Category: environnement

  • À Aubord, l’eau ne coule plus de source

    À Aubord, l’eau ne coule plus de source

    À Aubord, boire un verre d’eau est devenu un geste municipal. Depuis le 11 juin, les 2 400 habitants de cette commune gardoise ne peuvent plus consommer l’eau du robinet, ni pour les boissons chaudes, ni pour les biberons. En cause : des taux de PFAS, ces « polluants éternels » présents dans de nombreux produits du quotidien, supérieurs aux recommandations sanitaires après une série d’analyses menées depuis octobre 2025 par l’Agence régionale de santé.

    Le couperet est tombé en pleine montée des températures. La préfecture du Gard, en lien avec l’ARS, a demandé au maire André Brundu d’interdire la consommation de l’eau courante. Elle reste utilisable pour la toilette, la vaisselle, la lessive ou les sanitaires, mais plus question de la boire. « Quand la décision tombe, ce n’est pas évident », reconnaît le maire, qui rappelle toutefois que la commune s’était préparée depuis les premières analyses. Dans les foyers, les écoles, les commerces, les packs d’eau ont pris la place des carafes.

    L’été à la bouteille

    Dès le lendemain de l’interdiction, la municipalité a organisé une distribution gratuite dans la cour des services techniques. Les élus sont à la manœuvre, parfois jusqu’à aller chercher les premiers packs eux-mêmes avant de commander directement des palettes. En période de fortes chaleurs, la commune assure jusqu’à trois litres par jour et par personne, soit plus de 7 000 litres à distribuer quotidiennement. Une logistique de crise pour ne laisser personne au bord du chemin, avec une attention particulière portée aux personnes âgées, isolées ou à mobilité réduite.

    Mais cette solidarité a un coût. La facture des bouteilles pourrait atteindre entre 80 000 et 100 000 euros sur l’été. À cela s’ajoutent les travaux d’urgence pour retrouver une eau conforme. Dès la semaine prochaine, une station de traitement doit être installée, avec des filtres à charbon actif en grain destinés à retenir les PFAS. Le chantier, confié après une procédure accélérée, doit durer plusieurs semaines, pour un montant d’environ 386 000 euros. Près de 80% devraient être couverts par l’Agence de l’eau, l’État et le Département. Le reste pèsera sur la commune.

    Reste l’essentiel : comprendre d’où vient cette pollution. À Aubord comme ailleurs, les Pfas rappellent que l’eau, bien commun vital, porte aussi la mémoire longue des choix industriels et chimiques. En attendant les résultats des investigations et le retour espéré à une eau potable à la fin de l’été, la mairie tient la ligne : assurer l’accès de toutes et tous à l’eau, sans faire payer aux habitants le prix de l’invisible.

    Note : À partir du 6 juillet, les distributions d’eau auront lieu aux services techniques : lundi et mercredi de 17h30 à 19h30, samedi de 10h à 12h.

  • Une solution de compostage au plus près des habitants

    Une solution de compostage au plus près des habitants

    C’est à la nouvelle aire de compostage du parc du Colombier que la ville a lancé le dispositif ce vendredi 3 juillet. « 70 % des déchets présents dans nos poubelles pourraient être triés ou recyclés, mais finissent enfouis », souligne Vincent Allevard, vice-président de l’agglomération, délégué à la gestion des déchets. Les biodéchets, composés majoritairement d’épluchures et de restes alimentaires, représentent un quart des ordures ménagères résiduelles. En les traitant sur place, l’objectif est de réduire le volume des poubelles et de transformer, chaque année, plus de 26 tonnes de matières organiques en engrais naturel. Cette matière gratuite sera principalement destinée à l’entretien des espaces verts de la ville.

    Une solution collective

    à l’échelle locale

    « Les habitants sont globalement satisfaits d’avoir une solution de proximité, il y a une vraie demande à ce sujet », explique Vincent Allevard après avoir échangé avec les futurs bénéficiaires lors de l’inauguration. L’accessibilité des sites est pensée pour faciliter le compostage des habitants qui ne bénéficient pas toujours de jardins individuels. Les neuf sites, répartis du parc du Colombier à la place du Docteur Joubert, visent à desservir environ 450 foyers, soit près de 1 000 habitants.

    Financé par l’État, l’Ademe et la Région Sud, le projet s’accompagne d’un « kit habitant » gratuit. Chaque foyer inscrit aura ainsi à disposition un
    « bio-seau » pour le transport des déchets, un sac de tri et un guide de compostage. Les inscriptions sont ouvertes dès aujourd’hui en mairie ou lors de permanences de l’agglomération qui se tiendront jusqu’au 7 juillet.

  • [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    La Marseillaise : En quoi cette vague de chaleur révèle-t-elle l’impréparation des gouvernements successifs alors que nous avions déjà connu une canicule dévastatrice en 2003 ?

    Luc Cervellin : On constate que le rythme de l’adaptation ne suit clairement pas le rythme de l’accélération du dérèglement climatique. Les deux tiers des vagues de chaleur qu’on a connues depuis 1947 se sont déroulées après les années 2000. Si on suit les prévisions des scientifiques, qui ont été assez fiables jusqu’ici, leur nombre va être multiplié par cinq d’ici 2050. On vit donc l’été le plus frais du reste de notre vie. Ensuite, on remarque qu’en comparaison à 2003, on a structuré la réponse d’urgence, donc la vigilance, les points d’eau, les EHPAD climatisés, etc. Mais les causes structurelles, comme le bâtiment ou l’organisation du fonctionnement de la société, ne sont pas traitées. La climatologue Valérie Masson-Delmotte explique que notre société a été conçue pour un climat qui n’existe plus.

    La semaine dernière, le président de la République Emmanuel Macron a fait une sortie pour expliquer qu’on ne pouvait pas s’adapter à un pic aussi inédit. Pour nous, Shifters, c’est incompréhensible du point de vue même du principe de l’adaptation, parce que l’adaptation consiste justement à se préparer à des scénarios qui ont de fortes chances de se produire et on sait que des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et de plus en plus importantes ont de plus en plus de chances de se produire.

    Pourquoi faut-il toujours lancer des mesures d’atténuation du réchauffement climatique ?

    L.C. : Il faut bien comprendre que réduire les émissions reste la seule façon de limiter l’ampleur du problème. Et chaque dixième de degré compte. Pour moi, pour mes enfants et pour tout le monde, il vaut mieux vivre dans un monde à plus de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle qu’un monde à plus de 4 ou 5 degrés, qui est la tendance actuelle. L’atténuation et l’adaptation fonctionnent ensemble parce qu’on aura beaucoup plus de mal à s’adapter à un monde à plus 4 ou 5 degrés. Et au Shift Project, on réaffirme qu’une trajectoire de neutralité carbone reste possible d’ici 2050 si on la planifie dès maintenant dans tous les secteurs.

    Le débat a beaucoup tourné autour de la climatisation ces derniers jours, quelle est la position du Shift Project sur le sujet ?

    L.C. : La climatisation est une toute petite partie de la réponse parce que beaucoup d’infrastructures, comme les rails, les ponts, les chantiers, les forêts ou les champs de blé par exemple ne se climatisent pas. Évidemment, généraliser la climatisation créerait un effet rebond c’est-à-dire que ça aggrave la cause du problème qu’elle prétend résoudre. Pour nous la bonne question c’est « comment le bâtiment est-il capable d’évacuer la chaleur qu’il accueille ? » Pour cela, il faut prioriser les solutions passives qui sont très efficaces, comme la ventilation nocturne, les protections solaires ou la végétalisation. La climatisation est vraiment le dernier maillon de cette réflexion. Dans certains cas particuliers, climatiser reste nécessaire dans les lieux publics, les EHPAD, les hôpitaux ou les écoles, et avec sobriété. Mais présenter la généralisation de la clim dans les logements individuels comme la solution d’adaptation à la canicule revient à repousser et accentuer le problème, parce que cela entraînera une hausse de la consommation électrique, un réchauffement de l’air extérieur des villes et des impacts sur la facture d’électricité des ménages.

    Quelles sont les autres propositions du Shift Project pour s’adapter à ces températures ?

    L.C. : Pour nous, il faut avant tout planifier plutôt que réagir. L’anticipation via des diagnostics de vulnérabilité est beaucoup plus efficace à long terme que de gérer chaque épisode dans l’urgence. Dans cette planification, il y a la nécessité de rénover massivement le bâti en intégrant le confort d’été comme une priorité avec des protections solaires, des brasseurs d’air, la végétalisation. Donc pas seulement l’isolation hivernale comme on le fait en ce moment. Il y a aussi des transformations de l’emploi à gérer, parce que certains métiers vont disparaître, d’autres vont émerger et ça appelle des discussions par branche, par territoire, pour s’adapter.

    L’Espagne a mis en place un congé climatique pour ces travailleurs, est-ce une bonne idée ?

    L.C. : C’est un signal politique utile, parce qu’il reconnaît que travailler dehors par 40 degrés n’est pas faisable. Mais ce n’est pas une solution structurelle. Cela traite la conséquence plutôt que la cause. Au Shift, on met vraiment l’accent sur l’adaptation organisationnelle en amont. Pour nous, il faut travailler sur les horaires décalés, le télétravail quand c’est possible et la réduction de l’activité physique aux heures les plus chaudes. Toute mesure politique doit cibler en priorité ces métiers qui ne peuvent pas télétravailler comme l’agriculture ou les métiers du soin par exemple, sous peine de voir se créer une nouvelle inégalité entre les emplois protégés et non protégés, comme on a pu le voir pendant le Covid. Aujourd’hui la loi qui impose des dispositions de rafraîchissement pour les travailleurs est appliquée de manière plus ou moins juste, plus ou moins forte suivant les entreprises, suivant les endroits, mais elle garantit pourtant aux salariés des conditions d’hydratation, d’accès à l’eau et éventuellement des douches.

    En quoi ces vagues de chaleur touchent-elles en priorité les plus précaires ?

    L.C. : Le logement est vraiment le premier facteur d’inégalité. Près de 48% des logements ont un confort d’été insuffisant. Ceux qui sont les plus vulnérables, ce sont les quartiers populaires, parce que les logements sont plus petits, suroccupés, mal isolés, avec peu d’îlots de fraîcheur à proximité, peu de parcs, etc. Pour eux, il y a le double effet ciseaux, c’est-à-dire que ceux qui souffrent de la chaleur ont aussi le moins de moyens pour s’en protéger. Quand vous vivez dans des barres d’immeubles, vous n’avez pas forcément les moyens de faire installer la clim quand ça devient vraiment insupportable. Et ce sont aussi souvent les personnes qui ont les emplois les plus exposés. C’est pourquoi nous pensons que les moyens doivent être ciblés en priorité sur les publics et les lieux les plus vulnérables plutôt que dispersés dans une généralisation de la clim individuelle.

  • Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Au vu du manque de réaction au niveau mondial pour freiner le réchauffement climatique, il va falloir s’y faire. Dans les années à venir, les étés seront de plus en plus chauds. Responsable chez Shift Project, Luc Cervellin, prévient même qu’aussi étouffant qu’il puisse être, ce début d’été 2026 sera probablement l’un des moins suffocants qu’il nous reste à affronter (lire p.5).

    La raison est simple. Si la prise de conscience de la réalité du changement climatique a bien eu lieu, excepté chez certains complotistes ou climatosceptiques d’extrême droite, elle n’a pas été suivie de suffisamment de réalisations concrètes. Certes l’été 2003 et ses 15 000 morts ont agi comme un détonateur. Au fil des ans, des Ehpads ont été climatisés pour protéger la santé fragile de nos aînés. Des hôpitaux aussi, même si plusieurs services de CHU à l’instar de celui de Montpellier restent en surchauffe. Plus récemment, nombre de Villes (Montpellier, Grabels, désormais Nîmes…)
    – les majorités municipales de gauche donnant le ton – ont lancé de vastes opérations de désimperméabilisation des cours d’école, peu à peu végétalisées.

    Mais l’ampleur de la tâche est telle que bien souvent, ce genre initiatives, qui porteront leurs fruits à moyen terme, ne suffisent pas à parer l’urgence des canicules. De plus en plus fréquentes et de plus en plus difficiles à supporter pour les organismes. C’est le cas depuis deux étés consécutifs de beaucoup d’enfants, qui vivent un véritable enfer lors du dernier mois d’école. Dans de vieux bâtiments pensés pour une époque révolue, dans des salles rarement climatisées et pas assez rafraîchies, élèves et enseignants suffoquent de Béziers à Alès en passant par Sète ou Nîmes.

    Quid du droit du travail ?

    S’il est évident qu’à terme la généralisation de la climatisation ne fait qu’aggraver le problème du climat, son recours a minima dans les lieux des services publics ne pourra peut-être pas rester tabou longtemps… Plutôt que de s’entêter à prétendre, comme Emmanuel Macron, « qu’on ne pouvait pas savoir », l’État doit prendre urgemment ses responsabilités. Car pour l’heure trop peu d’investissements de grande ampleur ont été réalisés pour adapter nos constructions à la nouvelle réalité climatique. Si bien que plus de 20 ans après l’alerte de 2003, un logement français sur deux, le plus souvent occupé par une personne à faibles revenus, est inadapté. Et que dire des sans-abri ? Mardi 30 juin à Montpellier, un collectif a alerté la préfecture sur la vulnérabilité des SDF et réclamé la mise en place de mesures de protection (lire p 7).

    Il est grand temps aussi que les parlementaires se saisissent des questions relatives au droit du travail. Comme nous le rappelle une avocate spécialisée, il n’existe pas en France de seuil de température maximal au-delà duquel un travailleur peut stopper son activité (extérieure ou intérieure) en toute légalité. Certes le droit de retrait existe, l’employeur se doit de protéger ses salariés (eau à disposition voire douches, ventilation…) et les syndicats peuvent toujours mettre un coup de pression, mais trop souvent des personnes se mettent elles-mêmes en danger par forte chaleur. Soit par volonté de mener à bien leur travail, soit par obligation de ne pas tronquer leur revenu, comme le rappelle la CGT lunelloise (lire p 6), soit par méconnaissance de leurs droits.

    Pour l’heure, les autorités attendent d’être au pied du mur pour agir au cas par cas. La semaine passée (23 au 29 juin), la préfecture du Gard avait déjà pris un arrêté pour permettre à certains travailleurs d’exercer leur activité sur une plage horaire étendue. Pour travailler davantage à la fraîche, les chantiers peuvent se dérouler de 6h à 21h30. Le 30 juin et jusqu’au 15 septembre, la préfecture de l’Hérault lui a emboîté le pas pour les entreprises du paysage, du bâtiment et travaux publics en cas de vigilance rouge (du lundi au vendredi, travaux autorisés de 6h à 12h et interdits de 12h à 21h) ou orange (travaux autorisés de 6h à 21h).

    Dès le 26 juin, la préfecture de l’Hérault rappelait aussi aux propriétaires d’animaux domestiques, d’élevage ou de compagnie les bons comportements à adopter pour ne pas mettre leur animal en situation de souffrance. Notamment en ne les laissant jamais quelques minutes dans un véhicule en journée. Enfin, dans les prochaines semaines, les organisateurs de manifestations taurines sont invités à déplacer leurs festivités (abrivado, encierro, bandido…) au-delà de 20h.

  • L’Ifremer inquiète des effets des canicules marines sur la biodiversité

    L’Ifremer inquiète des effets des canicules marines sur la biodiversité

    Ils ont beau connaître et s’attendre aux effets néfastes du réchauffement climatique, des chercheurs réunis hier à Sète par l’Ifremer*, se disent « étonnés » par l’ampleur des phénomènes qu’ils observent déjà sur le terrain.

    Si la façade atlantique n’est pas épargnée, la Méditerranée constitue bel et bien un « hotspot du changement climatique et de biodiversité », pose d’emblée Nathaniel Bensoussan. Ce chercheur au Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS) à l’Ifremer, rappelle que la Grande Bleue a gagné 1,5 degré depuis 1982 et qu’elle se réchauffe deux fois et demie plus vite que la moyenne des eaux.

    Ce phénomène dû à l’activité humaine qui produit des gaz à effets de serre, génère des « vagues de chaleur marines ». Lesquelles altèrent durablement le fonctionnement des écosystèmes côtiers et la biodiversité. Ainsi les tissus vivants des gorgones rouges, ces coraux mous qui « jouent le rôle des arbres dans les forêts », sont-ils nécrosés (calcaire blanc). Déjà les scientifiques s’inquiètent d’une « mortalité récurrente » notamment dans les calanques. Dès 2022, une floraison massive de posidonies a été observée. Loin d’être une bonne nouvelle, c’est le signe d’un « risque d’épuisement » de ces plantes aquatiques qui oxygènent l’eau et participent à la stabilité des fonds marins. « C’est un sujet majeur. Si des plantes comme les posidonies sont affectées, la séquestration du carbone est impactée », éclaire Nathaniel Bensoussan.

    Étang de thau en surchauffe

    Les écosystèmes fermés tels que les lagunes ou les lagons ne sont pas épargnés par le réchauffement des eaux. Sur l’étang de Thau, Vincent Ouisse, chercheur en écologie benthique à l’Ifremer, parle même d’un « effet loupe ».

    En raison des faibles profondeurs, les eaux sont déjà à 30-32 degrés et peuvent monter jusqu’à 36°. Les herbiers, plantes marines à fleurs, souffrent elles aussi. De même que les bénitiers et coraux jusque dans les lagons de Polynésie, ajoute Guillaume Mitta, chercheur en biologie des interactions. Du côté de la Bretagne et de la Manche, ce sont les laminaires (algues brunes) qui sont en « forte baisse d’abondance et de densité », constate Martial Laurans, spécialiste en écologie halieutique à l’Ifremer. Dans la baie de Grandville en Normandie, où les eaux se sont réchauffées de 1,5 degré en 40 ans, « les captures de bulots ont chuté de 80% », illustre Hubert du Pontavice, chercheur à l’Ifremer.

    Les moules en péril l’été

    À l’instar de la grande nacre ou des sardines, des poissons et coquillages sont aussi touchés. C’est notamment le cas des huîtres. L’an passé, « la canicule de juin a engendré des pontes précoces d’huîtres de 2 à 4 semaines partout en France », se souvient Franck Lagarde. Ce chercheur en biologie et écologie marines à l’Ifremer précise que les périodes de pontes sont désormais étendues de mi-mai à mi-septembre au lieu de mi-juillet à mi-août auparavant. Avec pour conséquence « des huîtres de meilleure qualité au printemps qu’à l’automne ». Si la Bretagne a vu ses taux de croissance des naissains chuter de 14 à 62% c’est tout l’inverse en Méditerranée avec des taux de croissance culminant à 143% « en raison d’eaux plus chaudes et de pluies plus abondantes qui amènent des sédiments ».

    La dynamique est tout autre pour les moules dont l’avenir est clairement menacé l’été en Méditerranée. « On observe un décrochage quand les eaux atteignent 27-28 degrés. Et à part aller plus au large, je ne vois pas ce qu’on peut y faire », confie Franck Lagarde. Le coordinateur du réseau Ecoscopa à Sète, révèle qu’en Corse la production de moules est déjà abandonnée à partir de juillet en raison d’eaux trop chaudes.

    Or, Nathaniel Bensoussan est catégorique. « On va vers la tropicalisation de la Méditerranée. » Face aux tergiversations des responsables politiques, Hubert du Pontavice presse. « En tant que scientifique, je suis dans une intranquillité. Il y a une urgence à agir face à un empilement d’événements. »

    * Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

  • Un feu de forêt parcourt des dizaines d’hectares à Fréjus

    Un feu de forêt parcourt des dizaines d’hectares à Fréjus

    À 18h30, 30 hectares avaient déjà brûlé. Un important dispositif a été mis en place par le Sdis 83. Des évacuations ont été conduites dans plusieurs campings. Des personnes ont été confinées dans les écoles Caïs et Paul-Roux. 186 sapeurs-pompiers, 73 véhicules, 3 Canadair et 3 hélicoptères bombardiers d’eau ont été mobilisés.

    Le feu a été fixé, ont indiqué les pompiers à 19h30.

  • Enogia, le visage phocéen de la transition énergétique

    Enogia, le visage phocéen de la transition énergétique

    C’est le petit nouveau de la zone industrielle des Aygalades. L’entreprise marseillaise Enogia, producteur de micro-turbomachines, a déplacé son site de production dans les quartiers nord. En pleine croissance, elle doit son succès à une technologie qui transforme la chaleur perdue en électricité verte.

    Mercredi, sous un soleil de plomb, Arthur Leroux, PDG de la société, monte sur scène pour l’inauguration du site. Il invite Claude Imoven, président du conseil d’administration de la société française Orano, à le rejoindre, sous les yeux de dizaines d’invités et de salariés. « Enogia s’inscrit dans la continuité de cette histoire marseillaise, celle d’un territoire qui a toujours su transformer ses ressources, son savoir-faire et son énergie pour créer de la valeur. Ce qui est imaginé ici, aux Aygalades, contribue aujourd’hui à la transition énergétique à l’échelle mondiale », soutient le chef d’entreprise.

    « C’est la démonstration que de nouveaux modes de production sont indispensables face aux enjeux climatiques. Et c’est ainsi que seront réconciliés la performance économique, le progrès social et la protection de l’environnement. Une grande partie de notre avenir productif viendra de la rencontre entre une vision portée par des entrepreneurs qui voient dans l’écologie, non pas qu’une contrainte, mais une formidable opportunité à saisir pour fabriquer le monde de demain », poursuit Cécile Vignes, déléguée à l’économie verte et circulaire à la mairie de Marseille.

    12,6 millions de chiffre d’affaires

    En 2025, le chiffre d’affaires de la société marseillaise s’élève à 12,6 millions d’euros, en progression de près de 57%. De quoi satisfaire l’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, présent ce mercredi. « La France a perdu beaucoup de sa substance industrielle. On cherche à revenir avec des retards considérables, mais aussi des ressources exceptionnelles. Je voudrais remercier Arthur Leroux et tous ceux qui ont constitué cette réussite car là, il y a une nouvelle future ETI marseillaise, enracinée, qui va continuer à se développer sur une technologie disruptive, innovante, qui fait la fierté des Marseillais et des Français. »

    Les discours inauguraux se sont conclus par celui du président (Ren.) de la région Sud, Renaud Muselier : « Vous faites rayonner le savoir-faire marseillais, régional et national. »

    Fanny Velay

  • Dans le Gard, une conserverie pour sauver les surplus agricoles

    Dans le Gard, une conserverie pour sauver les surplus agricoles

    Soutenue par la Région Occitanie à hauteur de 9 000 euros, l’initiative vise à transformer les surplus de fruits et légumes locaux tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. Le principe repose sur un camion aménagé, équipé pour la préparation, la stérilisation et la mise en bocaux. Soupes, sauces, compotes ou confitures pourraient ainsi être réalisées directement au plus près des exploitations agricoles, des cuisines collectives ou des structures partenaires. Des productions qui, faute de débouchés ou d’outils adaptés, seraient autrement perdues pourront ainsi être valorisées.

    La Région explique vouloir soutenir « des solutions concrètes, ancrées dans les territoires, qui permettent à la fois de lutter contre la précarité alimentaire, de soutenir nos agriculteurs et de favoriser une alimentation locale et de qualité ».

    Un outil au service

    du territoire

    Au-delà de la lutte contre le gaspillage, l’initiative entend renforcer les liens entre producteurs, structures solidaires et collectivités. Le projet comporte également une dimension sociale importante. Des salariés en parcours d’insertion participeront à la préparation des fruits et légumes sous l’encadrement d’un chef d’atelier, leur permettant d’acquérir une expérience professionnelle dans le secteur alimentaire.

    Une trentaine d’interventions annuelles sont envisagées pour environ six tonnes de bocaux produits chaque année. À terme, le camion pourrait intervenir sur plusieurs secteurs du Gard afin de valoriser les surplus agricoles et certains produits non distribués par les structures d’aide alimentaire. Initialement espérée cet été, la mise en service devrait finalement intervenir à l’automne 2026.

  • L’Atlas de la biodiversité de Miramas clôturé après 3 ans d’inventaires

    L’Atlas de la biodiversité de Miramas clôturé après 3 ans d’inventaires

    À Miramas, l’Atlas de la biodiversité communale (ABC) touche à sa fin. Après trois années d’inventaires, d’observations et d’actions de sensibilisation, la Ville clôture en juillet ce vaste programme mené depuis 2023 avec le soutien financier de l’Office français de la biodiversité. « On a travaillé avec la Ligue de protection d’oiseaux (LPO) Paca et le groupe Chiroptères de Provence, qui sont allés sur le territoire et ont relevé la faune », explique Louise Seguinel, chargée de mission biodiversité au service transition écologique de la municipalité.

    Au total, 831 espèces ont été recensées au cours de 24 inventaires naturalistes consacrés aux oiseaux, amphibiens, chauves-souris, papillons, libellules, criquets et sauterelles. « Le chiffre le plus faramineux, c’est celui qui concerne les papillons de nuit : on connaissait moins de dix espèces, maintenant on est à 198, poursuit la spécialiste. On a aussi découvert la présence d’une nouvelle espèce de mammifère, qui est le lièvre ibérique, au niveau de la Crau. » De nouvelles données concernant certains spécimens bien connus ont aussi été collectées, permettant de montrer l’extension de leur ère d’existence et le renforcement de leur population.

    Un plan d’actions

    L’Atlas a également mobilisé le public à travers 34 actions de sensibilisation réunissant plus de 1 000 participants. « C’était indispensable d’intégrer les habitants à la démarche, affirme le conseiller municipal délégué au pacte de transition Bernard Gaudillère. Si on ne sensibilise pas la population à l’intérêt de ce travail-là, c’est raté. Vous savez ce qu’on dit : on protège ce qu’on aime, on aime ce qu’on connaît. »

    L’ABC se termine, mais le travail se poursuit. La Ville de Miramas travaille à un « plan d’actions pour les dix ans à venir », révèle Géraldine Buti, adjointe au maire déléguée à l’environnement. Louise Séguinel développe : « Ça peut concerner la gestion des espaces verts, avec une fauche tardive, ce qui est déjà fait actuellement mais peut-être pas partout ni systématiquement. On peut aussi faire le choix de laisser une libre évolution de la flore pour certaines parcelles, de créer des mares à certains endroits… On va probablement poursuivre le travail de connaissances sur la faune ou les arachides du sol par exemple, qui n’a pas été étudiée. On aimerait aussi continuer la sensibilisation auprès des jeunes publics et pousser les enseignants à s’emparer des dispositifs comme les aires terrestres éducatives ou les classes engagées… » Les pistes sont nombreuses, mais une chose est sûre : l’Atlas n’était qu’une étape, un outil au service d’une politique publique globale.

  • « Provence Bleue » présenté à l’État

    « Provence Bleue » présenté à l’État

    Publiée en 2020, la note stratégique du rapport parlementaire mené par Jean-Marc Zulesi (Ren), Pierre Dharréville (PCF) et Éric Diard (LR) a été remise sur la table du gouvernement. L’ancien député de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône a rencontré le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre pour lui rappeler que « la réhabilitation de l’étang de Berre (…) s’inscrit au croisement des défis liés à la préservation de la ressource en eau, à la transition énergétique, à l’adaptation au changement climatique et à la souveraineté industrielle de notre pays », explique-t-il.

    Au centre de cette ambition : le projet « Provence Bleue », actuellement étudié par EDF. Cette solution technique d’envergure, dont la vision d’aménagement porte sur 50 ans pour un investissement estimé à 1,4 milliard d’euros, pourrait régler le problème des rejets de la centrale hydro-électrique de Saint-Chamas.

    Des mesures ont conduit à les limiter à 1,2 milliard de m³ d’eau douce et 60 000 tonnes de sédiments, ce qui a permis une amélioration progressive de l’état écologique de l’étang en entraînant néanmoins une perte de 600 millions de kWh d’électricité par an selon l’ancien parlementaire. « Provence Bleue » vise à concilier ces enjeux en créant des infrastructures pour valoriser les eaux aujourd’hui inutilisées : un bassin de décantation permettrait de séparer les limons de la Durance, un tunnel de restituer la ressource vers le Rhône tout en la mobilisant au bénéfice des besoins agricoles, industriels et d’alimentation en eau potable.