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  • Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Ce 29 septembre, les cortèges ont fait le plein dans l’Hérault et le Gard
    à l’appel d’une large intersyndicale de la fonction publique (la CGT, FO,
    la CFDT, l’Unsa, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP). Un coup de pression à la veille des arbitrages du gouvernement pour le prochain budget – dont la présentation avait lieu le 1er octobre – afin de protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.
    À Montpellier, 7 000 personnes ont défilé selon les syndicats, 4 500 selon la police. La manifestation nîmoise, elle, a rassemblé 2 500 manifestants selon les syndicats. Des cortèges denses qui ont réuni des agents des trois fonctions publiques (État, collectivités, hôpital), auxquels se sont joints
    de nombreux jeunes, étudiants mais aussi lycéens, mobilisés dès le début de la journée avec le blocage de leurs établissements.

    Philippe Enjelmann, Infirmier aux urgences psychiatriques du CHU de Montpellier :
    « J’ai des collègues à l’hôpital qui dorment dans leur voiture »

    L’hôpital est attaqué et déconstruit méthodiquement depuis des années par le gouvernement main dans la main avec la direction de l’hôpital, si bien qu’on a de moins en moins de budget pour prendre en charge les patients. En psychiatrie, où je travaille, deux unités entières ont fermé ces 7 dernières années. Ce qui conduit à des situations comme samedi dernier [26 septembre, NDLR] : aux urgences, on avait un patient qui devait être hospitalisé rapidement, mais sa prise en charge a tardé faute de place et un collègue infirmier a été victime d’une agression qui lui a valu 10 jours d’ITT.

    C’est catastrophique en premier lieu pour les patients, qui voient leur prise en charge dégradée et sont accueillis dans des locaux qui ne sont pas adaptés, avec des personnels pas formés comme il faudrait. Et nous, en tant que travailleurs, non seulement on perd le sens de notre travail mais on se demande comment on va rentrer le soir… Quelle est la prochaine étape ? Se faire tuer au travail ? Tout ça pour un salaire qui fait que le 10 du mois, j’en suis déjà à attendre ma paie ? Et encore, je ne suis pas le plus mal loti : j’ai des collègues à l’hôpital qui n’ont pas un salaire assez important pour payer un loyer, si bien qu’ils dorment dans leur voiture et se douchent discrètement dans les vestiaires… On en est là. La réalité de l’hôpital aujourd’hui, c’est que les gens qui vous soignent galèrent à vivre. C’est cet avenir de précarité et de déconstruction du service public qu’on combat. »

    Audrey Amiel, Sapeur-pompier à Lunel
    « On n’a pas les moyens de faire bien le travail qu’on devrait faire »

    On n’a pas les moyens de bien faire le travail qu’on devrait faire. Ça m’attriste car c’est la population qui est touchée en premier. Manque de moyens financiers, humains, matériels : tout est imbriqué. Il y a une espèce d’étouffement général de la fonction publique, qui se ressent au quotidien.

    Je suis sapeur-pompier professionnel depuis 2010. Les conditions de travail ont beaucoup évolué, notamment avec ces départs de carence d’ambulances privées, qui se sont multipliés. Ce sont des interventions qui, normalement, ne font pas partie de notre travail. Mais quand vous avez un problème en France et que personne ne peut y répondre, on envoie les pompiers. Donc quand il n’y a plus d’ambulanciers privés pour emmener quelqu’un à l’hôpital, c’est nous qu’on sollicite. Or quand on fait ça, on ne peut pas faire une vraie urgence derrière. On nous sollicite tellement qu’on se retrouve en manque d’effectifs, parce qu’on ne peut pas faire le travail des autres et le nôtre. On a juste envie de revenir aux fondements de notre métier : faire du secours, de l’urgence. Pas du transport.

    Outre des recrutements, on voudrait également avoir des outils de travail qui permettent de protéger notre santé. Depuis des années, on intervient sur des feux de forêt sans se protéger… Enfin, s’agissant des salaires, le dégel du point d’indice des fonctionnaires est un des mots d’ordre de la mobilisation auquel nous nous associons en tant que fonctionnaires territoriaux. »

    Corinne Place, Enseignante dans le 1er degré à Nîmes

    « On encaisse, on encaisse, mais là ce n’est plus possible »

    Je suis enseignante dans le premier degré, avec une classe de CP, CE1 et CE2 dans le nord du Gard. Si je suis là aujourd’hui, c’est pour défendre le service public, mais aussi nos conditions de travail et notre pouvoir d’achat. Cela fait des années que nos rémunérations stagnent et que notre niveau de vie se dégrade. On encaisse, on encaisse, mais à un moment, ce n’est plus possible.

    Dans les écoles, ce manque de moyens se voit partout. Le symbole qui parle pour tous les autres, c’est les AESH, indispensables pour accompagner les élèves en situation de handicap mais qui restent dans une très grande précarité. Nous demandons qu’elles aient enfin un véritable statut, qu’elles soient formées, reconnues et suffisamment nombreuses.

    Et puis il y a l’état des bâtiments. Cette année encore, avec les fortes chaleurs dès le mois de mai, certaines classes sont devenues très difficiles à supporter. On sait depuis des années qu’il faut adapter les écoles au réchauffement climatique. Parfois, il suffirait déjà de choses simples : des stores, des volets, des brasseurs d’air, la possibilité d’aérer les bâtiments tôt le matin. Les collectivités font avec leurs moyens, mais ils sont limités. Au bout du compte, ce sont les personnels et surtout les élèves qui subissent. Défendre une école publique forte, cela suppose de lui donner réellement les moyens de fonctionner. »

    Francis Foussard, Ingénieur hydraulique au CD30 à Nîmes.
    « Par ces chaleurs, c’est surtout le point d’indice qu’il faut dégeler »

    Nous sommes là pour défendre le service public, les conditions de travail de ses agents et leurs rémunérations. Ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est la perspective d’un nouveau budget d’austérité qui viendrait encore réduire les moyens de la fonction publique. Mais cet été a aussi montré très concrètement ce que signifie le manque de moyens face au dérèglement climatique. Au Conseil départemental, on le voit notamment pour les collègues qui travaillent sur les routes. Lors des épisodes de canicule, certains se retrouvent exposés à des températures très importantes et nous demandons encore qu’un véritable plan de travail adapté soit mis en place. On ne peut pas demander aux agents d’assurer leurs missions en mettant leur santé en danger.

    Même constat pour les services d’incendie et de secours. Cet été a montré jusqu’où peut aller cette impréparation : en Gironde, les incendies ont entraîné le plus grand déplacement de population depuis la seconde guerre mondiale, tandis que plusieurs agents ont perdu la vie et que des dizaines d’autres ont été blessés lors des interventions. On demande des moyens humains, des conditions de travail dignes et, évidemment, une revalorisation salariale. Le dégel du point d’indice est indispensable. Et par ces fortes chaleurs, c’est peut-être bien le dégel que les fonctionnaires attendent le plus ! »

  • Renaud Muselier siègera dans le groupe Union centriste

    Renaud Muselier siègera dans le groupe Union centriste

    Fin du suspense. Vingt ans après avoir quitté l’assemblée nationale où il siégeait sur les bancs de l’UMP, Renaud Muselier ne siégera finalement pas dans le groupe RDPI où se retrouvent la plupart des sénateurs Renaissance même s’il conserve sa carte au sein du parti présidentiel.

    Élu sénateur des Bouches-du-Rhône dimanche, il a choisi de rejoindre les rangs du groupe de l’Union centriste et indépendants (UCI) au Palais du Luxembourg. Un groupe présidé par Hervé Marseille, dont le nom n’est pas sans résonance pour l’ancien président de la Région Sud.

    Il a annoncé son choix ce jeudi, peu avant la séance de rentrée de la chambre basse, chez nos confrères de Public Sénat, en rappelant son souhait de s’inscrire dans la majorité sénatoriale conduite par Gérard Larcher (LR). A cette heure, le groupe macroniste RDPI n’a toujours pas acté sa participation à la majorité sénatoriale, même s’il devrait s’y retrouver.

    Soutenu lors des sénatoriales par une coalition rassemblant Renaissance, l’UDI et Les Républicains, l’ancien député et ancien secrétaire d’État entend ainsi conserver une position transpartisane au Sénat.

  • A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    à Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes. Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Les groupes de lycéens se déplacent aussi d’un établissement à l’autre, ce jeudi.

    Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir», a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. «Je suis allé à leur rencontre en début d’après-midi pour écouter leurs revendications. Ils dénoncent, comme leurs professeurs, les moyens alloués au service public d’éducation. Ils doivent être entendus », ajoute Vincent Bouget. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications. Entendre notre jeunesse et investir dans sa formation doit être une priorité nationale », conclut le maire de Nîmes.

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département de l’Hérault étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. Au cours d’une conférence de presse organisée ce matin, la préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation.

    «Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. Il faut que les forces de sécurité agissent fermement pour débloquer mais avec tact méthode et proportionnalité, selon les mots du ministre de l’Intérieur, pour que cela soit efficace. Il faut que nous protégions tout le monde, y compris ces lycéens qui vont au contact, sont assez déterminés et dont certains sont déterminés avec cagoules et jets de pierre. C’est une intervention particulièrement délicate.»

    Le témoignage de l’Observatoire des libertés

    Dans un communiqué, L’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dés le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatées : « Au lycée Jean Monnet, les lycéennes et lycéens ont entrepris le blocage des deux accès aux bâtiments vers 6 h 30. La mobilisation était pacifiste : toutes les personnes impliquées étaient non-violentes. Vers 7 h 35, deux équipages de la police nationale de l’Hérault sont intervenus sur site. Sans sommation, ils ont entrepris le déblocage physique d’un des deux accès : des lycéennes et lycéens ont été violemment poussés, tirés, frappés voire violemment projetés au sol. De nombreux fonctionnaires de police ne disposaient pas de RIO visibles.»

    Vers 8 h, un équipage de la Compagnie Départementale d’Intervention de l’Hérault est arrivée en renfort des effectifs déjà présents, raconte l’Observatoire : « Les lycéennes et lycéens se sont alors assis, sur l’axe sur lequel circulait le véhicule, de manière pacifique. Les fonctionnaires de police sont sortis de leur véhicule, casque en main, en tirant, poussant et projetant là encore les lycéens. L’un d’eux a fait usage de gaz lacrymogène sur les lycéennes et lycéens à très courte distance. Aux lycées Jules Guesde, et Mermoz, les mêmes scènes de violences ont été rapportées. Au lycée Jules Guesde, un lycéen a subi une clef d étranglement par un fonctionnaire de police. Un élu municipal a, lui, été projeté au sol. »

    Du côté de la préfecture, on informe que « la contestation lycéenne a provoqué des blocages et des incendies dans au moins deux établissements de Montpellier ce jeudi 1er octobre. La police est intervenue. Les lycées Mendès-France et Jules-Guesde sont désormais fermés.»

    La CGT 34 réagit et apporte son soutien
  • Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes lance sa saison 2 à Montpellier

    Mille Formes change de saison, mais pas de cap. Ouvert en février dernier à Montpellier, le centre d’initiation à l’art pour les 0-6 ans, installé en plein cœur de Montpellier, quartier Antigone, a lancé le 16 septembre sa saison 2 après avoir accueilli près de 55 000 visiteurs.

    Gratuit et ouvert à tous, ce lieu culturel porté par la Ville et développé en partenariat avec le Centre Pompidou propose aux tout-petits de découvrir l’art en expérimentant, manipulant, construisant ou écoutant. La programmation de cette nouvelle saison s’inspire d’un album intemporel de Leo Lionni publié en 1970 : Petit Bleu et Petit Jaune. « À travers l’histoire de ces deux personnages qui, malgré leurs différences, deviennent des amis inséparables, l’album fait écho à l’esprit de Mille formes : la rencontre, le partage, le vivre ensemble », présente Lydie Marchi, directrice de l’établissement.

    Trois nouvelles propositions sont notamment à découvrir. Dans la Bulle aux Bébés, « Habiter les formes », du duo sétois Les Crafties, plonge les 0-2 ans dans un paysage sensoriel fait de feutre, de couleurs et de volumes. Il s’agit du premier dispositif artistique entièrement produit par Mille Formes Montpellier. Dans la Galerie, l’artiste Paul Cox transforme l’espace en immense terrain de construction : des milliers de blocs de bois et de mousses colorées permettent de construire routes, ponts, édifices et villes. Enfin, dans la Fourmilière, « Tisser en liberté », d’Émilie Queney, propose de revisiter le tissage à partir d’une machine itinérante et de matériaux insolites.

    Alternative aux écrans

    « À Mille Formes, on a l’ambition de travailler aussi avec les enfants, pas seulement pour eux », souligne Lydie Marchi. Cette philosophie se retrouve dans le MiMu, le mini-musée du centre, dont la nouvelle édition a été imaginée avec des enfants de deux centres de loisirs municipaux. « Ce sont les enfants qui ont choisi les œuvres et objets présentés, imaginé la scénographie et réalisé textes et cartels sonores. »

    Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, Mille Formes constitue une alternative aux écrans pour les tout-petits. « Là, on les stimule, on les éveille, on les sensibilise », explique-t-il. La Ville assume un choix de service public, avec 16 agents publics mobilisés et des moyens consacrés au lieu. « Depuis que je suis maire, nous affirmons qu’il faut construire, penser la Ville à hauteur d’enfant, dans l’espace public mais aussi à travers une politique culturelle dont Mille Formes est le fer de lance », déclare le maire qui cite également l’implantation d’un « futur cinéma à hauteur d’enfants dans le quartier de Celleneuve ».

    Spectacles, ateliers, musique, danse, cirque et littérature compléteront cette saison 2, avec une même ambition : frotter sa sensibilité à l‘art dès le plus jeune âge.

    A.G.

    * Entrée gratuite et sans réservation

  • Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le Parti communiste veut aller ferrailler avec l’extrême droite sur ses terres. « L’enjeu, c’est de pousser l’extrême droite dans ses retranchements. Le but, c’est d’interpeller l’extrême droite, d’aller sur son terrain et de lui demander  : qu’est-ce que vous en dites du droit à l’avortement ? », explique Saliha Boussedra, qui gère l’organisation de l’événement avec l’Assemblée des femmes du PCF du Gard.

    Car la philosophe, spécialiste de Marx et du féminisme, rappelle que l’extrême droite au pouvoir s’attaque systématiquement aux droits des femmes. Les exemples internationaux avec Donald Trump aux États-Unis, Javier Milei en Argentine ou même Giorgia Meloni en Italie continuent de le prouver. « En France, on voit qu’il y a eu la suppression des subventions au Planning familial de Carpentras dès que le RN a été élu. S’il y a bien un mot que l’extrême droite déteste, c’est celui d’égalité. On va donc à Vauvert pour rappeler la lutte pour les droits fondamentaux à laquelle l’extrême droite est toujours la première à s’attaquer, par principe. Elle ne parle jamais de développement des maternités de proximité ou d’ouverture de centres de santé sexuelle. Et elle est contre l’éducation à la vie affective et sexuelle, la fameuse Evars », énumère Saliha Boussedra. C’est donc pour toutes ces raisons que le PCF appelle à manifester samedi 3 octobre (11h) place de la Contamine. Toutes les organisations de gauche, progressistes et républicaines, sont invitées à participer.

    « Menace d’accès au droit »

    La militante communiste souhaite aussi insister sur la menace qui pèse sur l’accès à l’avortement à cause des budgets contraints, car partout où le RN passe, les budgets des associations sont sabrés : « Au vu du contexte actuel et des coupes dans les budgets, l’extrême droite n’a même plus besoin de dire qu’elle est contre l’avortement. Elle a juste à couper des subventions. C’est comme cela qu’elle empêche une association qui œuvre auprès des femmes pour l’accès au droit. L’extrême droite a plein de leviers pour s’opposer à l’IVG. Elle peut aussi financer des campagnes de désinformation et de culpabilisation. La question de l’IVG nécessite des moyens, des lieux où le pratiquer, des centres de santé sexuelle, de l’éducation et de l’information ».

    Après les élections municipales et les victoires de plusieurs candidats du Rassemblement national dans le Gard (Beaucaire, Vauvert, Bagnols-sur-Cèze), la commission féministe du PCF a décidé de maintenir une veille sur les décisions de ces nouveaux élus. L’objectif sera d’immédiatement alerter la population si des reculs contre le droit des femmes sont décidés.

  • Mobilisations lycéennes : le réseau RTM paralysé à Marseille

    Mobilisations lycéennes : le réseau RTM paralysé à Marseille

    Dans un contexte de mobilisations lycéennes, tout le réseau de bus de la RTM est paralysé ce jeudi matin. Plusieurs bus ont été incendiés, dont un devant le lycée Floride, dans le 14e arrondissement.

    Les élus CGT de la RTM ont demandé le retour des quatre secteurs par mesure de sécurité. «La priorité doit rester la protection des agents et des usagers, annonce le syndicat. Aucun agent ne doit être exposé inutilement à des situations dangereuses.»

    FO dénombre de son côté deux agressions sur des agents de la RTM, et annonce que ceux du dépôt Saint-Pierre devraient à leur tour exercer leur droit le retrait, le syndicat demandant aux agents de rentrer et d’arrêter le travail. «La situation devient trop tendue», alerte l’organisation, qui a appelé au droit de retrait sur les deux lignes de métro.

    Dépôts de plainte

    Dans un communiqué, ce jeudi matin, la RTM «appelle au calme et au respect du service public». Plusieurs bus ont été pris à partie aux abords de lycées dans l’est et le nord de la ville et des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule indique la régie, qui confirme l’agression d’un chauffeur. «La RTM apporte son plein soutien à ses personnels et déposera plainte à la suite des agressions et dégradations constatées», annonce-t-elle en dénonçant des «comportements irresponsables».

  • Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    La rentrée est passée, mais les difficultés, elles, restent bien installées. Classes fermées, postes vacants, AESH en nombre insuffisant, bâtiments surchauffés : dans le Gard, la FSU décrit une école publique sommée de faire toujours plus avec des moyens qui, eux, ne suivent pas.

    « Du point de vue de l’administration, la rentrée peut sembler réussie. Sur le terrain, le constat est beaucoup plus inquiétant », résume Pascale Thoirey, secrétaire de la FSU 30. Dans le premier degré, le syndicat dénonce notamment les fermetures de classes décidées à la rentrée, une fois les équipes et les familles déjà organisées. Enseignants déplacés après avoir préparé leur année, matériel commandé, élèves redistribués : « Derrière une ligne supprimée sur la carte scolaire, c’est toute la vie d’une école qui doit être réorganisée en urgence. »

    Pour la FSU, la baisse démographique devrait pourtant être l’occasion de faire respirer les classes. Moins d’élèves pourraient permettre de réduire les effectifs, de mieux accompagner. « Cette baisse du nombre d’élèves devrait être une opportunité pédagogique, pas un prétexte à de nouvelles suppressions de postes », insiste Pascale Thoirey. Le syndicat redoute au contraire de voir s’imposer une nouvelle fois la logique comptable.

    Dans le secondaire, les manques sont déjà visibles. Dans le Gard, 16 postes d’enseignants d’EPS sont vacants et 225 heures de cours restent non attribuées, soit l’équivalent de 13 temps pleins. Dix postes d’assistants d’éducation ont également été supprimés. Quant aux moyens de remplacement, ils servent déjà en partie à combler les postes laissés vacants, réduisant la capacité à répondre aux arrêts maladie ou aux congés maternité.

    Une école inclusive… sans les moyens

    « On demande aux équipes de rendre l’école inclusive sans leur donner les moyens de l’être réellement », résume Pascale Thoirey. Les AESH en sont l’un des exemples les plus criants : souvent recrutées sur des temps partiels imposés autour de 62%, certaines débutent avec seulement 800 à 900 euros par mois. De plus, des élèves censés être accompagnés toute la semaine ne le sont parfois qu’à temps partiel, les heures étant réparties entre plusieurs enfants. Et le manque de moyens ne s’arrête pas aux effectifs. La syndicaliste raconte le cas d’une collègue AESH qui a dû financer elle-même une formation en langue des signes pour accompagner une élève sourde, l’Éducation nationale ayant refusé de la prendre en charge.

    Comme si les tensions n’étaient pas suffisantes, la chaleur s’est aussi invitée dans les classes dès les premiers jours de septembre. Jusqu’à 38°C ont été relevés dans un atelier du lycée Hemingway à Nîmes. Plusieurs établissements nîmois ont même dû suspendre des cours. « Ma propre classe est à 30°C quand j’arrive le matin, à 7h », témoigne Pascale Thoirey. Ventilateurs, volets fermés, changement de salle : dans bien des établissements, l’adaptation repose encore sur le système D. « On ne peut plus considérer ces épisodes comme exceptionnels. Le bâti scolaire n’est pas adapté aux chaleurs que nous connaissons désormais, surtout dans certains quartiers », alerte-t-elle.

    À l’usure matérielle s’ajoute celle des personnels. Injonctions administratives, manque de médecins du travail, difficultés à accompagner les élèves, sentiment de ne plus pouvoir exercer correctement son métier : la secrétaire de la FSU décrit une fatigue qui dépasse largement le coup de mou de rentrée. « Des collègues très investis finissent par douter de leur utilité et de leur capacité à faire correctement leur travail. »

    La FSU entend porter ces revendications lors de la mobilisation interprofessionnelle du 29 septembre. Mais pour Pascale Thoirey, la question dépasse la seule journée de grève : c’est celle d’un service public d’éducation qui continue d’afficher de grandes ambitions tout en rognant, année après année, sur les moyens nécessaires pour les tenir.

  • [Entretien] Ariane Carré : « Une fille sur deux décroche le sport à cause des règles »

    [Entretien] Ariane Carré : « Une fille sur deux décroche le sport à cause des règles »

    La Marseillaise : Comment avez-vous eu l’idée d’organiser cet événement ?

    Ariane Carré : Mes enfants font tous partie du Handball Club Verdon. J’avais discuté avec l’entraîneur
    et la secrétaire de mes activités. Et tout de suite, ça a répondu présent. Ils avaient des questions des jeunes qu’ils ne savaient pas comment gérer. Et puis, il y avait une envie de faire quelque chose pour les jeunes femmes sur le territoire, plus largement qu’au club.

    Quelles questions se posaient
    les jeunes ?

    A.C. : C’était surtout des questions sur les règles, sur comment faire quand on a mal. L’entraîneur ne savait pas toujours quoi faire pour adapter la pratique sportive dans ces moments-là. Il avait envie de pouvoir répondre présent et de savoir comment répondre.

    L’idée est donc de former
    les hommes, les entraîneurs,
    les papas à être présents pour
    des adolescentes qui peuvent
    se poser des questions ?

    A.C. : Oui, ça et puis aussi, ce qui était important pour nous, c’était que les garçons qui sont avec ces jeunes filles en sport, soient aussi sensibilisés pour savoir la réalité de ce que les jeunes filles vivent, savoir comment réagir, comment soutenir, que ce soit une réalité sportive vraiment prise en compte. Une fille sur deux décroche le sport à 14 ans, à cause de ses règles, de la puberté. Une fille sur deux ne va régulièrement pas à l’entraînement à cause de ses règles.

    L’événement que vous organisez porte, plus généralement, sur
    la féminisation du sport
     ?

    A.C. : L’idée, c’est de montrer qu’on peut faire du sport à tous les âges de la vie, et qu’une femme, malgré toutes les étapes qu’elle va rencontrer, la puberté, la grossesse, le postpartum, la ménopause, cela ne doit pas s’empêcher de faire du sport. Et qu’au contraire, cela doit être une réalité sportive à prendre en compte et faire bouger les lignes, autant chez les femmes que chez les hommes, les conjoints, les entraîneurs.

    Il y aura donc des interventions sur le postpartum, la ménopause et les effets que cela a sur
    les performances sportives
    des femmes samedi
     ?

    A.C. : Il y aura un stand qui va traiter de ces sujets. Il y a une intervention sur la nutrition de l’athlète sportive, faite par un ancien cycliste professionnel qui a fait son sujet d’études sur la nutrition de l’athlète sportive.

  • La contestation ne faiblit pas contre le projet photovoltaïque à Lambesc

    La contestation ne faiblit pas contre le projet photovoltaïque à Lambesc

    Les oppositions au projet grondent depuis près de deux ans. De nouveau, le Collectif de Défense des Collines, composé de citoyens, s’organise pour protester contre un projet de 20 000 panneaux solaires, prévu dans une zone ou plusieurs espèces, selon le Collectif, sont à protéger. Les opposants rappellent également qu’une partie du parc doit être implantée dans un secteur classé Natura 2000.

    Porté par la société Silversun Roquerousse, le projet est en préparation depuis six ans. Dans un contexte où « la préfecture est actuellement en train d’instruire le dossier » de permis modificatif et le défrichement modificatif, selon Laura Mouly, l’une des fondatrices du Collectif, un nouveau rassemblement est organisé, ce samedi 3 octobre, sur la Place des États Généraux, « juste en face de la mairie. On veut que ce soit festif et familial », précise Laura Mouly.

    Une action pour la protection de cette zone boisée, rappelle la co-fondatrice du collectif, mais aussi la protection de « l’aigle de Bonelli », le Circaète Jean-Le-Blanc, « une des espèces qui a justifié la création de la zone Natura 2000 », ou encore un « petit insecte qui s’appelle la Magicienne dentelée, très rare ». « On a reçu beaucoup de soutien, quasiment toutes les associations environnementales locales de communes alentour nous soutiennent (…) le Collectif Climat Pays d’Aix également… », estime Laura Mouly, qui les estime à « une quinzaine ». « Sans compter que France Nature Environnement (FNE) 13 va porter les recours juridiques, le groupe national de surveillance des arbres (GNSA)… On commence à avoir un soutien solide », affirme Laura Mouly. Rendez-vous est donné à 10h30.

  • De nouveaux débouchés pour les pommes alpines

    De nouveaux débouchés pour les pommes alpines

    Les arboriculteurs des Alpes de Haute-Durance, situées à cheval entre les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, peinent parfois à joindre les deux bouts. Plusieurs dizaines d’entre eux vendent depuis près d’un an une partie de leurs pommes à la marque C’est qui le Patron ?! (CQLP). La coopérative, co-construite avec les consommateurs, entend soutenir les producteurs en achetant leurs produits « à un prix juste ». Depuis l’automne 2025, des sacs d’1,5 kg de pommes Golden, fruit IGP (indication géographique protégée) sont disponibles dans plusieurs enseignes de la grande distribution. Dès mi-octobre 2026, les pommes alpines se déclineront en deux autres produits : des barquettes de six fruits, vendues chez Intermarché, Leclerc, Auchan et Chronodrive, et des petits sachets de pommes en quartier qui se retrouveront dans les menus enfant de Burger King, dans toute la France.

    Un soutien bienvenu chez les producteurs, qui parviennent autrement difficilement à vendre leurs pommes de calibre moyen. « Le climat change, et la Golden a du mal à s’adapter, explique Romain Bore, propriétaire d’un verger de 30 hectares. J’en ai seulement produit 600 tonnes cette année, comparé à 800 habituellement. Mais derrière, il y a des frais et des charges qui continuent d’augmenter. » « On demande à être payé justement », poursuit la productrice de pommes Mélanie André. D’après Julie Levesque, chargé du développement fruits et légumes chez CQLP, 1 kg de pomme est généralement acheté 40 centimes, tandis que CQLP propose 80 centimes. De quoi sécuriser une part des revenus.

    Agathe Di Lenardo