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  • [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    Ce dimanche, un nombre record de listes sont soumises au vote des 3 695 grands électeurs des Bouches-du-Rhône, avec neuf bulletins à disposition dans les bureaux de vote installés au sein de la préfecture. De quoi faire baisser le seuil pour obtenir un siège.

    Des huit sénateurs sortants, seul l’ancien maire (LR) de Rognac Stéphane Le Rudulier a jeté l’éponge, nourrissant les spéculations sur son avenir professionnel. Partie sans les centristes en 2020, la droite a vu l’addition de ses nuances exploser rapidement en plein vol, sapée par son effondrement aux municipales à Marseille. Le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, après s’être lancé dans l’arène dès le mois d’avril, avait pourtant concédé la tête de liste à la sénatrice sortante aixoise Brigitte Devésa (UDI) pour laisser une place éligible à Valérie Boyer (LR). Celle-ci a finalement décidé de partir de son côté, et revendique la légitimité dans son camp. Quand la liste d’union de la droite et du centre recevait l’investiture des LR et le soutien du président LR du Sénat Gérard Larcher, elle affichait celui du président des LR lui-même, Bruno Retailleau. D’abord sollicité par la ministre déléguée Sabrina Roubache, brièvement candidate, le maire (LR) de Gardanne lui aussi mène une liste, revendiquant porter la voix des maires. Entre pressions et mots durs, la campagne à droite a connu un dernier éclat ce vendredi, Valérie Boyer annonçant déposer plainte et alerter le préfet, après l’envoi d’un tract « particulièrement agressif » s’en prenant aux listes de droite et du RN.

    Face à la dispersion des voix de droite, le parti lepéniste espère bien élargir ses voix au-delà des communes conquises et de son score élevé à Marseille pour obtenir une représentation. Il mise sur deux transfuges, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, au risque de brusquer les historiques qui pourront se tourner vers le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier. Menacé d’inéligibilité, il pourrait céder sa place à sa compagne Emmy Font.

    La gauche unie de son côté repart avec les trois sénateurs sortants, menés par Jérémy Bacchi (PCF) et espère obtenir un quatrième pour la Marseillaise Clara Jaboulay, forte d’un score écrasant dans la cité phocéenne aux municipalités et d’une victoire à Aubagne. Il faut certes compter sur la dispersion des voix : LFI présente pour la première fois une liste, la sénatrice guériniste Mireille Jouve se représente tandis que le maire (PS) du Puy-Sainte Réparade Jean-David Ciot a aussi déposé une liste. Mais ces deux dernières candidatures peuvent aussi bien mordre sur les plates-bandes de la droite.

    Surtout, la « mélasse » métropolitaine achève de brouiller les cartes entre blocage marseillais, suppression de la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, main tendue de son président au RN. De quoi faire bouger les positions partisanes.

  • [Sénatoriales] En Vaucluse, trois postes à la clé dans ce jeu des 7 familles en lice

    [Sénatoriales] En Vaucluse, trois postes à la clé dans ce jeu des 7 familles en lice

    Ce dimanche, les 1 318 grands électeurs vauclusiens devront départager 7 listes de 5 candidats pour désigner 3 sénateurs. Il y a six ans, 5 listes étaient en lice. La droite avait envoyé deux élus, partis sur deux listes distinctes, Jean-Baptiste Blanc (LR) et Alain Milon (LR), et la gauche un, Lucien Stanzione (PS). À 79 ans, Alain Milon ne rempile pas et préside le comité de soutien de Jean-Baptiste Blanc. Le Cavaillonnais est, sauf catastrophe, assuré d’être réélu au vu de la configuration des municipales, la droite ayant conservé ses bastions à Sorgues, Cavaillon, Apt ou L’Isle-sur-la-Sorgue. « Je suis très humble, rien n’est gagné », s’avançait-il, prudent, fin août à Gordes lors de la venue du président LR du Sénat, Gérard Larcher. En seconde de liste, Dominique Santoni, présidente LR du Département, peut légitimement espérer être élue même si plusieurs maires souhaiteraient plutôt la voir rester à la tête de Vaucluse plutôt que de filer au palais du Luxembourg.

    À Gordes, la droite sortante s’était évertuée à vanter son expérience et bilan, autant de pierres dans le jardin du maire d’Avignon. Car Olivier Galzi (DVD) a propulsé sa compagne et adjointe au maire Anaïs Hausmann en tête de liste du Bon sens des territoires. Un mouvement officialisé il y a deux semaines par le premier magistrat de la cité des Papes, se revendiquant hors des logiques d’appareils. Malgré une liste sans maire ni élus notoires, Anaïs Hausmann a reçu les soutiens d’Hervé Marseille (UDI), président du groupe centriste au Sénat, puis de Jean-Louis Borloo.

    Loin de ces querelles, l’extrême droite rêve d’obtenir son premier sénateur vauclusien. Thierry D’Aigremont, patron du RN 84, possède un socle de grands électeurs assez solide dans le sillage des victoires à Carpentras, Orange, Bédarrides ou Monteux. Ses adversaires, au premier rang duquel Lucien Stanzione (PS), estiment qu’un sénateur RN n’aura aucune utilité pour le Vaucluse et sera isolé au parlement. Le sortant socialiste, affaibli par les pertes de Carpentras et Avignon, a cette fois constitué une liste DVG et s’appuie sur son bilan et connaissance du terrain pour séduire au-delà de son spectre traditionnel. Un peu plus à gauche, Julien Gautier porte l’étendard insoumis. Enfin, Sylvie Viala, présidente du Modem 84, et Jade Escoffier (divers extrême droite), complètent le casting.

  • Dans les Hautes-Alpes, le sénateur sortant centre droit, favori de l’élection

    Dans les Hautes-Alpes, le sénateur sortant centre droit, favori de l’élection

    Quatre hommes, de la gauche à l’extrême droite, se disputent l’unique siège de sénateur des Hautes-Alpes. Les regards sont principalement tournés vers le candidat Jean-Michel Arnaud, le sénateur sortant, qui se présente sous la bannière des Centristes et est soutenu par la droite. Il se présente aux côtés de Christine Maximin, maire de la commune de Baratier. Bien qu’il siège au sein de la majorité sénatoriale, il dit ne représenter aucune sensibilité politique et s’entendre avec tout le monde, « sauf avec La France insoumise et le Rassemblement national ». Conseiller municipal à Tallard, il est le favori logique de cette élection, puisque les deux principales villes du département Gap et Briançon sont toutes les deux dirigées par des équipes municipales de droite. S’il est serein et confiant, il affirme tout de même que « même les grands favoris se cassent parfois la gueule ». Jean-Michel Arnaud se dit être très proche des élus locaux, une qualité que même ses adversaires ne réfutent pas, bien qu’ils ne partagent pas toutes ses idées.

    Souhaitant proposer une alternative de gauche face au sénateur sortant, Jean-François Baudin représente Les Écologistes et est soutenu par le Parti socialiste et le Parti communiste. Le conseiller municipal de Guillestre a pour suppléante Joëlle Vatain.

    La France insoumise n’a pas souhaité rejoindre les rangs de l’alliance de gauche, au regret de Jean-François Baudin : Michel Pons, conseiller municipal de Manteyer, représente le parti avec sa suppléante Andrée Resterenko. De l’autre côté du spectre politique se trouve le candidat du Rassemblement national Jérôme Sainte-Marie, avec sa suppléante Déborah Laroche.

    Michel Pons comme Jérôme Sainte-Marie se veulent réalistes, et sont conscients que leur chance de rivaliser avec Jean-Michel Arnaud est minime. Tous les deux ont tout de même choisi de se présenter pour diffuser leurs idées durant la campagne, et espérer développer la présence de leur parti respectif sur le territoire.

    Agathe Di Lenardo

  • [Sénatoriales] Dans le Var, gauche, droite et extrême droite partent dispersées

    [Sénatoriales] Dans le Var, gauche, droite et extrême droite partent dispersées

    Trois à gauche, autant à droite et à l’extrême droite, une au centre et une sans étiquette : avec onze listes candidates aux élections sénatoriales, pour quatre strapontins, le Var figure dans le top 5 des départements français qui comptent le plus de postulants à l’entrée au Palais du Luxembourg.

    Parmi les sortants, seule Françoise Dumont (LR) tentera de conserver son siège. Investie par son parti, suite au retrait (malheureusement) forcé de celui dont elle était deuxième de liste en 2020, Michel Bonnus, cette dernière a vécu une campagne mouvementée, durant laquelle elle s’est très peu exprimée publiquement. Déjà, car le candidat républicain aux dernières élections municipales à Toulon ne lui a pas apporté son soutien, se rangeant derrière la candidate UDI Véronique Maurel, présidente de l’Union patronale du Var (en sixième position, donc non-éligible). Un désaveu qui n’a rien de surprenant, les relations entre les deux ex-partenaires politiques étant particulièrement froides depuis les dernières élections législatives, durant lesquelles Michel Bonnus avait soutenu la liste de Yannick Chenevard (REN), ce pourquoi Françoise Dumont avait demandé son exclusion des Républicains.

    La multiplication des listes à droite a également eu de quoi l’irriter, entre celle de la candidate UDI, donc, et celle d’un dissident LR, en la personne de Marc Lauriol. Le conseiller départemental jouit d’une belle cote de popularité auprès de certains élus. Tous deux pourraient ainsi contrecarrer les plans des Républicains, qui avaient pris trois sièges en 2020.

    La gauche affaiblie, l’extrême droite divisée

    À gauche, il y aura également trois listes : celles du LFI Aurélien Lacour, de l’ancien maire de La Roquebrussanne Michel Gros (DVG), désormais conseiller municipal d’opposition, à laquelle se sont notamment joint Julia Peironet-Brémond (PS), Nicolas Plazanet (LE) et Elsa Nardini (PP), et de la secrétaire départementale du PCF Var Sylvie Vinceneux. Aucune liste d’union n’est donc parvenue à émerger, cette dernière refusant de s’allier à un candidat « se présentant comme centre gauche ». L’espoir de voir la gauche, affaiblie lors des dernières municipales, prendre sa part du gâteau, comme elle pensait l’avoir fait en 2020 avec le PS André Guiol, qui avait ensuite rejoint le camp présidentiel, semble mince.

    En revanche, l’extrême droite devrait, sauf grosse surprise, y avoir droit pour la première fois. Renforcée par des victoires dans plusieurs villes importantes en mars (La Seyne, Fréjus, La Valette, Six-Fours), son poids n’est plus le même qu’en 2020. Frank Giletti, député de la 6e circonscription du Var et délégué départemental du RN, devrait a priori rejoindre la chambre haute. Mais les deux listes concurrentes menées par l’ancien député LR Philippe Vitel (UDR) et Christian Bousquières (REC), pourraient limiter son emprise.

    Enfin, Jean-Pierre Colin (Hor), au centre, et Stéphane Michel (Div), ne semblent pas être les mieux armées au vu de la configuration électorale du département.

  • [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    La Marseillaise : Quel est votre sentiment à l’annonce de cette décision ?

    Maurice Marsiglia : Très étonné. Pas par la finalité mais par le timing. On savait que la gratuité n’était pas acquise et on continuait à se battre pour son maintien et son extension. Mais on pensait avoir plus de temps. Le président de la Métropole avait signé un courrier au Premier ministre pour une augmentation du versement de mobilité. On le croyait dans une autre optique.

    Comment est perçue la gratuité ? On sent une colère mais aussi du fatalisme.

    M.M. : C’est quelque chose de très positif que tout le monde a intégré et on sent une opposition totale à sa remise en cause, ce qui nous laisse un espoir dans la bagarre qu’on va mener. Après, ce fatalisme est peut-être inhérent à notre société qui n’a plus obtenu de victoire sociale depuis longtemps. Donc on va informer le public et construire des mobilisations importantes. N’oublions pas qu’on a réuni jusqu’à 600 personnes alors qu’il n’y avait que des bruits. La seule question, c’est vers qui les orienter ?

    Un tarif social est mis sur la table ?

    M.M. : La SDL est contre. 30 à 40 % des gens qui pourraient bénéficier de cette tarification ne la demanderaient pas. Il faut oser dire, je suis pauvre. Et puis ça ne règle pas les problèmes de billetterie, de contrôleurs… Au final les économies qu’on peut faire avec la gratuité sont perdues.

    Quelles solutions vous avancez ?

    M.M. : Depuis des années on se bat pour l’augmentation du versement en mobilité : Au même niveau que la région parisienne, ce serait 220 millions. Une autre solution serait de récupérer les délégations de services publics qui arrivent à terme, en régie publique. Car les sociétés qui gèrent les DSP versent des dividendes à leur actionnaire et cet argent pourrait servir aux transports. Il existe des tas de solutions pour maintenir cet accès libre et l’étendre partout.

  • Les ex-salariés de Fibre Excellence passent le relais

    Les ex-salariés de Fibre Excellence passent le relais

    « Pour la population, pour le Rhône ». En dépit « des intimidations » des liquidateurs, les ex-salariés de l’usine de pâte à papier ont tenu bon derrière les manettes, les vannes et les écrans de contrôle pour s’assurer du maintien en fonctionnement des installations et vérifier les valeurs des eaux pluviales. En somme, ils ont limité la casse.

    Des bureaux mis à sac, un parc d’ordinateurs disparu, des placards éventrés… jusqu’au matériel du CSE bazardé dans un fossé. C’est ce à quoi ont assisté les anciens salariés et leurs syndicats CGT et FO depuis la prise en main de l’usine par les mandataires judiciaires. Avec pour geste inaugural, la mission de mise en sécurité du site confiée par le tribunal de commerce, l’arrêt de la station d’épuration et du système incendie, la méthode employée a heurté jusqu’au préfet des Bouches-du-Rhône. Dès le 3 septembre, Jacques Witkowski prenait en effet des mesures. Huit arrêtés préfectoraux ont été publiés pour stopper les mauvaises manœuvres.

    En vain. Tandis que les employés de la société Realtec continuaient à déménager du matériel sur le site, les anciens salariés ont décidé « d’agir en responsabilité » le 17 septembre en réinvestissant les postes clés pour la mise en sécurité. Depuis, ils n’ont eu de cesse de tourner en 3/8 pour éviter une pollution et sauver l’outil industriel. La CGT défend un projet de revitalisation de l’usine. Le 18 septembre, « devant l’incurie et les mises en danger réitérées de l’environnement du fait du liquidateur, l’État lui a substitué, de manière exceptionnelle et déterminée, l’Ademe » indiquait Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique. L’agence de la transition écologique (Ademe) est sur place pour prendre le relais des opérations avec Suez.

  • Unis contre la ligne THT mais divisés sur le contournement

    Unis contre la ligne THT mais divisés sur le contournement

    « Non à la THT, c’est aussi non à l’autoroute » affirme Lucille Venet (Union pour Arles) au conseil municipal de jeudi. Après l’unanimité « contre » la ligne THT en Camargue, l’élue pointe « des contradictions » de la majorité sur le projet de contournement autoroutier. « Il va détruire 150 ha de zones agricoles, plus que la THT ne le ferait, et augmenter le CO² car plus de routes amènent plus de circulation » d’après Lucille Venet, qui parle d’un « racket quotidien pour les travailleurs allant à Nîmes ou Fos », et insiste sur « les 71,88% d’avis défavorables au projet dans l’enquête publique ».

    Un référendum citoyen ?

    Le maire (Horizons) Patrick de Carolis objecte : « C’est dans l’intérêt de la ville pour la pour désengorger, ses quartiers, mieux les relier au centre-ville, ouvrir la ceinture de la RN113 et revoir le plan de mobilité douce », affirme l’édile. Reconnaissant que certaines terres agricoles en pâtiront, il affirme que « beaucoup sont prêts à comprendre cette situation ». Et fustige : « Un tiers des contributeurs à l’enquête publique ne sont pas d’Arles, il y a surreprésentation des opposants » insiste l’édile. Lucille Venet estime que « L’échantillon de 1 608 personnes est statistiquement fiable. C’est comme les élections, tout le monde ne vote pas et pourtant y’a un maire », avec une pointe d’humour. Sandra Monteils (UpA) demande « Pourquoi ne pas faire le choix que nous portons de référendum citoyen ? ». Patrick de Carolis répond « croire » dans le projet et estime que « c’est à l’État de prendre ses responsabilités ».

    Nicolas Koukas (PCF) prévient des « conséquences de modifier notre Plan local d’Urbanisme [PLU, ndlr], si l’État était maître d’ouvrage du projet, certaines décisions d’urbanisme reviendraient au Préfet et non du maire ». La 1re adjointe Mandy Graillon oppose que « faire une route n’est pas un gros mot, on ne peut pas arrêter quand on construit des logements et équipements publics ».

  • [Week-end] La beauté de la nature sur grand écran à Vedène

    [Week-end] La beauté de la nature sur grand écran à Vedène

    « Le festival a été créé pour sensibiliser à la nature par la beauté du monde », lance en ouverture de présentation Anouk Mégy, fondatrice et présidente de l’association de sensibilisation à la nature par l’image « Le Caracal », à propos de l’événement Escapades en Vies Sauvages qui se tient ces 25, 26 et 27 septembre à Vedène.

    À la salle l’Autre Scène, ce ne seront pas moins de neuf longs-métrages et quatre courts-métrages qui seront présentés au public. On y suivra la vie du rollier d’Europe, oiseau migrateur rare et méconnu, en pleine garrigue languedocienne avec L’oiseau bleu, la vie secrète du rollier d’Europe. Une diffusion en présence du réalisateur. Ou 4 saisons au royaume du panda qui sera diffusé sous les étoiles dans le parc Bardi. Et aussi, dans D’autres terres plus douces, sans frontières, le périple de plus de 6 000 kilomètres d’une jeune grue cendrée de l’Estonie à l’Éthiopie. Sans oublier le très beau Mobula, la légende des diables qui montre le rassemblement de dizaines de raies Mobula au large de la Corse.

    « En pleine évolution »

    Un événement qui gagne en notoriété. « C’est un peu le Cannes des films de nature », s’enorgueillit une des membres de l’association. L’an dernier, presque 2 000 personnes ont assisté à une diffusion. « On commence à être connus à un point où on nous fait des propositions directement », illustre Anouk Mégy.

    Mais il n’y a pas que des films au programme. À commencer par une conférence sur les zones humides du sud de la France par le parrain de cette 4e édition, Jean Jalbert. Le directeur général de l’Institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes, la « Tour de Valat », va lors de cette rencontre « inviter le public à mieux comprendre la richesse de ces milieux fragiles et l’importance de leur préservation », expliquent les organisateurs. « Pour moi, c’est important de partager cette passion commune de la nature à un moment où la nature est sous pression de toutes parts », explique Jean Jalbert. Il y aura aussi William Travers, bénévole pour l’association d’étude des requins et raies en Méditerranée Ailerons, qui va parler de la raie Mobula. Un documentaire sur une expédition de trois chercheurs venus observer un rassemblement de cette espèce méconnue au large de la Corse sera présenté lors du festival.

    Finances fragiles

    Pour autant, le succès grandissant ne permet pas encore une sécurité financière. « On est à la recherche de mécènes privés pour continuer », glisse la présidente. « C’est absolument nécessaire de montrer aussi localement que la nature est présente partout et qu’il faut la protéger. Le Grand Avignon n’est pas en reste avec des dizaines d’espèces remarquables que peu connaissent », poursuit-elle, évoquant un projet de plusieurs courts-métrages sur les oiseaux de Grand Avignon qui devait éventuellement se poursuivre. Mais la communauté de communes a coupé les financements, avançant la rigueur budgétaire.

    Programme complet et billetterie sur lecaracal.fr ou au 06.61.10.16.58

  • Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Au sein de la base aéronautique de RTE, gestionnaire d’une partie du réseau de transport d’électricité français, la chaleur, encore bien présente en cette fin septembre avec 30 degrés affichés ce vendredi 25 septembre, se voit aux traces de transpiration des employés qui s’occupent des hélicoptères. Et si les hommes en souffrent, le réseau aussi.

    Comme le rappelle Gilles Odone, directeur délégué de RTE, « les fortes chaleurs ont un impact sur la consommation d’électricité, mais ça a aussi un impact, ça on le sait moins, sur la capacité des lignes ». Une adaptation du réseau est donc nécessaire. Les dernières installations, qui ont une durée de vie d’environ 80 ans, doivent être adaptées à une augmentation de 4 degrés d’ici l’année 2100. Un programme de plus de 24 milliards d’euros est lancé pour adapter le réseau sur les 15 prochaines années.

    Les hautes températures rencontrées cet été ont aussi comme conséquence de détendre les câbles, qui parfois sont longs de plusieurs centaines de mètres. L’une des missions quotidiennes des hélicoptères est de contrôler l’état et la proximité avec des obstacles de ceux-ci à l’aide, entre autres, de radars. Une mission pour l’heure inaccessible aux drones, bien plus économiques. Ce, alors que RTE est le premier opérateur de drones en France. « La réglementation se durcit en France et les longs vols sont compliqués à mettre en place », concède Stéphane Duval, directeur des Services et Travaux Héliportés (STH). Les 100 000 kilomètres de lignes sont contrôlés chaque année.

    Lutte contre les incendies

    La gestion des incendies fait aussi partie du quotidien des pilotes d’Airtelis, filiale de RTE. Depuis 2020, des hélicoptères Super Puma sont mis à disposition de la Sécurité civile de juin à septembre afin d’intervenir rapidement sur les feux. Pendant l’été 2026, 300 missions ont été effectuées dans ce cadre. Dont, par exemple, l’important incendie dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Mathieu, pilote de RTE, est ainsi parti 7 jours cet été pour aider les pompiers sur place, avec un officier pompier à son bord. « On n’éteint rien tout seuls, on est une aide, on doit avoir l’autorisation pour chaque largage », détaille-t-il.

  • [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

    Kamar-Eddine Ben Abdallah : Je viens des Comores. Après des études en Guinée, je suis retourné au pays avec cette ambition d’être un grand politicien, avec des objectifs, des principes concrets, moi qui ai lu Mandela, qui ai suivi les histoires de Patrice Lumumba, Thomas Sankara, des révolutionnaires progressistes. Je me suis nourri de ces principes. Je me suis engagé dans le syndicalisme et la politique. Je suis allé jusqu’au bout, on s’est disputés jusqu’à aller aux élections, mais il y avait un climat insupportable au village. J’ai été recruté pour enseigner dans un collège, où j’ai eu une formation syndicale et j’ai été élu délégué des professeurs. Le syndicat CTTC (Confédération des Travailleuses et Travailleurs des Comores) m’a proposé un poste de président du comité des jeunes syndicalistes, qui venait d’être créé. Je voulais réaliser des projets concrets pour le développement du pays.

    Comment avez-vous vécu
    votre arrivée en France en 2017
     ?

    K.-E.B. : Quand j’ai entendu ce que vivaient les Comoriens, les étrangers, les Arabes, les Africains en France, dans la rue, partout, je me suis dit qu’il fallait défendre cette cause. Moi qui étais président au syndicat, professeur de français, c’était très difficile d’arriver en France et de devenir un sans-papiers, d’être comme un enfant parce que je ne sors pas, je suis clandestin. En 2019, je me suis installé dans le 3e arrondissement de Marseille, où j’ai eu ma petite case, un studio de 18 m2. C’est là où j’ai commencé à m’intégrer petit à petit. Pendant le Covid, un collectif d’entraide a été monté. Ils ont frappé à ma porte, deux jeunes femmes m’ont donné un colis alimentaire. J’étais ému, ce geste m’a beaucoup plu. On m’a tendu la main, j’ai voulu réciproquer. Moi aussi, j’avais envie de manifester ma gentillesse, d’être reconnaissant. Je leur ai demandé de les rejoindre et de faire comme elles. Elles ont dit « avec plaisir », et depuis, j’ai intégré ce collectif d’entraide entre habitants du 3e arrondissement. Je les aide à faire de la traduction quand il y a besoin. J’ai bénéficié d’ateliers d’une compagnie de théâtre, et j’ai eu l’idée d’écrire une pièce pour parler de ma vie et des injustices, des problèmes existant ici. Mon metteur en scène m’a demandé de trouver un titre, et on a choisi ensemble Moi, sans papiers, dans le canapé.