Category: economie

  • « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    « On a eu 19 millions en 24 heures, c’est énorme ! »

    La Marseillaise : Dans quelle situation était Duralex avant l’appel de fonds lancé lundi ?

    François Marciano : Nous avons repris l’entreprise le 1er août 2024. Pour que la reprise soit viable, il nous fallait 15 millions d’euros. On a levé 4 millions de prêts et on a vendu le terrain et le bâtiment, pour 5,8 millions. Il nous en manquait donc 5,2 millions. Nous devions faire une première levée de fond en septembre 2024 mais nous n’étions pas prêts, la stratégie n’était pas complètement définie. C’est pour cela que l’appel n’a été lancé que maintenant.

    Vous en êtes vendredi à 20 millions d’euros promis. Vous attendiez-vous à cet enthousiasme ?

    F.M. : Pas du tout. Tous les associés ont été très surpris. On avait donné un pronostic de 3 millions en 4 semaines, et on espérait prolonger pour arriver à 5 millions. On a eu 19 millions en 24h. C’est énorme.

    Comment expliquez-vous
    cet enthousiasme
     ?

    F.M. : Pour moi, il y a trois choses. D’abord je pense que les Français en ont marre de voir partir leurs industries, et investir chez nous c’est aussi défendre l’industrie nationale. Duralex emploie tout de même 800 personnes. Ensuite, Duralex est une madeleine de Proust. Et enfin, l’usine a été rachetée par ses ouvriers. C’est une proposition d’économie sociale et
    solidaire que les gens ont envie de soutenir.

    Quelles sont les conditions des investisseurs ?

    F.M. : C’est pour tout le monde pareil, c’est 8% rémunérés par an pendant 7 ans, défiscalisé à hauteur de 18% au départ, et remboursable au bout de 7 ans. Et les investisseurs ne siégeront pas au conseil d’administration, ils auront simplement une vision sur les chiffres tous les mois.

    Et qu’allez vous faire de cet argent ?

    F.M. : L’objectif de cette première année était de réveiller la marque. Je crois que c’est chose faite. La deuxième année, l’année prochaine donc, nous voulons investir dans la nouveauté. On va repositionner Duralex sur deux segments : d’un côté sur les arts de la table, ce que nous faisions déjà, et de l’autre sur la décoration. En clair on va fabriquer tout ce qu’il y a en verre dans une maison, sauf les vitres.

    Portiez-vous un intérêt au système des Scop avant que votre entreprise n’en devienne une ?

    F.M. : Ça m’était totalement étranger. Quand on a failli perdre l’entreprise, je savais que je voulais faire une coopérative, mais je ne savais même pas que ça s’appelait Scop. Aujourd’hui je ne travaille plus qu’avec elles. D’ailleurs, il y aura bientôt une collaboration entre Duralex et 1336 !

  • Duralex, le modèle coopératif plébiscité

    Duralex, le modèle coopératif plébiscité

    Un véritable plébiscite.
    En moins de 24 heures, la campagne de financement participatif lancée cette semaine par les salariés
    de Duralex, devenus coopérateurs, a recueilli presque 20 millions d’euros de promesses d’investissement, soit presque quatre fois l’objectif initial fixé à 5 millions. Au-delà de l’aspect sentimental lié à ces milliers de français qui chaque midi à la cantine s’amusait à lire leur âge dans le fond de leur verre, la réussite de cette levée de fonds qui visait
    à moderniser l’outil industriel de cette verrerie emblématique, relancée en Scop en juillet 2024 témoigne d’un fort attachement des Français à l’économie solidaire
    et à la sauvegarde du patrimoine industriel national.

  • [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    La Marseillaise : Quelles conséquences pourrait avoir la baisse de la taxe « versement mobilité », passée de 0,15% à 0,08% en octobre sur décision de la Région ?

    Robin Matta : Cet impôt avait été décidé au moment où on avait fait le bilan de l’état du réseau ferré national qui est vieillissant, puisqu’on considère qu’il a trente ans de retard de rénovations. Le fonds constitué par cette taxe devait aider à financer les infrastructures. À Miramas, on est concernés non seulement pour la gare de triage mais aussi, du côté voyageurs, pour la création de la passerelle. On craint que ces investissements-là ne puissent pas arriver à terme, ou en tout cas que ce soient les derniers. Or on a la ligne de la Côte Bleue qui est encore en partie à réhabiliter. Avec cette baisse de la taxe, la Région brosse dans le sens du poil le patronat et abandonne toute perspective de développement.

    Sans oublier le développement des bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    R.M. : Il n’y a toujours qu’une voie ferrée pour sortir de la zone indstrialo-portuaire en train, ce qui est un problème. Il faut mettre ça en parallèle avec le grand débat sur la décarbonation. Sans financement de l’infrastructure, on ne pourra rien faire. Jean-Pierre Farandou avait déclaré qu’il manquait 1 milliard d’euros par an pour l’entretien et la régénération du réseau ferroviaire. Où va-t-on le trouver si ce n’est en taxant le capital ?

    Le Contrat plan État Région (CPER), signé lundi, alloue 47 millions d’euros au fret ferroviaire. Est-ce suffisant ?

    R.M. : Le CPER dépend de la validation du budget. Cette somme n’est de toute façon pas suffisante. 47 millions d’euros peuvent à la rigueur permettre de maintenir l’existant, mais c’est sous-évaluer le besoin. Une grande partie de ce contrat va en fait être fléché sur des lignes qui seront prochainement ouvertes à la concurrence, comme la ligne des Alpes en lien avec les JO d’hiver. L’idée, c’est de faire le lit à la concurrence alors que pour le coup, maintenant, on a un bilan qui est que Transdev assure 84% de régularité sur Marseille-Nice, contre les 93% annoncés.

  • Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    « Les industriels ont mis l’aspect concurrence de côté pour privilégier la croissance à travers la décarbonation », résume Isabelle Campagnola-Savon, conseillère régionale déléguée à l’économie, lors du 3e forum Syrius.

    Syrius, pour synergies régénératives industrielles du Sud. C’est bien ce que cherche à faire ce programme, lauréat de l’appel à projets « Zone industrielle bas carbone » (ZIBaC) opéré par l’Ademe (Agence pour la transition écologique) dans le cadre de France 2030 : amener la cinquantaine d’acteurs industriels qui y prennent part, répartis entre Fos-sur-Mer, Berre-l’Étang, Gardanne et Manosque, à se fédérer autour de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de -80% d’ici 2050. Pour Nicolas Mat, coordinateur de la démarche lancée en 2023, ce projet illustre la capacité du monde économique à « coopérer, partager et construire une trajectoire collective (…) en mutualisant les ressources et les infrastructures ».

    Un outil stratégique

    Après une première phase de deux ans lors de laquelle 28 études ont été financées à parts égales par l’État et les industriels pour un budget global de 8 millions d’euros, Syrius entre désormais dans une étape plus concrète qui débutera en 2026 et qui visera à approfondir les pistes soulevées. « Les premières conclusions montrent qu’il faut pouvoir disposer de plusieurs leviers pour décarboner, qu’on a le devoir de les actionner tous simultanément et qu’une approche non pas par filière mais territoriale et intersectorielle peut être un game changer pour accélérer et atteindre encore plus vite nos objectifs », énumère Nicolas Mat. Les principaux vecteurs mis en avant sont le déploiement d’un hub hydrogène bas carbone régional (le coût estimé peut aller jusqu’à 5 milliards d’euros) et la structuration d’un hub de CO2 (entre 2 et 6 milliards d’euros).

    Ces enseignements ne sont pas que de la théorie. « Le programme Syrius permet de faire un état des lieux, de savoir quelles filières structurer demain pour réussir la décarbonation », affirme Isabelle Campagnola-Savon. Rémi Costantino, directeur général adjoint du Grand port maritime de Marseille-Fos, abonde : « Dans le milliard d’euros prévu dans notre plan stratégique pour les cinq prochaines années, on flèche un certain nombre d’investissements en fonction des résultats de ces études pour être la bonne plateforme, le bon substrat dans lequel les industriels vont s’implanter. »

    Le dossier de candidature pour la deuxième phase de l’appel à projets a été déposé en juillet 2025 « avec un lot d’une trentaine d’études pour un peu plus de 30 millions d’euros de budget », détaille Nicolas Mat. « Les services de l’État sont en train d’instruire le dossier (…) et devraient pouvoir nous indiquer dans les prochaines semaines les études qui ont été sélectionnées pour un co-financement public. » Simon Deltombe, coordinateur national ZIBaC à l’Ademe, rassure : « Indépendamment de toutes les discussions budgétaires du gouvernement, le budget de l’appel à projet est sécurisé, l’enveloppe dédiée est là et ne sera pas remise en cause. »

  • Une semaine de l’agroalimentaire à Avignon pour valoriser un secteur qui recrute

    Une semaine de l’agroalimentaire à Avignon pour valoriser un secteur qui recrute

    Une file d’une vingtaine de demandeurs d’emploi, CV en main, animait les locaux de Food’in, bâtiment totem du secteur de l’agroalimentaire en Vaucluse, ce lundi 3 novembre. Et ce, pour rencontrer cinq entreprises du secteur dans le cadre d’un Brunch de l’emploi organisé par France Travail avec Aria Sud, l’Apec et Ocapiat, trois structures travaillant sur le sujet, afin de « répondre aux besoins en recrutement », précise Coralie Benito, directrice des opérations chez Aria Sud (Association régionale des industries alimentaires). Cela dans un cadre plus détendu, avec un stand de produits locaux des entreprises participantes à la démarche, à savoir les compotes Charles & Alice, les Ateliers Bio de Provence, Ressources ou encore Bigard. Et ce, pour des postes variés tels qu’opérateur de production, conducteur machine, conducteur de ligne, approvisionneur, préparateur de commandes, technicien qualité ou encore responsable QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement). L’initiative est une première dans le genre. « On le teste chez nous et on le dupliquera selon le succès, mais cela s’annonce bien », poursuit Coralie Benito.

    Attractivité

    L’initiative était la première d’une semaine nationale entièrement dédiée à l’emploi dans le secteur avec une vingtaine de rendez-vous dans les environs. « Il y a plus de 500 emplois à pourvoir dans la région. L’agroalimentaire est le deuxième recruteur en France. Lorsque l’industrie agroalimentaire recrute une personne, elle crée 2,5 emplois dans le reste de l’économie régionale. Les industries agroalimentaires ont besoin de recruter pour des emplois saisonniers comme des emplois durables », confie Michèle Lefèvre, experte régionale en agroalimentaire chez France Travail. « C’est aussi une manière de rendre ces métiers plus attractifs, de mettre un coup de projecteur, car ils ne sont généralement pas vraiment connus du grand public. Alors que ce sont eux qui permettent de nourrir la plupart d’entre nous », enchaîne Sabine Cano, animatrice régionale chez Ocapiat, organisme qui accompagne les entreprises du secteur.

    Liste des événements sur lagrorecrute.fr

  • 1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    1,8 milliard pour la desserte de la région Sud

    Le dernier tour de piste de Georges-François Leclerc aura été auréolé de succès. Ce lundi 3 novembre, le préfet de Région, bientôt directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a signé l’avenant du contrat de plan État-Région (CPER) 2023-2027 qui porte les engagements des deux parties à 1,1 milliard d’euros pour atteindre 1,8 milliard d’investissements dans les transports du territoire, aux côtés de la Métropole, des Départements des Hautes-Alpes et des Bouches-du-Rhône ainsi que quelques privés. À ses côtés : le ministre des Transports Philippe Tabarot (LR), le président de la Région Sud Renaud Muselier (Ren), la présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Martine Vassal (DVD) et le président du Département des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard (LR).

    Renaud Muselier salue cette somme « historique ». « C’est un contrat record boosté par les Jeux olympiques d’hiver qui va nous permettre d’accélérer le développement des transports régionaux », affirme-t-il. Et ce, principalement dans les Alpes, les Bouches-du-Rhône – qui capteront près de 50% des investissements, notamment dans le golfe de Fos-sur-Mer, « mais aussi plus largement dans tous les départements de la région ».

    Le CPER fait la part belle au rail, avec 47 millions d’euros dédiés au fret ferroviaire et 562 millions d’euros alloués à la partie voyageurs. « C’est une révolution pour tous les déplacements de la région, vous allez avoir des lignes rapides entre Marseille et Menton, des lignes de Marseille à Briançon en 3h40 au lieu de 5 heures, mais aussi des RER métropolitains sur Avignon, Marseille ou encore Nice avec un train toutes les dix minutes », détaille Renaud Muselier.

    Si le chantier principal reste la modernisation de la ligne ferroviaire des Alpes (voir ci-contre), qui devra être livrée avant 2030 avec l’échéance des Jeux olympiques d’hiver, le CPER permet aussi de traiter des « dossiers qui traînent depuis près de 50 ans », admet Renaud Muselier, comme le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc.

    Une condition au développement industriel

    Sur les 293,7 millions d’euros consacrés au volet routier, 167 millions iront à ce projet tant attendu par les habitants, mais aussi par le monde économique. Les maires concernés Gaby Charroux (PCF) et Laurent Belsola (PCF) disent leur satisfaction : « C’est un grand soulagement pour nos populations qui sont traversées par la RN 568 », confirme l’édile de Port-de-Bouc. D’un point de vue de la sécurité, d’abord, mais aussi du cadre de vie, puisque près de 1 500 habitants sont actuellement exposés à des nuisances sonores, dont plus de 800 à des niveaux critiques. « On cherche désormais à faire requalifier la deux voies en boulevard urbain par la Métropole pour pouvoir recoudre et apaiser nos villes », précise Gaby Charroux.

    Les travaux de cette nouvelle route, qui vise à délester l’actuelle voie rapide de près de 40 000 véhicules par jour (sur près de 52 000 en circulation actuellement), dont 4 600 poids lourds, devraient démarrer en 2027 pour une livraison en 2030. L’objectif de ce calendrier : être en mesure d’accueillir les nouvelles entreprises qui souhaitent s’implanter sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « C’est une condition qui était nécessaire pour permettre à l’industrie existante de se maintenir, mais aussi pour assurer le développement de l’industrie du futur, explique Jean-Michel Diaz, président du Groupement maritime et industriel de Fos et sa région. Aujourd’hui, aux heures de pointe, il faut 45 minutes pour faire Châteauneuf-les-Martigues/Fos-sur-Mer, ce n’est pas acceptable. »

    Désormais, le représentant du monde économique se concentre sur l’étape d’après, la liaison Fos-Salon, « dont on espère qu’elle arrivera dans des délais raisonnables ». Les études de cette desserte sont en cours et sont inscrites dans le CPER. « C’est un vrai bol d’air pour les industriels car ils sont pris en considération par les acteurs du territoire. » Au-delà des 210 millions d’euros alloués aux routes par l’État et la Région, au total, 636,5 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics dans les années à venir dans des travaux visant à améliorer la desserte de la zone industrialo-portuaire de Fos, pour des mises en service dès 2030.

  • Autopartage : Modulauto étoffe son offre à Montpellier

    Autopartage : Modulauto étoffe son offre à Montpellier

    Lentement mais sûrement, la société Modulauto, spécialiste montpelliérain de l’autopartage, étoffe son offre. Centrée sur la capitale héraultaise, qui concentre l’essentiel de sa flotte, l’entreprise peaufine son maillage régional de véhicules mis à disposition des particuliers et des professionnels avec l’ouverture de 35 nouvelles stations dont 26, d’ici décembre, dans la métropole de Montpellier. « Il s’agit aussi bien de mailler le centre de Montpellier que d’investir des quartiers  », précise le patron de l’entreprise, Olivier de Broissia. « On va par exemple accompagner l’ouverture de la ligne 5 de tramway en allant vers l’ouest et le nord de Montpellier, car on pense que si les gens peuvent utiliser le tramway ou le vélo pour des déplacements quotidiens, ils n’ont plus forcément besoin d’un véhicule individuel  ». Dans la même logique, une station Modulauto a été créée gare Sud de France à l’occasion de l’extension de la ligne 1 de tramway, effective depuis le 18 octobre. En parallèle, le parc Modulauto au sein du hub des mobilités du parking de la Comédie passe de 5 à 12 véhicules et devrait atteindre 20 véhicules à la fin de l’année.

    Présent dans l’Hérault essentiellement (Montpellier, Castelnau-le-Lez, Saint-Jean-de-Védas, Lattes, Baillargues, Saint-Gély-du–Fesc, Béziers, Sète, Gignac, Lunel) mais aussi dans le Gard (Nîmes, Vauvert), les Pyrénées-Orientales (Perpignan) ou, dans une moindre mesure, l’Aude (Carcassonne, Narbonne), Modulauto gérera 140 à 150 stations d’autopartage en fin d’année. « À cette date, nous disposerons de 200 véhicules en Occitanie, dont 170 à Montpellier  », annonce Olivier de Broissia. « D’ici 2028, nous ambitionnons d’atteindre une flotte de 300 véhicules dans la métropole de Montpellier, pour rendre notre service accessible au plus grand nombre, à 300 mètres maximum de chez soi.  »

    Petit à petit, la pratique de l’autopartage « en boucle », qui consiste en l’utilisation régulière ou occasionnelle de voitures en libre-service 24h sur 24 restituées à leur point de départ, « se démocratise », selon Olivier de Broissia. « Au départ nos utilisateurs étaient des militants, vivant en centre urbain. Aujourd’hui, on a tout type de clientèles », assure-t-il. L’observatoire annuel de l’Association des acteurs de l’autopartage estime à un million le nombre de Français pratiquant l’autopartage sous toutes ses formes en janvier 2025, soit une augmentation de +11,5% en un an. Concernant Modulauto, « on est passés de 3000 à 4500 utilisateurs Montpellier entre 2023 et 2025. Ils sont 5 000 en Occitanie », indique le PDG. « Nous construisons une alternative crédible à la voiture individuelle », estime Olivier de Broissia, qui confie vouloir se développer encore à Nîmes, Perpignan, Béziers, Sète, en lien avec les hubs de mobilité.

    À noter que les acteurs majeurs français du secteur, dont Modulauto, se réuniront à Montpellier le 4 décembre à l’occasion de la journée nationale de l’autopartage.

  • Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Toujours pas de rebond économique notable en Occitanie, qui néanmoins ne s’en sort pas si mal comparé au reste de l’Hexagone. Voilà la tendance issue de la dernière note de conjoncture de l’Insee pour le deuxième trimestre 2025.

    Comme les autres régions, l’Occitanie souffre d’une mauvaise conjoncture. « En France, il n’y a pas de confiance et peu de croissance », résume Katia Le Goaziou (Insee) qui avance deux causes majeures. D’abord le fait que « le protectionnisme des États-Unis [les droits de douane de Trump, Ndlr.] a mis à mal le commerce mondial. La zone Euro est fortement affaiblie ». Ensuite la morosité dans l’Hexagone due à l’impasse politique. Malgré une moindre inflation (+0,8% en août), « les taux d’épargne battent des records. Les ménages ne consomment pas et les acteurs économiques hésitent à investir ». Et la cheffe du service études et diffusion de l’Insee de préciser : « Il existe un attentisme traditionnel avant les périodes électorales, et le contexte budgétaire peut jouer sur les investissements. »

    Malgré tout, l’Occitanie tire plutôt son épingle du jeu. Le second trimestre est synonyme de « léger mieux » côté emploi salarié qui s’accroît de 0,3% (+5 700 emplois), soit 0,1 point de mieux qu’en France. Une légère hausse due à un rebond dans le tertiaire marchand hors intérim (+0,4% ; +3 600 emplois), essentiellement grâce à l’hôtellerie-restauration (+2 400 emplois). L’intérim progresse lui aussi (+1% ; +500 emplois). En revanche, en dépit d’une hausse dans l’aéronautique et le spatial, l’emploi industriel reste stable comme en France et se contracte dans la construction (-0,6% ; -800 emplois). À noter qu’avec les Hautes-Pyrénées (+0,5%) et le Gard (+0,4%), l’Hérault (+0,6%) fait partie des trois bons élèves d’Occitanie.

    Le taux de chômage régional n’en reste pas moins « très élevé » (8,9% contre 7,5% en France) tout en étant stable car « la population active continue d’augmenter en Occitanie », explique François Hild, chargé d’études. La Lozère est épargnée (4,7%) mais les Pyrénées-Orientales conservent leur bonnet d’âne national avec un chômage qui culmine à 11,9%.

    Au deuxième trimestre, l’activité économique régionale est donc relativement stable
    (-0,1%). Elle diminue dans la construction, les services marchands (communication, informatique…), les services immobiliers et aux ménages. L’activité progresse dans les services non marchands et l’industrie, notamment la fabrication de matériel de transports « malgré les difficultés d’approvisionnement d’Airbus », précise François Hild. À noter des disparités : l’Hérault accuse un léger retrait (-0,2%), le Gard un regain (+0,4%).

    Concernant les secteurs d’activité, le tourisme affiche la meilleure santé avec 7,2 millions de nuitées (hors campings), avec un rebond pour les hôtels (+2,2%). Le littoral et les zones urbaines (surtout Montpellier et Toulouse) profitent d’une recrudescence des touristes étrangers (+7,6%). En dépit d’un niveau encore « historiquement faible » (36 200 logements en un an, soit -4,5%), la construction amorce peut-être sa reprise. Entre avril et juin, 10 800 logements ont été mis en chantier (+18%).

    Enfin, on note un dernier contraste chez les entreprises. Si les créations (26 300 ; +0,7%) se maintiennent à un niveau élevé en Occitanie, la hausse reste supérieure en France (+4,2%). Quant aux défaillances d’entreprises, elles continuent de croître. En un an, la région a ainsi perdu 6 100 sociétés. C’est de 10 points de plus que l’année précédente.

    « En France il n’y a pas de confiance et peu de croissance »

  • À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    Un an après le lancement d’une pétition par les riverains du projet qui plafonne autour de 1900 signatures (notre édition du 19/06), le futur centre de données MRS6 de Digital Realty est, depuis le 6 octobre dernier et pour neuf jours encore, soumis à enquête publique. Un projet titanesque. Quelque 700 millions d’euros sont prévus pour transformer l’ancien entrepôt Decathlon de Plan-de-Campagne et en faire le plus gros data center du département, sur 26 000m² au milieu d’une parcelle de 10 hectares avec cinq salles de serveurs au rez-de-chaussée, deux autres au premier étage. L’installation nécessitera notamment de tirer une nouvelle ligne haute tension souterraine depuis le poste voisin du Realtor, à Cabriès, avec une sous-station à créer par le gestionnaire du réseau RTE, tandis que les 30 générateurs de secours doivent pouvoir apporter une puissance totale de 217 mégawatt, soit la moitié d’une centrale à gaz…

    De quoi alarmer une nouvelle fois les riverains, qui ont transmis au commissaire enquêteur des avis identiques pointant des effets cumulés avec la déchetterie voisine qui a ouvert en 2022. « Nous craignons que cette nouvelle infrastructure, malgré son caractère non industriel, ne crée un îlot de chaleur et des nuisances supplémentaires », écrivent-ils ainsi, réclamant que « les effets combinés soient évalués et compensés ». Le porteur de projet, de son côté, espère le faire sortir de terre début 2028.

  • Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Pour cette fois, Cezanne fait mauvaise impression. Depuis le 22 septembre et l’ouverture de l’enquête publique sur ce projet de centre de données porté par le groupe japonais Telehouse aux Pennes-Mirabeau, les avis négatifs des habitants se multiplient sur le registre dématérialisé disponible en ligne. Après avoir vu les data centers essaimer dans l’enceinte des bassins Est du grand port maritime de Marseille – le dernier porté par Digital Realty doit être livré fin 2026 à la place de l’ancien silo à sucre – les pouvoirs publics ont en effet décider de repousser les futurs projets en périphérie de la cité phocéenne.

    Ainsi c’est sur une parcelle de 6 hectares implantée en bordure de l’A7, à proximité de la zone de l’Anjoly, que Telehouse veut construire ces huit bâtiments, de deux étages chacun, avec à chaque fois deux salles de serveurs informatiques accompagnés leurs locaux techniques et de batteries, pour une puissance de 6 mégawatt par bâtiment. À cela il faut encore ajouter des bureaux, les groupes électrogènes, des cuves enterrées, les parkings avec leurs ombrières photovoltaïques… Soit au total, quelque 22 000m² aux trois quarts dédiés aux salles de serveurs. Un chantier qui doit démarrer au deuxième trimestre 2026, pour s’achever à l’horizon 2030 avec la création d’une sous-station électrique par le gestionnaire public du réseau RTE.

    Réseau de chaleur prévu

    Pour économiser l’énergie, le projet promet que les six groupes froids installés en toiture de chaque data center utiliseront directement l’air extérieur quand les températures seront inférieures à 12°C afin de refroidir les circuits d’eau. La chaleur fatale des serveurs informatiques devrait quant à elle être mise à profit : « La commune est totalement favorable à ce que ce projet intègre la réalisation d’un réseau de chaleur », confirmait ainsi le maire (DVG) Michel Amiel dans un courrier daté du 27 janvier dernier, indiquant que la Métropole était prête à apporter un appui en ingénierie. « La commune des Pennes-Mirabeau sera particulièrement attentive à ce que ce projet d’envergure s’inscrive dans une approche aussi vertueuse que possible sur le plan environnemental », insistait-il alors. Une promesse formulée dès le printemps 2024 par le porteur de projet qui au moment du sommet Choose France promettait de construire des data-center « écoresponsables » (notre édition du 14/05/2024), et qui s’engage aujourd’hui à n’utiliser que de l’électricité verte, et du biocarburant pour les générateurs de secours.

    Pas de quoi convaincre l’Agence régionale de santé. Dans son avis rendu le 10 juin dernier, celle-ci s’alarme : « Les concentrations mesurées en PM10 [particules fines, Ndlr.] et N02 [dioxyde d’azote] dans l’air dans la zone d’influence de la future activité sont supérieures aux valeurs limites réglementaires en certains points. » Cela alors même qu’une école est située à 170 mètres. Et de demander de « revoir le projet ». « Le point d’échantillonnage n’est pas situé à proximité de cibles potentielles », répond le porter de projet, indiquant que cette pollution est liée aux groupes électrogènes de secours qui ne seront utilisés que moins de 500 heures par an. Une prochaine réunion publique se tiendra le 10 décembre, avant la clôture de l’enquête le 22 décembre.