Category: international

  • [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    Ces derniers jours, des photos de Paris ont largement circulé sur les réseaux sociaux chinois. On y voit un homme âgé, venu de Chine, posant simplement devant la tour Eiffel, sous le ciel d’hiver parisien. Rien d’exceptionnel : pas de ciel bleu éclatant, pas de mise en scène. Juste un instant ordinaire. Autour de ces images prises au fil de son voyage, les commentaires se sont multipliés. Une expression est revenue avec insistance : « Ces photos ont enlevé le filtre de Paris. »

    Cette formule m’a fait sourire, puis réfléchir. Car elle en dit autant sur Paris que sur notre manière de regarder le monde. Paris, comme beaucoup de grandes villes, vit sous un filtre collectif. En Chine, elle est souvent associée au romantisme et à une certaine idée idéalisée de l’Europe, façonnée par le cinéma et la littérature. Les photos de cet homme âgé ne cherchaient ni à confirmer ni à contredire cette image : elles montraient simplement une ville telle qu’elle se vit, au quotidien.

    Vivant aujourd’hui en France, un pays que j’aime profondément et où je me suis installée depuis une dizaine de mois, je découvre cette réalité concrète, faite de nuances, parfois différente de ce que l’on imagine depuis la Chine. Ces dernières semaines, quelques jours d’intempéries ont suffi à rappeler que même une grande capitale repose sur des équilibres sensibles : déplacements ralentis, habitudes bousculées, et, un jour, une pénurie d’œufs au supermarché. Rien de dramatique, mais assez inhabituel pour inviter à regarder autrement le fonctionnement du quotidien.

    Quelle image de Beijing

    ont les Français ?

    Tout cela m’a amenée à repenser à la vie quotidienne en Chine, si proche et si lointaine à la fois. Et je me suis posée une question simple : quelle image de Beijing ont les Français ? Existe-t-il, là aussi, un filtre, comme celui à travers lequel nous regardons Paris depuis la Chine ? D’après ce que j’ai pu observer au cours de ces dix mois en France, certains aspects très ordinaires de la vie en Chine restent encore peu connus ici.

    Revenons aux œufs. Ces derniers jours, le sujet faisait même l’objet de discussions à la télévision française. En Chine, avec un euro, on peut acheter environ seize œufs. Ce chiffre peut sembler anecdotique. Il dit pourtant quelque chose de l’organisation du quotidien dans un pays de 1,4 milliard d’habitants, où la stabilité de l’approvisionnement en produits de base est tellement intégrée à la vie ordinaire qu’on n’y pense presque jamais. Personnellement, je n’avais jamais imaginé me poser un jour la question des œufs. Il ne s’agit pas de comparer ni d’opposer. Ces différences rappellent simplement que chaque société construit ses propres équilibres, souvent invisibles tant qu’ils fonctionnent.

    C’est là que la question du « filtre » prend tout son sens. La distance entre deux pays n’est pas d’abord géographique. Elle est cognitive. Ce qui me touche dans cette histoire de photos, ce n’est donc pas l’idée d’un « Paris sans filtre », mais le regard de celui qui observe : calme, attentif, sans jugement. Les filtres ne disparaissent sans doute jamais complètement. Mais ils peuvent s’alléger, à mesure que l’on observe et que l’on accepte la complexité du réel.

    Entre la Chine et la France, les différences sont réelles. Mais ce sont souvent les regards patients et bienveillants, ceux qui prennent le temps de voir sans conclure trop vite, qui permettent de mieux se comprendre.

  • [Entretien] Neirlay Andrade : « La crainte de subir des arrestations arbitraires est devenue constante »

    [Entretien] Neirlay Andrade : « La crainte de subir des arrestations arbitraires est devenue constante »

    La Marseillaise : Quelle est la situation dans le pays depuis l’attaque américaine ?

    Neirlay Andrade : Le gouvernement a décrété l’état d’urgence, ce qui a généré un climat de peur profonde au sein de la population. Car il donne, dans la pratique, carte blanche aux forces de police et à l’armée pour arrêter toute personne accusée d’avoir encouragé ou soutenu l’opération militaire qui a abouti à l’arrestation illégale de Nicolás Maduro et Cilia Flores. La crainte de subir des arrestations arbitraires pour avoir exprimé des positions critiques, tant à l’égard de l’administration Maduro qu’à présent celle de Delcy Rodríguez, est devenue une constante quotidienne. Dans différentes villes, des barrages policiers et militaires ont été installés sur les routes et autoroutes. Les agents de sécurité exigent des citoyens qu’ils leur montrent le contenu de leurs téléphones portables, à la recherche de preuves supposées de sympathie envers l’agression américaine. Cela rappelle ce qui s’est passé en 2024, lorsque de nombreux citoyens ont été arrêtés pour avoir exprimé dans des groupes WhatsApp ou sur les réseaux sociaux leur mécontentement face à l’action du Conseil national électoral (CNE) et pour avoir exigé la publication des résultats officiels des élections présidentielles. À l’époque, des arrestations massives avaient eu lieu. Ce qui explique pourquoi aujourd’hui, beaucoup de gens choisissent de garder le silence et d’éviter de s’exprimer publiquement sur ce qui se passe dans le pays.

    Après l’attaque, vous avez écrit : « Ni tutelle impérialiste ni continuité autoritaire. » Quelle est la relation du parti avec le régime de Maduro ?

    N.A. : En 2023, l’administration Maduro a lancé une offensive judiciaire contre le Parti communiste vénézuélien (PCV), lui retirant sa personnalité juridique et ses cartes électorales, pour les remettre à un petit groupe d’opérateurs politiques du parti au pouvoir. Ces individus utilisent les symboles du Coq rouge pour faire croire à l’opinion publique que les militants communistes soutiennent la direction du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV, au pouvoir), alors qu’en réalité ce n’est pas le cas. En 2024, après les élections présidentielles, le PCV a dénoncé le détournement des résultats électoraux. En janvier 2025, lorsque Nicolás Maduro a pris illégalement et inconstitutionnellement un nouveau mandat, le PCV a lancé un appel public aux forces révolutionnaires, populaires et véritablement démocratiques pour former une large alliance destinée à rétablir la pleine vigueur de la Constitution nationale et les droits sociaux, professionnels et politiques du peuple vénézuélien, puis présenté une feuille de route pour faire face à la crise politique.

    Vous dénoncez les politiques néolibérales.

    N.A. : Depuis août 2018, le Venezuela applique un ajustement économique néolibéral dans le cadre du Programme de relance économique, de croissance et de prospérité. Cette politique a réduit considérablement les dépenses publiques, libéralisé les prix et dollarisé de facto l’économie. Auparavant, le PSUV et ses alliés avaient déjà approuvé la loi sur les zones économiques spéciales. Les conventions collectives ont été démantelées et le salaire minimum est devenu le seul paramètre légal pour les indemnités et les prestations, excluant les primes et autres revenus. L’impact sur les travailleurs a été dévastateur : perte des prestations sociales et détérioration financière des syndicats. En 2022, un salaire minimum a été gelé à 130 bolivars, soit moins d’un dollar par mois aujourd’hui du fait de la dévaluation, tandis que les primes, qui constituent la majeure partie des revenus, ne sont pas prises en compte dans les avantages sociaux légaux. Cette politique permet aux employeurs publics et privés d’économiser des millions. Même dans les secteurs privés soumis à des conventions collectives, ces acquis sociaux sont menacés. Les dirigeants d’entreprise et le gouvernement de désormais Delcy Rodríguez ─ s’orientent vers un « nouveau modèle de rémunération », dans lequel le salaire traditionnel pourrait disparaître, consolidant ainsi la précarité des travailleurs vénézuéliens.

    Quelles sont les véritables intentions de Donald Trump ?

    N.A. : Le pétrole, le pétrole et encore le pétrole. Donald Trump cherche à garantir des réserves énergétiques stratégiques en cas de conflit majeur qui pourrait entraîner la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un quart du pétrole brut commercialisé dans le monde.

    Delcy Rodríguez a évoqué l’ouverture d’un « nouveau moment politique ». Qu’est-ce que ça signifie selon vous ?

    N.A. : En moins d’une semaine, Donald Trump a déclaré publiquement que ses relations avec Miraflores [palais présidentiel vénézuélien Ndlr] étaient désormais « fantastiques » et que Delcy Rodríguez « faisait tout ce qu’on lui demandait ». Ces déclarations révèlent la véritable nature de ce soi-disant « nouveau moment politique » et réduisent à néant la rhétorique anti-impérialiste avec laquelle le PSUV a tenté, pendant des années, de tromper certains secteurs de la gauche internationale.

    Il est également révélateur que l’un des principaux piliers du soutien à l’administration Maduro ces dernières années ait été le même groupe d’entreprises qui, il y a deux décennies, a mené le coup d’État contre le président Hugo Chávez. Tout cela confirme que ce « nouveau moment politique » n’est pas une rupture, mais l’approfondissement d’une alliance avec les secteurs entrepreneuriaux et l’impérialisme, en contradiction flagrante avec les intérêts du peuple vénézuélien.

  • [Entretien] Navid Shomali : « La solution en Iran ne peut venir que du peuple »

    [Entretien] Navid Shomali : « La solution en Iran ne peut venir que du peuple »

    Des manifestations d’ampleur secouent l’Iran depuis plus de deux semaines. Un mouvement qui, à l’origine, était lié au coût de la vie, mais s’est rapidement étendu et réclame désormais la chute du régime, qui est prêt à tout pour sa survie. Quelque 3 428 personnes auraient ainsi été tuées depuis le début du mouvement de contestation, a annoncé, mercredi, l’ONG Iran Human Rights (IHR), qui a également fait état de plus de 10 000 arrestations. Un véritable massacre mené par les Gardiens de la Révolution de la République islamique. Des rapports font état « de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays », affirme l’ONG Human Rights Watch.

    La Marseillaise : Pensez-vous comme le chancelier allemand que le pouvoir iranien vit ses « derniers jours » ?

    Navid Shomali : Les dirigeants européens ont déjà décidé que le régime devait être changé. Certains parlent d’une transition « en douceur », d’autres rappellent leurs ambassadeurs et essayent de réduire leur représentation diplomatique. Le problème est qu’ils ne connaissent pas nécessairement l’Iran. Ils aimeraient que l’Iran soit pro-Occident et pro-Otan dès demain. C’est loin de la réalité. La révolution iranienne de 1979 a mis deux ans à atteindre son stade final, avec des millions de personnes dans les rues. Ce régime brutal, qui dispose de l’un des appareils militaires et sécuritaires les plus redoutables du Moyen-Orient, est conscient que s’il quitte le pouvoir, il n’aura nulle part où se cacher. Il va donc s’accrocher et résister. C’est pourquoi nous sommes très préoccupés par l’ingérence politique des Israéliens, des Britanniques, des Français, des Allemands, des Portugais et de tous les membres de l’Otan. Cela compromettra les attentes sincères des personnes qui sont descendues dans la rue en 2009, 2017, 2018, 2019 et 2022. À chaque fois, ils ont réussi à forcer le gouvernement à reculer. Le régime peut utiliser ces déclarations pour affirmer que les manifestants sont manipulés par des puissances étrangères. Notre parti exige que ces ingérences cessent immédiatement.

    Quelles sont les revendications des manifestants ?

    N.S. : Les manifestations de ces deux dernières semaines sont directement liées à la propagation rapide de la pauvreté ainsi qu’à la corruption en Iran. L’accumulation de richesses par une petite minorité d’individus extrêmement riches, alors que la majorité de la population lutte pour satisfaire ses besoins les plus élémentaires, est insupportable. Ils constatent également que ce ne sont pas seulement des acteurs extérieurs qui ont conduit le pays à sa situation actuelle, mais aussi le régime et ses partisans, ses alliés et les membres de leur famille, par leur corruption endémique et leur pillage effréné de l’économie. Ce sont eux qui, au cours des trois dernières décennies, ont amassé des sommes d’argent astronomiques. Pendant ce temps, les travailleurs ne sont pas payés, les entreprises et les industries font faillite. Environ 60% de la population iranienne vit en dessous du seuil de pauvreté. C’est pourquoi ils sont dans la rue et prêts à sacrifier leur vie pour changer ce régime et offrir à leurs enfants et aux générations futures une vie digne.

    Le fils de l’ancien Shah, Reza Pahlavi, se positionne comme un acteur clé. Est-ce vraiment ce que souhaite le peuple ?

    N.S. : Pendant 47 ans, les Pahlavi ont vécu dans un luxe absolu grâce aux milliards de dollars qu’ils ont détournés de l’Iran. Lorsque Reza Pahlavi est interviewé, son ignorance de la situation est flagrante. Un document de 200 pages distribué à ses partisans propose clairement une dictature. Bien sûr, pas ecclésiastique, mais une dictature qui conduirait à la création d’un régime despotique dans lequel personne ne serait libre, l’ordre capitaliste serait maintenu et l’Iran serait un allié des États-Unis et d’Israël. Il n’a aucun programme politique, économique, social ou culturel clair pour résoudre les problèmes urgents de plus de 90 millions d’Iraniens. Après 47 ans de régime islamique et 50 ans de pahlavisme avant cela, l’Iran aura vécu sous la tyrannie pendant près de 100 ans. C’est pourquoi les esprits les plus brillants et les plus visionnaires d’Iran doivent s’unir pour trouver un moyen de sauver le pays. Cet homme n’est pas accepté par la population, mais chaque jour, les médias occidentaux invitent dans leurs émissions des politiciens et des personnalités publiques qui font l’éloge de la monarchie, affirmant que Pahlavi bénéficie d’un fort soutien international. Le problème est que l’opposition à l’intérieur du pays a été brutalement et totalement réprimée pendant longtemps, réduisant l’arène de la lutte interne à néant depuis la fin des années 1980.

    La France, le Royaume-Uni et le Portugal ont rappelé leurs ambassadeurs pour dénoncer la répression des manifestants.

    N.S. : Ce sont ces mêmes gouvernements qui ont poussé à l’adoption de sanctions plus sévères contre l’Iran. En octobre, ils ont affirmé que l’Iran avait abrogé ses responsabilités en vertu de l’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien. Cependant, le régime et un certain nombre d’experts en droit international ont affirmé que cet accord avait en fait été abrogé par les États-Unis en 2018, lorsque Trump s’en est retiré. L’accord stipulait que si l’un des six partenaires se retirait, il serait rompu. Ces gouvernements rêvent de revenir à l’ère coloniale et retrouver leurs positions. C’est le contraire de ce que l’on attend de pays qui se décrivent comme démocratiques et prétendent respecter le droit international. Si les gouvernements occidentaux n’interviennent pas, la République islamique pourrait s’effondrer sous la pression populaire interne à l’Iran. La solution en Iran ne peut venir que du peuple. Seuls les Iraniens ont le droit de décider du sort de notre pays et de la voie politique qu’il empruntera.

    Pensez-vous qu’il y aura une intervention militaire américaine sur le sol iranien ?

    N.S. : Personne ne peut prédire ce que Donald Trump va faire. Un jour, il dit une chose, et le lendemain, il fait le contraire. Les Américains et l’Occident ont clairement échoué à évaluer correctement la situation en Irak en 2003. Il a fallu de nombreuses années pour pacifier ce pays, sans parler de lui apporter un semblant de stabilité pendant de nombreuses années après cela. Et en termes de superficie, l’Iran est près de quatre fois plus grand que l’Irak. Il n’est donc pas impossible que le régime iranien et les États-Unis reviennent à la table des négociations pour parvenir à un accord. Les Américains auront bien sûr le dessus et finiront par l’emporter, car le régime théocratique est prêt à tout pour rester au pouvoir. Le grand perdant sera le peuple iranien. C’est pourquoi nous espérons que les forces progressistes, démocratiques et nationalistes, ainsi que la classe moyenne, les enseignants, les infirmières et les femmes, s’uniront pour former un front uni qui aspire à la paix, à la démocratie et à un avenir dans lequel les vastes ressources de l’Iran seront utilisées pour construire un pays prospère. En renforçant la solidarité et l’unité d’action entre toutes les forces sociales progressistes engagées dans cette lutte, nous nous efforcerons de faire face simultanément à la dictature au pouvoir et aux menaces de l’impérialisme américain.

  • [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    Chaque saison, les stations des Alpes fonctionnent à plein régime, soutenues par des réseaux bien établis de transport, d’hébergement, de formation et de services. Le ski y est à la fois une pratique sportive largement partagée et un pilier de l’économie hivernale locale. En Chine, selon des modalités différentes, l’attrait pour les sports d’hiver prend son essor.

    En effet, depuis les Jeux olympiques d’hiver de Beijing 2022, la participation du public chinois aux sports de glace et de neige progresse de manière continue. Selon les données disponibles, le secteur chinois des sports d’hiver dépasse désormais 1 000 milliards de yuans par an, soit environ 130 milliards d’euros, avec des effets d’entraînement notables sur la consommation hivernale, notamment dans le commerce de détail, les transports et la restauration.

    À Harbin, à la découverte du « Monde de glace et de neige »

    Dans le nord de la Chine, le développement des sports d’hiver s’appuie sur des villes historiquement associées au froid. Chaque hiver, la ville de Harbin accueille le Monde de glace et de neige de Harbin, un vaste site touristique construit à partir de dizaines de milliers de tonnes de glace stockées à l’avance. Les installations éphémères transforment temporairement l’espace urbain en une cité de glace ouverte au public, intégrée aux circuits touristiques et culturels hivernaux. Dans le sud du pays, la ville de Shenzhen a investi dans l’un des plus grands centres de ski indoor au monde. Ce type d’infrastructure permet une exploitation tout au long de l’année : alors que la température extérieure avoisine les 26°C, l’intérieur est maintenu autour de -6°C, rendant la pratique du ski indépendante des conditions climatiques et accessible à de nouveaux publics.

    Dans la région du Xinjiang, notamment à Altay et à Urumqi, des « vacances de neige » ont été mises en place afin d’encourager les élèves à participer à des activités sportives, éducatives et culturelles liées à la glace et à la neige. Certains domaines skiables proposent, durant ces périodes, des accès gratuits ou des tarifs préférentiels pour les jeunes, favorisant une familiarisation précoce avec les sports d’hiver.

    Ces évolutions dessinent une trajectoire distincte du modèle alpin européen. Là où la France s’appuie sur un système fondé sur la montagne et le tourisme de séjour, la Chine combine infrastructures urbaines, équipements indoor et politiques publiques afin d’élargir rapidement la base des pratiquants. Dans ce contexte, les sports d’hiver apparaissent comme un nouveau terrain de coopération économique entre la Chine et la France. L’expertise française en matière de gestion des stations, de formation, de sécurité et de tourisme hivernal durable rencontre un marché chinois en forte croissance, ouvrant la voie à des partenariats concrets et pragmatiques entre les deux pays.

  • [Entretien exclusif] Zagros Hiwa : « La libération d’Öcalan est non-négociable »

    [Entretien exclusif] Zagros Hiwa : « La libération d’Öcalan est non-négociable »

    La Marseillaise : Comment évaluez-vous la situation depuis l’appel à un processus de paix lancé par Abdullah Öcalan ?

    Zagros Hiwa : Beaucoup de choses ont changé depuis l’appel historique de notre leader Abdullah Öcalan à la paix et à une société démocratique. Jusqu’à présent, notre mouvement a essentiellement pris des mesures unilatérales, à l’initiative de notre dirigeant, sans accord avec l’État turc ni conditions spécifiques. Nous avons immédiatement répondu à l’appel du 27 février, annoncé un cessez-le-feu unilatéral, et le PKK a tenu son 12e congrès. Constatant avoir joué son rôle historique et que la lutte pouvait désormais se poursuivre dans le cadre de la démocratie, il a décidé de se dissoudre et de mettre fin à la lutte armée. Suite à cela, une cérémonie symbolique a eu lieu au cours de laquelle un groupe de combattants, mené par le camarade Besê Hozat, a brûlé ses armes. De plus, nos forces se sont retirées des zones situées à l’intérieur des frontières de l’État turc et de la région de Zap, où les affrontements les plus violents avaient eu lieu. L’État turc, quant à lui, n’a pas apporté de réponse appropriée à ces mesures unilatérales de notre mouvement. De nombreux discours, plus ou moins positifs, ont été prononcés et une commission parlementaire a été mise en place. Bien que nous considérions la création de cette commission comme importante, elle n’a pas répondu à nos attentes. Elle a été instrumentalisée pour retarder le processus, et jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’a été prise pour le faire avancer. Au contraire, il est devenu évident, par exemple lorsque des mères kurdes se sont vu interdire de parler kurde devant la commission, que le chemin est encore long avant qu’un changement de mentalité puisse s’opérer dans la vie politique turque. On constate que ce processus a offert un répit à la société et aux forces démocratiques. Les attaques et la répression, légitimées par le conflit, ont cessé, ce qui a jusqu’à présent apaisé le climat politique. Un changement de conscience s’opère clairement au sein de la société. Si certains milieux continuent de propager délibérément des sentiments anti-kurdes, la prise de conscience de l’existence de la question kurde et des problèmes qui en découlent s’accroît. Ce processus a également permis un rapprochement notable de la société kurde, toutes tendances politiques confondues.

    Quelles conditions le PKK pose-t-il à la poursuite de ce processus de paix ?

    Z.H. : Pour nous, en tant que mouvement de libération, la condition essentielle à la poursuite d’un véritable processus de paix est l’inscription du « droit à l’espoir » dans la Constitution turque. Ceci permettrait de rétablir la liberté physique de notre leader, Abdullah Öcalan, et de lui permettre d’exercer pleinement son rôle d’interlocuteur principal dans des conditions de vie et de travail libres. Ensuite, il conviendra d’apporter les modifications législatives et constitutionnelles nécessaires pour reconnaître les droits de la société kurde, ainsi que ceux de toutes les minorités ethniques, religieuses et culturelles de Turquie, et protéger leur culture, leur identité et leur histoire. Il est indispensable de préparer le terrain juridique pour l’instauration d’une vie politique véritablement démocratique, qui permettrait l’intégration au sein d’une république démocratique. Toutefois, tout cela requiert avant tout la volonté politique de toutes les forces responsables de trouver une véritable solution à la question kurde et de la considérer comme un enrichissement pour tous.

    Considérez-vous que la société turque est davantage prête que ses dirigeants à la reconnaissance du peuple kurde ?

    Z.H. : Notre dirigeant, Abdullah Öcalan, a maintes fois souligné l’importance de l’unité des peuples pour garantir la stabilité et la sécurité. Aujourd’hui, face au processus en cours, il a réaffirmé la nécessité de réorganiser les relations historiques entre les peuples turc et kurde, fortement fragilisées. L’histoire révèle un héritage de fraternité de près de mille ans entre les peuples turc et kurde, qui remonte à 1071, date à laquelle les Turcs s’installèrent en Anatolie avec l’aide des Kurdes. Depuis lors, ces deux peuples ont prospéré lorsqu’ils vivaient en paix. Contrairement aux réalités sociales de la région, l’État-nation turc a été fondé sur une conception moniste qui insistait fanatiquement sur l’unicité : « Une nation, un drapeau, une langue et un État. » Tout ce qui n’était pas turc était rejeté et anéanti. Cette mentalité
    persiste aujourd’hui et est propagée par certains dirigeants politiques. Cependant, leur influence, notamment grâce au processus en cours sous la direction d’Abdullah Öcalan, s’amenuise. La volonté de reconnaître le peuple kurde et de raviver la fraternité historique entre les deux peuples est bien plus répandue au sein de la population turque que chez nombre de dirigeants politiques qui ont bâti toute leur existence politique sur un nationalisme périmé.

    La libération d’Abdullah Öcalan est-elle la condition au désarmement définitif du PKK ?

    Z.H. : La liberté physique d’Abdullah Öcalan est une condition essentielle et non négociable. Cependant, limiter le processus à la seule fin du conflit armé serait réducteur. Il convient de s’interroger sur les raisons qui ont motivé la lutte armée et la création du PKK. L’État turc a été fondé sur le négationnisme et le génocide. La lutte armée et le PKK constituaient des mécanismes nécessaires d’autodéfense face aux attaques physiques et à l’assimilation visant à effacer l’identité, l’histoire et la culture kurdes. Le processus en cours doit impérativement aborder cette question. Il est indispensable de réévaluer l’histoire et, sur la base des conclusions tirées, de construire un avenir commun dans un contexte géopolitique en mutation. Une chose est claire : pour qu’une Turquie forte puisse exister à l’avenir, la question kurde doit être résolue et la démocratisation accomplie. Réduire ce processus à un simple dépôt des armes serait une erreur. J’appelle au soutien, notamment au niveau international, au processus de « Paix et Société démocratique » et à l’exercice de pressions politiques sur l’État turc afin de l’inciter à prendre des mesures concrètes en réponse à nos actions unilatérales.

    En Iran, à la suite du mouvement « Femme, vie, liberté », de nombreuses manifestations se déroulent. Quelle est votre analyse de la situation ?

    Z.H. : Ce soulèvement actuel s’inscrit dans la continuité du mouvement « Jin, Jiyan, Azadî » [« Femme, vie, liberté » Ndlr]. En Iran, tous les peuples, toutes les couches de la société, sous l’impulsion de la jeunesse et des femmes, aspirent à un changement de mentalité et de politique du régime iranien. Ils refusent d’être gouvernés par une théocratie moyenâgeuse où des centaines de personnes sont pendues chaque mois et où des femmes sont assassinées, torturées et emprisonnées pour avoir simplement revendiqué leurs droits les plus fondamentaux. Ils veulent que les responsables politiques et les fonctionnaires corrompus rendent des comptes et que les ressources économiques ne soient plus pillées ni monopolisées. Ils souhaitent un système de gouvernance plus démocratique, garantissant les droits des femmes et permettant aux travailleurs et aux étudiants de s’approprier leur destin. Ce sont là des revendications légitimes.

    Quelle est la place des Kurdes dans ce mouvement ?

    Z.H. : Les Kurdes sont à l’avant-garde des soulèvements, comme ils l’ont toujours fait. Ils ont payé le prix le plus lourd dans la lutte pour la liberté et la démocratie. Ils ont le plus souffert sous le régime. Nombre d’entre eux ont été pendus. C’est pourquoi ils mènent une lutte si acharnée pour un véritable changement dans le pays. Ils revendiquent la reconnaissance de leurs droits à l’identité.

    Pensez-vous que la République islamique d’Iran a encore un avenir ?

    Z.H. : Le peuple iranien, les femmes et les jeunes, sont pleinement conscients qu’ils n’ont aucun avenir dans ce système de gouvernement. Il semble que l’avenir du régime et celui du peuple iranien divergent. Le régime en place cherche à assurer sa pérennité sans tenir compte de la volonté et des revendications démocratiques du peuple.

    Quel regard portez-vous sur la situation en Syrie ? Les nouvelles autorités de Damas, tiennent-elles leurs engagements à l’égard de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie ?

    Z.H. : Le régime instauré à Damas n’est en réalité qu’une version modernisée du précédent régime d’Assad. On pourrait même le qualifier de régime baasiste d’extrême droite. Sa politique et sa mentalité sont visibles aux yeux de tous. Depuis plusieurs jours, les trois quartiers kurdes d’Alep, Sêxmeqsûd, Esrefiyê et Benî Zeyd, sont bombardés, plusieurs civils ont été assassinés et des tentatives de nettoyage ethnique sont en cours. Nous avons déjà constaté les exactions commises contre les Druzes et les Alaouites. Les mêmes bandes, soutenues par Damas et la Turquie, qui ont perpétré ces attaques s’en prennent désormais aux Kurdes d’Alep. Comme le montrent clairement les articles de presse, le gouvernement de transition à Damas adopte la même approche que le régime précédent vis-à-vis des droits des Kurdes et des autres minorités. Il ne prend pas les mesures nécessaires à la mise en œuvre de l’accord du 10 mars. L’ingérence turque joue également un rôle déterminant. L’État turc envoie constamment de nouvelles délégations pour étendre son influence au sein du gouvernement de transition, déploie ses propres troupes et continue de soutenir et d’inciter des groupes jihadistes à provoquer des affrontements avec l’Administration autonome. Il met tout en œuvre pour saboter une éventuelle solution à la question kurde, car il aspire à une Syrie instable sur laquelle il puisse exercer son influence et son contrôle, comme il le faisait déjà sous Assad.

    Estimez-vous la menace du terrorisme islamiste encore active dans la région ?

    Z.H. : L’État islamique, l’une des plus grandes menaces non seulement pour la région mais aussi à l’échelle mondiale, a été vaincu militairement, mais n’a jamais disparu. Soutenues et financées par divers acteurs, dont l’État turc, les cellules de l’EI ont pu se maintenir et continuer à perpétrer des attaques meurtrières. Plus récemment, l’Administration autonome a mis au jour des plans révélant une intention de libérer des prisonniers de l’EI détenus dans des camps du nord et de l’est de la Syrie avec l’aide de la Turquie. Al-Charaa [nom de guerre de l’actuel dirigeant syrien Al Joulani], ancien membre d’Al-Qaïda et ancien dirigeant du Front al-Nosra, dirige désormais l’État syrien. L’armée syrienne est aujourd’hui composée de nombreux groupes jihadistes venus du monde entier. La menace n’a jamais cessé, mais elle a commencé à changer de forme. Je saisis cette occasion pour réitérer mon appel au soutien de la résistance du peuple kurde en Syrie face aux attaques jihadistes, qui constituent une menace non seulement pour la société dans la région, mais pour le monde entier.

    L’agression du Venezuela par les États-Unis modifie-t-elle, selon vous, les principes des relations internationales ?

    Z.H. : Le cas du Venezuela illustre la mutation que connaît la modernité capitaliste. L’ordre mondial se redessine, et il s’agit d’un ordre où les États fondés sur le modèle théorique classique de l’État-nation, n’ont plus leur place. Il n’y a ni négociations, ni efforts politiques, ni même de tentative d’orchestrer une mascarade politique. Seuls les intérêts d’un seul État hégémonique priment dans cette modernité capitaliste. Le Venezuela en est l’exemple le plus récent en Amérique latine, tout comme le Groenland dans l’Atlantique.

    Ce que je tiens à souligner avant tout, c’est que le cas du Venezuela ne doit pas être considéré comme un cas isolé. Il ne s’agit pas d’un phénomène apparu en quelques semaines seulement dans cette région ; c’est tout le système des États-nations qui s’effondre. Par conséquent, concernant l’évolution des principes des relations internationales, ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas un simple changement, mais un effondrement imminent, d’où émergera un nouvel ordre. Dès que les États-Unis, qui ont été le pilier du système des États-nations, se désengageront de ce système, de ses institutions et de ses principes, tout le système se désagrégera. Ce fait même démontre que, comme l’a souligné notre dirigeant Abdullah Öcalan, il n’existe en réalité qu’un seul État-nation, l’État-nation hégémonique, et que tous les autres en sont des branches. L’arrestation de Nicolás Maduro confirme une fois de plus la théorie de notre dirigeant Abdullah Öcalan, selon laquelle un socialisme fondé sur l’État-nation est voué à l’échec, comme ce fut le cas à l’époque soviétique, tandis qu’un socialisme fondé sur la société démocratique triomphera assurément.

  • Rassemblement en solidarité avec le Venezuela

    Les progressistes marseillais se réunissent une nouvelle fois pour dénoncer l’agression impérialiste des États-Unis sur le Venezuela et le kidnapping de son dirigeant Nicolas Maduro. Le rendez-vous est ainsi donné à 11 heures sous l’ombrière du Vieux-Port ce samedi. « L’impérialisme c’est la guerre (…) du Venezuela à la Palestine, les mêmes logiques d’ingérence et de domination menacent la paix et piétinent le droit international », alerte la fédération PCF des Bouches-du-Rhône dans un tract appelant au rassemblement. « Se féliciter d’un changement de régime imposé par une intervention militaire étrangère, comme l’a fait Emmanuel Macron, c’est légitimer la loi du plus fort », dénoncent les communistes locaux.

    Contre « l’impérialisme des États-Unis de Trump »

    Les insoumis du 13 ont eu aussi confirmé leur participation à cette nouvelle manifestation face à « l’impérialisme des États-Unis de Trump » et en « solidarité avec le peuple vénézuélien ». « Contre la loi du plus fort, défendons la souveraineté des peuples », martèlent ils.

    Cette attaque dirigée par Washington sur Caracas a profondément traumatisé la population et fait plus de 100 morts. Jeudi, le milliardaire républicain qui dirige les États-Unis a évoqué une « tutelle » de plusieurs années sur le pays et tente déjà de s’approprier ses réserves en pétrole. Ainsi, l’association France Cuba Marseille 13 se joint à l’appel à protester pour « dire stop aux agressions guerrières et aux violations du droit international et dire oui au droit à l’autodétermination des peuples ». De même que l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, affiliée à la Fédération syndicale mondiale (FSM), dont les militants seront présents en « solidarité avec le peuple vénézuélien » et pour défendre le « respect de la souveraineté des États ».

  • [Entretien] Otto Vaillant Frías : « Cuba est un pays qui veut la paix mais nous allons nous défendre »

    [Entretien] Otto Vaillant Frías : « Cuba est un pays qui veut la paix mais nous allons nous défendre »

    La Marseillaise : Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris l’attaque des États-Unis sur le sol du Venezuela ?

    Otto Vaillant Frías : Il y a plusieurs réactions qui se mêlent. Comme Cuba, je condamne, je n’accepte pas ce type d’action des États-Unis contre n’importe quel pays, que ce soit le Venezuela ou un autre. C’est une violation du droit international, de la loi des États-Unis, de la loi du Venezuela… Ils n’ont pas le droit d’aller agresser un pays et d’en kidnapper le président ! Et c’est une intervention terrible, avec la mort de nombreuses personnes dont des Cubains qui ont été tués au combat. En tant que Cubains, nous sommes tristes de ces pertes. Et nous rejetons cette politique qui prend forme dans l’administration Trump, et qu’ils vont poursuivre il me semble.

    Avec cette attaque, Donald Trump a franchi un cap supplémentaire, vous l’expliquez comment ?

    O.V.F. : Donald Trump prône désormais une politique de total manque de respect aux Nations Unies, au droit international. La doctrine Monroe revient, l’Amérique pour eux, en disant que c’est sa zone d’influence, qu’aucun pays ne peut agir indépendamment s’il ne le souhaite pas. Il y a deux siècles certains pays n’étaient pas encore indépendants, mais aujourd’hui, ils n’ont pas besoin de demander aux États-Unis que faire, comment agir, comment prendre des décisions dans leur politique intérieure ou extérieure. L’administration Trump n’a pas le moindre respect pour aucune organisation internationale, ni pour les gouvernements des autres pays. C’est très grave.

    Immédiatement après l’attaque, Donald Trump a menacé Cuba. Cela vous inquiète ?

    O.V.F. : Il a dit qu’il faudrait regarder le cas de Cuba, regarder d’autres cas… À Cuba, nous souffrons d’un horrible blocus depuis plus de soixante ans, ils font déjà souffrir le peuple cubain parce qu’ils cherchent depuis le début à faire tomber le gouvernement et la révolution cubaine. Ils n’ont pas encore réussi, mais ils ont tout fait : l’agression militaire, le blocus, la propagation de maladies… Faire tomber notre gouvernement est leur objectif principal depuis le triomphe de la révolution cubaine, le 1er janvier 1959. Mais nous continuerons notre lutte. Même si ce ne sera pas facile pour nous.

    Justement, dans son avion présidentiel Donald Trump disait que Cuba « est prêt à tomber », surtout si on lui coupe l’accès au pétrole du Venezuela… Que lui répondez-vous ?

    O.V.F. : Pendant le combat, il y avait aussi des Cubains au côté de Maduro. Le gouvernement du Venezuela avait demandé à Cuba du soutien pour la sécurité de son président, et ils étaient là. Ils étaient une trentaine à se battre contre 200 soldats des États-Unis. Ils ont réussi à tenir pendant plus d’une heure. Cela en dit beaucoup. Cuba est un pays qui veut la paix, mais nous sommes prêts à nous défendre s’il y a besoin. Nous n’accepterons aucune invasion chez nous. Les États-Unis ont les moyens de punir les pays, les entreprises, de prendre des mesures contre tous ceux qui voudraient vendre du pétrole à Cuba, et je ne sais pas ce qu’il va se passer à l’avenir dans les relations commerciales, économiques ou de coopération entre Cuba et le Venezuela ou avec d’autres pays. C’est difficile à dire aujourd’hui. Mais nous avons le droit d’exporter ce que nous voulons malgré les sanctions des États-Unis. Nous verrons comment le Venezuela pourra tenir ses engagements envers Cuba.

    Pourquoi cet acharnement persiste toujours selon vous, 67 ans après la révolution ?

    O.V.F. : La question de la relation des États-Unis avec Cuba remonte à avant la révolution. Depuis leur indépendance ils ont toujours pensé que l’Amérique leur appartient. Pour Donald Trump et ceux qui l’entourent, Cuba devrait être une étoile sur le drapeau des États-Unis.

    Dans ce contexte, est-ce que les timides réactions européennes et spécifiquement françaises vous surprennent ?

    O.V.F. : Chaque pays agit selon la façon dont il voit les choses. Moi, je transmets la position que je connais, la mienne. Pour les réactions européennes ou françaises, il serait intéressant de demander pourquoi ils le font, comment ils voient la situation. Chaque pays a ses propres intérêts. Chaque pays a sa vision. Mais pour nous, c’est inacceptable.

    Vous parliez du blocus des États-Unis, des containers ont justement été envoyés par la CGT, par le PCF pour soutenir Cuba. À quel point cette solidarité compte pour vous ?

    O.V.F. : C’est très important, parce que nous avons eu un ouragan récemment qui a fait des énormes dégâts. Nous avons dû protéger la vie de 1,2 million de personnes dans des écoles, dans des endroits publics. Mais après son passage, 150 000 personnes ont perdu leurs maisons, plus de 50 000 habitations ont été détruites. C’est très compliqué de faire face à cette situation. C’est dans ce moment si difficile que l’on reçoit le soutien du Parti communiste français, des organisations de solidarité qui envoient des dons, des médicaments pour aider ces gens. Cela, c’est pour l’aspect matériel. Mais il y a une solidarité en France qui est très importante pour nous, c’est la solidarité politique, celle du Parti communiste français, de la CGT ou des autres partis politiques et organisations de solidarité. C’est le résultat d’années de solidarité et d’amitié, qui compte énormément pour Cuba.

    Quels sont les besoins principaux pour Cuba aujourd’hui, dans ce contexte ?

    O.V.F. : C’est le droit à l’autodétermination, l’indépendance, la défense de la souveraineté nationale. Ce sont des principes non négociables. Le droit aux peuples à choisir leur destin, sans l’intermission de pays tiers, le droit au développement, le droit à la vie, le droit à la non-intervention, le droit à la non-ingérence de forces militaires sur son territoire… Pour Cuba, c’est absolument nécessaire qu’il y ait une concertation du monde entier concernant la politique menée aujourd’hui par les États-Unis. Hier, c’était le Venezuela. Mais demain on ne sait pas où ils vont intervenir. Vous avez vu les informations hier [mercredi, Ndlr] sur les envies des États-Unis concernant le Groenland… Et après le Groenland, qui sera visé ? Il y a une envie d’expansion territoriale des États-Unis vers l’Europe, c’est quelque chose de nouveau, qui devrait faire réagir.

    Que faudrait-il faire pour garantir ces droits ?

    O.V.F. : Il faudra pour commencer réunir les Nations Unies, le Conseil de Sécurité, pour que le monde entier parle. Il faut un mouvement international pour arrêter la folie des Américains, de Trump. Aujourd’hui, on se bat pour l’avenir du monde. À l’intérieur de l’administration américaine il y a des gens qui veulent faire la guerre, qui veulent tout détruire. Cela va continuer sans arrêt. Ils ont une liste de territoires, de pays où ils veulent agir. Ils voient où sont les terres rares, où est le lithium, et ils veulent aller chercher ces ressources par n’importe quel moyen. Soit ils les achètent, soit ils envoient des troupes et tuent, kidnappent n’importe qui pour faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas possible, c’est un ordre international injuste, qui doit changer.

    Vous avez de l’espoir justement que les États-Unis reviennent à la raison ?

    O.V.F. : Donald Trump ne respecte personne. Il ne respecte pas le droit international, il ne respecte pas les Nations Unies, il ne respecte pas les pays non plus. C’est une terrible réalité. J’espère qu’on arrivera à changer cela. J’ai sincèrement de l’espoir. Il ne sera pas toujours là. Mais le fait qu’il reste trois ans encore au pouvoir ne doit pas lui donner de chèque en blanc pour qu’il puisse faire n’importe quoi. Il faut qu’il respecte le droit, y compris celui de son propre pays.

  • Resserrer les liens avec l’Afrique du Sud

    Resserrer les liens avec l’Afrique du Sud

    Pour promouvoir la diplomatie française et ses missions, le quai d’Orsay a déployé plusieurs de ses ambassadeurs dans différentes capitales régionales. David Martinon, ambassadeur de France en Afrique du Sud, Malawi et Lesotho a choisi Marseille. « D’abord parce qu’il y a du business à faire pour les entreprises marseillaises en Afrique du Sud, notamment la CMA-CGM, parce que la route sud est une des routes importantes. Il y a du potentiel », fait valoir le diplomate, avant de poursuivre « l’autre raison, c’est qu’il y a un historique entre la ville de Marseille et la ville du Cap. Un accord de jumelage a été signé en 2001 entre les deux maires de l’époque, donc Jean-Claude Gaudin et Peter Marais. Je voulais faire le point avec la mairie pour voir s’il y avait un intérêt à continuer à travailler ou à reprendre cet accord ou pas », pousse-t-il.

    Un rendez-vous avec la municipalité était prévu dans la journée de mardi, suivi par la Région avant de conclure par une rencontre avec les étudiants de l’université Aix-Marseille pour leur présenter le métier.

    L’Afrique du Sud reste la première puissance économique du continent africain. Dès lors, l’aspect business apparaît comme prépondérant dans ses missions. Ainsi, il liste les projets menées par des entreprises françaises dans le pays, parmi lesquels figurent le Club Med dans le KwaZulu-Natal, l’acquisition par Canal + de MultiChoice le géant sud-africain de la télévision payante ainsi que l’installation par Stellantis d’une usine de production de véhicules à Port Elizabeth. « Les grandes boîtes françaises sont toutes en Afrique du Sud », indique David Martinon qui y voit des possibilités de développement pour les entreprises de la tech.

    Des activistes français

    anti-apartheid honorés

    En novembre dernier, Emmanuel Macron a fait le voyage jusqu’en Afrique du Sud, à l’occasion du sommet du G20. Il s’est rendu à Pretoria et visité le Freedom Park (parc de la liberté), un mémorial dédié à ceux qui ont sacrifié leurs vies en luttant pour la liberté et contre l’apartheid. Le président de la République a ainsi dévoilé les noms de 20 Français honoré sur les murs de ce lieu d’histoire : Aimé Césaire, Frantz Fanon, Paul Vergès et Marcel Trigon mais aussi Jacqueline Grünfeld et Danielle Mitterand, pour ne citer qu’eux.

    Un travail de recherche mené par les services de l’ambassade. « C’est très important, ça montre à nos partenaires sud-africains que, même s’il est vrai que la France a vendu des armes de guerre à l’Afrique du Sud dans les années 1960 dans un contexte de guerre froide (…) des gens étaient engagés contre le régime d’apartheid », insiste l’ambassadeur qui fut le dernier représentant de la France en Afghanistan avant la prise de pouvoir des talibans.

    Alors que la France prend la présidence du G7, elle entend « porter l’héritage de la présidence sud-africaine » affirme David Martinon, « parce qu’on a le même attachement au multilatéralisme, à l’état de droit, à la démocratie ».

  • [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    [Entretien] Christophe Ventura : « Nous revenons à la règle de la force »

    La Marseillaise : Est-ce que l’intervention des États-Unis marque une rupture pour un Donald Trump qui se disait isolationniste ?

    Christophe Ventura : Il y a une rupture, qui s’inscrit dans une tradition. C’est la première fois que les États-Unis interviennent militairement dans un pays sud-américain, même s’ils sont intervenus moult fois en Amérique centrale et dans les îles caribéennes, et la première fois depuis la fin de la guerre froide qu’ils y emploient la force militaire en enlevant le chef d’un État en poste. Mais cette politique s’inscrit dans une longue tradition américaine, celle de la doctrine Monroe, à laquelle il a adjoint son propre corollaire Trump. Il le décrit dans son document de stratégie nationale publié le 5 décembre dernier, une stratégie de retour impérial assumé des États-Unis comme puissance dominante dans toute la région, du Groenland à la Terre de Feu.

    On a l’impression d’une graduation continue, entre les sanctions et pressions sur les différents scrutins sud-américains…

    C.V. : On parle beaucoup de Trump, mais il faut aussi parler de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, ou de Maurio Calver-Carone [ex-envoyé spécial en Amérique latine, Ndlr.] qui ont un agenda pour l’Amérique latine. Marco Rubio est beaucoup à la manœuvre, l’objectif, c’est de faire d’une pierre deux coups et derrière cela d’en finir avec Cuba.

    Les menaces contre Cuba, la Colombie, le Groenland peuvent-elles augurer d’autres interventions ?

    C.V. : On ne peut pas le savoir. En termes d’intervention, le Groenland est en haut de la liste, Donald Trump en a aussi promis une deuxième au Venezuela s’il n’y a pas de terrain d’entente avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Pour la Colombie, nous sommes au stade des menaces, je ne vois pas les États-Unis y intervenir et à Cuba, la stratégie c’est une asphyxie définitive de l’économie cubaine en pensant que le gouvernement va s’effondrer.

    Les institutions vénézuéliennes, qu’elles soient politiques ou militaires, apparaissent-elles toujours comme légitimes ?

    C.V. : Je me garderai bien de toute certitude. Le coup est rude, officiellement le Venezuela demande la libération et le retour de M. Maduro. Ils essaient de montrer une continuité de l’État bolivarien dans le respect de la Constitution avec Delcy Rodriguez présidente par intérim pour trois mois. Le défi, c’est de garder cette unité, parce que Donald Trump fait un test de résistance à ce pouvoir civilo-militaire. Il y a ceux qui sont favorables à un deal pour conserver les pouvoirs régaliens et préparer une transition, négocier la meilleure sortie pour ne pas être éliminés physiquement ou finir leur vie en prison. La plupart des dirigeants ont sur leur tête des contrats, entre 15 et 30 millions de dollars, pour « narcotrafic ». Ils pourraient intégrer une partie de l’opposition dans un gouvernement dit national, et ouvrir aux Américains par la grande porte le retour de la pompe à pétrole. Delcy Rodriguez se dit prête à en discuter, à condition que ce ne soit pas une colonie, qu’ils soient respectés. Trump lui dit pour l’instant : tu n’as pas ton mot à dire. Mais au sein du pouvoir chaviste cela peut soit créer l’unité, soit créer une divergence entre un courant qui serait collaborationniste et un autre, peut-être avec les militaires, qui considérerait qu’il faut militariser le pouvoir pour résister. Vient s’ajouter à cela ce que peut faire l’opposition. Elle est elle-même divisée. Maria Corina Machado a été disqualifiée par Donald Trump pour prétendre diriger le pays. Est-ce que cette opposition va accepter de reprendre pied dans les institutions progressivement ou va profiter de cette situation pour prendre la rue et faire tomber le pouvoir une bonne fois pour toute ? Dans ce cas, on ne peut pas exclure que cela devienne un chaos généralisé.

    Le pétrole est-il la principale raison de l’intervention, ou les enjeux sont-ils plus géopolitiques ?

    C.V. : C’est indissociable. Trump veut récupérer la manne pétrolière qui est aujourd’hui exportée à 80% pour la Chine, et balayer d’Amérique latine les États « récalcitrants », en finir avec ce qu’il appelle les « communistes », tout ce qui est grosso modo de gauche et progressiste. C’est une stratégie de restauration impériale dans la région qui commence au Venezuela. Pour Donald Trump, les ressources latino-américaines doivent servir les chaînes de valeur qui servent les intérêts de l’économie américaine.

    Est-ce que cela risque d’entraîner des répliques dans les relations internationales ?

    C.V. : Le responsable de la principale puissance mondiale fait justice par soi-même et pour soi-même. C’est la vengeance érigée en principe de gouvernement et de diplomatie. Quand la première puissance mondiale a fait ça, que voulez-vous dire après à M. Poutine, à la Chine si demain elle voulait reprendre Taïwan ? Chacun désormais peut faire sa loi dans sa zone d’influence, c’est la vision de Donald Trump des relations internationales. Nous revenons à ce qui était la règle de la force, le retour de la politique de la canonnière, le monde d’avant la Première Guerre mondiale : ce sont les grandes puissances qui dirigent et s’arrangent entre elles quand il y a un problème.

    À quel point l’opposition est représentative de la population ?

    C.V. : L’opposition existe, elle est puissante. Il y a grosso modo trois tiers, avec un pôle chaviste qui reste, et qui peut être critique de Maduro, un tiers qui représente les oppositions, et un autre tiers de la population surtout qui n’est plus politisé, qui est fatigué, épuisé d’une crise multiforme qui agonise ce pays depuis dix ans, qui cherche à survivre au quotidien. Maria Corina Machado est beaucoup plus monétisée à l’international qu’elle ne l’est au Venezuela, cela Trump le sait. Elle n’a cessé de proposer pour en finir avec le chavisme des boycotts électoraux, des manifestations de rue, la violence politique ou la demande d’une intervention américaine. Mais elle n’incarne qu’un bout de l’opposition. Une bonne partie de l’opposition de droite veut aussi en finir avec le chavisme par une solution vénézuélienne sans ingérence des américains. Maria Corina Machado n’a pas les moyens de gouverner, parce qu’au Venezuela, on ne gouverne pas sans l’armée qui ne veut surtout pas d’elle puisqu’elle a fait sa carrière politique sur un coup d’État en 2002 visant à lui enlever le pouvoir.

    A lire : « Désocciden-talisation : Repenser l’ordre du monde », par Christophe Ventura et
    Didier Billion,
    Agone, 14
     euros.

  • La nouvelle offensive impériale américaine au Venezuela

    La nouvelle offensive impériale américaine au Venezuela

    Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir, lundi matin, à la demande du Venezuela, deux jours après l’opération militaire américaine brutale à Caracas, qui a évincé le président socialiste Nicolás Maduro. Ce raid belliqueux laisse le pays latino-américain dans l’incertitude et sa légalité a été mise en cause par de nombreuses capitales dans le monde.

    Nicolás Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, ont été capturés dans la nuit de vendredi à samedi par les forces américaines après des frappes sur Caracas et ses environs, et des mois de pression militaire des états-Unis en mer des Caraïbes. Ni la Chambre des représentants et ni le Sénat américain n’ont été consultés. Pas plus que l’ONU. Une conception ou la force prime sur le droit.

    Cette agression impérialiste opérée par les états-Unis a été vivement condamnée par les alliés de Caracas (Chine, Russie, Iran ou Colombie) et les critiques ont également fusé de la part de l’ONU, l’Union Européenne et diverses capitales latino-américaines et européennes. Ces dernières dénoncent le recours à la force contre un état souverain et « une violation du droit international ». Seuls quelques gouvernements pro-Trump, tels l’Argentine ou Israël, ont applaudi. Emmanuel Macron, lui, « prend acte », sans condamner.

    Le président vénézuélien déchu a été incarcéré, dimanche, dans une prison de New York. Nicolás Maduro doit comparaître à une date indéterminée devant un juge pour répondre notamment de « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux états-Unis, qui veulent surtout exploiter les vastes réserves de pétrole du Venezuela.

    évoquant une opération préparée depuis des mois, Donald Trump avait assuré samedi que les états-Unis allaient « diriger » le pays de 30 millions d’habitants, ajoutant qu’il serait prêt à y dépêcher des troupes au sol et y lancer une « seconde vague » d’attaques. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a tempéré, dimanche : « Nous sommes en guerre contre les organisations de trafic de drogue, pas contre le Venezuela ».

    Mais la véritable raison de la violation de souveraineté opérée par les Américains, derrière l’accusation bancale de « narcoterrorisme » (lire l’entretien), est liée aux ressources du pays. Le président américain a affirmé, samedi, qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter les ressources pétrolières du Venezuela, qui détient 17% des réserves de brut mondiales et vend 80% de son pétrole de mauvaise qualité vers la Chine.

    L’armée vénézuélienne a reconnu, dimanche, la vice-présidente Delcy Rodriguez comme présidente par intérim, a annoncé le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, qui a appelé ses compatriotes à reprendre une vie normale. Mais Trump, enfermé dans sa logique impériale, a déclaré dimanche au magazine The Atlantic que Delcy Rodriguez, « payera plus cher que Maduro » si elle « ne fait pas ce qu’il faut ».

    Réactions

    Emmanuel Marcon

    Président de la République

    « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. (…) »

    Fabien Roussel

    Secrétaire national du PCF

    « L’intervention américaine au Venezuela est un scandale absolu qui viole le droit international, menace la paix en Amérique latine. La seule motivation de Trump : le pétrole et ses minerais.(…) Il déclare la guerre à tous les peuples libres et aux nations souveraines (…). »

    Jean-Luc Mélenchon

    Chef de file de La France insoumise

    « Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge et l’enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse. »

    Olivier Faure

    Premier secrétaire du PS

    « Quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné.

    la force ne peut remplacer le droit. C’est un pas de plus dans la délégitimation des institutions internationales (…). »

    Renaud Muselier

    Président (Ren.) de la Région Sud

    « Après avoir volé son élection présidentielle, Maduro a trouvé plus fort que lui : Trump, qui l’a carrément kidnappé dans son pays. L’équilibre mondial se transforme en loi du plus fort, c’est très loin de ma vision du monde et de la démocratie. »

    CGT

    Syndicat

    « Cette agression impérialiste et l’enlèvement d’un chef d’État constituent de graves précédents. »

    Les rendez-vous

    Martigues

    Un rassemblement de soutien au Venezuela est organisé à Martigues, ce lundi à 18h place Jean-Jaurès, à l’initiative du PCF, LFI, du collectif Palestine, de l’Union locale CGT et du Mouvement de la paix.

    Toulon

    La fédération du PCF var appelle à un rassemblement ce lundi à 18h Place de la Liberté.

    Elle propose à toutes les organisations progressistes de se joindre à cette initiative.