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  • Vaucluse : les accueils physiques des finances publiques sur un fil

    Vaucluse : les accueils physiques des finances publiques sur un fil

    Au lendemain des mobilisations de la fonction publique, les agents des finances publiques ont souhaité alerter, ce mercredi, sur une réorganisation des services qui devrait toucher à la fois usagers et salariés. Avec notamment la disparition de deux services comptables dans les communes de Vaison-la-Romaine et Monteux d’ici fin 2028.

    Les deux entités seront regroupées au sein d’un bâtiment situé au hameau de Serres, à Carpentras. Une réorganisation qui « affecte beaucoup le nord du Vaucluse où il n’y aura plus aucun point d’accès en physique de nos services », regrette Benoît Sautecœur, représentant syndical Solidaires DGFIP 84.

    Du côté de Michel Lafitte, directeur des finances publiques en Vaucluse, on assure que ces structures « accueillent un peu moins de 20 personnes par jour », ce qui serait « limite pour les faire fonctionner » et qu’il est donc « mieux de les regrouper ». Tout en jurant que la DGFIP « ne va pas toucher aux accueils des particuliers dans les deux prochaines années ».

    120 salariés « sur la route »

    Autre point majeur de mécontentement, une réorganisation qui met 120 des 620 agents de la DGFIP de Vaucluse « sur la route », comme le résument les syndicats. Avec par exemple la disparition des antennes du service des impôts des entreprises de Carpentras et d’Apt ainsi que la trésorerie hospitalière de Carpentras. « Ce sont des personnes qui sont déjà installées, souvent avec femmes et enfants. Ça engendre du stress et des difficultés. Donc du mal-être et cela rend par conséquent un travail parfois bâclé », regrette Karim Ebn Rahmoun de la CGT Finances publiques. Des mouvements d’agents que Michel Lafitte « reconnaît bien volontiers » et dit comprendre que « cela génère de l’inquiétude ». Il assure que la direction « sait parfaitement gérer ce genre de choses » et que ce sera « accompagné du mieux que l’on peut », en évoquant par exemple des primes supplémentaires.

    Mais si ces évolutions concernent la période 2027 et 2028, les syndicats craignent également la suivante, jusqu’à 2030. De possibles fermetures ont été évoquées par la direction. « Nul besoin d’être grand clerc pour anticiper le démantèlement d’autres services », estime FO Finances publiques. « La DGFIP se transforme tout le temps. C’est ainsi », répond Michel Lafitte, qui n’a pas voulu décider au-delà de 2028 car il n’a « pas de certitudes », mais des transformations, comme la facturation électronique, « vont automatiser beaucoup de choses ».

  • La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    « Une séance historique » : ce sont les mots utilisés par Arnaud Murgia (DVD), le maire de Briançon, pour qualifier la séance du conseil municipal de ce mercredi 30 septembre. Pour cause, le rachat du fort des Têtes et sa cession à la Solideo, la société publique en charge des aménagements des Jeux olympiques 2030, qui prévoit de le transformer en village olympique, ont été actés. Un projet qui inquiète le groupe d’opposition de gauche Briançon territoire vivant, mais aussi plus d’une centaine de citoyens réunis dans le collectif Non au village olympique au fort des Têtes de Briançon : plusieurs dizaines d’entre eux ont fait le déplacement à la mairie pour montrer leur mécontentement face au vote. Une pétition a été lancée et récolte déjà plus de 8 000 signatures.

    Le fort Vauban, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, doit être acheté à l’état pour 242 000 euros. La Ville va ensuite céder cinq bâtiments à la Solideo pour près de 47 000 euros. « Depuis des années, les élus ont cherché des solutions pour sauver ce patrimoine, a rappelé le maire avant la délibération. C’est une chance unique de le réhabiliter » La Solideo se chargera des travaux de restauration des bâtiments. Les remparts resteront à la charge de la Ville, qui sera « bénéficiaire de subventions d’un montant jamais connu ici ».

    Création de logements sociaux

    Au-delà de sauver le bâti, le projet prévoit de répondre à un besoin criant à Briançon : la création de logements sociaux. Le village olympique permettra d’accueillir près de 1 000 athlètes pendant les Jeux. La Solideo devrait ensuite céder les bâtiments au promoteur immobilier privé Linkcity, une filiale du groupe Bouygues.

    Au total, 72 logements sociaux et en accession sociale à la propriété seront disponibles au plus tard en janvier 2031. « C’était ma promesse : que l’héritage du village olympique réponde aux à l’intérêt général des habitants », a insisté Arnaud Murgia. De plus, une résidence hôtelière, des équipements de services et des places de stationnement pour les futurs habitants devraient y voir le jour.

    « Les JO font beaucoup parler, a renchéri Stéphane Régnier du groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant. Les associations qui s’y opposent reçoivent de plus en plus de soutien. Entendez notre population et ralentissez ! Les Jeux peuvent donner de beaux projets, mais seulement si vous intégrez les citoyens. »

    « Au lieu de susciter un engouement chez les habitants, on a des incertitudes sur le coût final, les délais et cette promesse d’héritage, a poursuivi Maxime Brousse du même groupe d’opposition. Nous avons besoin d’engagements fermes pour rassurer les Briançonnais et restaurer la confiance. »

    Agathe Di Lenardo

  • À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    C’est un élément peu connu des habitants, et pourtant obligatoire dans toutes les communes de plus de 80 000 habitants depuis 2002. Instance consultatives et participatives, ni organes exécutifs, ni réunions d’information, les conseils de secteur ont été conçus à Porto Alegre, au Brésil, dès 1989, pour favoriser la justice sociale. Exportés au début des années 2000 en Europe et en France, ils ont vocation à créer du dialogue entre élus et citoyens. Ils offrent à ces derniers la possibilité de s’impliquer dans leur vie de quartier, en proposant et débattant des projets. « De la même façon que nous demandons aux enfants de rêver leur cour de récréation, nous invitons les Toulonnais à imaginer leur quartier », illustre la maire de Toulon Josée Massi.

    Cette dernière a désiré repenser intégralement la constitution de cet outil. Dès avril, elle a chargé son adjointe à la démocratie de proximité, Corinne Jouve, de tabler là-dessus. Premier changement : un redécoupage des secteurs, passés de dix à cinq (nord-ouest, nord-est, ouest, centre et sud), avec des quartiers « regroupés par cohérence de projets mais aussi par rapport aux besoins spécifiques des habitants », détaille la maire de Toulon.

    Un budget de « plusieurs millions d’euros »

    Un appel citoyen a ensuite été lancé. 807 habitants, associations et commerçants y ont répondu. Les conseils ont ensuite été déterminés par tirage au sort, chacun d’eux étant dirigé par un adjoint de secteur, avec, en leur sein, un élu (y compris d’opposition), un habitant, un membre d’un comité d’intérêt local (CIL) et un représentant associatif ou commerçant.

    Ils démarreront leur mission dès janvier, et ce jusqu’à la fin du mandat municipal en cours, et se réuniront a minima deux fois par an, en janvier et en juin. Leur fonctionnement sera régi par une charte. « Chaque membre s’engage à œuvrer pour et dans l’intérêt général de la ville, du quartier et de ses habitants. Il doit faire preuve de civisme, d’exemplarité et d’assiduité », explique Corinne Jouve. Les conseils de secteur disposeront d’un budget global de « plusieurs millions d’euros » sur la durée du mandat, afin « de réaliser des projets proposés et débattus au cours des séances de travail annuelles après études de faisabilité technique, juridique et financière », ajoute l’adjointe à la démocratie de proximité.

  • Les collégiens sportifs à l’honneur à Marseille

    Les collégiens sportifs à l’honneur à Marseille

    À l’occasion de la 26e cérémonie de remise départementale de matériel sportif, 40 sections sportives, sur les 65 qui bénéficient de l’opération, étaient présentes à l’hôtel du Département (4e arrondissement) mercredi après-midi.

    Avant les prises de parole de la présidente du Conseil départemental, Martine Vassal (DVD), et de Tom Arnoux, vice-champion du monde d’IQFOIL – une discipline de la planche à voile –trois ateliers sportifs étaient proposés aux jeunes athlètes : un stand de biathlon avec initiation au tir de précision, deux rameurs reproduisant les mouvements de l’aviron et quatre SkiErg Concept2 simulant la pratique du ski de fond. Des échecs à l’aviron, 24 disciplines sont représentées au sein des 65 sections sportives concernées.

    « C’est un plaisir d’être ici car j’étais à leur place »

    Tom Arnoux, natif de Marseille, a profité de l’événement pour passer un message : « Les associations sportives nous ouvrent des portes pour faire ce qu’on aime, ça m’a permis de découvrir d’autres sports. C’est un plaisir d’être ici car j’étais à leur place, donc c’est émouvant de voir tout ce monde-là et j’espère qu’ils vont pouvoir avoir les subventions et les aides pour leur permettre de faire du sport plus souvent. »

    L’athlète a également glissé un petit mot sur la réduction du nombre d’heures de cours de sport : « Réduire ce temps de loisir, ça fait un peu mal au cœur, mais on voit qu’il y a un mouvement qui soutient le sport et qui permet de mettre tout en œuvre pour en profiter au maximum ».

    Tous les élèves des sections sportives du département ont reçu, pour cette rentrée, une multitude d’éléments. Après un passage sur le podium et une photo de groupe aux côtés de Martine Vassal et Tom Arnoux, chaque collégien est reparti avec un sac de sport contenant une gourde et une serviette avec une tenue sportive complète composée d’une veste et d’un tee-shirt. C’est notamment le cas de Maïssa, élève de cinquième au collège Edgar-Quinet (3e) et inscrite à la section Échecs de son établissement : « J’aime bien faire du sport, surtout en compétition et c’est en dehors de l’école, donc ça nous occupe souvent. C’est bien aussi car ça permet de se vider la tête. Je suis contente d’être ici et reconnaissante envers mes professeurs ».

    En plus des équipements sportifs offerts aux collégiens, chaque section va bénéficier d’équipements sportifs répondant aux besoins identifiés des disciplines concernées. Au-delà de l’aspect compétitif qui motive les élèves, l’aspect de la santé est lui aussi beaucoup mis en avant.

    « Entretenir la santé

    des adolescents »

    Des valeurs que valorisent le Département et sa présidente, Martine Vassal : « Notre ambition est de favoriser la réussite scolaire et sportive des jeunes collégiens. Avec cette remise de matériels et d’équipements, le Département réaffirme son engagement en faveur d’une pratique régulière dès le plus jeune âge, à la fois pour entretenir la santé des adolescents, mais aussi pour partager les valeurs sportives. C’est aussi ça, l’héritage des Jeux Olympiques 2024 ! »

    Une fois les discours et la remise des équipements terminés, une nuée d’élèves s’est dirigée vers le fond de la salle, attirée par le buffet proposé à l’occasion. Après le sport, le réconfort.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Une élue alerte le conseil sur l’abattage d’arbres à Aiglun

    Une élue alerte le conseil sur l’abattage d’arbres à Aiglun

    Une élue d’Aiglun a alerté mercredi soir, à la fin du conseil communautaire de Provence Alpes Agglomération, sur l’abattage d’arbres la semaine dernière le long de la RN85, dans le cadre du chantier de confortement des berges de la Bléone, qui doit durer jusqu’à fin novembre. « Il y a beaucoup d’émotion chez les habitants d’Aiglun concernant ces abattages d’arbres. Il en reste encore quelques-uns, mais on a très peur qu’ils passent aussi à l’abattage très prochainement », a regretté Claude Bouliou, deuxième adjointe au maire, se disant « très sollicitée par les habitants sur ces points-là » et demandant si ces abattages relevaient de l’agglomération ou de la Dirmed. « Ces travaux sont portés par la Dirmed, la direction des routes. Ils font suite aux inondations de 2019 qui avaient mis en péril la RN85 », lui a répondu Claude Fiaert, sixième vice-président de Provence Alpes Agglomération. « Il a été demandé de laisser le plus de place possible à la rivière. C’est ce qui explique l’abattage des arbres », a-t-il avancé, promettant que « des plantations seront faites par la suite ».

    Un déménagement

    de l’abattoir ?

    Les élus ont par ailleurs acté le rapport annuel de l’abattoir vieillissant de Digne, avec une « légère progression de l’activité » et une « hausse de 1% du tonnage par rapport à 2024 », a rapporté Bruno Acciaï, vice-président de l’agglomération délégué à l’agroalimentaire. « Son utilité dépasse largement notre agglomération, puisque 70% des volumes proviennent de clients extérieurs », a-t-il rappelé. Mais « la vétusté des installations, qui entraîne des hausses de charges importantes, nous appelle à préparer l’avenir ». C’est pour cela que l’agglomération a lancé une étude « pour préciser les besoins et les possibilités de modernisation de cet équipement ». L’intercommunalité espère surtout partager la charge financière de cet abattoir « avec les autres territoires utilisateurs ». « Il n’est pas normal que l’on assure le déficit tout seuls », a lancé le vice-président. Questionné par le conseiller d’opposition Pascal Rovere concernant un potentiel changement de lieu de cet équipement, le président de l’agglomération Julien Di Benedetto a répondu que « pour le moment, l’abattoir a de belles années devant lui sur le site qu’il connaît ». « Le département du Var représente 20% du tonnage », a-t-il ajouté.

    Le vice-président délégué aux déchets, Max Eymard, a finalement présenté le rapport d’activité du service de gestion des déchets pour l’année 2025. La quantité d’ordures ménagères résiduelles a baissé de 15% par rapport à 2024, et « le taux de tri est passé de 22,53% à 26,97% », s’est réjoui le maire des Mées. Il reste cependant « encore une marge de progression importante » : « près de 6 938 tonnes pourraient éviter l’enfouissement ».

  • La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    Pas moins de 300 gendarmes et policiers dans les quartiers, sur les routes et dans les transports en commun, dans les commerces, ont été mobilisés ce mercredi 30 septembre pour « lutter contre la délinquance en règle générale, et contre le trafic de stupéfiants », explique la préfète de police déléguée Corinne Simon, qui compte bien utiliser tous les leviers légaux mis à sa disposition. Dont la toute nouvelle loi Ripost promulguée en août.

    Le texte sanctionne notamment les rodéos urbains, la consommation de protoxyde d’azote, jusqu’à un an de prison, et rehausse le tarif de l’amende forfaitaire spécifique (AFD) de 200 à 500 euros, cette dernière figurant au casier judiciaire en cas de consommation de stupéfiant. Car c’est le consommateur qui est aussi visé, « le premier maillon de la chaîne », insiste Corinne Simon. Ripost permettant de suspendre le permis de ce dernier, même s’il est à pied, pour six mois en cas de « réitération », soit après deux contrôles, précise-t-elle. Des outils efficients et complémentaires à ceux existant considère la préfète.

    Une belle prise

    Une loi « fourre-tout » et qui porte atteinte aux libertés publiques dénonçait la CGT Intérieur. Quant aux AFD, le montant de leur règlement peine à être connu et leur taux de classement sans suite par les parquets locaux atteint 79% pointait la Cour des comptes dans un rapport publié en avril dernier.

    Mais ce jour-là, l’opération a néanmoins permis de mettre au jour un des maillons de la chaîne du trafic. Un commerce d’emballages du 15e arrondissement qui fournit au réseau voisin les sachets pour conditionner la drogue. « C’est ce que l’on retrouve sur nos points de deal », commente la commandante Laure Gambini de la division Nord, ravie de cette prise. À raison de 10 euros le sachet, chaque paquet en contenant 100, « cela représente des milliers d’euros » ajoute-t-elle, avant de lancer une vaste perquisition. Elle soupçonne également du travail dissimulé. L’employé se présentant comme le gérant ne l’étant pas franchement, il est embarqué en garde à vue. Un premier commerce du genre dans le 14e a été condamné en mars. « Ils se sentent un petit peu au-dessus des lois, disant qu’ils ne font que du packaging », constate Sébastien Lautard, directeur adjoint de la police des Bouches-du-Rhône, « mais ils sont dans le collimateur ».

  • À Marseille, le centre éducatif fermé les Cèdres se transforme

    À Marseille, le centre éducatif fermé les Cèdres se transforme

    Un lit, une douche, quelques affiches ou photos pour habiller les murs, un petit ventilateur et des autocollants néons sur le plafond. C’est ce qu’on trouve dans la chambre d’un jeune placé à l’Unité judiciaire à priorité éducative (UJPE) les Cèdres (9e), qui a été, mercredi, la dernière des 85 nouvelles unités mises en place au 1er septembre à être inaugurée. Anciennement Centre éducatif fermé (CEF), elle est devenue une UJPE dans le cadre de la réforme de la prise en charge des mineurs délinquants, annoncée en novembre 2025 par Gérald Darmanin, ministre de la Justice. Cette réforme a acté, au 1er septembre 2026, la transformation des CEF, lieu privatif de liberté pour mineurs alternatif à la détention, et des Unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC), qui fonctionnaient comme un foyer éducatif classique, avec un régime de vie plus ouvert, en une seule et même structure : celle d’une Unité judiciaire à priorité éducative.

    « Le ministre [de la Justice] a constaté que les jeunes dans ces différentes structures avaient les mêmes profils et que la différenciation que projetaient et que supposaient ces modèles ne se trouvait pas dans la réalité, a justifié Thomas Lesueur, directeur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Par conséquent, le choix a été fait de fusionner les deux, pour rétablir l’équilibre des moyens entre ces deux unités. Il y avait une véritable rupture d’égalité devant le service public, puisque à peu près les mêmes profils de jeunes, avec les mêmes parcours, se retrouvaient soit pris en charge dans des structures [les CEF] où il y avait plus de moyens, d’encadrement et d’accompagnement soit dans une autre où il y en avait moins. » Parmi les grandes évolutions en termes de moyens : la présence, désormais obligatoire, dans chaque UJPE, d’un infirmier et d’un professeur technique à temps plein. Une règle déjà appliquée dans les anciens CEF mais pas dans les UEHC. « Il s’agit d’accompagner les jeunes de la façon la plus individualisée possible, car chaque cas est unique, dans son parcours scolaire comme dans son parcours d’insertion », souligne Thomas Lesueur.

    Parcours personnalisé

    Dans les couloirs de l’établissement des Cèdres, qui accueillent au maximum 12 personnes, capacité minimale des UJPE, les emplois du temps des jeunes placés témoignent de l’individualisation des parcours proposés dans la structure. Certains se rendent quotidiennement au lycée, d’autres suivent des ateliers en salle de classe sur place, avant d’enchaîner, l’après-midi, sur des activités censées favoriser l’insertion.« Notre priorité est de tendre la main aux jeunes pour leur apporter de l’aide, leur créer des repères pour qu’ils ne récidivent pas, estime Zoé Tiberghen, directrice de l’UJPE. On essaie de remettre les jeunes en lien avec leurs ressources à eux, d’amener l’insertion de manière différente ».

    Ryan*, mineur placé il y a un peu plus d’un mois, voit dans son passage par l’établissement « une chance, comparé à la prison ». « C’est toujours mieux d’être chez soi, mais je me dis que c’est un mal pour un bien. J’apprends à respecter tout le monde, à vivre en collectivité, note-t-il. Et on travaille l’insertion. Dehors, on fait des bêtises, donc on y travaille pas trop ». « Stressé » au moment de l’annonce de son placement, il dit s’être relativement vite adapté aux contraintes. « T’es pas libre comme chez toi, tu vis avec des gens que tu connais pas, mais tu apprends vite », glisse-t-il. Dans sa chambre, individuelle comme toutes celles de l’UJPE, il a collé quelques photos de lui, de ses frères, de sa copine, car « forcément, quand il n’y a rien, on ne sent pas chez soi ».

    * Le prénom a été modifié

  • Une Foire contrastée pour les inventeurs et démonstrateurs

    Une Foire contrastée pour les inventeurs et démonstrateurs

    Les emblématiques emplacements réservés au « Club des inventeurs » et aux démonstrateurs sont de nouveaux présents cette année sur la Foire, au parc Chanot. Un regroupement qui « évoque les marchés d’autrefois et rappelle la créativité légendaire des forains », selon les organisateurs.

    Parmi les commerçants venus mettre en avant leurs produits, de nombreux médaillés du Concours Lépine. L’occasion de découvrir le Tirflem, ramasse-boule de pétanque magnétique, ou encore l’enfile-couette Hopoli. Que ce soit pour trouver les futurs cadeaux de Noël, faire du shopping, ou se laisser séduire par les vendeurs, l’espace attire chaque année son lot de visiteurs.

    Hausse du coût de la vie

    Cependant, l’augmentation générale du coût de la vie semble freiner une partie des visiteurs. « Forcément, tout coûte plus cher, donc on achète moins, on se fait moins plaisir », expriment Béatrice et Sandrine, deux habituées de la Foire. Ce changement d’habitudes chez les clients se fait également ressentir auprès des commerçants. « On le voit, les gens n’ont plus une thune, ils dépensent moins », lance Guilhem, inventeur d’une raclette en silicone avec réservoir. « J’essaye de me mettre aux réseaux, mais c’est pas mon truc. Aujourd’hui, c’est de plus en plus dur de surprendre le public », poursuit-il, en évoquant l’impact des réseaux sociaux et de l’e-commerce sur son activité. Sentiment partagé par Anthony, un autre vendeur présent sur cet espace : « Le prix du stand a augmenté par rapport à l’an dernier, et il y a moins de visiteurs, donc forcément, c’est compliqué, y’a un souci ».

    Malgré tout, certaines grandes enseignes bénéficient de leur notoriété et ne pâtissent pas de la situation. « On n’a pas eu de baisse des ventes par rapport à l’an dernier, on est même en positif », confie Emilie Delphon, responsable du stand Tupperware.

    AU PROGRAMME CE JEUDI

    Journée senior

    Une deuxième journée senior est prévue ce jeudi à la Foire. L’accès est de nouveau gratuit pour les personnes de plus de 60 ans.

    Animations par l’ES

    Tout au long de la journée, l’association et club de loisir pour seniors ES 13, proposeront des animations sur la grande scène. Différentes activités, shows et une tombola auront lieu sur la scène centrale.

    Soirée gourmande et dansante

    Dès 19h, sur la grande scène, le groupe Gipsy by Paco Baliardo reprendra les classiques des Gipsy King.

  • Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Alors que de nombreuses mobilisations sont prévues, ce jeudi, dans différents lycées de la région, les élèves de Saint-Charles ont poursuivi, mercredi, leur action débutée la veille dans l’élan des manifestations pour le service public, en intersyndicale.

    À leur propre initiative cette fois, une trentaine de lycéens ont bloqué durant toute la matinée l’entrée à leur établissement à l’aide de grandes poubelles, ne laissant passer seulement les professeurs et les élèves en prépa. Ils soulignent l’importance d’une mobilisation qui les concerne tous. « On se bat pour nos droits, on le fait pour nous tous et pour les futurs lycéens », déclare Suzanne, une lycéenne, alors perchée sur une poubelle.

    Ils militent pour de meilleures conditions d’éducation et dénoncent une politique d’austérité pour les services publics, responsable des manques de moyens, de personnels et de matériels qui menacent, selon eux, le bon déroulement de leurs études. « On manque de moyens à cause des coupes budgétaires de Macron. En classe, on est passé de 29 élèves à 35, c’est juste pas possible pour étudier correctement », explique un élève qui a préféré rester anonyme.

    Les lycéens déplorent également la chaleur qu’ils endurent dans les salles de classe, une problématique de plus en plus alarmante avec l’augmentation affolante de la fréquence des canicules, ces dernières années. « On a hyper chaud le matin quand le soleil tape et chauffe les salles à mort, c’est invivable. On a qu’un seul ventilateur par classe, voire aucun. Ça devient tout simplement irrespirable, on ne peut pas se concentrer parce qu’on a trop chaud », se désespère Noé, un autre lycéen mobilisé.

    Ils condamnent par ailleurs la répression policière que rencontrent les actions lycéennes : « Quand on essaie de manifester comme on le fait, ils envoient les policiers. Il y a des jeunes qui se font tabasser alors qu’ils manifestent pour leurs droits », regrette Noé.

    Solidaires des agents publics

    Dans leurs revendications, ils expriment une solidarité ferme avec l’ensemble des lycées, mais aussi avec leurs professeurs et les agents des services publics avec lesquels certains lycéens ont partagé les manifestations de mardi. « On milite à Saint-Charles, mais on reste un lycée du centre de Marseille, on n’a pas toutes les galères que connaissent les établissements des quartiers nord qui sont encore moins pris en considération. On tient à manifester pour tout le monde, dont les professeurs qui sont de moins en moins bien payés et qui ne sont jamais remplacés et les agents d’entretien qui sont surexploités et très mal payés eux aussi », précise une autre lycéenne qui a préféré ne pas donner son nom.

    Les jeunes insistent sur leur légitimité à exprimer des revendications. « On aimerait se faire entendre, on n’est pas des jeunes de 16 ans qui veulent seulement sécher les cours, on est surtout des personnes révoltées. On va continuer notre lutte, même si l’on n’est pas écouté par l’État, car nous sommes les travailleurs de demain », conclut l’élève.

    Etienne Devillard Lacordaire