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  • [C’est l’été] Mélanie Costanzo, arboricultrice : « Les femmes peuvent y arriver »

    [C’est l’été] Mélanie Costanzo, arboricultrice : « Les femmes peuvent y arriver »

    Au Poët, dans les Hautes-Alpes, Mélanie Costanzo, 39 ans, cultive 15 hectares de pommiers. Ici, il fait toujours beau. Ses pommes labellisées IGP (Indication géographique protégée) et Label Rouge, profitent de « 300 jours d’ensoleillement à l’année », selon l’arboricultrice. Issue d’une famille de producteurs sur trois générations, présidente de sa coopérative, elle gère l’exploitation familiale depuis 6 ans. Une trajectoire bien différente de ce qu’elle avait imaginé au départ.

    « À la base, j’étais à fond dans l’Art, j’ai un BTS dans le design. Je suis partie à Marseille, j’ai fait les Beaux-Arts et une école d’architecte », raconte la pomicultrice. Puis, en 2012, elle perd son grand-père. Un décès qui chamboule l’organisation de l’exploitation familiale. Son père ne se sentant plus de continuer tout seul, Mélanie Costanzo ne voulait pas voir disparaître l’héritage familial. Quand elle était petite, elle se souvient d’avoir souvent accompagné sa grand-mère sur les marchés. « Mes grands-parents ont travaillé dur pour avoir ce qu’il avait. Il était hors de question que la ferme parte de la famille », revendique-t-elle. À ce moment, elle avait 25 ans. L’étudiante en art quitte la ville et ses études pour revenir dans son village et ses montagnes : « Et c’est clairement devenu une passion », raconte-t-elle le regard pétillant.

    Transmettre son amour pour la nature

    Aujourd’hui, Mélanie Costanzo est aussi mère de trois enfants. « Ça fait du boulot ! », sourit-elle. Dans une profession où on ne compte pas les heures, l’équilibre se construit différemment. Dans son entourage, tous connaissent ces contraintes, comme son mari qui est aussi agriculteur. « L’avantage, c’est qu’on se comprend », glisse-t-elle. Mais elle ne regrette rien. « Non jamais. Ma campagne me manquait. Il était hors de question de rester en ville. On est dans des paysages magnifiques », atteste-t-elle, l’air satisfait.

    Ce qu’elle aime, c’est d’abord transmettre, expliquer comment elle produit ses pommes, savoir qu’elles se retrouvent dans les assiettes des gens. À la récolte, elle accueille des classes de primaires pour les sensibiliser à la nature et son fonctionnement. « On explique de la floraison à la production. On est contents de les voir avec le sourire quand ils croquent dans la pomme. Le bonheur c’est juste ça pour moi. »

    Prouver sa place

    dans un monde d’hommes

    Dans ses vergers d’altitude, la golden est reine. Avec le Limousin, les Hautes-Alpes sont la région principale de cette variété. « Avec les nuits très fraîches, elle prend un peu de “blush”, des reflets un peu rosés très caractéristiques. » Un savoir-faire qu’elle défend, notamment à travers les labels : « C’est important pour faire valoir notre terroir. » Mais ce lien à la nature est aussi une source d’inquiétude. Le changement climatique est une source d’angoisse. « Il y a dix jours, on a fait une nuit d’anti-gel à -1, et une semaine plus tard on a 33 degrés. Les arbres ne comprennent pas. » Les conséquences sont visibles : chutes de feuilles, arrivée des ravageurs… Malgré tout, elle insiste : « Nous, on est dans la production mais aussi dans la protection de l’environnement. » Elle est la première de la famille à avoir développé des cultures biologiques.

    Dans la coopérative, Mélanie Costanzo est quasiment la seule fille et elle en est présidente. Son objectif : faire monter le féminin dans le secteur. Elle rappelle que les femmes restent minoritaires : « Elles représentent moins d’un tiers des gérances d’exploitation agricole. » Dans la famille, il n’y avait pas de fils pour reprendre la ferme, comme il est encore souvent admis. Mélanie Costanzo a une petite sœur. « Mon père s’est dit : j’ai deux filles… jamais de la vie elles reprendront. » Elle apprend le métier au côté de son père. Aujourd’hui, elle mesure sa persévérance : « Je suis fière d’avoir réussi à montrer à mon père que les femmes aussi peuvent y arriver. » En attendant, elle essaie de préparer la relève et de cultiver cette passion pour ses enfants : « On verra si ça suit ou pas… »

    Marie Moreau

    fruiticimes.fr

    Une golden aux trois labels

    Mélanie Costanzo cultive une golden reconnue pour sa qualité. Ses pommes portent trois labels. L’Indication Géographique Protégée (IGP) garantit leur lien avec le terroir des Hautes-Alpes. Le Label Rouge distingue une qualité gustative, contrôlée par des tests réguliers. Et le label Vergers écoresponsables certifie une production respectueuse de la biodiversité et des ressources. À maturité, les fruits sont récoltés à la main.

  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • [C’est l’été] Des centaines de minots en stage « sports été » à Gardanne

    [C’est l’été] Des centaines de minots en stage « sports été » à Gardanne

    Les couloirs du complexe sportif grouillent de vie, les minots entre 3 et 14 ans, gourdes à la main, se pressent jusqu’à la prochaine salle où animateurs et activités les attendent. Sourire et sport sont au programme pour les plus de 160 enfants en stage, au gymnase COSEC du Pesquier à Gardanne.

    Accueillis de 9h à 18h, les inscrits s’adonnent à toutes sortes d’activités. « On essaie de proposer des sports différents de ceux qu’ils pratiquent toute l’année. Si on les écoutait, on ferait du foot tout le temps », révèle Océane Portmann, directrice adjointe du CLES. Effectivement, entre le roller, le baseball, l’ultimate ou le double dutch, qui consiste à sauter entre deux cordes qui tournent en alternance, les enfants ont de quoi être déboussolés.

    « Au total, pour les semaines les plus chargées, on emploie 24 animateurs », rapporte Océane Portmann. Avec un prix entre 25 et 35 euros la semaine, selon le revenu du foyer, le « Sport été » souffre de son succès : « On a dû refuser beaucoup de monde, on n’a pas assez d’animateurs », avoue Sihem Belardi, directrice du Club de loisirs.

    C’est la 51e année que le stage accessible à tous est proposé en été, mais « c’est la première fois que les enfants sont pris en charge la journée complète », détaille la directrice. Un changement qui permet de soulager les parents pour la journée entière. « Tellement apprécié », confie-t-elle, que « cette année, on a eu des enfants qui viennent de Marignane ou de Plan-de-Cuques, même si la majorité sont des Gardannais ou des villages adjacents ».

    « Il fait chaud et l’eau du gymnase est non potable »

    Dans l’enceinte du gymnase vieillissant, la mauvaise isolation de l’infrastructure de la ville se fait sentir en plein mois d’août. Pour pallier cela, les sorties piscine sont assez fréquentes, comme des sorties dans la fraîcheur des calanques. Mais un problème important persiste : « L’eau du robinet est jaune, elle sort chaude, avec des traces de rouille, donc les enfants se plaignent logiquement de maux de ventre », déplore Océane Portmann. La ville, alertée du problème, a cependant déclaré l’eau potable. « On ne laisse pas boire les enfants, alors on a dû dépenser 700 euros, pour une fontaine et 900 litres d’eau », affirme la directrice. Pas de quoi dissuader les centaines d’enfants de passer d’excellentes vacances au centre de loisirs.

  • La médiathèque Bonneveine tire le rideau pour cinq mois

    La médiathèque Bonneveine tire le rideau pour cinq mois

    La bibliothèque municipale de Bonneveine (8e) ferme ses portes le 14 août pour plusieurs mois de travaux. Une décision qui va priver les quartiers Sud de leur principal équipement de lecture publique, au moment de la rentrée scolaire, période de forte fréquentation des espaces de travail et de consultation.

    Elle va faire « l’objet de travaux d’isolation thermique destinés à renforcer durablement le confort des visiteurs comme des équipes. Des travaux d’entretien sont également prévus dans les prochains mois afin de préserver la qualité des équipements et de prévenir les fermetures ponctuelles pour divers problèmes techniques », précise la ville. La rénovation des sanitaires, le remplacement des colonnes d’évacuation des eaux usées et des interventions sur la performance thermique du bâtiment qui a pris l’eau lors du dernier orage de grêle, semblent actés.

    Pendant la période de travaux, une « médiathèque hors les murs proposée au Musée d’art contemporain », situé dans le même quartier pour « permettre aux usagers de continuer à bénéficier des services ». Si la rénovation du bâtiment est présentée comme nécessaire par la ville, sa fermeture intervient dans un contexte délicat pour le réseau marseillais, confronté cet été à des perturbations de service dans plusieurs établissements : fermeture de Salim-Hatubou pour raisons techniques, de Castellane pour les travaux du métro, réaménagements à l’Alcazar et pannes de climatisation au Merlan, à la Maison Diamantée qui accueille temporairement la bibliothèque du Panier.

    Dans le 8e arrondissement, la médiathèque fonctionnait depuis plusieurs semaines en mode dégradé. « En raison des fortes chaleurs et d’un défaut de climatisation dans le bâtiment principal », le public n’était plus accueilli que de 8h à 13h30.

  • Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Violences verbales et physiques entre conducteurs, délits routiers, escroquerie envers la clientèle… » C’est le constat établi par la préfecture du Var après les remontées de terrain des communes de Saint-Tropez et de Ramatuelle et des professionnels locaux aux prises avec une très « importante présence de VTC extérieurs à la région », précise-t-elle.

    Aussi, « ces deux communes en lien avec les services de l’État ont mis en place des mesures de police administrative pour réguler le transport payant de personnes et limiter l’augmentation du trafic automobile dans le centre-ville et sur la route des plages », indique le représentant de l’État. L’afflux de VTC extérieurs, est considéré par les locaux comme « une concurrence déloyale » d’autant qu’un certain nombre ne respectent pas la réglementation. De récentes opérations de contrôle ont donné lieu à des dizaines de constats d’infraction dans le golfe de Saint-Tropez depuis le premier juin : maraude irrégulière, absence de signalétique ou de vignette, non-apparition de la carte professionnelle ou du macaron ou, carrément, exercice illégal de la profession, sans omettre les infractions au code de la route… Face à cette situation, la sous-préfète de Draguignan recevra ce lundi les représentants de l’union des VTC 06-83 pour réfléchir à des pistes d’actions.

  • Sadako Sasaki et ses mille grues aux Correspondances de Manosque

    Sadako Sasaki et ses mille grues aux Correspondances de Manosque

    À quelques semaines des Correspondances de Manosque (23-27 septembre), les militants du Mouvement de la Paix peaufinent leur participation à l’un des grands rendez-vous culturels de la rentrée. Réunis début août, en cette période de commémoration des bombardements de Nagasaki et Hiroshima, les membres du comité de Manosque et ses environs, ont préparé leurs futures rencontres avec le public qui se feront autour d’un livre sur les mille grues.

    Réponse de paix

    Lors de cette réunion de travail, François Bettus a présenté l’ouvrage aux participants. « L’objet est d’aborder une réponse de paix dans un monde belliciste où montent les risques de guerre », a-t-il expliqué. Si de nombreux ouvrages ont popularisé la légende des mille grues, L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues s’en distingue par son approche documentaire.

    Écrit par Sue DiCicco avec Masahiro Sasaki, le frère de Sadako, il retrace à partir de témoignages familiaux le destin authentique de Sadako, victime indirecte du bombardement atomique d’Hiroshima. Âgée de deux ans lors de l’explosion de la bombe en 1945, elle développera dix ans plus tard une leucémie liée aux radiations. Avant sa disparition à seulement douze ans, elle confectionnera plus d’un millier de grues en papier, inspirée d’une légende japonaise selon laquelle la réalisation de mille grues permet de voir son vœu exaucé.

    Cette biographie restitue le parcours de cette jeune survivante devenue un symbole mondial de paix et de lutte contre l’arme nucléaire. Au Japon, la grue, ou tsuru, est associée à la longévité, à la sagesse et à la paix. L’histoire de la jeune fille a traversé les frontières et fait aujourd’hui partie des récits emblématiques du combat contre la guerre nucléaire. Le Mouvement de la Paix entend s’appuyer sur cette histoire pour sensibiliser le public et les plus jeunes puisqu’une action complémentaire est envisagée dans les écoles du territoire.

    Le comité local installé à la Maison des associations de Manosque, s’inscrit dans l’histoire du Mouvement de la Paix, né en 1948 et engagé en faveur du règlement pacifique des conflits et de la promotion d’une culture de paix. Avec un objectif : défendre les valeurs de dialogue, de solidarité et de coopération internationale.

    Les militants du comité local seront présents sur les Correspondances les jeudi 24 et samedi 26 septembre à la salle annexe du Café du coin. Ils proposeront des lectures d’extraits du livre ainsi qu’un atelier d’origami permettant au public de réaliser ces fameuses grues en papier. Une manière originale d’associer littérature, mémoire et engagement citoyen et de rappeler que les messages de paix portés par l’histoire de Sadako Sasaki conservent aujourd’hui toute leur résonance dans un contexte international marqué par de nombreux conflits.

  • Deux minotes en 4L pour un rallye humanitaire

    Deux minotes en 4L pour un rallye humanitaire

    Sur le parking de la place du Jaï à Marignane, cette petite voiture blanche iconique détonne à côté des gros SUV devenus la règle en matière automobile. À bord d’une Renault 4 – que tout le monde appelle 4L du nom d’une de ses versions – Marine Proto et Juliette Wharmby. Ces deux étudiantes de 22 ans, respectivement infirmière puéricultrice et ingénieure en agroalimentaire, sont inscrites comme équipage 663 pour la 30e édition du rallye étudiant 4L Trophy en février 2027. Elles relieront Marseille à Marrakech en deux semaines, dont dix jours de rallye, en près de 3 300 kilomètres, sans le retour.

    Le but de cette aventure est d’amener des fournitures scolaires à Merzouga, au Maroc. « C’est à but humanitaire, on doit prévoir au minimum un sac à dos rempli de fournitures ainsi qu’un sac de sport rempli d’affaires de sport », détaille Marine Proto, « tout ce qui est alimentaire est limité à 10 kg et sera donné à la Croix-Rouge à Biarritz », point de départ de la course.

    « Pas là pour la vitesse »

    C’est une véritable compétition automobile. « Sans GPS, ni téléphone, juste une carte papier, juste une boussole et le roadbook », explique Marine Proto. « Celui qui fait le moins de kilomètres gagne », poursuit-elle, en cas de panne, il faudra compter « sur la famille ou sur l’aide des autres équipages ». « Il y a beaucoup d’entraide, même si c’est une course, on n’est pas là pour la vitesse », ajoute Juliette Wharmby.

    De toute façon, la Renault 4 n’est pas une Formule 1. « C’est le châssis qui compte », estime l’ingénieure, quand bien même sa collègue est « franchement surprise, elle marche super bien, même en montée ! On est allé faire des photos à la Sainte-Victoire », illustre-t-elle. Normal, elles ont choisi le plus gros moteur : « Le Cléon-fonte de 1 100 cm3, on ne voulait pas le Billancourt », plus ancien, développe-t-elle. Achetée en mars, « à Aubagne, l’annonce postée à 9h30, j’ai appelé à 9h32 », se rappelle Marine Proto. Révisée pour la route, l’idée était « de la faire rose pâle, mais vu la carrosserie nickel on va juste mettre des stickers », poursuit-elle. Juliette Wharmby aimait déjà les voitures anciennes. « On est amies depuis le collège et on voulait refaire une aventure ensemble », retrace-t-elle. « C’est elle qui m’a embarquée », reconnaît Marine Proto, qui depuis « se passionne » pour les anciennes. La passion incombe de chercher les financements pour un budget total estimé à 13 500 euros via sponsoring, loto et cagnottes. La course est aussi contre la montre pour le départ dans 6 mois.

  • Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Une journée autant festive que sportive pour ces enfants qui n’ont pas tous bénéficié d’un départ en vacances. Mais c’est avec un engouement visible et sonore qu’ils ont pris celui de la course ce samedi 8 août. Dix équipes se sont affrontées en paddle géant, kayak, pirogue, natation et match de water-polo à l’occasion de la 6e édition de ces Olympiades.

    « La plage c’est nul, ici on s’amuse mieux ! », assure Inès, 12 ans en plein briefing avec Roudayana et Naila et Nesrine. Gilets de sauvetage endossés, le petit équipage s’apprête à grimper dans le kayak. Comme la plupart de ces jeunes venus des cités Font-Vert, Le Mail, Campagne Lévêque, Jean-Jaurès, Consolat, la Calade ou Frais-Vallon, elle connaît bien l’association : « C’est eux qui m’ont appris à nager. »

    Alors que le top départ est donné par le moniteur, sur le quai de la base, les autres compétiteurs hurlent des encouragements. Téléphone en main, trois mamans filment la progression, quelque peu hasardeuse, des deux paddles de dix places lancés à grands coups de pagaies. « Mon fils est là, désigne Rania. On est adhérents du Grand Bleu depuis trois ans. Tous les samedis on vient, on s’éclate. C’est gratuit. Sinon on ne pourrait pas, les activités nautiques, c’est 25 euros la demi-heure », souligne-t-elle. Rania s’est aussi jetée à l’eau grâce aux cours de natation destinés aux adultes. « J’étais phobique de l’eau. Maintenant je suis à l’aise. » S’il faut poursuivre le redressement du plan piscines à Marseille, contrairement aux idées reçues, « on peut apprendre à nager dans la mer », atteste Brahim Timricht, président du Grand Bleu.

    Quartiers d’été plébiscités

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée pour l’égalité des chances fait le tour des animations nautiques, soutenues depuis 2021 par l’État. « Dans le cadre des quartiers d’été, nous déployons cette année plus d’un million d’euros pour financer 272 actions. On rouvre aussi les centres sociaux avec la Ville pour un maximum d’activités pour tous », précise-t-elle. Cet été, vu de la base de Corbière, le niveau de natation des Marseillais semble remonter.

    Au loin, près du terrain flottant de water-polo, cinq rameurs à la mer. La pyrogue rouge a chaviré. Sur la rive, L’équipe Aquaman peaufine sa stratégie pour affronter les Warriors en paddle. À son bord Elissa aborde l’épreuve en battante, « grave emballée » par sa deuxième sortie avec l’association. Elle n’a plus de voix à force de rire et crier. Dans le petit bassin, sous l’œil d’un moniteur, sa fille s’égaye avec sa « nouvelle copine ».

  • Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Toujours « mise sous protection » par ses salariés, l’usine de Fibre excellence de Tarascon espère recevoir du soutien, ce mercredi.

    Malgré sa liquidation judiciaire, le 29 juillet dernier, par le tribunal de commerce de Toulouse, les travailleurs du site produisant de la pâte à papier n’ont pas encore baissé les bras. « L’intersyndicale occupe le site depuis plus d’une quinzaine de jours. Maintenant, ce que l’on souhaite c’est une table ronde pour trouver une porte de sortie qui pérennise le site. Une table ronde en préfecture, avec la Région Sud, des acteurs économiques et institutionnels locaux », explique François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13).

    Concrètement, son organisation donne rendez-vous à ses militants devant l’usine, ce mercredi matin pour soutenir les travailleurs. Une conférence de presse est prévue, elle sera suivie d’une « initiative départementale » avec un temps fraternel et le traditionnel barbecue au programme. « Même si dans la période, c’est pas simple de mobiliser, on espère que la mobilisation va être fraternelle et solidaire », développe le syndicaliste. Manière de rappeler à tous que le site est encore loin d’être rayé de la carte. L’objectif reste aussi, et surtout, de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le dossier pour tenter de sauver l’usine. « Il y a des contacts avec la Région, on espère que ça bouge rapidement sinon ça va être un carnage pour l’emploi local : pour les travailleurs de la filière du bois mais aussi les sous-traitants », rappelle François Canu, citant les 270 emplois directs mais aussi les 5 000 induits.

  • Marseille Chanot, le parc des expositions se met au vert

    Marseille Chanot, le parc des expositions se met au vert

    La reconnexion du Parc Chanot à son environnement urbain se concrétise. Le chantier d’aménagement des espaces extérieurs avance. Le site s’est fortement désimperméabilisé. Des zones vertes et une piste cyclable donnent la mesure du travail accompli pour apporter plus de confort aux congressistes et l’ouvrir aux citadins.

    Succédant à la SAFIM qui gérait le parc depuis 1985, Marseille Events, exploitant délégué du Parc Chanot depuis janvier 2025 (avec CCIAMP Infrastructures), réaménage ces grands espaces pour les ouvrir sur la ville, lutter contre les îlots de chaleur qu’étaient ces grandes esplanades asphaltées et usées.

    Désasphalter les parkings

    Le parc Amable Chanot est l’héritier du champ de manœuvres militaires du Rouet créé en 1875 pour accueillir sur 20 hectares un régiment entier de cavalerie. Par la suite, le succès des expositions coloniales de 1906 et 1922, celle de l’électricité de 1908, en ont fait le parc incontournable des expositions et des congrès. Marseille, lauréate du label européen « 100 villes neutres en carbone d’ici 2030 », se devait de transformer ce grand parc en cœur de ville.

    En se dirigeant vers le Pavillon des Arts, le promeneur est accueilli par 500m² d’espaces verts aménagés. 2 000m² de surface ont été désimperméabilisés. L’objectif est de passer de 2% à 10% d’espaces perméables sur tout le parc. 76 bancs et 36 mètres linéaires de tables ont été installés. Un écrin végétal met en valeur le Pavillon des arts de Provence, vestige de l’exposition coloniale de 1922, avec les atlantes du sculpteur Louis Botinelly et les mosaïques de l’artisan d’art Patrizio conçues d’après les dessins de Valère Bernard.

    À proximité, une petite « palmeraie » rafraîchit l’esplanade du Palais des Événements. La nature en petits pots déplaçables ne sera jamais qu’une illusion de forêt urbaine. Les aménageurs l’ont bien compris : ce parc reste structuré par ses longs mails de micocouliers et de tilleuls. 22 arbres ont d’ailleurs été plantés.

    Pour renforcer les mobilités douces, un long ruban bleu marine traverse le parc, sur 900 mètres, de la porte du Rond-Point du Prado à la porte de la rue Raymond Teisseire. Cette piste cyclable sécurisée et en partie ombragée, raccorde ainsi les quartiers de Saint-Giniez, du Rouet et de Sainte-Marguerite.

    Progressivement, la grande esplanade se végétalise : 10 000m2 de parking (1 800 places) sont désasphaltés, remplacés par une couche drainante ocre. L’an prochain, la zone arrière d’exposition des piscines doit devenir une « oasis » de biodiversité. Un regret : oubliées dans le programme, les grilles Art Déco de Louis Trichard font grise mine. Leur restauration urge.