Category: politique

  • L’extrême violence politique en accusation

    L’extrême violence politique en accusation

    Une conférence de presse expéditive pour une affaire hautement sensible. Le militant nationaliste Quentin Deranque a succombé à des coups portés par au moins six individus masqués et cagoulés, qui ne sont pas encore identifiés, a déclaré lundi le procureur de Lyon. Une enquête criminelle a été ouverte pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ». Quand il a été pris en charge par les secours jeudi soir, le jeune homme « présentait essentiellement des lésions à la tête », « au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles à brève échéance », a indiqué Thierry Dran. Aucun coup de couteau n’a été porté à cet étudiant de 23 ans, sans casier judiciaire, a précisé le magistrat.

    Militant très actif dans les sphères d’extrême droite

    La police a entendu « plus d’une quinzaine de témoins » et analyse des vidéos de l’agression, mais « au moment où je vous parle, il n’y a pas eu d’interpellation », a appuyé Thierry Dran. « L’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels. » Alors que le gouvernement a accusé le groupe antifasciste la Jeune Garde, le procureur a refusé d’en dire plus sur le profil des agresseurs. « Quand on aura interpellé les gens, on va vous en dire plus sur leur appartenance », a-t-il martelé, disant vouloir se baser « non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments » d’investigation.

    Jeudi, vers 17h30, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, sept femmes militantes du collectif féminin d’extrême droite Némésis ont déployé une banderole pour dénoncer sa présence, selon le récit du magistrat. Elles avaient « demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violence. Néanmoins, ces derniers restaient à l’écart » quand elles ont été agressées par plusieurs individus, a-t-il rapporté. Deux d’entre elles disent avoir été étranglée pour l’une, jetée au sol pour l’autre, et ont des ITT de deux et cinq jours, selon lui. C’est un peu plus tard, vers 18h, que les jeunes hommes chargés d’aider Némésis « ont été pris à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés ». La plupart d’entre eux ont réussi à s’enfuir mais trois, dont Quentin Deranque, ont été isolés.

    Ils « étaient alors jetés au sol, puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six pour Quentin Deranque », a rapporté Thierry Dran. « Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir, tandis que Quentin Deranque restait au sol. » Une fois leurs agresseurs partis, un de ses amis est revenu sur place et l’a trouvé conscient. Il a cherché à le ramener chez lui mais a constaté sur le chemin une dégradation de son état et a appelé les secours. Hospitalisé dans le coma, le jeune homme a été déclaré mort samedi. Il était inscrit depuis cette année en BUT Sciences des données à l’université Lumière Lyon II.

    Ancien membre du mouvement royaliste historiquement antisémite l’Action française à Vienne -qui lui a rendu hommage-, Quentin Deranque était « militant d’un groupe nationaliste-révolutionnaire local », a indiqué à l’AFP un porte-parole d’un autre groupe nationaliste lyonnais Audace. Ce groupuscule néofasciste se nomme Allobroges Bourgoin, fondé début mai 2025 et inauguré lors du défilé d’extrême droite du « Comité du 9 mai », auquel le jeune homme aurait participé selon Libération. Converti au catholicisme depuis peu, il fréquentait d’après les informations du Figaro, l’Academia Christiana, un institut de formation catholique traditionaliste et nationaliste, créé par l’un des cofondateurs de Génération identitaire en 2013.

    REACTIONS

    Fabien Roussel secrétaire national du PCF

    « Un drame. Une famille en deuil, des proches bouleversés… Il faut arrêter avec cette violence en politique qui mènera toujours à des tragédies. Que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue. »

    Jean-Luc Mélenchon fondateur de la France insoumise

    « Notre service d’ordre s’est déployé pendant toute la durée de la présence de [Rima Hassan à l’IEP de Lyon]. Durant cette période, il ne s’est strictement rien passé : ni dans la salle, ni devant l’école, ni alentours. Tout a été arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition de notre service d’ordre contre le jeune homme. Mensonges ! Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. Tous ceux qui affirment le contraire sont des calomniateurs ! »

    Laurent Nunez ministre de l’Intérieur

    « Aucune cause ne pourra jamais justifier ce déchaînement de violence. Dans ce contexte, j’ai [appelé] les préfets au renforcement de la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu’autour des permanences de campagne. »

    Olivier Faure premier secrétaire du PS

    « Le niveau de violence atteint est inacceptable. Dans une démocratie personne ne devrait mourir pour ses idées. »

    Grégory Doucet maire (EELV)de Lyon

    « Je condamne avec la plus grande fermeté la rixe d’une extrême violence qui s’est déroulée à Lyon. Rien ne peut justifier de tels affrontements (…) La ville de Lyon est à la disposition de la justice pour faire toute la lumière sur ces évènements dramatiques. »

  • Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Venus de la Busserine, de Font-Vert ou de Font Obscure, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement pour l’inauguration du local de campagne de Tina Biard Sansonetti (DVG), tête de liste du Printemps marseillais dans les 13-14. À l’aise, après avoir fait son entrée sur fond de Jump de Van Halen façon stade Vel’ aux côtés du maire sortant et candidat Benoît Payan (DVG), l’ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph met en avant son expérience de terrain.

    « Je pense à Kamel, le premier jour où j’ai pris mes fonctions au centre où quand on parlait des transports, il m’avait qu’il n’y en a pas car “ils ne veulent pas qu’on descende”, je pense à toutes ces femmes qui se battent tous les jours pour simplement vivre dans des logements dignes, je pense à Élodie, Mounira après 20 ans de bataille pour avoir des écoles dignes, je pense à Daniel, Patricia, Gérard pour remettre du beau et avoir un jardin à Shollchaumel », égrène-t-elle.

    « Le RN, ici, on l’a vécu »

    Elle martèle : « Il est temps de transformer ce secteur » qui doit être traité comme « le premier de la ville » car le plus peuplé. Et de promettre de végétaliser la L2, des « grands équipements » avec un centre urbain du Merlan rénové assorti d’une bibliothèque et d’un cinéma, de créer des places de village pour « vivre ensemble », de réhabiliter les co-propriétés dégradées. Mais la mère des batailles reste la lutte contre l’extrême droite dans un secteur tombé aux mains de ce qui était alors le FN en 2014 avec l’élection de Stéphane Ravier. « Le RN ici on l’a vécu, c’est le clientélisme, le recul des services publics de proximité, la discrimination », rappelle-t-elle, estimant qu’il faudra se battre dès le 15 mars.

    Benoît Payan enchaîne, harangue une foule conquise. « De par l’histoire, vous, habitants de ces arrondissements, vous avez été relégués parce que vous ne votiez pas ou vous votiez mal, ou vous n’étiez pas nés dans le bon quartier. Ce n’est rien d’autre qu’une ville qui s’est coupée en deux qui s’est construite ici. C’est face à ces marchands de haine que nous nous dressons », lance-t-il.

    Il prône une politique faite avec « le cœur », sans « promesse d’appartements ou d’emplois », et appelle à agir « ensemble », dénonçant le poison de la division « dans le camp du progrès et de l’écologie. » Une pique claire au candidat LFI, Sébastien Delogu qui a fait des quartiers Nord son terrain favori.

  • Le maire sortant des Mées brigue un deuxième mandat

    Le maire sortant des Mées brigue un deuxième mandat

    Construction d’une maison de santé, agrandissement de l’école, travaux de sécurisation des Pénitents… Le maire des Mées a dévoilé son programme, qui se veut dans la continuité de son mandat, dont le bilan a été positif, selon lui. « Je souhaite poursuivre l’aventure, avec une partie de la liste renouvelée », explique-t-il à La Marseillaise.

    Ce village « dynamique », huitième commune du département, dont la population a augmenté de 10% en 10 ans, a cependant été classé comme zone d’intervention prioritaire (ZIP) en raison du manque de soignants. C’est pourquoi Frédéric Puech veut construire une maison de santé dans ce désert médical qui ne compte plus qu’un seul médecin. Pour cela, il a dû dialoguer avec les professionnels de santé et prendre en compte leurs besoins afin de leur fournir un local adapté. Les travaux ont déjà été lancés en octobre et devraient prendre fin en janvier 2027. La santé est ainsi le domaine prioritaire pour le candidat.

    Le maire, âgé de 59 ans, a par ailleurs pour projet de réaménager le centre-bourg, dont la place principale est actuellement envahie par les voitures et par un grand parking. « Avoir un espace plus piéton », « plus provençal », avec « un peu moins de voitures » est l’objectif de Frédéric Puech. Pour ces différents projets, il souhaite travailler davantage en coopération avec les citoyens, notamment en mettant en place des référents de quartier « pour aller à la rencontre de tous les administrés » et des « réunions de quartier régulières ». Le maire sortant promet également la mise en place d’un conseil municipal des jeunes.

    Un amoureux des Mées

    Frédéric Puech prévoit des porte-à-porte à partir de ce week-end pour présenter son programme, sa liste et distribuer son magazine. Arrivé aux Mées en 2017, le syndicaliste a été ravi de trouver un maire, à l’époque Gérard Paul, qui avait « la même couleur politique que lui » (communiste). C’est comme cela qu’il s’est retrouvé investi dans la politique locale. Certains lui reprochent son arrivée récente, mais lui se considère légitime, « tombé amoureux » de la commune. Il reverse ses indemnités de maire à son parti.

    Sa liste n’a « pas de couleur politique », mais des valeurs « d’humanisme, de solidarité, de respect et de justice ». Pour la constituer, « il y a des gens qui sont venus spontanément », « j’avais un peu peur, mais ça s’est fait assez facilement », avance Frédéric Puech.

    Finalement, le maire aujourd’hui candidat a pour projet de mettre des moyens de protection pour les Pénitents, ces rochers impressionnants emblématiques des Mées, alors que l’un d’entre eux s’est effondré sur des maisons en 2019. « On a des études qui sont lancées par un collège d’experts », mais « quand il va falloir mettre ces moyens de protection en place, on pense que ça va être financièrement compliqué pour la commune, même si ça va être subventionné assez largement », une partie des Pénitents appartenant à l’État. Selon les experts, 24 gros rochers pourraient s’écrouler d’ici 100 ans, explique-t-il.

    Porte à porte les 21, 22
    et 28
     février et le 1er mars.

    Détails sur la page Facebook Pour Les Mées, Cap sur 2032.

  • Sur le volet social, Olivier Galzi croit au ruissellement local

    Sur le volet social, Olivier Galzi croit au ruissellement local

    Fin janvier, lors de la présentation de son programme, Olivier Galzi (DVD) avait mis sous l’éteignoir le volet social et solidarité. Une absence que nous avions relevée alors qu’Avignon affiche un taux de pauvreté de plus de 30%, « dépassant 55% dans certains périmètres prioritaires », note désormais le candidat, dans un communiqué sur cette thématique. « Le social, c’est comme l’écologie, ça doit tout irriguer. C’est vrai que ce n’est pas ressorti comme un élément distinctif », concède-t-il à La Marseillaise.

    Fidèle à son adage du « bon sens qui va tout conditionner », l’ex-journaliste TV brosse la philosophie globale de sa vision sociale : « On ne partage pas la pauvreté, mais on partage la richesse. Notre programme est destiné à redonner une attractivité, laquelle attractivité va générer un apport de richesse par les familles et les entreprises, qu’on essaie de faire revenir à Avignon, par les visiteurs à l’année… On peut ensuite commencer à penser à redistribuer cette richesse. » Une forme de ruissellement ? « Appelez ça comme vous voulez, mais cette théorie a mauvaise presse au niveau national, parce que les gens ne l’ont pas vue mais, je pense qu’au niveau local, c’est plus facile de voir du ruissellement », répond-il, défendant également « un programme financé et finançable ».

    Voilà pour la théorie. Comment mettre en pratique ? Ces derniers jours, Olivier Galzi a réalisé deux vidéos, savamment mises en scène, où il va au-devant de squatteurs. Alors qu’à gauche on grince face à cette « politique spectacle » ou ce « one man show », selon Olivier Faure, premier secrétaire du PS, le candidat temporise : « Je ne suis pas en train d’expliquer qu’il faut nettoyer au Karcher, mais vu le nombre de vues que j’ai sur ces vidéos-là et le nombre de likes, je suis à peu près en phase avec la population. » Pour remédier à cette problématique d’errance, qu’il chiffre à entre 60 et 100 personnes, Olivier Galzi parle de « solution individuelle ».

    Recréer de la mixité sociale

    En lien avec les services municipaux ou des associations, il entend « créer un nouvel accueil de jour », « tendre des mains », et séparer le bon grain de l’ivraie. Aider ceux qui ont envie de s’en sortir en répondant aussi aux problématiques psychiques et d’addiction tout en étant ferme sur les oisifs volontaires. « On va faire en sorte de leur faire comprendre et envoyer le signal qu’Avignon ne sera pas la ville qui les accueillera de manière favorable », prévient Olivier Galzi.

    Au-delà, le candidat s’inscrit dans la vision du plan local de l’habitat du Grand Avignon, qui a pour but de créer de la mixité à l’échelle du territoire en ne concentrant pas toute la grande pauvreté dans les logements très sociaux d’Avignon. « On souhaite créer des logements sociaux pour les classes moyennes et aider les locataires à devenir propriétaires, via le bail réel solidaire, un dispositif innovant pour acheter son logement 40% moins cher que le prix du marché », détaille Olivier Galzi. 150 places en crèche en quartier prioritaire de la Ville sont aussi annoncées.

  • Marine Tondelier loue les vertus du rassemblement

    Marine Tondelier loue les vertus du rassemblement

    Je ne rencontre, jour après jour, que des militants hyper déterminés et même, je dirais, avec une envie d’en découdre. Il y a vraiment une gauche qui a relevé la tête », commence Marine Tondelier, la secrétaire nationale du parti les Écologistes, lundi après-midi à Ollioules où elle est venue apporter son soutien aux progressistes dans le Var. Et de saluer les acteurs de ces rassemblements.

    « Il faut dire que dans les territoires d’adversité, il y a un truc quasiment instinctif de ne pas se lancer dans le jeu des sept différences, mais d’affronter ensemble nos réels ennemis qui sont à droite et à l’extrême droite », ajoute-t-elle.

    Et c’est, pour la responsable politique, ce que les électeurs de gauche attendent.

    Ce qui ne veut pas dire gommer les différences et se fondre dans un tout unique, précise Marine Tondelier.

    Et de poursuivre : « Les écologistes savent que les écosystèmes ne sont riches d’ailleurs que de leur diversité. Et que la biodiversité, c’est beau aussi en politique. »

    Même si ce n’est pas la voie de la facilité. « L’union est un combat, ça ne s’est pas fait d’un claquement de doigts », précise Jean-Pierre Meyer (PCF), tête de liste de Renouveau pour Sanary. « Et cette diversité qui vit, je crois qu’on a eu l’intelligence d’en faire, effectivement, une force », ajoute-t-il.

    Même si ailleurs, certains ont décidé de partir seuls.

    L’intelligence de la diversité

    « Ça m’embête toujours un peu. Souvent, je constate qu’ils finissent par mettre beaucoup d’énergie à taper sur notre liste de gauche plutôt qu’à faire campagne contre la menace de la droite extrême et de l’extrême droite. Et donc ça, c’est un vrai regret de ma part », commente Marine Tondelier, interrogée sur la candidature des insoumis à Toulon.

    « Je pense que ce n’est pas ce qu’attendent les électeurs de gauche. Ce qui importe pour eux c’est que leur ville ne bascule pas au Rassemblement national. Et donc je pense qu’en 2026 comme en 2027, les gens porteront une lourde responsabilité à la fin dans les endroits où ça ne se terminera pas bien », prédit-elle.

    Pour illustrer l’urgence qu’il y a à s’unir pour renverser la donne sur ses terres, Claudie Cartereau, qui mène la liste Ollioules Autrement, a mis en avant le sinistre bilan du maire sortant LR : « Les terres les plus fertiles au bord du Reppe ont toutes été artificialisées. Il faut sauver le peu qu’il reste et aider les jeunes agriculteurs à s’installer. »

    Une réalité et des impératifs qui ne peuvent s’encombrer d’aucune élucubration politicienne, ici comme ailleurs.

  • À Meyrargues, les « actions urgentes » soumises au vote

    À Meyrargues, les « actions urgentes » soumises au vote

    Une liste citoyenne et solidaire, en plus des candidatures annoncées de Fabrice Poussardin, maire sortant et candidat à sa réélection, et Gilbert Bougi (DVD). Début février, Meyrargues citoyenne et solidaire a officiellement présenté, début février, son projet, son programme et ses candidats lors d’une soirée participative qui a, selon les organisateurs, rassemblé plus de 150 habitants autour de la salle des fêtes du village. Le collectif a, à cette occasion, présenté une liste de mesures intégrées dans un programme structuré autour de six axes : participation citoyenne, dynamisme économique et associatif, solidarité pour un village qui « protège et accueille », jeunesse, qualité de vie alors que la liste revendique un programme « engagé pour la paix » et adaptation aux enjeux climatiques.

    Programme co-construit

    Chaque thème, d’ailleurs décliné en mesures soumises au vote symbolique des participants, invités à désigner « les 5 actions les plus urgentes à mettre en œuvre ». La composition de la liste elle, repose sur une méthode : une « élection sans candidat », inspirée par la coopérative Fréquence Commune, qui accompagne les démarches participatives. Le collectif précise que cette méthode a déjà été utilisée ailleurs : « 66 communes ont élu des listes participatives en 2020 et plus de 600 listes sont actuellement recensées partout en France pour les élections municipales », rappelle l’équipe de campagne. Le binôme Christian Salque et Florence Guillemant a été désigné, par le biais de ce processus, à la tête de cette nouvelle liste. Sur le même principe, un binôme prendra la tête de chaque « poste à responsabilité dans la liste ». Le prochain rendez-vous de campagne est annoncé pour le vendredi 6 mars, 18h30, à la salle des fêtes.

  • À Fuveau, un collectif propose une alternative solidaire

    À Fuveau, un collectif propose une alternative solidaire

    Ils sont un binôme à partir en campagne face à la liste de la maire sortante centriste, Béatrice Bonvillon-Chiavassa. Nathalie Arnaud, principale d’un collège, par ailleurs syndicaliste, et Hubert Stahn, professeur d’économie à Aix-Marseille Université et membre du parti les Écologistes, étaient déjà engagés dans la campagne en 2020 (Fuveau verte et solidaire) : « On s’est retirés au second tour pour laisser une chance à l’autre liste d’opposition de gagner », rappelle Nathalie Arnaud. Le choix d’une campagne battue à deux, à la tête d’une liste « écologiste, sociale, de gauche », part d’un constat simple : « Faire le job seul sera dur. On a chacun nos professions, cela peut devenir compliqué. Officiellement il y a toujours un maire et un premier adjoint, mais on est raccord », précise Hubert Stahn. « On est dans une région où ce qui relève de l’urbanisme, des constructions, de promoteurs, peuvent vite déraper. C’est énormément d’argent en jeu et c’est toujours mieux d’être deux pour gérer des dossiers plutôt que seul face à des pressions, soit des propositions qui peuvent paraître simples et faciles mais malhonnêtes », poursuit Nathalie Arnaud.

    Le social au centre

    Au cœur de cette seconde campagne donc, les services publics, la transition écologique. Et faire mieux pour un centre-ville qui s’éteint. « On est un village où les associations font beaucoup de choses, ou il y a ponctuellement des actions, des événements, mais le reste du temps on a un marché de quatre forains, un cœur de village où les commerçants s’en vont les uns après les autres pour plusieurs raisons… », constate Nathalie Arnaud. Aussi, pour Hubert Stahn : « Fuveau est une ville qui a grossi. La ville a changé, il faut l’adapter. Les infrastructures que nous avons, le pôle culturel, le centre-ville, les commerces, n’ont jamais suivi avec la croissance démographique de la ville. » Autre mot d’ordre pour le binôme, remettre un système de solidarité en marche, dans cette ville de 10 000 habitants. « Si Fuveau est relativement riche, il y a une variance forte dans le revenu, on a 10% de la population sous le seuil de pauvreté, ce qui justifie qu’on mette en place une politique sociale », poursuit Hubert Stahn. « Il nous faut réinstaller une aide qui n’a pas besoin d’être quémandée au CCAS », souligne Nathalie Arnaud. Parmi les premières propositions égrenées, l’installation d’une cuisine centrale et favoriser l’agriculture bio, pour tous, la mise en place d’un pôle jeunes. En bref, un « pôle de solidarité actif, structuré ». Le collectif détaillera ses projets au cours de deux réunions publiques, les 5 et 13 mars, salle des Galeries (18h30).

  • Les communistes mettent fin aux négociations avec le maire à Miramas

    Les communistes mettent fin aux négociations avec le maire à Miramas

    La décision est lourde de sens. Dans un communiqué publié dimanche, à un mois du scrutin municipal, la section du Parti communiste français de Miramas annonce qu’elle ne soutiendra aucune des listes en présence.

    Des négociations étaient menées avec Frédéric Vigouroux, maire (DVG) depuis 2008 et en lice pour briguer un quatrième mandat. Le conseiller d’opposition Errol Ferrer est aussi candidat avec « Ensemble pour demain », liste citoyenne soutenue par LFI et les Écologistes.

    Dans ce contexte, le PCF local constate : « Depuis près d’un an, nous avons travaillé à la construction d’une liste clairement ancrée à gauche poursuivant l’esprit du Nouveau Front populaire (…). Face au refus des listes de gauche de s’unir pour faire reculer le danger du RN sur la commune, la section (…) ne s’engagera sur aucune des listes déclarées afin de ne pas accentuer les divisions. »

    Pour autant, les communistes affirment maintenir « un engagement sans faille dans la lutte contre l’extrême droite » et assurent qu’ils ne se résigneront pas : « Nous participerons activement à la campagne en formulant des propositions progressistes. »

  • À Vitrolles, Bruno Morosini se retire au profit du RN

    À Vitrolles, Bruno Morosini se retire au profit du RN

    Bruno Morosini l’a annoncé à l’issue du débat organisé par La Provence vendredi soir. Le candidat (DVD) à la mairie de Vitrolles se retire au profit de l’extrême droite.

    « Je me retire sans contrepartie, uniquement pour ne pas diviser les voix de droite et ainsi faire barrage aux socialistes et LFIstes », écrit-il, apportant son soutien politique « clair
    et public
     » à la liste Rassemblement national, emmenée par le directeur de cabinet de la mairie de Rognac Fabien Bravi.

    Celui qui s’était déjà présenté en 2020 et n’avait récolté que 3,76% des suffrages ne s’arrête pas là. Il appelle également Philip Farrugia à se « désister au nom du rassemblement des droites et de la lutte contre Loïc Gachon et le parti de la France insoumise ou au mieux à nous rejoindre pour former le front anti-Gachon ». Rappelons que LFI n’a ni apporté son soutien au maire sortant (PS), ni présenté de liste. Mais agiter son spectre est toujours de mise, semble-t-il.

    Bruno Morosini avait déjà rencontré plusieurs candidats et lancé un appel à l’union contre l’édile sortant mi décembre, mais aucun accord n’avait été trouvé.

    Un « projet alternatif »

    à celui de Loïc Gachon

    Fabien Bravi a repris l’appel du pied à Philip Farrugia, affirmant qu’ils auraient « le même combat ». Le président démissionnaire de Vitropole n’a pas répondu à nos sollicitations mais a confirmé auprès de nos confrères de La Provence qu’il maintiendrait sa candidature et qu’il n’y aurait « pas d’alliance avec le RN ». Sollicité par un collectif citoyen emmené par l’ex-député Éric Diard (LR) et l’ancienne élue locale UMP Christiane Aleman, Philip Farrugia s’était lancé dans la bataille à la tête d’une liste sans étiquette et sans « le RN et LFI » afin de « présenter un projet alternatif crédible » à celui de Loïc Gachon, en place depuis 2009. Ce dernier réagit à toutes ces tractations : « Ce n’est pas une surprise. Bruno Morosini n’a pas fait campagne, il n’a jamais été vraiment candidat et je trouve quand même cavalier et peu démocratique de profiter du débat de La Provence pour venir doubler l’espace médiatique de l’extrême droite. L’enjeu c’est de présenter un projet pour les six ans qui viennent et ces petits reports nous éloignent tous les jours un peu plus du débat de fond que Vitrolles mérite », estime Loïc Gachon.

  • La préfecture sur le pont pour un scrutin municipal très sensible

    La préfecture sur le pont pour un scrutin municipal très sensible

    Le défilé des candidats a démarré le 6 février en préfecture et sous-préfectures des Bouches-du-Rhône avec l’ouverture du dépôt des listes pour les municipales. Il s’achèvera le 26 février à 18h. Dans la foulée, aura lieu le tirage de l’ordre des listes pour leur positionnement sur les panneaux et dans les bureaux. Le lendemain, toute la journée, aura lieu la validation de la propagande électorale (bulletins et professions de foi).

    Une première commission s’est d’ailleurs tenue le 13 février pour les listes déjà déposées. L’idée est d’assurer la plus grande fluidité pour la mise sous plis confiée pour partie (mairies de secteur à Marseille, Allauch, Septèmes, Plan-de-Cuques, Châteaurenard…) à un prestataire privé à Toulouse. Pour eux, la date de livraison est le 2 mars. À Marseille, la mise sous plis orchestrée par la préfecture et les services communaux se fera le week-end précédent le 1er tour.

    Les élections sont à chaque fois « un sujet majeur », rappelle Frédéric Poisot, le secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône, pour qui ce scrutin a toutefois « une couleur particulière », les maires étant des « élus très importants et visibles et des attentes très fortes de la population ». La préfecture prévoit de mobiliser jusqu’à 750 agents d’État sur l’ensemble de la période. Mais c’est surtout la réforme de la loi PLM et le dédoublement du scrutin à Marseille qui marque ce rendez-vous 2026. Elle ajoute 550 000 électeurs pour un total de 2 millions dans le département.

    Une gymnastique logistique qui rajoute à des élections par ailleurs « très regardées sur le plan de leur bon déroulement » vis-à-vis d’éventuelles fraudes, désorganisations ou problèmes dans les bureaux de vote. Dans ce registre, la préfecture reconnaît poser un « regard très particulier » sur Marseille.

    « Le continuum

    de sécurité »

    Les jours de vote sont « des étapes importantes au niveau du contrôle et de l’appui que l’on apporte aux mairies ». Une permanence téléphonique est mise en place et le lien avec les forces de l’ordre est resserré. La remontée des résultats fait aussi l’objet d’un suivi de contrôle.

    Pour la sécurisation du scrutin, l’organisation est assez habituelle. Chaque président de bureau de vote est responsable de la police de son bureau, à l’extérieur, les forces de sécurité sont sensibilisées pour intervenir à leur demande. À Marseille, un travail particulier a été engagé avec les services municipaux au regard des problèmes rencontrés par le passé. « 7% des bureaux ont été ciblés », précise Frédéric Poisot détaillant les grandes lignes d’une « chaîne d’alerte » travaillée avec les services de la Ville. La police municipale sera engagée aussi, « on est sur le continuum de sécurité, il n’y a pas que les forces d’État. » Sécurisation de l’espace public, prévention des cyberattaques, tout est prévu, d’autant que sur les deux tours, l’OM joue au Vélodrome face à Auxerre puis Lille.

    Sur la partie contrôle des opérations électorales, le nombre de commissions a été légèrement augmenté sur Marseille. Ces équipes formées d’un juge, d’un assistant juridique et d’un secrétaire, ici un agent de la préfecture formé, circulent pour vérifier que les bureaux de vote sont correctement agencés, certains, comme celui où il y a eu des échauffourées comme en 2020, faisant l’objet d’une attention particulière. « Ce n’est pas une démarche politique, elle est objectivée par rapport à des faits passés mais ce travail est fait aussi dans d’autres départements », assure Frédéric Poisot.

    Pour l’heure, une partie des services est focus sur le respect du code électoral avec des signalements et des questions qui remontent de candidats concernant de l’affichage, des manquements d’obligation de discrétion, ou sur l’utilisation par un maire sortant des moyens de sa commune à des fins électoralistes. Rappelant qu’il y a un juge de l’élection, le secrétaire général assure n’en négliger aucun, même les plus « farfelus ».