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  • Un chantier pour rendre son éclat au théâtre du Gymnase

    Un chantier pour rendre son éclat au théâtre du Gymnase

    En lieu et place des sièges du parterre, les échafaudages tutoient désormais les balcons. Après deux mois de préparatifs, le chantier de rénovation du théâtre du Gymnase est enfin lancé, quatre ans après la fermeture des lieux. Des travaux chiffrés à 18 millions d’euros et prévus pour durer deux ans. « Un chantier exceptionnel pour un Gymnase exceptionnel », sourit le maire (DVG) Benoît Payan.

    « Ce qui posait problème à l’origine, c’est un problème de sécurité : le balcon s’affaissait parce qu’il y a eu des infiltrations d’eau, mais aussi des travaux dans les années 1980 », rembobine l’architecte Ignacio Tillard, du cabinet Panorama architecture. Et de détailler : « Un certain nombre de poteaux ont disparu pour améliorer la visibilité de la scène depuis les places défavorisées, ce qui a provoqué des problèmes de structure. » À quelques semaines des municipales en 2020, les balcons fragilisés avaient dû être interdits d’accès, avant la fermeture totale, un an plus tard, de ce théâtre à l’italienne ouvert en 1804, classé Monument remarquable.

    Après la dépose du lustre, il reste à démonter les garde-corps de la corbeille pour leur restauration, avant la démolition des balcons. « L’ensemble des moulures va être reproduit grâce à des recherches d’archives, de photos, avec l’ajout de toutes les décorations qui ont disparu après-guerre », explique l’architecte. La reconstruction des balcons sera aussi l’occasion d’en améliorer le confort, avec l’élimination totale des poteaux qui gênaient la vue, « une prouesse technique exceptionnelle », insiste Benoît Payan. Les peintures du plafond seront aussi restaurées, le parterre rendu accessible de plain-pied depuis la rue, les équipements scéniques modernisés, un parquet posé pour améliorer l’acoustique. « Ce sera vraiment un stradivarius », apprécie le directeur du théâtre, Dominique Bluzet. À l’extérieur, les escaliers seront retirés pour redonner toute leur dimension aux portes d’entrée, le hall modernisé. « Ce n’était pas la peine de faire une rénovation au rabais, appuie l’adjoint PCF à la culture, Jean-Marc Coppola. Quand on a un des plus anciens lieux de culture de Marseille, on met d’emblée le paquet. » Un modèle pour la restauration à venir de l’Opéra.

    Plus rapide qu’à Paris

    « Je trouve lamentable qu’on abandonne ainsi la culture, ici sur la Canebière », lâchait pourtant la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, le 3 novembre. « Elle s’attendait à voir des grues devant le théâtre, tance Benoît Payan. Il faudra que quelqu’un se dévoue pour lui expliquer que pour refaire un théâtre, il n’y a pas de grues. » Et de souligner le chemin parcouru, notamment grâce à la gratuité dans les musées : l’exposition Detaille au Musée d’histoire bat déjà des records de fréquentation. « Beaucoup considèrent que la culture n’est pas une priorité dans les temps difficiles, or, elle est notre humanité », appuie l’édile. Quant au délai pour restaurer le théâtre du Gymnase, « nous avons été beaucoup plus rapides que les Parisiens, qui ont mis neuf ans et demi pour rénover le théâtre de la Ville », se réjouit Dominique Bluzet.

  • [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    À l’occasion de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), se tenant jusqu’au 23 novembre, le délégué régional de l’Agefiph Daniel Dias et Ludovic Petiteau, fondateur de l’entreprise adaptée Talaron Services, spécialisée dans l’informatique, reviennent sur les avancées du monde de l’entreprise en faveur de l’handicap.

    Louis Dupin : Cette édition s’ouvre 20 ans après la loi handicap de 2005 qui visait à promouvoir l’égalité des droits et des chances pour tous. 20 ans plus tard, quel bilan en tirer ?

    Daniel Dias : La loi de 2005 posait un cadre qui était ambitieux et qui était nécessaire. Elle comporte dans son contenu une dimension emploi assez forte. Où est-ce qu’on en est aujourd’hui ? Il y a des avancées réelles. Le taux de chômage est passé de 17% à 12%. Alors il reste deux fois supérieur à celui de la population en général mais il a baissé de manière assez significative. Autre donnée chiffrée, on a aujourd’hui 1,3 million de personnes handicapées qui sont en emploi. Avant la loi elles étaient 600 000. Cette loi elle était ambitieuse. Est-ce que les résultats qu’on a obtenus collectivement aujourd’hui sont à la hauteur de ses ambitions ? Malheureusement pas tout à fait. Il reste encore énormément de choses à accomplir. Pour appuyer la semaine de l’emploi, on a, avec le concours de l’Ifop, publié une étude montrant que si 60% des personnes en situation de handicap reconnaissent des avancées depuis la loi 2005, elles ne sont que 12% à parler d’avancées majeures. Les personnes en situation de handicap elles-mêmes disent aussi que c’est insuffisant.

    Olivier Nottale : Qu’a apporté cette loi pour votre entreprise ?

    Ludovic Petiteau : Talaron Services est une entreprise de développement informatique donc on réalise des sites web, tout type d’application pour nos clients. C’est une société que j’ai créée en 2010, 5 ans après la loi de 2005, le monde de l’handicap n’était pas encore beaucoup porté sur les entrepreneurs comme moi, mais plutôt sur le monde associatif, les Centres d’aide par le travail [ex-Esat, Ndlr.]. Mais la loi de 2005 a voulu justement les attirer en créant un type d’entreprise qu’est l’Entreprise Adaptée. On a un accord avec l’État qui fait que notre entreprise s’engage à avoir minimum 55% de notre personnel en situation de handicap. Pour notre part, nous chez Talaron Service, on est à 90% à peu près de personnel en situation de handicap sur une cinquantaine de collaborateurs.

    Louis Dupin : La loi de 2005 met en place des quotas obligeant que 6% de l’effectif d’une entreprise soient des travailleurs handicapés. Aujourd’hui, seules 55% des entreprises la respectent, comment l’expliquer ?

    Daniel Das : Il y a plusieurs freins à l’embauche d’une personne en situation de handicap. D’abord, même s’ils ont diminué, restent des a priori, des préjugés qu’il faut arriver à lever collectivement. Il faut donner à voir que c’est possible, que l’entreprise n’est pas seule pour embaucher une personne en situation de handicap. Le deuxième obstacle qui demeure aujourd’hui, même si sur ces dernières années le fossé s’est aussi réduit, c’est le décalage entre les attentes des entreprises en matière de formation et de niveau de qualification et le public handicapé. Ce public est plus âgé, moins formé, moins qualifié et il a une durée d’inscription plus longue à France Travail que le reste des publics. Sur le sujet de la formation, il s’agit aujourd’hui de créer toutes les conditions pour qu’une personne en situation de handicap puisse accéder à une offre de formation qui corresponde aux besoins des entreprises. Aujourd’hui, 10% des publics qui accèdent à l’offre de formation en Occitanie sont en situation de handicap.

    Ludovic Petiteau : Pour la majorité des personnes en situation de handicap, l’handicap arrive en cours de vie – le handicap de naissance représente qu’une petite partie. Pour que ces personnes puissent continuer à travailler, elles passent par une période de reconversion professionnelle. Et effectivement, ce qui fait peur souvent dans l’entreprise, c’est de prendre quelqu’un qui a une quarantaine d’années, mais qui est débutant dans le métier alors qu’elle pourrait embaucher un jeune sortant d’école. Or, le travailleur handicapé a déjà une expérience professionnelle, un savoir-être, un savoir-vivre dans l’entreprise que le jeune débutant n’a pas forcément.

    Lousi Dupin : La question de la formation fut au centre du salon Handijob, qui s’est tenu à Montpellier, dans le cadre de la SEEPH. Ces événements sont importants ?

    Ludovic Petiteau : C’est vraiment un moyen pour les différents entreprises de la région de rencontrer un public dédié au monde du handicap. Du personnel les aide à communiquer, il y a des interprètes des langues des signes, des accompagnants, des éducateurs qui vont pouvoir mettre en place une relation avec les entreprises. En plus des entreprises, sont aussi présents des centres de formation sur ces journées-là. Et ça permet d’échanger entre personnes, entre professionnels, pour avoir des idées de métier à faire plus tard.

    À écouter sur divergence-fm.org.

  • À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    Changement sur le réseau des transports en commun de la Métropole de Montpellier. À un mois de l’inauguration de la ligne 5 de tramway, la collectivité gérée par le socialiste Michaël Delafosse a réorganisé l’offre de transports afin de prendre en compte cette nouvelle ligne. « Cette inauguration aura des conséquences sur le réseau de bus, avec de nouvelles articulations de mobilité et davantage d’offre de transports », détaille le président.

    Ainsi, dès le 20 décembre
    – jour de l’inauguration – les riverains pourront découvrir les 24 lignes de bus optimisées sur les 40 que compte le réseau. Des changements qui ne seront pas immuables. « Ce n’est pas une science exacte, on voulait répondre aux besoins des habitants. Il y aura peut-être des difficultés qui nous seront remontées à partir du 20 décembre, on va être dans le dialogue. Un comité de suivi de la mise en place de la nouvelle offre l’ajustera en permanence », soutient Michaël Delafosse.

    Si certaines lignes ont déjà fait l’objet d’adaptations – notamment le bustram, les lignes 9, 14 et 16 en mai 2025 – d’autres seront mises en service en décembre. À l’instar des lignes 6 et 7 qui fusionneront pour assurer une continuité de la ligne – les riverains devaient changer de bus au Peyrou jusque-là – entre l’Hôtel du Département et Euromédecine. « Nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas beaucoup de lignes transversales. La navette des universités sera remplacée par une ligne 13 avec davantage de connexions aux lignes 1, 2 et 5 de tramway », souligne Julie Frêche, vice-présidente PS de la Métropole aux mobilités. Et ainsi de permettre une continuité entre Occitanie-Hôpitaux-Facultés et Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.

    Pensée aux 4-Boulevards

    La ligne 15 (Place-de-France – Sabines) sera prolongée jusqu’à la gare Sud-de-France. Quant à la ligne 17 (Gare-Saint-Roch – les Bouisses), « son itinéraire sera modifié et ne passera plus par le boulevard Berthelot. Ce qui représente une cinquantaine de bus en moins chaque jour. Cet itinéraire apaisera le collectif des 4-Boulevards », poursuit Julie Frêche.

    Montpellier n’est pas la seule affectée par ces changements. Au nord de la métropole, la ligne 22 permettra de relier Montferrier-le-Lez à Jacou, en passant par les terminus des lignes 2 et 5 de tram. Prades-le-Lez verra la ligne 23 modifiée et renforcée. La ligne 26 devient la ligne de Montferrier-le-Lez. Côté ouest, la ligne 34 (Cournonsec-Mosson) est renforcée tandis que la 38, partant de Cournonsec, sera prolongée jusqu’à la station de tram Grès de Montpellier. « Elle préfigure la future ligne de bustram », précise Julie Frêche. Les lignes 11, 17 et 20 seront également renforcées. À Villeneuve-lès-Maguelone, la ligne 44 sera coordonnée avec les horaires des trains de façon à favoriser l’intermodalité. Enfin, la ligne 27 de transport à la demande devient une ligne régulière reliant Montaud à Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.

  • Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    « Je suis tellement en colère et triste que Trump détruise la science américaine. Je pense que peu de gens pourront partir, mais beaucoup de ceux qui auraient émigré aux États-Unis ne le feront pas. Parallèlement, les programmes qui encouragent les talents locaux sont supprimés, car Trump n’est pas seulement contre l’immigration et la science, mais aussi contre l’enseignement supérieur en général. La science, la technologie et la santé en pâtiront », écrit sur son blog Pleuni Pennings, qui vient de commencer une nouvelle vie en France.

    Professeure en écologie, spécialiste de la bio-informatique et de l’IA appliquée à la santé, la chercheuse, qui étudie la résistance des microbes et virus aux traitements (sida, paludisme, E.coli), a quitté l’Université de San Francisco pour rejoindre, le 1er octobre, l’Université de Montpellier, avec laquelle elle a signé un contrat de trois ans. « Je vais travailler sur mon sujet de recherche préféré (l’évolution de la résistance aux médicaments) à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Cet hiver, je vais postuler au CNRS dans l’espoir qu’ils m’accordent un poste de chercheuse permanente dans le même institut », se réjouit-elle.

    « Grâce à Trump, mon département a perdu les subventions de formation du NIH qui soutenaient les étudiants de mon laboratoire depuis dix ans. Et s’il était déjà difficile d’obtenir des fonds pour la recherche avant Trump, cela semble désormais impossible », assure-t-elle. Le fait que son « travail déjà stressant à San Francisco le devienne encore plus en raison du programme anti-DEI (diversité, équité et inclusion) et anti-science de Trump », a poussé Pleuni Pennings, confie-t-elle toujours dans son blog, à saisir la main tendue par l’Université de Montpellier.

    Dans le cadre des programmes « Choose Montpellier » et « Toulouse Safe Place for Science », les universités des deux principales villes occitanes ont en effet lancé des appels à candidatures via leurs réseaux et partenaires pour accueillir une quinzaine de chercheurs basés aux États-Unis. Dès le mois de mai, la Région Occitanie s’est engagée à leurs côtés en mobilisant une aide de 2 millions d’euros, « pour notamment participer à la prise en charge de leurs salaires, aux recrutements ou à l’acquisition d’équipements ».

    « L’esprit de résistance et de solidarité scientifique »

    Car les effets du second mandat de Donald Trump se font déjà sentir outre-Atlantique, en particulier auprès de la communauté scientifique et des universités américaines qui subissent de plein fouet les coupes budgétaires et l’arrêt des financements. « Ce sont environ 6 000 suppressions de postes qui sont intervenues, touchant des domaines stratégiques comme le climat, la préservation de la biodiversité, la santé et les maladies émergentes, ou encore les sciences sociales », souligne la Région. Outre Pleuni Pennings à Montpellier, quatre autres chercheuses en provenance des États-Unis rejoindront l’Université de Toulouse d’ici l’été prochain : Ankita Jha, chercheuse en biologie cellulaire, Cecily Sunday, ingénieure mécanicienne et docteure en astrophysique, Alexandra E. Hui, historienne des sciences, du son et de l’environnement et Caroline Sequin, historienne, spécialiste de l’histoire sociale et politique de la France et de l’Empire.

    « En choisissant de poursuivre leurs travaux en Occitanie, elles incarnent l’esprit de résistance et de solidarité scientifique que nous défendons. Leurs compétences viendront renforcer nos dynamiques dans des domaines stratégiques : lutte contre le changement climatique, énergies renouvelables, santé et maladies émergentes, sciences humaines et sociales… L’Occitanie se place à l’avant-garde de la défense des libertés académiques et de la coopération scientifique internationale », estime la présidente socialiste de la Région, Carole Delga.

  • Darryl Bakola marque les esprits pour ses premiers pas chez les grands

    Darryl Bakola marque les esprits pour ses premiers pas chez les grands

    À cinq jours de ses 18 ans, Darryl Bakola ne pouvait pas espérer meilleur cadeau d’anniversaire de la part de son entraîneur. Roberto De Zerbi a décidé de le titulariser pour la première fois sa jeune carrière, mardi soir, à l’occasion de cette 5e journée de Ligue des Champions face à Newcastle. Il n’avait jamais débuté un match avec le groupe professionnel jusqu’ici, que ce soit en Ligue 1, où il est entré à cinq reprises pour vingt-quatre minutes de temps de jeu cumulé cette saison, ou bien même en Coupe de France.

    Une première mémorable

    Une somptueuse opportunité pour le jeune milieu de terrain originaire de Clichy, en région parisienne, qui devient le deuxième plus jeune olympien à prendre part à un match en Ligue des Champions, derrière André Ayew, plus jeune de 49 jours lors de la rencontre face à Porto, le 24 octobre 2007.

    Mais cette chance était avant tout un pari osé de la part du technicien italien, qui a eu l’occasion de justifier son choix avant le coup d’envoi. « Parce que c’est un joueur fort. Je m’attends à ce qu’il joue comme quand il était petit et qu’il jouait dans le parc à côté de sa maison », a-t-il confié au micro de Canal+. L’ancien vainqueur de la Coupe Gambardella avec l’OM en 2024 a progressivement trouvé ses marques sur le terrain. Il n’a pas eu peur d’aller au contact des Magpies, avant de prendre son courage à deux mains pour tenter sa chance vers la cage de Nick Pope. En résistant à la pression défensive exercée par Sandro Tonali, Darryl Bakola a réussi à s’effacer de son marquage pour se retrouver dans la zone de vérité. Il s’est malheureusement pris les pieds dans le tapis vert et a même écopé d’un carton jaune pour simulation.

    Intéressant en première période, le minot s’est sublimé en seconde, délivrant la passe en profondeur décisive du premier but d’Aubameyang. Il n’a pas ménagé ses efforts par la suite, en continuant de gratter quelques récupérations, avant de sortir à la 62e minute sous les applaudissements du public.

  • Les syndicats maintiennent la pression en Vaucluse malgré le flou politique

    Les syndicats maintiennent la pression en Vaucluse malgré le flou politique

    Toujours pas de budget voté par les parlementaires. Mais, en Vaucluse, la CGT, FSU et Solidaires ne vont pas attendre que députés et sénateurs s’entendent pour retourner dans la rue : elles lancent un appel à la grève, ce mardi 2 décembre. Le même jour, une manifestation est prévue à Avignon au départ de la cité administrative, en direction de la place du Palais des Papes.

    Un mouvement qui « s’inscrit dans une période budgétaire complexe pendant laquelle, lorsqu’on se lève le matin, on ne sait jamais ce qui va être annoncé », déclare d’emblée, ce mardi 25 novembre lors d’une conférence de présentation, Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse. Elle poursuit : « Dans une période trouble politiquement où on ne sait où va le gouvernement, nous, notre ligne, on l’a ! ».

    « C’est clair que nous sommes dans une grande période d’incertitudes. On a pu faire reculer le gouvernement grâce à nos mobilisations sur les jours fériés supprimés ou encore le décalage de la réforme des retraites. Mais ce ne sont que des petits reculs et il faut maintenir la pression », abonde Sylvain Barthet, secrétaire départemental de la FSU.

    Les syndicats dénoncent également « austérité qui s’annonce sans précédent » avec des agents du service public, « qui ont perdu 23% de pouvoir d’achat en 20 ans ». La situation est aussi tendue dans le privé, avec de nombreuses Négociations annuelles obligatoires (NAO) en cours, comme chez Marie Blachère (lire notre édition du mardi 25 novembre), mais aussi dans le département. La secrétaire syndicale liste pêle-mêle le spécialiste des plaques de plâtre Siniat, dont le siège social est à Avignon, ou le groupe agroalimentaire McCormick (ex-Ducros), implanté à Avignon, Carpentras et Monteux. « Les propositions des patrons ne compensent absolument pas l’augmentation des prix. Avec la résultante que les salariés ne vivent plus de leur travail », martèle Laurence de Villèle.

    Contre l’alliance

    des droites

    L’occasion également pour le représentant de la FSU d’évoquer « l’alliance de la droite et de l’extrême droite pour protéger les grandes fortunes, qui refusent seulement que l’on effleure le patronat ». Pour Sylvain Barthet, « les masques tombent ». Du côté de la CGT, Laurence de Villèle rappelle que « l’extrême droite est arrivée au pouvoir quand elle était appuyée par le patronat », en évoquant l’invitation du président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, aux universités d’été du Medef, à la fin de l’été.

    Elle regrette également « la volonté du gouvernement de maintenir une politique de l’offre qui est, en réalité, un détournement massif au profit des grandes entreprises et du milieu des affaires qui les dirige », abonde Sylvain Barthet. Une logique qui a pour conséquence aujourd’hui « l’austérité qui pèse sur les foyers ». Et contre laquelle « seule une pression bien plus grande et massive du monde du travail peut peser », confie le responsable syndical.

    Laurence de Villèle rappelle enfin les débats autour de la taxe Zucman et son rejet par l’Assemblée nationale le 31 octobre dernier : « Le RN dit qu’ils sont la solution pour les travailleurs, mais ce n’est qu’une grande mascarade, car leur intérêt est de protéger le patronat. On parle d’une imposition de 2% au-delà de 100 millions d’euros. Si je n’avais qu’un pour cent de cette somme, je vivrais très, très bien. On est vraiment dans une politique qui consiste à laisser l’argent là où il est », confie-t-elle.

    Pour l’heure, d’autres mobilisations ne sont pas programmées, dans l’attente de nouvelles annonces ou qu’un budget soit enfin voté par les parlementaires.

  • Des personnels du médico-social en grève à Aubagne pour leur salaire

    Des personnels du médico-social en grève à Aubagne pour leur salaire

    « Les brasiers chauffaient depuis longtemps… », lance Bernard Cresta. Il est le délégué syndical CGT central des établissements de l’Araimc : l’Institut d’éducation motrice Saint-Thys, le Foyer d’accueil médicalisé les Violettes, le centre Decanis à Marseille, la Gauthière à Aubagne. Cette association du secteur médico-social a son siège social à Aubagne. 500 salariés travaillent au sein de ces cinq structures.

    Ce qui a attisé les flammes ? « Dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires (NAO), notre demande de revalorisation salariale, portée par la CGT depuis quatre mois, a échoué. Début novembre, la direction nous a annoncé son refus ferme et définitif pour manque de budget. Elle nous a baladés, on s’est sentis méprisés », réagit le délégué syndical. « Mais nous avons appris il y a peu que l’association allait acheter un siège social à plus d’un million d’euros à Gémenos… » L’autre « point de tension » évoqué par Bernard Cresta concerne « la décision unilatérale de la direction générale et du conseil d’administration de prendre l’Association pour les foyers et ateliers des personnes handicapées (Afah), environ 170 salariés, sous mandat de gestion, sans tenir compte de l’avis défavorable des élus, des salariés et de la CGT. »

    « Deux boulots pour joindre les deux bouts »

    Pour le syndicat, « la direction générale devrait plutôt se concentrer à améliorer le fonctionnement, l’organisation de ses établissements et le suivi des personnes en situation de handicap ». Dans certains établissements de l’Araimc, « le taux d’absentéisme atteint 13%, parfois 20%», indique-t-il. Il invoque « la pénibilité, l’usure du travail ». « On aime notre boulot mais ça ne paie pas les factures… On a des salaires tellement bas que les salariés, à 80% des femmes, souvent mères isolées, divorcées ont souvent deux boulots pour joindre les deux bouts », décrit-il. Par exemple, « des aides médico-sociales, des aides-soignantes qui sont toute la journée et les week-ends auprès des résidents en situation de handicap ou polyhandicap ont un niveau de salaire de 1 700 euros par mois avec dix ans d’ancienneté… ».

    Pour toutes ces raisons, les salariés de l’Araimc sont appelés à faire grève et à se rejoindre à 9h30 devant l’Espace des Libertés, avenue Antide-Boyer. La date n’a pas été choisie par hasard : « On fait cette grève à l’occasion de la journée associative de l’Araimc, à l’Espace des Libertés. On a demandé une audience en fin de matinée auprès du directeur général et nous voudrions rencontrer la déléguée interministérielle qui sera là. On veut lui dire que les salaires du secteur médico-social doivent être revalorisés. On ne résoudra pas le problème de l’absentéisme tant qu’ils ne l’auront pas été. » Une des revendications de la CGT Araimc est « le recrutement immédiat dans tous les postes vacants et le remplacement systématique des absences pour maladie ou accident du travail ».

  • Privés de chauffage à Aix-en-Provence, les locataires sont en colère

    Privés de chauffage à Aix-en-Provence, les locataires sont en colère

    Neuf degrés dans la chambre, dix dans le salon. Dans l’un des derniers logements occupés de la résidence Calendal et Méjanes, vouée à la démolition dans le cadre d’un projet de rénovation urbaine (voir nos précédentes éditions), le chauffage collectif ne fonctionne plus depuis plusieurs jours. Certains locataires affirment que plusieurs appartements sont « sans chauffage, depuis le début du mois ». En urgence, le bailleur social Famille et Provence, gestionnaire de la résidence, a distribué vendredi « 150 radiateurs électriques à bain d’huile aux 50 ménages de la résidence [en attente de relogement, Ndlr] », précise l’organisme.

    Le 17 novembre, les habitants du Calendal reçoivent un premier SMS indiquant que « des fuites ont été identifiées dans certains logements », empêchant « la remise en route du chauffage sur vos résidences ». Jeudi 20 novembre, un second message annonçait aux résidents une première distribution de radiateurs comme « solution d’urgence », ainsi qu’une seconde distribution prévue « courant de la semaine prochaine ». À ce jour, aucune date n’a été communiquée pour le rétablissement du chauffage collectif. à ce jour, les habitants n’ont pas de visibilité sur le retour du chauffage collectif. « On est totalement à l’abandon. Ces chauffages ne chauffent rien, c’est pour nous endormir », pointe l’une des habitantes, emmitouflée.

    Une réunion ce jeudi

    Pour plusieurs locataires, cette panne, comme « l’arrêt d’entretien » des espaces communs, est perçue comme une manière de « nous pousser à sortir, nous pousser à déménager ». « à cause de ces problèmes de chauffage, beaucoup d’habitants ont quitté les lieux précipitamment, ces dernières semaines. C’est une catastrophe poursuit cette habitante. Mais on résiste, on attend de partir dans des conditions dignes et avec nos conditions. Là, on est en colère. Qu’ils viennent dormir chez nous une nuit, pour voir dans quelles conditions on vit ! On tente de les joindre, personne ne répond. Au moins, avec Pays d’Aix Habitat [bailleur en charge de la résidence avant sa fusion avec Famille et Provence, Ndlr], on pouvait discuter un peu. »

    Un autre locataire ajoute : « On sait qu’il y a un projet, que ça va casser, on n’est pas bêtes. Mais on veut partir dans de bonnes conditions, qui respectent l’application de la loi, avec des loyers qui correspondent à ce que l’on a actuellement. Mais l’urgence est vraiment le chauffage. J’ai des enfants en bas âge, je fais dormir mes filles dans le même lit pour qu’elles puissent se réchauffer (…). On doit être partis d’ici quelques mois, ils ne vont pas remettre le chauffage, c’est sûr… »

    à la demande des locataires, une rencontre aura lieu, jeudi après-midi, avec un représentant de Famille et Provence. « Nos services et notre prestataire sont actuellement sur place et à pied d’œuvre pour restaurer au plus vite le système de chauffage », indique le bailleur. Une « suppression sur les charges de chauffage » sera également appliquée « tant que le service ne sera pas rétabli », précise Famille et Provence.

  • Violences sexistes et sexuelles : un colloque sur la prévention dans le milieu sportif

    Violences sexistes et sexuelles : un colloque sur la prévention dans le milieu sportif

    Le milieu sportif n’est malheureusement pas épargné par les violences sexistes et sexuelles. Certaines athlètes n’hésitent plus à briser la loi du silence, révélant des pratiques qui gangrènent tous les niveaux de discipline. Jusqu’aux équipes nationales. Afin de sensibiliser les formateurs et entraîneurs aux moyens de prévenir les dérives, la Délégation régionale académique à la jeunesse et aux sports (Drajes) co-organise avec la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) une journée de formation.

    Ateliers pratiques

    Cet événement se déroulera en deux temps et réunira environ 300 participants sur la journée, issus de l’ensemble des publics du secteur sportif et associatif.

    Cette journée sera animée par plusieurs intervenants qui présenteront les diverses pistes à explorer. Roxana Maracineanu, secrétaire générale de la Miprof et ancienne ministre déléguée chargée des Sports, en sera la modératrice générale.

    Cette dernière présentera les rôles et missions de la Miprof à l’occasion d’une prise de parole et d’échanges, en ouverture de la journée à partir de 9h30 dans les locaux de la faculté d’économie et de gestion de l’Université d’Aix-Marseille, campus Pauliane.

    L’après-midi, à partir de 14 heures, des ateliers de mise en pratique seront proposés. Ces travaux pratiques auront lieu au sein de site d’Aix-en-Provence du Creps.

  • Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    De la « poudre aux yeux ». C’est ainsi que la CGT qualifie l’annonce d’Ineos, qui, le 19 novembre, a officialisé un programme d’investissement de 250 millions d’euros, soutenu par le gouvernement français, pour régénérer et moderniser son site martégal. Le groupe pétrochimique n’était pas entré dans les détails, mais expliquait que cette somme financerait « plusieurs projets, principalement liés aux unités de Lavéra, majoritairement le craqueur, l’usine de Sarralbe et à la logistique associée ».

    Daniel Bretonès, secrétaire général CGT Inéos-Lavéra, affirme : « De A à Z, c’est que du vent, il n’y a rien de plus que nos budgets habituels. Plus de la moitié, 130 millions exactement, est dédiée au grand arrêt qui est en cours. Une autre partie est en fait le budget de maintenance pour l’année prochaine, mais il est réduit de 10% par rapport à l’exercice précédent. Le reste est partagé sur les unités chimiques françaises d’Ineos. »

    Réduction des coûts

    Le groupe confirme « qu’une partie de cet investissement couvre des projets réalisés pendant le grand arrêt en cours », précisant néanmoins : « Cela s’inscrit dans le cadre global du programme de modernisation. » Pour le reste, il poursuit : « Il ne s’agit pas d’un budget de maintenance, mais de dépenses d’investissement en Capex, c’est-à-dire des investissements réalisés pour moderniser sur le long terme nos actifs. » Le groupe assure que « les projets prévus incluent des équipements nouveaux », sans toutefois détailler lesquels.

    Pour Daniel Bretonès, Ineos fait en réalité du lobbying. « Ils veulent se faire payer une partie de leurs investissements et de la décarbonation par l’État, et mettre la pression en disant “regardez, on fait ce qu’on peut pour maintenir l’emploi”. » Dans son communiqué, le groupe faisait en effet savoir que « les phases futures du programme de modernisation de Lavéra permettront de réaliser de nouveaux gains d’efficacité et des réductions majeures de CO2, mais nécessiteront un soutien supplémentaire de l’État français ».

    Daniel Bretonès indique par ailleurs que lors du dernier Comité social économique, la semaine dernière, la direction « a annoncé une politique de réduction des coûts, avec une réorganisation et des suppressions de postes ». À Naphtachimie, 12 postes organiques seraient concernés. « C’est du non-remplacement, il n’y a pas du licenciement, précise le secrétaire général CGT. Le plus gros impact va être sur les assistances techniques, qui sont les sous-traitants qui travaillent pour nous à temps plein. 65% de leurs postes vont être supprimés, alors qu’ils sont primordiaux pour la bonne marche de nos unités. » À ce sujet, Ineos répond simplement maintenir « une discipline financière stricte pour préserver sa compétitivité ».