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  • Gaby Charroux face à la presse

    Gaby Charroux face à la presse

    La candidaturE

    Norhène Ouerfelli : C’est une liste citoyenne, avec 50% de renouvellement, que vous proposez ?

    Gaby Charroux : La liste est diverse, citoyenne, comme elle l’a toujours été. C’est drôle d’entendre le contraire, alors Paul Lombard avait décidé, en 1989, que la majorité communiste et socialiste allait s’ouvrir aux citoyens, dont je faisais partie par mes engagements professionnels et associatifs sportifs. C’est une liste citoyenne avec des gens du PCF, du PS, de Génération écologie et de Place publique, et des gens sans engagement politique. Ils sont à mon image : ils n’ont pas de dogme et prennent des décisions dans l’intérêt des Martégaux. Par exemple, je défends dans le même temps la clinique privée et l’hôpital, car on a besoin de ces médecins et chirurgiens dans ces deux pôles, avec les deux maisons de santé.

    Norhène Ouerfelli : Vous parlez souvent du bouclier martégal. De quoi s’agit-il concrètement ?

    G.C. : Ce sont toutes les actions sociales portées par la municipalité, comme le maintien à domicile avec portage de repas, ou le développement des foyers avec un cinquième ouvert au début du mandat, par exemple. Ce sont toutes les crèches municipales. C’est les gratuités, le prix du repas à la cantine de 2,30 euros, les colonies de vacances… Nous avons calculé une moyenne 400 euros de dépenses en moins par mois et par famille. Les centres d’initiation sportive, gratuits, permettent aux plus jeunes de découvrir le sport, dès 2 ans avec des activités adaptées, sans oublier l’inclusion des enfants handicapés. L’accès à la culture aussi, au conservatoire Picasso, où l’on peut apprendre un instrument jusqu’à 12 ans gratuitement.

    Philippe Boccara : Quelle est votre stratégie de succession ?

    G.C. : Ma seule stratégie est d’être au service de l’intérêt général des habitants de ma ville. Vous me voyez me présenter aux électeurs pour passer la main dans six mois, un an ? Les accidents de la vie, Il y en a pour tout le monde, tout peut arriver. Moi, j’ai la forme et la santé. On verra la suite en avançant. Ça fait 10 ans que je regarde autour de moi pour savoir qui pourra être là 24h sur 24, comme moi, et j’ai des idées. Des échéances électorales vont venir, comme les législatives au moins dans 2 ans, Pierre [Dharréville] sera notre candidat sans aucun doute et j’espère qu’on regagnera cette circonscription.

    La Sémivim

    Philippe Boccara : L’affaire de la Sémivim (Société d’économie mixte immobilière de la Ville de Martigues) a empoisonné votre mandat. Aujourd’hui, vous êtes encore mis en examen ?

    G.C. : Je rappelle qu’il s’agit d’une mise en examen seulement au motif de favoritisme. La corruption, l’enrichissement ou tout autre sujet ont été éliminés. Je remarque aussi qu’on parle de l’affaire Sémivim, alors que la victime, c’est la Sémivim ! Car des personnes ont considéré qu’elles pouvaient détourner de l’argent par le lien établi entre des agents et des entreprises, auxquelles elles ont fait croire que, pour bénéficier de marchés, il fallait les intéresser. La mise en examen repose essentiellement sur les fonctions occupées alors par quelques élus, membres de la CAO [commission d’appel d’offres], et moi en tant que président directeur général, à ce moment-là. Et aucun élu, ni moi, sommes concernés par la corruption ou la prise illégale d’intérêts. Nous sommes aujourd’hui partie civile. Nous avons été reconnus comme victime, également la Ville et la Sémivim.

    Léo Purguette : Est-ce que cela a abîmé le lien de confiance avec la population ?

    G.C. : J’ai chaque jour des preuves de la confiance que m’accorde la population. Elle a compris la réalité de cette affaire. Les entreprises ont reconnu leurs fautes et ont versé des indemnités à la Sémivim et la Ville. Le procès traitera de la corruption et je n’ai aucun lien avec ça. Sur la question qui me concerne, oui, j’étais PDG de la société, mais complètement étranger à ces agissements et je n’ai rien à me reprocher.

    La Santé

    Norhène Ouerfelli : Il est parfois difficile de trouver un médecin spécialiste aujourd’hui. Quelles mesures pour y arriver ?

    G.C. : L’accès à la santé n’est pas égalitaire pour tous aujourd’hui. J’ai l’exemple de quelqu’un qui s’est fait opérer de la cataracte par un ophtalmo à Châteauneuf, il a payé 400 euros de dépassement d’honoraires. Il peut payer, il le fait. Mais combien d’autres renoncent aux soins ? Mon obsession, c’est l’accès au droit à la santé égal pour tous.

    Thierry Bezer : Martigues est parfois vue comme un désert médical…

    G.C. : Au contraire ! Quand je vois des villes comme la nôtre et non loin sans les mêmes moyens… On a une perspective, pour l’hôpital, de mettre à disposition le foyer de l’Adret. La Chrysalide va déménager et les internes seront à 100 mètres de l’hôpital. Nous avons une politique d’acquisition de locaux commerçants pour les mettre à disposition des cabinets à loyer très bas, pas comme le privé. Il y a deux cas : un en centre-ville avec des médecins généralistes, l’autre à Croix-Sainte avec le cabinet dentaire.

    La sécurité

    Philippe Boccara : Vous proposez une brigade de police de centre-ville dans votre programme. Dans quel but ?

    G.C. : La brigade de centre-ville a pour but de remplacer la police de proximité. Les gens sont contents, même dans les quartiers, car ça vient contrecarrer les dealers. On a perdu 50 policiers nationaux depuis 15 ans. Je l’ai dit au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : je veux plus de police. L’Assemblée nationale travaille un projet de loi qui donnera plus de compétences à la police municipale. Ça veut dire plus de moyens humains à la charge des communes et moins pour la police nationale ? Ça donne une sécurité à deux vitesses : les villes qui peuvent donner des moyens et celles qui ne peuvent pas.

    Philippe Boccara : Et les caméras, elles fonctionnent toutes ?

    G.C. : On a 180 caméras de surveillance et 18 lectures automatiques de plaques d’immatriculation, qui ont permis de résoudre beaucoup d’affaires, et elles marchent toutes. On a des agents au central devant les caméras de 6h à 1h du matin. On est aussi exemplaires sur la prévention que sur la répression.

    Le Logement

    Norhène Ouerfelli : Martigues est au-delà du seuil légal de logements sociaux. Est-ce qu’il faut arrêter d’en construire ?

    G.C. : Nous avons 28% de logements sociaux, soit 6 000 sur les 25 000 de Martigues. Il y a 12 000 demandes, car 72% des Français sont éligibles au logement social. Sur les 12 000 demandes, 5 000 concernent des Martégaux. Faut-il arrêter de construire ? Au domaine de Manon, il y 250 logements sociaux, mélangés avec de l’accession à la propriété, du locatif à coût maîtrisé, et vous ne faites pas la différence quand vous passez devant. C’est fini les cités de 745 logements comme avant.

    Philippe Boccara : Est-ce que ça marche, les contrôles sur les ventes pour garantir que ce sont des martégaux qui achètent ?

    G.C. : Oui ça marche, on contrôle, les promoteurs doivent nous dire à qui ils vont vendre et on vérifie que ce soient des Martégaux. C’est un accord avec le promoteur. Cette préférence n’est pas contre ceux qui viennent d’ailleurs, mais contre les autres maires qui ne construisent pas les logements ! Ça explique aussi les 12 000 demandes, car les gens savent où chercher. Pas comme sur le reste la Côte bleue…

    L’industrie

    Léo Purguette : Martigues est un territoire industriel historique concerné par les projets de décarbonation. Comment faire pour accueillir les 10 000 nouveaux travailleurs qu’on nous promet ?

    G.C. : Depuis 100 ans, Martigues a une zone industrielle pétrochimique à Lavéra. Nous en sommes fiers et nous voulons préserver ce qui existe. Soit des milliers d’emplois, avec de bons salaires car les syndicats luttent. On y est attaché. La décarbonation pourra peut-être enfin réconcilier l’industrie et l’environnement. J’ai proposé une organisation de la gouvernance au Président de la République, à territoire d’exception, loi d’exception. Il l’avait acté. Même si la gouvernance n’est pas encore mise en place.

    Léo Purguette : Pour décarboner, il faut de l’électricité. Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    G.C. : Je suis pour, y compris pour préserver l’environnement. On peut enterrer tout ou partie, c’est toujours une question d’argent. Il faut préserver la Camargue, mais aussi la richesse du territoire.

    Léo Purguette : Martigues est aussi une terre de cinéma…

    G.C. : Le cinéma offre une opportunité extraordinaire, avec les studios d’Olivier Marchetti. Il y a un projet d’hôtel 4 étoiles de 80 chambres en cours, sur le boulevard maritime, au bord du canal, c’est acté. Accor est dessus, mais je voudrais mieux, on discute pour augmenter d’un cran.

    La Métropole

    Norhène Ouerfelli : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le bras de fer que vous avez engagé avec la Métropole ?

    G.C. : Le sujet qui fâche, c’est les ordures ménagères : c’est catastrophique. Quand on était en responsabilité, on gérait Port-de-Bouc, Saint-Mitre et Martigues, ça marchait parfaitement. Avec la Métropole, on éloigne les décideurs de la population et ça produit le résultat qu’on avait prédit. À l’automne, sur 24 bennes dédiées aux trois communes, 20 avaient besoin de réparations et ne sont pas envoyées au garage. J’en veux aux services de Martine Vassal qui ne nous entendent pas quand ça va mal. On a dû suppléer et engager de nouvelles équipes à la propreté urbaine de Martigues. C’est la multi-peine ! J’ai demandé qu’on nous rende la compétence, les trois communes sont d’accord. La réponse, c’est « on peut pas c’est la loi ». Il y a une autre solution, nous rendre seulement l’organisation locale. Peut-être peut-on arriver à faire changer la loi avec la grande ville centrale, Marseille.

    Léo Purguette : Vous avez été candidat à la présidence de la Métropole. Le serez-vous encore ?

    G.C. : Je ne crois pas que je serai candidat. On n’en est pas là, on prépare des municipales, on verra ce qui en ressort, car la seule Ville de Marseille n’a pas la majorité à la Métropole. C’est un enjeu très important sur l’eau et l’assainissement, aujourd’hui, on voit l’alignement du prix alors qu’on avait les plus bas du département et tout le bénéfice était réinvesti. Les partages de subventions devraient être équitables pour tous. Ça n’est pas le cas.

    L’étang de Berre

    Antonin Maja : Vous avez soutenu le classement de l’étang de Berre à l’Unesco. Quelle est la suite ?

    Gaby Charroux : L’étang de Berre est le cœur de notre métropole et de notre département. La candidature à l’Unesco a réveillé tout le monde. On n’a pas réussi, mais l’essentiel est de sauver l’étang et poursuivre sa réhabilitation, pour la pêche ou le tourisme. On a besoin de rouvrir le tunnel du Rove, mais surtout de la dérivation de l’eau de la Durance, qui ne va pas coûter 16 millions, mais 2 milliards d’euros. Il faut que la Région aide quand elle aura fini de financer les JO. Je suis pour, en tant que passionné de sport.

    La presse

    Léo Purguette, président et directeur éditorial – La Marseillaise

    Norhène Ouerfelli, journaliste – Maritima

    Philippe Boccara, grand reporter – Ici Provence

    Thierry Bezer, journaliste – France 3

    Antonin Maja, journaliste – La Marseillaise

  • À Marseille, Martine Vassal a déposé sa liste

    À Marseille, Martine Vassal a déposé sa liste

    Martine Vassal n’a pas attendu. Ce jeudi, la candidate de la droite et du centre a été la première à déposer en préfecture sa liste de 111 noms pour le conseil municipal de Marseille. De quoi trancher au plus vite les difficiles arbitrages entre les forces politiques, avant que ne s’accélère la campagne.

    Après elle en tête de liste, c’est sans surprise le porte-parole de sa campagne et directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région, Romain Simmarano (Ren.), qui occupe la deuxième place. Une façon de représenter un renouvellement à droite que cherche à incarner le collectif Une Génération pour Marseille qu’il préside.

    LR bien en place

    La droite qui se définit comme « affirmée », au sein des Républicains, reste cependant bien présente en tête de la liste. La présidente du groupe d’opposition au conseil municipal Catherine Pila, tête de liste dans les 6e et 8e arrondissements, est en 5e position. La directrice de campagne et présidente de la fédération LR Laure-Agnès Caradec, tête de liste dans les 9-10, est en 7e position, la très droitière sénatrice LR Valérie Boyer en 9e position, devant le maire sortant des 11-12, Sylvain Souvestre. Plus loin figurent la vice-présidente du conseil départemental Sabine Bernasconi (17e), le président du parc national des Calanques Didier Réault (18e), la présidente de Provence métropole logement (ex-HMP) et tête de liste dans les 2-3 Solange Biaggi (25e), le conseiller régional Ludovic Perney (30e).

    Les personnalités issues de la société civile occupent aussi des places de choix. L’ex-présidente du Crif Fabienne Bendayan est en 3e position, le président régional de l’ordre des pharmaciens Stéphane Pichon la 4e place, l’ancien président de la chambre des métiers et de l’artisanat André Bendano la 6e, la présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13) Corinne Innesti la 11e, le président de l’ASC Vivaux-Sauvagère Omar Keddaddouche la 16e. De manière plus symbolique, le supporter de l’OM Thierry Mode, dit “Titi c’est toi le boss”, est en 44e position, le pilote Jean-François Suhas, président du club croisière, en 78e. La moitié des 30 premières places ne siégeait pas dans l’hémicycle.

    De bonnes places sont aussi réservées à l’ex-maire (Hor.) des 4-5 Bruno Gilles (12e) et à Marine Pustorino (15e) qui lui avait succédé. La présidente (Hor.) d’Euroméditerranée Isabelle Campagnola-Savon obtient la 21e place.

    L’aile modérée, elle, paraît moins présente dans la tête liste. Au-delà de Romain Simmarano, le conseiller régional Christophe Madrolle (UCE) figure au 8e rang, l’avocate Sandra Blanchard au 13e, le conseiller départemental Denis Rossi en 14e, le responsable des Centristes Bruno Genzana en 20e. Suivent pour Renaissance Gérard Blanc (22e) et Maxime Boudet (24e), tandis que l’ex-secrétaire d’état Sabrina Agresti-Roubache est la grande absente. Leur poids serait pourtant déterminant pour le « 3e tour » qui désignera le maire de Marseille au sein de l’hémicycle.

  • Déjà essayé

    Déjà essayé

    L’enquête collective réalisée par La Marseillaise, le collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Le Poing et l’Arlésienne avec le soutien financier du Fonds pour une presse libre est d’utilité publique.

    Elle permet d’objectiver le bilan de 10 municipalités dirigées par l’extrême droite dans le sud de la France en matière de relations avec le mouvement associatif.

    Ses résultats sont éclairants : derrière le ripolinage de l’extrême droite, les choix politiques restent constants. Parmi les situations constatées : des coupes qui visent la culture, la solidarité, les centres sociaux, la lutte contre le racisme et les discriminations, mais aussi une forme de clientélisme voire de prise de contrôle des structures associatives.

    Derrière les vidéos TikTok

    Un état de fait qui ne surprendra pas les opposants de l’extrême droite mais qui mérite d’être connu par tous les citoyens. D’autant qu’au-delà de cette attitude vis-à-vis du mouvement associatif, plusieurs maires d’extrême droite du sud de la France ont été, dans la dernière période, aux prises avec la justice, comme Marine Le Pen l’est au plan national.

    Voilà la réalité de l’extrême droite dans notre région. Derrière les députés encravatés et les vidéos TikTok de Jordan Bardella, il y a des pratiques et un projet politique clair.

    À celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance témoigne du contraire.

    L’extrême droite a déjà été essayée dans l’histoire. Dans le présent aussi, et ce n’est pas reluisant.

  • [Entretien] « La souveraineté alimentaire, c’est ce qu’il faut viser »

    [Entretien] « La souveraineté alimentaire, c’est ce qu’il faut viser »

    Bernard Astruc en est convaincu : l’agro-biologie est la seule alternative, dans un contexte agricole tendu. Il prône la recherche, avant toute chose, de la souveraineté alimentaire durable.

    La Marseillaise : Comment expliquez-vous un tel soulèvement contre la loi Duplomb, qui prévoit la réintroduction, sous conditions, de certains pesticides interdits ?

    Bernard Astruc : Monsieur Duplomb a réussi à faire se mobiliser plus de 2 millions de personnes en désaccord avec son projet de loi, ce qui est une performance exceptionnelle. Il a fallu de mauvaises raisons pour que, d’un seul coup, il y ait une vraie mobilisation citoyenne. Cette loi, c’est du rétropédalage, comme si on était déjà tellement en avance sur les mesures agro-environnementales qu’on pouvait se le permettre. Là, on a vu que les citoyens-consommateurs n’étaient pas prêts à accepter ça, parce qu’ils savent que ces molécules de pesticides empoisonnent la terre, l’eau, les nappes phréatiques, l’air et, pire, nos aliments.

    Qu’avez vous à dire sur la politique agricole gouvernementale ?

    B.A. : Elle est complètement hors-sol pour la simple raison qu’on refuse d’analyser les causes profondes. En ce moment, on fait croire qu’on fait du changement, mais pas du tout, alors qu’il est devenu absolument nécessaire et urgent. Le gouvernement continue à être dans une fuite en avant, sous la pression des syndicats dominants, et va céder sur le plan agro-environnemental et sur les mesures budgétaires, ainsi que d’autres facilités qui sont contre nature, comme les méga-bassines, pour accélérer, pour faciliter. Ce sont des mesures qui vont à l’encontre de l’obligation d’introduire l’agro-écologie dans l’agriculture.

    Quelle importance représente la souveraineté alimentaire ?

    B.A. : La souveraineté alimentaire, c’est ce qu’il faut viser, parce que derrière, il y’a la sécurité alimentaire et la qualité alimentaire. De la qualité dépend notre santé. De la sécurité, notre certitude de pouvoir manger tous les jours. Toute cette nourriture que nous voyons dans la grande distribution laisse croire qu’il y a une abondance de nourriture, mais est en réalité à flux tendu, approvisionnée par des camions, tous les jours. Ce n’est pas du tout produit ici. Nous avons au dessus de nos têtes une épée de Damoclès qui peut s’abattre à tout moment à cause d’une crise énergétique. Avec la situation géopolitique mondiale, ça peut arriver demain matin.

    Dans notre région, qu’en est-il de la part de cette souveraineté ?

    B.A. : Les Alpes-Maritimes c’est la catastrophe, c’est moins de 1%. Le Var est aux alentours de 2,5%. Les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, c’est un peu plus, ça tourne autour de 4 ou 5%. Ça veut dire qu’on a au maximum 15 à 30 jours d’autonomie.

    Quelle est la solution ?

    B.A. : La solution, on la connait déjà : parce que ce n’est qu’un choix politique. Il faut qu’il soit courageux, mais quand on veut prioritairement conserver son poste de député, de maire, de ministre, par rapport à l’intérêt collectif, on ne fait pas une politique courageuse. C’est ce qu’il va falloir faire, parce que non seulement il n’y a pas d’autres alternatives, mais cette alternative de l’agro-biologie, on a la chance qu’elle soit crédible. En France, il y a 62 000 agriculteurs qui cultivent 2,8 millions d’hectares dans toutes les filières agricoles, sans intrants chimiques, sans pesticides. C’est la preuve que c’est possible, pas marginal.

    «Non c’est Non, Monsieur Duplomb !» : Nouvelle pétition du 2 février 2026 contre la loi Duplomb.

  • Bourses et voyages gelés, à Marseille le collège Katherine-Johnson mobilisé

    Bourses et voyages gelés, à Marseille le collège Katherine-Johnson mobilisé

    Au collège Katherine-Johnson (15e), le problème révolte presque à l’unanimité : ce jeudi, 83% du personnel était en grève pour dénoncer l’absence d’un gestionnaire à temps plein, indispensable pour que « les dépenses courantes soient convenablement assurées ».

    Depuis septembre, le bon fonctionnement de l’établissement est empêché par un manque de personnel dans le service de gestion, pour l’instant géré par une seule personne en temps partiel. Une situation insoutenable que professeurs, élèves et parents dénoncent. Un rassemblement s’est tenu à 10 heures devant les grilles du collège. « On ne demande pas de traitement de faveur, on ne demande pas de moyens supplémentaires par rapport aux autres établissements, s’agace Julien Marec, professeur d’histoire et représentant du Snes-FSU, plus grand syndicat du second degré. On demande juste à avoir un poste de gestionnaire complet, comme partout, pour que le collège tourne. »

    « Des familles galèrent,

    ce n’est pas normal »

    Car le dysfonctionnement du service de gestion a de sérieux impacts sur le quotidien des élèves, enseignants et autres personnels. « Le gestionnaire, c’est celui qui s’occupe de tout ce qui est financier, souligne Mathilde Tailleu, professeure de mathématiques. Dès qu’il faut signer une facture, payer des fournitures à l’infirmerie pour que l’infirmière puisse travailler correctement, distribuer les bourses aux élèves, c’est par lui que ça passe. »

    Alors, faute d’une gestion correctement pourvue, des « bourses se retrouvent retardées, voire gelées », et des voyages scolaires suspendus. « On est dans un collège d’éducation prioritaire renforcée, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup de familles boursières. La situation n’est pas acceptable, dénonce l’enseignante. Et il y a aussi la question des voyages. Nous avions obtenu, grâce à un long travail des professeurs, une bourse Erasmus + qui devait nous permettre d’organiser trois voyages scolaires, en Grèce, en Italie et en Espagne. Pour l’instant, la situation est gelée. »

    Les surveillants, eux aussi présents au rassemblement de jeudi, s’inquiètent. « On fait la grève avant tout pour les bourses. Déjà qu’il y a des situations compliquées, que des familles galèrent, ce n’est pas normal », souffle l’un d’entre eux. Et Elias, en classe de troisième dans le collège Katherine-Johnson, d’ajouter : « C’est dommage parce qu’on reste tout le temps ici, dans nos quartiers. On aimerait bien voyager, pour changer d’air. »

    Hedi Ramdane, conseiller municipal (DVG) du secteur des 15e et 16e arrondissements, était lui aussi sur place pour appuyer la mobilisation. « On rajoute de la pauvreté à la pauvreté, c’est inadmissible », s’indigne-t-il. Sollicité depuis novembre par les personnels du collège, le rectorat a fini par répondre au Snes-FSU, jeudi matin, promettant un rendez-vous dans la semaine de la rentrée. Samia Ghali, conseillère municipale (DVG), a elle aussi demandé à ce qu’un entretien soit organisé en présence de représentants du corps enseignant et des parents d’élèves.

  • Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    C’est une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose une partie des riverains de l’Estaque (16e) aux portuaires du Chantier naval de Marseille (CNM), en conflit depuis le retour, en 2017, de l’exploitation de la forme 10. Un îlot artificiel construit pour réparer et entretenir les navires de grandes tailles. La préfecture des Bouches-du-Rhône a publié mardi, sur son site officiel, un arrêté faisant état d’une « mise en demeure à l’encontre de la société CNM pour l’exploitation de la forme 10 ». La société est sommée, « dans un délai de trois mois », à compter du 10 février, de respecter les limites d’émissions sonores fixées par l’article 8 de l’arrêté ministériel du 12 mai 2020. Un manquement à ces obligations pourrait entraîner, en plus des « sanctions pénales » envisageables, la mise en place de sanctions prévues par le Code de l’environnement, d’après le document publié par la préfecture.

    Une installation primordiale

    Cet arrêté intervient après une série de mesures déjà prises à l’encontre du Chantier naval et répondant aux sollicitations de nombreux riverains et élus locaux, mobilisés pour dénoncer les nuisances sonores induites par l’exploitation de la forme 10. Le 31 juillet 2024 déjà, le préfet des Bouches-du-Rhône signait, « au terme d’une période de concertation de plusieurs semaines », selon le communiqué de l’époque, un arrêté pour encadrer les « activités particulièrement bruyantes ». De quoi « consolider, dans la durée et en soutien aux entreprises utilisatrices, les atouts offerts par cette installation industrielle majeure en termes d’emplois et de rayonnement du savoir-faire industriel marseillais en matière de réparation navale » (voir notre édition du 01/08/2024). Car l’exploitation de la forme 10, plus grande cale sèche de la Méditerranée, est un outil industriel phare pour le Grand Port maritime de Marseille. Fermée pendant 17 ans avant sa réouverture en 2017, son retour est rendu possible par un long combat mené par les salariés de la réparation navale et leur syndicat CGT, déterminés à consolider l’avenir du site passé par des phases difficiles.

    « Nous sommes contents de la publication de cet arrêté, assure Jean-Pierre Lapébie de Cap au nord, association de défense du cadre de vie des 15e et 16e arrondissements de Marseille. Ça va dans le sens des nombreuses mises en demeure récentes que le chantier naval ne respecte pas, au sujet du bruit mais aussi de la pollution de l’eau et de la séparation des stockages des produits dangereux. On n’est pas là pour mettre des emplois en danger, mais pour que la législation (…) et la santé des populations et des travailleurs soient respectées. »

    Dans une série d’arrêtés pris le 22 juillet dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait en effet infligé des astreintes administratives journalières au Chantier naval de Marseille, faute de système de séparation et de traitement des eaux usées pour les formes 8, 9 et 10 de réparation navale (voir notre édition du 06/08/2025).

    Contactés à propos de l’arrêté publié mardi, le Grand Port maritime de Marseille, comme la CGT, n’ont pas souhaité réagir à ce stade. Le Chantier naval de Marseille n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    Touché mais pas KO. Tel un boxeur qui remonte sur le ring après un uppercut, Philippe Saurel revient dans l’arène politique. Discret depuis sa défaite en 2020, le seul maire sortant d’une grande ville à ne pas avoir bénéficié de la prime au sortant veut sa revanche. « Qu’on gagne ou qu’on perde, on apprend dans les deux cas », confie, sportivement, celui qui dirigea Montpellier de 2014 à 2020 après sa victoire surprise contre Jean-Pierre Moure (PS).

    À l’époque exclu pour sa dissidence, l’ex-socialiste a-t-il fait la paix avec ses amis d’antan ? Pas vraiment. S’il a récemment salué Carole Delga (PS) au sujet du maintien de l’Open de tennis à l’Arena, le frêchiste en veut toujours à sa famille politique pour l’avoir banni, même s’il assure « avoir pris beaucoup de recul » et s’être « remis en question ».

    Dans la courte vidéo qu’il a postée samedi 7 février sur les réseaux sociaux, il confirme avoir tourné la page des partis politiques. Depuis plusieurs mois représentant du mouvement centriste « Utiles », il mènera à nouveau une liste dite « citoyenne, divers gauche et écologiste ». Une potion qui lui avait donné des ailes en 2014, grâce à un programme concis et concret, dans un contexte de rejet du PS de F. Hollande. Mais la recette avait semblé usée en 2020. Le maire président ayant pâti de ses mauvaises relations avec plusieurs édiles de la Métropole dont des collectivités dirigées par le PS.

    Avec qui et pour quoi faire ?

    Si à l’image de Michaël Delafosse, certains lui reprochent de n’avoir « rien fait » ou presque 6 ans durant, Philippe Saurel avait pourtant tenu ses 10 promesses de campagne. Notamment la régie publique de l’eau ou la desserte des quartiers populaires par la 5e ligne de tramway, toutefois retardée.

    Dans un espace politique réduit avec déjà 9 listes, difficile de dire quel sera le cap du chirurgien dentiste. Après mûre réflexion, s’il a décidé d’y retourner, c’est dit-il parce que « de nombreux citoyens et personnalités influentes ont fini par me convaincre ». Et par « amour » pour Montpellier qui est une « belle ville » dont il s’inquiète de « l’endettement » creusé par les chantiers de M. Delafosse.

    De l’équipe qui accompagnera Philippe Saurel, 68 ans, dans ce qui pourrait être son dernier challenge politique – à moins qu’il ne vise les sénatoriales ? – on sait encore peu de choses. Le fidèle Abdi El Kandoussi sera sur sa liste de même que le sage Max Lévita qui s’était pourtant retiré de la scène politique. Lâché par le gros de ses troupes novices de 2014 (P. Mirallès, S. Jannin… sont derrière M. Altrad), on peut compter sur P. Saurel, rejoint par Jacques Domergue (ex-UMP) en 2020, pour nous réserver quelques surprises.

  • Pancho Abardonado sera sur le banc pour OM-Strasbourg

    Pancho Abardonado sera sur le banc pour OM-Strasbourg

    L’OM a publié le communiqué annonçant la conférence de presse du match contre Strasbourg, samedi à 17 heures, au Vélodrome. C’est Pancho Abardonado, ancien adjoint de Roberto De Zerbi, qui prendra la parole en tant qu’entraîneur.

  • Biathlon : Julia Simon sacrée championne olympique devant Jeanmonnot

    Biathlon : Julia Simon sacrée championne olympique devant Jeanmonnot

    Avec une seule faute sur le pas de tir (19/20), mercredi lors de l’individuel, Julia Simon a devancé sa compatriote Lou Jeanmonnot (18/20). Il s’agit de la 2e médaille d’or de la délégation française aux JO-2026, après la victoire du relais mixte de biathlon, et le 6e podium depuis le début des Jeux à Milan-Cortina.

    La consécration olympique pour la Savoyarde intervient quatre mois après sa condamnation à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour vol et fraude à la carte bancaire, pour avoir notamment utilisé la carte bancaire de son équipière Justine Braisaz-Bouchet. En franchissant la ligne d’arrivée, elle a mis son index droit sur la bouche. « J’aimerais qu’on me foute la paix » avec cette condamnation, a déclaré Simon peu après au micro d’Eurosport.

    « Je pense que je n’ai plus rien à prouver à personne, maintenant j’aimerais qu’on me laisse faire mon biathlon », a-t-elle ajouté, assurant que « la page a été tournée au sein de l’équipe ». « Je ne me suis jamais affolée, je ne suis pas du tout stressée sur ces Jeux, je prends un kif énorme », a-t-elle déclaré au micro de France Télévisions. « J’ai super bien construit cette course, j’ai très bien skié, j’avoue que les derniers tours il y avait Franzi [Preuss, finalement 10e, Ndlr] devant moi et quand on me disait que cela se jouait aussi avec elle, je me disais elle va bien louper une balle et me laisser cette chance-là. »

    Doublé pour Simon

    Décuple championne du monde dont quatre fois sur des courses individuelles, Simon est venue à Anterselva pour chercher l’or olympique qui manquait à son immense palmarès. En deux courses dans le nord de l’Italie, elle en a pris deux avec le titre du relais mixte avec Eric Perrot, Quentin Fillon Maillet et Lou Jeanmonnot, et avec l’individuel de mercredi.

    Elle dispose du plus beau palmarès du biathlon féminin français avec, en plus de ses médailles aux Mondiaux et aux JO, un gros globe de cristal remis à la lauréate de la Coupe du monde de biathlon, en 2023.

    Leader actuelle de la Coupe du monde et attendue sur le podium de l’individuel, Lou Jeamonnot a pris la médaille d’argent, sa meilleure performance sur des courses individuelles en grands championnats, malgré deux fautes sur le pas de tir et deux minutes de pénalité. Les Bleues retrouveront la piste olympique italienne samedi lors de l’épreuve du sprint (7,5 km).

    Classement de l’individuel :

    1. Julia Simon (FRA) 41:15.6 (1 tour de pénalité)

    2. Lou Jeanmonnot (FRA) à 53.1 (2)

    3. Lora Hristova (BUL) 1:04.5 (0)

    4. Vanessa Voigt (GER) 1:17.4 (0)

    5. Dorothea Wierer (ITA) 1:33.9 (1)

    6. Camille Bened (FRA) 1:36.7 (1)

    7. Lea Meier (SUI) 1:37.4 (1)

    8. Janina Hettich-Walz (GER) 2:03.3 (2)

    9. Linn Gestblom (SWE) 2:12.6 (2)

    10. Franzi Preuss (GER) 2:19.9 (2)

    Deux Chollet pour le prix d’un

    Planche aux pieds, les jeunes frères Aidan et Jonas Chollet ont tout pour briller jeudi en snowboardcross à Livigno et se verraient bien revenir des JO avec une médaille autour du cou. « Ce serait fou, incroyable », lâche enthousiaste Jonas, 17 ans seulement, quand on lui demande s’il se voit déclencher, lui et son aîné, une version hivernale de la « Lebrunmania » en cas de succès. Mi-décembre, les Chollet ont déjà pu y goûter en terminant aux deux premières places pour la reprise de la Coupe du monde à Cervinia.

  • OM : un successeur qui se doit de bien connaître le contexte

    OM : un successeur qui se doit de bien connaître le contexte

    Qui sera le nouveau Sisyphe sur le banc phocéen ?

    La tâche qui attend l’heureux (?) élu est aussi gigantesque que celle à laquelle était condamné le Titan qui avait défié Zeus. Sauf qu’il ne s’agira pas de remonter un rocher au sommet d’une côte abrupte, mais permettre à l’OM de s’asseoir durablement au sommet de la Ligue 1, en évitant d’en dégringoler au dernier moment.

    Même si elle est très compliquée à assumer, la place n’en suscite pas moins la convoitise de plusieurs stratèges en quête de rebond. Ils aimeraient utiliser l’OM, montrant qu’en étant capable de relancer le club dans sa course à la Ligue des Champions, ils peuvent également redorer leur blason.

    Des grands noms étrangers sont spontanément sortis du chapeau. Ruben Amorim et Xabi Alonso, cherchent un banc après avoir été éjectés de celui de Manchester United et du Real Madrid. Des noms d’entraîneurs Français exilés sont aussi évoqués. Mais Laurent Blanc et Christophe Galtier risquent de ne pas être compatibles avec certains dirigeants actuels au sein de l’OM.

    D’autres fraîchement remerciés en Ligue 1 voient leur nom circuler. à l’image de Franck Haise, déjà pressenti avant l’arrivée de Roberto De Zerbi, dont l’expérience niçoise a tourné court. Ou bien Habib Beye, qui a perdu son fauteuil à Rennes, quelques heures avant son compère marseillais. Les deux hommes étaient encore côte à côte lors du huitième de finale de Coupe de France, qui a vu la facile qualification olympienne aux dépens des Bretons (3-0), le 3 février.

    Habib Beye avait fait des offres de service quand l’OM cherchait un successeur à Gennaro Gattuso. Jean-Louis Gasset lui avait été préféré.

    Après avoir fait monter le Red Star en Ligue 2, l’ancien capitaine de l’OM a fini sur le banc rennais où il a connu des hauts et des bas. Peut-être cette fois sera la bonne ? Réponse dans les prochaines heures.

    Celui qui héritera du poste devra bien connaître le contexte marseillais. Sa mission sera claire. En championnat, il faudra absolument aller chercher une place qualificative pour la Ligue des Champions, vitale pour les finances du club. Et gagner, enfin, une Coupe de France.