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  • [Week-end] Le jade, ce minéral absent du Costa Rica mais très utilisé il y a 2 000 ans

    [Week-end] Le jade, ce minéral absent du Costa Rica mais très utilisé il y a 2 000 ans

    Il y a environ 2 500 ans, les habitants de l’actuel Costa Rica se mettent à produire des objets en pierre verte : perles, pendentifs… et surtout des « dioses hachas » – des petites figurines rituelles les typiques de la région. Mais de quoi sont-ils faits ? La pierre verte peut aussi bien être du quartz, de la serpentine, du jade… « Difficile de le savoir à l’œil nu, admet Matthieu Ménager. Cela n’avait jamais été étudié précisément sur des objets au contexte archéologique connu. » C’est-à-dire des objets dont on sait l’origine et quand ils ont été produits. « Beaucoup ont été pillés, précise le chercheur à l’Université d’Avignon. Cela induit des biais et une perte d’information. »

    Avec ses collègues du projet MayaCosta, le chercheur a sélectionné plus de 900 objets au contexte archéologique clair, issus de 54 sites du Costa Rica et conservés dans deux musées : le Musée national du Costa Rica et le Muséum d’histoire naturelle de Carnegie, à Pittsburgh (États-Unis). Les analyses révèlent une variété de minéraux qui sont très souvent ceux présents sur place – la serpentine ou le quartz, par exemple. « Les artisans utilisaient principalement des matériaux disponibles localement qui ne semblent pas avoir été échangés d’une région archéologique à l’autre », pointe Matthieu Ménager. Sauf pour un minéral : le jade, pour lequel il n’y a pas de gisement au Costa Rica. « Les blocs et objets en jade venaient donc de plus loin et il existait des échanges inter-régionaux », ajoute le chercheur.

    Trois gisements

    Le jade était donc particulièrement apprécié. « Le côté symbolique a dû jouer, estime Matthieu Ménager. C’est une pierre qui était déjà importante chez les peuples olmèques. » C’est-à-dire il y a plus de 3 000 ans parmi ces populations établies sur la côte du Golfe du Mexique. Mais c’est aussi une pierre très dure aux coloris allant du vert au bleu. « Le bleu était très prisé des populations précolombiennes du Costa Rica », précise le chercheur.

    D’où vient ce jade utilisé par les populations costaricaines de l’époque ? « Il n’y a que trois gisements connus dans la région », relève Matthieu Ménager. Un au Guatemala, un en République Dominicaine et un autre à Cuba. Des glyphes sur les objets évoquaient une relation avec le Guatemala, à environ 1 000 kilomètres au nord-ouest, là où vivait une grande partie de la civilisation maya. « Nos analyses semblent confirmer cette origine », glisse le chercheur, précisant que l’étude est faite et l’article en cours de rédaction. « Peut-être ces objets en jade étaient-ils importés en échange de coquillages prisés des élites mayas : des espèces de spondyles absentes des côtes de la zone maya mais abondantes sur celles du Costa Rica, avance-t-il. Il nous faut encore confirmer cette hypothèse. » Tout comme il reste à éclaircir pourquoi, il y a 1 400 ans, le jade disparaît des objets façonnés au Costa Rica.

    REPÈRES

    MayaCosta

    C’est le projet financé par l’Agence nationale de la recherche dans le cadre duquel a été réalisée cette étude. Il vise à étudier les échanges de biens précieux entre Mayas et habitants du Costa Rica à l’époque précolombienne.

    Mayas

    Cette civilisation a vécu en Amérique Centrale, principalement dans les territoires correspondant au sud du Mexique, au Guatemala et à certaines parties du Honduras et du Salvador, sur environ 3 000 ans. L’arrivée des colons espagnols au XVIe siècle a bouleversé les sociétés mayas.

    Jade

    Depuis le Néolithique, cette pierre verte est utilisée pour faire des objets symboliques. Le terme désigne deux matériaux : le jade à jadéite et le jade néphrite. Des gisements du premier sont connus au Guatemala et dans les Alpes italiennes. On trouve le second plutôt en Chine, en Russie, en Nouvelle-Zélande et au Canada.

  • L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    Record de fréquentation d’un côté, trou financier de l’autre : l’aéroport de Nîmes-Garons cultive un paradoxe qui commence à peser lourd. Avec 259 000 passagers en 2024, la plateforme avait retrouvé son meilleur niveau depuis vingt-cinq ans. Loin, pourtant, des 400 000 voyageurs promis pour 2028 par le délégataire Edeis lors de la signature de la délégation de service public (DSP) en 2022. Et en 2025, la fréquentation a même légèrement reculé, à 245 552 passagers.

    Sur le plan comptable, la note est salée. Le rapport annuel d’Edeis affiche un résultat net négatif de 1,17 million d’euros en 2024, contre un excédent de 349 000 euros l’année précédente. Une provision exceptionnelle de 872 000 euros, liée à un vieux contentieux sur des autorisations d’occupation temporaires, gonfle l’ardoise. Mais même sans elle, le trou atteint près de 300 000 euros. Six lignes sont aujourd’hui exploitées, presque toutes par Ryanair, quasi seul maître à bord depuis le fiasco de la compagnie Odyssey l’an dernier, qui a annulé l’ensemble de ses vols.

    Élu à la tête de Nîmes Métropole en avril, Vincent Bouget (PCF) a hérité d’un dossier explosif. Devant le conseil communautaire fin juin, l’édile n’a pas mâché ses mots : « Les ambitions affichées lors de la signature de la DSP et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints. » Un contentieux qui pourrait, selon le contrat, déclencher de premières pénalités financières dès cette année.

    Coopérer

    plutôt que rivaliser ?

    Reste que pour Vincent Bouget, le trafic commercial n’est pas l’essentiel. « Le cœur du réacteur, c’est la sécurité civile », a-t-il tranché début juillet, rappelant le rôle de la base aérienne où sont entretenus les Canadair, avec quatre nouveaux appareils attendus d’ici 2032. Un statut de hub européen de la sécurité civile que Nîmes ambitionne depuis 2017, mais que Chypre pourrait bien lui souffler : la Commission européenne y prépare une plateforme régionale de lutte contre les incendies, confirmée en juin par la commissaire Hadja Lahbib. « S’il faut aller à Bruxelles avec Carole Delga pour que le hub européen soit bien ici, nous irons », promet le président d’agglo.

    Sur le volet commercial, la question d’une coopération avec les aéroports voisins refait surface. En septembre 2025, alors dans l’opposition, Vincent Bouget plaidait déjà pour une autre voie que la rivalité : « Rien ne peut s’envisager sans coopération avec les aéroports voisins, dont Montpellier. » Une ligne bien différente de celle défendue quelques mois plus tôt par son prédécesseur Franck Proust, qui menaçait ouvertement de « se tourner vers Marseille » face à ce qu’il jugeait être le manque d’ouverture de Montpellier.

    Aujourd’hui, l’opposition LR, par la voix de Franck Proust, avance un autre scénario : une reprise temporaire de l’aéroport en régie publique si Edeis venait à se désengager. Une piste que la majorité de gauche n’a, à ce stade, ni confirmée ni écartée. Après deux rendez-vous décisifs fin juin, avec le préfet du Gard puis le délégataire, Vincent Bouget maintient la prudence : « On travaille pour trouver une solution et sortir par le haut. » Le cap devra être fixé avant l’échéance de la DSP, fin 2028. Au-delà des désaccords, une question politique demeure : combien d’argent public faut-il mobiliser pour préserver cette vitrine aérienne, et pour quel service rendu au territoire ? Le débat ne pourra se limiter à une guerre de clochers : l’avenir de 850 salariés et de 200 élèves-pilotes est aussi en jeu.

  • [Grand entretien] Larusso : « Avec “Tu m’oublieras”, c’est le cœur qui parle »

    [Grand entretien] Larusso : « Avec “Tu m’oublieras”, c’est le cœur qui parle »

    La Marseillaise : Vous êtes l’une des madeleines de Proust des années 1990-2000 pour beaucoup de gens. Comment l’expliquez-vous ?

    Larusso : C’est très spécial et c’est compliqué de l’expliquer. On a grandi ensemble, la chanson « Tu m’oublieras » les a aidés à traverser des moments bien spécifiques et très marqués de leur vie. Moi, j’ai cette relation avec d’autres chanteurs, donc j’arrive à le comprendre. Ce n’est pas la tête, mais le cœur qui parle.

    Votre public est constitué de gens qui ont vécu leur jeunesse à la fin des années 1990, mais aussi de plus jeunes. Grâce à leurs parents qui leur ont transmis votre répertoire ?

    Larusso : Quand je vois ces gamins, je trouve ça incroyable. Avant toute chose, les parents transmettent l’éducation, les valeurs, mais transmettent aussi leurs goûts. On écoute donc forcément les musiques de nos parents. Puis, on se les approprie et ça devient des souvenirs qu’on crée avec nos parents. C’est très fort et ça reste.

    « Tu m’oublieras » est le sample de « You Will Forget » d’Irma Jackson (1979), elle-même reprise en français pas des chanteuses telles que Régine. Quel était le contexte de l’enregistrement de votre chanson, en 1998 ?

    Larusso : Je suis partie dans un studio d’enregistrement. J’ai fait Je survivrai en voix témoin [reprise d’ « I Will Survive » de Gloria Gaynor, Ndlr]. Puis, le propriétaire du studio me fait écouter « Tu oublieras » par Régine. Je n’aime pas. Il me dit : « Tu es complètement folle, ce titre est magnifique. » Ensuite, il me fait écouter une version de ce morceau par Jeane Manson. Je n’aime pas non plus. Ce n’est pas mon délire. Je le laisse trois mois dans un placard et le fais écouter à une copine. Elle se met à pleurer et me convainc. Et puis, ça ne me coûtait rien d’aller au studio et de l’enregistrer. Heureusement que j’y suis allée.

    « I Will Forget », « I Will Survive » sont des tubes funk et disco. À quel point cette musique vous a-t-elle bercée ?

    Larusso : C’est ma base. Je suis ce qu’on appelle une enfant Michael Jackson, mais aussi une enfant de la soul et de la funk à travers mon père. Et l’héritage de ma mère, c’est la musique française style Cloclo, Aznavour, Gilbert Montagné. J’ai baigné là-dedans.

    Ce fil funk se retrouve dans votre discographie, notamment en 2012, lorsque vous avez travaillé avec le rappeur de Cypress Hill, B Real, sur « Untouchable ». Comment une telle rencontre a pu se produire ?

    Larusso : C’est grâce à Charly, de Charly et Lulu. Je l’appelle et lui dis que je viens de terminer un album et qu’il faut que je le fasse mixer. Il me parle de Richard « Segal » Huredia qui est partant [ingénieur du son et mixeur de certains albums de Dr Dre, Eminem ou encore Outkast]. On part à Los Angeles, écoute « Untouchable » et se demande pourquoi il y a des parties vides à certains moments de la chanson. Il me dit : « Louis [le prénom de B-Real] a aimé ton morceau et veut le faire avec toi. » B-Real, quand même. Le lendemain, on était en studio. On est rentré en France, on a sorti le truc. Une bonne partie des gens, surtout du métier, ont été très méchants en disant que c’était un arrangement entre maisons de disques ou un piston. Cela m’a beaucoup déçue, alors que c’était juste une histoire d’amitié et un coup de cœur. Richard « Segal » Huredia a mixé tout l’album. Mais je ne l’ai pas sorti. Ça m’a épuisée et dégoûtée. J’ai pété un plomb.

    Même si vous avez participé ces dernières années à des émissions comme « Mask singer », vous cultivez une relative discrétion. Pourtant, votre lien avec vos fans semble indéfectible…

    Larusso : Car j’ai grandi avec les gens. Quand je suis arrivée dans l’industrie musicale, j’étais toute gamine. Ils ont donc le sentiment que je suis la bonne copine. Ensuite, mon côté authentique, dans le sens où je n’essaie pas de me donner un genre ou de plaire à tout prix, ça joue également. Les gens voient bien que je suis juste une chanteuse, que je ne me prends pas la tête.

    Vous le disiez, vous étiez très jeune quand vous avez cartonné avec « Tu m’oublieras ». Est-ce qu’à titre musical, vous êtes nostalgique de cette époque ?

    Larusso : Bien sûr. Car l’offre musicale était bien plus variée qu’aujourd’hui. À l’époque, on allumait la radio, on entendait du rap, du RnB, de la variété française, des grandes voix, des morceaux d’été, du reggae, de la pop, du rock. Aujourd’hui, il y a plutôt des couleurs, dont il faut suivre les codes.

    On assiste actuellement à un retour en force des inspirations funk et soul. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Larusso : J’en suis ravie. À partir du moment où les gens retournent à la source, ça ne peut que m’aller. La funk, la soul : là où on avait des musiciens qui jouaient avec nous et pas juste des machines.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

    www.lakermesse.fr/la-seyne-sur-mer

  • [Week-end] Plongée dans un fort de guerre à Niolon

    [Week-end] Plongée dans un fort de guerre à Niolon

    Depuis la départementale 48 s’ouvre la calanque de Niolon, terminée à sa pointe par un curieux complexe faisant face à la mer avec une vue privilégiée sur la rade de Marseille. Les calanquais le connaissent depuis près de deux siècles, sous des formes différentes au gré des transformations du site.

    Ici, les pierres meulières de 1861, date inscrite sur l’encadrement de porte du fort de Niolon, côtoient le béton des bunkers allemands de 1943 et les matériaux modernes de 1975 utilisés pour les petits bungalows d’inspiration méditerranéenne du centre de plongée de l’Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA), qui occupe le site depuis 1966.

    Depuis la reprise du club de voile local, l’association a bien modifié les lieux. « À l’origine, on proposait des stages de voile, mais très rapidement, on a développé la plongée en parallèle » retrace Thierry Sturzer, directeur de l’UCPA Niolon depuis deux ans. La peinture blanche et les postes informatiques trahissent la nouvelle occupation du bâti maçonné. « Au tout début, on utilisait l’intérieur du fort comme logement, puis comme magasin pour le matériel de plongée », poursuit le directeur, jusqu’en 2012, où il a été réhabilité comme bâtiment administratif.

    Le lieu est occupé à des fins de défense depuis le début du XVIIIe siècle, sur ordre du Roi-Soleil. Certaines sources font état d’une réquisition de dix Carryens en 1665 pour aménager les premières fortifications servant à barrer la rade de Marseille et le mouillage de l’Estaque, terminées en 1702. Les premières ébauches du fort que l’on connaît aujourd’hui furent posées sous la forme d’une tour-modèle 1811 de type 2, abritant 30 hommes et pouvant accueillir trois canons sur son toit. Cet ensemble a été fortement modifié au cours de la fin du XIXe siècle avec la progression de la portée des canons et la construction, en conséquence, de fortifications plus hautes et retranchées comme le fort de Niolon haut, fin 1880.

    « 70 000 plongées chaque année »

    L’occupant allemand et son organisation Todt ont aussi participé au dessein défensif du site. C’est en se promenant au cœur du village d’inspiration méditerranéenne dédié aux logements des stagiaires que l’on peut les reconnaître. Là où se trouvaient autrefois des pièces d’artillerie françaises de 90 mm récupérées, se trouvent désormais des portes-fenêtres offrant une vue privilégiée sur la mer. « Tout l’existant a été réutilisé », reprend Thierry Sturzer, « tous les bungalows datant de 1975 sont en rénovation depuis deux ans » et les quatre bunkers servant d’habitation vont également l’être. Le poste de direction de tir en béton, comme les autres bunkers, est quant à lui utilisé pour la technique.

    Une grande partie de la muraille ouest est surplombée d’un espace de restauration, tandis que le pôle technique, inauguré en 2012, trouve sa place au plus près des quais du Port, toujours sur le promontoire fortifié. « Le centre s’est développé à partir du fort » au fil des années, resitue le directeur, pour devenir aujourd’hui « l’un des plus gros centres de plongée d’Europe » selon son tenancier. « Il y a un ou deux ans, on avait calculé 70 000 plongées par an » complète-t-il, d’où les infrastructures dédiées.

    Cette aventure est rendue possible par le contrat qui liait l’UCPA à Marine nationale, propriétaire jusqu’au 15 novembre 2008, date de cession au Conservatoire du littoral. Une convention renouvelée en 2025 lie toujours l’association et le Conservatoire jusqu’en 2055. « Durant cette période, l’UCPA verse une redevance à la commune du Rove qui permet de financer la gestion du site, dont un agent de terrain qui est garde du littoral », détaille le Conservatoire.

    Thierry Sturzer souhaite valoriser l’histoire des lieux. « J’aimerais bien mettre quelques photos de canons dans les bunkers. Pourquoi ne pas dédier une salle à l’histoire ? Voire une ouverture au public aux journées du patrimoine ? » Les idées ne manquent pas.

  • La caravane LFI en campagne à Marseille

    La caravane LFI en campagne à Marseille

    « Réveillez-vous, sinon, rien ne va bouger ! » Depuis son adhésion récente à La France insoumise, Daouiya encourage ses voisins à voter. Ce vendredi, cette habitante de la cité Jean-Jaurès a participé à l’unique étape marseillaise de la caravane populaire.

    Comme chaque été depuis 2016, l’opération sillonne la France. « L’objectif est de faire du porte-à-porte pour inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales et présenter le programme pour la présidentielle 2027 », résume Juliette, l’une des caravanières.

    Lutter contre l’abstention

    En 2022, selon l’Insee, plus de 10 millions de Français étaient mal ou non inscrits. Pour Manuel Bompard, député LFI de Marseille et coordinateur du mouvement, « une démocratie où 20 % des citoyens ne peuvent pas voter, c’est une démocratie qui ne marche pas ».

    Les militants sont allés frapper aux portes des immeubles, formulaires d’inscription en mains. « Vérifiez que toute la famille soit inscrite, c’est important ! », lance Manuel Bompard à un habitant. Plus loin, une habitante explique être toujours inscrite à Félix-Pyat, où elle vivait auparavant : un exemple de « mal-inscription » que les militants cherchent à éviter.

    Pour Philippe, militant des 13e et 14e arrondissements, le choix de Jean-Jaurès ne doit rien au hasard. « La clé pour 2027, ici comme ailleurs, c’est la mobilisation des quartiers populaires, assure-t-il. C’est ici que l’abstention est la plus forte. » Une conviction partagée par Krissi, membre du collectif des habitants du quartier : « J’encourage les jeunes à aller voter parce que, sans eux, rien ne pourra bouger ».

  • [Entretien] Serge Perottino : « La gestion des déchets est notre combat permanent »

    [Entretien] Serge Perottino : « La gestion des déchets est notre combat permanent »

    La Marseillaise : En pleine campagne de sensibilisation, quel constat faites-vous concernant les déchets dans la Métropole ?

    Serge Perottino : On produit près de 600 kg de déchets par habitant et par an, bien au-dessus de la moyenne nationale. On est aussi le pire élève en matière de tri, où on accumule un énorme retard sur les autres régions. D’où tout ce travail de sensibilisation pour forcer et inciter les gens à trier. Pourtant, moins on trie, plus le coût de la gestion des déchets augmente. Chacun doit comprendre une chose : celui qui pollue fait payer tout le monde. C’est un travail de pédagogie de longue haleine, mais il n’y a pas de raison que nous n’arrivions pas à faire aussi bien que d’autres régions.

    Quel volume de travail représente la collecte des déchets au quotidien ?

    S.P. : 4 200 agents sont mobilisés sur tout le territoire de la Métropole. C’est le plus gros service collecte de France. Ils font un travail remarquable, malgré tout ce qui peut être dit sur eux. Ils ramassent le matin, le soir et même la nuit. Le travail est fait, mais il y a toujours plus de déchets. On a les moyens, le matériel et la stratégie, mais on s’aperçoit que les gens ne jouent pas le jeu.

    Cette campagne de sensibilisation n’est pas la première menée par
    la Métropole. Observez-vous une évolution au fil des années
     ?

    S.P. : On commence à voir des résultats. Les slogans des campagnes sont volontairement choisis pour attirer l’attention et marquer les esprits. Il faut avoir en tête que, quand on jette un mégot dans un caniveau à Cadolive, tôt ou tard, il arrive sur la plage du Prado à Marseille. Quand on dit « l’été passe, les déchets restent », les gens comprennent que le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne crée pas. On a aussi simplifié le système de tri : systématiquement, des poubelles jaunes sont mises à côté des poubelles d’ordures ménagères. On a également fait un travail sur la collecte du carton en mettant à disposition des sites spécialement dédiés. Il n’y a pas de solution phare qui va tout révolutionner. La gestion des déchets est notre combat permanent, car il faut toujours faire une piqûre de rappel. Il n’y a pas si longtemps qu’on fait tout ce travail de communication en termes de gestion des déchets, donc ce n’est pas encore tout à fait rentré dans les mœurs.

    Les touristes sont-ils aussi un public à sensibiliser ?

    S.P. : Pas forcément. Ceux qui viennent des autres régions de France sont plus disciplinés en termes de collecte et de tri. Même chose pour ceux venant de l’étranger. Les pays anglo-saxons sont à 100 kg par an de gestion de déchets, contre 200 kg sur les meilleures régions françaises.

    Comment convaincre que jeter un simple mégot ou un sac plastique n’est pas un geste anodin ?

    S.P. : En rappelant les faits : un mégot met trois ans à se décomposer et pollue 500 litres d’eau. Pour un sac plastique, il faut attendre 450 ans. C’est sans compter tous les sinistres que causent les déchets une fois dans l’eau. La nature absorbe, mais pendant qu’elle absorbe du plastique, elle ne fait pas pousser d’arbre.

  • La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    Le 19 juillet, un TGV Paris-Nice a été immobilisé près de la gare de Carnoules après une déformation de la voie ferrée provoquée par les fortes chaleurs. Les passagers ont été évacués sous l’encadrement d’agents de la SNCF, de gendarmes et pompiers, puis dirigés vers la gare de Carnoules. L’incendie de Taradeau a perturbé le trafic, compliquant la prise en charge.

    Après cet incident, la CGT des cheminots Paca dénonce, dans un communiqué, la fermeture de gare de Carnoules : « Une fois arrivés sur le parvis de la gare fermée et déserte, les voyageurs sont restés dehors sans aide. » Le syndicat évoque aussi un manque d’entretien des pistes le long des rails, pas « adaptées ». Sans « aucun moyen matériel pour cela, les agents ont réussi à accompagner les gens les plus en difficulté ». Une situation jugée « inacceptable ».

    Un incident « révélateur »

    Pour le syndicat, cet incident serait « révélateur » de la situation des infrastructures ferroviaires en Paca, mais aussi symptomatique de la « politique court-termiste » et de la concurrence entre les acteurs et compagnies ferroviaires. La CGT des cheminots reproche aux « dirigeants » de maintenir ce système concurrentiel « pour améliorer la situation économique et financière et non pas pour une amélioration du système ». Elle réclame une « entreprise SNCF unique et intégrée », avec « des moyens humains, matériels et financiers pour améliorer et développer le service public ferroviaire ».

  • Au nom des maires, une 4e liste à droite pour les sénatoriales

    Au nom des maires, une 4e liste à droite pour les sénatoriales

    Le maire LR de Gardanne, Hervé Granier, va constituer une liste pour les sénatoriales. Présentée comme un « rassemblement des élus de terrain », cette candidature se veut une « liste de maires » indépendante. Elle compte la maire centriste du Paradou, Pascale Licari, en deuxième position, et le maire (DVD) de Ceyreste, Patrick Ghigonetto, en troisième. « Cette expérience de terrain est indispensable pour élaborer des lois utiles et applicables », défend l’élu.

    Cette entrée en campagne ajoute une quatrième liste à droite dans les Bouches-du-Rhône, après celle de Brigitte Devésa (UDI) et Renaud Muselier (Renaissance), investie par Les Républicains et la majorité du Sénat, et celles des sénateurs sortant Stéphane Le Rudulier (LR) et Valérie Boyer (LR). Un embouteillage qui promet une belle dispersion des voix des grands électeurs.

    Pour Hervé Granier, la démarche répond à une attente. « En toute humilité car je ne suis pas le représentant des maires du Département, je porte la voix de mes collègues qui veulent qu’un maire soit au Sénat. C’est important, dans le contexte actuel, de pouvoir faire remonter les problématiques qu’on partage dans nos 119 communes. »

    « Fâché avec personne »

    Une manière aussi de se distinguer de la liste Devésa-Muselier qui met aussi en avant les communes sans placer toutefois de maire aux deux premières places. « Notre liste porte des maires aux places éligibles : on vise deux ou trois sièges, sans prétention, et on a la certitude profonde d’y arriver. »

    Malgré la multiplication des candidatures à droite ? Le maire de Gardanne refuse de parler de division. « Ce n’est pas utopique de penser qu’on peut rentrer trois sièges. Il n’y a pas de question de division, juste une question de liste de droite et avec des maires susceptibles d’être élus. C’est la différence », explique-t-il. « Moi, je ne suis fâché avec personne et je souhaite une bonne campagne à mon amie Brigitte Devésa et à Valérie Boyer. Il n’y a pas de sujet, chacun mènera sa campagne comme il l’entend, avec ses arguments. »

    Pour convaincre les grands électeurs, Hervé Granier entend défendre « la proximité », arguant qu’un maire, « quand il se présente à ce type d’élection, sait de quoi il parle : signer un arrêté, répondre à un administré parce qu’il y a un problème à la crèche ou de service public… C’est le rôle d’un maire et c’est ce que je veux faire remonter au Sénat ».

    Même si, non-cumul des mandats oblige, l’édile perdra de facto son statut, comme ce fut le cas de Valérie Boyer ou Stéphane Le Rudulier. « Si j’arrive à avoir d’autres maires, il y en aura d’autres sur la liste, mais certainement qu’il y aura aussi des personnes qui comptent dans le paysage politique. On est déjà en contact avec certains. Après, il faut qu’ils aient la volonté de venir. Mais on la montera d’une manière ou d’une autre. »

    « Ambitions politiques personnelles »

    À Gardanne, le groupe d’opposition municipale « Ensemble, changeons de cap pour Gardanne-Biver » critique la candidature d’Hervé Granier (LR) aux sénatoriales, quatre mois seulement après son élection à la mairie. Les élus de gauche estiment que ses « ambitions politiques personnelles » prennent le pas sur son mandat et appellent celui qui est déjà conseiller départemental à se consacrer pleinement aux dossiers communaux en matière de logement, services publics, sécurité ou finances : « Ces sujets méritent un maire pleinement investi, pas un élu déjà en campagne pour le Palais du Luxembourg ».

  • Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Joue à trier tes déchets », indique une bannière. Ce mardi, une quarantaine d’enfants âgés de 7 à 12 ans ont troqué la baignade contre le tri sélectif, sur la plage de Corbières. Le mot d’ordre, « apprendre à protéger l’environnement de façon ludique », souligne Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille, délégué à la propreté. Le dispositif est mis en place par la Ville, en collaboration avec les centres d’animation municipaux des 2e-3e et 15e-16e arrondissements.

    « Je viens souvent à la plage, c’est la deuxième fois que je fais un atelier sur le tri des déchets », explique Malik, 10 ans, habitué aux animations proposées à Corbières. Une familiarité qui n’est pas un hasard. « L’idée, c’est de sensibiliser les Marseillaises et les Marseillais dès le plus jeune âge », insiste l’adjoint au maire, convaincu que le message se propage dans l’entourage de la jeunesse. L’élu précise : « Moi, j’ai commencé à trier quand mes enfants me l’ont dit. Lorsqu’ils sont sensibilisés, ils sensibilisent leurs parents, leurs grands frères, leurs grandes sœurs, peut-être même leurs grands-parents ! »

    Sensibiliser

    tout en s’amusant

    Au programme de cet après-midi, un escape game en plein air, dédié au tri et à la lutte contre l’abandon des déchets. Une mystérieuse poubelle est verrouillée, accompagnée d’un « guide du tri » qui liste les différents déchets du quotidien. « Emballage de yaourt, sac-poubelle, mégot… », lisent les enfants à la recherche d’indices pour résoudre les énigmes et ainsi ouvrir la poubelle. « Avez-vous vu des déchets quelque part sur la poubelle ? », demande l’animatrice Claudia, qui tente de les mettre sur la bonne piste. Les sept jeunes participants réfléchissent ensemble dans le but de retrouver le trajet des déchets jetés en mer, en reliant les continents par les océans. « On a appris plein de choses ! Trier, c’est bon pour la santé, parce que quand on pollue l’océan, le plastique se retrouve dans ce qu’on mange », racontent Mehdi et Adam, 11 et 10 ans.

    À l’ombre sous la tonnelle, un autre atelier consiste à placer des magnets à l’effigie des déchets du quotidien sur les poubelles correspondantes. « Les enfants vont avoir un moyen mnémotechnique de retenir dans quelle poubelle mettre leurs déchets », explique l’adjoint délégué à la propreté. « Dans la poubelle jaune, il y a les emballages et le carton, dans la verte, il y a le verre, et dans la noire, il y a le reste », se rappelle Saïda, 12 ans, après l’activité.

    En fin d’après-midi, une boîte à goûter à l’effigie de la Ville de Marseille est distribuée aux enfants pour encourager « les pratiques de goûter zéro déchets ». « Quand je vais revenir à la plage, je vais l’utiliser », s’enthousiasme Mehdi.

    « Il n’y a rien de mieux que de miser sur la jeunesse »

    Lancé le 2 mai, le dispositif s’appuie sur les services propreté de la Ville et sur l’entreprise Citeo, engagée dans le tri et le recyclage des déchets. Hedi Ramdane annonce « 95 opérations au cours de l’été, sur 17 sites ». « On souhaite s’adresser à toute la population marseillaise, dans toutes les plages et tous les parcs. Les 5 000 Marseillais sensibilisés, aujourd’hui, parleront peut-être à 5 000 autres », projette l’élu.

    Une fois les jeux terminés, les enfants se dépêchent de retourner dans l’eau. L’opération est réussie aux yeux de Malik, 10 ans, qui affirme vouloir « faire passer le message » à sa famille et ses amis. À ses côtés, Maïssa, 12 ans, résume avec sagesse : « Si tu aimes la nature, tu auras besoin de la nature ; trier, c’est quelque chose à faire pour tout le monde. »

    Andréa Goyard-de Castro

    TEMPS DE DÉCOMPOSITION

    De 3 mois à 1 an

    En ce qui concerne les déchets organiques, les mouchoirs, le papier toilette et les tickets de métro, s’ils ne sont pas recouverts de plastique.

    De 3 à 5 ans

    Pour les chewing-gums et les mégots. Un seul mégot pollue 500 litres d’eau, même décomposé : ses substances persistent dans l’océan.

    Plus de 100 ans

    Au sujet des canettes en aluminium, sacs en plastique, pneus en caoutchouc, serviettes hygiéniques, filets de pêche, piles au mercure…

    4 000 ans

    Pour une seule bouteille en verre, en raison de sa composition en polymères résistants à la décomposition sous-marine.

  • La mairie de Toulon espère sortir de la carence de la loi SRU d’ici fin 2026

    La mairie de Toulon espère sortir de la carence de la loi SRU d’ici fin 2026

    Loi SRU : la Ville sur

    la bonne voie

    Dans le cadre du contrat de mixité sociale conclu entre Toulon et la préfecture (en attente de renouvellement pour 2026-2028), visant à mettre davantage de foncier bâti à disposition des bailleurs sociaux pour créer des logements, la mairie poursuit ses efforts. Le conseil municipal a voté (le RN s’est abstenu) une participation de la Ville d’un montant total de 650 000 euros dans la création de 49 nouveaux logements sociaux : 11 via l’office public Toulon Habitat, 28 via Var Habitat et 10 par l’établissement social d’habitat Unicil. « Nous sommes passés de 2,9 à 1,6 million d’euros de pénalités SRU, nous avons espoir de sortir de la carence d’ici la fin de l’année », a déclaré la maire (SE), Josée Massi.

    Convention logement pour les saisonniers

    Une nouvelle convention, couvrant la période 2026-2029, a été votée pour favoriser le logement des saisonniers. Elle prévoit la mise à disposition de 30 logements, en vertu du bilan de la précédente convention signée en 2021. Des discussions sont en cours avec le Crous pour y ajouter des logements étudiants vacants pendant l’été.

    Le projet de maison

    de santé débattu

    Le conseil a voté un mandat à la centrale d’achats Centralis, dans le cadre de l’installation d’un bâtiment modulaire pour la maison de santé prévue dans le quartier Claret. Le coût prévisionnel s’élève à 900 000 euros. Le RN, bien que favorable au projet, s’est abstenu, trouvant le projet « un peu faible par rapport à l’ambition », considérant par la voix d’Amaury Navarranne que « l’enveloppe [allait] être dépassée ». « Il s’agit d’un coût prévisionnel, a rappelé Josée Massi. Pour un bâtiment en dur, il faudrait des années : 18 mois pour un marché, plus le temps des travaux. On a choisi cette formule pour l’urgence. »

    Josée Massi défend

    son bilan sur les crèches

    Face aux soupçons du RN liés aux conditions d’attribution des places en crèche, Josée Massi en a rappelé les modalités (âge, date d’entrée, temps d’accueil, situation sociale, regroupement des fratries, quotas militaires…). Attaquée sur la destruction de la crèche Saint-Jacques en 2023, la maire a rappelé que les propositions formulées pour la sauver avaient été refusées par la direction et que, depuis, 173 nouvelles places avaient été, ou allaient être créées, et qu’il restait « des places disponibles dans toutes les crèches de la ville ».

    Le conseil a voté une demande de soutien de 1,786 million d’euros à la CAF pour la création de la crèche de la Barre.