Category: politique

  • Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    C’est au théâtre L’Escale, à La Garde, que nous étions invités vendredi à venir découvrir le travail des minots de l’ASE sur les planches, dans le cadre de la première édition du Festival Môme. Un événement artistique porté par l’Institut des arts inclusifs du groupe Umane et la compagnie de danse 6e Sens. Un spectacle chorégraphique pensé comme un espace d’expression, de rencontre et de dépassement de soi afin de renforcer la confiance et aider le grand public à porter un regard nouveau sur la jeunesse et l’inclusion.

    « L’aide sociale à l’enfance fait beaucoup parler d’elle dans les médias où elle est souvent pointée du doigt comme un modèle qui serait à bout de souffle avec des institutions qui font du mieux qu’elles peuvent, mais sont souvent en difficulté », souligne Aline Rol, la directrice de l’institut. Et de poursuivre : « Nous, on essaye à notre modeste échelle d’offrir à ces enfants des expériences un peu innovantes qui peuvent leur permettre un chemin de construction. »

    Le collectif engagé essaie d’ailleurs, est-il expliqué, d’explorer de multiples pistes « pour montrer aussi au pouvoir public qu’il y a peut-être d’autres façons de faire ». Et dans ce cadre répond en ce moment à un appel à projet du Département pour pouvoir structurer un réseau de ce qu’on appelle les tiers de confiance. Des proches qui peuvent prendre le relais en cas d’ordonnance de placement pour éviter l’institution qui est souvent, par définition, maltraitante. Non pas, insiste Aline Rol, par les professionnels, mais par le fait de regrouper des enfants avec des fragilités, des soucis de délinquance, de prostitution, de drogue… L’idée est donc de proposer des alternatives. Et de poursuivre : « On a monté ce projet de résidence autour de la danse avec dix enfants qui ont été sélectionnés sur volontariat, qui avaient envie de vivre cette expérience.»

    Une pièce qui coupe

    le souffle

    Pendant deux semaines, une en février et pendant ces vacances scolaires, ils se sont donc retrouvés en communauté autour d’une compagnie de danseurs professionnels dans lequel se mêlent déjà avec harmonie artistes valides et en situation de handicap.

    Avec au final, une chorégraphie époustouflante construite de A à Z avec les jeunes sur le thème de la joie.

    Aujourd’hui, dernier jour de résidence, on retrouve les gamins en situation. Et c’est vraiment bluffant. Chacun endossant parfaitement son rôle en s’intégrant dans l’ensemble pour donner du sens. L’idée était de les mettre en situation pour une première restitution avant qu’ils ne se retrouvent à nouveau sur scène le 12 mai cette fois devant une salle remplie d’un public venu apprécier la qualité de leur travail au même titre que les autres danseurs. Et se mettre en joie.

    « On a eu vraiment un retour exceptionnel », déclare avec beaucoup d’émotion Cécile Martinez, la chorégraphe qui a monté avec eux la pièce de 35 minutes en 8 jours seulement.

    « Ils ont été considérés en tant qu’artistes dès le départ au même niveau qu’une compagnie professionnelle », souligne celle qui a le talent de transformer les faiblesses en force.

    Alors Alison, 14 ans, confie : « Oui, j’avais un peu peur au début mais je me suis dit que ça allait bien se passer. Que c’était l’occasion de créer quelque chose. Et franchement ce qu’on vient de vivre c’est un truc à faire au moins une fois dans sa vie. »

    Anastasia, 14 ans, intervient : « Ça nous a appris ce que, nous, on pouvait faire de nos envies et comment se canaliser dans le spectacle, en confiance. »

    À ses côtés Jasmine, 14 ans également, explique, elle, avoir déjà fait du théâtre et aimer beaucoup la danse. « Je trouve que ça fait découvrir d’autres choses que celles qu’on rencontre d’habitude enfermés dans un foyer. Ça fait changer d’air ! », explique-t-elle.

    Et conclut, des étoiles dans les yeux : « Je suis fière de tout le monde, parce qu’en même pas deux semaines on a fait un fabuleux spectacle, avec de vrais danseurs professionnels, tout le monde n’a pas cette chance. Je pense qu’on n’aurait pas pu faire ça si on n’était pas en foyer. »

    De toute cette gratitude et ces émotions exprimées on en ressort tout retourné. La magie de la culture.

    « Je suis fière de ce fabuleux spectacle. Tout le monde n’a pas cette chance »

  • Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dès la campagne, Olivier Galzi avait donné le ton, en pointant des dysfonctionnements au sein du service propreté. « Ceux qui nuisent au service doivent être sanctionnés », prévenait-il à l’adresse des quelque 135 agents. Le nouveau maire (DVD) était attendu de pied ferme ce vendredi matin pour une visite du service. Une rencontre virile mais correcte, où Olivier Galzi n’a pas hésité à sortir les muscles, assumant un dialogue qui l’est tout autant. « Si quelqu’un n’est pas content, il vient me le dire en face. On va s’expliquer. S’il a des bonnes raisons, je vais les écouter. Mais si j’ai des bonnes raisons de lui dire qu’il fait mal son boulot ou qu’il ne le fait pas, on va se parler franchement d’homme à homme », pose-t-il.

    Il faut dire que le matin même, des tags hostiles avaient été réalisés invitant les nouveaux élus ou les chefs de service à dégager. « Adam = mafia », pouvait-on lire. En l’occurrence, Michel Adam, adjoint à la propreté et qui officiait dans ce service jusqu’à son départ à la retraite il y a deux ans. Pourquoi réussirait-il en tant qu’élu là où, à écouter Olivier Galzi, le service défaille ? « Cela fonctionnait bien avec Marie-Josée Roig [maire de 1995 à 2014] car l’adjoint était en phase avec le directeur, moi-même, justifie Michel Adam. Depuis, la propreté n’était pas la priorité du maire, donc c’était difficile d’avoir les moyens matériels et la volonté d’agir comme on voulait. »

    Un adjoint qui connaît très bien la maison

    Quant aux tags, le maire préfère les prendre comme un message encourageant. « Cette méthode lâche une bonne nouvelle, ça veut dire qu’on dérange les ultra-minoritaires qui ont compris que les petits arrangements sur le dos des Avignonnais sont terminés », commente-t-il, annonçant le dépôt d’une plainte contre ces « ennemis de la ville qui agissent comme un poison lent ». Devant une bonne soixantaine d’agents, Olivier Galzi implore : « L’heure est venue de combattre ceux qui nuisent à votre image et à celle de notre ville : n’acceptez plus qu’une grande gueule vous empêche de faire votre travail ou parte avec le matériel de l’équipe pour faire son petit business. »

    Mais il sait aussi se montrer cajoleur : « Vous êtes les ambassadeurs de la propreté d’Avignon, votre action doit être visible reconnue et valorisée. » En ce sens, le premier magistrat promet « un dialogue social apaisé et constructif, ceux qui s’investissent seront reconnus, ceux qui freinent l’action collective devront rendre des comptes ». Des « moyens matériels et humains à la hauteur » sont annoncés. Contrairement à la police municipale, il n’est pas prévu de recrutements supplémentaires. « L’idée, c’est de mieux organiser », précise-t-il.

    À bâtons rompus, plusieurs échanges s’enchaînent avec les agents. Les présents condamnent « les tags qui jettent le discrédit ». « M. le maire, venez voir où on mange et l’état des toilettes, même des animaux n’iraient pas », interpelle Adel. Tout au long de la visite, il prend garde de ne jamais parler d’incurie ni d’impéritie, mais son visage le dit pour lui. Ou alors, il prend la presse à témoin quand un agent lui explique que 100 poubelles dites bi-flux, visiblement inadaptées, ont été commandées malgré l’avis contraire des services concernés.

    Trois mesures globales sont affichées pour une meilleure propreté, où l’adage vertueux du « si c’est propre, je vais faire en sorte de ne pas salir » est mis en avant. Brigades d’intervention rapide et opérations quartiers propres, qui commenceront dès la fin du mois, vont être lancées, pour une sorte de grand ménage ciblé, associant la population. Enfin, la « troisième action, ça va être de suivre la demande de l’usager pour qu’il ne reste jamais sans réponse », conclut Michel Adam.

  • Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    « Nous ne savons pas si nous allons garder Fame », lançait le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer Philippe Maurizot jeudi soir au conseil municipal. La régie autonome Festivités actions manifestations événement (Fame), établissement public organisateur de festivités locales, doit accueillir 6 représentants titulaires et autant de suppléants du conseil municipal à son conseil d’administration, sur proposition du maire.

    Aucun membre de l’opposition n’y figurant, Nicolas Féraud (PCF) demande à ce titre : « Allez-vous inviter un membre de Notre Fos ? », la liste conduite par Rémi Esnault, absent à la séance. « Ou allez-vous expliquer aux Fosséens que votre situation de majorité rend la transparence moins nécessaire que lorsque vous la défendiez », poursuit-il.

    Des audits internes

    À cela, Philippe Maurizot répond que « des audits démarrent sur les structures annexes de la commune » comme Fame, « il n’y a aucune garantie que Fame soit conservée, modifiée ou que nous faisions appel à une autre organisation ». Face à l’insistance de l’élu communiste de répondre à la question, l’édile explique n’avoir « rien à cacher, si un élu veut venir il pourra nous expliquer ce qui a été fait ».

    Dans la même veine, le maire envisage d’« arrêter certains projets comme la SPL sens urbain », la société d’aménagement à capitaux et direction publique associant les communes environnantes, un outil pour l’urbanisme. Même idée pour la Maison pour tous (MPT). « Ces organisations, au-delà du matériel, représentent un budget conséquent » justifie le nouvel édile, obsédé par la rigueur budgétaire (notre édition du 17/04).

    Un détricotage annoncé dans la lignée des mairies tombées à l’extrême droite.

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Mardi 14 avril, ils étaient encore nombreux, parents, enfants, enseignants, à se mobiliser devant l’école Prosper-Mérimée à Nîmes pour s’opposer à la nouvelle carte scolaire qui prévoit une fermeture de classe dans cette école du quartier de la Croix de Fer. Un cortège s’est ensuite rendu devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (Dsden) pour faire entendre le mécontentement.

    Comme partout dans le département ces dernières semaines, de nombreuses mobilisations se sont déroulées à Nîmes pour s’opposer aux 18 fermetures de classe prévues pour la rentrée 2026. S’il a déjà fait part de son opposition à ces fermetures lors d’une réunion le 2 avril avec Christophe Mauny, le directeur académique, Vincent Bouget a cette fois pris la plume pour réaffirmer son « désaccord profond » dans une lettre envoyée au Dasen. Pour le maire communiste, professeur d’histoire-géographie de formation, la baisse des effectifs doit permettre au contraire de baisser le nombre d’élèves par classe plutôt que de faire des économies.

    Lutter contre les inégalités

    « L’éducation, par l’apprentissage des savoirs, est le levier majeur de l’émancipation de notre jeunesse. L’école est également l’écrin d’une sociabilisation apaisée, de l’ouverture à l’autre, et de la confiance en soi. Or, les études, y compris celles de la Chambre régionale des Comptes dont l’objectif principal est la rationalisation des coûts et dépenses au regard des politiques publiques, démontrent que le nombre réduit d’élèves par classe amoindrit considérablement les inégalités et favorise la réussite scolaire de tous les enfants. », écrit-il.

    Une autre mobilisation a été particulièrement suivie à Nîmes : celle de l’école Georges-Bruguier, dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon où une classe de CP sur les cinq que compte l’établissement doit fermer en septembre. Jeudi 9 avril, 100% des enseignants étaient en grève. Avec cette fermeture, les effectifs par classe pourraient passer de 12 aujourd’hui à 15 en septembre. Or cette école possède l’indice de position sociale (IPS) le plus bas de l’académie et a donc des besoins spécifiques.

    C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste aussi Vincent Bouget dans son courrier soulignant que « le département du Gard est l’un des plus pauvres de France, et la ville de Nîmes compte plus de 40 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté ce qui représente près de la moitié des enfants scolarisés ». « L’ambition que nous portons à l’enfance et aux questions d’éducation implique de considérer la réussite comme un projet d’avenir. Et nous ne pouvons imaginer l’appréhender par le seul biais d’une gestion comptable qui s’appuie sur des ratios. Le dédoublement des classes étendu à l’ensemble des niveaux dans l’élémentaire est une des solutions qui répond à cette ambition », conclut le maire de Nîmes qui demande « le maintien de l’ensemble des classes existantes ».

  • Autonomie de la Corse : une étape annoncée, des questions entières

    Autonomie de la Corse : une étape annoncée, des questions entières

    Après des mois d’attente, de reports et d’incertitudes, ce calendrier redonne de la visibilité à un processus engagé depuis plusieurs années. L’objectif affiché est clair : inscrire la Corse dans la Constitution comme territoire à statut particulier, ouvrant la voie à une forme d’autonomie institutionnelle.

    Mais une révision constitutionnelle suppose un parcours exigeant : adoption à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, avant une validation par le Congrès à une majorité qualifiée. Le chemin reste donc étroit, d’autant que les débats s’annoncent vifs. Derrière le mot « autonomie », les visions divergent : reconnaissance du peuple corse, pouvoirs des institutions locales, capacité d’adapter certaines règles aux réalités de l’île… autant de points qui restent ouverts.

    Quelle sera la portée réelle de la réforme ?

    Dans ce contexte, l’annonce d’un examen parlementaire constitue une étape importante mais encore fragile.

    L’enjeu est désormais de savoir quelle sera la portée réelle de cette réforme. Car une autonomie sans leviers d’action concrets risquerait de rester essentiellement symbolique, sans répondre pleinement aux attentes exprimées depuis des années.

    L’examen du texte à la fin du mois de mai ouvre ainsi une séquence importante dont les débats et l’issue permettront de mesurer concrètement la direction prise pour l’évolution institutionnelle de l’île.

    Et au-delà du cas corse, ce débat interroge plus largement la capacité de la République à prendre en compte ses diversités territoriales tout en préservant son cadre commun. L’île se retrouvant, une nouvelle fois, au cœur de cette réflexion.

  • Benoît Payan alerte sur le risque de tutelle pour la Métropole

    Benoît Payan alerte sur le risque de tutelle pour la Métropole

    Sous les ors de la République, Emmanuel Macron pouvait bien promettre aux quelque 500 maires conviés à la suite de la séquence des municipales, « vous m’aurez toujours à vos côtés ». À l’Élysée ce jeudi soir, le président de la République leur a beaucoup parlé de simplification, « qui va nous permettre d’aller plus vite sur le terrain », de décentralisation aussi, « avec des idées en matière de logement en particulier, assez radicales », pour les prochaines semaines, et surtout d’indépendance stratégique. Et à peine des coupes imposées par l’État dans les budgets que doivent adopter toutes ces municipalités, n’évoquant que du bout des lèvres le fait « qu’on est dans une période plus difficile budgétairement ».

    Le sujet a pourtant été mis sous le feu des projecteurs ce jeudi, dans la deuxième Métropole du pays, l’une des plus impactées par les réductions des dotations de l’État. « À ce jour, il faut que nous trouvions 123 millions d’euros d’ici au 28 avril pour boucler le budget pour 2026 », alertait le vice-président (LR) délégué aux finances David Ytier (notre édition du 17/04). « Il faut que l’État prenne aussi ses responsabilités et nous aide », insistait auprès de la presse le président (LR) du conseil métropolitain, Nicolas Isnard. « Nous allons faire remonter ce mécontentement et nous avons déjà commencé », poursuivait-il, incluant l’ensemble des maires de l’hémicycle. « Le premier d’entre eux Benoît Payan est aussi à la manœuvre », glissait-il.

    La menace d’une fronde

    Absent de l’hémicycle métropolitain jeudi après-midi, le maire de Marseille faisait en effet partie de la dizaine de maires provençaux conviés à l’Élysée. Un déplacement « pour parler de Marseille, de la préoccupation des maires vis-à-vis du pouvoir d’achat et du budget », confiait son entourage. Après le long discours du président de la République, les deux hommes ont ainsi parlé de la nouvelle donne métropolitaine, placée sous le signe de l’entente et de l’espoir de pouvoir accélérer les nouveaux projets. Et de sa situation financière, de la difficulté à boucler son budget, des leviers pour y arriver tant dans les investissements à réaliser que pour subvenir à son fonctionnement. « La possibilité d’une tutelle a été abordée », reconnaît-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. Benoît Payan l’a rappelé dès ce vendredi, sur les ondes de France info. « C’est non seulement un risque, mais un problème : si la deuxième Métropole de France était mise sous tutelle, il y aurait des conséquences en cascade, répondait le maire, indiquant qu’il avait averti l’État. Cela pourrait déclencher une forme de fronde des élus locaux. » En cas de refus de l’hémicycle métropolitain de voter le budget, le préfet serait contraint de prendre la main pour exécuter ses compétences obligatoires, expliquait-il. « Mais par exemple, les investissements, l’aide aux associations, les questions hors des compétences classiques vont être découpées. » Surtout, l’exemple d’un tel refus de voter le budget pourrait inspirer d’autres collectivités territoriales. « Ça commence chez moi, ce n’est pas un territoire anodin », appuyait Benoît Payan.

  • Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Hendrik Davi, député de l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale), parti prônant l’union de la gauche, est venu spécialement de Paris ce vendredi pour une petite tournée gapençaise à l’invitation du responsable local du mouvement, Laurent Eyraud-Chaume. Il a rencontré une dizaine de sympathisants et de curieux, venus échanger avec lui devant l’hôpital de Gap. Membre de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, le député de Marseille est le chef de file du groupe écologiste sur les travaux liés au financement de la Sécurité sociale.

    Soucieux dit-il « de partir des problématiques de terrain pour les faire remonter à l’échelle nationale », le député a donc participé à une discussion collective dont le thème était centré autour du système de santé public, de sa crise et de comment le (re) créer, en France et dans les Alpes du Sud. « C’est une question importante à Gap, même si ce n’est pas un désert médical à proprement parler puisque le territoire est très bien doté en professionnels de santé, a-t-il expliqué en préambule, mais ils sont très inégalement répartis sur un territoire enclavé où les temps de déplacements sont très fortement rallongés. »

    Préserver les centres

    de santé en milieu rural

    Parmi les problématiques rencontrées sur le territoire, Jean-Claude Eyraud, président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess) 05, a évoqué les centres de santé, souvent l’unique accès au soin dans les communes rurales. « De nombreux centres sont menacés, notamment celui des Alpes-de-Haute-Provence car ils sont déficitaires, a-t-il expliqué. Ancien responsable d’un centre, il explique que ceux-ci sont déficitaires « parce qu’on y reçoit tout le monde, même ceux qui n’ont pas de droit ouvert et qu’on pratique des tarifs bas et qu’on rend des services de soin qui ne sont pas rentables mais essentiels ». Selon lui, sans démarche volontaire de l’État, « on va perdre ces lieux indispensables pour le soin sur les territoires ruraux ». Jean-Claude Eyraud a aussi évoqué la crise des urgences dans les Alpes-de-Haute-Provence, régulièrement fermées la nuit et qui ne sont plus accessible que via un appel obligatoire au 15, « une situation catastrophique qui amène beaucoup de personnes précaires ou isolées à renoncer aux soins », selon lui.

    Face à ce constat, quelles solutions ? Le député de Marseille Hendrik Davi en a cité plusieurs, parmi lesquelles, l’instauration de centres de santé communautaires non lucratifs, où sont regroupés des soignants mais aussi des professionnels du social et financés par une dotation globale, échappant ainsi à la logique de rentabilité. « C’est ce que nous avons implanté dans la cité Kalliste, à Marseille, raconte-t-il. Au début, tout le monde nous a ri au nez. Là où il y a régulièrement des épisodes de violence et de dégradation, personne n’a jamais touché au centre de santé, car c’est là que tout le monde est soigné, pris en charge, ça marche du tonnerre. »

    Face à ces services publics en souffrance, Hendrik David, a aussi appelé à ne pas trop « parler d’achever la bête », au risque d’en précipiter la mort, mais à aussi mettre en lumière ce qui fonctionne pour le préserver et l’améliorer, et notamment la Sécurité sociale, qui reste « un système exceptionnel pour répondre aux besoins des populations et pour sécuriser les parcours de vie ». Après une série de rencontres ce vendredi autour de l’union de la gauche et de la démocratie participative, le député sera samedi à 10h30 à la Nouvelle librairie de Gap pour discuter de son dernier livre, Sciences En résistance – Pour une recherche libre et Émancipatrice.

  • Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    La Marseillaise : Qu’avez-vous pensé du conseil communautaire Pays de Forcalquier – montagne de Lure de mardi ?

    Jean-Michel Grès : La breaking news, c’était l’abandon de la piscine couverte, projet pharaonique du programme de David Gehant (maire réélu et président de la communauté de communes). Un gros budget de 2,5 millions d’euros est prévu pour l’école de musique. Il y a une grosse attente, les gens y viennent de partout, ils sont à l’étroit. Mais le terrain n’a toujours pas été acheté. Les deux projets phares sont donc mis en balance. C’est pas ce qu’il avait promis. C’était de l’esbroufe.

    La situation de la montagne de Lure a également été évoquée ?

    J.-M.G. : C’est une station où il n’y a plus de neige. Il y a eu cette année la première neige depuis cinq ans. Avant le réchauffement climatique, il neigeait tous les hivers. Les installations de la station de ski ont été démontées il y a une quinzaine d’années. Un projet de montagne en quatre saisons a été initié en 2020. David Gehant a raison, la montagne de Lure se suffit à elle-même, c’est un beau lieu de nature sauvage, préservé, avec des chamois, des loups.

    Considérez-vous être dans l’opposition ?

    J.-M.G. : On n’est pas vraiment dans l’opposition. On se considère comme une minorité. L’idée, c’est de travailler en concertation et de trouver un consensus tous ensemble. C’est ce qu’on voulait faire en tant que majorité, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas en tant que minorité. Le conseil des maires rééquilibre la gouvernance. C’était clairement un de nos éléments de programme. On ne peut être que d’accord, si David Gehant utilise nos arguments. On pourrait dire “attendez, ça on l’a dit avant vous”, mais c’est pas l’idée non plus.

    Trouvez-vous que David Gehant fait des propositions qui vont dans le sens de votre programme ?

    J.-M.G. : Oui, je pense, il a clairement fait une campagne de centre gauche. Il n’a pas eu tort. Ses propositions rejoignent les convictions centre gauche, socialistes de certains électeurs. S’il se tient bien droit dans l’arc républicain, cela ne posera aucun souci de travailler avec lui.

    Quels sont vos objectifs pour ce mandat ?

    J.-M.G. : D’arriver à ce que les idées sur lesquelles on est d’accord puissent vraiment être réalisées. D’arriver à faire des propositions sur des éléments passés sous silence. Par exemple, dans le programme de David Gehant, il n’y a aucune allusion aux personnes en situation de handicap. On sera vigilants sur différents projets d’aménagement, qu’on reste le plus possible dans le cadre des préoccupations écologiques. On ne s’opposera pas bec et ongles. On fera des contre budgets. On veut avoir un fonctionnement municipal apaisé.

    Pensez-vous que David Gehant aurait sa place en tant que président de la Région ?

    J.-M.G. : S’il est vraiment capable de faire barrage au RN, oui. Il y a une nuance entre l’ennemi mortel et l’ami imparfait. S’il reste dans l’arc républicain, au moins on peut discuter avec lui. Si on se retrouve avec une présidence RN, on va tous souffrir. On a un ennemi commun.

    Vous pensez donc qu’il y a du potentiel pour travailler ensemble ?

    J-M.G. : C’est ce qu’il dit. Il tend la main : jouons ce jeu. On verra jusqu’où il est prêt à aller. Par exemple, on a les moyens d’arrêter l’augmentation de la taxe d’habitation. Le budget festivités municipal est quand même passé de 80 000 euros en 2019 à 400 000 euros en 2025. Il y a des moyens d’économiser.

  • Les missions des élus du Grand Avignon sont connues

    Les missions des élus du Grand Avignon sont connues

    Dix jours après l’élection d’Olivier Galzi à la tête du Grand Avignon, le maire (DVD) d’Avignon a levé le voile, vendredi sur le rôle de ses 15 vice-présidents, élus dans la foulée*. Celui-ci conserve en direct la gestion du projet NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain) et la politique de la ville.

    Les deux maires RN, Joris Hébrard (Le Pontet) et Grégoire Souque (Morières) ont hérité de portefeuilles divers. Le premier sera en charge des bâtiments et voirie, une délégation qu’il avait éphémèrement occupé entre 2020 et 2022 avant que la vice-présidence ne bascule à son opposant Jean-Firmin Bardisa. Quant à Grégoire Souque, il traitera de la collecte des déchets et économie circulaire. Poste clé, les finances reviennent à Philippe Inderbitzin, élu à Roquemaure.

    Plusieurs vice-présidents gardent peu ou prou les mêmes délégations que lors du mandat précédent. À l’instar de Patrick Sandevoir (Rochefort) sur l’eau – autant dire que le retour en régie publique est mal embarqué –, Philippe Armengol (Velleron) sur l’environnement, climat et biodiversité, Yvan Bourelly (Saze) sur la gestion des milieux aquatiques, ou Claude Morel (Caumont) avec le spectacle vivant et enseignement artistique. Jacques Demanse (Sauveterre) conserve aussi la transition énergétique et récupère l’agriculture, sa profession d’origine. Dévolue à l’ex-maire d’Entraigues jusque-là, l’économie revient à Lionel Fischer, adjoint à Saint-Saturnin. Quant à William Bouquet, nouveau maire d’Entraigues, il va se charger de l’emploi, insertion et formation, là aussi un domaine qu’il connaît professionnellement. La 1ère vice-présidente, Pascale Bories, maire de Villeneuve, pilotera l’aménagement du territoire, l’habitat et les gens du voyage. Quant à son voisin des Angles, Paul Mély, l’importante délégation des mobilités lui échoit.