Category: accueil-third

  • À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    Une mobilisation en demi-teinte. Voilà comment on pourrait résumer celle qui s’est déroulée à Béziers, le 2 décembre. Quelques têtes présentes néanmoins, à l’image des autres rassemblements ayant eu lieu dans le département de l’Hérault à l’instar de Montpellier et Nîmes. Pourtant, la colère gronde. « Nous dénonçons ce budget de 2026. Toutes les mesures qui avaient été arrachées pour taxer les grandes entreprises et les ultra-riches viennent d’être enlevées par la droite et l’extrême droite au Sénat. Et on continue la casse des services publics, de démanteler l’hôpital, etc. », déclare Sébastien Perret, de l’Union locale biterroise de la CGT.

    Mais force est de constater que le gouvernement n’envisage pas de bouger d’un iota sa politique de l’offre. « Le problème, c’est qu’il n’y a aucune volonté de faire payer les riches. Quand on voit tous les dividendes distribués, que Bernard Arnaud fasse des milliards de profits en une journée et qu’on vienne taxer les chômeurs et baisser les aides des plus précaires, c’est scandaleux, ça met en rage », soutient Françoise Le Bris, secrétaire de Solidaires Béziers. Et s’il ne semble pas avoir de l’argent pour réduire les inégalités et permettre ainsi une meilleure redistribution dans la société, l’argent devient magique dès qu’il s’agit de défense, en témoignent les dernières déclarations d’Emmanuel Macron, jouant les petits chefs de guerre. « La guerre fait taire les révoltes, participe à une vision selon laquelle la nation doit se ranger derrière un chef. Tout est fait dans ce sens, le retour du service militaire, etc. », poursuit Françoise Le Bris.

    « On continue… »

    Mais au vu du faible nombre de personnes regroupées devant la Bourse du travail, la mobilisation a du plomb dans l’aile – même si la pluie en explique une partie. « Aujourd’hui, les gens ont tellement la tête sous l’eau qu’il devient compliqué de les mobiliser », reprend Sébastien Perret. Le contexte des fêtes de fin d’année doit également peser sur le portefeuille. À cela s’ajoute la résignation à la vue des actions menées par Emmanuel Macron. « Les gens se disent que ça ne sert plus rien. On a l’impression que quoiqu’on fasse, ça ne marche pas, ils passeront en force. Il n’y a rien qu’à voir les résultats des législatives de 2024 », analyse Françoise Le Bris.

    Pour autant, les syndicats gardent espoir. « On continue à se battre. À la sortie de la guerre 39-45, tout ce que nous avons obtenu, c’est grâce au rapport de force. Alors qu’il n’y avait plus d’argent, que le pays était à reconstruire, on a réussi à créer la Sécurité sociale en deux ans », fait valoir Sébastien Perret. La lutte continue.

  • « En 30 ans le regard que porte la société sur la pauvreté a changé »

    « En 30 ans le regard que porte la société sur la pauvreté a changé »

    La Marseillaise : Ce rapport met en lumière 30 ans d’augmentation de la pauvreté en France…

    Jean-Marie Brugeron : En effet la pauvreté s’est nettement intensifiée. Plusieurs chiffres en attestent : le niveau de vie médian des personnes que nous accueillions est passé de 658 euros en 2014 à 565 euros en 2024. 95% des ménages accueillis vivent sous le seuil de pauvreté (1 316 euros) et 74% sous le seuil d’extrême pauvreté (+11 pts entre 2017 et 2023). Nous recevons par ailleurs beaucoup plus de personnes sans aucune ressource : de 10% en 1994, leur proportion est passée à 26% (24% dans l’Hérault). Cela s’explique par les difficultés à bénéficier des aides, l’accès aux droits étant de plus en plus compliqué (38% de non-recours au RSA des ménages éligibles français en 2024) et par le fait, également, que de plus en plus de gens sont sans droits, notamment les étrangers, qui se présentent dans nos accueils car privés de tout moyen d’avoir un revenu quelconque.

    Les femmes et les enfants sont en première ligne de cette pauvreté ?

    J-M.B. : En 2024, les femmes représentent 56% des personnes rencontrées (58% dans l’Hérault). Elles étaient déjà majoritaires en 1994, mais on enregistre une augmentation de + 5 points en 30 ans. Dans l’Hérault, on compte 27% de mères isolées, dont les trois-quarts vivent dans l’extrême pauvreté. Les enfants, qui représentent 39% des personnes soutenues, sont ainsi les premières victimes de la pauvreté subie. Le rapport montre également une pauvreté davantage liée à des problèmes de santé ou de handicap. En 1999, 15% des personnes qui se présentaient avaient des problèmes de santé ; elles sont 23% en 2024.

    Ces 30 dernières années,
    la pauvreté a également
    pris de nouveaux visages…

    J.-M.B. : Oui, on a notamment vu apparaître une nouvelle catégorie qui n’existait pas en 1994 : les travailleurs pauvres. Auparavant, les personnes qui avaient un travail arrivaient à peu près à subvenir aux besoins de leur famille. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, à cause des temps partiels, de l’intérim, des saisonniers… Mais même un CDI ne vous exonère pas d’être pauvre : 28% des personnes accueillies en 2024 ont un CDI (17% dans l’Hérault, contre 5% en 2000).

    Par ailleurs les ménages étrangers sont de plus en plus nombreux (52,7% des adultes accueillis en 2024 contre 20% en 1994), de même que les seniors, dont la part a plus que doublé en 30 ans (de 3% en 1994 à 7% en 2024). Enfin, la pauvreté rurale a gagné du terrain. Ce sont souvent des personnes âgées, mais ce aussi des jeunes qui, on le voit bien dans l’arrière-pays héraultais, vont chercher des logements moins chers.

    La pauvreté n’est pourtant pas une fatalité ?

    J.-M.B. : On est passé, en 30 ans, d’une pauvreté conjoncturelle à une pauvreté structurelle. Cette évolution est en lien avec les politiques publiques. Selon la Cour des comptes, sans redistribution le taux de pauvreté ne serait pas de 15,4% en France, mais de 21,7%. Donc les politiques de redistribution fonctionnent. Mais lorsqu’on réforme le chômage dans le sens où cela a été fait, ça provoque une hausse des personnes non indemnisées. Lorsqu’on interdit aux sans-papiers de travailler, ça accroît la précarité. La société aujourd’hui est plus dure pour les plus fragiles et le regard qu’elle porte sur la pauvreté a changé.

    Qu’est-ce qui a changé ?

    J.-M.B. : En 1994, on considérait qu’on se devait d’aider les pauvres, qui étaient les laissés-pour-compte de la croissance.

    Aujourd’hui, on considère que s’ils sont pauvres, c’est de leur faute. On culpabilise les pauvres et on dénonce les étrangers. Le paradoxe dans tout ça, c’est que les Français sont tout de même attachés à la solidarité nationale, puisque 53 % d’entre eux se disent favorables à une augmentation du RSA. Reste qu’il y a un changement de regard qui est profond.

    Quelles sont les actions proposées par le Secours catholique ?

    J.-M.B. : On agit sur différents leviers : le soutien scolaire, les cours de français pour les personnes étrangères ; l’accès à une alimentation digne ; la lutte contre l’isolement à travers les cafés solidaires pour les migrants ou les actions dans les Ehpad ; la lutte contre le non recours aux droits ; et l’accueil des SDF, notamment sur Montpellier avec la Halte solidarité qui fait l’objet d’un gros projet de rénovation. Ce qu’on souhaite, c’est montrer qu’un autre regard est possible pour mieux vivre ensemble.

  • [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    La Marseillaise : Au fil des années, cette loi a été modifiée et le principe de laïcité dévoyé ?

    Nicolas Cadène : Les dernières propositions de sénateurs ou de députés LR sont, en la matière, totalement contraires au principe même de la laïcité. Elles s’opposent à ses fondements puisqu’elles ne ciblent qu’une catégorie de la population, qu’une catégorie de croyants, en demandant en l’espèce l’interdiction de certaines pratiques cultuelles d’une seule religion : l’islam. Cela rompt avec le principe d’égalité que pose la laïcité. Cela rompt aussi avec le principe de liberté en restreignant la liberté de religion sans motif objectif. Enfin, rappelons que la neutralité ne s’impose qu’à l’administration publique et non aux citoyens. Ainsi, lorsque ces parlementaires veulent interdire le port du foulard ou du voile dans la rue, ils s’opposent au principe de laïcité.

    Pour des raisons électoralistes ?

    N.C. : Il semblerait, car ils surfent sur les peurs et les émotions pour attirer un électorat. Cela est favorisé par une information insuffisamment plurielle, qui fausse le débat public. Quand ces peurs sont diffusées très largement, en particulier par des médias mainstream et même du service public, les idées les plus sombres et les logiques de division de la population, ciblant pour l’essentiel les Français de confession musulmane, infusent dans l’opinion. Et ce d’autant plus qu’elles sont justifiées, à tort, par une laïcité dévoyée. Loin de chercher à élever le débat, à dénoncer ces instrumentalisations, ces clichés, beaucoup de responsables politiques préfèrent aller dans le sens de l’opinion facile.

    Avec le risque d’exclure une catégorie de la population et de provoquer un repli communautaire…

    N.C. : Évidemment. Ces propositions sont totalement contre-productives puisqu’elles ne font que stigmatiser davantage cette population, ce qui ne peut qu’aboutir à son repli encore plus net. Si on exclut une partie de la population du cadre commun, celle-ci va évidemment se replier sur une communauté de solidarité. De plus, le fait de poser des interdits sans justification objective réelle rend possible, demain, de poser des interdits à l’encontre de toute opinion qui ne serait pas considérée comme majoritaire, et qui serait considérée comme à bannir par le camp au pouvoir. C’est très dangereux et cela bafoue nos principes fondamentaux. Pourtant, c’est un discours que l’on entend régulièrement et qui n’interroge plus. C’est sans doute le plus inquiétant : ça ne choque plus grand monde.

    Comment se battre contre toutes ces dérives et réaffirmer
    ce principe de laïcité
     ?

    N.C. : Si vraiment on veut se battre pour la laïcité et si ces responsables politiques étaient véritablement fidèles à la laïcité, ils s’assureraient par exemple qu’il y ait des offres publiques laïques partout sur le territoire. Ils s’engageraient pour un soutien massif à l’enseignement public pour éviter le séparatisme scolaire, pour éviter qu’il n’y ait plus de mixité sociale dans les écoles, ce qui conduit évidemment à des replis communautaires. Pourtant, alors qu’ils ne soutiennent pas ces offres, ils s’étonnent ensuite que, dans certains quartiers ségrégués, il y ait des replis communautaires ! C’est trop facile. Ils se disent laïques mais ils dissocient question laïque et question sociale. Pour revenir à la polémique sur le voile et les jeunes filles, s’ils veulent vraiment protéger ces dernières, pourquoi refusent-ils de donner plus de moyens aux services sociaux et à l’aide sociale à l’enfance, qui peut sanctionner tout abus de la part des parents ?

    Pour réaffirmer le principe de laïcité, des contrats d’engagements républicains ont été mis en place à destination des associations. Une bonne chose ?

    N.C. : Cela émane de la loi dite « Séparatisme » de 2021. Le fait que les engagements républicains soient respectés n’est pas un problème. Le problème c’est la définition que l’on donne à ces engagements. Par exemple, le septième engagement n’est pas très clair et parle de « respecter les symboles de la République ». L’interprétation peut être très large. Si dans un festival, quelqu’un joue une chanson qui se moque de La Marseillaise – comme l’ont fait beaucoup de chanteurs – est-ce que l’association organisatrice sera sanctionnée ? Heureusement, à ce stade, les juges qui ont eu à se prononcer sur certaines interprétations trop larges par certains préfets, ont cassé les sanctions. Mais il faut être très vigilant pour ne pas tomber dans une sorte de suspicion généralisée et finalement dans la mise à mal du tissu associatif qui pourtant fait énormément pour l’intérêt général. C’est un partenaire majeur qu’il faut renforcer plutôt que suspecter.

  • À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    Alors que les candidats aux municipales rivalisent d’imagination actuellement pour poursuivre le projet de liaison Est-Ouest (LEO), le préfet douche les derniers minces espoirs de voir réaliser la phase 2 du contournement routier sud d’Avignon.

    Ainsi, « un porté à connaissance de clôture du dossier » a été enclenché, indique Thierry Suquet, ce jeudi 4 décembre, lors d’un point presse.

    Il y a un mois déjà, le ministre des Transports avait confirmé que les crédits initialement prévus étaient alloués à d’autres projets dans la région, faute d’accord politique sur le tracé initialement prévu, récusé par la maire d’Avignon Cécile Helle (PS) et le président du Grand Avignon, Joël Guin (SE).

    Le préfet glisse tout de même que les travaux de compensation prévus (arasement dans la Durance) seront réalisés. Tandis que certains réclament le prolongement de la DUP (déclaration d’utilité publique) qui arrive à terme en 2027, le préfet balaye l’éventualité : « On n’est pas dans ce schéma-là ». Idem, toute modification du projet ou inversion de tranche [phase 3 vers le Gard d’abord] nécessite de « tout recommencer sur le plan juridique ».

    Quant au barreau de Rognonas (1 km entre la fin actuelle de la LEO et le pont de Rognonas), rien ne sera engagé. « Le préfet de Région a été clair : je ne le réalise pas si c’est pour, derrière, ne pas enclencher la 2ᵉ phase », redit Thierry Suquet.

  • Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Il y a quelques rares bonnes nouvelles pour la viticulture française. La décision du Parlement européen d’autoriser les cépages Isabelle, Clinton, Noah, Jacquez, Othello et Herbemont, aujourd’hui interdits, en fait partie. Cette proposition portée par le député européen socialiste Éric Sargiacomo était en effet très attendue par les viticulteurs gardois dont la culture de ces cépages dans les Cévennes ne s’est jamais arrêtée et a même été transmise par plusieurs générations de vignerons.

    Ce savoir a d’ailleurs permis de s’appuyer sur un certain nombre de données pour démonter les arguments qui avaient justement poussé à leur interdiction. « Nous avons réalisé des analyses sur une quinzaine de vins réalisés avec des vinifications de cépages interdits. Il y avait des pétillants, des cidres et trois vins rouges et nous avons montré que nous étions au même niveau de méthanol. Nous sommes aux alentours des 200 mg par litre pour les rouges alors que la norme est de 400. Nous sommes donc comme un Bordeaux ou un Bourgogne. Cet argument peut donc être balayé d’un revers de la main », explique Christel Guiraud, président de l’IGP Cévennes et propriétaire du Domaine des Loubatières.

    Celui qui a créé l’observatoire des cépages en 2022 s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg accompagné de cinq vignerons du secteur mi-octobre. Ils ont eu l’occasion d’avancer un certain nombre d’arguments que les députés ont entendus. « Je ne pense pas sauver la viticulture avec ces cépages mais l’idée, c’est qu’ils peuvent apporter une identité cévenole, un côté patrimonial et un côté œnotouristique. Avec ces anciens cépages demain autorisés, nous allons pouvoir créer de nouveaux mélanges de Noah, d’Isabelle et de Clinton parce que le reste, on en a un peu moins sur notre secteur. La demande actuelle, ce sont des vins plus légers, plus faciles à boire et ces vins-là répondent à cette demande. Ce sont des vins légers tout en étant sur le fruit. Ces cépages résistent aussi mieux aux coups de chaleur », ajoute le vigneron.

    Chloé Ridel interpelle la ministre de l’Agriculture

    Désormais, chaque pays doit se prononcer pour ou contre cette réintroduction. C’est dans ce cadre que la députée européenne socialiste basée à Nîmes, Chloé Ridel, a écrit à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) pour « connaître clairement la position du Gouvernement français sur cette question essentielle pour l’avenir de notre viticulture ».

    « Ces variétés se trouvent dans une véritable zone grise réglementaire : d’un côté, depuis 2021, l’obligation de les arracher a été levée, mais de l’autre, leurs producteurs n’ont toujours pas le droit d’appeler « vin » la boisson qu’ils élaborent, alors même qu’ils sont soumis à la même fiscalité. Cette situation paradoxale illustre la nécessité de clarifier et d’harmoniser le cadre juridique, afin de donner de la lisibilité et de la stabilité aux producteurs concernés. De plus, leur réhabilitation apparaît pleinement cohérente avec les défis auxquels la viticulture française est confrontée », précise celle qui est depuis juin en charge de la refondation du projet du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027.

    Pour l’heure, la ministre de l’Agriculture, confrontée à une crise sans précédent de la viticulture, n’a toujours pas rendu son avis sur ces cépages. « Elle est à l’écoute », rassure tout de même Christel Guiraud qui espère une légalisation de ces cépages pour 2027 : « Il faut que cela soit décidé dans le paquet vin de la PAC 2027. »

  • L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    On n’ira pas jusqu’à dire que l’Occitanie est la Silicon Valley française mais une chose est sûre. En dépit d’un léger essoufflement de l’emploi observé depuis 2022 en raison de « la hausse des taux d’intérêt, de la baisse de certains investissements et de l’incertitude », l’économie numérique se porte à merveille dans notre région, révèle une étude de l’Insee (avec la Dreets).

    Forte de 131 000 emplois numériques (dont 116 000 salariés), l’Occitanie est, hors Île-de-France, la seconde région la mieux dotée derrière Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur pesant 7,3% des emplois marchands (5,9% en moyenne en France). En 2022, 8,1 milliards d’euros de richesse étaient ainsi générés.

    Les activités sont centrées pour les trois-quarts sur les technologies de l’information et de la communication (programmation, conseil, télécommunications, édition de logiciels…), 13% autour de la publicité et du design ; 8% sur les contenus et supports (cinéma, TV, musique, livres, journaux…), 5% pour les autres technologies (équipements scientifiques, aide à la navigation…).

    À elles seules, Toulouse et Montpellier pèsent les trois-quarts des emplois numériques. Avec des sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques (Capgemini, Sopra Steria, Thales…), Toulouse abrite 74 000 emplois, soit 56% du secteur. Montpellier en compte 28 000 (21%) avec les géants Dell, Orange, Horiba, Computacenter, Septeo, Capgemini ou encore Ubisoft. Hors métropoles, l’activité est plutôt tournée vers la pub et la com’, un secteur en difficulté.

    Les métiers du numérique, souvent occupés par des hauts diplômés, sont plus rémunérateurs à Toulouse et Montpellier. Le salaire annuel net moyen s’élève à 29 000 nets par an, soit 41% de plus que pour l’ensemble de la sphère marchande régionale. Les cadres sont surreprésentés (72% contre 17% dans toute l’économie régionale) avec une forte présence de CDI. Les femmes sont peu nombreuses (24%) et gagnent 13% de moins que les hommes, un écart salarial conséquent mais moindre que dans le reste de l’économie. À noter que l’Occitanie emploie aussi 4 000 contrats d’alternance.

    La croissance du secteur numérique s’est accélérée depuis 2020 et la crise Covid en raison de plusieurs éléments : « Le développement massif du télétravail et des outils de visioconférence ainsi que le recours accru au commerce en ligne », détaille l’Insee. Depuis 2022, l’arrivée des premiers logiciels d’intelligence artificielle (IA) maintient la technologie premier plan. En Occitanie, le marché de l’IA pèse déjà 300 entreprises, qui emploient 5 000 personnes fin 2024 pour un chiffre d’affaires qui s’élevait déjà à 540 millions d’euros en 2023. Leur valeur ajoutée « repose majoritairement sur des briques d’IA qu’elles développent en interne », précise l’Insee. Plus d’un milliard d’euros ont été levés sur divers marchés dont la santé, l’aérospatial, l’industrie, l’environnement, la sécurité, défense, logistique, la ville intelligente ou l’agriculture de précision.

  • Du stade vers l’emploi, Busserade sert de vecteur

    Du stade vers l’emploi, Busserade sert de vecteur

    Une parenthèse ensoleillée illumine les abords de la caserne du Muy.

    Comme si elle avait voulu saluer l’initiative de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), la météo a dégagé le ciel de la Busserade, pour permettre aux ateliers de l’opération « stade vers l’emploi » de se dérouler au sec.

    Parmi les 85 personnes ayant répondu à l’invitation de la Drajes, France travail, l’Agence nationale du sport, les Entreprises s’engagent et de la Ligue Région Sud d’athlétisme, Axelle et Lila ont montré une belle application dans chacun des exercices proposés.

    « C’est une très bonne initiative, qui nous permet d’aborder de manière différente un entretien d’embauche. C’est cool de l’aborder comme ça », remarque Axelle, après s’être initiée au lancer et au sprint. Pour sa pote Lila, « le contexte est moins stressant qu’un entretien classique. Avec ces exercices, on entrevoit le travail en équipe et apprend à mieux se connaître ».

    La demi-journée de la Busserade a été possible aussi parce que la SCO Sainte-Marguerite a répondu à l’appel, en mettant à disposition des éducateurs et son matériel pour les ateliers d’une initiative « destinée à briser les barrières. Car durant les exercices, personne ne sait qui est qui », explique Philippe Lamblin, précurseur du programme et venu encourager les initiatives dans le Sud.

    Si personne ne sait qui est qui, c’est parce que, mêlés aux demandeurs d’emploi, se retrouvent des employeurs. « Chacun apprend à travailler en équipe autour d’un but sportif commun, sans savoir son rôle. L’employeur peut avoir ainsi une idée concrète des compétences des personnes à ses côtés », détaille Frédéric Caillol.

    Suivi en aval

    Le directeur de l’antenne marseillaise de France Travail indique que « des personnes qui sont sur le stade ce matin peuvent trouver un travail dès la fin de la journée. Et il y aura un suivi en aval, dans les jours et semaines qui suivent ».

    En 2025, 600 rendez-vous de ce type ont été proposés. La Région Sud en a organisé 47 et l’objectif est de passer, dès 2026, à 900 sur l’ensemble de l’hexagone, dont 70 dans le Sud. À chaque manifestation, un club partenaire est associé, qui bénéficie d’une dotation financière. Mardi, c’était la SCO Sainte Marguerite, avec le soutien de la Ligue d’athlétisme.

    « Nous avons ciblé des demandeurs d’emploi des 2e et 3e arrondissements de Marseille, dans un lieu symbolique de leur quartier. Cette dernière journée était l’occasion de donner un éclairage sur la manifestation qui, tout au long de l’année, a été possible grâce au concours de douze fédérations sportives. Et pour nous, c’est un budget de 23 000 euros qui a été consacré », explique-t-on à la Drajes.

    Après les efforts collectifs, les employeurs potentiels ont tombé le masque. Et les participants ont pu passer des échanges sportifs à des discussions plus axées sur les attentes des demandeurs d’emploi et les besoins des chercheurs.

    « Ces initiatives démontrent qu’il y a des capacités à proposer de belles manifestations et à mettre en route une dynamique », confie Isabelle Epaillard. Pour la préfète à l’égalité des chances, venue saluer les participants, « ces initiatives permettent de lever les préjugés, surmonter les timidités. À travers le sport, on se lâche et l’on se révèle dans un univers où le collectif est la force qui compte et permet d’atteindre des objectifs ».

    Depuis son lancement, « stade vers l’emploi a fait ses preuves. Permettant de changer les codes du recrutement. Près de 60% des participants ont trouvé un emploi à l’issue de ces journées », souligne Philippe Lamblin.

  • La chanson francophone dans toute sa diversité à Marseille

    La chanson francophone dans toute sa diversité à Marseille

    « Avec le temps, va, tout s’en va. On oublie le visage et l’on oublie la voix », chantait en 1972 Léo Ferré. Tout s’en va, peut-être, si ce n’est la vitalité de la chanson française dans tous les styles dont elle recèle. « On a fait le pari d’une grosse programmation, avec des artistes confirmés, patrimoniaux et émergents, à l’image de la scène musicale francophone actuelle », pose d’emblée Josselin Britschgi, parmi les membres du comité de programmation du festival Avec le temps dont la 28e édition se déploie sur plusieurs scènes marseillaises du 5 au 14 mars. Parmi les symboles d’un tel credo, la date du 7 mars à l’Espace Julien, qui accueillera le taulier du rap français Oxmo Puccino, conteur d’histoires hors pair ayant récemment sorti son ultime album, La hauteur de la lune (voir son entretien dans La Marseillaise de ce week-end). La première partie de la soirée sera quant à elle assurée par le trio marseillo-martiniquais Tifol, aux croisements de la chanson française et créole.

    « Le festival est plus ambitieux que jamais avec un programme élargi, beaucoup de têtes d’affiches et de la diversité artistique : de la chanson à la pop en passant par le rap ou la folk », résume Olivier Jacquet, directeur de la coopérative musicale Grand bonheur qui est aux manettes d’Avec le temps.

    Esthétiques diverses

    Du côté des artistes plus chevronnés, on retrouvera notamment « l’incontournable de la pop francophone » Bertrand Belin à l’Espace Julien, Suzanne, la chanteuse avignonnaise et électro récompensée d’une Victoire de la musique il y a 4 ans, ou encore l’instrumentiste iconoclaste Sébastien Tellier « qui viendra présenter son prochain album Kill the beast au Silo ». Sans oublier la chanteuse et pianiste québécoise Cœur de pirate, dont la pop, surgie en 2009 aux oreilles de l’hexagone avec son tube Comme des enfants, continue de tracer son sillon mélancolique.

    Mais Avec le temps, c’est aussi un festival propice aux découvertes. Au menu notamment, la guitariste franco-malgache Juliette Magnevasoa, le concert dessiné Nuit noire qui raconte « l’odyssée d’un navigateur, entre road trip océanique et récit écologique » qui prendra ses quartiers au Théâtre de l’Œuvre. Mais également le quatuor marseillais de rock garage La flemme, ou encore une soirée où des groupes comme Basstong, Ciac Boum et Le mange bal établissent des « ponts entre musiques traditionnelles et techno ». Charge enfin, au groupe de pop emblématique des années 1980, Les innocents, de clore le festival, mais cette fois à Vitrolles, salle Guy Obino.

    Programme complet sur www.festival-avecletemps.com

  • Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    L’heure du retour du train à voyageurs approche à grands pas dans les communes gardoises du Grand Avignon, Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure. Depuis le lundi 24 novembre, une consultation publique sur le volet environnemental du projet de réouverture de la ligne de la « rive droite du Rhône » Nîmes-Le Teil (Ardèche), passant par les deux communes, a été lancée par l’État.

    À ce propos, une réunion publique s’est tenue ce lundi 1er décembre à Villeneuve afin d’expliquer aux habitants du territoire les enjeux de ce projet, mais aussi les raisons de cette consultation. Car les voies de train existent déjà, mais les locomotives qui relient Nîmes à Pont-Saint-Esprit ne s’y arrêtent pas. La gare est également toujours debout malgré sa fermeture aux voyageurs en 1973. Une ouverture était initialement prévue en 2026, mais l’État a imposé une étude environnementale, ce qui a retardé l’échéance. « Tout ce projet a été figé lorsque nous avons appris que cette étude allait avoir lieu. Nous avions eu de nombreuses réunions depuis des années. Nous aurions sinon entrepris les travaux dès cette année 2025 », confie ainsi Pascale Bories, maire (LR) de la commune gardoise en fin d’assemblée. Comme d’autres gares sur le trajet, une transformation en pôle multimodal est programmée à l’issue de la consultation. « La rive droite du Rhône est la porte d’entrée de l’Occitanie. Cela a donc un attrait particulier avec un territoire industrialisé. Ce projet est un générateur de travail et de tourisme », plaide de son côté Pascal Rousson, président de l’Association des Usagers de la ligne TER SNCF Rive Droite du Rhône.

    Sur place, tout semble presque prêt à accueillir les voyageurs qui souhaiteront se rendre en capitale gardoise ou en Ardèche. Derrière les portes du bâtiment aux stores à demi baissés, une lumière invite à entrer. Et à l’intérieur, aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a un accueil physique par une employée, avec la possibilité d’acheter billets et abonnements, malgré l’absence pour l’heure d’arrêts. D’autant plus surprenant quand la CGT des cheminots dénonce la disparition de guichets dans des gares qui, elles, accueillent bien des usagers. L’ouverture de l’ensemble de la ligne est prévue pour 2030.

    Espèces protégées

    Une demande de consultation publique et d’étude environnementale qui a surpris au sein des différentes collectivités. Outre le passage de fret, les voies servent déjà aux voyageurs utilisant la ligne Pont-Saint-Esprit-Nîmes, rouverte en août 2022. Plusieurs points ont en réalité été à nouveau étudiés, car les normes diffèrent selon le nombre de voyageurs qui circulent chaque jour sur les rames. Au niveau environnemental, plusieurs ajustements sont prévus, comme par exemple à Roquemaure, où une espèce protégée de fleur, qui sert de lieu de reproduction aux papillons, se trouve sur la zone de travaux prévue. Les services de l’État recommandent donc de déplacer ces végétaux à l’abri. Des contrôles sur les nuisances sonores ou de risques d’inondations ont aussi été effectués, sans blocage particulier.

    Détail de la consultation du public et des documents sur https://www.registre-numerique.fr/reouverture-rive-droite-du-rhone

  • À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    Il y presque 6 ans, Morières était la seconde commune du Grand Avignon à basculer à l’extrême droite. Grégoire Souque (RN) devenait maire avec 55,41% des voix face à Annick Dubois (PS). « Il est arrivé par défaut », rappelle la cheffe de file de l’opposition, qui a officialisé sa candidature, ce mercredi, pour les municipales de mars. En 2020, le maire Joël Granier (DVG) s’était finalement porté candidat, se retirant au second tour sans donner de consigne de vote alors que la gauche était théoriquement majoritaire en voix.

    A priori, dans un peu plus de trois mois, l’élection devrait se jouer au premier tour avec le maire sortant Grégoire Souque et donc Annick Dubois, à la tête de « Engagés et solidaires pour Morières », une liste d’union à gauche (PS et PCF principalement) avec 18 colistiers sur 31 non encartés. Mais celle qui est aussi conseillère départementale est loin d’être animée par un esprit de revanche. « On ne part pas en croisade contre Grégoire Souque », glisse un des soutiens. « On veut redonner une âme à Morières, aux habitants qui se sentent tristes et déconsidérés », expose Annick Dubois, qui sent « un élan, les gens viennent d’eux mêmes nous parler ».

    Une gestion autarcique critiquée

    Outre des décisions fortes (fin des repas de substitution à la cantine, départ contraint de la compagnie de théâtre Okkio qui s’était positionnée contre l’extrême droite lors des législatives), marqueurs d’une politique d’extrême droite « qui fracture », Annick Dubois insiste aussi sur « l’absence de concertation, aucune réunion publique n’a eu lieu avec la population ». Une liste de griefs est aussi listée par une anaphore « si nous avions été élus en 2020, nous aurions… ». Parmi les points soulevés, les atermoiements autour de la construction du groupe scolaire (livré pour la rentrée prochaine) qui a changé de lieu et a vu sa facture flamber à 12 millions d’euros, ou la mise à l’écart de l’association gérant la bibliothèque municipale. « Notre première décision sera de lancer un audit sur les finances », annonce la candidate, investie dans la vie locale depuis 40 ans.

    Si le programme sera dévoilé en janvier, car « en 2020 nous l’avions sorti trop tôt et Grégoire Souque s’en était inspiré », Annick Dubois entend « redonner de l’élan culturel, associatif et économique et développer la solidarité ». Une thématique qu’elle connaît pour avoir été durant deux précédents mandats adjointe aux affaires sociales. De quoi mettre en avant son expérience et bilan passé, comme « la structuration du CCAS, la mise en place de la maison de la petite enfance ou d’une mutuelle communale », appuie Annick Dubois, par ailleurs « seule femme vice-présidente du Grand Avignon ».