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  • Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Une entreprise « à fond la forme », mais on ne peut pas en dire autant du dialogue social… Comme un peu partout en France, à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, les salariés des 14 magasins Decathlon des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont mobilisés, ce samedi 6 juin, pour réclamer une hausse de salaire et ont convergé devant le magasin de Bouc-Bel-Air, le siège régional de l’entreprise.

    « Les bénéfices sont énormes. Encore cette année, le premier semestre est très positif. Les équipes sont super engagées et pourtant, on n’a plus de primes, plus de valorisation de salaire », dénonce Luca Antonellini, délégué syndical Unsa pour Decathlon Marseille-Vaucluse. De fait, l’entreprise affiche une santé de fer. En avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%. Pas moins d’un milliard d’euros de dividendes ont été reversés, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe, et ce sera presque autant cette année, estiment les syndicats.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic à moins de 3 000 euros bruts pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, jugent les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé presque comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les magasins de la zone, mais aussi de Rhône-Alpes. « On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec des responsabilités supplémentaires, et en contrepartie, on a de moins en moins », déplore-t-il, du haut de ses plus de 30 ans de boîte.

    Une pétition de soutien

    Les affaires marchent au point qu’un camion, voire deux, de 4 à 12 000 articles, déballe chaque jour sa cargaison au magasin de Bouc-Bel-Air, précise Juliette, vendeuse, également syndiquée CGT.

    Pourtant, les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non-recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « rude depuis 5 ou 6 ans ».

    Pourtant, « c’est bien sur nous, vendeurs, qu’ils capitalisent leur image aussi », rappelle l’un d’entre eux. Alors que l’enseigne va fêter ses 50 ans cette année, pour l’occasion, « on nous a promis une paire de baskets et un tee-shirt », ironise un autre. C’est aussi l’anniversaire du magasin de Bouc-Bel-Air, « happy birthday », se marre une troisième.

    Sur le parvis du magasin, les clients, peu nombreux, apportent quasiment tous leur soutien. « Franchement, c’est eux qui font le boulot, ils ne comptent pas leurs heures et l’entreprise va bien. Il faut partager les richesses », estiment Marlène et Muriel, chargées de sacs. En tenue de course, Lydie est aussi de « tout cœur avec eux ». Près de 1 400 personnes ont signé la pétition nationale lancée par les syndicats. À l’abri du cagnard, les grévistes réfléchissent déjà à l’après. Un « CE central doit se tenir, ce jeudi, on va voir un peu ce qu’on va faire », précise Luca Antonellini. Un rassemblement est déjà prévu dans les entrepôts, dont celui d’Ensuès, ce lundi 8 juin tôt le matin.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année ». Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients ». Grâce aux cadres et CDD mobilisés pour l’occasion…

  • Provence meurtri mais toujours en quête de Top 14

    Provence meurtri mais toujours en quête de Top 14

    Les détails font souvent la différence au rugby. En 80 minutes de jeu, les péripéties sont nombreuses, le scénario évolue et chaque fragment de match a son importance. Cette saison, Provence Rugby a eu son lot de détails, en sa faveur ou en sa défaveur. La courte défaite à domicile contre le VRDR, les victoires au forceps face à Grenoble, Oyonnax et plus récemment à Béziers. Parfois, la balance tombe du mauvais côté. Les Aixois sont tombés armes à la main face au grand favori, Vannes, samedi (14-18). Quatre petits points, moins d’un essai, et une montée directe passant entre les doigts des hommes en doré.

    Philippe Saint-André a réalisé une longue tirade de 5 minutes pour analyser cette partie rude, en appuyant sur ces minuscules détails. « Je suis très fier de mes joueurs. C’était une première finale pour 95% de l’effectif du club. Après, ça se joue à des petits détails. Ce dont je suis content, c’est qu’on a été dans le bras de fer. Les 15 premières minutes, sur les duels aériens, au lieu de n’avoir qu’un joueur qui allait sur les duels, on en avait trois. Après, il y a une situation, il y a un 2 contre 1 juste avant la pause. Une touche aussi pas droite à la 78e, alors que, si on fait un ballon porté, on a peut-être une balle de match. »

    Entré en cours de jeu et auteur du dernier essai de la partie, Joris Cazenave était forcément déçu à l’issue de cette rencontre. Le demi de mêlée notait que son équipe a su rester dans le match. « C’est compliqué de parler, mais je pense qu’ils ont fait une grosse entente de match. Ils tournent à 10-0 et on revient à 10-7. Je pense qu’on a un petit tournant en première mi-temps, à la 35e, et on ne marque pas. On leur fait un mal à la tête avant la pause. Après, en seconde mi-temps, on savait très bien que le premier qui marquait des points allait un peu partir en tête sur la fin du match. Forcément, il y a de la frustration ce soir. »

    Une atmosphère digne d’une finale

    Vannetais comme Aixois ont également mis en avant l’ambiance hors normes qui a régné autour de la finale. « PSA » a souligné « un moment exceptionnel pour le rugby, une fête fantastique ». Du cœur de l’après-midi à la tombée de la nuit, les supporters ont fêté la présence des leurs en finale. « On aurait pu remplir un stade de 30 000 ou 35 000 places », a ajouté le manager provençal.

    Provence Rugby se projette désormais vers dimanche prochain (18h), car la saison n’est pas encore terminée. Après cette défaite, un autre immense défi se tient face à eux : accueillir Perpignan, 13e de Top 14, pour l’access match. « Tu n’es pas préparé à ça. C’est sûr, quand tu viens dans une finale, tu viens pour gagner. Donc tu ne réfléchis pas à la semaine après. Là, on a perdu, on reprendra mardi. Et mardi, on se lancera dans le match de Perpignan et essayer de faire tomber cette équipe qui est préparée depuis six mois, je pense, à faire ce barrage », décrivait, tête basse, Joris Cazenave. « Je pense qu’on a quand même pris un coup dans la tête. C’est normal, c’est logique », poursuit-il. Aix doit maintenant se vider la tête pour bien aborder le choc face à l’USAP.

    Federico Wegrzyn gravement blessé lors de la finale

    Le pilier gauche argentin Federico Wegrzyn ne disputera pas l’access match, dimanche prochain à Aix, face à Perpignan. Le numéro 1 de Provence Rugby a subi une rupture du tendon d’Achille à la 33e minute de cette finale. L’Argentin s’est effondré sur une mêlée et n’a pas réussi à se relever. Il est sorti du terrain, aidé par son collègue sud-américain Andres Zafra.

    « Je n’ai jamais vu ça, disait Philippe Saint-André à la suite de la rencontre. Il y a une grosse suspicion de rupture du tendon d’Achille. Je peux vous dire qu’il ne jouera pas l’access match. » Une blessure supplémentaire pour Provence Rugby, qui avait vu son infirmerie se vider récemment. Vareiro a aussi été touché à l’épaule, mais le mal est moins important.

  • [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    La Marseillaise : Vous appelez les cheminots à la grève, ce mercredi 10 juin, avec un mouvement unitaire. Quel a été le déclencheur ?

    Romain Pitelet : Nous observons une dégradation de plus en plus visible de la situation sociale et sanitaire de l’ensemble des cheminots à la SNCF. Depuis plusieurs années, ils subissent des réorganisations importantes, des déstructurations des collectifs de travail, une diminution de plus en plus forte des moyens. Cela amène à des tensions, auxquelles s’ajoute le désengagement de l’État sur la question du ferroviaire. Et il y a la question de l’ouverture à la concurrence, de la filialisation, du transfert de personnels, qui sont des épreuves pour les salariés. Cela amène à un climat de souffrance extrêmement fort, qui dure depuis plusieurs mois. Au fil des combats locaux, des mobilisations de proximité, que ce soit pour défendre une gare, une ligne, des emplois, des conditions de travail, petit à petit, il y a une colère qui monte de plus en plus, partagée par l’ensemble des organisations syndicales qui, depuis des mois, interpellent la direction de la SNCF. À cette heure, le peu de réponses apportées ne suffisent pas à régler la situation. Nous sommes dans un état d’urgence sanitaire extrêmement préoccupant.

    Comment se manifeste cette urgence sanitaire au quotidien ?

    R.P. : Cela s’exprime de la manière la plus dramatique. Le sujet des suicides a fait la Une de l’actualité [douze suicides de cheminots ont été recensés en quatre mois au début de l’année, Ndlr.], mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La situation est grave aussi bien chez les employés, les ouvriers, les agents de maîtrise, que chez les cadres, y compris supérieurs. Nous ne nous retrouvons plus dans la politique menée dans l’entreprise SNCF et, plus globalement, dans l’ensemble des entreprises de la branche ferroviaire. Les statistiques internes montrent une hausse des arrêts de travail, une hausse des risques psychosociaux, une augmentation des burn-out… De nombreux cheminots, y compris de l’encadrement, viennent nous voir et font état de situations totalement folles dans leur quotidien, ils font et défont leur travail en permanence, ou sont placardisés… Nous sommes dans une situation qui rappelle les processus qui ont eu lieu dans d’autres entreprises, qui ont amené à des drames. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous avons alerté à de multiples reprises la direction de la SNCF sur des mesures d’urgence, avec un moratoire sur l’ensemble de ces réorganisations, l’arrêt de la concurrence. Et il y a la question salariale, exacerbée par le retard de paiement du travail des cheminots depuis plusieurs années, pas à la hauteur de la reconnaissance de leurs qualifications.

    Pourquoi la SNCF pousse-t-elle ces réorganisations ?

    R.P. : La plupart du temps, il s’agit d’accroître la productivité non pas pour améliorer le service – on voit le service public se dégrader – mais pour une raison simple : la SNCF se met en disposition pour pouvoir répondre à des appels d’offres. Donc il faut saucissonner, étanchéifier un certain nombre de sujets de production et pressurer les cheminots pour qu’il y ait des bénéfices sortis. Le système libéral amène jusqu’à tenter de sacrifier un certain nombre de sujets de sécurité, un élément fondamental du métier de cheminot.

    Quels sont ces risques pour la sécurité ?

    R.P. : Cela peut-être des sujets réglementaires : essayer de rogner des repos, allonger de manière forcée le temps de travail, rogner sur la question de la formation professionnelle. Nous embauchons beaucoup à la SNCF, mais conduire des trains, entretenir des voies, faire un poste d’aiguillage, être sur les quais demande une connaissance très fine du milieu ferroviaire. C’est un milieu dangereux et donc il faut une formation extrêmement solide. Les signes envoyés vont en permanence vers un rabougrissement de cette formation, pour des questions de coûts. On le voit dans toutes les entreprises du ferroviaire, avec des tentatives de formations de conducteurs en cinq mois, alors que notre critère, ce sont des formations de douze mois. C’est extrêmement dangereux pour la cohérence de l’ensemble du système.

    Vous parliez de l’ouverture à la concurrence du rail. Quelles conséquences observez-vous ?

    R.P. : Il y a le sujet de la gabegie financière. Le comité central d’entreprise a diligenté une expertise sur les surcoûts de la concurrence. Ce document a bousculé le gouvernement et les directions d’entreprises parce qu’il montre un système absurde de mise en concurrence dans un système qui doit être intégré. Oui, la concurrence coûte plus cher que de maintenir une entreprise publique intégrée. Le deuxième aspect, c’est sur la qualité du service : en rabougrissant les moyens, on ferme une gare, des dessertes, on met en danger des lignes qui pourraient faire circuler des trains. Dans le centre de la France, autour de Limoges, les associations d’usagers, avec la CGT cheminots, font de multiples initiatives parce que, bientôt, il n’y aura plus de train dans le Limousin. Et il y a le quotidien, le prix du billet qui s’envole parce qu’il faut que la machine à cash fonctionne à plein, que ce soit à la SNCF ou pour les autres entreprises. On pressure les cheminots sur les droits, on pressure les autres usagers en baissant du service : c’est ça la réalité de la concurrence.

    Il y avait déjà eu des mobilisations nationales pour le fret ferroviaire. Où en sommes-nous ?

    R.P. : Nous alertons jusqu’à la direction de la SNCF parce que nous avons des possibilités de reprendre un certain nombre de trafics, voire d’en créer de nouveaux, mais la direction de Rail et logistique Europe, l’antenne fret de la SNCF, ne se positionne pas dessus. Il faut du sérieux, les enjeux environnementaux sont importants. La bataille continue aussi sur les sites, pour le maintien des triages, des wagons, des locomotives, qu’on ne brade pas cet outil indispensable.

    Quelle mobilisation attendez-vous pour le 10 juin ?

    R.P. : Nous attendons une forte mobilisation parce qu’elle est unitaire. Les quatre organisations syndicales ont pris leurs responsabilités et il faudra qu’elles le fassent après les annonces que pourrait faire le président de la SNCF, Jean Castex. On sent une température qui monte, les initiatives, les appels locaux, complétés par les appels unitaires au niveau national créent un climat de conflit qui s’annonce extrêmement fort. Nous appelons la direction de la SNCF à nous recevoir le plus rapidement possible pour que nous puissions avoir de réelles négociations. Sur les points portés par les organisations syndicales, nous avons des propositions, nous sommes ouverts à la discussion et nous pouvons avancer rapidement sur un certain nombre de sujets, pour régler la situation.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table ?

    R.P. : Sur les questions de salaires, on ne peut pas se contenter de primes. Il y a aussi les questions de formation, du maintien des droits des cheminots qui sont transférés, et le maintien de l’unicité de l’entreprise qui doit perdurer. C’est un outil public dont on va tous avoir de plus en plus besoin dans les années à venir. Nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir, contrairement à ce que certains veulent faire. Mais, aujourd’hui, l’urgence, c’est la situation sanitaire des cheminots, leurs conditions de travail, que l’on remette le sens du travail au cœur des discussions.

  • Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Les études se succèdent et se ressemblent : les maladies chroniques frappent davantage les personnes aux revenus modestes. C’est le cas du diabète, des maladies du foie ou du pancréas, ainsi que des maladies psychiatriques et respiratoires chroniques. Le cancer, première cause de mortalité en France avec plus de 160 000 décès chaque année, faisait jusqu’à présent figure d’exception, touchant pauvres et riches de manière indifférente. Une étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée en février, a toutefois révélé « un lien extrêmement fort avec la situation des individus, notamment sociodémographique », expose Thomas Wanecq, directeur général de l’institution.

    Ces inégalités se manifestent notamment dans la localisation des cancers, c’est-à-dire au niveau des organes touchés par la tumeur cancéreuse. La Drees s’est basée sur les quatre cancers les plus répandus dans le pays : ceux du sein, de la prostate, du poumon et le cancer colorectal.

    Le cancer du poumon est l’un des exemples les plus frappants. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10% les plus modestes avaient un risque 2,2 fois d’en développer un que ceux des 10% les plus aisés. C’est l’un des cancers associé à certains facteurs connus et considérés comme évitables, comme le tabagisme, l’exposition à l’amiante, ou encore l’alimentation et l’exposition au soleil.

    À l’inverse, les femmes les plus aisées sont davantage atteintes de cancer du sein. Les chercheurs l’expliquent par des facteurs dits « protecteurs » chez les femmes les plus modestes, « notamment le fait d’avoir des enfants plus tôt, et probablement un accès historiquement plus tardif et moindre aux premières contraceptions hormonales orales, dont on sait qu’elles avaient été un peu surdosées et ont pu constituer un facteur de risque », détaille Hadrien Le Mer, chef de projet EDP-Santé*, l’un des coauteurs de l’étude.

    Limiter les risques

    par la prévention

    Les inégalités se retrouvent également dans la gravité du cancer. Selon les auteurs, les plus modestes développent plus souvent des cancers associés à de moindres chances de survie et subissent des formes plus agressives. « À structure par âge et sexe comparables, les 10% les plus modestes présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer de mauvais pronostic que les 10% les plus aisés », notent-ils.

    Les chercheurs mettent aussi en avant un recours au dépistage plus élevé chez les catégories les plus aisées. « Les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés » aux trois dépistages nationaux, en raison de freins financiers, mais aussi informationnels et liés au rapport aux soins, avance une précédente étude de la Drees, citée plus haut.

    Dès lors, « le risque de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic est 2,3 fois plus important chez les plus modestes que chez les plus aisés lorsque la localisation est dépistable ». Lorsque ce n’est pas le cas « les inégalités d’incidence de cancers déjà métastasés disparaissent quasi intégralement ».

    « Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic. Ils suggèrent que les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention, ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé », conclut l’étude.

    * Échantillon démographique permanent (EDP), géré par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), avec des informations issues du Système national des données de santé (SNDS), géré par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam)

    REPÈRES

    L’association Sept à la rencontre des publics les plus éloignés du soin à Marseille

    À Marseille, l’association Sept (Santé et environnement pour tous) se déplace à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour leur proposer des dépistages du cancer du sein, du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal, ainsi que des actions de sensibilisation et de rattrapage vaccinal. Les médiateurs interviennent lors de distributions alimentaires, devant les locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) ou encore à des arrêts de bus, au plus près des personnes « qui n’ont pas du tout recours aux soins, des travailleurs pauvres ou des sans-papiers », explique Yazid Atallah, président de l’association, qui lutte contre les inégalités d’accès aux soins. Sept dispose également d’une antenne à Avignon, où se tiennent des permanences de dépistage tous les vendredis de 9h à 12h.

    Un centre de dépistage du cancer du sein à Cavaillon

    Le centre hospitalier de Cavaillon s’est doté, en octobre dernier, d’un échographe « dédié » à l’échographie mammaire. Cette acquisition intervient dans un contexte de recul du dépistage du cancer du sein dans le département. « Avec 39%, le taux de participation à la campagne de dépistage 2023 est en net recul. Le Vaucluse se positionne parmi les dix départements les moins participatifs au programme national », regrette le centre hospitalier, dans un communiqué.

    Toulon participe au programme « Impulsion »

    L’hôpital Sainte-Musse de Toulon fait partie des établissements sélectionnés pour participer au programme pilote de dépistage du cancer du poumon « Impulsion », auquel participe la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce programme de recherche vise à préparer la mise en place d’un futur dépistage organisé à l’échelle nationale, explique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. Un test est proposé sur un site dédié afin de déterminer si un dépistage est nécessaire.

  • Le Grand J.T. des Territoires du 6 juin

    Le Grand J.T. des Territoires du 6 juin

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde.

    L’été 2026 sera-t-il marqué par d’impressionnants incendies ? Avec le réchauffement climatique, tous les départements du pays sont susceptibles d’être touchés. Immersion en Moselle au cœur d’un entrainement des pompiers.

    Chaque année des milliers de Français achètent des tests ADN pour connaître leurs origines familiales. Une pratique pourtant illégale, mais qui pourrait bientôt ne plus l’être.

    Dans le Finistère, le parc marin de l’Iroise abrite des milliers d’espèces marines. Comment les protéger des activités humaines ? Réponse dans ce journal.

  • [54e congrès de la CGT] Des syndiqués de la région en déplacement à Tours témoignent

    [54e congrès de la CGT] Des syndiqués de la région en déplacement à Tours témoignent

    Marc Pietrosino

    Secrétaire général UD CGT Bouches-du-Rhône

    « C’était un congrès globalement apaisé et nous avons abordé des sujets de fond, des questions de stratégie de lutte… Il devait nous remettre en ordre de bataille pour affronter l’avenir qui est malheureusement assez noir et nous permettre d’en sortir unis et déterminés, pour reconquérir des droits nouveaux et défendre le salariat. Extrême droite, internationalisme, casse de l’emploi et du code du travail… Il y avait des sujets qui ont d’ailleurs une résonance particulière pour les Bouches-du-Rhône: l’extrême droite, on voit concrètement les dégâts qu’elle fait. Il ne faut pas baisser les bras face à elle. »

    Elsa Rivera

    CGT CPAM Digne

    « C’est mon premier congrès, c’était un saut dans l’inconnu. Je m’attendais à ce qu’il y ait plus d’interactions, un vrai échange entre les prises de parole et avec des réponses directes mais je comprends qu’au niveau organisationnel, il faut cadrer les débats. Ce qui m’importait le plus, c’était de faire entendre la voix de la fédération des organismes sociaux sur le 100% Sécurité sociale et qu’il soit réaffirmé dans le document d’orientation. En tant qu’agent CPAM, ça me tient à cœur »

    Laurence De Villèle

    Secrétaire générale UD CGT Vaucluse

    « C’était mon premier congrès confédéral, je suis là en tant que secrétaire générale d’Union Départementale. J’ai vécu des moments forts et uniques. L’initiative féministe qui a réuni plusieurs féministes kanakes, du Congo et de l’Iran, à la tribune m’a particulièrement touchée : la CGT permet de faire des rencontres aussi inspirantes. Dans les débats, on voit que les délégués sont passionnés, il n’y a pas de fatalisme mais au contraire des idées, des propositions fortes. Ça augure de bonnes choses pour l’avenir de l’organisation. Les orientations prises me satisfont, c’est le fruit d’un travail de plusieurs mois ».

    Anaïs Pascual

    CGT Primark La Valette

    « C’était mon premier congrès et donc un moment riche en découvertes. Notamment sur les questions internationales, avec le meeting contre l’extrême droite dans le monde, d’autant qu’on est particulièrement touché dans le département. Il y a eu aussi des interventions très intéressantes sur la place de la femme au sein du syndicalisme international. Ça fait le lien avec toute la partie sur le commerce à un niveau mondial avec les interventions de camarades indiens, ce qui me parle puisque je suis dans la vente ».

  • [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    Au fond de l’hémicycle Bargemon, les élus marseillais se pressent devant les listes affichées, suivant du doigt les noms inscrits. Le conseil municipal devait désigner, ce vendredi, les 1 070 délégués marseillais qui voteront, le 27 septembre prochain, aux sénatoriales avec les 111 conseillers municipaux de la ville, parmi les plus de 3 600 grands électeurs des Bouches-du-Rhône (notre édition du 26/05).

    Malgré les interrogations sur une possible division des voix de l’extrême droite entre les partisans de Stéphane Ravier et ceux de Franck Allisio (RN), « je constate, avant d’ouvrir le scrutin, que trois listes ont été déposées », annonçait le maire (DVG), Benoît Payan. Et si le Printemps marseillais, en catastrophe, fait corriger au feutre noir les dernières erreurs sur sa liste, aucune surprise ne vient bousculer le dépouillement. Aux 73 élus du Printemps marseillais s’ajoutent 704 délégués supplémentaires – à commencer par l’ensemble des élus d’arrondissement menés par la benjamine Ilyana Abideli –, tandis que les 34 membres du groupe d’extrême droite peuvent compter sur 328 voix de plus, et les quatre élus de la droite sur 38 délégués supplémentaires.

    Avec ces seules voix marseillaises, la gauche sécurise deux places au Sénat, sur les huit en jeu dans le département. « Nous pouvons en faire quatre dans une liste unie », assure l’adjoint (PS) à la sécurité, Arnaud Drouot, en amont de la séance. Les communistes ont déjà désigné le sénateur sortant Jérémy Bacchi pour conduire ce rassemblement des progressistes, à l’unanimité du conseil départemental, qui s’est tenu le 27 mai dernier.

    Ravier repart

    Tandis que Marie-Arlette Carlotti doit repartir en seconde position pour le PS, la commission nationale des investitures des Écologistes a pour sa part validé, jeudi soir, un scénario pour ses sénateurs sortants, redonnant l’investiture à Guy Benarroche. Celle-ci doit encore être validée, ce samedi, par un vote du conseil fédéral. « Cela ne devrait pas être un problème, mais j’attends respectueusement la fin du processus », confirme-t-il. Une désignation qui n’a pas été un long fleuve tranquille : la consultation des militants locaux a donné trois voix d’avance à l’adjoint des 2e-3e Thomas Laffare. « Le vote local n’était que consultatif », explique le sénateur sortant, qui pointe qu’une vingtaine de personnes n’ont pas pu participer au vote électronique, essentiellement pour des raisons techniques. Le scrutin désignait aussi l’ex-membre de la tutelle Samia Lakehal pour compléter la liste. Reste à savoir qui sera en quatrième position de l’union de la gauche. « La possibilité d’un quatrième siège dépend des autres listes et de la personne », souligne Guy Benarroche, qui anticipe un éparpillement de la droite. Quand les insoumis, sans réserves de voix, auront « bien sûr » une liste, indiquait avant le conseil Sébastien Delogu.

    L’extrême droite aussi sera bien divisée. Sur BFM Marseille, jeudi soir, le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier a confirmé qu’il mènerait bien sa propre liste. « Le devoir m’appelle », lâchait-il en ironisant sur les compliments adressés par le député RN Franck Allisio. De quoi grappiller des voix à droite, alors que les peines d’inéligibilité infligées en première instance pour prise illégale d’intérêt restent suspendues à ses appels.

    Retrouver en vidéo l’intégralité du conseil de Marseille réunit ce vendredi 5 juin pour une séance dédiée aux élections sénatoriales

  • Top 14 : Le RC Toulon pour l’honneur et avec la jeunesse à Castres

    Top 14 : Le RC Toulon pour l’honneur et avec la jeunesse à Castres

    Après les tumultes de l’hiver, et malgré un bilan forcément décevant, le RC Toulon termine sa saison dans un relatif calme. La victoire lors de sa dernière à Mayol face au double champion d’Europe en titre, l’Union Bordeaux-Bègles, dimanche dernier (27-22), y a contribué, même si elle s’est avérée insuffisante pour maintenir l’espoir du Top 8 et d’une qualification pour la Champions Cup. « L’honneur est sauf, c’est important », positivait Pierre Mignoni après ce succès de prestige, qui a montré que ses hommes avaient entendu ses appels à bien finir la saison, en dépit de l’absence d’enjeux sportifs.

    Face à Castres, « on est sur le même principe, prendre du plaisir et l’honneur », indique l’entraîneur toulonnais, dans un match qui comptera véritablement pour du beurre, les Varois étant assurés de terminer à la 9e place quel que soit le résultat. Sans pour autant occulter la lassitude et l’envie de se projeter sur la suite après ce qui fut, certainement, la saison la plus difficile de sa carrière d’entraîneur : « Ça reste difficile, il est temps que ça s’arrête entre les blessures et cette fin de saison où nous n’avons rien à jouer. On ne peut pas dire que ça excite les joueurs. » Certains peut-être un peu plus que d’autres, cependant. Car pour cette dernière, Pierre Mignoni compte « préparer la saison prochaine avec des joueurs (qu’il) veut voir. »

    Parmi eux, certains en manque de temps de jeu, comme Mattéo Garcia et Clovis Le Bail. Ce dernier, qui n’est plus apparu depuis le 11 février et la déconvenue à Mayol face à l’ASM, « n’a pas été au niveau qu’on attendait et que lui aussi attendait », regrette son entraîneur, qui reconnaît tout de même « qu’il n’a jamais lâché », malgré des blessures récurrentes. « On veut faire un bon match et si des joueurs peuvent se montrer, c’est très bien », appuie le principal concerné, se refusant à s’appesantir sur son cas personnel.

    Pierre Damond capitaine

    Les jeunes auront aussi une carte à jouer, comme souvent cette saison. Une force sur laquelle Pierre Mignoni continuera de s’appuyer : « D’autres vont pointer leur nez et même jouer l’an prochain, certains que vous ne connaissez pas. » Samedi, ce sera d’abord à quelques visages plus connus d’animer les débats : Owen Sorhaindo, Matteo Gracieux, Mikheili Shioshvili, notamment, avec en chef de file Pierre Damond. « Il sera capitaine à l’image des jeunes qui ont tenu la maison pendant de longues journées. Il est jeune et ça ne sera pas le capitaine demain, mais peut-être après-demain et je veux le voir dans ce rôle », salue le technicien varois. « Cela fait un moment qu’on joue ensemble et de le voir capitaine, c’est quelque chose d’assez incroyable, une fierté », se réjouit son pote Joe Quere-Karaba. Jouez jeunesse !

    CASTRES – TOULON

    26e journée de Top 14

    Samedi 6 juin, à 21h05.

    Lieu : Stade Pierre-Fabre

    Arbitre : Jonathan Dufort

    CASTRES (compo probable) : Chabouni – Palis, Karawalevu, Goodhue, Baget – Le Brun, Arata – Ardron, Ramototabua, Delaporte (cap.) – Staniforth, Ducat ; – Collier, Durand, Guérois.

    TOULON (compo probable) : Jaminet – Tuicuvu, Frisch, Smaili, Ferté – Garcia, Le Bail – Coulon, Mercer, Quere-Karaba – Alain’uese, Kpoku – Gigashvili, Damond (cap), Ametlla.

  • La centrale d’achat rapproche les champs et des cantines

    La centrale d’achat rapproche les champs et des cantines

    Au cœur du Salon des agricultures de Provence, c’est un petit stand. Mais à l’échelle du Département, il s’agit d’une grande avancée. Depuis 2025, la collectivité présidée par Martine Vassal (DVD) a décidé de se lancer dans la commande de fruits et légumes dans le cadre de la centrale d’achat qu’elle a créée, en 2023, permettant de « franchir une étape décisive pour concilier qualité et proximité ».

    L’objectif premier :
    « Garantir à nos collégiens une alimentation saine, équilibrée et accessible », affirme l’élue. Chaque jour, près de 58 500 élèves déjeunent à la cantine dans les Bouches-du-Rhône, pour la somme de 3 euros, ou d’1,20 euro pour les boursiers. Parmi eux, 20 000 mangent des fruits et légumes locaux et de saison issus du marché de la centrale d’achat. En un an, environ 23 tonnes de ces produits végétaux ont été servies dans les 61 établissements adhérents. « 25% des fruits et légumes consommés dans les collèges du département sont locaux », précise Laurence Angeletti, conseillère départementale déléguée au bien-être et à la santé alimentaire des collégiens.

    La centrale d’achat gère aussi un marché épicerie (69 collèges partenaires) et un marché beurre, œufs et fromage (68 collèges partenaires). Au total, 131 des 132 établissements du département sont adhérents à la centrale d’achat.

    La part de bio consommée par les élèves atteint 10%. Pour rappel, la loi Egalim fixe notamment un objectif d’au moins 20% de produits bio en valeur d’achat, au 1er janvier 2022, pour les cantines de France métropolitaine. « La difficulté, c’est le prix des denrées, poursuit l’élue. On privilégie toujours le raisonné au conventionnel en augmentant la part de bio, tout en respectant le budget des collèges et des ménages. »

    Sécuriser les débouchés des exploitants

    Au-delà de cette « montée en gamme dans les repas des élèves » que salue Mickael Mangos, chef cuistot à la cantine du collège Pierre-Matraja de Sausset-les-Pins, la centrale d’achat répond à l’ambition du Département de soutenir l’économie agricole des Bouches-du-Rhône, de structurer les filières locales et de renforcer les circuits courts. « Il faut assurer des débouchés aux exploitants et prendre en charge la logistique qu’il y a autour », affirme Laurence Angeletti. Cette logistique est organisée par le plus grand hub alimentaire du Sud de la France, le Grand marché de Provence et sa plateforme de 7 hectares implantée à Châteaurenard.

    À l’heure actuelle, 27 exploitants locaux ont rejoint le marché fruits et légumes de la centrale d’achat, dont Sébastien, producteur de poires et de pommes à Saint-Andiol. Lui estime que cette démarche est importante à « trois égards » : « Elle permet de rapprocher les jeunes du territoire de notre agriculture, ce qui nous permet de faire de la pédagogie, d’expliquer la saisonnalité des produits etc. La 2e raison, c’est de valoriser notre agriculture régionale, qui est de grande qualité, mais qui est consommée à 90% en dehors de notre territoire. Aujourd’hui, 100% des pommes consommées par les collégiens viennent de la région depuis le démarrage de ce partenariat. Enfin, les producteurs ont une vraie place autour de la table pour discuter de la rémunération, des coûts de production, ce ne sont pas les distributeurs qui se chargent de ça. Et puis, ça nous sécurise des débouchés, c’est beaucoup moins volatil parce qu’on s’engage sur la durée. »

  • Les Fils de Besagne accueillent le Mayol’s Club

    Les Fils de Besagne accueillent le Mayol’s Club

    Un groupe de supporters historique du RCT a tiré sa révérence. Le Mayol’s Club, créé en 2001, a officiellement annoncé sa mise en sommeil pour la saison à venir. « Ils sont victimes des maux qui nous guettent tous : la difficulté de trouver des bénévoles, qui veulent bien s’investir et donner de leur temps », souligne Julien Perpere, président des Fils de Besagne, groupe qui a accepté de tendre la main à leurs confrères du Mayol’s Club. Ils ont ainsi annoncé d’une seule et même voix le rapprochement de leurs deux associations.

    « C’est un groupe historique avec lequel on a toujours été en phase. Qu’il s’agisse de l’histoire du RCT, du dialogue avec les instances du club ou de la ferveur populaire, nous avons toujours combattu côte à côte pour que la voix du peuple de Mayol soit entendue et respectée », ajoute le dirigeant toulonnais, très déçu de la saison des Varois.

    Déception et incompréhension

    Du point de vue sportif, la 9e place des Rouge et Noir en Top 14 est loin d’être suffisante. « C’est une saison décevante où l’on a vu trop de fois Mayol tomber », insiste Julien Perpere, pour qui la Coupe d’Europe a été la seule éclaircie dans cette aventure sinueuse. Mais la saison a également été éprouvante hors des terrains, avec la question d’un nouveau stade présenté par Bernard Lemaître. « On n’apprécie pas sa sortie, ni sur le fond, ni sur la forme », lance le président des Fils de Besagne.