Category: accueil-third

  • Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Il était une figure locale du Parti communiste français et du monde littéraire. Roger Martin, homme passionné et engagé, est décédé jeudi 29 janvier à l’âge de 75 ans, après avoir été percuté par une voiture dans la ville où il vivait.

    Né d’un père professeur et d’une mère institutrice, Roger Martin avait quatre frères et sœurs. Très tôt, à l’adolescence, il adhère aux Jeunesses communistes d’Aix-en-Provence. Une ferveur qui ne le quittera jamais puisque dès 1977, il devient adjoint au maire communiste de Mont-Saint-Martin et le restera jusqu’en 1992.

    Militantisme et antifascisme chevillés au corps

    Antifasciste de la première heure, Roger Martin s’est employé, durant des années, à contrer la montée du Front national (puis du Rassemblement national) lors des différentes campagnes électorales, qu’elles soient nationales ou locales. à Pernes-les-Fontaines, mais aussi à Carpentras en 2014, où il s’était engagé pour faire barrage à la Ligue du Sud et au FN. Il fait également partie des fondateurs du réseau Ras’l’front et publia le roman Main basse sur Orange, Une ville à l’heure Lepéniste.

    Mais, au-delà de son militantisme chevillé au corps, Roger Martin était un professeur de Français et écrivain passionné. Reçu au Capes de lettres modernes en 1973, titulaire d’une licence d’anglais, il devient professeur de lettres en 1974, en Lorraine, puis il exerce, à partir de 1992, à Pernes-les-Fontaines dans le Vaucluse, au collège Charles-Doche, où une plaque à son nom a été installée de son vivant. Tout au long de sa carrière, et jusqu’à sa retraite, il exerça également des responsabilités syndicales au Snes, auquel il resta syndiqué.

    Il publia de nombreux ouvrages à la portée nationale et internationale, sur des sujets historiques tirés de faits réels et tous poignants comme les camps de concentration, l’Amérique fasciste ou le Ku Klux Klan, entre autres.

    Une chronique sur les romans noirs

    Il a également créé une série BD, AmeriKKKa, dont il a été le scénariste aux côtés du dessinateur Nicolas Otéro. Celle-ci présente des faits authentiques et actuels mettant en scène Ku Klux Klan et néonazis. Neuf volumes ont paru, dont le dernier, Cauchemar californien, explore l’univers violent de bandes de motards néonazis impliqués dans le trafic de drogue, la traite d’enfants et la pornographie, thèmes qui, tout au long de sa vie, l’ont profondément interpellé.

    En 2008, il publie un roman noir ambitieux, Jusqu’à ce que mort s’ensuive, dans lequel il révèle des faits totalement inconnus de la Seconde Guerre mondiale et l’existence d’un cimetière clandestin américain, en Picardie, qu’il appelle le « Cimetière des hommes perdus ».

    Plus récemment, et depuis plusieurs années, cet auteur prolifique, aussi passionné que passionnant, contribuait très régulièrement à notre supplément magazine week-end avec sa chronique « Le coin du polar », dans laquelle il donnait à lire et à voir des thrillers qui avaient retenu son attention.

    L’ensemble des équipes de La Marseillaise présente ses condoléances à sa famille.

    Réactions

    Fédération PCF de Vaucluse

    « Roger était un homme debout, aux convictions affirmées, membre de notre direction départementale. Il était un militant communiste engagé, un ancien professeur de lettres et un écrivain de roman noir. Antifasciste de la première heure, il était un des signataires de “l’Appel des 250”, qui a vu la fondation du réseau Ras l’front. »

    Pierre Dharréville, ancien député PCF

    « Immense tristesse en apprenant la disparition brutale de Roger Martin. Roger était un militant courageux et tenace. Dans ses textes, il déployait une langue vivante et tranchante. Il sut aussi marier ses mots à l’image, à travers la bande dessinée. Il a mis des mots sur les plaies du monde et de l’humanité. Il nous a aidés à vivre et à lutter et l’écho de son œuvre continuera de résonner. Roger va terriblement nous manquer. »

    Serge de Carli, maire de Mont-Saint-Martin

    « Roger Martin, un ami, un camarade, un professeur de français au collège Anatole-France, un élu, adjoint au maire à la culture, initiateur de la fête de la vieille Église, un écrivain, romancier, un combattant infatigable contre les forces du fascisme… »

  • Expos entre guerre et lumière à la Friche Belle de Mai

    Expos entre guerre et lumière à la Friche Belle de Mai

    « La culture en Ukraine est presque une arme de défense », explique Alban Corbier-Labasse, directeur de la Friche Belle de Mai, à l’heure d’introduire « Le Gué – culture sous guerre ». Exposé dans la salle des machines, un parcours signé Paul Gilonne, suite à ses récents séjours en Ukraine, où il a constaté une « chasse à l’identité ukrainienne ».

    Un fil que ce graphiste tente de rembobiner depuis les années 1920 jusqu’à l’invasion russe actuelle. Sur les murs, la retranscription de ses rencontres : de l’Académie nationale des arts de Lviv, « où sont aujourd’hui fabriqués des filets de camouflage qu’ils envoient au front », jusqu’à Izolyatsia, friche de Donnetsk « prise par les milices russes qui en ont fait une prison politique et un lieu de torture », indique Paul Gilonne, tandis qu’un écran diffuse le témoignage d’un journaliste sur ces atrocités. Sur des murs griffés de bleu et jaune, l’engagement d’artistes dans le conflit se signale par des références à Maksym Kryvtsov, poète devenu soldat, tué en 2024, ou de la peintre Marharyta Polovinko, fauchée par un drone russe.

    « D’un monde à un autre »

    Au 4e étage de la tour panorama de la Friche, théâtre de l’exposition « Au grand jour », réalisée par Anita Ingarden, changement d’ambiance, mais pas d’angoisse, fut-elle parfois teintée de lumière. Sous d’immenses volumes, quatre installations en verre brisé donnent l’impression que les lieux ont été habités. « Un travail sur la question du regard et de la transparence », situe la commissaire, Victorine Grataloup, alors que des écrans diffusent des images d’acteur façon caméra de vidéosurveillance. À l’ère des réseaux sociaux et du flicage généralisé, et « si le regard pouvait tout traverser ? ». Passés ces « portails » allant « d’un monde à un autre », de brutes et fines sculptures en verre et matériaux de chantier suspendues. Comme si elles étaient « en train d’exploser » devant la baie vitrée de cet espace d’exposition qui embrasse le nord de Marseille. Le chemin vers l’intimité ?

  • Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    La pluie et le beau temps constituent le quotidien et le modèle économique de la CNR, premier producteur français d’énergie renouvelable. Mais l’expression reflète aussi l’état d’esprit actuel de l’entreprise.

    Lors des vœux de l’aménageur du Rhône, tenus ce jeudi 29 janvier à Avignon, dans le Palais des Papes, Laurence Borie-Bancel, présidente du Directoire de la CNR, a d’abord souhaité revenir sur une « année 2025 contrastée car marquée par l’instabilité institutionnelle et politique qui nous impacte ».

    La structure se félicite d’avoir produit près de 15 TWh d’électricité renouvelable, dont 13,2 TWh d’hydroélectricité, le reste provenant de l’éolien et du solaire, « soit l’équivalent de 6,4 millions de personnes alimentées », précise la présidente. Elle regrette toutefois « l’absence de feuille de route énergétique ». Selon elle, si « l’hydroélectricité bénéficie d’un consensus sur sa place centrale dans le mix électrique français, ce n’est plus le cas de l’éolien et du solaire ». Deux filiales de la CNR exploitent ces énergies : Vensolair et Solarhona.

    Transport fluvial

    Convaincue que « la décarbonation et la souveraineté passeront par l’électrification », la dirigeante évoque des projets majeurs lancés o ou en passe de l’être, notamment en Vaucluse. Avec, par exemple, la volonté de doubler le déploiement de l’éolien et du photovoltaïque d’ici 2030 pour atteindre 2 000 MW. La construction d’une « petite » centrale hydroélectrique va également bientôt démarrer à Caderousse.

    L’un des points les plus attendus reste toutefois l’examen de la proposition de loi sur l’hydroélectricité à l’Assemblée nationale. Déposée par la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, elle sera discutée en séance ce mardi 3 février. Le texte vise à permettre la mise en concurrence des concessions de barrages, propriétés de l’État, que celui-ci refuse pour l’instant, malgré les exigences de la Commission européenne. Il prévoit également d’ouvrir davantage le marché de l’hydroélectricité.

    La présidente de la CNR n’a par ailleurs pas évoqué uniquement des projets énergétiques. Le démarrage des travaux à l’écluse à grand gabarit de Bollène, où le doublement des portes est programmé, en témoigne. Ces travaux, échelonnés sur six ans, « permettront de fiabiliser le transport fluvial », indique la CNR. Une opération similaire est prévue à Châteauneuf-du-Rhône. L’investissement total est estimé à 90 millions d’euros.

    Parallèlement, la structure ambitionne de doubler le fret fluvial et ferroviaire sur le Rhône à l’horizon 2035, tout en favorisant l’implantation d’entreprises.

  • La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    L’avenir de l’Hôpital public d’Aix-en-Provence Pertuis s’affine. La transformation imminente du centre hospitalier constituait en effet la ligne directrice de cette seconde cérémonie des vœux de Francis Saint-Hubert, tenue jeudi dernier sur le site aixois.

    « L’année dernière, lors de mon discours des vœux, j’ai cité Sénèque : “Il n’y a jamais de bon vent pour un navire qui ne sait où il va”. Il s’agissait de mobiliser nos équipes pour élaborer notre projet d’établissement. Cette démarche arrivera à son terme courant deuxième trimestre 2026. Je peux vous affirmer que le projet Horizons 2035, même s’il n’est pas totalement finalisé, est d’ores et déjà en marche et présent dans l’esprit de chacun d’entre nous », annonce le directeur d’établissement, arrivé de Vendée en août 2024 pour prendre ses fonctions.

    Une transformation sur le fond donc, qui « demande de l’audace, de l’engagement et de la confiance en l’avenir. Un triptyque loin d’être aisé en ces temps : il ne vous aura pas échappé que ni le contexte national, ni le contexte international, pris dans un grand tourbillon d’instabilité, et de menace permanente, ne permettent pas de nous projeter dans un avenir serein ».

    « Aller plus loin »

    En toile de fond se dessinent en effet des contraintes budgétaires persistantes, un climat d’incertitude, des « communes qui cherchent désespérément des médecins », « des débats sans fin quand nos élus doivent voter des budgets », l’adoption de règles « que l’on sait parfaitement inapplicables et souvent contre productives », recontextualise, subtilement, le directeur de l’hôpital. Il dénonce par ailleurs la mutualisation « sans modération » proposée comme solution face au « déficit qui s’aggrave depuis des années ». « Il y a urgence, nous n’avons pas le temps d’évaluer les solutions que nous mettons en place depuis des années et qui n’ont pas fait leurs preuves ».

    Si 2025 s’est avérée une année « d’investissement et de renforcement de nos équipes », 2026 devra « aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite en termes de développement d’activité », souhaite Francis Saint-Hubert. « Nous devons pour cela passer à la vitesse supérieure dans la transformation de nos organisations, mieux répondre au téléphone, élargir nos horaires d’accueil, mieux utiliser nos plateaux techniques, réduire les délais d’attente dans nos urgences. »

    Francis Saint-Hubert l’annonce d’ores et déjà : « 2026 sera marquée par la réorganisation de nos plateaux techniques, nos activités ambulatoires, et par le démarrage des travaux si attendus de nos services d’urgence ».

  • L’Étoile et La Marseillaise en fanfare depuis 1971…

    L’Étoile et La Marseillaise en fanfare depuis 1971…

    Il n’y a pas si longtemps, la saison cycliste démarrait ici, en fanfare, avec La Marseillaise (forcément), et « Bessèges » et son étoile… Et puis, on s’est carrément tourné vers l’hémisphère sud, où c’est encore l’été, pour préparer le début de la saison en France, et la course au soleil, le Paris Nice… Oubliés les camps sur la Côte d’Azur, et l’odeur des premiers Grands Prix foisonnants au milieu des mimosas… Maintenant, c’est souvent en Australie, en Afrique du Sud, ou en Inde, que l’on va chercher le rythme et la cadence… Exotisme et mondialisation du peloton obligent…

    Pourtant, pour les suiveurs chevronnés, pour les anciens, rien ne remplacera jamais le pied à l’étrier du début février du côté de la Canebière ou du Pont du Gard… L’atmosphère était là, et demeure malgré les ans… Entre Espigoulier et Mont Aigoual, entre Provence et Languedoc, le frémissement du printemps est unique, et avec cette semaine magique, on retrouve les neiges d’antan, celles de l’école buissonnière chère à Pagnol, et à Daudet… C’est ici, qu’on se jauge en douceur, au pays des 13 desserts, que les débutants assujettissent toujours le cartable, et que les durs se demandent si cette saison ne sera pas celle du nougat mou…

    Oui, c’est ici, que le Jeune Monlineris a trouvé ses ailes en 1971 et 1972, au pays des Lettres de mon moulin et de Daudet, le pion d’Alès, c’est ici, que le professionnel débutant de 20 ans, s’est envolé vers une belle carrière, assortie d’étapes sur le Tour… Ce n’est pas un hasard, si c’est le fils de Pierre, qui ouvre le palmarès de Bessèges, car il appartient à l’histoire du pays, avec un papa, coureur et poète, qui a écrit un sublime poème sur le Ventoux, le phare, qui éclaire ces deux courses. Ici, on délivrait donc des CAP, des Certificats d’Aptitude à la Pédale… Et si Molineris, que l’on surnomma « le Moulin » traça donc une voie, dont tous les anciens, Ferdinand Julien en tête, se souviennent encore avec émotion, c’est que le maître des lieux, le chef de Gard, s’appelait Roland Fangille… Et avec des bouts de ficelle, il arrivait à « machiner » une course magique… Ici, on prenait confiance avec Roland, et on continue avec Claudine, sa fille… Esclassan, Thurau, Le Guilloux, Labourdette, commencèrent par faire joujou ici, où l’on trempe les épées dans la Cèze… Vous connaissez la suite… Les tulipes bataves avec Raas, Priem ou Osterbooch prirent la suite, comme Priem ou Van Vliet, qui lui fit le lever de rideau à Marseille en 1980… Mais Hinault, Fignon, ou Zoetemelk sont aussi de ces fournées fabuleuses…

    Poulidor, l’ambassadeur

    Les uns viennent apprendre, les autres viennent chercher du réconfort dans ces deux courses pas comme les autres… La preuve Poulidor en fut longtemps l’ambassadeur extraordinaire… Entre ces pionniers et aujourd’hui, où l’on fête les 48e édition à Marseille et 55e à Bessèges, que d’apprentis mitron, ou de boulangers étoilés, sont passés. Surtout des clients au maillot vert, du grand Tour de France, printemps oblige, mais Kelly, Planckaert, Van Poppel, ou Adri Van der Poel, n’étaient que les éclaireurs pour Voeckler, Coquard, Delion, Geniez ou Turgis… Car vous l’avez compris, ici, mine de rien, ça brasse, et on troque les dents de lait contre des dents de loup, Coppel, Laporte, Gallopin, et aujourd’hui Vauquelin procèdent de cette école…

    On pourrait parler d’épisode cévenol, puisque c’est souvent dans l’air du temps, et de fait, il y a bel et bien une mue entre soleil et pluie… La Coupe de France aidant, le rythme des étapes qui n’en sont pas encore vraiment, on se forge, on tricote… Sous l’œil averti du fabuleux Jean-Pierre Chabrol*, qui en fin connaisseur des Géants de la route, depuis le nuage où il est perché, souffle à l’oreille de Roland : « Dis donc, où as-tu été le chercher, celui-là, il a un sacré coup de chausson, il va faire plaisir au père Goddet** » Claudine, qui sait tout, ne tient pas à briser le charme, tout en mettant une dernière main à son prochain miracle… On lui a dit qu’à Vauvert, Monsieur Lecornu pourrait venir donner le départ… Elle n’y croit qu’à moitié, même si « Les lettres de mon moulin » restent son livre de chevet, avec pour marque-page, un brin de mimosa offert par Chavanel, qui s’illustra aussi ici…

    * Écrivain auteur de la trilogie « La gueuse, les rebelles et l’embellie ».

    ** Ancien directeur du Tour
    de France

  • Un concours d’éloquence pour que les jeunes apprennent à se faire confiance

    Un concours d’éloquence pour que les jeunes apprennent à se faire confiance

    « Est-ce que le vote des jeunes est pris en compte ? » « Est-ce plus difficile d’être un jeune aujourd’hui qu’avant ? » Autant de questions sur lesquelles une centaine de 13-18 ans, venus des centres sociaux de Miramas, Istres, Marseille, Vitrolles ou Aix, avaient cinq minutes pour réfléchir avant d’argumenter devant un hémicycle. Pour sa 6e édition, le « Lab’oratoire », concours d’éloquence des centres sociaux organisé par le Réseau Jeunesse de l’Union des centres sociaux des Bouches-du-Rhône (UCS 13) a investi ce samedi 31 janvier l’hôtel du Département. L’idée : « donner aux jeunes des atouts mais aussi et surtout les faire se rencontrer et échanger » explique Pascale Baliand, chargée de mission à l’UCS 13. S’il s’agit là d’une compétition, elle se déroule en équipe, tient-elle à ajouter, car c’est aussi le travail en collectif que l’Union veut promouvoir.

    Où l’on découvre des jeunes engagés, solidaires, plein d’idées… Loin des clichés. « Cela sort du discours ambiant sur la jeunesse, surtout celle des quartiers, ça fait du bien », se félicite Joseph Richard-Cochet, délégué départemental de l’UCS 13. Tout le monde a un peu préparé avec l’aide de l’association Eloquentia et le Garage Comedy Club de Marseille dans le cadre d’ateliers.

    Un espace d’expression

    Entre deux phases éliminatoires, on retrouve des ados venus du centre social de la Martine (15e) avec leur coordinateur du service jeunesse, Kader Allem. « C’est difficile de s’exprimer quand on fait partie du sujet » explique Chemsy, 16 ans qui préfère « porter un regard extérieur » pour trouver ses arguments, pas plus effrayée que ça de prendre la parole face à un public. « Elle est à l’aise, plus que moi, alors je trouve les sujets et je les lui donne », raconte sa copine Maïssa. À leurs côtés, Nasser a de l’expérience, lui qui participe pour la deuxième fois à l’événement. « J’ai progressé, dans la posture aussi et on nous donne de bons conseils », estime le jeune homme. Quand Sofia y trouve elle aussi de l’intérêt car « on a le grand oral au bac coefficient 14 », précise-t-elle.

    Pour Kader, le concours leur permet « de se faire confiance en leur donnant les espaces pour s’exprimer et leur montrer qu’ils sont capables ». Il y a aussi le regard des parents, comme Echata et Laetitia, venues soutenir leurs filles, Sana et Melyna, du centre social la Garde (13e). « On les découvre, alors qu’elles sont plutôt timides » commente la première, « nous, on n’a pas eu la chance d’avoir une formation comme ça, c’est super pour leur avenir », ajoute la seconde.

    Beaucoup repartiront avec un trophée, ravis. « Être ados hier c’était chercher sa voie, aujourd’hui c’est de la faire entendre », résume un membre du jury.

  • [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Immersion avec l’équipe Van Rysel – Roubaix

    [Grand Prix cycliste de Marseille-La Marseillaise] Immersion avec l’équipe Van Rysel – Roubaix

    Face à un plateau composé d’équipes WorldTeam et ProTeam, Van Rysel – Roubaix ne partait pas avec la faveur des pronostics. Pour le team nordiste dirigé par l’ancien coureur Frédéric Delcambre, présent depuis sa fondation en 2007, « ces courses de début de saison, dans le sud, sont une mise en route. Fin février début mars, on remonte dans le nord, c’est là qu’on se doit d’être prêts. Après, si on peut faire des résultats, ce n’est que du bonus », détaille Arnaud Molmy, directeur sportif de l’équipe sur le Grand prix.

    Pour autant, l’équipe ne partait pas sans plan : « S’il y a une échappée matinale, on va essayer d’y être avec un ou deux coureurs. Cette année, il n’y a plus les crêtes, qui étaient le juge de paix, donc la course risque de se lancer d’un peu plus loin. On a des coureurs qui vont assez vite, le but sera donc de basculer la Gineste dans le groupe de tête, pour faire un résultat. » Même si « on n’est pas favoris en cas de sprint. Mais le scénario est imprévisible avec ce nouveau parcours et car il n’y a pas de vrai favori », analyse-t-il.

    Parmi les coureurs qui avaient une carte à jouer, le directeur sportif citait Joppe Heremans, jeune puncheur belge « qu’on a vraiment protégé », et Louis Hardouin, meilleur amateur français l’année dernière, qui disputait sa première course chez les professionnels, mais à qui on ne voulait pas « mettre de pression inutile ».

    L’audace de Hardouin, le top 10 pour Jarnet

    Le début de course est très rapide, comme en témoigne le compteur de la voiture, qui affiche 45 km/h sur des pentes entre 3 et 5%. Après une première échappée avortée, dans laquelle s’était glissé Arnaud Tendon, la seconde est la bonne. En son sein, le Belge Kenny Molly, ce qui suscite l’admiration d’Arnaud Molmy : « Il est impressionnant. Il arrive à s’échapper à chaque course. »

    Impressionnantes, également, les qualités de pilote du directeur sportif. Pour ravitailler les coureurs, dans les pentes du Pas de la Couelle, nous devons doubler la longue file des autres voitures sur une chaussée assez étroite. Toujours sur la corde, l’ancien sprinteur semble aussi à l’aise au volant que sur le vélo. « On n’est pas formé à ça. Ça passe, jusqu’au jour où ça pile et que tu n’as pas le temps de freiner », reconnaît-il.

    Le peloton, conduit par les équipes Total Énergies, Cofidis et Decathlon, ne laisse pas grandir les écarts avec l’échappée et finit même par l’avaler dans l’Espigoulier. « Il n’y a plus vraiment de course ou ça roule tranquillement, lâche Arnaud Molmy. Là, ça s’est posé pendant 5 km puis c’est reparti. On est pourtant sur une des premières courses de la saison. Pour la moitié des coureurs, c’est même la toute première. »

    Sous l’effet d’une descente à près de 70 km/h sur une route sinueuse, le peloton éclate. Un groupe de 32 se trouve désormais à l’avant, parmi lesquels Kenny Molly, Louis Hardouin, Maxime Jarnet et Antoine Raugel, avant d’attaquer la Gineste. Arnaud Molmy est satisfait. « C’est bien les mecs », encourage-t-il, donnant ses dernières consignes : « Vous savez ce qu’il vous reste à faire : placement, placement, placement », martèle-t-il. Kenny Molly lâche dans les premiers hectomètres, lessivé par une journée passée à l’avant. Les trois autres s’accrochent. « Il en faut un qui se sacrifie pour sortir faire le sprint. Si Louis se sent bien, qu’il y aille. Il faut y croire », harangue Arnaud. Ils basculent au sommet avec le groupe de tête. Louis Hardouin tente alors de partir avec deux autres coureurs. « Il ne faut pas trop en faire Louis, des équipes veulent regrouper en bas. Prends le temps, il n’y a que 7-8 secondes, bois un coup », calme son directeur sportif, qui reconnaît quand même : « Il fait un truc quand même le gamin, première chez les pros ! ». Presque payant, mais lui et ses compagnons sont rattrapés à 1 km de la ligne.

    Au sprint, Maxime Jarnet accroche une belle 9e place. De quoi réjouir le directeur : « Ça présage de super choses pour la suite de la saison. Un top 10 pour démarrer la coupe de France, c’est super. Le comportement de Louis extraordinaire, Kenny échappé au départ comme d’habitude… Les mecs ont fait un super boulot. On peut être fiers ce soir », salue-t-il, en espérant confirmer dès mercredi pour le départ de l’Étoile de Bessèges.

  • À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    Faire en sorte que le logement soit un thème fort de la campagne… Halles Delacroix (1er), à Noailles, le collectif du 5-Novembre et l’Assemblée des délogés ont fait le point sur le sujet avec les habitants, ce dimanche 2 février. Charte du relogement, encadrement des loyers, logements sociaux… « On nous a promis plein de choses », rappelle Anissa, membre de l’Assemblée, estimant qu’aujourd’hui, « on fait culpabiliser les délogés au lieu de s’en prendre aux propriétaires. » Si « nous nous sommes constitués en association, ce n’est pas pour rien, c’est qu’à Marseille la crise du logement n’est pas ponctuelle », insiste-t-elle.

    Sans jeter totalement l’opprobre sur la mairie, « dont on sait qu’elle n’a pas beaucoup de poids » nuance Anissa, « on veut les entendre, il nous faut des [engagements] pour nous les Marseillais ». L’heure était donc aux propositions et aux témoignages pour essayer d’avancer.

    Sur le « lieu ressource », en lieu et place de la dent creuse, rue d’Aubagne, « nous avons été entendus » se félicite Laura Spica, de l’association d’habitants « Noailles debout ! », et de promettre de ne pas lâcher. « On a envoyé une lettre à la mairie de secteur, pour qu’on soit associés au projet. Notre volonté a été respectée maintenant, il va falloir créer un comité de pilotage », précise-t-elle.

    Le droit au retour

    Jehane El Meddeb, propriétaire occupante délogée, revient sur son parcours. Obligée de quitter son foyer le 20 janvier 2020, elle témoigne des difficultés toujours bien réelles à réaliser des travaux, dans un système où il faut lutter « contre des syndics voyous ». Elle met le focus sur la charte du relogement. « C’est un peu moins l’enfer que sous la municipalité Gaudin, mais il y a toujours des gens à la rue », déplore-t-elle.

    Dominique, qui a dû quitter son logement en péril, évoque, lui le « droit au retour », impossible quand l’immeuble disparaît comme dans son cas, ou s’il est rénové et devient inaccessible avec un loyer revu à la hausse. À ses côtés, Bernard appelle à la force du collectif pour agir sur le droit à avoir un toit. « C’est à nous de gueuler et de monter au créneau, encadrer les loyers on en parle depuis des années, là on n’a plus les moyens de se loger dans une ville en tension », lâche-t-il.

    Camille propose de s’inspirer de l’association bayonnaise Alda, qui dénonce les niveaux des loyers et la prolifération des locations saisonnières. « Ils font ce que l’on appelle du “shaming” au propriétaire, lui mettent la honte », explique-t-il, exhortant le public à continuer à mettre la pression, même en cas de victoire, « car les pouvoirs publics reprennent très vite leurs mauvaises habitudes… »

  • Suez et Seramm innovent pour les eaux marseillaises

    Suez et Seramm innovent pour les eaux marseillaises

    « Quand on va voir l’OM, on n’imagine pas l’ampleur de l’usine qu’il y a dessous. » Sous le parvis Ganay par lequel on accède à la tribune du Vélodrome du même nom, les équipes du Seramm (Service d’assainissement Marseille Métropole) ne sont pas peu fières de présenter Géolide, la station d’épuration, au directeur général de Suez, Xavier Girre. Lequel n’hésite pas à la décrire comme « une merveille de capacité de pilotage et d’anticipation ».

    Et pour cause : plus de 4 hectares de systèmes hydrauliques se trouvent sous les pieds des Marseillais et traitent plus 200 000 m3 d’eau par jour. Cet ouvrage, au cœur du système d’assainissement qui traite les eaux de Marseille et de 17 communes, est situé à la « confluence des réseaux d’assainissement ». « Il n’y a pas autant d’ouvrages souterrains et de cette taille-là ailleurs en France », résume fièrement Olivier Jourdan, directeur des usines du Seramm. « Marseille a une place particulière pour Suez. Le site est exceptionnel, il y a un enjeu d’innovation et de volume avec les phénomènes météorologiques plus marqués », abonde le directeur général, Xavier Girre.

    Vestes orange fluo estampillées Seramm sur le dos, les travailleurs de l’équipe de maintenance évoquent « 4 200 équipements répartis sur quatre sites avec la station et deux sous-stations et un bassin d’orage ». Ces derniers réagissent notamment aux alertes du poste de contrôle « phare » via leur astreinte 7 jours sur 7. « L’intégralité du système est sous haute surveillance grâce à des experts présents 24h/24. Il y a des milliers d’informations qui remontent au travers de la supervision », explique Mathieu Luciani, responsable du poste. En clair, un centre névralgique doté de technologies nec plus ultra. Il énumère : « Nous exploitons une centaine de stations de pompage et avons déployé 200 capteurs sur le réseau. » Avec ces outils, la Seramm supervise les flux en temps réel. « Là, nous avons le barrage de la Pugette qui détourne l’Huveaune et permet de préserver les plages et le littoral », précise Mathieu Luciani au directeur général, en montrant une vidéo issue des caméras de surveillance.

    « Maximiser les fluides »

    De quoi démontrer la capacité à « maximiser les fluides hydrauliques dans les réseaux en stockant sur les bassins », selon les besoins. Ce vendredi, « on est encore assez haut sur l’Huveaune » du fait des pluies régulières de la semaine. Autre fleuve en surveillance au poste : celui des Aygalades. À moins de 10 minutes à pied du poste, on retrouve aussi le bassin de stockage Ganay de 50 000 m3, « l’équivalent d’un immeuble de sept étages enterré pour stocker le surplus » en cas de fortes pluies.

    Le fort épisode orageux du 21 septembre dernier, lors duquel des inondations avaient frappé violemment Marseille, est encore dans toutes les têtes. « On a eu un retour de pluie de 15 ans », se remémore Mathieu Luciani. « On a eu la démonstration très concrète de l’efficacité du dispositif », approuve Xavier Girre. C’est d’ailleurs son 3e déplacement à Marseille en 7 mois. Et le DG ne cache pas l’importance qu’il attache à la cité phocéenne et ses infrastructures. « Nous avons développé, ici en particulier, une expertise unique dans la gestion des eaux de pluie et des eaux usées pour préserver le territoire et la Méditerranée », assure-t-il.

    Avant de souligner que, dans la région, « un habitant sur cinq est desservi en eau potable et un habitant sur deux bénéficie du service d’assainissement de Suez » grâce au travail des plus de 2 000 salariés locaux. « On apporte nos solutions techniques, nos innovations au service du territoire », insiste-t-il. Et notamment en vue « de l’enjeu du réchauffement climatique », comme le souligne Nicolas Cotiche, directeur général du Seramm. Il rappelle que « l’histoire de l’assainissement de la ville a commencé il y a plus de 130 ans, quand la ville subissait une épidémie de peste et de choléra ». D’où « l’enjeu de santé publique » qui reste plus que jamais d’actualité.

    Amaury Baqué
  • [Entretien] Bryan Coquard : « C’est moi qui lève les bras, c’est moi qui prends la lumière »

    [Entretien] Bryan Coquard : « C’est moi qui lève les bras, c’est moi qui prends la lumière »

    La Marseillaise : Comment vous sentez-vous après avoir remporté cette course ?

    Bryan Coquard : Je suis content, parce que je suis venu plusieurs fois et je n’avais jamais réussi à gagner. J’avais déjà passé la route des crêtes en tête, et le même jour, où j’ai été battu par Aurélien Paret-Peintre. C’est toujours compliqué ce Grand Prix La Marseillaise. Pour être honnête, c’est difficile à cause du sens du timing. Aujourd’hui, j’avais des bonnes jambes dans de bonnes conditions. C’est moi qui lève les bras, c’est moi qui prends la lumière ce soir.

    Comment analysez-vous votre fin de course, où vous l’avez emporté de justesse au terme d’un sprint final massif ?

    B.C. : On avait vraiment étudié ce parcours, je me suis déchirré plusieurs fois sur cette arrivée. On va hyper vite avec un gros faux plat descendant. Mais, sur la fin du sprint, ça s’écrase un peu, limite ça remonte un peu. Et on la voit très loin l’arrivée. L’erreur qu’on fait tout le temps, c’est qu’on se dit : « Tu vois l’arrivée, c’est bon ». J’ai vraiment dit : « Les gars, aujourd’hui, on prend le risque de perdre. On attend un timing parfait ». Ils ont été incroyables. On est passé sur la droite comme on voulait. Et nous déposer parfaitement. Il a fallu aussi gérer les échappés, notamment Andrea Mifsud, celui qui s’est échappé dans le final. Mais un peloton a tellement d’inertie dans les deux derniers kilomètres qu’il faut 20-25 secondes, presque 30, pour pouvoir aller à la gagne. Et c’est souvent l’échec. Je stressais pas trop, j’avoue.

    Un mot sur votre coéquipier marseillais, Clément Izquierdo, qui vous a facilité la tâche aujourd’hui…

    B.C. : Il a fait une journée incroyable, tout le temps à l’avant. Il était chez lui, surmotivé, mais le week-end dernier il marchait déjà très fort. C’est un top coureur. Il a un super état d’esprit. Vraiment très collectif. On l’a vu gagner au mois d’août l’an passé en baroudeur, mais ce n’est pas juste un baroudeur. Clairement, c’est un coureur très fort. Un bon puncheur. Je pense qu’il fait vraiment partie de ces coureurs solides. Il va encore progresser. ça me fait vraiment plaisir de pouvoir le remercier avec une victoire comme celle-là.