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  • Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    Grève des éducateurs et fermeture prolongée à la Mecs Bois Fleuri

    « Des plannings qui nous contraignent à des amplitudes horaires intenables et de plus nombreuses permanences le week-end, ce n’est pas tenable ! ». Devant les grilles de la Maison d’enfants à caractère social (Mecs), les personnels éducatifs dénoncent une réorganisation intenable suite à la suspension, en décembre, de l’activité de l’unité pour enfants et du service autonomie pour les majeurs de Bois Fleuri.

    La fermeture temporaire d’un mois avait été motivée par de graves dysfonctionnements : une agression d’un enfant pris en charge par un autre, ainsi qu’une gestion déficitaire de 750 000 euros. Dans un nouvel arrêté daté du 21 janvier, le directeur du service Solidarité du Département a prorogé cette fermeture jusqu’au 22 février. L’autorité tutélaire considère que la réorganisation du service autonomie, « persistante », conduit à « l’absence de mise en œuvre des injonctions du service d’inspection » et que les travaux entrepris dans le service des tout-petits ne sont pas achevés.

    Des décisions hors-sol

    Devant l’établissement, la colère est intense chez les personnels. Shaima, jeune adulte prise en charge, est venue en soutien : « On nous a demandé de quitter les appartements en urgence le 22 décembre. On a été replacés dans d’autres structures, mais mon budget repas est passé de 70 euros mensuels à 45 euros ». Du côté des salariés, on dénonce « des décisions prises d’en haut, déconnectées des besoins réels » et un rythme de travail qui mène à « l’épuisement ». Maxence Lamy, délégué CGT, rappelle que la Mecs en est à son « 5e changement de direction en deux ans, avec aujourd’hui un mandat de gestion ». Il déplore également « un serpent qui se mord la queue avec le CD 13 qui doit financer l’association pour que nos salaires soient payés, alors qu’il a procédé à une baisse des tarifs journaliers de 189 euros à 70 euros ».

    Sur les grilles, des banderoles dénoncent une « maltraitance institutionnelle » qui s’est « généralisée », précise un éducateur de Saralogisol, venu, comme l’UL CGT Timone, la CGT Araimc et Solidaires, soutenir le mouvement. Contactée, la direction n’a pas donné suite.

  • Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Aix-Marseille : le patronat compte bien peser sur les municipales

    Sur la scène du palais des congrès du parc Chanot, ce lundi soir, le président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence ne pouvait s’empêcher de renverser les propos de l’ancien maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. « La politique n’est pas tout, mais la politique est partout », sourit Jean-Luc Chauvin face aux 1 500 personnes venues assister aux vœux du monde économique. En cette année de scrutins municipaux, c’est en effet sous le thème de l’engagement que les 179 organisations patronales du collectif Tous acteurs avaient placé cette soirée.

    « Pour moi l’engagement, c’est le dépassement de soi, de son propre intérêt pour faire bouger les lignes et avancer », lance-t-il à l’issue d’une série de tables rondes célébrant mécénat de compétences et fonds de dotations entre quelques citations de Mandela ou Saint-Ex. Et le président de la CCI d’aller dans le concret : 42 propositions ont été élaborées par ce consortium de réseaux consulaires, syndicaux patronaux ou associations commerçantes, qui seront dévoilées dans une semaine. « Le monde économique a un grand rôle à jouer, pour répartir la richesse il faut d’abord la créer », interpelle Jean-Luc Chauvin. Et d’insister : « Les entrepreneurs ne sauraient être étrangers au débat qui s’ouvre. »

    L’extrême droite absente

    Mais pour peser sur les choix des décideurs qui seront élus dans moins de sept semaines, encore faut-il parler d’une même voix. « La voix des entreprises est plus forte lorsque le monde économique est uni », réclame le président de la chambre consulaire. Alors il ne se hasarde pas au moindre propos polémique, pas même pour dénoncer la menace d’une extrême droite qui désormais s’affiche ostensiblement « pro-business », espérant mordre davantage sur ce qui reste d’une droite républicaine. Assise dans les premiers rangs, la candidate (DVD) Martine Vassal ne manque d’ailleurs pas de répliquer, pointant l’absence du chef de file du RN, Franck Allisio, malgré l’invitation de la CCI. « L’économie locale ne l’intéresse pas », tweete-t-elle dès la fin des discours.

    La politique cependant se décide aussi à un échelon national toujours pris dans les turbulences de la dissolution. « Cela a des incidences, beaucoup de projets sont bloqués, il y a un manque d’investissements », s’inquiète la présidente du directoire de Onet Émilie de Lombarès, administratrice du Club Top 20, qui rassemble les plus grosses entreprises du territoire. « Les effets de l’attentisme sont là », alerte-t-elle. La seule demande exprimée dans la soirée pourtant est celle de plus de dérégulation. « Le monde économique ne demande pas de privilège, mais simplement qu’on ne lui mette pas de freins inutiles », réclame la présidente de l’union des entreprises de proximité des Bouches-du-Rhône, Catherine Vales. Comme pour mettre des mots sur le « CCI blues » improvisé sur scène par le saxophoniste Raphaël Imbert.

  • Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu, lundi, l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Il a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 40 000 euros d’amende, la confiscation de 8 000 euros sur son compte bancaire et, surtout, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Ce qui le destitue immédiatement de ses trois mandats : maire, conseiller départemental et président de l’intercommunalité.

    « Devoir exacerbé d’exemplarité »

    « Il n’a cessé, au cours de l’enquête et de l’audience, d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics », énonce le tribunal, lui rappelant qu’élu de la République, il avait « au titre de ses trois mandats électifs un devoir exacerbé d’exemplarité ». Pour le tribunal, Yann Bompard s’est inscrit dans « une relation de travail inversée, instaurant sur celle qui était non seulement son employeur, mais aussi une élue du Parlement, une forme d’autorité du fait de sa filiation et de l’ancrage politique de son père et de sa mère ». Les faits ont un « caractère lucratif » ayant permis « l’enrichissement de celui qui était au départ un allié politique » de la députée et qui était déjà rémunéré 5 800 euros mensuels pour trois mandats.

    La députée du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée de la Ligue du Sud au Rassemblement national, écope de dix-huit mois avec sursis, 10 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, pour détournement de fonds publics et subornation de témoin ayant fait pression sur un autre collaborateur pour mentir. L’écoute diffusée au procès était édifiante : « Bah vous êtes censé dire qu’il faisait les discours, qu’il a participé aux journaux, qu’il travaillait parce que sinon, on va être dans la merde hein. » Son collaborateur faisait aussitôt remarquer : « Vous comprenez que vous me demandez de mentir ? » – « Je sais, moi aussi je vais mentir », avait répliqué la députée. « C’est chaud quand même là. Ils vont voir que vous n’avez pas d’échanges de mails, de téléphone, y a aucun discours qui peut être justifié par lui, y a rien, y a rien, aucune trace de travail de part, donc faire une fausse déclaration là-dessus heu… », s’inquiétait son collaborateur bien conscient de la vacuité du travail de M. Bompard.

    « Alors que vous êtes une représentante du peuple, et non de vos électeurs, vous avez choisi de vous positionner, puis de vous maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Vous avez choisi de favoriser les intérêts financiers de sa famille, et ce partant de préserver votre propre avenir politique au détriment du bien public », a lancé le tribunal à la députée, seule présente, mais qui, une fois le jugement rendu, s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée pour ne pas affronter les micros et caméras.

    Les deux élus devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale partie civile la somme de 74 776 euros bruts de salaire de Yann Bompard, collaborateur parlementaire fictif.

  • Ces gestions calamiteuses des villes varoises par l’extrême droite

    Ces gestions calamiteuses des villes varoises par l’extrême droite

    Dans un département qui a envoyé sept députés RN sur huit à l’Assemblée nationale, mieux vaut rafraîchir les mémoires en cette période préélectorale. C’est ce que s’applique à faire ici la Codex, qui a passé au crible les frasques de ces élus, ou anciens élus, ainsi que leurs déboires judiciaires.

    à commencer par Le Luc, aujourd’hui sorti des griffes du RN. En 2014, l’élection de Philippe de La Grange tourne court : il jette l’éponge quelques mois plus tard. Patricia Zirilli lui succède pour une petite année avant de renoncer, elle aussi. Pourquoi ? « À cause des pressions d’une équipe qui n’arrive pas à se projeter, qui me reproche de ne pas être assez FN… », déclare-t-elle alors. Pascal Verrelle prend donc la suite en mars 2016, avant que la majorité n’enregistre deux nouveaux départs.

    À part ces frasques, rien de bien glorieux à mettre à leur actif, si ce n’est le recrutement de copains, l’augmentation des indemnités des élus et une concession d’aménagement à la société d’économie mixte, la Sagep, jugée « catastrophique ». La Ville devra lui verser 1,8 million d’euros, suite à la décision du tribunal administratif.

    « Se servir et faire du bien à leurs amis »

    À Cogolin, ce n’est guère mieux, avec une extrême droite toujours aux manettes. Même si Marc-Étienne Lansade, élu en mars 2014 sous l’étiquette FN, a été démissionné en juillet 2025 après sa condamnation en appel pour abus de faiblesse. Devenu entre-temps proche d’Éric Zemmour, il dirigeait la délégation locale de Reconquête. Lorsqu’il s’assoit dans son fauteuil de maire, il recrute comme conseiller spécial en urbanisme Jean-Marc Smadja, un cousin d’Isabelle Balkany ayant piloté la bétonisation de Levallois-‑Perret. Dans le Sud, ce sont 1 846 logements qui sortent de terre entre 2020 et 2025. Pas du logement social, bien sûr. Devenue première magistrate après l’empêchement de Marc-Étienne Lansade, Christiane Lardat porte plainte en décembre contre son prédécesseur, « qui s’est lancé dans une campagne de dénigrement ».

    À Fréjus, tout le monde a en tête les démêlés judiciaires de David Rachline, élu lui aussi en 2014 à seulement 26 ans, avec un avenir alors prometteur dans le parti de Jean-Marie Le Pen. La Codex met en avant la dilapidation des « bijoux de famille » pour réduire la dette de 16 millions d’euros en quatre ans. « Pour arriver à ce résultat, le maire vendait des terrains municipaux à ses amis entrepreneurs », dénonce la Codex. Une stratégie court-termiste puisqu’en 2024, le préfet menace de prendre la main. La dette de la Ville est alors de 151 millions d’euros. Et il est exigé que la commune rectifie le tir.

    Contraint de démissionner de la vice-présidence du RN en décembre 2025, David Rachline n’a même pas obtenu l’investiture du parti à la flamme. Grandeur et décadence. « Dans ces quatre villes, si on ajoute Toulon, ça a été une catastrophe, un naufrage », analyse Pascal Brun, pour Visa, l’association antifasciste membre de la Codex. Et de poursuivre : « Nous, ce qu’on dit, à la lumière de ces fiascos, c’est “est-ce que vous avez réellement envie de retenter l’expérience en 2026 ?” »

    « À un moment donné, il est difficile de ne pas prendre conscience, vu la somme de tous les problèmes judiciaires, que ces gens-là veulent le pouvoir, non pas que pour appliquer leurs programmes, mais aussi pour pouvoir se servir et faire du bien à leurs amis », conclut-il.

    Le problème, c’est qu’il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

  • Le narcotrafic au cœur des municipales : en Vaucluse, chaque candidat a son plan

    Le narcotrafic au cœur des municipales : en Vaucluse, chaque candidat a son plan

    Fusillade mortelle à Avignon, qui a empêché le tramway de circuler pendant une semaine ; arrêté préfectoral pris à Orange pour interdire la distribution gracieuse de fournitures scolaires par un cartel local de drogue ; progression du trafic dans les campagnes… Le narcotrafic n’épargne pas le Vaucluse. Seule éclaircie, selon les autorités : la disparition des points de deal dans la cité du Dr Ayme à Cavaillon.

    À Avignon, la sécurité est l’un des thèmes majeurs de campagne. Avant la présentation exhaustive des programmes, beaucoup de candidats ont déjà ciblé des propositions sur ce thème : Paul-Roger Gontard (La Convention) souhaite un débat, Stéphan Fiori (DVD) compte prendre la délégation sécurité, David Fournier (PS) sollicitera « le ministre de l’Intérieur toutes les semaines », Olivier Galzi (DVD) veut plus de « bleu dans les rues » et Mathilde Louvain (LFI) souhaite une police municipale de proximité tournée vers la médiation.

    Du côté de Carpentras, le maire sortant et candidat Serge Andrieu (DVG) a mis en place, l’an passé, des mesures fortes et médiatiques. En avril, il a instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans -voire 16 ans selon les quartiers – entre 23h et 6h « pour protéger nos jeunes et limiter leur implication dans les trafics de stupéfiants ». Une mesure prolongée, en décembre, pour six mois. En sept mois, « les mises en cause de mineurs pour des faits liés aux stupéfiants ont diminué de 78,26% et le nombre de mineurs victimes de coups et blessures a reculé de 46% », se félicite la municipalité. Autre dispositif, la création d’une brigade mobile d’intervention, à l’automne dernier. Une unité de la police municipale, unique en Vaucluse, exclusivement dédiée « au contrôle du domaine public pour prendre la place des guetteurs et ainsi éloigner les clients qui alimentent le trafic ». Fin 2022, Serge Andrieu avait porté à l’Élysée 5 000 lettres types d’habitants réclamant davantage de moyens humains en matière de police et de justice pour sa ville. Dix postes de policiers ont été créés depuis.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    Châteauneuf-les-Martigues n’avait pas vu une telle union de la gauche depuis « au moins deux mandatures », estime Laurence Jouanaud (PCF). Alors, au moment d’inaugurer le local de campagne ce vendredi 23 janvier, la tête de liste et ses colistiers, représentants des diverses composantes partisanes et citoyennes d’« un Élan pour l’avenir », ont partagé la parole.

    Parmi les priorités du groupe : un nouveau mode de gouvernance « plus à l’écoute de la population afin de développer une intelligence et une solidarité collectives », explique Marie-Thérèse Rochedix, des écologistes. Élodie Thiebaut, représentante d’un mouvement citoyen du centre et conseillère municipale d’opposition, dénonce le « comportement autoritaire et antidémocratique » de l’actuelle majorité. Les forces de gauche entendent donc mettre en place des consultations participatives pour les grands projets, qu’elles souhaitent orienter vers le social.

    Elles proposent notamment de rétablir une maison de la solidarité, de rouvrir un foyer pour seniors à la Mède ou encore de mettre en place un bus administratif afin que les services publics de proximité puissent aller au-devant des publics précaires.

    Sécurité et centres-villes

    Un sujet tient particulièrement à cœur à Élodie Thiebaud, infirmière de profession : la santé. « Les communes peuvent être actrices dans ce domaine », maintient-elle. La liste compte mettre à disposition des locaux et instaurer des aides au financement d’équipements, des bourses et des aides aux internes pour attirer les jeunes soignants.

    Marc Lopez, conseiller municipal d’opposition et colistier PS, insiste quant à lui sur la sécurité, ne voulant pas laisser ce sujet au maire sortant (DVD), Roland Mouren, et au candidat RN, Alain Vaccaluzzo : « Il faudra qu’on embauche rapidement des fonctionnaires municipaux et qu’on renforce les actions de proximité et de prévention, avec des médiateurs devant les écoles. (…) En 1970, il y avait un bureau de police nationale à Châteauneuf. Aujourd’hui, on est trois fois plus et on n’a rien du tout. On mettra tous les moyens nécessaires pour faire revenir les corps d’État. »

    La liste veut aussi redynamiser les centres-villes de la commune de 18 000 habitants « laissés à l’abandon pendant douze ans », selon Marc Lopez. La tête de liste Laurence Jouanaud (PCF) explique : « Tout le monde doit pouvoir s’épanouir dans une ville facile et apaisée, agréable à vivre autour de centres-villes qui proposent des lieux d’échanges et de rencontres. On a l’idée de mettre en place un cyber café municipal. Il faut aussi soutenir l’attractivité pour avoir des commerces attrayants dans des quartiers où les problèmes de circulation seront réglés, avec la mise en commun de transports par exemple. » Tout un programme, qui sera dévoilé dans son entier mi-février.

  • La justice clôt l’ère Bompard à Orange, et après ?

    La justice clôt l’ère Bompard à Orange, et après ?

    À Orange, l’adage « tel père, tel fils » n’a jamais été aussi bien porté chez les Bompard. Comme son père Jacques, Yann est donc condamné par la justice et rendu inéligible alors qu’il occupe les fonctions de maire. Absent lors du jugement à Marseille, lundi, l’intéressé n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat. Peu importe s’il fait appel de la décision -il dispose de dix jours pour le faire- celle-ci s’applique immédiatement. Il est donc contraint de démissionner dès la notification de justice reçue. S’il refuse, le préfet est en mesure de prendre un arrêté pour le démettre de ses fonctions.

    Malgré la forte proximité des municipales (15 et 22 mars), le conseil municipal devra se réunir pour élire un nouveau maire. En novembre 2021, il s’était passé une dizaine de jours entre la condamnation définitive de Jacques Bompard et l’élection de son fils Yann. Impossible dans l’immédiat de savoir qui, au sein de la majorité, souhaitera endosser le costume de maire ultra-transitoire. Voire de se lancer en même temps dans la campagne électorale, avec l’appui de la famille Bompard. Joëlle Eickmayer, toute nouvelle 1ère adjointe, ou l’adjoint à la culture, Jonathan Argenson, sont parmi les cités. Notons que ce dernier est le suppléant de Yann Bompard au Département et deviendra donc, sous peu, conseiller départemental, le maire déchu perdant aussi l’intégralité de ses mandats. Il faudra également élire un nouveau président à la communauté de communes du Pays d’Orange.

    Du côté de Marie-France Lorho, pas de réaction non plus. La députée RN était pourtant présente à Marseille, à l’énoncé du verdict, mais s’est échappée par une porte dérobée pour éviter la presse. Si elle ne fait pas appel, son suppléant Philippe de Beauregard est appelé à lui succéder. Maire de Camaret, il ne pourra toutefois pas cumuler les deux mandats. Si, en revanche, Marie-France Lorho conteste la décision, elle peut rester députée jusqu’à l’épuisement de tous les recours. Elle ne peut cependant briguer de nouveau mandat et perd son poste de conseillère municipale d’Orange.

    Le RN, qui rêve de reconquérir Orange, a déjà préparé le terrain en investissant Jean-Dominique Artaud comme tête de liste. Élu avec la majorité Bompard, il est depuis sa désignation, en novembre, passé dans l’opposition, entraînant avec lui plusieurs élus comme son beau-père et ex-premier adjoint, Denis Sabon. Sollicité, le délégué du RN 84 n’a pas donné suite. Pas plus que Carole Normani, élue d’opposition centriste et candidate aux municipales.

    « Orange mérite une alternative exemplaire »

    À gauche en revanche, Fabienne Haloui (PCF) exprime sa « grande satisfaction » après la condamnation. « Quand on est élu, on l’est pour servir l’intérêt général et pas pour se servir », note la conseillère municipale, pour qui la décision « met fin à une baronnie familiale » entamée en 1995. « Cela va rebattre les cartes sur le plan électoral et j’espère que ce jugement sera de nature à faire réfléchir les électeurs quant à la manière de gérer par l’extrême droite », espère-t-elle. Tête de liste du collectif Tous Orangeois, Antoine Boudet estime que « la condamnation met en lumière une défaillance grave dans la manière de gérer les affaires publiques, fragilise la confiance des citoyens et appelle une réflexion collective sur l’exigence d’exemplarité que nous devons à nos concitoyens ». Le chef de file d’Orange cœur citoyen l’assure : « Plus que jamais, l’avenir d’Orange mérite une alternative sérieuse et exemplaire, résolument tournée vers l’intérêt général. »

  • Du courage

    Du courage

    C’est un sujet qui pourrit la vie de nombreux habitants de notre région et qui a pris une telle ampleur qu’il figure parmi les préoccupations des électeurs à l’approche des municipales des 15 et 22 mars : le narcotrafic. Et pourtant, c’est un sujet éminemment national, un problème dont les solutions se trouvent dans les moyens et la volonté politique de l’État.

    Néanmoins, sans élus locaux déterminés à faire face et à sortir les quartiers populaires de l’abandon dans lequel ils sont trop souvent laissés par les pouvoirs publics, la lutte contre le narcotrafic a peu de chance de regagner du terrain.

    La lutte contre le narcotrafic n’appartient pas à l’extrême droite

    À Marseille, l’onde de choc provoquée par l’assassinat de Mehdi Kessaci a touché tous les cœurs. Dans tous les quartiers et quelle que soit l’opinion politique.

    L’engagement réitéré de son frère, Amine, contre le narcotrafic, malgré cela, est un message d’intransigeance à l’égard des mafieux et des tueurs.

    Militant écologiste, il fait le choix du Printemps marseillais aux côtés de Benoît Payan. Un symbole fort démontrant que ce sujet n’appartient pas à l’extrême droite dont le candidat prétend placer Marseille en « état d’urgence », une sorte de punition collective sans rivage.

    Quand on veut être élu pour faire reculer le narcotrafic, il ne faut pas de coups de menton, pas de grandes déclarations, il faut d’abord du courage.

    Amine Kessaci n’en manque pas. En politique comme dans la vie.

  • À Aix, Marc Pena et la gauche font du logement une priorité

    À Aix, Marc Pena et la gauche font du logement une priorité

    Des vœux certes, mais surtout le « premier moment de la campagne. Nous ouvrons un temps nouveau, un temps de clarification politique, de rassemblement, de rupture avec le passé », annonce Marc Pena, candidat en lice pour le fauteuil de maire. À la tête d’une union à gauche et écologiste (hors LFI), réunie sous le nom de liste Aix Avenir, le député PS et conseiller municipal d’opposition s’est adressé à ses militants et soutiens, agglutinés dans le local de campagne rue Granet inauguré ce jour. À deux mois des municipales, les vœux ont pris une tournure de plaidoyer pour une ville « où l’on peut vivre tous dignement ». Pour Marc Pena, deux « combats, presque à égalité » rythmeront la campagne : reprendre la mairie « aux Joissains, en place depuis 25 ans », et contre l’extrême droite. « Depuis des mois un même sentiment revient : celle d’une ville qui a oublié celles et ceux qui y vivent, une ville vitrine, qui a fait de ses habitants des figurants, attaque Marc Pena. C’est une autre vision d’Aix, que nous défendons. » Alors, si les noms de colistiers n’ont pas encore été dévoilés – ils devraient l’être lors d’un premier meeting, le 05 février, au château de l’Horloge – les grandes orientations du programme, elles, sont désormais sur la table, articulées autour de cinq axes : dignité, prendre soin, respirer, protéger et concerter. Un « projet pour la dignité » avec, en figure de proue, le logement.

    « Prendre soin »

    « Un droit fondamental » pour le candidat, qui promet l’encadrement des loyers, constructions de logements sociaux, vigilance accrue des logements « type Airbnb », augmentation des places d’hébergement en urgence, réquisition des logements vides… Pour la jeunesse, le candidat mise sur un « véritable service public de la petite enfance ». Exit, les « entreprises privées qui se sont gavées sur la petite enfance ». Pour Aix, Marc Pena veut aussi « la mise en place d’un grand plan du périscolaire » et veut « prendre soin » de la jeunesse « trop souvent confrontée à la précarité » comme des aînés « pour qu’ils puissent vieillir sans isolement » : pour cela, il faudra « développer le service public », estime-t-il. Autre mesure imaginée par le candidat, pour l’accès aux soins pour tous, cette fois-ci, la mise en place d’une « mutuelle municipale, qui manque tant ». Côté écologie, ce sera celle du « quotidien, populaire, concrète, au service de la qualité de vie », côté sécurité, « il faut remettre en place un lien différent entre la population et les policiers (…) nous l’avons perdu » et lutter contre « toutes les violences ». Aussi, le candidat ambitionne de faire d’Aix un « modèle de la démocratie locale (…) chez cette équipe municipale, il y a une incompréhension des sujets, des problèmes. Nous voulons l’inverse. Une démocratie locale, vivante, sincère, exigeante, poursuit Pena. Ce projet est porté par une union de la gauche et des écologistes. Six composantes la forment, c’est une grande partie de l’arc de gauche. Pas tout le monde, on peut le regretter (…) Mais nous sommes le pôle unitaire, rassembleur ».

  • Soutien de LFI à Avignon, la cheffe de file écolo est hors jeu

    Soutien de LFI à Avignon, la cheffe de file écolo est hors jeu

    Samedi, lors du premier meeting de campagne de Mathilde Louvain (LFI), outre la présence de la députée LFI Mathilde Panot, une autre personnalité a été remarquée : Sabah Badji. Cheffe de file des Écologistes pour les municipales, elle n’a pas pris la parole, mais a été invitée à monter sur scène et a été présentée comme soutien. Problème, son parti s’est positionné, en novembre, pour une alliance avec la liste de David Fournier (PS).

    « Je rejoins la liste de Mathilde Louvain en tant que société civile », confie Sabah Badji à La Marseillaise, assumant de fait de perdre son statut de cheffe de file. « Clairement, je ne me retrouve pas dans la campagne conduite par le candidat du Parti socialiste. Il n’y a ni projet de rupture, ni écologie ambitieuse à la hauteur des enjeux actuels », poursuit-elle dans un communiqué, déplorant « l’attitude et les négociations sournoises menées en coulisses », au détriment « de la construction programmatique ».

    Le choix de Sabah Badji n’est pas une surprise, elle qui plaidait pour un soutien de son parti à LFI. « On l’a suspendue dans la journée », réagit François Thiollet, membre du bureau national des Écologistes et représentant de la tutelle du parti dans la région : « Elle ne jouait pas le jeu de l’alliance avec le PS, ne faisait pas campagne, on aurait pensé qu’elle serait partie dès novembre. » Désignée cheffe de file en juin face à Jean-Pierre Cervantès, élu d’opposition, Sabah Badji n’a pu assez convaincre en interne pour faire alliance avec LFI.