.

    « Tourner la page du cercle des barons »

    Plusieurs élus varois du parti de Laure Lavalette ont eux aussi été condamnés, notamment le député RN de la 7e circonscription Frédéric Boccaletti, impliqué dans une affaire de violences avec armes. Quant au maire de Fréjus, David Rachline, il sera jugé en septembre pour favoritisme. « Nous ne voulons ni des affairistes sans scrupule, ni du démantèlement de notre pacte social et républicain. C’est pour cela que nous devons mettre, dans le débat des municipales la probité, la transparence et leur corollaire, la participation de tous à la vie publique. C’est la base de notre démocratie », acte Magali Brunel.

    Toulon en commun s’engage à ce que tous les élus bénéficient de formations sur la probité et la transparence, et qu’ils soient accompagnés, lors du mandat, par le déontologue de la ville. L’équipe commandera également, dès son arrivée aux responsabilités, un audit de l’Agence française anticorruption. Pour réparer la confiance rompue entre citoyens et élus, elle promet aussi de rendre compte de manière transparente de l’action menée et des dépenses engagées.

    « Je prends rarement la parole, mais je suis très heureuse de le faire à Toulon, pour soutenir cette liste de gauche. Parce que je sais que ce qui se joue ici. Nous allons battre l’extrême droite », commence Eva Joly. Elle enchaîne sur le thème de la corruption, qui « détruit la confiance des citoyens ». Elle explique la facilité à l’accepter et la difficulté de résister : « On vient vous dire : il y a un grand projet de stade ou de pont, nous allons augmenter le prix artificiellement de quelques millions, et pour toi il y a 500 000 euros. Si tu signes, t’es bien vu. Par contre, résister, dire non, c’est t’exclure : tu deviens l’ennemi à abattre. »

    Le journaliste d’investigation Claude Ardid a rappelé qu’il avait été placé à trois reprises sous protection policière par le préfet du Var de l’époque, pour avoir enquêté sur les liens entre pègre locale et certains responsables politiques. Des faits qui remontent aux années 1990 : « Je n’oublierai jamais ce système mafieux qui a causé des morts et entraîné une corruption financière à un niveau très élevé. C’est moins pire qu’avant, mais ce n’est pas fini. »

  • À Toulon, quel écho pour le lamento d’Hubert Falco ?

    À Toulon, quel écho pour le lamento d’Hubert Falco ?

    Bien entendu, tout le monde garde en tête et met à son crédit d’avoir éjecté, en 2001, une extrême droite en pleine déliquescence de la tête de Toulon, puis rebâti la ville sur les ruines d’une mandature calamiteuse. Un certain courage politique également, en rompant avec son parti les Républicains devenu « trop à droite », bel euphémisme, sous Éric Ciotti.

    Tout cela étant dit, sa voix est-elle encore audible, aujourd’hui, pour les Toulonnais ? Beaucoup lui reprochent la perte d’une certaine cohérence politique. Il a beau aujourd’hui faire amende honorable, dire qu’il s’est trompé : la trahison risque d’être mal digérée et faire perdre un peu de sa splendeur à celui qui faisait de sa constance une force.

    Après avoir adoubé Josée Massi en juin 2024, nous avoir confié en exclusivité qu’elle était « l’avenir » de la ville puis confirmé un peu plus tard par communiqué son total soutien à la maire sortante aujourd’hui candidate (SE), il retourne subitement sa veste, à la rentrée, au bénéfice du candidat (LR) Michel Bonnus. Ce dernier, pourtant, avait débuté sa campagne sans même attendre les décisions des recours judiciaires de son ancien mentor, spéculant même sur sa chute annoncée.

    Mais bon, on a semble-t-il la mémoire courte de ce côté de l’échiquier politique, certains amis d’hier (ils n’étaient pas nombreux à se bousculer au portillon à l’époque) devenant des proscrits, alors que d’autres, un peu moins scrupuleux, retrouvant grâce.

    De quoi faire perdre leurs repères à pas mal de Toulonnais.

  • À La Ciotat, Antoine Vichy (LFI) veut bifurquer à gauche

    À La Ciotat, Antoine Vichy (LFI) veut bifurquer à gauche

    « Notre liste est une liste de contre-pouvoir », amorce Antoine Vichy. Estampillée La France insoumise (LFI), « Bifurquons à gauche rassemble aussi des gens non encartés », précise le candidat, enseignant en BTS informatique au lycée Victor-Hugo à Marseille, et installé à La Ciotat depuis 2011.

    Interrogé sur ce qu’il pense du bilan du maire sortant (DVD) Alexandre Doriol, le quadragénaire répond : « Il n’est pas là depuis très longtemps. Ce qu’il faut retenir, c’est que ça fait vingt-cinq ans que la droite dirige la ville et on arrive à bout de souffle. »

    Pour « la transparence »

    La liste « Bifurquons à gauche » porte trois grandes exigences. D’abord, la concertation. « L’idée de notre liste, c’est que les habitants savent ce dont ils ont besoin. Il faut échanger avec eux, pose Antoine Vichy. On refuse d’être des spectateurs alors que des décisions majeures sont prises sans les Ciotadens ». Il prend comme exemple « le marché des illuminations » qui, avance-t-il, « coûtent 3 millions d’euros par an, soit 83 euros par habitant et par an, contre 2,20 par an et par habitant pour Strasbourg… ». Avec « Bifurquons à gauche », « nous voudrions instaurer un référent de quartier, avec une association de quartier qu’on consulte pour savoir vers quoi orienter les budgets ».

    Autres axes évoqués, « le contrôle et la transparence ». « Les Ciotadens devraient pouvoir suivre les dépenses de la mairie à l’euro près », note Antoine Vichy, qui prend comme exemple « l’ombrière qui a coûté 460 000 euros, alors qu’on a trouvé des tarifs dix fois moins cher. On ne dit pas que les choix ne sont pas bons, mais que les habitants n’ont pas pris la décision ».

    La liste veut également renforcer le social dans la ville, « pour que les Ciotadens puissent obtenir les aides auxquelles ils ont droit. Or, ce n’est pas le cas, car il manque du personnel au Centre communal d’action sociale ».