Category: culture

  • Django, Davis et Ellington à l’honneur à Bayssan

    Django, Davis et Ellington à l’honneur à Bayssan

    Lier création et tradition. Tel est le credo de la 4e édition de Jazz à Bayssan, qui se déroulera du 30 janvier au 1er février au domaine éponyme. Une nouvelle édition qui fait la part belle à de grandes figures de jazz : Django Reinhardt mais aussi Duke Ellington et Miles Davis. Un trio de stars qui sera revisité par des talents d’aujourd’hui – 33 artistes pour cinq concerts – tout au long du festival.

    Premier rendez-vous le 30 janvier, avec le trio de Baptiste Herbin pour un Django revisité pour le moins original puisque le concert se fera sans guitare ni piano. « C’est très audacieux. C’est une proposition qui donne une autre sonorité au répertoire de Django Reinhardt, Baptiste vient de sortir son nouvel album, “Django”. Mais on souhaitait avoir les deux versants. Ce concert sera précédé par Adrien Moignard avec son 4tet à cordes. C’est un des guitaristes de jazz manouche les plus reconnus aujourd’hui », détaille Bruno Houlès, directeur de la Scène de Bayssan.

    Le 31 janvier, Miles Davis sera revisité sous un air de flamenco, à travers la rencontre entre le trompettiste Erik Truffaz et Antonio Lizana (20h). Un concert précédé par celui du quartet Prima Kanta, nourri d’influences de Philip Glass.

    Il reviendra au jeune trompettiste Béesau de fermer la marche, le 1er février, pour un concert teinté de hip-hop et d’électro, dans l’intimité de la Chapelle Saint-Félix. « C’est une belle découverte, il viendra avec son quartet, sa trompette singulière et son souffle particulier.  »

    * Programme complet à retrouver sur : scene-de-bayssan.herault.fr.

  • Conflit judiciaire et bulles d’air frais

    Conflit judiciaire et bulles d’air frais

    Franck Bondoux est accusé par certains auteurs et collectifs de dérives mercantiles, management toxique, ou encore d’avoir licencié une salariée, suite à la plainte de cette dernière pour un viol commis en marge du festival d’Angoulême. Mais lors de la conférence de presse qu’il organisait jeudi 29 à Paris, le patron de 9e art+, association qui avait jusqu’à présent la charge de cette Mecque de la BD, balaye d’un revers de main ce qui lui est reproché. Les « où commence la toxicité ? » et autres « dans toutes les entreprises, des gens vont et viennent » illustrent le déni de celui qui a annoncé hier assigner en justice l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême, chargée de nommer un nouvel organisateur du festival suite aux revendications des auteurs et éditeurs, pour « concurrence déloyale et parasitisme ». Une « tentative de spoliation », selon Franck Bondoux.

    Grosses vs petites mains

    « 9e art+ n’a jamais fait preuve d’une prise de conscience de ce qui lui était reproché. Il faut que le festival d’Angoulême change de mains », estime l’autrice marseillaise Nine Antico. Alors que la 56e édition d’Angoulême, qui devait se tenir actuellement, a été annulée, des autrices ont répondu à l’appel du collectif Girlxcott pour tenir des Fêtes interconnectées de la BD. Au menu, à Marseille, du 30 janvier au 1er février, des rencontres avec de nombreuses artistes et expositions à l’Alcazar et à la Friche Belle de Mai, ou encore le parcours « Loisirs créatifs » autour de l’œuvre de l’Istréenne Anouk Ricard, Grand prix d’Angoulême 2025, à la salle polyvalente de l’Articho (3, rue des Abeilles, 1er).

    Programme complet sur girlxcott.org

  • [Entretien] Nine Antico : « Il existe une vraie lutte pour faire exister nos droits dans la BD »

    [Entretien] Nine Antico : « Il existe une vraie lutte pour faire exister nos droits dans la BD »

    La Marseillaise : Comment le mouvement Girlxcott est-il né ?

    Nine Antico : Un mécontentement germait depuis une dizaine d’années et a explosé l’an passé, suite à un article paru dans L’Humanité qui exposait clairement les dérives aussi bien artistiques que de gestion du festival d’Angoulême. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est le licenciement d’une employée de 9e Art+ [association gestionnaire du festival, Ndlr], au lendemain qu’elle ait annoncé avoir été violée lors d’une soirée professionnelle.

    Dans le monde de la BD, comment les violences faites aux femmes, et plus généralement aux personnes vulnérables, se manifestent-elles ?

    N.A. : C’est un milieu, comme tous les milieux artistiques, qui a été très masculin. Et donc, l’incursion de plus en plus d’autrices, ces dernières années, a provoqué certaines situations. Il existe de nombreux témoignages de violences sexistes ou sexuelles, d’agressions. C’est un milieu qui ressemble malheureusement à d’autres milieux artistiques où il y a eu très peu de représentations de femmes. Pour que les choses bougent, il faut du temps. Cela passe aussi parfois à travers l’expression de ras-le-bol comme cette année. Des autrices ont été à l’initiative du mouvement, mais on a été aussi rejoint par des hommes, des auteurs, des éditeurs… C’est un mouvement qui englobe plein de choses, mais décrit, en gros, une volonté de penser autrement un festival qui serait plus horizontal et inclusif. Qui représenterait le milieu de la BD tel qu’il est vraiment aujourd’hui.

    Certains ont aussi pu déplorer le côté « machine à cash » du festival. Quel cynisme face à la précarité dans laquelle les auteurs de BD se trouvent…

    N.A. : Ce festival, qui était payant, a vu son prix d’entrée pour le public augmenter ces dernières années avec des places autour d’une trentaine d’euros. Or le but du jeu est de rencontrer les auteurs et acheter des livres. Ça manquait aussi de générosité dans les lieux pour que les auteurs se rencontrent. Il y a aussi le cas de la présentation de certaines expositions qui ont déclenché de vives polémiques. L’enquête de Lucie Servin dans L’Humanité racontait comment l’esprit mercantile a écarté au fur et à mesure l’aspect ludique de ce festival qui avait été pourtant créé dans les années 1970 par une association à une tout autre échelle.
    Avec les auteurs qui vendent beaucoup, une minorité, et les autres, il y a deux endroits qui ne se rencontrent pas, qui plus est dans les bulles telles qu’elles avaient été façonnées à Angoulême. Les publics se croisaient dans les rues, mais pas du tout sous les chapiteaux. À côté des grosses maisons d’édition et des livres à gros tirages qu’on peut trouver en supermarché, il y a un nombre conséquent et majoritaire d’auteurs qui n’arrivent pas à vivre de leurs productions. Et qui, à Angoulême, se retrouvaient dans des conditions de festival se rapprochant davantage du camping qu’autre chose. Il y a en ce moment une vraie lutte pour faire exister nos droits, en faveur d’un système qui nous protégerait entre deux livres. Une BD, c’est un temps de fabrication très long, un travail solitaire. Pour que l’on gagne de l’argent sur nos livres, il faut que nos ventes dépassent les droits d’auteur qu’on a eus.

    L’idée des Fêtes interconnectées de la BD, c’est de renouer avec une dimension humaine ?

    N.A. : Oui, l’aspect solidaire, déjà. Rien que le fait de s’emparer de la programmation et de se rencontrer entre auteurs et autrices est déjà une avancée. On est au cœur de la décision et cela à un gros impact sur nos motivations à être là. On le fait de manière bénévole. Mais le but du jeu n’est pas que le festival d’Angoulême soit détruit ad vitam aeternam. Mais plutôt de dire : on n’est pas contents de cette version-là, on en voudrait une autre dans laquelle on serait plus impliqués, mieux traités et avec plus de diversité. Une diversité qu’Angoulême avait tendance à effacer.

    Et dans le cadre des Fêtes interconnectées de la BD, vous participez avec d’autres autrices, le 31 janvier, à une table ronde à l’Alcazar ainsi qu’à une exposition à la Friche Belle de Mai…

    N.A. : On se penche sur le désir sous l’angle féminin. Une thématique qui afflue dans nos derniers livres ou revues. Tout un imaginaire a été monopolisé par les hommes. On discute sur ce que nos regards et récits peuvent apporter au monolithe sur lequel on s’est construit, qui est un regard essentiellement masculin. Il y aura aussi par exemple Claire Fauvel, qui photographie les hommes nus, l’anthropologue Morgane Tocco dont le sujet de recherches est la représentation du nu masculin dans l’art. Elle montre à quel point il y a peu de représentations. La femme nue est toujours au cœur de l’art, tandis que le nu masculin, beaucoup moins. On soulève plein de points à propos du désir féminin ou queer sur l’homme.

  • Nouvelle partition et Mozart en majesté au Festival d’Aix

    Nouvelle partition et Mozart en majesté au Festival d’Aix

    C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le Festival d’Aix-en-Provence, qui présentait mardi le programme de sa 78e édition. Après la disparition de Pierre Audi en mai dernier, lui qui était à la tête de cette manifestation d’art lyrique depuis 2019, place désormais à une nouvelle ère amorcée par Ted Huffman. « Nous allons continuer à mettre Mozart à l’honneur et poursuivre notre engagement, résolument tourné vers la création », a expliqué le nouveau directeur, nommé à l’automne.

    C’est ainsi que le public aixois pourra renouer, en ouverture du festival et à neuf reprises au Théâtre de l’Archevêché, avec La flûte enchantée, 20 ans après sa dernière représentation en ces mêmes lieux. « Ici, des enfants bondissent joyeux, hors d’un champ de ruines, promesse d’une aube à la beauté fragile », résument les organisateurs à propos de cet opéra testamentaire composé par Mozart à la fin du XVIIIe siècle. Direction assurée par Leonardo Garcia-Alarcon et mise en scène signée Clément Cogitore, cette œuvre réunit l’ensemble Capella Mediterranea et le Chœur de chambre de Namur, « en soutien d’un plateau vocal prestigieux » composé entre autres de « la soprano française désormais installée au firmament » Sabine Devieilhe. Incarnant la Reine de la nuit, elle fera face au personnage de Sarastro, interprété par la basse britannique Brindley Sherratt.

    « Notre humanité »

    Et un Mozart peut en cacher un autre avec son Requiem, qui sera joué les 4, 6, 8, 10 et 12 juillet au Théâtre de l’Archevêché. Six ans après « avoir fait date » avec cette œuvre à Aix, Raphaël Pichon comme directeur musical et Romeo Castellucci à la mise en scène, remettent le couvert à travers l’histoire d’une « femme qui s’enfonce dans la nuit de son ultime voyage tandis qu’une ronde fraternelle et festive danse, opposant sa force vitale à la disparition inexorable de toute chose ».

    « Par quel chemin de vie accédons-nous à ce qui fait notre humanité ? », s’interrogent les têtes pensantes du Festival d’Aix. Pour répondre à cette « question brûlante », et outre les deux Mozart, le voilà qui programme les 3, 6, 9, 12 et 15 juillet La femme sans ombre au Grand Théâtre de Provence. « Allégorie de l’âme humaine », cet opéra créé par Richard Strauss en 1919 qui « exige un orchestre d’une centaine de musiciens et cinq immenses voix solistes », verra son Kaiser interprété par le ténor Michael Spyres et son impératrice, par la soprano lituanienne Vida Mikneviciuté. « Gigantisme sonore », lui, mis au diapason par l’Orchestre de Paris, sous la baguette de Klaus Mäkelä. Parmi les autres rendez-vous importants, le Théâtre du Jeu de Paume accueillera pour sa part Accabadora, création contemporaine de Francesco Fildei ainsi qu’une nouvelle production du festival, El Cimarron.

  • Le septième art corse tisse sa toile à Marseille

    Le septième art corse tisse sa toile à Marseille

    « Pour échanger loin des clichés », fait part l’organisation d’Arte Mare, Festivale di e u filmu mediterraneu di Bastia, ce « doyen des festivals corses », créé il y a près de 45 ans, élit à nouveau domicile au cinéma l’Alhambra samedi 31 janvier. Et ce, pour une escale « destinée aux Corses de la diaspora, aux amoureux de l’île de beauté et aux amateurs du 7e art ». Marseille, cette ville qui compterait autour de 150 000 âmes d’origine corse, accueille dans la belle salle obscure du quartier Saint-Henri deux séances d’avant-premières mettant en lumière les « femmes devant et derrière la caméra ».

    « La fabrique du nous »

    La première d’entre elles abordera les violences faites aux femmes avec La confrontation, court-métrage de fiction de Marie Abbenanti et Sandy Pujol-Latour dans le sillage d’une jeune adolescente « qui doit affronter sa plus grande peur » dans un commissariat : « se confronter à son parrain qui l’a violée étant enfant ». Puis, celles du documentaire de Julie Perreard, Tu n’es pas seule, autour de six colleuses féministes en Corse. Autant de projections accompagnées par la présence de leurs réalisatrices, tout comme pour Camera obscura, la fabrique du nous. Un documentaire de Yolaine Lacolonge qui se focalise sur trois réalisateurs corses, Thierry de Peretti, Julien Colonna et Frédéric Farrucci, mettant chacun en scène leur île d’aujourd’hui « avec des héroïnes féminines dans leur scénario ».

  • Hérault : un festival documentaire pour les jeunes

    Hérault : un festival documentaire pour les jeunes

    Au programme, samedi 31 janvier :

    – À 14h30, projection de « Escargots, le grand voyage du petit-gris », de Lucas Allain et Basile Gerbaud, (44 minutes, dès 7 ans.) Aux îles Féroé, un groupe de bébés escargots voit le jour. Depuis un sous-bois français jusqu’aux confins de l’Atlantique, ce documentaire remonte le fil de leur incroyable odyssée, en racontant la vie d’un petit-gris. Une épopée minuscule, pleine de drôlerie et de poésie.

    – À 15h45 : « Esperança + atelier collectif » de Cécile Rousset, Jeanne Paturle et Benjamin Serrero, (6 minutes, dès 7 ans). Esperança, 15 ans, vient d’arriver d’Angola avec sa mère. À la gare d’Amiens, elles ne savent pas où dormir et cherchent quelqu’un qui pourrait les aider.

    – À 16h30 : « Dans la Légende », épisode 1 de Alexandre Pierrin, (30 minutes, dès 9 ans). Une plongée inédite dans le championnat français du jeu vidéo le plus joué au monde : La ligue française de League Of Legends (LFL).

    – À 17h30 : « Bac à sable » de Charlotte Cherici et Lucas Azémar, (58 minutes, dès 11 ans). Dans la vraie vie, certains veulent devenir chirurgiens, d’autres policiers, ou chauffeurs de taxi. Il y en a qui rêvent d’amour, de bonne fortune ou de se faire une place de choix au sein de la cité. Dans ce territoire virtuel, dans cette ville californienne où l’on parle français, c’est pareil, on fait comme dans la vraie vie. La diffusion sera suivie d’un tournoi de jeu vidéo sur grand écran.

    Dimanche 1er février :

    – À 11h : « Le renard qui a sauvé son île  », de Emma Baus, (52 minutes, dès 7 ans). Ce documentaire suit les renards de l’île de Santa Cruz, qui sont de véritables miraculés. En effet, au début des années 2000, leurs ancêtres ont frôlé l’extinction et ont failli disparaître à tout jamais. Leur destin étant intimement lié à celui de leur habitat, l’écosystème insulaire a alors été entièrement déstabilisé… jusqu’à ce qu’une opération de conservation majeure soit organisée, permettant au renard de prospérer à nouveau. La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice.

    – À 14h : « Tardigrade » de Raphaël Hitier et Sally Blake (52 minutes, dès 8 ans). Populaire mais encore mystérieux, adorable et doté de superpouvoirs, le Tardigrade est une créature à part pour le grand public, mais aussi pour les scientifiques qui, depuis peu, se penchent sur les extraordinaires capacités de résistance de cette drôle de bestiole de la taille d’une tête d’épingle. La projection sera suivie d’un atelier d’observation au microscope avec des scientifiques spécialistes du Tardigrade.

    – À 16h30 : cérémonie de remise des prix.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un ratapoil famélique et vaniteux

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un ratapoil famélique et vaniteux

    La nervosité et les frémissements de son apparition ne l’empêchent pas d’exister fortement. Son positionnement en encoignure contrarie ses contemporains, introduit un brin d’ironie parmi les grands formats de ses proches voisins, l’immense « Cerf aux abois » de Gustave Courbet et la « Femme qui fait manger son enfant » de Jean-Baptiste Millet.

    Sa verve de caricaturiste ne s’éteindra pas.

    Daumier déteste les médiocres et les imposteurs, pressent les dangers qu’ils peuvent provoquer pendant les premiers balbutiements d’une République. Tous les signaux d’alerte sont allumés quand il invente et griffonne dans les alentours de 1850 les cinquante lithographies de son « Colonel Ratapoil » pour les pages du Charivari commanditées par son ami Édouard Philippon. La Révolution de 1848 venait d’échouer, le personnage que Victor Hugo et Karl Marx maudissent, Louis-Napoléon Bonaparte imagine son Coup d’État du 2 décembre 1851. Dans les bistrots et parmi les boulevards de Paris, des petits nervis, des agents de propagande dont Ratapoil est le funeste archétype s’agitent énormément.

    Avec ses pleins, ses vides et ses soubresauts qui anticipent joyeusement les travaux d’Alberto Giacometti et de Germaine Richier, le bronze de Ratapoil n’est pas complètement antipathique. Ce faux jeton, ce minable exécuteur de basses œuvres se croit malicieux et élégant. Prescription oblige, le grand bâton qu’il ne dissimule pas derrière son dos n’est plus dangereux. Sa fausse désinvolture, sa prestance et ses accoutrements de fantoche inspirent la crainte et la pitié. C’est attesté par les soins qu’il prodigue quand il taille sa barbichette et sa moustache de bouffon, il prétend ressembler à Napoléon le Petit. Sa maigreur, son chapeau qui se ratatine et les virevoltes de sa redingote le trahissent. Ses frasques et ses agissements de subalterne seront dérisoires, mal payés par les dominants.

    L’histoire orale insiste, elle voudrait que Jules Michelet ait aperçu en atelier le plâtre de Ratapoil lors de sa première rencontre avec Daumier. Son enthousiasme était contagieux, l’historien félicita le témoin de son époque : « Vous avez atteint en plein l’ennemi ! ».

  • Hommages à Henri-Frédéric Blanc à Marseille et Septèmes

    Hommages à Henri-Frédéric Blanc à Marseille et Septèmes

    Décédé il y a un an, Henri-Frédéric Blanc laisse derrière lui une bibliographie au verbe truculent, taquin et incisif amorcée à la fin des années 1980. Un funambule de la langue auquel certains de ses compagnons de route font un clin d’œil appuyé vendredi 30 janvier à l’Espace Jean-Ferrat. Rien de plus logique pour cet auteur et poète, parmi les fondateurs, avec Gilles Ascaride, de l’Overlittérature, un beau jour de novembre 2008 « autour d’une pizza et d’un rosé de Provence », à Septèmes. La capitale de ce genre littéraire qui tient autant de la galéjade de quartier que du sérieux de l’universalisme.

    « Pas dans le folklore »

    L’une des comédies écrites par Henri-Frédéric Blanc, Nuit gravement au salut sera jouée dans une mise en scène d’Hervé Fassy. « Une pièce qui permettra de redécouvrir l’humour grinçant et la satire sociale qui lui étaient chers », situent ses amis. La représentation sera précédée par des lectures de ses textes par Gilles Ascaride et Marie Fabre. « On n’est pas dans le régionalisme, le pittoresque et le folklore. On considère que l’esprit marseillais a des choses à dire au reste du monde », précisait fin 2019 Henri-Frédéric Blanc, à La Marseillaise, au moment de la sortie de son Épître aux Marseillais. Un hommage littéraire lui sera aussi rendu à Marseille, bibliothèque de l’Alcazar jeudi 29 janvier à 17h30, par le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus, l’historienne Chantal Champet, le comédien Thierry Audibert et l’auteur Jean Contrucci.

  • Danse et cirque entrent en piste dans l’Ouest bucco-rhodanien

    Danse et cirque entrent en piste dans l’Ouest bucco-rhodanien

    « De la danse au cirque, du plateau au chapiteau, les Élancées continuent d’explorer les formes contemporaines du mouvement en mêlant disciplines, regards et sensibilités », résume Nicole Joulia, présidente de la régie culturelle Scènes et ciné, aux manettes de ce festival « des arts et du geste » dont la 28e édition démarre ce mardi 27 janvier, à l’Usine d’Istres, avec le spectacle Moya. Venue d’Afrique du Sud, la compagnie Zip zap circus dresse « le portrait de dix jeunes acrobates » en explorant la culture de ce pays pour illustrer « le rêve de Nelson Mandela d’une nation arc-en-ciel ». Une ambition belle et utopique, à hauteur poétique de la soixantaine de représentations prévues pendant le festival.

    Sept créations seront à l’affiche du festival à l’instar de Wolf, programmée samedi 31 janvier au Théâtre de Fos. Imaginée par la compagnie australienne Circa, elle met aux prises dix circassiens « virtuoses célébrant le corps, l’instinct et la force du collectif dans une chorégraphie tribale, un rituel sensoriel et viscéral, vibrant hommage à l’humain et à sa beauté ». Autant d’artistes internationaux qui ne feront pas oublier la place accordée aux locaux. à Istres, l’Espace 233 accueillera la création du chorégraphe marseillais Michel Kelemenis, L’amoureux de Madame muscle, « invitation joyeuse, entre humour et poésie, à explorer l’anatomie à travers le mouvement ».

    Diverses disciplines mélangées

    Toujours du côté de la danse, on notera, parmi les autres créations, les Cinq versions de Don Juan de Josette Baïz, au Théâtre La Colonne de Miramas. La chorégraphe aixoise livre une fresque qui revisite l’œuvre de Molière avec 15 danseurs « classiques, contemporains, krump et hip-hop ». Ou encore Pacific square, « subtil mélange de hip-hop et roller », à l’Espace Robert-Hossein de Grans.

    Côté cirque, ces mêmes lieux abriteront aussi Immobiles. Un spectacle conçu par la compagnie les Hommes de mains, qui utilisent un tapis roulant comme terrain de jeu aux champs des possibles infinis, deux artistes enchaînant « portés et acrobaties pour se jouer malicieusement de la gravité ».

    L’art de la magie ne sera pas non plus en reste à travers Juste une illusion. Visible à l’Oppidum de Cornillon-Confoux, un format créé et incarné par Julien Becquelin qui, loin de se contenter de ses talents d’illusionniste, les immerge dans un bain musical et humoristique.

    Outre des formes classiques, le festival les Élancées permettra également l’installation d’un « camion-spectacle » venu des Flandres, à Istres et Fos-sur-Mer, dans lequel la compagnie Post uit hessdalen jongle avec de petites balles rythmées par un son lancinant. Deux grands chapiteaux prendront aussi leurs quartiers à Istres et Miramas pour Mad in Finland, où sept circassiens finlandais racontent leur pays en se jouant des préjugés qui lui collent à la peau.

  • Des stages cinéma dans la Halle Lumière de La Ciotat

    Des stages cinéma dans la Halle Lumière de La Ciotat

    « On nous a demandé de rebondir », amorce Delphine Camolli. Elle est déléguée générale de l’Arts, association créée en 2002 à Marseille et qui regroupe, aujourd’hui, plus de 1 000 techniciennes et techniciens dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-Maritimes. Alors qu’une partie de la série Tout pour la lumière était justement tournée dans la Halle Lumière, place Evariste-Gras, « la Ville, à laquelle la Halle appartient, nous a sollicités pour récupérer une partie des décors. Et créer un plateau pédagogique avec un décor, des lumières, des glaces maquillage, des possibilités de prise de son », explique-t-elle.

    1ère session en février

    L’objectif, « c’est de poursuivre la belle dynamique enclenchée en 2025 avec la mission cinéma de la Ville et les jeunes. » Proposés pendant les vacances scolaires, l’an dernier, ces stages « ont permis à des jeunes de décrocher d’autres stages sur des tournages », souligne Delphine Camolli. La Ville a donc décidé de les poursuivre, pendant ces vacances de février, et à Pâques (du 20 au 24 avril). Du lundi 16 au vendredi 20 février*, cinq jours de stage sont proposés à dix jeunes de 15 à 25 ans selon la formule : « Un jour un métier ». À la fois au conservatoire et à la Halle Lumière. Le lundi 16 abordera « les métiers de la déco » avec Benjamin Moro, accessoiriste de plateau, le mardi 17 « l’écriture, acting » avec Bania Medjbar, réalisatrice, directrice de casting et coach, le mercredi 18, « le son » avec Maxime Gavaudan, chef-opérateur du son, jeudi 19, « la mise en scène » avec Véronique Laveissière, assistante réalisation et réalisatrice, et vendredi 20, « la lumière et l’image », avec Cedric Puchades, chef electro.

    * Infos : 04.42.83.85.57.
    Tarif
     : 50,50 euros.