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  • Soutien à Raphaël Kempf

    Soutien à Raphaël Kempf

    Par le SAF Marseille et le SAF Montpellier

    Chaque semaine, retrouvez « Robes noires », une chronique dédiée au monde de la justice, proposée par des avocats du SAF, issus des barreaux d’Aix-en-Provence, de Marseille et de Montpellier.

    Les sections de Marseille et de Montpellier du Syndicat des Avocat·es de France dénoncent fermement les poursuites pénales engagées contre notre confrère Raphaël Kempf pour avoir exercé sa liberté d’expression d’avocat de la défense. Ces poursuites visent à intimider les avocats et à les dissuader de défendre avec zèle les justiciables dont ils ont la charge. Sur renvoi du procureur de la République de Nancy, notre confrère comparaît devant le tribunal correctionnel le 25 septembre 2026 à 8h30 pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, en l’espèce la directrice de la maison d’arrêt de Nancy-Maxéville, pour des faits du 31 août 2023.

    La liberté d’expression de l’avocat est garantie par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

    Il lui est reproché un courriel critiquant la décision de l’administration pénitentiaire d’organiser un débat contradictoire en vue du placement à l’isolement de son client, alors que le tribunal administratif lui avait déjà enjoint de lever cette mesure. Il y qualifiait l’isolement de « torture blanche », expression rapportée par la Commission nationale consultative des droits de l’homme dès 2004.

    La liberté d’expression de l’avocat est garantie par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme. La Cour européenne lui accorde une protection renforcée : les avocats « jouent un rôle clé pour assurer la confiance du public dans l’action des tribunaux, dont la mission est fondamentale dans une démocratie et un État de droit » (CEDH, gr. ch., 23 avril 2015, Morice c. France, n° 29369/10, § 132).

    Toute ingérence dans cette liberté, a fortiori par la voie pénale, ne se conçoit qu’à titre exceptionnel. Critiquer, fût-ce vivement, une décision privative de droits pour un détenu, en des termes employés par une institution nationale des droits de l’homme, relève de la mission même de la défense.

    Ces poursuites s’inscrivent dans un mouvement délétère d’intimidations et d’actions, disciplinaires ou pénales, dirigées contre des avocats pour l’exercice de leur métier. Alors qu’il devient toujours plus difficile de faire valoir les droits de celles et ceux que la société met au ban, l’avocat doit pouvoir parler et écrire librement.

    Quelle que soit l’intimidation, les avocat·es du SAF continueront de dénoncer les conditions de détention indignes, des Baumettes à Luynes en passant par Villeneuve-lès-Maguelone, ainsi que les traitements inhumains et dégradants infligés par l’administration pénitentiaire.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • Jérémy Bacchi : « Colère et indignation »

    Jérémy Bacchi : « Colère et indignation »

    Jérémy Bacchi (PCF) est sorti de ses gonds à l’annonce de la volonté du président de la Métropole d’annuler toutes les gratuités dans les transports dont celle de l’ex-Pays d’Aubagne. « Je ressens beaucoup de colère et d’indignation », indique-t-il à La Marseillaise. Scandalisé sur le fond, il l’est aussi sur la forme : « Le maire d’Aubagne apprend cela par voie de presse, c’est totalement inacceptable et irrespectueux. Comment parler de Métropole des maires quand on a cette attitude ? »

    « On nous explique que c’est pour faire des économies sur la fin de l’exercice 2026 puisqu’il faut trouver 53 millions d’économies. Mais comment la Métropole va-t-elle installer toute la billettique et recruter des dizaines de contrôleurs dans ces conditions et à quel coût ? », interroge-t-il.

    Pour le parlementaire, « c’est une mesure purement idéologique prise dans un contexte de flambée des prix du carburant. Mettre fin à la gratuité, c’est un non-sens économique, social et environnemental ».

    Jérémy Bacchi ne veut pas en rester là. « Ce qui a été annoncé peut être défait », affirme-t-il en appelant à la mobilisation des élus toutes couleurs politiques confondues et de la population.

    L.P.

  • [Entretien] Hervé Granier : « Nous parlons le même langage »

    [Entretien] Hervé Granier : « Nous parlons le même langage »

    La Marseillaise : Quel bilan tirez-vous de cette campagne ?

    Hervé Granier : Nous avons été bien reçus, dimanche, les grands électeurs auront la liberté de choisir qui ils veulent. Mais nous sommes la seule liste avec trois maires en position éligible, c’est ce qui nous différencie. Nous parlons le même langage.

    Entre les pressions et certains mots, la campagne n’a pas été trop dure ?

    H. G. : Bien sûr. Nous ne méritons pas d’être traités d’amateurs, d’autant plus que nous avons mené notre campagne de manière très propre, nous n’avons critiqué personne. Derrière, les querelles internes, les investitures, cela ne nous regarde pas. Mais si un amateur gagne les municipales deux fois, je souhaite à tous de l’être. Parce qu’il y en a qui ont perdu des élections.

    Que proposez-vous ?

    H. G. : Ce que je propose, c’est le cumul des mandats, de s’attaquer aux différents sujets pécuniaires des communes, à l’empilement des normes. Pour les sujets nationaux, nous travaillerons ensemble avec les maires. Mais les grands électeurs ont besoin d’entendre un discours qui les concerne tous les jours : le statut de l’élu, les indemnités… Quand on sait que des maires gardent leur activité parce qu’ils gagnent 1 500 euros par mois alors qu’ils restent jusqu’à 22h en mairie !

    La Métropole s’est invitée dans la campagne…

    H. G. : Je porte la voix de mon président, Nicolas Isnard. Quand la tempête arrive, il ne faut pas se disperser, il faut être solidaires. Mais je respecte le choix des uns et des autres, chacun défend sa ville de la meilleure des manières possibles. On a fait des promesses à nos administrés, cela va être compliqué de les tenir avec le désengagement de l’État…

    Qui va vous succéder à Gardanne si vous êtes élus ?

    H. G. : Mon premier adjoint.

  • Les entreprises locales à l’honneur de la Foire de Marseille

    Les entreprises locales à l’honneur de la Foire de Marseille

    La Foire internationale de Marseille, rendez-vous incontournable de la rentrée, se tient du 25 septembre au 5 octobre, au parc Chanot. Pour son ouverture, l’accès à la Foire est gratuit ce vendredi. L’occasion de découvrir tous ces stands à moindre coût. Les visiteurs, attendus en nombre, pourront alors profiter des quelque 1 000 exposants, que ce soit pour faire du shopping ou pour découvrir des spécialités culinaires du monde entier. La Méditerranée sera mise en avant lors de cette édition avec le slogan : « La Méditerranée en scène ». Ainsi, de nombreuses activités et expositions liées à la mer et sa préservation seront au programme de la foire, comme des ateliers d’upcycling, des immersions en réalité virtuelles, et bien d’autres.

    Start-up de la région

    La Foire accueille de nouveau un village dédié aux entrepreneurs marseillais et de la région, intitulé Innova’Marseille. Cet espace sera présent du 25 au 28 septembre et « regroupera douze innovateurs, sélectionnés au préalable par un jury », précisent les organisateurs. Ils auront l’occasion de mettre en avant leur produit ou leur concept afin de séduire les passants. À l’issue du week-end, le prix « coup de cœur du public » sera décerné à l’inventeur qui aura le plus convaincu les visiteurs. Des démonstrations, des quiz et des jeux seront proposés à chaque stand afin d’interagir avec le public et solliciter leur soutien.

    Parmi les entreprises sélectionnées, une marque d’encens sains et durables, l’inventeur d’une bâche photovoltaïque pour voiture, ou encore des applications boostées à l’IA pour faciliter le quotidien.

    Simon Vukojevic

    Informations et programme : foiredemarseille.com

  • François Ruffin veut faire du logement une priorité

    François Ruffin veut faire du logement une priorité

    Du front de la Somme aux logements sociaux marseillais, il n’y a qu’un pas pour François Ruffin. « La question du logement doit être centrale pour la prochaine élection », martèle, ce jeudi, le candidat à l’élection présidentielle, devant une résidence du bailleur social bien connu de la cité phocéenne, 13 Habitat, aux Chartreux dans le 4e arrondissement. Nassera, une habitante de l’ensemble lui fait une visite de son logement qui est dans un état qui se passe de commentaires. « Avec un enfant handicapé, je n’ai pas de lumière dans la cuisine, la salle de bains et les toilettes. J’ai des fuites, je suis obligée de vider mes excréments avec une bassine… L’été, on crève de chaud et l’hiver de froid », dénonce-t-elle, les larmes aux yeux.

    De quoi faire réagir le député d’Amiens : « Je l’ai déjà vu à Amiens, ailleurs dans le pays, ici à Marseille. La situation du logement en France est catastrophique : 3,5 millions de logements vacants. […] Il faut un vrai programme d’isolation des passoires thermiques. » Et de balayer d’un revers de main les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu sur le sujet en vue du prochain budget : « Il n’y a rien ! Je n’attends rien d’ici avril prochain [mois de l’élection présidentielle, Ndlr], mais il faudra que des décisions soient prises à ce moment. » En clair, l’élu plaide pour un recentrage du débat public autour de l’habitat : « On doit tout miser sur le logement dans cette campagne, chacun doit avoir des propositions prioritaires sur la question. »

    Et côté proposition, l’Amiénois plaide pour « pour le plafonnement des loyers dans le pays » mais aussi par « la lutte contre les logements vacants ». Il ne se dit notamment « pas opposé » à la réquisition des logements vides. Tout un programme.

  • À La Seyne, Révolution Écologique pour le Vivant dénoncent la mauvaise gestion de l’eau par la droite

    À La Seyne, Révolution Écologique pour le Vivant dénoncent la mauvaise gestion de l’eau par la droite

    « Madame la Présidente, nous nous permettons de nous adresser à vous à propos de la situation inquiétante de la Seynoise des Eaux qui assure la gestion de la distribution de l’eau potable sur la Seyne », alerte le comité local de Révolution Écologique pour le Vivant.

    Et de rappeler que, créée en 2017, cette Société d’économie mixte à opération unique (Semop) était bénéficiaire jusqu’en 2022, y compris après une baisse des tarifs en 2017 qui a profité aux abonnés seynois.

    « Aujourd’hui, le constat est accablant, puisque le déficit cumulé pour les trois dernières années sous la présidence des équipes de Bicais-Minniti avoisinerait le 1,8 million d’euros », ajoutent les militants qui crient au scandale et à l’incompétence.

    Les comptes n’y sont plus

    Et de poursuivre : « Il est en effet inconcevable, et nous ne doutons pas que vous partagez notre avis, que la gestion de l’eau potable de la deuxième ville du Var soit traitée de façon aussi calamiteuse ».

    Le comité demande à ce que soit mis un terme à cette situation et considère « qu’il n’est pas question que l’argent public vienne renflouer une société incompétente ».

    Aussi pour que la clarté soit faite, les militants souhaitent l’organisation d’une réunion publique regroupant les administrateurs de la Seynoise des Eaux, avec donc les représentants de la municipalité, ceux de la Métropole et ceux de SUEZ, et les représentants des CIL pour prendre en compte les intérêts des consommateurs. Et de conclure : « Cela permettrait de mettre en œuvre des solutions pérennes qui ne devront en aucun cas pénaliser les abonnés seynois ».

  • Les conditions de vente de SFR suscitent la colère à Aix

    Les conditions de vente de SFR suscitent la colère à Aix

    Devant les locaux aixois de SFR, la grogne monte aussi. Ils sont plusieurs dizaines de salariés, répondant à l’appel national de l’Unsa, la CFDT et la CFTC, à être rassemblés au pied du bâtiment. Quatre mois après l’annonce de la vente de SFR (détenue par Altice France) et partagée entre ses trois repreneurs : le consortium Bouygues Telecom, Free (Iliad) et Orange. Et signant la fin de la marque SFR. Les mesures proposent de passer, à ce stade, 2 500 salariés, au total, chez les trois acheteurs : dont environ 2 300 vers Bouygues Telecom. Dans le cadre de cette refonte, plusieurs salariés SFR intégreront la SA SFR, créée pour faciliter la migration. « Soit tous les employés qui ne vont pas être récupérés immédiatement, environ 5 000 personnes », explique Jonathan Fulpin, pour la CFTC. Problème, « ils estiment à 5 ans de durée de vie cette boîte temporaire. Là où le problème se pose pour nous, les syndicats et les collaborateurs, c’est qu’on passe d’un CDI à un contrat d’intérim », indique René Cuffaro, pour la CFDT. Globalement, si le personnel reconnaît ne pas pouvoir revenir en arrière sur cette refonte, il considère le volet social comme « totalement délaissé (…) pour une opération qui va coûter 20 milliards d’euros, la partie sociale est totalement exclue. Il y aura une casse sociale importante si on garde les conditions actuelles négociées », poursuit René Cuffaro. « À noter que chez SFR, on est une population qui commence à vieillir, on est à 70% de personnes de plus de 50 ans. 65% au moment du closing. Il y a zéro plan senior », se désole Laure Saunier, de l’Unsa. Dans un communiqué transmis à l’AFP, le consortium assurait pourtant que ce projet « apportait une solution d’emploi à chacun des 8 000 salariés du périmètre repris ».

  • À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À sept mois de l’élection présidentielle, les militants socialistes souhaitent « replacer au centre des débats la place de l’économie sociale et solidaires et des associations, car nous sommes convaincus que c’est un terroir fabuleux d’élan social et de progrès », pose Jacques Blandin, secrétaire de section du PS Toulon. C’est ce que promeut le Pacte du pouvoir de vivre, qui a fait l’objet d’un « Atelier de la rose », organisé par le parti jeudi à Toulon.

    Des « propositions fortes »

    Ce collectif apartisan de 67 associations, né des Gilets jaunes, promeut « un travail commun sur les préoccupations que sont les fins de mois et l’environnement », résume Yann Fradin, membre du bureau d’Emmaüs France. Un combat porté par « des acteurs de terrain, mutualistes, associations, syndicats », décrit Isabelle Godefroy, coordinatrice PACA du Pacte et membre du PS toulonnais.

    Et il en ressort des « propositions fortes » : faire respecter la loi SRU à travers la Fondation pour le logement – parti du pacte -, notamment à Toulon « qui n’affiche que 17 % de logements sociaux », et eu égard aux « 240 000 foyers français sans logement pérenne » ; multiplier les « territoires zéro non-recours » où sont déployés des référents pour apporter des aides pratiques et juridiques, mais aussi les « territoires zéro chômeur longue-durée », expérimentés dans 85 quartiers prioritaires de la ville, qui visent des retours à l’emploi pérennes et pour lesquels « on espère que le projet de loi visant à les étendre, adopté en juin au sénat, passera en seconde lecture à l’assemblée d’ici décembre », précise Michele Monte, représentante locale d’ATD Quart Monde, mouvement qui a créé ce dispositif en 2011.

  • [Apnée] Défi relevé dans les Calanques pour Sven Narbonne

    [Apnée] Défi relevé dans les Calanques pour Sven Narbonne

    « À jamais le premier ! », s’exclame Sven Narbonne après avoir plongé à plus de 100 mètres de profondeur au cœur de l’eau glacée qui entoure Marseille, jeudi vers 10h45. Personne n’était allé aussi loin que le natif de Bandol dans ces eaux pouvant avoisiner les 10 degrés lorsqu’en surface, la température tourne autour de 25 degrés. Cette performance est le résultat d’une lourde préparation menée depuis plus d’un mois, en vue des championnats du monde d’apnée à Chypre, le 3 octobre.

    Plusieurs bateaux avaient été affrétés, dont un pour les proches de l’athlète du Yachting Club de la Pointe-Rouge et un autre à bord duquel Sven Narbonne était accompagné d’autres plongeurs chargés d’assurer sa sécurité : « Ce sont les copains et les copines qui deviennent plus que ça, des anges gardiens. Sans une sécurité mise en place aussi importante, c’est impossible de plonger sereinement. C’était super d’avoir tous ces gens de différents horizons. Sans cette énergie, que ces presque trente personnes ont fédérée, je n’aurais pas fait ça comme cela. »

    La plongée était millimétrée pour que Sven Narbonne évolue dans les meilleures conditions. Après trente minutes de repos sur le bateau, il a passé un peu plus de cinq minutes, chronométré par un jury, à la surface de l’eau à effectuer des exercices de respiration. Une préparation exigeante qui lui à permis d’atteindre les 100 mètres en un peu moins de 2 minutes et de remonter à la surface une minute et demie après, accueilli par tous ses amis dans l’eau, exultant de joie. Afin de valider sa performance, deux jurys internationaux, membres de son club, étaient à bord de son bateau, rempli d’émotion au moment où il remonta à la surface. Une performance qu’il n’est pas près d’oublier : « Très très fier d’avoir accompli ce cap des 100 mètres que j’avais en tête depuis que j’ai commencé ce sport. Quelque chose explose émotivement en moi, je suis remonté très vite par rapport à d’habitude, c’est super chouette. »

    Pour Julien, proche de Sven Narbonne, son ami peut viser encore plus haut : « On a l’impression que c’est facile pour lui notamment car il a un calme hors du commun. Il a de la marge, oui, il peut passer les 110 mètres l’an prochain ! ».

  • Hautes-Alpes : l’intersyndicale appelle la population à se mobiliser

    Hautes-Alpes : l’intersyndicale appelle la population à se mobiliser

    « Quels services publics voulons-nous demain ? Cette question concerne absolument tout le monde », affirme Julien Bouillé, cosecrétaire de la CGT des Hautes-Alpes depuis les locaux du syndicat à Gap. Il reprend les mots d’un texte rédigé par l’intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires, FO et FSU) du département à l’occasion d’une conférence de presse.

    « Cette journée ne concerne pas uniquement la fonction publique, insiste-t-il, même si bien sûr, il y a une question salariale. Les fonctionnaires ne sont pas des privilégiés, les bas salaires et la précarité existent aussi la Fonction publique : près d’un million d’agents ont vu leur traitement indiciaire perdre 15% en dix ans ». Certains gagneraient même moins que le Smic. « La multiplication des contrats précaires, les difficultés de recrutement et le manque d’effectifs dégradent aussi fortement les conditions de travail », poursuit-il.

    Pour les syndicats, ces enjeux concernent tout le monde : « Dans les Hautes-Alpes, peut-être encore davantage qu’ailleurs, parce que nous connaissons les conséquences de l’éloignement des services. Quand un service ferme ou s’éloigne, les conséquences sont très concrètes : davantage d’attente, de kilomètres, et parfois le renoncement à un droit ». Ils rappellent que derrière chaque poste supprimé, il y a une mission qui devient plus difficile à assurer, que ce soit à l’hôpital, dans l’Éducation nationale, dans les collectivités territoriales, chez les sapeurs-pompiers et autres services de l’État. « Revaloriser les salaires, c’est aussi redonner de l’attractivité aux métiers essentiels », précise le texte.

    Faire mieux avec moins…

    « On nous explique depuis des années qu’il faudrait faire mieux avec moins, mais aujourd’hui cette équation ne tient plus. » L’argument du manque d’argent n’est pas valable pour eux : « Les aides publiques représentaient 211 milliards d’euros en 2023, et pendant ce temps on nous explique qu’il faudrait encore économiser sur l’hôpital ou l’école ? »

    Pour se faire entendre, l’intersyndicale appelle l’ensemble des agents publics, mais aussi les salariés du privé, les retraités et les jeunes à faire grève et à manifester le mardi 29 septembre. « On a encore ce droit d’expression, il faut le mobiliser », ajoute Caroline Sandral de la FSU. Elle reste optimiste, même si les réponses politiques tardent : « En tant qu’enseignante, je sais qu’il faut répéter encore et encore jusqu’à ce que ça rentre, dit-elle. Il faut aussi montrer à la population ce qu’il se passe. Imaginez un chef d’entreprise qui n’est pas remplacé… nous, des chefs d’établissements pas remplacés, on le vit ! »

    Le rassemblement aura lieu le 29 septembre à 10h devant la préfecture à Gap.

    Agathe Di Lenardo