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  • Avec 2 ans de retard, 13 Habitat met le paquet sur Pasquet

    Avec 2 ans de retard, 13 Habitat met le paquet sur Pasquet

    Sortie de terre en 1933, la cité Pasquet n’a pas l’allure d’une quasi centenaire. Situés en plein cœur de ville, ses 22 bâtiments roses aux volets bleus d’un ou deux étages ont des allures de pavillons. « C’est aéré, c’est vert, ça a du charme et il n’y a aucun problème de stationnement car il y a de l’espace », présente le maire de Berre-l’Étang Mario Martinet (DVG) à la nouvelle direction de 13 Habitat, propriétaire des lieux, en arpentant les jardins de la résidence.

    En mars 2023, la précédente équipe du bailleur social avait annoncé une rénovation thermique sur ce parc de 147 logements, leur performance énergétique étant insuffisante (étiquette F). Nora Preziosi, l’ancienne présidente, avait tablé sur un démarrage des travaux courant 2025 pour un investissement de 8 millions d’euros. Le projet a pris du retard, mais sera bel et bien mis en œuvre. Damien Vanoverschelde, le nouveau directeur de 13 Habitat, précise : « On va faire de l’isolation par l’extérieur. Le permis de construire sera déposé au premier semestre 2026 pour que le chantier puisse débuter en 2027 pour une durée de 25 mois. »

    Au-delà de cette rénovation énergétique, d’un coût d’un peu plus de 10 millions d’euros, 2,2 millions d’euros sont également fléchés pour démolir et reconstruire le bâtiment 8, en proie à des fissures dues à des « désordres structurels géologiques » – probablement des retraits d’argile – et vide depuis des années. Sur demande de Mario Martinet, des places de stationnement devraient également être créées sur l’avenue de la Libération pour permettre une meilleure accessibilité aux commerces, situés de l’autre côté de la rue.

    En pleine réorganisation

    Le nouveau président de 13 Habitat Jean-Marc Perrin concède : « Oui, on doit s’améliorer. On a pris un retard très important sur notre patrimoine, on l’assume. On hérite de deux tiers de notre parc qui a plus de cinquante ans, et qui n’a pas assez subi d’intervention et d’entretien. » À Pasquet, l’état du bâti est loin d’être catastrophique, contrairement à d’autres cités de Marseille ou de Martigues.

    Le nerf de la guerre reste l’argent. « Un certain nombre de recettes ne rentrent plus, comme les Droits de mutation à titre onéreux versés par le Département qui ont chuté depuis le Covid, poursuit-il. Le rapport de l’Ancols [le gendarme du logement social, Ndlr.] pointe un certain nombre de points d’amélioration. On est par exemple mauvais en relocation, avec une moyenne de 126 jours entre le moment où un locataire part et un autre arrive, ce qui est un gros manque à gagner en termes de loyer. On n’a pas non plus été très performants dans notre politique de vente. »

    En pleine réorganisation, la nouvelle direction essaye désormais d’insuffler les bonnes pratiques.

  • La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    Sept ans après les effondrements, le drame de la rue d’Aubagne poursuit son chemin mémoriel. Une partie de cette histoire est officiellement entrée ce vendredi aux Archives municipales de Marseille. La convention a été signée lors d’une table ronde organisée dans le cadre des 5e Rencontres de l’éducation populaire.

    En septembre 2019, des chaînes ayant fermé les immeubles frappés d’arrêtés de péril avaient déjà fait leur entrée au Musée d’histoire et rejoint les collections muséales de la ville pour en devenir « un bien culturel inaliénable ». Cette fois ce sont des documents et récits toujours collectés par Noailles Debout ! avec la coopérative Hôtel du Nord auprès des habitants, qui seront conservés et mis à disposition de tous.

    « La profondeur du récit, du témoignage, en est d’autant plus émouvante et pertinente. Car c’est le propre des récits de vie, des témoignages oraux que de donner du sens à des documents, des informations ou des objets, produits par des services publics ou conservés par eux », apprécie Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. Dans ce projet de collecte, « l’équipe des Archives municipales s’est contentée de conseils et recommandations juridiques et pratiques », insiste l’élu communiste, rappelant que Noailles Debout ! et Hôtel du Nord « ont mené, en toute indépendance, le projet de collecte et fait le choix de cette donation ».

    « Projets co-construits »

    Présents pour l’occasion, quatre membres de Noailles Debout !, Laura, Jean, Laurent et Mélina, ont rappelé à la tribune le chemin parcouru par cette « association à but réparateur » qui s’est très vite retrouvée à marcher dans les pas de convention de Faro, à laquelle la municipalité a adhéré en juillet 2025, en œuvrant à la constitution d’une mémoire vive et collective du quartier et témoignant de l’engagement des habitants dans la préservation de leur patrimoine et le respect de leur histoire. Désormais un comité d’archives du quartier est à l’étude.

    « Des projets co-construits avec les habitants, dans un but de résilience pour dépasser le traumatisme en l’inscrivant dans une histoire collective reconnue », développe encore Jean-Marc Coppola. L’illustration d’« une conjonction heureuse entre projets administratifs, politiques et citoyens », note Olivier Muth, le directeur des Archives municipales.

    Un projet en lien direct surtout, avec la table ronde de la matinée baptisée : Écouter, reconnaître, transmettre : démarches mémorielles, patrimoniales et historiques portées avec et par les habitants. « L’idée des Rencontres de l’éducation populaire, c’est d’avoir un temps où on rend visibles des pratiques qui participent de la co-construction avec les habitants de la politique publique dans la ville dans une démarche d’éducation populaire », explique Marie Batoux, adjointe (PM) en charge de l’éducation populaire, pour présenter cette table ronde qui a mis en avant, durant près de deux heures, « la question des mémoires des habitants et leur place dans la ville ».

    Un travail notamment mené dans plusieurs centres sociaux et illustré par les témoignages de Fatima et Amina, ambassadrices citoyennes de Frais Vallon, sur l’histoire de leur quartier, ou dans un autre genre, par celui de Nicolas Dupont, animateur du groupe Mémoire de la coopération territoriale sur la Belle de Mai.

  • Les enchères solidaires du Crédit municipal font le plein

    Les enchères solidaires du Crédit municipal font le plein

    Mise à prix 7 000 euros, c’est pris. 8 000, 9 000, 10 500, 600, 700, adjugé à 13 300 euros dans la salle ! » Le bracelet Cartier baptisé « clou » serti de diamant et vendu dans sa boîte d’origine faisait partie des objets phare de la vente aux enchères organisée par le Crédit municipal ce vendredi 5 décembre à l’hippodrome Borély. C’est sous les applaudissements qu’une dame remporte la vente, une des rares faites en présentiel quand l’essentiel des pièces se vend par Internet ou téléphone.

    Avec cette vente, cet établissement bancaire pas comme les autres, qui prête à ceux qui n’ont pas accès à l’emprunt et reverse une partie de ses bénéfices au CCAS (centre communal d’action sociale) de la Ville de Marseille, renouait cette année avec une tradition abandonnée depuis le Covid. Une réelle aubaine pour « la banque des travailleurs pauvres » a rappelé son nouveau directeur depuis un an, Benoît de Rosamel.

    Au Crédit municipal, « on vient, on laisse des objets de famille pour finir les fins de mois », explique le maire DVG de Marseille, Benoît Payan. Lors de ces enchères, personne ne perdra d’argent au contraire, insiste-t-il, « si l’objet vaut 100 euros et qu’il est vendu plus cher, on lui verse la différence ». Et de préciser qu’en cette fin d’année, les clients qui ont laissé un objet d’une valeur maximale de 50 euros, « on leur laisse jusqu’au 31 janvier » pour le retirer sans avoir à rembourser. Un « petit bonus pour les Marseillaises et les Marseillais qui sont dans la difficulté », se félicite l’édile avant de s’emparer du marteau.

    Beaucoup de curieux

    et des amateurs avertis

    Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il sait y faire et y prend plaisir. Au cours de la première heure des enchères, il se montrera intarissable sur la qualité des bagues, montres, colliers en perle, leur histoire, celle de la marque, capable de secouer la salle pétrifiée par une chaleur étouffante ou de la calmer quand c’est nécessaire. « Regardez le travail de sertissage, cette opale », harangue-t-il. L’élu n’a pas le droit de prononcer le fameux « adjugé » mais joue du marteau volontiers. Suivront les tableaux, les meubles, et même des lingots d’or. Une pièce de 50 pesos en or, mise à prix à 2 700 euros trouve preneur à 3 940 sous les murmures du public, fasciné.

    On trouve là beaucoup de curieux, qui notent consciencieusement les prix sur leur catalogue, venus un peu rêver. « On découvre, c’est la première fois pour nous, c’est rigolo mais on ne compte pas acheter », s’amuse ce couple à la retraite. Un autre a repéré une pièce en particulier. Concentré, il refuse d’en dire plus. Au premier rang il y a également les amateurs mais aguerris. Calculette en main, l’un d’eux nous décrit les ficelles tout en renchérissant d’un signe de main. « Alors là, le monsieur c’est le crieur qui relaye les offres », nous explique-t-il. Lui a repéré ce qui l’intéresse, il vient assez souvent « se faire plaisir » tout en respectant un budget précis. « Le Crédit municipal c’est une vente par mois », détaille-t-il, mais il ne les fait pas toute. À raison de 40 lots à l’heure, il a calculé que la vente allait durer jusqu’au soir. Plus discrets, souvent en ligne, il y a également « des professionnels » ajoute un autre. Ce qui lui plaît, lui, c’est « l’adrénaline » lâche-t-il avant de nous congédier d’un regard, fasciné par un nouveau lot…

  • Des ingénieures pour inspirer les lycéennes de Thiers

    Des ingénieures pour inspirer les lycéennes de Thiers

    Les élèves, venues nombreuses, sont ravies d’entendre de vives voix les témoignages de celles qui se sont lancées dans les études de sciences ou de l’ingénierie. Comme Céline Roubinowicz, consultante chez Airbus, qui leur conseille : « Restez vous-même ! Peu importe le domaine, vous n’avez pas besoin de vous travestir pour que ça fonctionne ! »

    Pour Shaïma, en classe préparatoire : « Ce qu’elles sont venues nous raconter, c’est rassurant. Je trouve ça génial, on a plein de conseils ! » de son côté, Angelica, abonde en ce sens et se dit « très contente de rencontrer des femmes qui s’épanouissent dans leur travail ».

    « Les garçons sont très avantagés »

    Pour Abdel Dahmani, professeur de science de l’ingénieur : « Dans ma matière, je remarque de grosses différences filles-garçons, surtout sur la concentration et l’implication. Les filles sont beaucoup plus investies. » Il poursuit : « Il y a toujours un moment de basculement dans notre matière, où on commence à travailler sur la mécanique et le manuel, et les garçons se retrouvent très avantagés, parce que les parents les éduquent à tout ça. »

    Isabelle Brunel, elle aussi professeure, exprime le manque de modèles pour les adolescentes : « D’où l’intérêt d’avoir des moments comme celui-ci. Certes, ces carrières peuvent faire peur, parce que les filles ont conscience qu’elles ont l’idée de devoir gérer le foyer, du coup ces domaines leur paraissent difficiles. Les intervenantes sont aussi là pour casser ces clichés et leur apporter des réponses. »

    Parité en berne

    Le constat est amer dans les filières scientifiques. Les jeunes filles sont très sous représentées dans ce secteur. En 2024, les écoles d’ingénieurs n’en comptaient que 30% dans leurs effectifs, selon le dernier baromètre égalité femmes-hommes, produit par la Conférence des grandes écoles (CGE). Au lycée Thiers, on ambitionne d’arrêter l’hémorragie en invitant l’association d’ingénieures, qui œuvre depuis 19 ans pour renforcer la mixité dans les secteurs scientifiques, technologiques et industriels. À la fin des échanges avec l’association, les ados commencent déjà à songer autrement à l’avenir, comme Célia, en seconde : « On est moins de filles dans les matières scientifiques, donc je pense que ça nous a toutes fait beaucoup réfléchir ! »

  • La couleur des émotions pour tous au théâtre

    La couleur des émotions pour tous au théâtre

    Un album tout en douceur et en poésie pour aider les plus jeunes à pouvoir, eux aussi, mieux comprendre et exprimer ce qu’ils ressentent.

    De la douceur et des couleurs

    Sur scène, c’est Oumria Mouffok qui incarne cette histoire s’inspirant librement de l’album. La compagnie « La fabrique des rêves » propose ainsi un spectacle à destination du jeune public et des plus grands qui s’émerveillent encore ces samedi et dimanche sur les planches du théâtre de La Carreterie à Avignon.

    Cette fois-ci c’est sous l’œil des monstres de couleurs incarnant chacun une émotion accompagnés de leur amie qu’il va falloir remettre de l’ordre au milieu de ce bazar où les couleurs et émotions sont sens dessus dessous. Un spectacle mêlant le clown et le kamishibaï qui désigne un ensemble de planches utilisées pour raconter une histoire.

    Une invitation à l’exploration des émotions, entre autres, pour les enfants et ceux qui le sont restés à travers le théâtre.

    Un voyage d’une trentaine de minutes qui invite le public dès 1 an à participer pleinement à cette épopée poétique pour réussir à remettre de l’ordre dans son cœur et retrouver son équilibre.

    Spectacles samedi et dimanche à partir de 10h et 11h15.

    Comptez 10,50 euros
    pour une place

    Informations et résa : 06.65.21.63.45

  • À Marseille, une deuxième librairie ciblée par l’extrême droite en une semaine

    À Marseille, une deuxième librairie ciblée par l’extrême droite en une semaine

    Quatre jours après la librairie Transit, c’est cette fois la librairie-jardinerie Les Sauvages, dans le quartier des Cinq-Avenues (4ᵉ arr.) qui a été ciblée par l’extrême-droite.

    Ainsi, ce vendredi 5 décembre au matin, ses équipes ont-elles découvert à leur tour une croix celtique taguée sur leur rideau. «Nous ne nous laisserons pas intimider par ces actes menaçants et violents, et invitons nos confrères, nos partenaires, élus et citoyens à prendre conscience de cette menace grandissante», réagit la librairie face à cette attaque.

    De quoi alerter l’association Librairie du Sud. «Depuis plusieurs mois, des librairies indépendantes, partout en France, sont intimidées et parfois vandalisées en raison de leurs choix éditoriaux et des opinions qu’elles défendent, réagit le réseau dans un communiqué ce vendredi. Ces attaques menacent directement la liberté d’expression, la diversité éditoriale et la sécurité des librairies.»

    Et de réaffirmer sa solidarité avec ces librairies visées, rappelant que la librairie indépendante est un lieu de débats, d’idées et de rencontres, qui ne doit «jamais être sanctionnée ou menacée pour ses choix».

    Condamnations politiques

    Le député (L’Après) de la circonscription, Hendrik Davi, a lui aussi apporté son soutien, et appelle à rester mobilisé «face à la fascisation et aux intimidations», tout comme l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola, qui rappelait la veille que «la défense de l’indépendance des librairies et des maisons d’édition est un devoir sacré qui transcende les clivages politiques».

  • patrimoine vivant

    patrimoine vivant

    Depuis 2005, une centaine d’entreprises de la région se sont vues décerner le label EPV sur une durée de 5 ans. Cette nouvelle cession en reconduit 18 sur les 21 diplômées, « dont 14 dans l’artisanat », souligne le président de la chambre des métiers, Yann Mazette. Le label permet notamment à ces derniers de bénéficier d’une majoration du Crédit d’impôt CIMA ou de 15% de la somme des salaires et charges sociales afférents aux salariés directement affectés à la création d’ouvrages réalisés en un seul exemplaire ou en petite série.

    Le santonnier Marcel Carbonel, parmi les précurseurs, les trois savonneries marseillaises, la verrerie de Biot, l’Atelier de la Boiserie, l’horloger Gibernon, l’Atelier de ferronnerie pour les pièces mécaniques de moteurs et de sellerie Mehari Club de Cassis, l’épicerie inspirée Marius, la voilerie phocéenne, le chantier Naval Borg ou l’atelier vauclusien de taille de pierre Bidal ont en commun d’être des entreprises porteuses d’un savoir-faire traditionnel, rare ou d’exception et de l’exporter au-delà de leur ancrage local. La ferronnerie d’art Gaudin à Marseille et les niçois LAC chocolatier et la joaillerie Callistoréa sont les derniers nés de cette remarquable équipe de labellisés.

    De la fierté mais aussi des inquiétudes se sont exprimées lors de cette remise des labels en préfecture devant les responsables des chambres économiques, de commerces et d’industrie et de la Métropole. Car un label ne fait pas tout.
    « Une dynamique est enclenchée au national, mais on a besoin d’adhérents à l’association pour faire la promotion de ce label et il nous faut travailler collectivement au niveau de la région », a plaidé Guillaume Fievet, directeur de la Savonnerie du Midi et à la tête de l’association des EPV. « Sans cela, on ne peut rien faire, a insisté la responsable de la Verrerie de Biot, cette année on a raté le salon Vivre Côté Sud. »

    Faire école

    Si Michel Athenour, qui a repris l’historique Chantier naval Borg dans l’Anse du Pharo à Marseille, a assuré de son adhésion prochaine, il a également envoyé un signal lié à la place des entreprises dans l’évolution du territoire. Le chantier a multiplié par trois ses effectifs et semble élargir son horizon. Il souhaitait « être accompagné » dans son développement sur ce site « convoité par de nombreux projets ».

    Enfin, ces métiers d’excellence doivent encore pour perdurer, attirer les jeunes. Ainsi de Mehari Club qui rencontre un problème de recrutement et souhaite « un lien plus fort avec les écoles ». Ce qu’Aurélie Bedes, directrice académique adjointe de l’Éducation nationale n’a pu que noter. « Vous représentez pour nos jeunes une richesse et une diversité des métiers », a-t-elle souligné en évoquant « un précieux partenariat qui doit se développer pour un parcours d’orientation qui soit choisi et non subi pour ces jeunes qui sont les travailleurs de demain ».

  • Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Après trente-deux ans de lutte, les salariés ne sont pas près d’abandonner le dépôt SNCF de Béziers. Face à la position jusqu’au-boutiste de la direction, qui semble décidée à tout pour fermer le centre, les syndicats avancent leurs pions. « On nous a confirmé en septembre dernier que les départs à la retraite ne seraient pas remplacés et que le site fermerait d’ici trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire de la CGT des cheminots de Béziers. Un crève-cœur pour la quarantaine de salariés restants.

    Pourtant, le projet de création d’un Centre de maintenance du matériel (CMR) pourrait assurer l’avenir de ce site historique. « On a besoin de ce centre. Les deux existants sur la région [à Nîmes et à Toulouse, Ndlr] sont saturés. Tout le monde l’attend », soutient Jérôme Vallet, des cheminots de Béziers. D’autant qu’avec la volonté affichée par la Région Occitanie de développer le train, les besoins sont flagrants. « La convention signée entre la Région et la SNCF a pour objectif d’augmenter l’offre de 25%. Ce qui veut dire qu’on va avoir besoin d’augmenter la composition des trains, de rouvrir des petites lignes, donc il faut du matériel et du personnel », fait valoir Bruno Brechon, secrétaire fédéral de la CGT des cheminots de Montpellier. À cela s’ajoute l’arrivée de la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Montpellier et Béziers dans un premier temps, impliquant le développement des TER à partir d’autres villes pour rejoindre cette LGV.

    Narbonne reste à quai ?

    Sauf que la direction ne l’entend pas de cette oreille. « Ils réfléchissent à implanter ce nouveau CMR à Narbonne, pour être au carrefour du Languedoc-Roussillon. Deux fonciers seraient visés : un premier au nord de la gare, mais il est proche d’un quartier résidentiel et impacterait la vue d’un hôtel quatre étoiles. Sur l’autre terrain, ce serait faisable mais il manque un axe routier, ce qui est techniquement difficile à réaliser et coûterait au minimum 15 millions d’euros », reprend Bruno Brechon. Si bien que l’édile narbonnais semble hésiter quant à donner son feu vert à ce projet.

    Or à en croire les syndicats, tout est prêt dans la cité de Riquet pour recevoir ce CMR. En effet, sur site, trois activités sont toujours développées. « Nous avons un centre d’excellence de contacteurs et cheminées, c’est notre spécificité, nous réparons tous les contacteurs de France. Ensuite, il y a un technicentre pour restaurer les locomotives thermiques. Et enfin, un centre de détagage », énumère Guillaume Berthezène, secrétaire technique de la filière matériel de la CGT cheminots de Béziers. Une preuve que subsiste encore de l’activité industrielle, n’en déplaise à la direction. Et outre le savoir-faire, le foncier -contrairement à Narbonne- est disponible. « Notre gare de triage comporte déjà 27 voies, ce qui est beaucoup. On pourrait s’en servir pour relancer le fret, tout est possible. Et l’axe routier est garanti », note Jérôme Vallet. Une aubaine pour l’emploi également, les syndicats tablant sur « la création de 40 à 80 emplois, ce qui n’est pas déconnant pour une ville sinistrée comme Béziers ».

    Face à la « position dogmatique » de la direction, la CGT espère débloquer une étude de faisabilité sur le site de Béziers, rejetée jusqu’alors. Pourtant, cette alternative pourrait mettre un coup d’arrêt à la casse sociale opérée ces dernières années.

  • 3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    Depuis un an, le collectif Nîmes en Commun laboure le terrain politique nîmois à contre-courant des méthodes traditionnelles. Pas de programme ficelé à l’avance, pas de slogans plaqués. Mais une démarche patiente, construite autour d’une ambition : écouter les habitants pour construire avec eux une alternative de gauche crédible à la droite sortante et à l’extrême droite montante. « On a fait le pari d’inverser la logique classique des campagnes : partir des gens, de ce qui les traverse, pour en tirer des priorités politiques », résume Vincent Bouget, tête de liste du collectif.

    Ce pari a pris la forme d’un questionnaire citoyen d’une vingtaine de questions, diffusé massivement sur le terrain, marché après marché, porte après porte. Plus de 3 000 réponses ont été collectées, dont l’écrasante majorité en version papier. « Ce n’était pas un gadget. Aller chercher le papier, c’était aller chercher la parole », insiste Jean-Yves Chabanel, président de l’association Nîmes en Commun. « Chaque questionnaire, c’était une rencontre, un échange, parfois long. On n’a pas fait du chiffre, on a fait du lien. »

    Dans les réunions publiques qui rythment la vie du collectif, cette parole recueillie prend corps. Horia, habitante de Pissevin, a trouvé dans Nîmes en Commun un espace rare : « Depuis que je suis à Pissevin, rien n’a changé. Mais ici, je sens que je peux faire bouger les choses. J’ai été prof de musique, j’ai fait du droit, j’ai un bac littéraire, mais on ne me donne pas de chance. Avec eux, je suis actrice. » De fait, la force du collectif tient aussi à cette diversité de profils. Militants encartés, syndicalistes, habitants engagés sans étiquette : plus de 300 personnes font vivre la démarche, à tous les niveaux. Christine, enseignante et habitante du centre-ville de longue date, apprécie l’originalité du dispositif : « C’est la première fois qu’on va à ce point à la rencontre des gens. Souvent, on se contente d’attendre que les habitants viennent aux élus. Là, c’est l’inverse. »

    Un processus qui ne s’arrête pas à la collecte. Les réponses sont analysées, question par question, avec un objectif : faire émerger des priorités concrètes. « Sur certaines thématiques, il y a un consensus très fort, sur d’autres, des débats. À nous maintenant de faire des choix politiques clairs, en lien avec ce qui a été exprimé », explique Jean-Yves Chabanel.

    « Faire du commun » face aux divisions

    C’est aussi là que se joue la stratégie de Nîmes en Commun : reconstruire une dynamique à gauche, dans un climat de méfiance démocratique, sans tomber dans les vieilles recettes. Le collectif réunit un large spectre politique, des communistes aux écologistes, en passant par Debout ! de François Ruffin, le PS, Place publique ou encore d’anciens insoumis. La liste, en cours de composition, se veut à l’image du collectif : paritaire, diverse, ancrée dans tous les quartiers, mêlant figures expérimentées et visages nouveaux. « On cherche l’équilibre entre représentation politique et implication citoyenne. Il faut incarner ce qu’on veut faire : une ville plus juste, plus démocratique, plus inclusive », ajoute Vincent Bouget.

    Prochaine étape : la restitution publique des résultats du questionnaire, prévue le 11 décembre. Une soirée ouverte à tous, où sera projeté un film retraçant la démarche participative et présentés les résultats détaillés. Une nouvelle étape avant la finalisation du programme et la présentation publique de la liste, prévue fin janvier ou début février. Pour l’heure, les visages s’additionnent, les récits se croisent, et la dynamique se renforce. « Ce projet, ce n’est pas celui de Vincent Bouget seul, ni d’un parti, mais celui de toute une ville qui veut se réapproprier son avenir », conclut Jean-Yves Chabanel. Et dans une ville où le chacun pour soi et le tous contre tous semblent avoir gagné du terrain, c’est peut-être là que réside la véritable rupture.

  • Chronique d’une justice à la dérive

    Chronique d’une justice à la dérive

    Alors que les délais d’audiencement explosent devant toutes les juridictions et particulièrement celles de l’ordre judiciaire, que tous ses acteurs alertent sur l’asphyxie de la justice civile et le manque de moyens criant pour répondre aux besoins des justiciables, le gouvernement choisit de répondre en réduisant encore l’accès au juge !

    Par un projet de décret « Rivage » (Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience), le garde des Sceaux envisage diverses mesures affectant la justice civile, dont celle de relever le seuil pour pouvoir interjeter appel d’une décision de première instance de 5 000 à 10 000 euros et celle de supprimer purement et simplement le droit d’appel dans certaines matières (pensions et contributions alimentaires notamment).

    Le garde des Sceaux entend donc supprimer le droit à une voie de recours pour toute une partie de la population, les justiciables les plus vulnérables, dans les litiges qualifiés « de moindre importance ».

    En relevant le seuil du droit d’appel de 5 000 à 10 000 euros (plus de 5,5 mois de salaire au Smic), dans toutes les matières mais également dans d’autres indépendamment de tout seuil, ce sont des pans entiers de la vie quotidienne qui sont concernés : le logement, le travail, le droit de la consommation, la famille, les petits commerces… Ces litiges ne sont pas de « moindre importance ». Ils requièrent un examen attentif des situations individuelles pour protéger les intérêts des plus fragiles de nos concitoyens.

    Mobilisation nationale

    En excluant certaines catégories de justiciables du droit de faire appel indépendamment de l’enjeu financier, ce sont également les plus vulnérables économiquement qui sont sacrifiés par cette approche comptable de la justice civile. Des familles monoparentales pour les contentieux de contributions alimentaires ou des petits commerçants s’agissant des baux commerciaux vont se voir priver d’une voie de recours. En généralisant les possibilités de filtrage des appels, sans contradictoire et sans audience, c’est le principe même du droit au procès équitable qui est en cause.

    Le garde des Sceaux entend donc rendre la justice plus rapide au moyen de mesures radicales, constitutives d’un recul sans précédent quant à l’accès à la Justice, toujours dans une même logique : moins de juges, moins de greffiers, moins de justice, moins de droits.

    Il s’agit d’une réforme menée sans concertation réelle –eu égard aux délais impartis– ni avec les avocates et avocats, ni avec les magistrates et magistrats, et sans étude d’impact ou statistique sur les causes du non-respect des délais raisonnables.

    C’est pourquoi le SAF a appelé à une mobilisation nationale dans tous les barreaux le 4 décembre 2025 afin de défendre l’accès à la Justice pour toutes et tous.

    Par le SAF Montpellier

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