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  • Une audience cruciale pour Fibre Excellence à Tarascon

    Une audience cruciale pour Fibre Excellence à Tarascon

    Après l’espoir, tout semble vaciller pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon. Les syndicats ont annoncé ce vendredi 24 juillet au matin que, sauf revirement, le tribunal de commerce de Toulouse pourrait prononcer la liquidation judiciaire de l’entreprise dans le courant de la semaine, suite à l’audience de ce lundi 27 juillet.

    Trois semaines plus tôt, le 7 juillet, le tribunal avait reporté l’audience après l’annonce d’une offre de reprise par l’homme d’affaires français Matthieu Pigasse. Objectif : laisser un temps aux négociations autour de plusieurs points : une revalorisation du prix de l’électricité produite par l’usine, un meilleur accès au bois qui sert à fabriquer la pâte à papier et la réintégration des quotas carbone. Mais rien n’a évolué depuis, le gouvernement refusant de recevoir les porteurs de l’offre.

    « Le tribunal doit trancher si on continue ou pas. Mais en réalité, la finalité, on la connaît. En gros, c’est mal barré », avoue à la trentaine d’employés présents vendredi Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT de Fibre Excellence Tarascon, alors que les employés occupent l’usine depuis le jeudi 23 juillet. « L’offre n’a pas évolué. Il y a une forte probabilité qu’elle ne soit pas étudiée », confirme Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT du site.

    Le gouvernement laisse entendre que l’offre de reprise « manque de crédibilité ». Ce que conteste Mathieu Pigasse. Dans La Dépêche du Midi, samedi, il précise qu’« elle représente un tour de table de 91 millions d’euros ». Jean-Marc Bulinge abonde : « Si on prend en compte tout le groupement réuni, il y a plus de 100 millions d’euros. D’autre part, une partie de la somme est sous forme d’un prêt garanti, donc cet argent va revenir à l’État », poursuit le responsable CGT. Il regrette que le dossier soit « politisé » par le gouvernement et le ministre de l’Industrie Roland Lescure (Ensemble). « Alors qu’au final, on va être obligé d’importer du papier alors qu’il aurait pu être fabriqué en France », insiste-t-il.

    Devant les deux responsables syndicaux, les salariés affichent des mines déconfites. D’autant qu’une lettre d’intention a été communiquée par un groupe qui fabrique des isolants à base de bois, mais seulement pour récupérer l’activité de l’usine de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Si elle risque d’être aussi refusée car hors délai, d’après les syndicats, « eux ont une petite lueur d’espoir au moins », lâche, dépité, un travailleur en pantalon de travail jaune fluo. « On est dans une impasse et on voit la fin arriver. C’est un coup de massue. Il faut rester motivés pour espérer un revirement du gouvernement », ajoute Frédéric Fernandez. « Ils ont toujours les cartes en main. Mais peut-être qu’ils s’en foutent », lâche le responsable syndical FO, Florian Berthon, dont le syndicat plaide pour une nationalisation, au moins temporaire, de l’entreprise, sans avoir été suivi par les autres organisations.

    « On espère quelque chose d’inattendu »

    D’autres salariés de l’entreprise, qui est implantée dans le nord des Bouches-du-Rhône depuis 1951 et emploie presque 300 personnes, sont désarmés. Nicolas est employé depuis 24 ans. « Ça sent mauvais depuis quelques jours. On espère quelque chose d’inattendu parce que ça fait mal à tout le monde. On voit nos collègues plus que nos familles, c’est vraiment une grande seconde famille », souffle-t-il.

    À deux pas, Muriel, assistante de direction avec plus de 30 ans de boîte, abonde. « Je devais partir bientôt en retraite donc ce n’est pas pour moi que je m’inquiète mais pour mes collègues. Ça va rendre malheureuses tellement de familles. J’ai ici plusieurs cousins, mon père a travaillé ici, mon compagnon et ses deux enfants aussi. C’est une histoire de famille », confie-t-elle. Nicolas sait qu’il doit bien candidater ailleurs, « mais pour envoyer des lettres de motivation, il faut bien être motivé », ironise-t-il. Tout en concédant qu’il y a des possibilités dans son secteur d’activité. Mais sur 300 personnes, « pas tout le monde ne va y arriver ». Sans oublier les 10 000 emplois indirects qui gravitent autour des activités des deux sites, notamment dans l’industrie du bois et chez les sous-traitants.

    Si rien n’est encore décidé, il faut bien anticiper. « Il y a encore des fonds. Il faut rester mobilisés car il vaut mieux que cet argent aille aux salariés qu’aux financiers », pointe Jean-Michel Bulinge devant les salariés. Et de « mettre à l’arrêt correctement l’usine, sinon c’est sûr qu’elle ne redémarrera jamais ». « On va faire tout ce que l’on peut comme tracter dans les marchés et être visibles », ajoute Frédéric Fernandez.

  • [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    Au pied du château des Baux-de-Provence, c’est moi. Ce sont mes vignes », lance taquin Olivier Rolland. Poursuivant « le mas Sainte-Berthe appartenait à mes grands-parents arlésiens qui l’avaient acheté en 1951. Un peu de vigne, beaucoup d’abricotiers et quelques oliviers, et la volonté d’agrandir la partie viticole ». Dès 1955, c’est chose faite, l’aïeul plante sur 25 hectares principalement du grenache et carignan et construit sa cave. « Il réalise son premier millésime, 21 ans plus tard. Cette année en 2026, on va fêter le 50e millésime. » Une longue histoire de passation de flambeau en famille pour atteindre les 41 hectares de vignes et 10 hectares d’oliviers. Le grand-père passe la main en 1980, la grand-mère en 2000, la mère en 2020, et Olivier reprend les choses en main en 2021.

    « Mes enfants ayant grandi, mon rêve s’est transformé en projet. J’avais 50 ans, je retourne à l’école à l’université du vin à Suze-la-Rousse dans la Drome. Sur place aux Baux, j’avais une équipe qui était là pour certains depuis 30 ans, je me suis beaucoup appuyé sur eux au début. Aujourd’hui ça fonctionne, je suis animé par le plaisir que ça me procure. Le partage est mon moteur. » Depuis 2025, élu président de l’AOP Baux-de-Provence, cet ancien directeur de système d’information bancaire reconnaît volontiers que ses revenus n’ont rien à voir. « Aujourd’hui je vis plus simplement. J’ai bien gagné ma vie avant, ça m’a donné les moyens de faire ce que je voulais. Avant je fabriquais du capital pour pouvoir investir dans mon rêve d’enfant. »

    Faire un beau produit accessible

    Cette ancienne vie, lui a donné le luxe de pouvoir cultiver ses 45 parcelles au cas par cas s’ouvrant ainsi un éventail des possibles. « Je fais un beau produit avec une vigne de cépage carignan qui a 60 ans dans laquelle il manque un pied sur deux. Je ne vais pas l’arracher, je la renouvelle tranquillement. » Une démarche qui prend beaucoup de temps et d’argent, ce qu’Olivier reconnaît volontiers : « Il faut le faire sur quelques parcelles, des petits îlots. »

    Vigneron est un métier solitaire, Olivier essaie de le faire autrement. Au caveau par exemple, pour aller à la rencontre des clients, ou bien organiser des dégustations. Plus rare, il fait ses assemblages avec le caviste et l’œnologue conseil. Et l’avoue : « Même si un mélange me plaît beaucoup, si je ne suis pas suivi, je renonce. »

    Le mas Sainte-Berthe propose à la vente 13 vins différents en bouteille soit 4 rouges, 2 rosés et 3 blancs. « 80% de mon vin se vend en bouteille et 60% à la propriété. Pas de vrac mais quelques bag in box, pour ne pas frustrer les fidèles. » Avec un caveau ouvert, 7 jours sur 7, pas de mystère, le retour client est quotidien. « C’est très gratifiant », avoue le passionné sourire aux lèvres.

    Si la majorité des clients sont Français, les étrangers qui se baladent dans les Alpilles sont aussi présents… Belges, Allemands. Face à la baisse de la consommation nationale, Olivier n’est pas très inquiet. « Notre appellation n’a fait que progresser depuis 30 ans. Nous avons l’appellation Bio depuis 2023. Les prix sont raisonnables soit entre 10 et 20 euros pour 80% de la cave. Les clients se font plaisir. »

    Un homme de projet

    « Je suis un homme de projet permanent. La nuit, le jour… », avoue Olivier en riant. Il complète : « Reprendre un domaine à 50 ans, ce n’est pas rien. Surtout quand ce n’est pas la formation initiale. J’aime pas la routine. » Quand on évoque le meilleur souvenir de cette nouvelle vie, spontanément Olivier répond : « Ma troisième vendange parce que je l’ai faite quasiment tout seul. Au début, j’étais assisté. Là j’ai fait mes premiers pas comme un enfant et j’ai réussi à gagner la confiance de mon équipe. » Pourtant son regard s’assombrit rapidement : « J’aurai dû le faire 10 ans avant. J’ai rencontré un professionnel qui m’a confié avoir mis 10 ans à comprendre le vin. J’ai eu un flash, j’aurai alors 60 ans. Combien de récoltes me restera-t-il à faire ? » En viticulture, on fait une récolte par an, si on se manque quelle que soit la raison, le rendez-vous c’est l’année d’après. À l’échelle d’une vie, on parle de 40 vendanges, et le passionné déduis qu’il lui en reste 15 ou 20. « C’est là, où les années d’expérience valent 10. En même temps ça fabrique un autre rapport au temps. Je réfléchis quatre fois avant d’agir. » Un ange passe. Il reprend : « Mais à la fin, moi je me régale. »

    Mas Sainte-Berthe

  • Les Marseillais redécouvrent leur ville à bord des pointus

    Les Marseillais redécouvrent leur ville à bord des pointus

    Pour tous les âges

    Alors, durant la balade, elle n’hésite pas à faire profiter aux autres de ses connaissances. De passage à quelques centaines de mètres de la plage des Catalans, elle raconte à Sarah, une animatrice de MJC, l’histoire du musée subaquatique et de ses statues immergées dans la Méditerranée. De l’autre côté du pointu, Phil, le guide de cette sortie en mer, livre lui aussi son savoir sur la ville. À quelques mètres du port du Vallon des Auffes, il raconte l’histoire d’une immense bâtisse blanche, qui servait autrefois de bistrot, d’un bâtiment de la Légion étrangère où venaient « se réparer les soldats de retour d’Algérie ». Ou encore de la porte d’Orient, « hommage aux combattants marocains et algériens venus libérer la France pendant la Seconde Guerre mondiale ». À la barre, cet ancien cuisinier, devenu capitaine de bateau, dresse un constat : « La plupart des Marseillais ne connaissent pas la ville vue de la mer. » Ces activités sont l’occasion de faire découvrir ses secrets au plus grand nombre. Parmi les visiteurs, « des centres sociaux, mais aussi des personnes âgées », explique-t-il. À l’image de la quinzaine d’adolescents d’une MJC de l’Ariège présente ce jour-là. Des passagers dont les retours semblent positifs. Comme Joseline et Maryse, déjà présentes la semaine dernière. Ces deux Marseillaises ont décidé de revenir car selon elles, « rien que pour rester sur l’eau, ça vaut le coup face à ces fortes chaleurs ». Après une heure de balade, elles se disent toujours aussi « émerveillées par les paysages ». Convaincues de revenir, une nouvelle fois pour une escapade au coucher du soleil.

  • Succès public pour la première partie de La Biennale d’Aix-en-Provence

    Succès public pour la première partie de La Biennale d’Aix-en-Provence

    Pendant la Biennale, chaque recoin de la capitale de Provence devient un lieu de recherche artistique. L’art, se veut accessible à tous au cours de cette manifestation culturelle qui occupe les lieux patrimoniaux de la ville. Pour sa troisième édition, la Biennale d’Aix a mis l’Italie à l’honneur.

    Sa première partie, lancée le 11 avril, s’est achevée le 14 juin. Quelques semaines après ce premier volet, les équipes de la Biennale en tirent un bilan « positif », avec « 50 propositions artistiques réparties sur 8 week-ends, dont 48 en accès libre et 26 dans l’espace public et jardins ». Pour illustrer son succès, quelques chiffres sont mis en avant. Parmi les expositions et performances de cette première partie, celle du Collectif XY, dont les acrobates ont voltigé sur le haut du cours Mirabeau pour ouvrir cette Biennale. 16 000 personnes, ont assisté à ce lancement. Le 23 mai, à l’occasion du Temps fort Art contemporain, 5 000 personnes ont été recensées pour assister à Monumental, parcours nocturne dédié aux arts numériques.

    La seconde partie à venir

    Pour l’exposition De Hugo Pratt à Corto Maltese, présentée par le Festival de bande dessinée, en partenariat avec la Biennale, ce sont plus de 10 000 visiteurs qui ont été accueillis à la Galerie de la Manufacture, où elle était exposée. Pour l’installation-performance Dream, imaginée par le chorégraphe italien Alessandro Sciarroni et qui a valu l’ouverture spéciale de l’église de la Madeleine, fermée pour restauration, 400 spectateurs ont été enregistrés sur la seule après-midi du samedi 6 juin. Si la plupart des œuvres et performances s’en sont allées, deux programmations majeures restent encore. À commencer par La mode italienne, de Marino Parisotto, visible à La Manufacture jusqu’au 31 juillet, et l’exposition Incarnation, Carte Blanche à Jeanne Vicerial, exposition installée dans quatre lieux de la ville, jusqu’au 4 octobre.

    Par ailleurs, les esquisses de la seconde partie de la Biennale ont été dévoilées. Elle s’ouvrira le samedi 12 septembre, après une pause estivale, et de la même façon qu’en juin : le Collectif XY offrira une performance sur la Place Romée de Villeneuve, dès 18h30. Par la suite, quelques rendez-vous phares sont à noter. Côté contemporain, La Passeggiata (d’après), de Chiara Camoni est à voir jusqu’au 7 novembre à la Chapelle des Andrettes et le Festival Les Promesses de l’aube est porté par la Ville d’Aix-en-Provence, en partenariat avec AMU, est prévu dans plusieurs lieux, sur plusieurs dates. Également, le week-end d’ouverture de la Biennale des imaginaires numériques aura lieu les 30 et 31 octobre.

  • Concert hommage à Queen à Orange, une décision de justice attendue

    Concert hommage à Queen à Orange, une décision de justice attendue

    Le concert hommage à Queen se tiendra-t-il le 4 septembre au théâtre antique d’Orange ? C’est la question au cœur de l’audience qui se tient, ce lundi, devant le tribunal administratif de Nîmes. Le producteur du spectacle, David Hardit, conteste la décision du maire RN Jean-Dominique Artaud d’annuler l’événement, programmé par l’ancienne municipalité.

    Le spectacle gratuit devait réunir 600 choristes bénévoles. « Ce n’est pas normal qu’un maire annule arbitrairement un spectacle », tempête l’organisateur qui demande au tribunal « l’annulation de la décision du maire ».

    Le maire RN justifie son choix par « un arbitrage budgétaire ». Contacté par La Marseillaise, il invoque une dépense de 300 000 euros, après un éboulement bloquant une route depuis novembre. Et d’ajouter : « Le but est de rétablir l’équilibre financier tel que le recommande la chambre régionale des comptes. »

    Raisons budgétaires contestées

    Pour David Hardit, l’argument économique ne tient pas. « Il n’y a pas de souci de finances », balaie-t-il. Il s’appuie sur une attestation signée par l’ancien maire Yann Bompard (Ligue du Sud), faisant état d’un excédent de deux millions euros dans les comptes de la Ville en 2025. L’ancien édile y assure que « le spectacle ne menace absolument pas les finances publiques ». David Hardit conteste aussi les montants avancés par le maire actuel. « Il annonce 150 000 euros alors qu’avec la technique ça va lui coûter 75 000 au plus. » Selon lui, l’économie réalisée par le maire en cas d’annulation serait bien inférieure aux 100 000 euros annoncés : « Il nous doit 41 000 euros donc il économise 25 000 », assure-t-il, en référence au contrat signé avec l’ancien maire, qui prévoit le versement de 41 125 euros à la production.

    Le document stipule aussi qu’une annulation n’est possible qu’en cas de force majeure. « Dans le contrat, il n’y a pas les raisons budgétaires », martèle David Hardit. Pour le producteur, les premiers pénalisés restent les choristes. « Ils ont réservé hôtels, trains et ont dû poser des jours de congé, déplore-t-il. Et là on leur dit : Restez chez vous. » Il estime leur préjudice à près de 90 000 euros.

    Avant de saisir la justice, le producteur assure avoir « épuisé tous les recours ». Il dit même avoir proposé au maire de prendre à sa charge le reste du coût du spectacle. Si son recours est rejeté, il fait une promesse : offrir le spectacle à une autre commune.

  • Des incendies dévastateurs ravagent l’Espagne

    Des incendies dévastateurs ravagent l’Espagne

    Les incendies continuent de se propager violemment dans différentes régions d’Espagne. C’est depuis le milieu de la semaine, l’ouest de la communauté de Madrid et les régions d’Avila et de Tolède qui sont la proie des flammes et depuis samedi la province de Castellon. Depuis samedi, c’est près de Valencia à Manises que s’est déclaré un incendie désormais sous contrôle, on déplore une personne décédée. Un autre front s’est ouvert à Vall d’Uixo dans la province de Castellon où 16 000 personnes ont été évacuées, cet incendie très préoccupant est actuellement hors de contrôle.

    Les incendies de la région de Madrid et d’Avila, qui étaient encore dimanche matin difficiles à contrôler du fait du vent qui souffle sans discontinuer, sont contenus depuis hier après-midi. Au moins 88 500 personnes ont été contraintes d’évacuer leurs maisons ou de s’y confiner. 45 000 hectares ont été décimés. L’état d’urgence nationale a été décrété par le gouvernement pour les régions de Madrid, Avila et Tolède. Au total en Espagne ce sont 120 000 personnes qui sont d’ores et déjà affectées par ces incendies. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a fait le point de la situation ce dimanche à 11 heures depuis le poste de commandement à Navaluenga région d’Avila.

    Un pacte d’État face

    à l’urgence climatique

    Entouré du maire d’Avila et du président de la communauté Castilla- Léon, Pedro Sanchez a adressé ses remerciements et sa reconnaissance aux effectifs des services publics : « Je voudrais ajouter à ces remerciements, la communauté autonome de Castilla la Mancha qui hier a intégré le commandement unique que nous avons créé suite aux incendies dans la province de Tolède. Je salue l’aide de notre pays frère, le Portugal », relevant que la nuit de samedi sur le front des incendies avait été plus positive, il a insisté sur la nécessité pour les populations impactées de privilégier la prévention et la vigilance. « Samedi, nous donnions le chiffre de 130 000 hectares affectés depuis le début de l’année, aujourd’hui nous sommes au-dessus de 150 000 hectares plus de 20 000 hectares brûlés en plus en moins de 24 heures, avec une dizaine d’incendies, et 32 depuis le début de l’année. C’est-à-dire six fois plus que l’année dernière à la même date. » Le chef du gouvernement a estimé qu’il était nécessaire que tous les acteurs politiques et institutionnels, civils et sociaux aient une réflexion ensemble. « C’est une exigence, c’est un devoir moral que nous devons matérialiser dans un grand pacte d’État face à l’urgence climatique. Les incendies ont toujours existé mais leur multiplication, ces climats extrêmes où l’on passe d’une tempête à un grand incendie, nous indiquent ce que la science nous a dit déjà depuis longtemps, nous devons non seulement donner une réponse à ces événements climatiques, mais on doit aussi intégrer les données de la science pour que nous faisions les meilleures politiques en faveur de nos concitoyens. On doit le faire à tous les niveaux en mettant les ressources économiques nécessaires », a affirmé Pedro Sanchez. Le chef du gouvernement a conclu en réaffirmant la présence de l’État et sa vigilance de tous les instants face à cette catastrophe et annoncé de prochaines mesures : « Mardi en conseil des ministres nous approuverons un Royal décret-loi pour déclarer les zones affectées en catastrophe naturelle et apporter toutes les aides nécessaires aux citoyens et collectivités. »

    Hier après-midi, l’incendie de Vall d’Uixo dans la province de Castellon demeurait incontrôlé avec un bilan provisoire de 4 500 hectares détruits. Le dispositif en place a été renforcé par l’envoi de plusieurs hélicoptères.

  • Dans les Hautes-Alpes, le feu toujours en cours ne progresse plus

    Dans les Hautes-Alpes, le feu toujours en cours ne progresse plus

    Selon un point d’information de la préfecture des Hautes-Alpes, dimanche soir, « le feu [entre les communes de L’Argentière-La Bessée et Freissinières] n’a plus progressé depuis maintenant 24h grâce à l’action des groupes d’intervention et de lutte mobilisés toute la journée. La surface parcourue par le feu reste estimée à 510 hectares. Aucune victime civile n’est à déplorer. Aucune habitation n’a été endommagée ».

    La préfecture précise que « depuis le début de la crise, cinq sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés au cours des opérations. L’action des secours se concentre désormais sur le traitement des nombreux points chauds persistants, pour éviter et combattre toute reprise de feu par moyens terrestres comme aériens. Un drone de reconnaissance a été affecté aujourd’hui à la détection de ces points chauds ». Un total de 136 sapeurs-pompiers et militaires, appuyés par 46 engins, demeurent mobilisés pour lutter contre l’incendie. L’hélicoptère bombardier d’eau léger, affrété par le territoire ainsi que les deux hélicoptères bombardiers d’eau (renforts nationaux), sont affectés au traitement des reprises dans les endroits difficiles d’accès.

    Pour la préfecture « les chutes de pierre restent un risque majeur, à la fois pour la sécurité de nos intervenants, et pour la réévaluation des mesures d’évacuation et de fermeture des routes. Les mesures de protection des populations, notamment l’évacuation de certaines habitations demeurent inchangées ». Dès ce lundi, les services experts de l’État décideront d’une stratégie de réévaluation de l’exposition aux chutes de blocs des hameaux évacués. Pour garantir la sécurité des personnes et faciliter l’action des secours, la RD 138A et RD38 entre la RD138A et Pallon restent fermées à la circulation. La RD 38B qui avait été interdite sauf aux riverains est rouverte.

  • Des cours de stand-up pour des apprentis humoristes

    Des cours de stand-up pour des apprentis humoristes

    Notre objectif c’est que nos élèves fassent de l’humour leur métier. » Sébastien Mei, fondateur du Marseille Comedy Club, voulait « élever le niveau général des humoristes marseillais ». Alors il a eu une idée : proposer des cours de stand-up au cœur de son Comedy Club, et encadrés par plusieurs professionnels marseillais de l’humour, dont Pascal Tino. 2025-2026 signe la première année de cette formation.

    L’apprentissage se déroule pendant un an et se divise en deux formules. Pour les humoristes débutants ou avec peu d’expérience, deux heures par semaine sont conseillées : « On reprend la base d’une blague, avec la prémisse, l’angle et la punchline », décrypte Sébastien. Pour les plus rodés, un parcours professionnalisant existe. Au programme, six heures de cours par semaine, avec des week-ends animés par des humoristes de renom, comme Tania Dutel. « Et chaque samedi à 18h, on organise une scène dédiée à nos élèves pour qu’ils puissent tester leurs blagues en conditions réelles », ajoute le fondateur.

    Une expérience riche en rencontres. Après trois ans de stand-up, Laurent Ledon a opté pour la formation professionnalisante du Marseille Comedy Club : « On a parlé avec beaucoup d’humoristes confirmés et ça a enlevé mes points d’interrogation sur la profession. » Il explique que chaque intervenant a son domaine de spécialité. « J’ai appris comment positionner mon corps et ma voix de manière comique. Mes sketchs aujourd’hui ont vraiment progressé par rapport à l’année dernière », raconte l’humoriste.

    Tarifs  : 80 € par mois pour 2 heures par semaine. 230 € par mois pour 6 heures par semaine.

  • L’incendie progresse dans le Gros Bessillon, 4 500 hectares ravagés

    L’incendie progresse dans le Gros Bessillon, 4 500 hectares ravagés

    Les espoirs de fixer l’incendie vendredi ou samedi ont été vains pour les sapeurs-pompiers mobilisés depuis mardi sur le secteur du Gros Bessillon. Ils n’ont pas été plus fructueux dimanche. Car chaque fois que la situation s’améliore sur un secteur, c’est un autre qui s’embrase, sous l’effet d’un vent soutenu et imprévisible. « C’est un véritable “feu toupie”. Au gré des changements de vent, il va dans un sens et retourne dans l’autre », déplorait le préfet du Var, Simon Babre dimanche après-midi.

    Dans la nuit de vendredi à samedi, le feu a repris au nord-ouest de la commune de Correns, dont l’un a menacé des habitations, et à Pontevès, faisant passer le bilan de 2 700 à 3 250 hectares parcourus. Et la situation s’est gâtée en début d’après-midi, alors que le feu continuait de menacer Correns, avec une grosse reprise sur un secteur situé entre Barjols et Pontevès. Malgré les efforts des 1 000 sapeurs pompiers mobilisés, équipés de six Hélicoptères bombardiers d’eau (dont deux Pumas lourds), trois avions Dash et 265 véhicules feux de forêts, les flammes se sont rapidement dirigées vers Brue-Auriac, et surtout Châteauvert et Barjols, où de nombreuses évacuations (en plus de confinements dans certaines zones, notamment le centre de Barjols) ont eu lieu. En début de soirée, plus de 2 000 personnes avaient dû fuir leur domicile sur l’ensemble des communes concernées, avec un nouveau bilan de 4 000 hectares brûlés. Deux nouvelles habitations ont été détruites, et 17 autres touchées, tandis qu’une distribution de bouteilles d’eau a été assurée auprès des habitants de Pontevès, la turbidité de l’eau ayant dépassé le seuil maximum réglementaire.

    Pas de fixation espérée avant le milieu de semaine

    Des précipitations étaient espérées pour la nuit, alors qu’un orage venait de passer par le littoral varois. D’autant plus que la journée de dimanche s’annonçait périlleuse, avec une réactivation du mistral attendue dans la matinée, potentiellement vectrice de nouveaux départs de feux. Il n’en fut rien, et les quelques millimètres tombés de manière éparse n’ont finalement été d’aucune aide pour lutter contre les flammes, qui avaient parcouru 500 hectares de plus au petit matin.

    Un DASH, quatre canadairs, trois hélicoptères bombardiers d’eau, deux dragons, ainsi que deux unités du 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (7e RIISC) de Brignoles sont venus en renforts 275 véhicules feux de forêts et 1 030 sapeurs-pompiers mobilisés durant la nuit, sur un front de 126km, où plusieurs feux se sont réactivés sous l’effet d’un vent de nord-ouest, notamment au sud de Barjols. Le danger s’était éloigné de Montfort-sur-Argens, où des bénévoles ont réalisé des opérations de noyage.

    Les efforts se sont ensuite concentrés sur quatre secteurs qui ont subi de nouvelles réactivations au fil des heures, sous l’effet d’un vent pluridirectionnel : l’ouest de Barjols, le sud du Petit Bessillon à Pontevès, Saint-Andrieu et le plateau situé au-dessus du Vallon de la Puade à Correns. Une station de ravitaillement en carburant opérée par l’armée et plusieurs postes de commandement de terrain ont été mis en place : un PC opérationnel à Pontevès et 3 PC de secteurs sur Cotignac, Barjols et Montfort-sur-Argens, pour faciliter la direction des actions par les maires et décliner les décisions du PC de la préfecture, et du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS) situé au Sdis. Des piscines mobiles ont également été réparties sur tout le pourtour de la zone, qu’alimentent les agriculteurs et des entreprises de transport.

    Plusieurs milliers de personnes étaient évacuées ou confinées dimanche soir, notamment à Correns, Barjols et Châteauvert. Désormais, l’objectif est de fixer le feu en milieu de semaine, alors que les conditions des prochains jours ne s’annoncent pas plus favorables.

  • Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Le permis de construire mijote depuis six mois au service de l’urbanisme. Cette fois, c’est pour aménager des logements dans la « batterie basse de L’Escalette », chemin des Goudes, 8e. Après un refus d’autorisation d’un restaurant en 2018 puis d’un appart hôtel en 2024, Jean Levakis, le gérant de la SCI Calanques, a tenté une « rénovation extérieure avec changement destination en deux logements pour de la location saisonnière ». Saisie en avis conforme de ce dossier sensible, la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) a mis un veto.

    M. Levakis caressait l’espoir d’être enfin entendu, à la faveur d’une sympathique modification du PLUI qui autorisait ce changement de destination rêvée avec le soutien de la mairie et de la métropole. Une révision qui n’est pas du tout du goût de l’État à en juger par le déféré préfectoral pour la faire annuler. Il faut dire que ce projet de meublés faisait peu cas de l’identité du bunker et ce d’autant qu’il prévoyait de redimensionner les ouvertures, de le recouvrir d’épais parements en pierre « pour atténuer l’impact paysager ». Pour rappel, ces trois blockhaus et le tobrouk (lire ci-contre) sont protégés au PLUI : « Les ouvrages ne devront pas être dénaturés. Ils devront conserver leur composition et leurs matériaux. Seuls sont autorisés des aménagements permettant la mise en valeur l’ouvrage. »

    « Un chef étoilé

    pour 40 couverts »

    Interrogé, Jean Levakis, 71 ans, prend acte du refus. « Mon projet s’arrête, je suis déçu. C’était deux habitations, ni plus ni moins. » Déterminé, il annonce « redemander des autorisations pour refaire un restaurant sous les conditions d’exploitation du parc des calanques puisque c’est la seule destination possible ». La batterie a abrité une discothèque dès 1956 puis un restaurant. « Il s’appelait “Le Schtroumpf” et il a fermé en 1997 un an avant qu’on achète », se souvient Jean Levakis qui dit avoir obtenu en 2010, en dépit des recours de trois associations, une autorisation d’ouverture reconduite jusqu’en 2018. « Elle n’a servi à rien car je n’ai pas trouvé d’investisseurs et ensuite j’ai eu un retrait d’autorisation de la Ville qui nous a demandé de faire de l’habitation. Là, on n’a pas le choix, on ne peut pas laisser le site comme ça. L’an dernier, on a eu une rave party avec 200 personnes et le tag se développe. » À présent, il dit consulter des « chefs médiatisés ». « Du fait qu’on est restreint en place de parking, pour que l’exploitation soit viable, il faut un chef étoilé pour 40 couverts. » Confiant, il se donne « a minima deux ans » pour ouvrir.

    Pas sûr que le Parc national des calanques (PNC) le suive sur un site habité d’espèces végétales à enjeu fort de protection dont la phrygane littorale en « dynamique de reconquête » sur la parcelle. La Ville, elle, voudrait « désengager ces espaces déjà anthropisés de la contrainte de la loi Littoral afin de permettre des évolutions compatibles avec le patrimoine ». D’où le toilettage du PLUI qui viole frontalement la loi Littoral. Toute construction, hors continuité d’urbanisation, est interdite dans la bande des 100 mètres, de surcroît en espace naturel classé, mais également tout changement de destination, et sans dérogation possible.

    « Tout projet est voué

    à l’échec »

    « Tout projet sur ce site somptueux est voué à l’échec. Rien ne se fera, tout sera contesté. Quand des noms apparaissent, tout le monde est frileux. À un moment donné, il faut savoir se faire oublier. Toute cette agitation aujourd’hui, c’est pour amuser la galerie. Mais leur objectif, c’est de vendre », sourit une source proche du dossier judiciaire. Car l’autre associé à 50% avec M. Levakis au sein de la SCI Calanques s’appelle Jean-Claude Pietrotti. Depuis juin 2010, ce promoteur de 67 ans est mis en examen pour extorsion du fabricant cannois de yachts de luxe et blanchiment en bande organisée aux côtés du gratin du milieu marseillais, les frères Michel et Gérald Campanella et Bernard Baresi. Depuis quinze ans, l’instruction est aux oubliettes, encapsulée dans un autre bunker, celui de la JIRS de Marseille.