Category: France

  • Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris Entertainment Company, exploitant de l’Accor Arena et de l’Adidas Arena, société majoritairement détenue par la Ville de Paris, met en avant son expérience des grands événements sportifs et son implication dans Paris 2024. Cette initiative intervient dans un contexte d’incertitude autour du pôle de glace de Nice, fragilisé par l’arrivée du nouveau maire (UDR), Éric Ciotti, et son refus de certains aménagements prévus. Et trois semaines après la proposition du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, d’accueillir des compétitions de glace au cas où Nice serait écartée des sites olympiques.

    Mais dans un communiqué jeudi soir, la Région Paca a indiqué que « les études menées démontrent la faisabilité technique du projet » dit « des Arboras », du nom du stade privilégié par Eric Ciotti pour accueillir le hockey masculin. « Il convient désormais de poursuivre le travail sur sa faisabilité calendaire et financière » avec une nouvelle réunion prévue lundi, poursuit la Région.

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • Fibre excellence : la procureure demande deux mois d’observation

    Fibre excellence : la procureure demande deux mois d’observation

    Quelques dizaines de personnes, rassemblées au cri de « Pour nos emplois, la cellulose vivra ! », ont empêché pendant une trentaine de minutes l’entrée des représentants de la direction à ce que le secrétaire général de la CGT Haute-Garonne, Cédric Caubère, a qualifié de « tribunal des patrons et des fossoyeurs ».

    « Les travailleurs ne peuvent plus subir le diktat du grand capital », a déclaré, au milieu des drapeaux rouges de la centrale syndicale brandis par des manifestants, Nathalie Bazire, secrétaire confédérale CGT, demandant au gouvernement de mettre les usines de Fibre excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône) « sous protection », afin d’éviter une éventuelle liquidation.

    Lors de l’audience tenue à huis clos, la procureure a demandé au tribunal de commerce d’accorder à Fibre excellence, qui emploie quelque 670 personnes, « deux mois d’observation » lui permettant d’avoir plus de temps pour chercher une solution, a affirmé Laurent Quinto, délégué CGT de l’usine de Tarascon.

    De son côté, la direction du groupe a affirmé dans un communiqué avoir sollicité auprès du tribunal « un redressement judiciaire avec poursuite d’activité » afin « d’examiner les solutions les plus appropriées pour assurer la pérennité de l’entreprise ». Contacté par l’AFP, le tribunal de commerce a refusé toute communication sur cette audience « confidentielle ».

    Le gouvernement a pressé vendredi l’actionnaire de Fibre excellence d’investir pour sauver l’entreprise.

    Engagement de la Région Occitanie

    Outre la pâte à papier, la société produit de l’électricité à partir de bois et de copeaux dont le cours a beaucoup augmenté. Le gouvernement a récemment proposé de relever le tarif de rachat de cette électricité à Fibre excellence (jusqu’à 20%), accédant à une demande récurrente de la direction.

    En contrepartie, il demandait notamment à l’actionnaire de « couvrir les besoins de financement courant du groupe sur l’horizon d’un plan d’affaires (2030) », et de « procéder aux investissements nécessaires au développement de l’activité du groupe les prochaines années ». Or, dans un courrier daté de jeudi les représentants de l’actionnaire Jackson Wijaya, dont la famille dirige le géant indonésien de la papeterie mondiale Asia Pulp and Paper, n’envisagent pas d’investissement supplémentaire. « Tous les moyens seront mis en œuvre pour que l’actionnaire assume ses responsabilités », a notamment déclaré le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin. La Région Occitanie, dont la présidente Carole Delga a rencontré le Premier ministre le 9 avril, a proposé « l’instauration d’une nouvelle gouvernance et d’un pack d’actionnaire ambitieux et durable » et annoncé être prête « à y prendre part ».

  • Le comité d’alerte des finances publiques se réunit

    Le comité d’alerte des finances publiques se réunit

    « L’objectif est d’identifier suffisamment tôt d’éventuels dérapages et de prendre des mesures correctives rapidement », a expliqué au Parisien, samedi, le ministre de l’Économie Roland Lescure. Cette instance, lancée après d’importants dérapages du déficit public en 2023 et 2024, réunira à Bercy des parlementaires, représentants de la Sécurité sociale, des syndicats ou des collectivités locales autour des ministres de l’Économie Roland Lescure, des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l’Aménagement du territoire Françoise Gatel.

    L’an passé, cette structure s’était réunie deux fois : le 15 avril autour de l’ex-Premier ministre François Bayrou, qui avait alerté les Français sur le « piège » de la dette qui menace « la survie [du] pays », et le 26 juin pour annoncer un coup de frein supplémentaire de cinq milliards d’euros sur les dépenses publiques afin de tenir l’objectif d’un déficit de 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025. Il s’est finalement établi à 5,1%, une bonne nouvelle dont le gouvernement s’est félicité fin mars. Mais la tâche reste ardue, alors que la guerre au Moyen-Orient bouscule l’économie française et entraîne « un renchérissement significatif du service de la dette », avec un coût de la crise « estimé aux alentours de 4 milliards » d’euros, a prévenu Bercy mardi.

    Et l’incertitude persiste, avec la situation au détroit d’Ormuz et face à l’envolée des prix de l’énergie. Le gouvernement maintient son objectif de 5% de déficit cette année et son engagement à le faire passer sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.

  • Grasset : les auteurs exigent une clause de conscience

    Grasset : les auteurs exigent une clause de conscience

    L’homme d’affaires qui contrôle Hachette, maison mère de Grasset, s’étonne dans un texte publié par le Journal du dimanche, titre de presse également dans son escarcelle, du « vacarme » suscité par le départ du PDG de la maison d’édition, Olivier Nora. Ce dernier s’était porté garant de l’indépendance de Grasset après le rachat d’Hachette par Vincent Bolloré en 2023. Quelque 170 écrivains ont secoué cette semaine le monde d’ordinaire feutré de l’édition en refusant de publier de nouveaux livres chez Grasset après ce départ vu par beaucoup d’auteurs comme un « licenciement » décidé par Vincent Bolloré. Dans une lettre ouverte, ils avaient dénoncé « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la maison. Vincent Bolloré confirme que la décision est liée à un « différend » avec Olivier Nora sur la date de publication du prochain livre de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrivé en mars chez Grasset.

    « Le 6 juin prochain, la maison Grasset aura la joie et l’honneur de sortir le nouveau livre de Boualem Sansal (…). Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l’année ce qui était contraire à la volonté de la direction Hachette, qui est le réel propriétaire de Grasset », écrit Vincent Bolloré. Il rappelle en préambule de son texte n’avoir pour autant « aucune fonction chez Hachette ». Il pointe également un contexte de « performances économiques de la Maison Grasset très décevantes » et une hausse de la rémunération annuelle d’Olivier Nora. Il sera remplacé par un homme de confiance du milliardaire, Jean-Christophe Thiery, PDG de Louis Hachette Group. Toujours est-il que plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l’édition, emmenés par Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère ont appelé dans la Tribune Dimanche à étendre à leur secteur « une clause de conscience », semblable à celle existant pour les journalistes. L’occasion de « poser une limite » selon le changement de la ligne « politico-culturelle » de la maison d’édition. Comme c’est le cas depuis le rachat d’Hachette Livre (et de Grasset) par Vincent Bolloré en 2023.

  • Le grand JT des territoires du 18 avril

    Le grand JT des territoires du 18 avril

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    Face aux incivilités dans les transports en communs devenues trop courantes, certaines communes ont décidé d’agir. Comment ? Réponse dans ce journal.

    Ancien champion de lancer de marteau, il vient d’être élu maire de sa commune ! Une reconversion peu commune pour Quentin Bigot, maire de Gandrange en Moselle.

    Immersion au cœur de son nouveau quotidien. L’exploitation des lignes TER dans les régions est ouverte à la concurrence, depuis 2018.

    Cela oblige la SNCF à s’adapter aux besoins des usagers quotidiens. Exemple sur la ligne Cannes-Menton, dans la région Sud.

  • Recul des macronistes sur la loi Yadan

    Recul des macronistes sur la loi Yadan

    En moins d’un mois, pas moins de 700 000 Français ont exprimé – via une pétition – leur rejet de la proposition de loi sur les « formes renouvelées de l’antisémitisme », portée par la députée macroniste de la 8e circonscription des Français de l’étranger (Israël, Italie Turquie entre autres), Caroline Yadan, qui devait être débattue à l’Assemblée nationale depuis le 16 avril.

    Le texte fait l’objet de nombreuses critiques de la part de l’opinion publique – en témoignent les nombreux rassemblements organisés ces derniers jours, dont un à Montpellier le 11 avril – et de parlementaires de gauche, qui ont appelé à voter contre – à l’exception des socialistes François Hollande et Jérôme Guedj, cosignataires du texte. « Ce texte liberticide amalgame les critiques de la politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme », observe Jean-Louis Roumégas, député Les Écologistes héraultais. En effet, la proposition de loi stipule qu’une « haine de l’État d’Israël [qui] est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. L’appel à la destruction de cet État, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble ».

    « Dérives dangereuses »

    « Sous prétexte de lutter contre l’antisémitisme, le texte criminalise celles et ceux qui dénoncent la politique génocidaire de Netanyahu. Il présente des dérives dangereuses, n’a que des mauvais effets puisqu’il vise à faire taire ceux qui défendent le droit international et il ne lutte pas contre l’antisémitisme », soutient Nathalie Oziol, députée LFI de l’Hérault. Le groupe a notamment demandé d’inscrire la pétition à l’ordre du jour de l’Assemblée avant l’examen de la loi, « ce qui permettra de montrer que le peuple français n’en veut pas. » Sauf que la pétition ne sera pas débattue, la commission des lois estimant que le débat aura lieu lors de l’examen du texte.

    Des « dérives dangereuses » que l’on retrouve notamment dans le préambule du texte puisque ce dernier reprend la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah (IHRA), décriée par de nombreux observateurs du fait de son parallèle entre critique d’Israël et antisémitisme. « Cette loi ouvre un flou juridique dangereux. Son premier article prévoit l’extension du délit de provocation au terrorisme aux « provocations implicites ». Mais en droit, « implicite » ne veut rien dire. Le manque de clarté de cette formule peut porter atteinte à l’État de droit », se désole Fanny Dombre-Coste. La députée socialiste de l’Hérault appelle au retrait du texte et à la mise en place d’une commission spéciale transpartisane, estimant que « l’Assemblée, à un an de la Présidentielle, n’est pas en capacité de travailler sérieusement, d’avoir un débat serein. »

    Et les risques juridiques que fait porter ce flou sont grands. « Ce texte va laisser la place à l’arbitraire. Selon les juges sur qui on tombe, toutes les interprétations seront possibles », fait valoir Jean-Louis Roumégas. Le texte pourrait ainsi représenter un danger pour une opinion publique acquise à la cause palestinienne. Sans oublier les Juifs français, assimilés de facto par le texte à des partisans de la politique coloniale de Netanyahu. Les débats s’annonçant enflammés – les partis de gauche ayant déposé nombre d’amendements – les macronistes ont finalement décidé de retirer la proposition de loi, le 16 avril, et annoncent que le gouvernement s’est engagé à un dépôt de projet de loi en juin prochain.

  • Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    C’est la deuxième grève de l’histoire du groupe en France, c’est historique ! » Devant le magasin de vêtements Zeeman, sur le boulevard d’Athènes à Marseille (1er), une petite vingtaine de salariés tiennent le piquet. L’enseigne d’habillement à bas coût a ses grilles fermées ce samedi, tout comme la plupart des autres boutiques marseillaises de la marque.

    En cause ? Un mouvement de grève national, à l’appel notamment de Force ouvrière, sur fond de négociations annuelles obligatoires (NAO). « La direction a proposé une enveloppe bidon. L’an dernier, on n’avait déjà presque rien eu et on avait été pris pour des imbéciles ! Pour obtenir quelque chose cette fois, on s’est dit qu’il allait falloir bloquer », expose Stéphane, délégué syndical FO et travailleur du magasin situé à l’avenue Jean-Lombard (11e).

    Dans le détail, le montant prévu pour ces NAO serait, pour l’heure, de 570 000 euros pour les 1 800 salariés du groupe. FO met en avant un montant correspondant à seulement « 0,3% du chiffre d’affaires ». Pas de quoi sauter au plafond. « C’est presque rien ! Sachant qu’on n’a pas de tickets-restaurants, pas de chèque vacance, peu de primes et pas de treizième mois », abonde Anis, élu Unsa, du magasin du Cours Julien. « On demande à ce que l’enveloppe soit dédiée à un treizième mois, c’est notre combat », développe Stéphane, alors que la prochaine réunion sur le sujet est prévue pour ce mardi 14 avril.

    Une petite famille

    qui ne connaît pas la crise

    Preuve du mécontentement des salariés, ils avaient déjà mené un premier jour de grève, le 8 avril dernier. Ils haussent le ton depuis : « Le magasin des Cinq avenues est fermé, celui du Merlan, celui de rue d’Italie aussi… Sur Marseille, ils sont presque tous fermés. » Rien d’anodin pour le secteur du commerce et encore moins alors que « la zone de Marseille est l’une des plus importantes de l’entreprise en France » selon les travailleurs présents. « Fermer un samedi, c’est pas de gaieté de cœur, mais on n’a pas d’autres choix que de mettre la pression pour obtenir quelque chose », abonde Jérôme, du magasin rue d’Italie. Il insiste : « On demande une reconnaissance, une motivation… Ça fait des années qu’on demande un geste et qu’il n’y a que des refus. »

    Comme le discounter Action, Zeeman est un groupe néerlandais qui ne lésine pas sur l’import de produits asiatiques pour pratiquer des prix défiant toute concurrence. Mais c’est surtout un capital détenu à 100% par les descendants de son fondateur Jan Zeeman, décédé en 2020 qui avait lancé le premier magasin en 1967 et l’une des plus grandes fortunes des Pays-Bas. Depuis, la croissance est exponentielle : 300 magasins en France, 1 300 au total sur plusieurs pays européens.

    Si moult enseignes de vêtements françaises sont en difficulté, comme Jott (lire notre article du 11/04), ce n’est pas le cas de Zeeman France qui a remonté la bagatelle de « 5 millions d’euros versés en dividendes au groupe en 2024 » selon les calculs de FO. « Le prévisionnel est bon, la croissance est là », assure Stéphane. En parallèle, les salariés ont de quoi revendiquer : « L’inflation, les loyers, l’essence… Tout augmente, mais notre Smic n’augmente pas ! »

    D’où l’attitude jugée « méprisante » de la direction à l’égard des demandes des représentants syndicaux. « La dernière fois, on est venu négocier et ils nous ont dit cash : “on parle pas du 13e mois” », s’indigne Anis. Comme un symbole, le rassemblement des salariés avait lieu devant un magasin « qui va bientôt fermer ». Contactée, Zeeman n’a pas répondu à notre sollicitation à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    « 5 millions d’euros ont été versés en dividendes »

  • L’alliance de la honte

    L’alliance de la honte

    Le vernis pseudo social de l’extrême droite s’est encore une fois écaillé, passé au dissolvant de son idéologie réactionnaire où l’antisyndicalisme le dispute à sa haine historique des conquêtes sociales. C’est le cas
    du 1er-Mai, jour où l’extrême droite préfère fleurir la statue de la pauvre Jeanne d’Arc plutôt que les cortèges des travailleurs. Conquête de très hautes et sanglantes luttes pour les droits sociaux, le 1er-Mai est à la fois le seul jour chômé et férié du calendrier et le symbole des combats des travailleurs. Insupportable pour la droite et l’extrême droite.

    Vendredi, la gauche, dans son ensemble, a sauvé l’honneur. Mais elle a échoué car l’alliance de la honte entre droite et extrême droite montre quelle majorité de l’horreur, de l’extrême centre à l’extrême droite, pourrait se dessiner en 2027 si le camp progressiste est dans l’incapacité de s’entendre et, surtout, de convaincre de son utilité. L’extrême droite a depuis longtemps choisi son camp. Ce n’est pas celui des travailleurs et de l’émancipation mais celui du patronat, de la réaction et de la régression.

  • 1er-Mai : RN et droites s’unissent contre les salariés

    1er-Mai : RN et droites s’unissent contre les salariés

    C’est un déni de démocratie qui s’est déroulé vendredi à l’Assemblée nationale. Pour éviter le débat parlementaire sur le texte déposé par le macroniste Gabriel Attal, visant à faire travailler certains salariés le 1er-Mai, les députés favorables à ce texte ont pourtant voté une motion de rejet de ce même texte. La manœuvre est grossière mais elle permet d’empêcher le débat et de renvoyer la discussion au sein d’une commission mixte paritaire. Le but est de passer en force dès la semaine prochaine et d’imposer cette régression sociale dès le 1er-Mai 2026. Avec le soutien du gouvernement.

    Amendements à la trappe

    Déposée par le groupe présidé par Gabriel Attal (Ensemble pour la République), la motion de rejet tactique a été adoptée par 120 voix contre 105. Les quatre groupes de gauche s’y opposant tout comme le MoDem, hostile à la manœuvre plus qu’au fond du texte. Insuffisant toutefois contre le reste de l’hémicycle, des macronistes jusqu’au Rassemblement national, dans une alliance de la honte. Exit donc les quelque 140 amendements à discuter avant la fin des débats qui était prévu à 17h30, vendredi, le camp gouvernemental s’attendant ce que la gauche enlise à dessein les débats. Les quatre groupes de gauche se sont en effet insurgés, tentant de retarder le vote de la motion pour rameuter les troupes, demandant des interruptions de séance. Des députés allant de LFI jusqu’au PS ont même entonné debout La Marseillaise, puis L’Internationale. Le monde syndical est aussi vent debout. Devant l’Assemblée nationale, plusieurs dizaines de manifestants s’étaient rassemblées dans la matinée. Le 1er-Mai n’est pas un jour férié « comme les autres », c’est « historiquement le jour où on célèbre les travailleurs et les travailleuses », a rappelé vendredi sur TF1 Marylise Léon (CFDT). Si le Code du travail établit que « le 1er-Mai est jour férié et chômé », il admet qu’un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là… mais seul ou presque. Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. La proposition de loi doit clarifier les règles et « permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler », en l’espèce « des commerces de bouche de proximité » comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres)… Mais exclut la grande distribution ou les magasins d’outillage et travaux, par exemple. « Le volontariat ça n’existe pas », a critiqué près de l’Assemblée Natalie Huyghe, employée en jardinerie de 57 ans, et syndiquée CGT. « Si ça marche, ça va s’étendre à tous les corps de métier », s’est aussi alarmée Hadjia Djebbar, militante de 62 ans. « Nous assistons ici à (…) une négation du Parlement, parce que déposer des amendements, (…) se donner les moyens d’avoir un temps de débat approfondi sur une proposition de loi aussi inique que celle qui vise à supprimer le 1er-Mai, ce sont les droits du Parlement », a dénoncé le président du groupe GDR, le communiste Stéphane Peu. Son groupe propose de déposer une motion de censure, lundi.