Category: economie

  • Vaucluse : dans « une crise sans précédent », l’agriculture croit en son avenir

    Vaucluse : dans « une crise sans précédent », l’agriculture croit en son avenir

    L’intitulé de l’invitation presse de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, ce vendredi matin, sur « les perspectives 2026 pour l’agriculture vauclusienne » n’incitait guère aux réjouissances. Il a effectivement fallu attendre les dernières minutes pour distiller un peu « d’espérance et d’optimisme et pas que la sinistrose », livre Christian Mounier. Le vice-président (DVD) du Département, en charge de l’eau et de l’agriculture, était associé à son homologue à la Région, Bénédicte Martin, mais aussi Sophie Vache, présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, et Thierry Vaute, président du syndicat des vignerons indépendants de Vaucluse.

    « L’agriculture a toujours connu des crises et a rebondi, on espère que le soleil reviendra rapidement », poursuit Christian Mounier. Bénédicte Martin a déjà en ligne de mire la vitrine des JO d’hiver 2030, dans les Alpes, et s’attelle déjà à faire en sorte que les produits locaux s’exportent dans les Alpes aussi bien auprès des athlètes que du reste du public attendu. Mais quatre ans, c’est long, surtout quand « le sujet de crise du moment, c’est la viticulture, je crois que personne ne mesure vraiment ce qui est en train de se passer », alerte la vice-présidente de la Région. Il y a à peine dix jours encore, une mobilisation de viticulteurs s’est tenue à Orange contre des grossistes et négociants, accusés de tirer les prix vers le bas pour les viticulteurs. « Déconsommation, baisse des exportations, la crise est sans précédent et multifactorielle. Le point commun, c’est le partage de la valeur et le prix de revient pour le viticulteur », constate Sophie Vache.

    56% de l’agriculture concerne la vigne

    Il est bon d’avoir en tête que 56% de la surface agricole en Vaucluse concerne la viticulture, soit 47 500 hectares cultivés par 2 500 exploitations. Une surface vouée à se réduire avec les campagnes d’arrachages de vignes. De 1 000 hectares en moins il y a deux ans, on est passé à 2 000 ha l’an dernier et les projections sont de 5 000 ha à arracher cette année. Le tout dans le cadre d’un plan national du gouvernement doté de 130 millions, dont les principales aides iront aux viticulteurs qui mettent leur activité totalement à l’arrêt. « La génération de boomers qui boit à tous les repas disparaît et les nouvelles générations ne boivent qu’occasionnellement. Si on ne veut pas des territoires en friche, mais des cultures pérennes, il faut une diversification structurée avec des filières en aval pour ne pas envoyer les gens au casse-pipe et dans une impasse », avertit Thierry Vaute.

    Amandes, olives, pistache, grenades, kiwis… Autant de secteurs qui auraient aujourd’hui le vent en poupe, sans non plus incarner la panacée. « On vient d’embaucher une chargée de mission qui va auditionner les viticulteurs pour évaluer et recenser les besoins », fait valoir Thierry Vaute, qui ne veut pas baisser les bras : « Il faut retenir que 80% d’entre eux veulent rebondir avec un nouveau projet. »

    « Si la viticulture tombe, le château de cartes s’écroule »

    La Chambre d’agriculture met aussi en place des ateliers dédiés à la diversification. En décembre, le Département a acté la création d’une aide de 100 000 euros pour aider aussi à la diversification (notre édition du 5 janvier). Un dispositif qui devrait être opérationnel d’ici à cet été et destiné aux Jeunes agriculteurs, « pour que ce soit significatif, sinon chacun aurait des miettes », précise Christian Mounier.

    Sauf que cette transformation met plusieurs années à maturer et que les viticulteurs sont dans une situation d’urgence. « On souhaite des aides et accompagnement de l’État, de nos mutuelles sociales agricoles pour soulager nos entreprises, si on passe à la trappe, c’est toute l’économie de Vaucluse qui sera touchée car le département vit par l’agriculture et le tourisme qui en découle, si la viticulture tombe, le château de cartes s’écroule aussi », prévient Thierry Vaute.

  • L’économie sociale et solidaire réunie à la Criée

    L’économie sociale et solidaire réunie à la Criée

    Fier d’avoir « installé l’économie sociale et solidaire dans le paysage économique de cette région », Denis Philippe, président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress), a rappelé dans ses vœux, prononcés à la Criée ce mardi, que « la reconnaissance ne suffit pas ».

    Soulignant le dynamisme des acteurs dans la région, il leur souhaite « une belle année », remerciant Robin Renucci, le directeur de la Criée, pour son accueil, et les a encouragés à « être ambitieux » même si le contexte économique délicat, notamment pour le mouvement associatif, est dans toutes les têtes.

    « Même statut que les chambres de commerce »

    Renaud Muselier (Ren.), le président de la Région Sud, qui finance la Cress, a souligné le poids de l’économie sociale et solidaire dans l’économie régionale : « C’est 13% de l’emploi privé, avec des bastions comme les départements alpins et Marseille à 20%, c’est 12 000 entreprises… »

    Il a également cité les 96 millions d’euros pour l’économie sociale et solidaire mobilisée par la collectivité jusqu’en 2030 et réaffirmé son soutien à la transformation des Cress pour qu’elles soient dotées du « même statut que les chambres de commerce et d’industrie ».

    Quant à Didier Mamis, secrétaire général aux affaires régionales de la préfecture, il a salué « le modèle que vous représentez. Vous alliez l’efficacité économique, l’utilité sociale et la démocratie dans les pratiques de gouvernance. »

    La cérémonie s’est conclue par la remise du prix de l’économie sociale et solidaire à la Cantina, une structure fondée en 2018 pour lutter contre le gaspillage alimentaire, qui a pris son essor avec la crise covid de 2020.

  • Air France baptise un de ses Airbus A 220 « La Ciotat »

    Air France baptise un de ses Airbus A 220 « La Ciotat »

    « L’attribution du nom “La Ciotat” à cet appareil constitue une reconnaissance symbolique de l’identité et du patrimoine de la commune, berceau du cinéma mondial et ville marquée par une histoire industrielle et maritime forte, aujourd’hui engagée dans les enjeux de transition et d’innovation » : la municipalité est plus que ravie de l’annonce réalisée par Air France.

    La compagnie aérienne française lui a en effet fait savoir qu’elle avait décidé d’attribuer le nom « La Ciotat » à l’un de ses avions : un Airbus A220, immatriculé F-HOZB, intégré à la flotte moyen-courrier de la compagnie. Avec une vitesse de croisière d’environ 870 km/h et une autonomie pouvant atteindre 5 000 km, l’Airbus A220 « La Ciotat » est destiné à relier les principales villes françaises et européennes, avec une capacité d’accueil allant jusqu’à 148 passagers.

    « Cet avion contribuera au rayonnement de la ville, dans un contexte de modernisation du transport aérien et de réduction de son impact environnemental », se félicite encore la mairie. L’Airbus A220 est en effet censé se distinguer par des performances économiques et environnementales permettant notamment une réduction de la consommation de carburant et des émissions de CO2₂ pouvant atteindre 25 %. Il serait également moins bruyant avec une diminution de l’empreinte sonore comprise entre 25% et 50%.

  • Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Sur la scène du palais des congrès du parc Chanot, ce lundi soir, le président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence ne pouvait s’empêcher de renverser les propos de l’ancien maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. « La politique n’est pas tout, mais la politique est partout », sourit Jean-Luc Chauvin face aux 1 500 personnes venues assister aux vœux du monde économique. En cette année de scrutins municipaux, c’est en effet sous le thème de l’engagement que les 179 organisations patronales du collectif Tous acteurs avaient placé cette soirée.

    « Pour moi l’engagement, c’est le dépassement de soi, de son propre intérêt pour faire bouger les lignes et avancer », lance-t-il à l’issue d’une série de tables rondes célébrant mécénat de compétences et fonds de dotations entre quelques citations de Mandela ou Saint-Ex. Et le président de la CCI d’aller dans le concret : 42 propositions ont été élaborées par ce consortium de réseaux consulaires, syndicaux patronaux ou associations commerçantes, qui seront dévoilées dans une semaine. « Le monde économique a un grand rôle à jouer, pour répartir la richesse il faut d’abord la créer », interpelle Jean-Luc Chauvin. Et d’insister : « Les entrepreneurs ne sauraient être étrangers au débat qui s’ouvre. »

    L’extrême droite absente

    Mais pour peser sur les choix des décideurs qui seront élus dans moins de sept semaines, encore faut-il parler d’une même voix. « La voix des entreprises est plus forte lorsque le monde économique est uni », réclame le président de la chambre consulaire. Alors il ne se hasarde pas au moindre propos polémique, pas même pour dénoncer la menace d’une extrême droite qui désormais s’affiche ostensiblement « pro-business », espérant mordre davantage sur ce qui reste d’une droite républicaine. Assise dans les premiers rangs, la candidate (DVD) Martine Vassal ne manque d’ailleurs pas de répliquer, pointant l’absence du chef de file du RN, Franck Allisio, malgré l’invitation de la CCI. « L’économie locale ne l’intéresse pas », tweete-t-elle dès la fin des discours.

    La politique cependant se décide aussi à un échelon national toujours pris dans les turbulences de la dissolution. « Cela a des incidences, beaucoup de projets sont bloqués, il y a un manque d’investissements », s’inquiète la présidente du directoire de Onet Émilie de Lombarès, administratrice du Club Top 20, qui rassemble les plus grosses entreprises du territoire. « Les effets de l’attentisme sont là », alerte-t-elle. La seule demande exprimée dans la soirée pourtant est celle de plus de dérégulation. « Le monde économique ne demande pas de privilège, mais simplement qu’on ne lui mette pas de freins inutiles », réclame la présidente de l’union des entreprises de proximité des Bouches-du-Rhône, Catherine Vales. Comme pour mettre des mots sur le « CCI blues » improvisé sur scène par le saxophoniste Raphaël Imbert.

  • Les élus face à la révolution industrielle

    Les élus face à la révolution industrielle

    À l’Ouest du département, le ballet des camions sur la RN568 est incessant. D’ici 2030, ces véhicules (4 600 poids lourds par jour dont 700 opérant du transport de matières dangereuses) ne passeront plus par ce qui sera, Laurent Belsola (PCF) et Gaby Charroux (PCF) l’espèrent, un boulevard urbain, mais par le contournement autoroutier qui passera au nord de leurs deux villes Martigues et Port-de-Bouc.

    Déclaré d’utilité publique en 2017 et demandé depuis plus de cinquante ans par la population et les élus du territoire, cet aménagement est enfin entré dans le concret en juillet 2025 avec la signature de son protocole de financement. Au total, 228 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics (État, Région, Département, Métropole et Grand Port maritime de Marseille-Fos – GPMM) pour construire près de 7 km de 2×2 voies, deux échangeurs et 12 ouvrages d’art.

    Loin d’être un hasard, cette somme a été obtenue à la faveur de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos. « On a pris en compte le fait que l’économie mondiale est là, c’est le premier investissement qui permet de dire que la ZIP va se développer et prendre une autre dimension », notait le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola lors de la signature en préfecture.

    Des décisions finales d’investissement en 2026

    De la même manière que, dans les années 1970, le développement de la sidérurgie dans les bassins Ouest du port, et notamment les implantations de Solmer et d’Ugine, ont entraîné une arrivée massive de travailleurs lorrains, l’arrivée de nouveaux acteurs économiques devrait bouleverser la physionomie du territoire dans les années à venir.

    Près de cinquante projets industriels ont été identifiés par la Commission nationale du débat public, qui a mené une concertation globale du 2 avril au 13 juillet dernier, dans les secteurs de l’hydrogène (H2V), de la sidérurgie dite « verte » (GravitHy, Marcegaglia), des carburants bas-carbone pour le maritime et l’aviation (Neocarb), la chimie, de la pétrochimie, de l’aérien (pôle Jean-Sarrail), des énergies (Carbon), ou encore de la logistique. Près de 15 milliards d’euros privés sont attendus dans la zone. Alors que le contexte national et international est pour le moins instable, lors des vœux du GPMM, le président du directoire Hervé Martel rappelait : « 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. » Les pouvoirs publics et le monde économique parlent déjà de 10 000 emplois directs créés d’ici 2030-2035. Charge aux communes alentour d’être en capacité d’accueillir ces nouveaux travailleurs et leurs familles.

    Pour le président du conseil de surveillance du GPMM, Christophe Castaner, « notre responsabilité est de rendre possible l’implantation de ces projets, en aménageur et propriétaire foncier, en accompagnant massivement les infrastructures publiques ». Le port vient d’adopter son projet stratégique 2025-2029, qui prévoit plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont 77% seront consacrés aux bassins Ouest. En ligne de mire : l’extension du terminal avec le projet Fos 3XL à horizon 2031, la desserte du môle central et l’élaboration d’un schéma directeur ferroviaire pour anticiper les flux.

    La ligne THT divise

    Indispensable, l’alimentation électrique constitue la pierre d’achoppement de la transition industrielle de la zone. D’après le port, les besoins sont estimés à 2,4 GW supplémentaires sur le seul môle central d’ici 2029, et plus de 6 GW à l’échelle du golfe de Fos à l’horizon 2030. Pour y répondre, un projet de ligne aérienne très haute tension de 65 km et 180 pylônes avait été présenté au public, suscitant de vives oppositions des agriculteurs, des associations écologistes et des élus du pays d’Arles, amenant le collectif THT 13/30 à proposer une solution alternative d’enfouissement partiel.

    Dans leur rapport publié en décembre, les services de l’État ont acté le report de leur décision sur la réalisation de cette infrastructure électrique, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE. Un consensus sera-t-il trouvé ?

    « Rendre possible l’implantation de ces projets »

  • Une manif pour défendre le métier de paysan à Aubagne

    Une manif pour défendre le métier de paysan à Aubagne

    Alors que, samedi, « une bergère va transhumer ses 300 brebis d’une parcelle à une autre », annonce Jean-Charles Bureau, co-secrétaire de la Conf’ 13, le syndicat agricole classé à gauche veut faire passer ce message : « On n’est pas des santons. »

    Autrement dit : « Nous sommes bien vivants, bien présents sur votre territoire ! La paysannerie existe depuis toujours, nous nous battons et continuerons de nous battre pour la défendre ! », expose l’apiculteur aubagnais. La manif, à pied et à pattes, partira à 10h du rond-point des 6 fenêtres, au 120 avenue Robespierre pour converger vers le centre-ville. Auprès des paysans, militants de la Conf’, défileront la CGT, des groupes écolos.

    Merci aux eurodéputés

    C’est justement pour défendre cette agriculture paysanne que la Conf’ combat le Mercosur, traité de libre-échange que l’Union européenne a signé en janvier avec des pays d’Amérique du Sud. « En France, notre élevage souffre de gros problèmes de commercialisation. Le Mercosur fait entrer des produits agricoles sans taxe supplémentaire, ce qui met à mal notre revenu, nos conditions de travail et aggrave la maltraitance animale. Un pays comme le Brésil pratique par exemple l’élevage intensif, sur des terres gagnées grâce à la déforestation… », explique Jean-Charles Bureau. Lui et son syndicat se réjouissent d’ailleurs du vote des eurodéputés (par 334 voix pour, 324 contre) ce mercredi en faveur de la saisine de la Cour européenne de justice (lire page 20). Celle-ci doit examiner si l’accord commercial entre Union européenne et Mercosur est conforme aux traités européens ou non. « De fait, l’application du traité va être suspendue le temps de la procédure », se réjouit le militant.

  • [Entretien] « L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste »

    [Entretien] « L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste »

    La Marseillaise : En quoi l’écologie est-elle synonyme d’émancipation et de transformation sociale ?

    Jean-Claude Boual : Inondation massive, feux monstres non maîtrisés, pollutions diverses ou encore dégradation de la qualité du sol et de l’eau… on voit bien que le système dans lequel on vit, qui consiste à faire du profit avant toute chose, entraîne des conséquences. On a besoin d’une transformation en profondeur de tout le système, avec des citoyens qui agissent en conséquence et en conscience.

    Quel est le rôle des politiques publiques ?

    J.-C.B. : Que ce soit au niveau de l’État, de l’Union européenne, ou même mondial il n’y a pas de volonté de changer les choses. Par exemple, au niveau de l’accord de Paris signé en 2016, on voit bien que les objectifs sont déjà dépassés. On est déjà au-delà des 1,5 degré et on sait qu’en Europe, ça va plus vite que sur l’ensemble de la planète. Copernicus, programme européen pour surveiller la planète, en est déjà à 2 degrés d’augmentation. De mon point de vue, les gens ont compris que les ressources n’étaient pas infinies, qu’on ne pourra plus avoir une croissance constante comme l’exige la rotation des capitaux.

    Pourquoi affirmez-vous que les questions écologiques et sociales sont liées ?

    J.-C.B. : Si on ne règle pas les questions des inégalités, il n’y aura pas l’engagement des gens. C’est une priorité en termes de politique publique. Dans notre pays, les salaires sont très bas parce que le rapport de force depuis plusieurs décennies est plutôt favorable au capital et au patronat. L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste. La remise en cause du Pacte Vert sous la pression d’Ursula von der Leyen est un exemple de rétropédalage. Dans notre pays, on est face à une politique d’injonction de façon à noyer la réalité. Manger moins de viande, éteindre la lumière, couper le robinet d’eau, on culpabilise les gens. Mais le problème de fond est de se demander qu’est-ce qu’on propose ? Dans la philosophie qui consiste à compenser, on retrouve l’esprit de charité. On a une catastrophe, l’État donne de l’argent et le taux de profit est préservé. Ça coûte moins cher.

    De quelle écologie parle-t-on ? JC Boual. Edition Emile communication. 15€

  • Au MIN d’Avignon, des vœux qui ne font pas l’économie politique

    Au MIN d’Avignon, des vœux qui ne font pas l’économie politique

    Quand arrive la période des vœux en toute fin de mandat et qu’on est maire sortant, une certaine neutralité est imposée. Mais quand on ne se représente pas, comme Cécile Helle, on peut avoir un peu plus de latitude. La maire (PS) d’Avignon en a profité, ce mardi midi, lors de ses vœux aux acteurs économiques et au marché d’intérêt national (MIN), propriété de la Ville, où se tenait la cérémonie.

    Un deux en un alors que le MIN est un moteur économique sur 25 hectares, accueillant quelque 1 000 salariés et 100 entreprises. Un outil dont la destinée a été confiée pour 22 ans à son gestionnaire historique, la Smina (société du marché d’intérêt national d’Avignon). Un choix validé en novembre en conseil municipal alors qu’une offre concurrente du marché de gros de Rungis avait été déposée. « En tant que PDG de la Smina, je suis fière que son offre ait été retenue avec un projet à 40 millions d’euros », salue Cécile Helle. En douze ans de présidence, la maire a apprécié le fait de développer « un outil à taille humaine d’innovation sociétale et écologique, qui doit se positionner davantage sur les enjeux de logistique urbaine ».

    Au-delà du MIN, la première magistrate a rappelé que la Ville était un important acteur économique pour les entreprises locales. « En douze ans, on a investi un demi-milliard d’euros », se targue Cécile Helle, qui « prétend avoir été un maire bâtisseur ». Et d’avertir les prétendants à l’Hôtel de ville sur le « commerce de proximité » : « Nous sommes dans une période où il se dit beaucoup de choses, je suis adepte de la politique par la preuve, il faut de la force pour impulser un projet qui met du temps à aboutir dans un centre-ville historique protégé ».

  • Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Les résultats de l’année qui vient de s’écouler confirment que le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) « s’appuie sur des fondements solides », comme le glisse le président de son conseil de surveillance Christophe Castaner. Alors que le « schéma de la mondialisation » devient « segmenté et instable », avec une « reconfiguration des alliances maritimes » et une « repolitisation du commerce international », les chiffres présentés lors des vœux montrent une croissance positive.

    Le trafic total atteint 74 millions de tonnes, soit une hausse de 5%, grâce à une dynamique insufflée par l’évolution des vracs solide et liquide. Le transport de passagers enregistre aussi une augmentation de 4%. Avec un chiffre d’affaires de 235,3 millions d’euros (+5%), les finances se portent bien. L’investissement a dépassé les objectifs annoncés de 10 millions d’euros, atteignant 105 millions d’euros.

    Des incertitudes

    Alors que le GPMM vient d’adopter son plan stratégique 2025-2029, qui prévoit d’1 à 1,3 milliard d’euros d’investissements, Christophe Castaner souligne « un effort massif particulièrement important : trois fois plus que le programme précédent 2020-2024 ». Avec deux objectifs : « Décarboner et reconstruire un avantage compétitif durable. »

    Car si le port tient le cap, il a certaines fragilités : le trafic de containers reste tout juste stable, avec 1,45 million d’équivalent vingt pieds qui y ont transité en 2025, « alors qu’on observe une croissance des volumes passés en Méditerranée », analyse le président du conseil de surveillance. En réponse, afin d’assurer une montée en capacité de ses terminaux, le GPMM déploie notamment le projet Fos 3XL.

    En 2026, certains grands projets verront le jour, à l’instar du démarrage de Phare (le projet architectural du futur siège social et la réhabilitation de la Halle J0) ou de la première connexion à quai des bateaux de croisières, le résultat de 200 millions d’euros investis dans l’électrification depuis 2017. « Marseille-Fos sera le premier port d’Europe capable de brancher simultanément trois navires », annonce fièrement Christophe Castaner. D’autres projets sont plus incertains, comme Deos, une plateforme de construction et d’assemblage d’éoliennes flottantes sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « Le projet se heurte à deux difficultés : son financement et sa compatibilité avec les trajectoires aériennes militaires et civiles », admet Hervé Martel, président du directoire du port.

    Plus globalement, les bouleversements liés au contexte géopolitique apportent leur lot d’incertitudes quant aux 15 milliards d’euros d’investissements privés attendus à l’Ouest. Hervé Martel assure : « On travaille pour investir sur le môle central car les projets sont là, pas totalement engagés de façon ferme et définitive, mais on prend une partie de risque pour être au rendez-vous quoi qu’il arrive. 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. »

  • Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Non, Sud de France n’est pas morte ! » Contrairement au bruit qui court, la marque ombrelle imaginée par Georges Frêche en 2006, à l’origine pour soutenir la seule filière viticole régionale, va continuer à exister et à se développer en Occitanie.

    En décembre 2025, le Conseil d’État a pourtant rejeté le dernier recours des défenseurs de Sud de France, qui regroupe désormais 27 filières et plus de 12 000 produits d’Occitanie. Avortée, cette tentative de la dernière chance en justice concernait uniquement les bouteilles de vin. Et le souhait de la Région de continuer à pouvoir y accoler sa marque fétiche reconnue à l’international. « On voulait conserver une double appellation : à la fois le terroir et la marque Sud de France. On a plaidé le contexte international compliqué, demandé une dérogation de quelques années », rappelle Patrice Canayer. En vain.

    Pas de quoi se lamenter pour l’élu régional en charge des marques. « On se serait bien passé de cette décision du Conseil d’État. Mais on ne va pas passer notre temps à pleurer, on avance ». En réalité, voilà près de deux ans que la collectivité, qui craignait cette éventualité, travaille en coulisses à un plan B. « On a créé un nouveau logo qui montre une indication géographique, une carte de France stylisée avec une pastille qui représente l’Occitanie, que les viticulteurs peuvent placer sur les bouteilles sans le nom de la marque », résume Patrice Canayer.

    Les grands salons viticoles en ligne de mire

    Laquelle marque est devenue un « bloc marques » qui se nomme désormais « Occitanie Sud de France » ou « Sud de France Occitanie ». Elle reste autorisée sur les linéaires dans les salons par exemple. « On en a fait une première présentation au Sitevi. On fera la seconde au salon Millésime bio (26-28 janvier à Montpellier), puis au salon Wine Paris (9 au 11 février) ». En attendant le salon de l’agriculture (21 février-1er mars)…

    Voilà pour le vin. Quant aux 26 autres filières, tout continue comme avant. « On peut apposer le logo sur un paquet de pâtes, une bourriche d’huîtres ou de l’huile d’olive avec Occitanie Sud de France ». Vingt ans après sa création, la marque ombrelle figure parmi les premières sur la scène nationale française. 50% est constituée par la viticulture et se révèle très utile à l’export. Pour la présidente Carole Delga (PS) et Patrice Canayer, il est important de développer la marque. « Vu la conjoncture mondiale, les interprofessions n’ont pas intérêt à y aller seules de leur côté mais à se fédérer sous une même bannière ». Celle de « Sud de France Occitanie », toujours debout malgré les remous.