Category: environnement

  • Trois mois de travaux pour réhabiliter l’anse de Méjean

    Trois mois de travaux pour réhabiliter l’anse de Méjean

    L’anse de Méjean devrait être à nouveau accessible au public le 15 juillet. C’est ce qu’annoncent la Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), qui chapotent ensemble l’opération de sécurisation de la zone, débutée le 27 avril.

    Fermé depuis le 18 février par arrêté municipal, le site a depuis cet automne fait face à plusieurs épisodes météorologiques intenses rendant dangereuse sa fréquentation. Les cumuls de précipitations, inédits depuis 10 ans, couplés aux passages des tempêtes Nils et Pedro, ont saturé les sols, les gorgeant d’eau, et ont fragilisé les falaises de bord de mer. L’anse de Méjean a été particulièrement touchée par ces assauts climatiques, qui ont entraîné sur place des glissements de terrains avec des dégradations importantes sur son à-pic – versant de la falaise – et au niveau de l’extrémité du quai de l’abri côtier. Menés dans le cadre d’une « procédure d’urgence impérieuse » afin de protéger les usagers, les travaux doivent permettre de purger et évacuer les matériaux, de retirer les ouvrages endommagés et de mettre en place des dispositifs permettant de renforcer et de soutenir la falaise. Le montant du chantier s’élève à 715 000 euros. Si, sauf intempéries majeures, le public devrait pouvoir accéder à la majorité de l’anse le 15 juillet, le secteur le plus touché, situé à proximité du petit port, devrait demeurer clôt encore un temps. En cause, d’après le site de la Ville : la nécessité de mener « des études complémentaires spécifiques » afin de « mettre en œuvre des solutions techniques adaptées permettant une sécurisation durable ». Une langue de sable longeant la mer permettra cependant au public de traverser la zone en travaux. Au total, ce sont près de 1 500m ³ de roche et de terre qui se sont décrochées de la falaise lors des différentes intempéries. La Ville invite les usages à « respecter la signalisation et les restrictions en vigueur » afin de « préserver ce lieu emblématique du littoral toulonnais ».

  • Les traqueurs de fuites de gaz plaident pour leur résorption

    Les traqueurs de fuites de gaz plaident pour leur résorption

    Tout semble normal dans la zone de Lavéra, vendredi 24 avril dernier. À côté de la station d’épuration d’Ineos, une voiture s’arrête devant une plus petite installation du transporteur de gaz NaTran. Trois personnes en sortent, dont l’une caméra au poing. Mais ce n’est pas de tourisme industriel dont il s’agit au regard des images produites. Braquée sur les tuyaux de gaz, cette caméra infrarouge révèle une sorte de panache de fumée invisible à l’œil nu, s’échappant d’un caisson rouillé.

    « Cette boîte rouillée est un indicateur de fuite de méthane » montre Théophile Humann-Guilleminot, de l’ONG Clean air task force, ou force opérationnelle pour l’air pur. Autant scientifique que politique, le militant affiche un objectif clair : « Montrer le côté systémique des fuites » sur le réseau de distribution, à la fois pour le signaler aux entreprises, mais aussi pour inciter à légiférer. Cette fuite, selon le militant, « n’est pas impressionnante. Mais sur 20 sites visités dans le cadre de la campagne, on a trouvé des fuites sur 14 d’entre eux. C’est un échec technique de la part de l’exploitant, mais ce n’est pas un scandale, c’est systémique, et il faut souligner que NaTran fait des efforts » nuance-t-il.

    « Réparer est rentable »

    La campagne de détection fut menée avec l’ONG Les amis de la Terre du 20 au 30 avril entre la Nouvelle-Aquitaine et les Bouches-du-Rhône, en passant par l’Occitanie. Anna-Lena Rebaud, chargée de campagne gaz fossile et transition juste pour Les amis de la Terre, explique que « ces fuites ont un impact puissant sur la hausse des températures, à court terme : le méthane est 80 fois plus réchauffant que le CO2 sur 20 ans ».

    Régler le problème serait pourtant vertueux. « Réparer les fuites est rentable : 70% d’entre elles auraient un coût négatif » selon la militante. L’agence internationale de l’énergie affirme que « presque toutes les mesures de réduction des émissions de méthane du secteur de l’énergie seraient rentables à mettre en œuvre ». C’est aussi une question de gaspillage. « Si l’on avait des mesures prescriptives des fuites et des mises à l’évent [ou torchage, Ndlr] à l’échelle mondiale, la moitié de la consommation européenne de gaz, soit 200 milliards de mètres cubes, serait économisée » insiste Théophile Humann-Guilleminot. La logique est connue : « Produire vite sans résoudre les fuites permet un plus rapide retour sur investissement », complète-t-il. La commission européenne a entériné l’obligation de rapporter ces émissions aux autorités administratives depuis 2025, notamment pour compenser la sous-estimation chronique du problème. « Le régime de sanctions est en attente de vote depuis août 2025 » depuis le droit européen, rapporte Anna-Lena Rebaud. Un sujet éminemment politique dans ce territoire, à l’heure des inquiétudes pour l’emploi et la décarbonation.

  • Un gisement très rare d’œufs de dinosaures

    Un gisement très rare d’œufs de dinosaures

    C’est une découverte extraordinaire ! », se réjouit Alain Cabot. Ce géologue de formation, passionné de paléontologie, a fondé il y a 30 ans le Musée-parc des dinosaures de Mèze après avoir mis au jour, dans cette pinède de 6 hectares, des œufs de dinosaures. « Depuis, nous trouvons des pontes comportant quelques œufs : 4, 5, 6… maximum 10 », explique Alain Cabot.

    Lors d’une nouvelle campagne de fouilles lancée en octobre dernier, « je suis passé sur une zone où j’ai trouvé de la coquille partout au sol. J’ai fait un premier sondage et j’ai découvert un nid de 8 œufs. En continuant à creuser, j’ai trouvé une aire de ponte contenant plus d’une centaine d’œufs de dinosaures ! Et j’ai déjà commencé à regarder à côté, il y a encore des coquilles partout… Ce qui veut dire que cette zone à œufs s’étend peut-être sur plusieurs centaines de mètres et qu’il pourrait y avoir plusieurs centaines d’œufs », s’enthousiasme le directeur.

    Une concentration exceptionnelle qui fait rentrer le site de Mèze « dans la cour des grands ». « On a deux ou trois gros gisements sur la planète, en Argentine, en Chine… Dans le sud de la France, on trouvait pas mal d’œufs de dinosaures, mais là on passe à un niveau supérieur. On se retrouve à la tête d’un gisement qui, avec le reste de ce qui a été trouvé dans le sud de la France, est en train de devenir un des plus gros du monde », estime le scientifique.

    Visites guidées sur le site

    Le gisement de Mèze date du crétacé supérieur, « de -75 à
    -66 millions d’années, ce qui signifie que nous avons les tout derniers dinosaures avant et pendant l’extinction
     ». Les œufs retrouvés sont, « pour les trois-quarts, des œufs de gros dinosaures herbivores, long cou, longue queue, quatre pattes, qu’on appelle titanosaures. Ils mesurent 15 à 17 mètres et pèsent une vingtaine de tonnes », décrit Alain Cabot. Leurs œufs, dont la taille oscille « entre le ballon de hand et le ballon de football », sont ronds « alors que les carnivores, eux, pondaient des œufs oblongs ». Ce sont ces œufs ronds qui ont été retrouvés en abondance, pour certains non éclos. « Cet automne, on les passera au scanner et on verra si, chose rare, il y a un embryon à l’intérieur », livre le spécialiste. Cela permettrait de confirmer scientifiquement qu’il s’agit bien d’œufs de titanosaures. Car pour l’instant « on se base sur le fait qu’en Argentine, ils ont trouvé le même type d’œufs que nous avec un embryon qu’ils ont pu attribuer au titanosaure ».

    « Il va falloir deux ou trois ans pour étudier une découverte comme ça », estime le directeur du musée. En attendant, les visiteurs, eux, ont déjà pu découvrir ce trésor grâce à des visites commentées organisées, durant les vacances scolaires (tous les jours à 15h30, jusqu’au 3 mai), par Alain Cabot lui-même. « Par la suite nous allons réfléchir à une solution pour que les gens aient accès au site sans que j’aie besoin d’être présent. Nous installerons peut-être un écran avec des commentaires explicatifs. »

  • Dans le Var à La Celle, le Jardin à papillons reprend son envol

    Dans le Var à La Celle, le Jardin à papillons reprend son envol

    Le Jardin à papillons de La Celle dans le Var célèbre son dixième anniversaire. 10 ans de connaissances pour mieux protéger et s’engager en faveur de la biodiversité. En ce sens, le Jardin de l’Escarelle aux côtés de la LPO Paca vous propose pas moins de 10 sorties nature pour découvrir et apprendre à identifier la faune locale. Le premier rendez-vous est prévu ce samedi sur le site du Jardin à papillons à partir de 9h30.

    En compagnie d’un naturaliste de la Ligue pour la protection des oiseaux, petits et grands sont invités à partir à la découverte de la faune et de la flore locales comme les oiseaux des jardins, les rapaces, les chouettes et hiboux mais aussi les papillons, pollinisateurs, libellules, sauterelles et bien d’autres.

    Découvrir et reconnaître les bruits de la nature

    Une sortie qui mêle observation, écoute, ateliers pratiques et sensibilisation dans un cadre naturel exceptionnel. Science participative et animations conviviales viendront également s’ajouter à ce temps de partage.

    « Oiseaux des jardins : écoutez, observez et construisez votre nichoir ! » est une sortie d’écoute matinale qui s’adresse autant aux débutants qu’aux naturalistes confirmés. Elle vous apprendra à tendre l’oreille pour reconnaître le chant des espèces communes. L’occasion également de comprendre les enjeux de conservation dans notre région, de découvrir des gestes concrets pour accueillir la biodiversité chez soi et de participer à des ateliers pratiques puisque, après la balade vous construirez un nichoir que vous pourrez installer dans votre jardin pour peut-être y abriter des mésanges.

    Le Jardin à papillons,
    c’est quoi ?

    Le domaine de l’Escarelle est d’abord un domaine viticole situé au cœur du département du Var, non loin de Brignoles. Il compte une centaine d’hectares de vignobles enserrée dans une propriété de plus de mille hectares de milieux naturels préservés.

    Parmi eux, le jardin à papillons dont la création a débuté en 2016. Les terrains ont été réhabilités et des plantes indigènes et locales y ont été plantées en fonction de l’inventaire des espèces de papillons déjà présentes sur site et potentielles. L’objectif, ne pas induire de pollution génétique par l’introduction d’hybrides ou de plantes exotiques.

    Et le moins que l’on puisse dire c’est que des papillons, à l’Escarelle il y en a ! Pas moins de 87 espèces différentes sont recensées sur le site, bien qu’il ne soit pas toujours possible de toutes les observer lors d’une sortie. Le Jardin à papillon s’impose donc comme un vecteur de sensibilisation du public à la préservation de la biodiversité, mais également un réel observatoire privilégié de la biodiversité.

    Comptez 25 euros pour la balade de ce samedi.

    Gratuit pour les enfants
    de –
     10 ans. Renseignements : 04.94.72.04.21

  • [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    Près de la moitié (47,6%) de la population française est contaminée par le cadmium, métal lourd toxique pour la santé. C’est l’une des accablantes conclusions d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), publié le 25 mars dernier. En cause, notamment, le taux de cadmium autorisé dans les engrais français, établi à 90mg/kg, contre 60mg/kg dans l’Union européenne. Face à ce constat, Romain Blanchard, président de la FDSEA 13, plaide pour que les normes européennes et françaises s’alignent. « Je ne trouve pas normal qu’on soit les seuls à avoir un seuil supérieur. Ce que je demande depuis longtemps, c’est qu’on nous impose les mêmes règles lorsqu’on est dans le même marché », insiste le viticulteur et céréalier, installé au nord d’Aix-en-Provence. Il ajoute : « Je ne suis pas médecin ni biologiste. Si les gens dont c’est le métier disent qu’il y a de la toxicité en bout de chaîne, il faut faire en sorte qu’il n’y ait plus de toxicité. Mon job c’est de nourrir les gens, pas de les envoyer à l’hôpital. »

    Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne pour la région Paca, tient lui une position plus radicale. « C’est une preuve de plus de la non-soutenabilité de l’agriculture française, un symptôme de plus à prendre en compte, s’indigne-il. Il faut sortir du modèle économique dans lequel nous sommes et qui pousse les agriculteurs à utiliser ce genre d’engrais. Nous devons réfléchir à produire en quantité nécessaire pour nourrir les Français, pas pour contrer la concurrence européenne et internationale. »

  • Le projet Var Bleu pour sécuriser l’accès eau du territoire est lancé

    Le projet Var Bleu pour sécuriser l’accès eau du territoire est lancé

    Face aux sécheresses répétées et à la pression croissante sur la ressource en eau, la Région Sud, le Département du Var et la Société du canal de Provence (SCP) ont officiellement lancé, jeudi 30 avril à Rians, le programme Var Bleu. Présenté comme « le grand réseau de l’eau » du territoire, ce projet structurant vise à garantir, sur le long terme, l’accès à l’eau potable, l’irrigation agricole et la protection contre les incendies dans un département particulièrement exposé au changement climatique.

    Liaison permienne

    « En Région Sud, nous faisons face à des sécheresses plus fréquentes, plus longues, qui mettent sous tension l’ensemble des usages. Dans ce contexte, agir n’est plus une option : c’est une responsabilité », souligne Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, rappelant que Var Bleu s’inscrit dans la continuité du Plan Or Bleu, lancé par sa collectivité pour préserver la ressource en eau. L’objectif est clair : « Préserver les besoins essentiels, de l’eau potable à l’agriculture, en passant par la protection contre les incendies. »

    Jean-Louis Masson, président (LR) du Conseil départemental du Var, insiste sur la dimension de solidarité territoriale du programme. « J’ai souhaité que les sujets de la gestion et de la préservation de l’eau soient au cœur de l’action de proximité du Département auprès des Varois », rappelle-t-il, évoquant la démarche Var Eau 2050 et le plan Var Eau Solidaire, adopté en 2025. Sa collectivité a d’ores et déjà engagé 20 millions en 2026 et 2027 pour sécuriser les ressources et promouvoir les économies d’eau, avec plus de 500 000 euros attribués depuis janvier à 11 communes et intercommunalités.

    Au cœur de Var Bleu, une nouvelle infrastructure hydraulique majeure : la liaison permienne. Plusieurs solutions d’aménagement sont à l’étude ; le scénario privilégié à ce stade consiste en une adduction de 52 km qui relierait Belgentier à Vidauban, en traversant le sillon permien. Cet ouvrage permettra de transférer une partie des ressources stockées dans les barrages du Verdon vers les territoires varois, via la branche varoise du canal de Provence, en complément – et non en substitution – des ressources locales. « L’objectif n’est pas de remplacer les ressources existantes, mais de les soulager en période de tension forte », précise la SCP, gestionnaire historique du canal de Provence depuis près de 70 ans.

    Enquête publique en 2030

    Sa présidente insiste sur la philosophie générale du projet : « Var Bleu, c’est d’abord une vision, fondée sur la solidarité entre les territoires, la sobriété des usages et la préservation des milieux naturels. » Le programme repose sur trois piliers : une infrastructure de transport d’eau, le déploiement de réseaux multi-usages à l’échelle locale, et des actions concrètes pour économiser la ressource. À terme, près de 60 communes supplémentaires et 15 000 hectares agricoles pourraient être raccordés.

    Avant le lancement des travaux, Var Bleu prévoit une large concertation : une phase préalable s’ouvre en 2026 et 2027 pour la liaison permienne, une enquête publique en 2030, et un dialogue continu avec les collectivités pour les réseaux de proximité. Le coût global du programme est estimé à 335 millions d’euros, dont 140 millions pour l’infrastructure principale. Un investissement d’ampleur, présenté par les élus comme indispensable pour « préparer l’avenir » d’un département confronté, dès aujourd’hui, aux limites de la ressource en eau.

  • Le cadmium, un enjeu sanitaire majeur

    Le cadmium, un enjeu sanitaire majeur

    Des avocats rappelés massivement partout en France car ils contiennent trop de cadmium, dans les enseignes Lidl et Carrefour le 21 avril… Moins de 15 jours après une étude fracassante publiée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sur l’exposition croissante de la population à ce métal lourd, ce problème de santé publique refait surface et les autorités ne semblent pas vraiment en prendre la mesure.

    Dans son étude, l’Anses tire la sonnette d’alarme pressant d’agir sur les sols agricoles et la teneur des fertilisants, comme les engrais minéraux phosphatés. Naturellement présent dans la nature, cet élément toxique se retrouve présent dans le corps des Français dans des doses trois à quatre fois plus élevées que dans d’autres pays européens, par le biais de notre alimentation. Près de la moitié de la population présentant des expositions dépassant les valeurs sanitaires de référence, l’Anses évoquant « une imprégnation préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ».

    Une énième alerte quand dès 2021, l’étude « Esteban » menée par Santé publique France estimait déjà que 47,6% de la population générale adulte (18-60 ans) dépassait le niveau « critique » de concentration urinaire de cadmium. Niveau qui est encore monté avec un taux d’imprégnation de trois à quatre fois supérieur à celui constaté « dans d’autres pays nord-américains et européens ».

    L’Anses recommande notamment d’agir « à la source », au niveau des engrais utilisés, des effluents d’élevage et des boues de station d’épuration. Et de revoir « dès que possible » les valeurs limites fixées pour le cadmium dans les engrais, à 20 milligrammes par kilo, contre 90 actuellement. Ce qu’elle préconisait déjà en 2019.

    Dans la foulée, le gouvernement a annoncé un décret en ce sens. En octobre 2023, le ministère de l’Agriculture avait mis en consultation un arrêté envisageant de réduire ce taux, sans suites depuis. « C’est en cours » a juste indiqué la ministre Anne Genevard en marge d’un colloque début avril.

    Le dépistage remboursé pour les plus exposés

    De son côté, la filière des engrais, via son association France Fertilisants, a fait valoir une réduction d’environ 70% de l’usage d’engrais minéraux phosphatés depuis 1988, assurant développer des procédés de « décadmiation », toutefois « complexes et coûteux » estime-t-elle pour réduire les teneurs en cadmium.

    « On a beaucoup de technologies pour dépolluer les sols » des métaux lourds, affirme de son côté Rémi Muth, directeur technique de la branche dépollution de Séché Environnement, entreprise spécialisée dans la gestion des déchets. Mais, ajoute-t-il, elles ne sont pas adaptées aux sols agricoles. Notamment parce que ces travaux mobilisent « souvent des moyens lourds », avec des durées de traitement « assez peu compatibles avec une exploitation agricole », qui verrait ses surfaces cultivables réduites. Mais aussi parce que le traitement lui-même peut fragiliser ou tuer la matière organique du sol.

    Quant à la dépollution grâce aux plantes, elle est « encore au stade expérimental », observe Thibault Sterckeman, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) qui conclut : « La décontamination des sols agricoles en France n’est pas pour demain. »

    Seule maigre avancée à ce jour, les représentants des biologistes médicaux et l’Assurance maladie ont trouvé un accord mi-mars sur le tarif du dépistage de l’exposition au cadmium en laboratoire de ville a-t-on appris le 9 avril. Le dosage sanguin et urinaire du cadmium à un tarif de 27,50 euros, sera pris en charge à 60% par l’Assurance maladie et 40% par les complémentaires santé dès cet été, a indiqué François Blanchecotte, président du syndicat représentatif SDBIO. Seules seraient concernées les personnes vivant à proximité de sites industriels ou des salariés exposés.

    « La décontamination des sols agricoles en France n’est pas pour demain »

  • Lac de Saint-Cassien : une cellule de veille pour sécuriser le plan d’eau

    Lac de Saint-Cassien : une cellule de veille pour sécuriser le plan d’eau

    Prévue par l’arrêté préfectoral du 2 avril 2026 qui réglemente la police de la navigation, les activités aquatiques, nautiques, sportives et de loisirs sur ce plan d’eau très touristique.

    Réunie en début et fin de saison estivale avec les professionnels, les élus, les responsables associatifs, les services de secours, les services de l’État, les services d’Électricité de France, elle a pour mission d’identifier les problématiques présentes sur l’ensemble de la retenue et la sécurisation du plan d’eau : information des usagers, interventions et missions de secours.

  • À Istres, la concertation autour du projet d’incinérateur étendue

    À Istres, la concertation autour du projet d’incinérateur étendue

    « Ce projet doit nous interroger sur nos modes de vie et la production des déchets. » Une conclusion presque philosophique apportée par ce militant d’Alternatiba à la réunion publique sur le projet d’incinérateur de Suez de mercredi soir, bondée.

    En question, un projet de brûlage à 1 200 degrés de déchets type encombrants des déchetteries sur le site de l’actuel centre de tri de Suez au Tubé Nord, pour traiter 270 000 tonnes de déchets de toute la région Paca et les revaloriser sous forme d’électricité, de méthane et de digestat à utilisation agricole. La tension a éclaté. Pollutions, trafic routier supplémentaire, acceptabilité du projet par les habitants du territoire. Huées et applaudissements ont ponctué la séance. « Ce territoire a été traumatisé par les déchets, ce projet est peut-être très bien mais il se fera ailleurs », a résumé le maire (LR) Robin Prétot.

    Un dossier très technique

    Mais le dialogue a été maintenu, sinon amplifié à l’initiative de Suez face aux très nombreuses questions et objections soulevées. « Je suis ouvert à faire plusieurs groupes de travail sur nos installations, y compris d’aller plus loin sur les normes », a promis le directeur du développement de Suez Olivier Dufaux. « Nous proposons en toute transparence des réunions thématiques avec la Ville », abonde Caroline Verdier pour Suez.

    Le commissaire enquêteur Philippe Magnus, qui a prolongé l’enquête publique jusqu’au 2 juin, reconnaît « la technicité du dossier » qu’il « n’estime pas être parfait ». Sur la possibilité d’une autre réunion publique, le commissaire n’y voit « aucune opposition ». « Cet exercice démocratique démontre que l’opinion publique a besoin de temps, cela permettra à la Ville de poser toutes les questions qui n’ont pas pu être posées ce soir », conclut le maire Robin Prétot.

  • À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    Le Département poursuit son ambition de valorisation de la biodiversité et de sensibilisation du public aux enjeux environnementaux. Mercredi matin c’est sur le site de l’écoferme de la Barre que la presse était invitée à la présentation du rucher pédagogique mis en place en partenariat avec l’Union nationale de l’Apiculture française (Unaf). L’objectif étant à travers la sensibilisation du public, et notamment des plus jeunes , d’initier des acteurs de demain à la préservation de la flore et de la faune. Et ici, tout particulièrement, des abeilles : ces insectes indispensables mis à mal par l’agro-pétrochimie.

    L’Espace naturel dans lequel ont été introduites ces ruches bénéficie d’un cadre très favorable à l’épanouissement des abeilles, avec une diversité florale propice à leur développement. Le projet s’intègre pleinement à la démarche éducative prônée par le Département du Var, « au croisement des enjeux écologiques, agricoles et alimentaires ».

    « Elles sont en train de démarrer tranquillement, puisqu’on les a installées là, au mois de novembre », explique Thierry Abello, l’apiculteur en charge du rucher. Le berger des abeilles les accompagne et essaie de les protéger de la prédation des frelons asiatiques, par du piégeage notamment. « L’année dernière, j’ai détruit un nid sur la piste cyclable qui faisait 90cm de diamètre », explique-t-il. Mieux vaut en effet être vigilant, parce que « 20-30 frelons, peuvent suffire à liquider une ruche et ses 40 000 abeilles en seulement un ou deux jours ».

    En revanche, elles combattent assez bien la chaleur de l’été et les dégringolades de température de l’hiver, apprend-on. « Toute l’année, le milieu de la ruche est à 37 degrés pour protéger les larves qui sont pondues en permanence », ajoute l’apiculteur. Les abeilles, tantôt s’agglutinant ou battant des ailes selon l’effet recherché.

    Former des citoyens éclairés

    L’un des messages passés aux enfants, c’est que « les abeilles pollinisent à peu près 30% à elles toutes seules de ce qu’on mange, entre fruits et légumes ». Ce qui donne l’ambleur du désastre que serait leur disparition.

    « Le premier souci d’un apiculteur c’est de savoir ce que ses abeilles vont manger », commence Félix Gil, administrateur de l’Unaf, en ajoutant qu’ici il y a de quoi être plus que rassuré.

    L’occasion de rappeler qu’il y a 2 000 ruches installées sur les toits parisiens qui trouvent alentour suffisamment de quoi butiner (lire page 19).

    Le militant engagé insiste ensuite sur l’ambition de ce partenariat, qui est, dit-il, « de communiquer, faire passer un message ».

    Et de poursuivre : « Parce que, vous savez, on est face aux pesticides. Et seul le public peut nous aider. » L’implication du plus grand nombre pouvant permettre de faire pression et de résister au poids des profits colossaux en jeu, dans cette industrie comme dans les autres.

    Le président (LR) du Conseil départemental Jean-Louis Masson a lui aussi insisté dans sa prise de parole sur l’importance pédagogique des ruches.

    « Dans le contexte actuel de déclin des populations d’abeilles, je souhaite que ce rucher puisse devenir un véritable outil pédagogique », lance-t-il.

    Le patron du Département a ensuite plus largement mis en avant les efforts fournis par la collectivité pour préserver les espaces naturels et la biodiversité aux travers des espaces naturels sensibles, notamment. « Nous œuvrons sans relâche pour maintenir ces précieux corridors écologiques sur tout le territoire », insiste Jean-Louis Masson.

    Et l’écrin de verdure protégé niché en plein Toulon que représente l’écoferme de la Barre témoigne de cette volonté, explique-t-il.

    Et de conclure : « Notre ambition est claire : développer une conscience collective autour de la nécessité de préserver ces insectes indispensables et former des citoyens éclairés, conscients des enjeux écologiques et acteurs de leur préservation. »

    Si sa parole pouvait aussi atteindre et convaincre les camarades de son propre parti LR, ça ne serait pas piqué des hannetons. Et ça ferait avancer la cause des abeilles.