Category: international

  • En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    Après Béziers puis Montpellier et avant deux rendez-vous à Marseille ce jeudi 8 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise et vendredi 9 à 14h30 à l’Union départementale de la CGT, Aleida Guevara, fille du « Che », sera à Avignon, ce mercredi 7 octobre. Elle interviendra lors d’une conférence-débat autour de Cuba de 18h15 à 20h30 dans la salle Camille Claudel du centre hospitalier de Montfavet.

    Médecin comme son père, elle se rend en Cité des Papes dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad » (graines de solidarité en français) afin d’évoquer la situation sanitaire très difficile que connaît Cuba depuis plusieurs années. Une problématique qui s’est encore dégradée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025.

    « Le peuple cubain est en très grande difficulté car plus rien ne passe et ils n’ont aucun moyen de s’approvisionner. Que ce soit en pétrole ou en alimentation à cause d’une véritable barrière mise en place par les Américains. Même si on veut les aider et envoyer des produits de première nécessité, on est bloqués par tout ça », précise Nicole Rives, présidente de l’association France Cuba Vaucluse.

    Invisibilisés

    Un événement pour permettre, donc, de visibiliser la cause du peuple de la plus grande île des Caraïbes. « C’est tellement difficile d’avoir des retours sur la situation cubaine. C’est une situation quasi invisibilisée par les médias », poursuit la présidente associative. Une venue qui est aussi l’occasion d’envisager des évolutions dans les relations de chacun avec Cuba. L’association organisatrice évoque par exemple la possibilité d’ouvrir des « perspectives concrètes ». Tel que « des échanges universitaires » ou encore un « soutien institutionnel à la levée du blocus ».

    Le choix du lieu est aussi à noter. Aleida Guevara était en effet déjà venue au Centre Hospitalier de Montfavet. C’était en l’an 2000. Vingt-six ans plus tard, la situation s’est encore dégradée sous la pression des États-Unis qui ont annoncé, fin septembre, encore durcir les sanctions.

    Informations supplémentaires
    et inscription au 06.75.47.56.53 ou au 04.90.38.23.03

  • [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    La Marseillaise : Flavio Bolsonaro est en tête de deux points à l’issue de ce premier tour et il bénéficie de la réserve de voix des autres candidats de droite. Comment analysez-vous ce résultat qui n’était pas celui annoncé par les sondages ?

    Christophe Ventura : C’est une demi-surprise. On sait bien que la polarisation est très forte au Brésil et que le bolsonarisme est puissant et qu’il était plutôt poussé par les sondages ces derniers temps. Sur le premier tour, on a des résultats, en ce qui concerne la présidentielle, qui sont un peu l’inverse de ce que disaient les médias. Les sondages montraient qu’il y aurait 2-3 points d’écart à l’avantage de Lula et c’est Bolsonaro qui sort en tête avec ces points d’avance. Ce qui n’est pas une surprise, en revanche, ce sont les résultats au niveau du congrès brésilien et du Sénat en particulier, ainsi qu’au niveau des 27 États fédérés du Brésil. De ce point de vue là, la poussée des droites annoncée a été confirmée, puisque 15 États sur 27 sont aux mains du bolsonarisme désormais. Pour Lula, le résultat est mauvais, il a baissé en vote partout par rapport au score qu’il avait fait en 2022 contre Jair Bolsonaro. Plus que ce que les sondages indiquaient, y compris dans ses fiefs électoraux comme le Nordeste, où, en général, il caracole en tête. Il a gagné là-bas, mais moins que d’habitude.

    Ce second tour s’annonce très compliqué. Les reports de voix sont plus favorables à Bolsonaro qu’à Lula qui n’a plus beaucoup de réserve de voix. Bolsonaro peut s’attendre à un ralliement plus important des droites dont les voix se sont éparpillées sur les autres candidats. Pour Lula, le trou de souris, si j’ose dire, pour pouvoir faire une remontada, c’est la mobilisation totale de la gauche et de tous les gens qui sont avec lui dans la coalition. Mais c’est aussi, peut-être, d’essayer de convaincre des 33,4 millions d’abstentionnistes. Est-ce que dans ce stock d’abstentionnistes, certains vont retourner voter au second tour pour éviter que l’extrême droite ne l’emporte ? C’est peut-être la seule clé pour Lula désormais.

    Comment expliquez-vous le résultat de Lula ? Son bilan est-il mauvais ?

    C.V. : Si on s’intéresse aux questions économiques et sociales, le bilan de Lula est plutôt bon pour un président sortant qui a gouverné avec un congrès à majorité conservatrice, il faut toujours le rappeler. Il avait des marges de manœuvre assez restreintes. Pourtant, il y a eu des avancées du point de vue de la croissance, l’emploi, la hausse des salaires, etc. Ce mauvais résultat s’explique par une combinaison de choses. La première est le fait qu’encore une fois, Lula a gouverné dans un pays où le bolsonarisme est une force très puissante qui représente à peu près la moitié de la population brésilienne. Celle-ci est unie à la fois par un rejet de Lula, du Parti des Travailleurs (PT), une haine de la gauche au Brésil après les années 2010. Les gens qui sont derrière Jair Bolsonaro considèrent que son emprisonnement est une injustice. C’est un peu comme avec Trump. La base sociale du bolsonarisme fait fi des évolutions économiques, sociales ou de la réalité de la justice brésilienne et reste derrière son champion. Ce qui semble avoir dominé la campagne, c’est moins le bilan du gouvernement que les diatribes, les polarisations, les insultes. Les questions liées à l’insécurité, aux cartels mais aussi à la corruption ont été au centre du débat. Ajoutons à cela la guerre culturelle : la droite et Bolsonaro tapent sur Lula en disant qu’il est le protecteur à la fois des minorités, des LGBT et du wokisme. Il y a un vote religieux très fort au Brésil. Et aujourd’hui, les évangélistes qui représentent un tiers de l’électorat votent massivement pour Bolsonaro au nom de la défense des valeurs chrétiennes, de la famille traditionnelle et, pour eux, Lula, c’est le camp des dégénérés. Je pense également qu’il paye ses 80 ans. Il y a certainement des jeunes primos électeurs, une génération qui arrive avec l’envie de changement, indépendamment de savoir s’ils sont d’accord ou pas avec lui.

    Au-delà du coup d’État, Jair Bolsonaro, le père, a été condamné pour « tentative d’abolition violente de l’État de droit démocratique ». C’est le risque que fait peser un retour de l’extrême droite au pouvoir ?

    C.V. : Oui, bien sûr, ce qui se joue, ce sont les pulsions autoritaristes du bolsonarisme et de l’extrême droite en général. Ce n’est pas la dictature mais la restriction des droits individuels et collectifs, gagnés justement par les combats, les luttes sociales, et qui assume aussi de discipliner le corps social s’il y a des contestations. C’est, comme l’avait fait en son temps Bolsonaro père, l’arrêt du financement par l’État de politiques et de programmes qui visent à défendre les droits des minorités et des femmes. C’est un pouvoir réactionnaire. Quand vous avez une force politique, dont le premier dirigeant a conspiré pour ne pas accepter les résultats d’une élection, assassiner le président Lula et un juge, vous savez à quoi vous avez à faire.

    Donald Trump, qui espère rallier tout le continent, a-t-il pesé sur cette élection ?

    C.V. : C’est l’objet de mon article du mois dans Le Monde diplomatique. Les ingérences américaines au Brésil, ce n’est pas nouveau, ça existe depuis très longtemps. Mais Trump, depuis son retour au pouvoir, n’a eu de cesse de s’immiscer dans la vie politique brésilienne. D’abord avec les droits de douane qu’il impose au Brésil constamment et dont la seule justification, c’est le fait que son copain Bolsonaro est en prison. Ce qu’il estime être une injustice. Ces politiques de taxe douanière sont demandées par les fils de Bolsonaro, Flavio et son frère Eduardo, qui vit aux États-Unis. Ce dernier a écopé de quatre ans de prison parce que justement, il a demandé et obtenu de Trump qu’il applique des droits de douane contre le Brésil.

    Je suis très inquiet car je pense que pour ce second tour, on risque d’avoir encore des mots, des tweets, des posts sur Truth Social [le réseau social du président américain, Ndlr.] de Donald Trump en permanence, pour que son candidat Flavio Bolsonaro, l’emporte. Parce que gagner le Brésil, c’est faire basculer tout le continent. Cela aura une répercussion mondiale. Pour Trump, c’est autre chose que l’Équateur ou même la Colombie.

    C’est un coup de tonnerre au Brésil : le président sortant Lula da Silva est devancé de deux points par Flavio Bolsonaro (45% contre 47%) à l’issue de ce premier tour de l’élection présidentielle. Avec 56 millions de voix, il a fait mieux que son père, l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui en avait engrangé 49 millions quand il avait été élu en 2018 et 51 millions quand il avait perdu face à Lula en 2022. S’il est élu au second tour, il bénéficiera d’un Parlement penchant fortement à droite. Pour le champion de la gauche, âgé de 80 ans et en quête d’un quatrième mandat non consécutif, l’enjeu est désormais de convaincre les 21% d’abstentionnistes et les électeurs qui ont voté blanc.

  • [Passerelle interculturelle] Le 77e anniversaire de la République populaire de Chine célébré à Marseille

    [Passerelle interculturelle] Le 77e anniversaire de la République populaire de Chine célébré à Marseille

    Plus de 300 personnes ont participé à l’événement, y compris plusieurs consuls généraux étrangers à Marseille, des représentants d’organisations internationales, des personnalités issues de différents milieux de la région, des représentants d’entreprises chinoises et des étudiants chinois en France.

    Cette année marque le 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois ainsi que le lancement du 15e Plan quinquennal de la Chine. Au premier semestre, l’économie chinoise a résisté aux pressions et répondu efficacement aux chocs et aux défis extérieurs. Le produit intérieur brut a atteint 69 600 milliards de yuans, soit une hausse de 4,7% sur un an, témoignant d’une forte résilience et d’un grand dynamisme. La Chine a toujours été un acteur, un contributeur et un bâtisseur actif de la gouvernance mondiale.

    Lors de son discours, le Consulat général de Chine à Marseille He Youlin a rappelé qu’en décembre dernier, lors de son entretien avec le président Emmanuel Macron, en visite d’État en Chine, le président Xi Jinping avait appelé à faire en sorte que « le partenariat stratégique global sino-français progresse de manière plus stable et plus solide dans son nouveau cycle de soixante ans ». Cette orientation a donné un nouvel élan au développement durable des relations sino-françaises et constitue également un guide important pour la coopération entre collectivités locales des deux pays.

    Le Consulat général de Chine à Marseille entend continuer à favoriser une meilleure complémentarité entre les atouts des deux parties, une allocation efficace des ressources ainsi que le développement concret des coopérations. Il souhaite travailler avec les amis de tous les milieux de la circonscription consulaire afin de consolider les fondements de l’amitié à travers la coopération locale, de renforcer la compréhension mutuelle entre les peuples et d’insuffler ensemble une nouvelle dynamique au partenariat stratégique global entre la Chine et la France.

    Dans leurs interventions, les invités français ont chaleureusement félicité la République populaire de Chine à l’occasion du 77e anniversaire de sa fondation. Ils ont exprimé leur admiration pour les réalisations historiques obtenues par la Chine en matière de développement économique et social et porté une appréciation positive sur le partenariat stratégique global sino-français.

    Écrire un nouveau chapitre

    Ils ont également affirmé accorder une grande importance à la coopération avec la Chine et souhaiter saisir davantage les opportunités offertes par son développement, approfondir continuellement la coopération pragmatique dans différents domaines et parvenir à davantage de résultats mutuellement bénéfiques.

    La réception s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse et amicale. Les invités ont échangé autour de l’amitié et de la coopération, exprimant leur souhait de renforcer davantage les échanges amicaux bilatéraux afin d’écrire ensemble un nouveau chapitre de la coopération sino-française.

  • Les députés espagnols rejettent les décrets sur le Droit au logement

    Les députés espagnols rejettent les décrets sur le Droit au logement

    C’est vers11 heures que devait débuter la séance extraordinaire des Cortès (parlement) au cours de laquelle aller se dérouler le débat parlementaire puis le vote. Un vote qui aboutissait en milieu d’après-midi au rejet des deux décrets proposés par le gouvernement, le premier par 178 voix contre et 172 voix pour, et le second par 184 contre et 166 pour.

    La séance a débuté alors qu’une marche de centaines de manifestants a rejoint le Parlement en provenance de la Puerta Del Sol, où des dizaines de tentes ont été montées depuis pratiquement une semaine, suite à l’expulsion de Maricarmen, 87 ans, par un fonds vautour. Maricarmen est devenue le symbole de cette lutte pour le droit au logement et contre les fonds spéculatifs. Les fortes mobilisations dans tout le pays ont permis d’aboutir rapidement à l’examen de décrets qui étaient déjà en préparation depuis plusieurs mois.

    Rappelons le contenu des décrets soumis au vote, ils prévoient notamment : le renforcement de la protection contre les expulsions jusqu’en 2030 ; la réglementation des locations saisonnières et des chambres d’hôte ; l’interdiction pour les fonds spéculatifs « fonds vautours » d’acheter des logements jusqu’en 2028 ; ainsi que la prolongation de deux ans des contrats de location en cours arrivant à échéance avant le 31 décembre 2028. Pour le second décret : renouvellement automatique des baux.

    Un message à Maricarmen

    C’est la ministre du Logement, Isabel Rodriguez, qui est intervenue en premier pour appeler à un vote majoritaire alors que Junts (indépendantistes catalans) a annoncé, dès jeudi soir, que ses députés voteraient contre ces décrets.

    Rappelons que le gouvernement de gauche tient sa majorité depuis 2023 grâce au vote des députés de Junts, un vote qui avait été négocié en échange de la promesse d’amnistie des indépendantistes catalans. Isabel Rodriguez à la tribune de l’assemblée a dédié son message à Maricarmen : « Aujourd’hui nous allons légiférer pour que plus personne ne souffre d’une expulsion, pour donner de l’espérance aux jeunes qui veulent acquérir un logement et qui ne peuvent pas faute de moyens et nous voulons mettre un coup d’arrêt à la spéculation. » La ministre a ajouté : « Maricarmen, vous avez réveillé les consciences. »

    Isabel Rodriguez s’est adressée au Parti Populaire pour qu’il vote en faveur des décrets : « C’est l’heure de vérité, leur lance-t-elle. Ou vous êtes avec les vautours, ou vous êtes avec les gens ». La ministre a ensuite rappelé la responsabilité du Congrès aujourd’hui : « Toute l’Espagne nous interpelle pour le droit au logement, jusque devant ce Parlement des manifestants attendent nos décisions », s’adressant à nouveau au PP et à Junts : « Si vous ne votez pas pour vous, votez aux moins pour vos électeurs. Les fonds vautours quand ils expulsent un locataire, il ne lui demande pas pour qui il vote. »

    Des rassemblements prévus ce samedi

    Les débats précédant le vote ont duré plusieurs heures, chaque groupe parlementaire a pu s’exprimer. Gerardo Pisarello pour Sumar a dénoncé « les spéculateurs représentés par la droite qui, par son vote, va permettre l’expulsion de grands-mères, d’enfants, de jeunes couples, le peuple n’oubliera pas votre trahison, Vox et Parti populaire vous aller voter contre des millions d’Espagnols qui ont du mal à payer leur loyer. »

    En colère après l’annonce du rejet des textes, les centaines de manifestants qui ont patienté toute la journée devant le Parlement ont regagné la Puerta del Sol, où des assemblées préparent déjà les actions à venir. Ce samedi, plus de cinquante rassemblements sont déjà prévus dans les principales villes d’Espagne et la décision est prise, avec le syndicat des locataires, de construire une riposte quartier par quartier.

  • En Espagne, la lutte pour le droit au logement s’amplifie autour de Maricarmen

    En Espagne, la lutte pour le droit au logement s’amplifie autour de Maricarmen

    L’expulsion la semaine dernière de Maricarmen, 87 ans, de son logement à Madrid où elle vivait depuis 70 ans, a suscité l’indignation dans tout le pays. Cette expulsion est révélatrice des pratiques des fonds spéculatifs, appelés ici fonds vautours, favorisés par une politique en faveur des plus riches de la part de la communauté de Madrid dont la présidente est Isabel Ayuso du Parti populaire.

    Depuis mercredi dernier le mouvement de soutien à Maricarmen et pour le droit au logement pour tous, ne fait que s’amplifier avec comme épicentre la Puerta del Sol, place emblématique de la capitale, qui voit depuis samedi soir une occupation jour et nuit par des centaines de personnes qui ont dressé des tentes. Nombre d’observateurs rappellent la similitude avec le mouvement des indignés, qui débuta sur cette même place le 15 mai 2011. Les manifestants installés à la Puerta del Sol, entendent ne pas bouger en attendant le Conseil des ministres d’aujourd’hui mardi, où devrait être adopté ce que l’on appelle déjà le décret « Maricarmen ».

    « Je n’ai pas réussi à défendre mon logement, mais j’ai lutté pour que les autres apprennent à défendre le leur. Ça n’a pas été possible, mais, s’il vous plaît, luttez ! » c’est l’appel que Maricarmen Abascal a lancé vendredi depuis sa chambre d’hôpital où elle récupère peu à peu, à la suite de son expulsion qui l’a éprouvée. Dimanche, Pedro Sanchez, le chef du gouvernement depuis un meeting du PSOE à Getafe dans la banlieue de Madrid, lui a répondu : « Maricarmen, j’ai un message pour toi, le gouvernement travaille contre la montre pour prendre dès ce mardi le royal-décret loi sur le droit au logement. » Un décret qui devrait faciliter l’accès au logement, éviter les expulsions des citoyens les plus vulnérables et agir contre les fonds vautours.

    Des jeunes très concernés

    La coalition Sumar minoritaire au gouvernement, composé notamment de ministres communistes, menace de boycotter le Conseil des ministres si les mesures concrètes ne sont pas décidées par le gouvernement. Sumar s’inquiète des négociations en cours, de la majorité socialiste de l’exécutif avec les groupes parlementaires qui ont permis à Pedro Sanchez d’avoir une majorité pour gouverner, notamment Junts (indépendantistes catalans) qui avait voté contre la précédente loi sur le logement.

    L’expulsion de Maricarmen mercredi dernier, largement retransmise en direct à la télévision a touché la jeunesse qui est particulièrement concernée par la crise du logement depuis des années, celle-ci est descendue en masse dans la rue pour se joindre samedi à la manifestation à l’appel du syndicat des locataires. C’est dans la foulée de cette manifestation que les jeunes par centaines, ont installé des tentes sur la célèbre place face au siège de la communauté de Madrid dirigée par la droite.

    Le journal El Pais, rapportait hier ce témoignage de David Suarez, 32 ans, à qui on a dit d’étudier et travailler dur dans la vie et qu’il pourrait réaliser tout ce qu’il voudrait. « J’ai obtenu une maîtrise universitaire, j’ai travaillé dans des entreprises importantes, je partage un appartement avec deux amis, je ne peux pas espérer avoir un logement pour moi tout seul à court terme, c’est terrible vous vous sentez en échec. Quand j’ai vu cette dame de 87 ans en fauteuil roulant, expulsée de son appartement, mon sang n’a fait qu’un tour, je suis sorti et suis allé rejoindre les autres à la Puerta del Sol et je n’en partirai pas tant qu’il n’y aura pas de vrai changement… ».

    Réponse aujourd’hui en Conseil des ministres.

  • [Passerelle interculturelle] De l’été à la pleine Lune : ces Européens qui rêvent de découvrir la Chine en automne

    [Passerelle interculturelle] De l’été à la pleine Lune : ces Européens qui rêvent de découvrir la Chine en automne

    Pour beaucoup d’entre eux, ce voyage a été l’occasion de découvrir une Chine à la fois moderne, diverse et dépaysante. Entre les paysages naturels, les trains à grande vitesse, les quartiers animés et les spécialités locales, les visiteurs européens ont souvent gardé de nombreux souvenirs de leur séjour.

    Mais avec la fin de l’été, la Chine ne perd rien de son attractivité. Au contraire, l’automne est aussi une très belle saison pour voyager. Les températures deviennent plus douces, les paysages changent de couleur et, dans de nombreuses régions, la nature prend des tons rouges, jaunes et dorés. Cette période coïncide également avec la Fête de la mi-automne, l’une des fêtes traditionnelles les plus importantes en Chine. Elle est associée à la famille, au partage, à la pleine Lune et aux retrouvailles.

    À cette occasion, CMG Europe a organisé une activité intitulée « Bienvenue en Chine pour admirer la Lune » dans douze villes européennes, notamment à Paris, Londres, Berlin, Rome, Bruxelles, Madrid et Budapest. Les voyages vers la Chine deviennent aussi plus faciles pour certains touristes européens grâce au développement des liaisons aériennes et aux mesures facilitant l’entrée sur le territoire.

    L’un des moments les plus populaires de l’activité a été une expérience utilisant l’intelligence artificielle. Grâce à un système de génération d’images, les participants pouvaient créer en quelques secondes une photo virtuelle d’eux-mêmes dans un décor chinois. Leur portrait pouvait apparaître devant la Grande Muraille, le Temple du Ciel à Pékin, le Bund à Shanghai ou encore dans les rues illuminées de Chongqing.

    L’ambiance unique de la Fête

    de la mi-automne.

    La pleine Lune était naturellement présente dans ces images, afin de rappeler l’ambiance de la Fête de la mi-automne. L’expérience a beaucoup amusé les participants. Certains ont été surpris par le réalisme des images, tandis que d’autres ont immédiatement imaginé leur futur voyage en Chine. La Fête de la mi-automne a également permis de faire découvrir plusieurs éléments de la culture chinoise. Certains Européens connaissaient déjà les gâteaux de Lune, traditionnellement partagés à cette période. D’autres avaient entendu parler de Chang’e et du Lapin de jade, deux figures célèbres de la mythologie chinoise liées à la Lune.

    Une nouvelle période prisée pour découvrir la Chine

    Après les voyages d’été, l’automne offre donc une nouvelle manière de découvrir la Chine.

    Entre paysages de saison, patrimoine, traditions, gastronomie et nouvelles technologies, le pays continue d’attirer la curiosité des visiteurs européens. Et pour certains participants à cette activité, la photo créée par intelligence artificielle pourrait bien être la première étape avant une vraie photo prise un jour, en Chine, sous la pleine Lune.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Chroniques méditerranéennes] Nous sommes tous Maricarmen !

    [Chroniques méditerranéennes] Nous sommes tous Maricarmen !

    « Somos todos Maricarmen » ont scandé des milliers de personnes lors de manifestations à travers le pays après l’expulsion de Maricarmen âgée de 87 ans de son appartement, mercredi à Madrid dans le quartier du Retiro. Un appartement, dans lequel elle vivait depuis 70 ans. Évacuée sur son fauteuil roulant compte tenu de son handicap et dirigée sur un hôpital, en attendant son relogement chez un cousin, cette expulsion a suscité dans tout le pays une vague d’indignation, Maricarmen devenant malgré elle le symbole de la lutte pour le droit au logement et contre les expulsions. C’est après une longue bataille juridique que le fonds spéculatif qui avait acquis cet appartement d’un précédent propriétaire a eu gain de cause. En augmentant le loyer de 275% soit 2 650 euros par mois le fond « vautour » mettait Maricarmen en difficulté pour s’acquitter de ses loyers. Depuis le siège de l’ONU à New York où Pedro Sanchez se trouvait mercredi, le chef du gouvernement a réagi en dénonçant « une tragédie nationale que nous ne pouvons accepter », du côté de Sumar les partenaires du gouvernement dénoncent eux « la passivité de la ministre du logement ». Sumar qui se saisit de cette affaire pour porter au conseil des ministres de mardi, la demande d’expropriation du logement de son propriétaire le fonds spéculatif Urbagesa. La porte-parole de Sumar, Veronica Martinez, a déclaré jeudi « nous voulons mettre fin à cette injustice et envoyer un message clair aux spéculateurs et aux fonds vautours : le logement est un droit, pas un commerce ». Cette demande d’expropriation d’Urbagesa « doit marquer un tournant face à la spéculation immobilière. C’est pourquoi nous proposons également des modifications législatives afin qu’une telle situation ne puisse plus jamais se produire », a ajouté la porte-parole de Sumar. L’expulsion de Maricarmen remet sur le devant de la scène la politique du logement du gouvernement, une politique largement insuffisante, et par certains aspects incompréhensible, de la part d’un exécutif de gauche. Pour preuve le vote des députés du PSOE le 15 septembre lors d’une séance des Cortès, ceux-ci ont rejeté avec la droite l’examen de la loi proposée par le groupe Sumar qui interdit de vendre des appartements à des grands fonds d’investissement dont l’objectif est le commerce du logement. Avec les votes du PP, de Vox, de Junts (indépendantistes catalans) et l’abstention du PSOE le Congrès des députés a repoussé toute possibilité de prendre en considération l’examen de cette proposition de loi.

    Ce vote des députés socialistes montre clairement les différences au sein de la coalition gouvernementale en matière de politique du logement. Ce texte qui fut déjà présenté en novembre 2025, avait été repoussé grâce aussi à une abstention des députés du PSOE. Difficile de comprendre l’attitude des députés socialistes, qui ne traduisent pas dans leurs actes les politiques promises auprès des électeurs de gauche souvent victimes des spéculateurs. Les manifestations qui se multiplient dans le pays, comme encore ce samedi, dénonçant la main mise des fonds spéculateurs sur le logement et contre les expulsions vont probablement rappeler aux ministres la politique sur laquelle ils se sont engagés. Les ministres communistes au gouvernement et la coalition Sumar au Congrès des députés entendent bien dans les jours qui viennent faire bouger les lignes. Les bonnes déclarations de Pedro Sanchez dénonçant « une tragédie nationale » et l’incapacité de la droite locale à régler les problèmes de logement à Madrid, ne suffiront pas tant que ne seront pas pris des actes concrets et législatifs contre les fonds spéculatifs et pour le droit au logement.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)

  • La Chine populaire fête son 77e anniversaire à Marseille

    La Chine populaire fête son 77e anniversaire à Marseille

    Michèle Rubirola (Marseille), Clare Hart (Montpellier), Vincent Goyet (Bouches-du-Rhône), Bruno Genzana et David Galtier (Région) comptaient parmi les élus rassemblés au consulat. Unanimes, ils ont insisté sur la nécessité de développer des liens d’amitié et de coopération économique sino-français.

  • Face à l’ONU, Trump déroule son argumentaire nationaliste

    Face à l’ONU, Trump déroule son argumentaire nationaliste

    Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a certes menacé l’Iran, mais ajouté : « Je crois que nous passerons un accord juste après les élections » législatives prévues aux États-Unis en novembre.

    Sur une autre guerre qu’il avait promis de régler rapidement, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, le président américain a – encore une fois – assuré qu’un accord serait trouvé « plus tôt qu’on ne le pense ». « Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix. Quand d’autres ignorent les menaces, j’y fais face. (…) Quand d’autres ont promis la force, je l’ai utilisée pour faire de l’Amérique le plus puissant pays du monde », a assuré le républicain de 80 ans, en chute dans les sondages à cause d’un mécontentement général sur son bilan, notamment économique. Donald Trump, de manière inhabituelle, a suivi son prompteur. Pas de nouvelle édition des attaques virulentes déclenchées l’an dernier par une panne de ce dispositif, ou un problème d’escalator qui l’avait ulcéré.

    « Super intelligence »

    C’est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l’« Amérique d’abord » a affirmé les ambitions géopolitiques américaines, en menaçant d’utiliser la « puissance militaire » pour défendre les intérêts de Washington en Amérique du Sud, en annonçant la construction prochaine de deux bases au Groenland, ou en prédisant que le gouvernement communiste de Cuba allait « tomber ». Donald Trump a aussi défendu sans hésitation le développement de l’intelligence artificielle, annonçant que les documents officiels américains allaient abandonner cette terminologie au profit de « super intelligence ». Il s’est aussi opposé à tout « projet mondialisé » de régulation de cette technologie, qui inquiète beaucoup ses concitoyens. Le président américain a repris ses critiques contre la gouvernance internationale, en appelant tous les États membres à se retirer de la Cour pénale internationale, et fustigeant entre autres l’Unesco.

    Donald Trump poursuivait son programme, mardi, avec une cérémonie de signature officielle de l’accord sur le Groenland, épilogue d’une saga diplomatique ayant viré par moments à la crise ouverte avec les Européens face aux revendications américaines sur ce vaste territoire arctique.

    Le président américain devait aussi avoir un tête-à-tête avec la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez, qui gouverne sous forte pression américaine depuis la capture de Nicolás Maduro par Washington en janvier. Le milliardaire devait aussi rencontrer dans la journée le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

    à la tribune de l’ONU, la journée s’était ouverte par le dernier discours, très sombre, du secrétaire général Antonio Guterres, dont le second mandat de cinq ans arrivera à échéance en décembre. Il a accusé les géants pétroliers d’avoir traité l’atmosphère comme « une décharge à ciel ouvert ».

    À la veille d’un Conseil de sécurité sur l’intelligence artificielle, il a aussi exhorté les États-Unis et la Chine à « coopérer », quelques jours après avoir plaidé pour une « coordination mondiale ». Le chef de l’ONU a aussi remis un coup de projecteur sur la situation des Palestiniens, évoquant « le spectre d’un nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée où les violences de colons extrémistes israéliens se sont intensifiées ces derniers mois. Citant la guerre en Ukraine et la situation au Moyen-Orient, le Portugais de 77 ans avait récemment fait le constat amer que « chaque jour, les choses empirent un peu ». « Il n’y a aucune amélioration nulle part », avait-il insisté, lâchant même qu’il n’avait « aucun pouvoir ».

    Emmanuel Macron, qui devait prendre la parole pour la dernière fois en tant que président, mardi soir, aura lui forcément à cœur de défendre l’engagement de la France en faveur du multilatéralisme. « Le temps n’est pas venu du bilan, ni en matière nationale, ni en matière internationale », a prévenu la présidence française.

  • [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    Il ne s’agit pourtant ni d’une installation artistique ni d’un bâtiment temporaire. Cette gigantesque structure est une membrane gonflable destinée à recouvrir entièrement la fosse de fondation du futur Centre d’exposition de Baiyun.

    Avec une superficie d’environ 25 000 mètres carrés, elle constitue actuellement l’une des plus grandes installations de ce type dans le sud de la Chine. La structure mesure environ 197 mètres de long, 110 mètres de large et atteint jusqu’à 45 mètres de hauteur.

    Son principe est relativement simple : des ventilateurs injectent de l’air en permanence à l’intérieur afin de maintenir une légère surpression et de soutenir la membrane. Le chantier se retrouve ainsi enfermé dans un vaste espace indépendant, sans avoir besoin d’une lourde structure métallique.

    L’objectif est avant tout environnemental. En isolant le chantier de l’extérieur, la membrane permet de limiter fortement la dispersion des poussières et de réduire le bruit, avec une baisse pouvant atteindre environ 60 %. Elle protège également les travaux contre la pluie et certaines intempéries, ce qui permet au chantier de se poursuivre dans des conditions plus stables.

    À l’intérieur, la qualité de l’air est surveillée en permanence. Des dispositifs mesurent notamment la teneur en oxygène, le monoxyde de carbone et la concentration de poussières. Des systèmes de renouvellement de l’air et de pulvérisation d’eau sont également utilisés afin de maintenir un environnement adapté aux ouvriers et aux engins.

    La question de la sécurité a également été prise en compte. Selon les responsables du projet, cette membrane a été conçue pour résister à des vents correspondant à un typhon de niveau 14, un élément particulièrement important dans une région régulièrement exposée aux phénomènes météorologiques violents. Cette solution présente aussi un intérêt en matière de calendrier. Grâce à la protection du chantier contre les aléas climatiques et à la possibilité de travailler de manière plus continue, le projet estime pouvoir gagner jusqu’à 171 jours sur certaines phases de construction.

    Guangzhou n’est d’ailleurs pas la première ville chinoise à expérimenter cette technologie. À Jinan, dans la province du Shandong, une membrane d’environ 20 000 mètres carrés et de près de 50 mètres de hauteur a déjà été utilisée pour recouvrir un chantier. À Shenzhen, dans le quartier de Futian, des dispositifs comparables ont également été installés afin de réduire l’impact environnemental de grands travaux urbains.

    Une fois les travaux terminés, la membrane peut être démontée, transportée et, dans certains cas, réutilisée sur d’autres chantiers. Derrière ce spectaculaire « coussin gonflable » se cache donc une question très concrète à laquelle sont confrontées les grandes métropoles chinoises : comment continuer à construire et à transformer la ville tout en réduisant les nuisances pour ceux qui vivent autour des chantiers ?

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.