Category: accueil-third

  • [C’est l’été] Monuments marseillais en modèles réduits

    [C’est l’été] Monuments marseillais en modèles réduits

    Sitôt le seuil des Archives municipales de Marseille franchi, une maquette de la Villa Palestine, ce « pastiche architectural » de style néo-mauresque édifié au début du XXe siècle à l’Estaque, s’offre à la vue des visiteurs. Au sein de l’exposition actuellement accueillie par le bâtiment de la rue Clovis Hugues, à la Belle de Mai, c’est l’un des 29 modèles réduits (sur 90) du service Monuments et patrimoine historiques réalisé par le maquettiste Eric Majan, par ailleurs commissaire du parcours. « La protection au titre des monuments historiques sanctuarise et met en valeur les édifices publics ou privés concernés. La ville en compte aujourd’hui plus d’une centaine, dont une quarantaine entre 2020 et 2026. C’est cette politique volontariste que la présente exposition entend valoriser », souligne un cartel. La mise en lumière d’une ville marquée par des gestes d’architectes de tous ressorts parmi lesquels Henri-Jacques Espérandieu en 1864 avec la Bonne mère, ou encore Jean-Charles Danjoy avec le Château Pastré construit deux ans plus tôt à « l’âge d’or des bastides marseillaises ».

    Maquettes et aquarelles

    De la Cité radieuse du Corbusier, dont le chantier est rappelé par des clichés de 1952, à la maison de Pierre Puget construite en 1681, angle rue de Rome – Rue de la Palud, Marseille recèle de pépites architecturales plus ou moins scrupuleusement entretenues. Dans la salle de lecture, au 1er étage, l’atelier-maison construit en 1924 par Gaston Castel au 2, rue Croix de Régnier (4e), trône discrètement avec sa « proue de bateau » parmi d’autres édifices remarquables. Outre les maquettes, « 16 des 300 aquarelles de Catherine d’Ortoli », auteur de Marseille monuments (2019, Parenthèses), témoignent avec minutie de la diversité de styles à l’œuvre sur les bâtiments de la ville.

    Philippe Amsellem

    Le lundi de 13h à 17h et du mardi au vendredi de 9h à 17h

  • [C’est l’été] Avec l’Insee, la statistique de l’emploi au contact du terrain

    [C’est l’été] Avec l’Insee, la statistique de l’emploi au contact du terrain

    En ce jeudi soir de juillet, Christicna Giorgetti a enfin réussi à organiser l’un des derniers rendez-vous de la « grappe » qu’elle doit interroger. « C’est un couple de soignants, disponibles seulement à partir de 20h, ils pensaient que c’était trop tard pour moi… » témoigne-t-elle. Au total, l’enquêtrice de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) devait rencontrer, en trois semaines, quelque 26 ménages tirés au sort parmi les habitants de Gémenos dans le cadre de l’enquête sur l’emploi, le chômage et l’inactivité. « La plus grosse enquête de l’Insee, la plus connue », sourit-elle.

    Depuis 1950 en effet, les enquêteurs de l’institut viennent interroger une série de ménages pour mesurer les évolutions de l’emploi et du chômage à l’échelle nationale. « C’est une enquête que nous essayons de garder relativement stable, même si nous nous adaptons aussi aux évolutions du marché du travail, explique Laura Castell, la cheffe de la division emploi au siège de l’Insee à Montrouge (Hauts-de-Seine). Depuis cinq ans, nous avons des questions sur le télétravail, qui était marginal avant. » Encadrés par les directions régionales, ce sont des enquêteurs contractuels – 40 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur – qui vont à la rencontre des familles tirées au sort dans des secteurs géographiques déterminés.

    Face aux défiances

    de la société

    « La première chose que je fais, c’est de vérifier si les personnes habitent toujours au même endroit », raconte Christina Giorgetti. Après cette tournée de quelques heures, elle va alors les contacter par courrier puis téléphone et organiser un premier rendez-vous, en face-à-face. Un véritable parcours d’obstacles parfois, quand bien même ces enquêtes sont obligatoires. « La principale difficulté c’est l’accès, témoigne Marjorie Martin, cheffe de la division enquêtes ménages dans la région. Dans le 9e arrondissement de Marseille avec les résidences sécurisées, il faut plusieurs allers-retours pour pouvoir entrer… » Mais il faut aussi faire avec la défiance et des contextes sociaux parfois difficiles. « Nous avons deux enquêtrices dans les quartiers Nord qui connaissent très bien le secteur, elles ont leurs astuces pour éviter les situations de danger dans les endroits les plus sensibles, poursuit la responsable. Elles y vont le matin quand c’est plus calme s’il y a un point de deal, ne disent pas qu’elles sont enquêtrices mais qu’elles réalisent une étude, certaines ne montrent pas leur carte, parce qu’il y a la Marianne… » Au moindre risque, un droit de retrait leur est accordé. « En règle générale je suis bien accueillie, même si on m’a déjà dit que ce n’est pas normal que ce soit obligatoire, raconte de son côté Christina Giorgetti. Mais quand j’explique l’intérêt de l’enquête, ces personnes s’excusent ! » D’autant plus que cette défiance ne connaît pas de frontières. « Depuis de nombreuses années, les taux de réponse dans de nombreux pays européens ont beaucoup baissé, mais c’est moins le cas en France », précise Laura Castell.

    L’enquêtrice peut alors dérouler le questionnaire sur sa tablette, du niveau d’études au nombre d’heures travaillées ou aux différentes démarches pour chercher un emploi, selon les situations. Un échange d’un quart d’heure, pour chaque personne du foyer. Puis dans les coulisses, les premiers questionnaires sont relus avant le travail global de vérification face aux potentielles incohérences pointées par le logiciel et, au niveau national, l’anonymisation complète, le redressement statistique. Chaque trimestre, pendant 18 mois, les ménages sélectionnés seront réinterrogés pour savoir si leur situation a évolué, cette fois en ligne ou par téléphone. Au total, 90 000 personnes sont questionnées à chaque fois. « Cela nous donne des possibilités d’analyse très importantes, sourit Laura Castell. Nous publions les indicateurs phares du marché du travail une fois par trimestre et par an, mais aussi des données sur le travail, la formation… » Ainsi ce lundi le Premier ministre Sébastien Lecornu a-t-il dû assurer ne pas être « dans le déni », après la publication des derniers chiffres de l’Insee : le chômage a atteint son plus haut niveau depuis le Covid, alertait vendredi l’institut. Ces chiffres s’invitent aussi dans les politiques publiques : « Depuis la réforme sur le “plein-emploi“, le niveau des indemnisations des allocations-chômage dépend du taux que nous mesurons », explique Laura Castell.

  • [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    « On fait de l’impro, chacun reste dans son personnage ! » Dans les locaux d’Action Bomaye dans le 15e arrondissement, les apprentis comédiens répètent leurs scènes sous les conseils de l’acteur marseillais Mourad Tahar Boussatha.

    Jusqu’à ce mardi, douze jeunes de 15 à 25 ans, issus des quartiers populaires, suivent gratuitement cette formation au court-métrage organisée par l’association Action Bomaye. Ils découvrent l’écriture, le jeu d’acteur, le tournage ou encore le maquillage d’effets spéciaux. Le but : réaliser deux courts-métrages autour de la transition écologique.

    « On leur fait découvrir des métiers pour lesquels on ne leur donne pas souvent leur chance », explique Mouna, responsable de la formation. Pour elle, travailler sur l’écologie permet aux jeunes de « prendre conscience que les quartiers prioritaires sont les premiers concernés par ces questions ».

    Sortir des clichés

    Pour les accompagner, Action Bomaye mise sur des professionnels aux parcours proches des leurs. « L’idée, c’est qu’ils puissent voir en eux des modèles », souligne Ismaël Cousin, fondateur de l’association. Parmi eux, Mourad Tahar Boussatha. « C’était logique de tendre la main à ces jeunes qui sont laissés pour compte par le système parce que j’étais comme eux », confie-t-il. Originaire du 3e arrondissement de Marseille, Marwa participe à la formation avec l’envie de gagner un milieu encore fermé. « C’est une vraie opportunité parce que je suis passionnée par le cinéma, mais je n’ai ni les moyens ni les contacts pour y entrer », témoigne-t-elle.

    Son groupe a imaginé un scénario de débat entre une militante écologiste et le dirigeant d’une entreprise polluante. « Le message, c’est que tout le monde peut agir pour l’environnement à son échelle », assure-t-elle.

    Les deux courts-métrages seront projetés fin août lors de la 5e édition du festival Happy End. Une façon, pour l’association, de faire naître de nouveaux récits. « Les jeunes des quartiers ont les mêmes rôles clichés au cinéma. Là, ils racontent leurs histoires à leur manière », conclut Ismaël Cousin.

  • [Entretien] Rémi Valois, hydrogéologue : « Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal »

    [Entretien] Rémi Valois, hydrogéologue : « Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal »

    La Marseillaise : Quel est aujourd’hui l’état de sécheresse en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

    Rémi Valois : Après une année 2025 marquée par de bonnes précipitations, notamment à l’automne, il avait aussi bien plu en début d’année 2026. Mais depuis juin et juillet, on assiste à un déficit de pluie significatif, ce qui entraîne une sécheresse importante des sols sur toute la région. Ce qui va surtout les assécher, c’est la chaleur. Avec les canicules répétées, les plantes transpirent davantage d’eau et les sols évaporent plus eux aussi. On a donc une sécheresse prononcée. L’avantage, en Paca, c’est qu’on s’appuie sur de nombreux canaux d’irrigation, ce qui nous rend moins dépendants de la pluie que d’autres régions. On est un territoire qui s’adapte plutôt bien à la sécheresse, même s’il faut veiller à ce que ces baisses de précipitations ne se répètent pas trop.

    Le niveau de sécheresse de cette année est-il plus avancé que les années précédentes ?

    R.V. : L’été n’est pas terminé donc il est difficile de dire si cette sécheresse est plus importante que les autres années. En revanche, dans le contexte de changement climatique, c’est typiquement le genre d’épisodes qu’on risque d’avoir de plus en plus. Les prévisions des climatologues annoncent davantage de sécheresse et de chaleur pour les étés futurs. Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal. Ce qui, pour l’instant, reste un épisode exceptionnel pourrait, dans plusieurs années, devenir la norme. Si on cumule plusieurs années de déficit de précipitations, avec peu de neige dans les Alpes et des étés extrêmement chauds, on cumule les risques pour les nappes phréatiques où les conséquences se mesurent à long terme. Si elles sont bien rechargées, elles peuvent mettre du temps à baisser. Mais, à l’inverse, une fois qu’elles ont beaucoup baissé, il faut beaucoup de temps et de précipitations pour les recharger.

    Quels sont les effets de cette sécheresse sur les différents usages de l’eau ?

    R.V. : Il y a différents usages : l’eau potable, le tourisme avec la surpopulation estivale, et l’agriculture, puisque la région Paca est très agricole. Il y a beaucoup de besoins différents donc il peut y avoir des conflits. L’exemple le plus parlant reste celui de la guerre de l’eau qu’on voit dans les Pyrénées-Orientales depuis plusieurs années. Pour l’instant, je n’ai pas connaissance de tels problèmes en région Paca. Mais ce sont des conflits qui peuvent arriver si on connaît des sécheresses prolongées, qui se répètent année après année, avec des nappes phréatiques qui commencent à s’affaiblir.

    Parmi les solutions pour pallier la sécheresse, les retenues collinaires ou les mégabassines sont-elles, selon vous, une réponse pertinente ?

    R.V. : Les retenues collinaires peuvent avoir un impact positif lorsqu’il pleut et qu’on veut retenir ces pluies en amont du système. Ces retenues peuvent permettre de recharger les systèmes souterrains. Pour les mégabassines, c’est différent. Elles stockent l’eau du printemps jusqu’à l’été et le problème, c’est qu’elles évaporent beaucoup. C’est comme une mer ou un lac : le soleil tape directement dessus et il y a beaucoup d’évaporation. Je pense donc que les mégabassines ne sont pas une solution adaptée à notre territoire.

    Quelles peuvent être les solutions adaptées pour mieux anticiper
    ces épisodes de sécheresse ?

    R.V. : À l’Inrae et à l’université d’Avignon, nous travaillons en amont en cherchant à mieux comprendre les écoulements souterrains et à mieux modéliser les nappes phréatiques pour anticiper les changements et leur impact sur les réserves en eau. L’enjeu est de mieux comprendre la ressource pour pouvoir, derrière, construire des solutions en concertation notamment avec les agriculteurs. Parmi les réponses adaptées, il faut d’abord miser sur le stockage de l’eau dans le souterrain, par exemple en rechargeant artificiellement les nappes phréatiques. L’objectif serait de pouvoir utiliser cette réserve et son inertie lorsque les cours d’eau sont à sec. Il faut aussi repenser les modèles et les pratiques agricoles pour les adapter au changement climatique : privilégier des cultures qui consomment moins d’eau, mettre en place du goutte-à-goutte. Il y a toutefois un paradoxe : lorsqu’on irrigue en surface, une partie de l’eau peut contribuer à recharger les nappes. Avec le goutte-à-goutte, on consomme beaucoup moins d’eau, mais on recharge moins les nappes. Il faut donc trouver le bon équilibre.

  • Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    « Avec tous les ronds qu’ils prennent, ils peuvent cracher un peu de monnaie ». Jeudi dernier, sur le piquet de grève des salariés d’Haribo, Didier Michel harangue ses anciens collègues au mégaphone.

    S’il est retraité de l’usine d’Haribo à Marseille, Didier est connu comme le loup blanc par les actuels salariés et grévistes du site. Et pour cause : il est présent plus que régulièrement sur leur piquet de grève et a une histoire singulière avec l’usine marseillaise. Avec ses 42 ans d’ancienneté au compteur, Haribo est un peu sa deuxième maison. Il a d’ailleurs eu moult casquettes syndicales puisque délégué syndical de 1996 jusqu’à son départ en janvier 2024. Il a également été élu au comité d’entreprise (instance représentative du personnel devenue le comité social et économique, CSE), mais aussi au CHSCT, puis délégué du personnel ou encore représentant syndical… « J’ai occupé pas mal de postes au syndicat et les dernières années j’étais délégué syndical central pour l’ensemble d’Haribo France », relate-t-il.

    En clair, il a été à la pointe du combat pour les droits des travailleurs du bonbon pendant de nombreuses années. D’où sa présence régulière sur le piquet de grève de ceux qui ont repris le flambeau. « À mon époque, la direction faisait des propositions plus raisonnables et les gens étaient, de fait, moins enclins à partir au conflit », raconte Didier. Avant de développer l’analyse : « On sait que la société n’est pas en faillite : le chiffre d’affaires n’arrête pas de monter. J’ai connu Haribo à 100 millions de chiffre d’affaires par an. Puis c’est passé à 200, 300… Et maintenant 370 millions ! Et les bénéfices, ça monte aussi ».

    « Ils ont du mérite »

    Son expérience lui permet de rappeler à tous, qu’à une époque, le dialogue social était un peu moins complexe. Rappelons que, pour l’heure, la direction renvoie de potentielles négociations au 28 septembre prochain. Et ce, après déjà plusieurs semaines de grève. « Que la direction propose un montant bas au début, que les syndicats demandent haut, c’est normal c’est le jeu des négociations… Mais là, avec l’inflation qu’il y a, l’essence qui flambe… Si on ne te donne que 18 euros d’augmentation, faut comprendre que les gens n’ont pas envie d’être pris pour des débiles ! », tempête-t-il avec vigueur. Il porte un regard bienveillant sur la lutte de ses anciens collègues : « Ils ont du mérite d’être aussi motivés. Durer autant de temps, ce n’est pas simple ». Celui qui travaillait « à la réglisse » avant son départ à la retraite en janvier 2024 note que le mouvement actuel est « historique ». « En 83, j’avais connu un gros mouvement de grève, de plusieurs semaines. Depuis, ils ne duraient que quelques jours », explique-t-il. La réglisse est d’ailleurs une des productions majeures du site marseillais : « J’ai passé une partie de ma carrière à la réglisse souple, avant j’étais à la réglisse fourrée. La souple, c’est les bouts de torsades et les mètres à rouler. J’étais en bout de ligne de production, j’emballais et je conditionnais la réglisse, dans les boîtes et cartons ».

    Son arrivée à Haribo raconte d’ailleurs une autre réalité du monde du travail, celle des années 80 : « Je sortais de l’école, je cherchais du boulot un peu n’importe où… La boîte d’intérim m’a envoyé ici et je ne suis jamais reparti. Je suis arrivé au mois de février et en juillet j’étais embauché ». Un temps où la politique économique était assurément moins libérale : « À l’époque, il y avait beaucoup d’intérimaires, mais c’étaient les premiers mois de Mitterrand et il y avait eu une loi pour limiter les abus du recours à l’intérim… Alors tous les intérimaires de l’atelier où je travaillais ont été embauchés, c’était 60 embauches quand même ». Avant de résumer : « J’étais au bon endroit au bon moment ! »

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Problèmes de gouvernance, baisse des subventions, crise post-Covid… Après 30 ans d’exercice, l’association Cinéma de Pays a décidé de mettre fin à son activité à la rentrée.

    Les premières craintes concernant la pérennité, l’avenir et la capacité à perdurer de la structure sont nées au sortir du Covid, explique Stéphane Paillet, président du Cinéma de Pays.

    Un déséquilibre financier

    « C’est compliqué parce qu’on est vraiment en milieu rural, avec des villages éloignés, en montagne, et on avait des jauges, des fréquentations qui étaient bien trop en deçà de ce qu’il fallait faire pour être à l’équilibre financier », explique le président. Le cinéma itinérant touche des subventions, mais « elles ne couvrent pas le déficit de fréquentations, l’inflation sur l’énergie, les tarifs qui ont explosé », déplore Stéphane Paillet.

    Le départ du nouveau directeur de la structure a par ailleurs « précipité » sa fin. L’association a eu beaucoup de mal à trouver un directeur sur le long terme, et en a changé régulièrement.

    « On ne peut plus se permettre de faire du cinéma comme on le faisait il y a trente ans. Il y avait un certain nombre de réformes à lancer au sein de la structure, et on n’a pas réussi à les mettre en œuvre », regrette le président.

    « Il y a eu une baisse de subventions, mais on était en train de dépasser ce problème financier. Par contre, le problème de gouvernance, il n’y avait pas moyen de le résoudre. S’il n’y a pas de volonté d’aller dans la même direction tous ensemble, cela ne fonctionne tout simplement pas. S’il n’y a pas un projet commun partagé, c’est très compliqué. Il se trouve que ce projet, on n’a pas réussi à le mettre en musique », déplore Stéphane Paillet.

  • Observer la rarissime éclipse solaire en pleine ville

    Observer la rarissime éclipse solaire en pleine ville

    La dernière éclipse solaire totale à Marseille date du 8 juillet 1842, tandis que la prochaine aura lieu le 5 novembre 2059. Ce 12 août est donc l’occasion pour tous d’observer une éclipse solaire qui sera à 96,4% complète. Pour l’événement, la Ville de Marseille, en partenariat avec l’Académie des sciences, lettres et arts de Marseille, organise une soirée d’observation au stade nautique Florence Arthaud (8e). Plusieurs associations d’astronomie seront sur place avec du matériel à disposition, tel que des télescopes et des solarscopes.

    Il est également important de préciser qu’il ne faut surtout pas regarder l’éclipse à l’œil nu : des lunettes spéciales sont requises afin de ne pas abîmer la rétine. À l’ouverture du stade nautique au public, à 18h, plus de 3 000 lunettes seront distribuées gratuitement.

    Si la soirée organisée par la mairie commence bien à 18h, le début de l’éclipse débutera à 19h32 et son paroxysme sera atteint à 20h25.

    Une éclipse mais pas que

    Si l’événement de la soirée est bien l’éclipse, un autre phénomène sera visible. En effet, le pic des Perséides sera atteint dans la nuit du 12 au 13 août ; autrement dit, c’est la nuit où l’on aura le plus de chances d’apercevoir des étoiles filantes. La soirée se conclura à minuit, laissant au public le temps d’admirer la pluie d’étoiles filantes pendant plus d’une heure et demie après la fin de l’éclipse.

    Entrée gratuite à partir de 18h

  • Le réseau d’électricité arlésien sous surveillance

    Le réseau d’électricité arlésien sous surveillance

    Depuis le 4 août, les habitants d’Arles sont privés d’électricité à répétition. Mardi dernier, plus de 2 000 foyers ont été touchés, de La Roquette jusqu’aux Alyscamps en passant par le centre-ville. Le lendemain, c’est au tour du quartier de Trinquetaille. Jeudi, 8 000 foyers ont été plongés dans le noir toute la nuit.

    Les fortes chaleurs cumulées et le thermostat qui ne descend pas en dessous de 25 degrés la nuit font monter la température des sols jusqu’à 80 degrés, mettant sous contrainte les équipements. Enedis utilise un camion de recherche de défaut pour localiser précisément les réparations pour optimiser les interventions.

    Le maire d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) réagit : « Ces coupures d’électricité pénalisent de nombreux habitants mais aussi nos commerçants, restaurateurs, artisans et professionnels, en pleine saison estivale. (…) Nous attendons désormais des explications précises et, surtout, des engagements sur les investissements nécessaires pour disposer d’un réseau électrique fiable et adapté aux réalités climatiques de notre territoire ». Une réunion avec Enedis va être programmée.

    Signée en janvier 2025, une convention entre la Ville et le gestionnaire prévoit d’ores et déjà un renforcement de la coordination des travaux de modernisation du réseau électrique, dont le remplacement des câbles enterrés, avec les chantiers prévus par la municipalité. Soit un investissement de 5 millions d’euros d’ici 2028 pour l’opérateur.

  • Le LR Gilles Vincent débouté de sa plainte

    Le LR Gilles Vincent débouté de sa plainte

    On sait comment l’exercice prolongé du pouvoir rend frileux les élus à toute critique, ramenant souvent cette dernière à une attaque personnelle contre leur intégrité et bien entendu instrumentalisée par les détracteurs des politiques menées. Une lecture de l’actualité qui peut amener à attribuer à son opposition municipale des coups bas réels ou supposés, et ce d’autant plus volontiers en pleine campagne électorale où le débat se corse. C’est semble-t-il ce qui amène le maire LR de Saint-Mandrier Gilles Vincent élu depuis 1995 à la tête de la ville à déposer une tonitruante plainte contre la progressiste Vague mandréenne et celui qui la présidait Jean-Ronan Le Pen, pour diffamation et injure à caractère racial. Rien que ça !

    En cause, la publication sur les réseaux sociaux, et prétendument parue sur le blog de la Vague mandréenne, dans laquelle le premier magistrat est qualifié de « vieux mâle blanc dominant ». Publication dont personne n’a retrouvé trace sur le site, l’intéressé lui-même ayant été incapable de fournir une copie d’écran démontrant son origine.

    L’arroseur arrosé

    Des accusations dont l’association vient d’être totalement blanchie, la justice condamnant en plus Gilles Vincent à rembourser ses frais de justice. Ce sont les contribuables qui s’en acquitteront puisque le maire avait fait voter par son conseil municipal la protection fonctionnelle sur ce dossier.

    « Depuis qu’on a créé la vague et dès la première campagne en 2020, on s’est fixé comme ligne de ne pas verser dans l’attaque personnelle afin de ne pas polluer le débat par des invectives permanentes », rappelle son ancien président Jean-Ronan Le Pen. Et de poursuivre : « C’est typiquement le genre d’article qu’on ne publie pas sur notre site. Par contre, ce qu’on dit, c’est que c’est bien en deçà de la violence que le maire utilise contre ses opposants et les attaques personnelles dont ils usent, les traitant de menteurs, d’imbéciles ou d’incapables ».

    Les militants dénoncent « une instrumentalisation de la justice afin de chercher à étouffer dans l’œuf toute opposition à son action comme maire ». Car si, comme ici, les procédures judiciaires n’aboutissent pas toutes, elles parviennent tout de même à pourrir le débat démocratique local en jetant la suspicion.

    « Cela lui a permis pendant la campagne de se porter en victime en disant : regardez comment on me traite ! », déplore Jean-Ronan Le Pen. C’est pour ça que tous tiennent à faire la publicité de cette décision rendue par le tribunal judiciaire de Toulon.

  • Le spectre de la malaïgue plane sur l’étang de Berre

    Le spectre de la malaïgue plane sur l’étang de Berre

    Une nouvelle vague de chaleur place 22 départements en vigilance orange canicule, et il n’y a pas que les Français qui en souffrent. La nature aussi. La température de l’étang de Berre atteint les 28 degrés en son centre, et 30 degrés à proximité des plages. Un record, « surtout dans la durée du phénomène, qui a commencé mi-juin », souligne Raphaël Grisel, directeur du syndicat en charge de la réhabilitation de la lagune, le Gipreb.

    Cette chaleur entraîne des réactions physiques et biochimiques en cascade, qui peuvent mener à une asphyxie de l’étang. « L’eau chaude contient déjà moins d’oxygène que l’eau froide. Elle engendre des développements de phytoplanctons. On a des eaux très vertes voire marron à certains endroits. Ces phytoplanctons, aux cycles de vie très court, sédimentent le fond de l’étang et génèrent des dégradations par les bactéries présentes, qui consomment de l’oxygène et réduisent encore le volume d’air dans l’eau. »

    En 2018, une situation similaire avait mené à une crise de malaïgue dévastatrice, qui avait touché 93% de la surface de l’étang de Berre. Cette année, certaines zones confinées à la pointe de Berre ou à Saint-Chamas ont connu de tels épisodes, mais globalement, la lagune tient le coup. « Le protocole (qui interdit à la centrale EDF les rejets d’eau douce pendant les mois de juillet et août, ndlr) semble plutôt bien marcher, même dans des situations critiques, commente Raphaël Grisel. On a une température de l’eau assez extrême mais la salinité est homogène et la stratification est assez peu présente, grâce à de petits coups de vent qui brassent et réoxygènent. »

    « On peut espérer que ça tienne encore, mais s’il n’y a pas de gros coup de vent avec la vague de chaleur ça va devenir vraiment critique, poursuit-il. Chaque année, les températures sont plus élevées. On voit où on va. Il faut continuer de mettre en œuvre les mesures pour poursuivre la sécurisation de l’état de l’étang en été et aller plus loin. Ça passe par la réduction des apports en nutriment, que ce soit par les rivières ou EDF, et par la réouverture du tunnel du Rove, qui apportera des eaux marines qui seront plus fraîches et permettront de le climatiser. »