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  • [Sciences] Sans muscles ni neurones, cet animal « crêpe » s’enfuit face au danger

    [Sciences] Sans muscles ni neurones, cet animal « crêpe » s’enfuit face au danger

    Découvert à la fin du XIXe siècle, Trichoplax reste méconnu. Cet animal aquatique est minuscule, plat et simple : un tapis de cellules qui se déplace grâce à des cils vibrant sous sa face inférieure. Il peut ainsi ramper au fond de la mer, où il vit, et réagir à des agressions extérieures –quand on le pique par exemple. Pourtant, il n’a ni muscles ni neurones ! Comment fait-il ? « C’était une énigme depuis plus d’un siècle, pointe Andrea Pasini, chercheur CNRS à l’Institut de biologie du développement de Marseille. Nous cherchons la réponse depuis cinq ans et nous avons enfin compris. » Avec son doctorant Marvin Leria et son collègue Raphaël Clément, il montre dans un article paru dans Current Biology que les cils sur sa face inférieure se réorientent rapidement et de manière coordonnée pour prendre la fuite.

    Ce mode de déplacement grâce à des cils est connu chez d’autres animaux. Mais les cils prennent généralement une certaine orientation au cours du développement et il est difficile d’en changer. « C’est parfois possible chez certains animaux mais cela prend du temps : des dizaines de minutes voire des jours », insiste le chercheur. Chez Trichoplax, quelques secondes suffisent. « C’est unique, ajoute-t-il. Cela montre à quel point les tissus épithéliaux sont plastiques et peuvent faire des choses que nous ne soupçonnions pas. »

    Calcium

    C’est un des buts derrière l’étude de cet étrange animal : comprendre comment les tissus épithéliaux -ces ensembles de cellules qui forment la peau, recouvrent certains organes, tapissent les veines… -ont pu évoluer et s’adapter à des environnements extrêmes. « Les organismes modèles généralement étudiés en biologie– souris, ver, mouche…- ne couvrent qu’une petite partie du monde animal, précise Andrea Pasini, spécialiste des tissus épithéliaux. Trichoplax est intéressant car il est composé presque essentiellement de cellules épithéliales. Il peut donc mieux nous renseigner sur certaines de leurs spécificités. »

    Pour tenter d’expliquer comment les cils changent brutalement d’orientation, les chercheurs se sont penchés sur le calcium. « Il est connu pour être impliqué dans des réactions cellulaires rapides », souligne Andrea Pasini. En plongeant Trichoplax dans une eau dépourvue de calcium ou en empêchant cet élément d’entrer dans les cellules, le petit animal ne parvient plus à se déplacer normalement. « Le calcium a donc un rôle important, poursuit le chercheur. Toute la question est maintenant de savoir où et comment il agit précisément. » Y répondre fera l’objet de futures recherches.

    Cette capacité à interagir avec l’environnement sans aucun neurone interroge : « Soit nous sommes face à une forme très simple de système nerveux, soit face à une sorte de système nerveux alternatif, ce qui serait encore plus intéressant, souligne Andrea Pasini. Mais tout cela reste à éclaircir. »

    REPÈRES

    Épithéliums

    Il s’agit de tissus formés de cellules juxtaposées. Tous les animaux en ont. Ils peuvent former des revêtements (comme la peau, les contours des organes) ou sécréter des substances essentielles à l’organisme (comme celles produites par les glandes).

    Placozoaires

    Ces animaux plats de 1 à 3 millimètres n’ont ni bouche, ni tube digestif, ni système nerveux, ni organes et n’ont pas une forme symétrique. Leurs cellules sont capables de se réorganiser pour que l’organisme change de forme.

    « T. adhaerens »

    Trichoplax adhaerens a longtemps été le seul représentant du groupe des placozoaires -jusqu’à la découverte d’autres espèces plus récemment. Il vit sur des supports (coraux, rochers) au fond de la mer, dans des eaux tropicales ou tempérées, et se nourrit d’algues, bactéries et autres micro-organismes grâce à un système de digestion externe.

  • [Travailleuse de demain] Emmy Mercier, Argentiéroise aux doigts d’or

    [Travailleuse de demain] Emmy Mercier, Argentiéroise aux doigts d’or

    À la fin du collège, Emmy s’intéressait pourtant davantage au dessin et aux filières artistiques. « Déjà, j’étais très manuelle, mais pour rejoindre une filière artistique, ça aurait été dans un Bac général, où je n’ai pas été acceptée, explique-t-elle. Mais, grâce aux différents tests probatoires proposés par les lycées, j’ai trouvé celui où je suis actuellement, à César-Baldaccini, à Marseille. J’ai fait des tests probatoires, ça m’a beaucoup plu et j’y suis maintenant. »

    Un grand saut pour Emmy Mercier qui, dès la fin du collège, passe de L’Argentière-la-Bessée, commune de 2 278 habitants dans les Hautes-Alpes, à Marseille, pour y suivre un CAP bijouterie-joaillerie en deux ans, puis un Brevet des métiers d’art (BMA). Pour suivre les cours, elle se rend chaque jour à Marseille depuis Rognac, où elle habite avec sa grand-mère. « Je sortais du collège, je n’avais que 14 ans. Au début, mes parents étaient un peu mitigés avec tous les trajets à faire au quotidien : train, bus et je prends aussi le métro, se remémore-t-elle. Ce n’était pas facile, j’ai pris la main au fur et à mesure. Ma mère est un peu stressée, mais je l’appelle souvent. Ça m’a permis aussi de gagner en autonomie, maintenant, je me débrouille sans problème. »

    Finalement, elle ne regrette pas ce choix d’orientation. « Ce qui me plaît, c’est toute la précision, je suis très manuelle de base, savoure Emmy. Dès le début, ça m’a plu de créer quelque chose, à travers des pièces à réaliser en atelier ou des choses à créer de nous-mêmes. » Ses proches ne sont pas mécontents non plus : « J’aime bien réaliser des petits cadeaux pour ma famille, et ils m’en demandent tout le temps. »

    Son avenir idéal ? « Faire des pièces uniques pour de grandes personnalités ou des événements, dans de la haute joaillerie », imagine-t-elle.

    Son idéal : l’artisanat pour le contact humain

    Pour autant, après trois stages en atelier à Marseille et à Lyon, Emmy préfère pour l’instant les structures artisanales à la haute joaillerie. « J’aime bien le côté artisan, on crée nous-mêmes de toutes pièces, on part du dessin de ce que veut le client et on va l’imaginer. On apprend et on fait beaucoup de choses. C’est hyper intéressant parce que c’est très humain, on échange beaucoup avec les gens. En haute joaillerie, on n’est pas directement en rapport avec le client », explique-t-elle.

    La première création dont elle a été particulièrement fière, elle l’a réalisée il y a deux ans, lors du concours du Meilleur apprenti de France. « J’ai eu un bracelet à faire, assez volumineux, en argent. Il faisait 5 cm de large, il prenait l’entièreté du poignet. Quand on l’ouvrait, on voyait un motif à l’intérieur et il y avait des mises en pierre sur le dessus », se replonge-t-elle.

    Quant au bijou qu’elle rêverait de réaliser, difficile de n’en choisir qu’un : « Mon bijou préféré serait un gros collier, articulé, où toutes les parties bougeraient entre elles, dans un style assez rétro, avec une grosse pierre. Mais quand on est dedans, on trouve beaucoup de choses très jolies, on touche à tout et on a envie de tout faire ! »

    LE CONCOURS

    Si elle n’a pas décroché de médaille au concours national des WorldSkills, à Marseille en octobre dernier, Emmy Mercier en garde un excellent souvenir : « Le côté social avec les membres de l’équipe était génial, tout le monde était soudé, on se réconfortait après certaines journées, ça m’a vraiment marqué. J’ai beaucoup progressé sur le côté technique en me préparant. Au concours, j’ai pu faire des choses que je ne fais pas au quotidien. Je n’avais jamais réalisé une aussi grosse pièce en or, en travaillant directement à la plaque. C’était un pendentif en trois parties. J’ai aussi beaucoup appris sur la gestion du stress. »

  • Le terroir du Vaucluse se déguste avec Mercotte

    Le terroir du Vaucluse se déguste avec Mercotte

    Samedi et dimanche, le parc de l’Arbousière, à Châteauneuf-de-Gadagne, prend des airs de fête à l’occasion de la 9e édition de « Terroirs en fête ». Un événement organisé par le Département de Vaucluse. « C’est l’un des plus grands rendez-vous pour les agriculteurs et artisans de bouche dans le Vaucluse », explique Pierre Charline, créateur de l’événement et responsable événementiel pour le Département de Vaucluse. « Plus de 150 exposants seront présents cette année et nous avons à cœur de leur demander un stand qui soit unique pour Terroirs en fête, un stand que l’on ne retrouve pas ailleurs parce que ce n’est pas juste un grand marché. »

    Au programme, tout au long du week-end, des démonstrations culinaires, des concerts et musiques lives, mais aussi un salon des vins et spiritueux ou un espace élevage pour découvrir ce que le Vaucluse à de meilleur à offrir.

    Un événement convivial et familial

    « Avec Terroirs en fête nous voulons montrer et faire découvrir au public la beauté et le savoir-faire dont regorge notre département. Nous accordons aussi une place importante aux activités familiales puisque cette année nous proposons par exemple des balades à poneys, des jeux en bois divers ou un jeu de piste géant », poursuit-il. « Les maîtres-mots pendant ces deux jours sont convivialité, partage et rencontre, c’est pourquoi nous voulons que chacun passe un bon moment dans un lieu exceptionnel. » Depuis 4 ans maintenant l’événement est associé à une personnalité et cette année c’est Mercotte qui en sera la marraine. « Nous en sommes ravis car elle est connue du grand public et elle a un capital sympathie qui est assez incroyable ! Elle sera donc présente samedi et dimanche et évoluera au sein de l’événement en participant à diverses animations », sourit le responsable. Parmi les temps forts, un concours de tartes aux fraises samedi mais aussi l’épreuve nationale du concours international de hamburgers dimanche où 6 chefs venus de toute la France vont s’affronter pour réaliser le meilleur burger avec des produits du terroir vauclusien.

  • [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    La Marseillaise : Dans la région, le grand public a surtout gardé en mémoire vos compositions pour l’adaptation de « La gloire de mon père » et du « Château de ma mère » par Yves Robert, en 1990. Cela a-t-il été votre porte d’entrée vers la culture marseillaise et provençale ?

    Vladimir Cosma : J’ai commencé à connaître la région lorsque Roger Luccioni m’a invité dans le festival de jazz qu’il avait créé [le Marseille jazz des cinq continents, Ndlr.]. Et quelque temps avant, à travers ces films d’Yves Robert, d’après Marcel Pagnol. Ils m’ont largement ouvert la porte de la culture marseillaise et cela ne m’a jamais quitté. D’ailleurs, une partie de mon répertoire en découle et vient de là.

    Pour ces deux films, vous êtes allé à rebours des clichés autour de la culture provençale. Loin d’utiliser fifres et tambourins, vous avez plutôt livré une musique aux accents méditerranéens. Pourquoi ?

    V.C. : Je ne voulais surtout pas faire une musique telle que vous l’avez décrite. Je ne voulais pas d’une couleur trop folklorique. Pour éviter cela, je me suis plongé dans la musique de la jeunesse de Marcel Pagnol, dans les années 1930. Les inspirations folkloriques étaient alors plutôt espagnoles, il y avait aussi la habanera… C’est plutôt ceci qui m’a donné l’idée, par la suite, d’employer de réelles cigales que j’ai samplées [fait d’échantillonner un extrait sonore déjà existant pour le réutiliser ensuite dans un autre contexte]. J’ai par exemple gardé le battement de ces cigales avec lesquelles j’ai rythmé la habanera de La gloire de mon père.

    À vos yeux, Marseille, c’est davantage la Méditerranée que la Provence ?

    V.C. : Mes liens personnels avec Marseille viennent surtout par la connaissance de l’œuvre de Marcel Pagnol, qui m’est venue grâce aux films d’Yves Robert. Par le passé, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer Marcel Pagnol. Il m’a même écrit une lettre dans laquelle il me faisait part de son goût pour des musiques que j’avais faites, comme celle de Michel Strogoff [adaptation en feuilleton du roman éponyme de Jules Verne], et qu’il aimerait bien, un jour, que je fasse de la musique sur ses propres œuvres.

    Comment décririez-vous votre rapport à la mandoline ?

    V.C. : J’ai découvert cet instrument assez tôt, car il est similaire au violon. La seule différence est que, sur la mandoline, on pince les cordes et il n’y a pas d’archet. Le son vient donc du pincement des cordes. On joue en quelque sorte ce qu’on appelle un violon pizzicato. Car le problème de la mandoline, c’est la durée du son. Et pour prolonger la durée de la note, il faut utiliser le trémolo [répétition rapide d’une même note].

    Vincent Beer-Demander, le directeur du Mandol’in Marseille festival, écrit à votre sujet : « Ses mélodies si populaires, qui appartiennent à la mémoire collective, nous font parfois oublier le grand compositeur classique qu’il est »…

    V.C. : Je ne me considère pas, par exemple, comme un compositeur de musiques de films. Je ne fais pas une musique spécifique par rapport à un film, je ne fais pas de musique descriptive. Même les musiques qui semblent le plus descriptives possibles, comme Le grand blond avec une chaussure noire ou La boom, ne décrivent en fait rien. C’est de la musique pure. Si on les écoute sans penser à l’image du film, elles ne dictent pas une action spécifique. Mais elles accompagnent l’image et lui apportent un surplus de beauté et d’émotion.

    L’idée, c’est de laisser libre cours
    à l’interprétation de chacun
     ?

    V.C. : Oui. Je ne vois d’ailleurs toujours pas le rapport que font les gens entre la musique du Grand blond avec une chaussure noire, réalisée avec une flûte de Pan roumaine avec une inspiration plutôt folklorique, avec le sujet du film et les aventures de ce héros. C’est surtout une musique qui a du caractère, un style, mais qui n’est pas dictée par l’image. Je n’ai jamais aimé les musiques descriptives. J’estime même que des musiques de Bach ou n’importe quel autre prélude ou fugue, ne vous décrivent ni l’aspect religieux, ni d’autres cotés qu’on veut bien leur attribuer.

    La musique est surtout un sentiment pour vous ?

    V.C. : Oui, la musique dégage des sentiments. Mais elle ne délivre ni un sens, ni une histoire…

    Des sentiments perpétués par des musiciens de tous âges qui joueront une partie de votre répertoire pendant le festival. D’autant plus que le Conservatoire d’Aubagne sera bientôt officiellement rebaptisé de votre nom…

    V.C. : Je suis très flatté de voir mon nom accolé à celui de Pagnol, un auteur que j’apprécie énormément et qui m’a beaucoup inspiré dans ma musique. Je suis très content de tout cela. Et cela me touche beaucoup de savoir que de jeunes musiciens jouent encore ma musique.

    Mandol’in Marseille festival, du 30 juin au 6 juillet. Programme complet sur le site mandolinmarseillefestival.com

  • Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Dimanche 7 juin, au pied d’un immeuble du quartier populaire de La Paillade, les « Cours dehors » ont fait leur retour dans une édition spéciale consacrée aux oraux du bac. Trois élèves de Première et trois de Terminale y ont présenté des sujets susceptibles de tomber en fin de mois : littérature pour l’oral de français, économie, sciences ou philosophie pour le grand oral.

    Un second rendez-vous est prévu dimanche 14 juin à 15h au Jardin des Plantes, pour poursuivre cette mise en partage des savoirs avec les habitants.

    Cette initiative s’inscrit dans PailladeCampus, projet porté depuis plus de cinq ans par Nourdine Bara avec l’idée de faire de La Paillade une école à ciel ouvert. « J’ai cette sensation que libérer les savoirs enfermés, libérer la jeunesse dehors, est de nature à réenchanter un tout petit peu nos vies, à transfigurer la ville, à lui amener ce qui lui manque d’espoir, ce qui nous manque de solidarité, ce qui nous manque de dialogue entre la jeunesse et le public », explique-t-il.

    Les élèves prennent ainsi la parole dans des parcs, sur des places, au pied des immeubles, devant les habitants, dans un cadre qui donne à l’exercice scolaire une portée collective.

    Jeunesse ambassadrice

    de savoirs

    Pour Nourdine Bara, l’école dehors telle qu’il la défend ne consiste pas seulement à déplacer les cours dans la nature. « On est vraiment dans une autre idée de relation à la ville, de relation aux habitants », souligne-t-il. À La Paillade, les jeunes sont placés « au cœur de la cité » avec une « fonction sociale » : partager des connaissances. « C’est une jeunesse ambassadrice de savoirs sur l’espace public », précise-t-il avec fierté.

    L’enjeu, insiste-t-il, dépasse la préparation scolaire. « J’aime l’idée que ces jeunes, qui vont présenter un devoir qui normalement est à usage unique devant un jury, trouvent à cet effort une autre gratification », confie-t-il. Dans la rue, ils peuvent éprouver « le plaisir très humain d’avoir intéressé des gens, d’avoir suscité des questions et des encouragements ». L’exercice peut aussi les aider à aborder l’oral « plus en confiance ».

    Mais Nourdine Bara place surtout son projet du côté du lien social : « Ce qui m’intéresse, c’est qu’il leur reste quelque chose qui grandit l’être qui est en eux. » Une ambition appelée à s’élargir dès la rentrée prochaine, avec la Maison de l’architecture de l’Occitanie Méditerranée : « On va travailler avec un urbaniste, des élèves en architecture, des concepteurs d’agora, pour déterminer dans la ville ces endroits où nous pourrions, comme à La Paillade, créer des lieux de rendez-vous récurrents où des jeunes, de tout-petits jusqu’à des universitaires, viendraient faire le partage de savoirs au micro. » À La Paillade, le savoir ne se récite plus seulement devant un jury : il se partage, dehors, avec toute la ville.

  • Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Sur le quai de la Fraternité, les étals des poissonniers paraissent bien maigres à côté de la trentaine de véhicules de nettoyage stationnés, ce vendredi matin. Le dispositif se veut imposant, déployé pour illustrer la capacité qu’ont la Ville et la Métropole à « décaper Marseille ».

    Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté, s’en félicite : « L’opération est faite à la demande du maire. C’est une nouvelle étape dans notre relation : la Ville et la Métropole vont pouvoir travailler main dans la main. »

    Sur le Vieux-Port, l’opération devrait durer 15 jours. « La question de la propreté est essentielle à Marseille, notamment durant l’été (…). Il y a un surplus de personnes, ce qui nécessite une action renforcée, expose l’adjoint. C’est la première pierre d’une opération qui va se prolonger au-delà du cœur de ville, pour pouvoir être réalisée dans d’autres secteurs. »

    Le coût du dispositif reste flou

    Devant les agents présents, Pierre Huguet, vice-président de la Métropole délégué à l’Amélioration du cadre de vie, martèle : « Vous l’avez compris, la volonté de la Métropole est de pouvoir mettre les moyens. » Par ailleurs, les élus promettent que de nouvelles machines de nettoyage arriveront d’ici quelques semaines.

    Cette opération propreté intervient dans un contexte budgétaire tendu, alors que la Chambre régionale des comptes vient de recommander d’importantes coupes dans les finances, dans la foulée du refus des élus de la Métropole de voter son budget (lire ci-dessus). Alors que le coût précis de ce dispositif reste pour l’instant flou, les élus tentent de rassurer : « Les chiffres correspondront à la réalité économique des Marseillais. »

  • AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    Elles et ils tiennent l’école inclusive à bout de bras, souvent dans le silence des couloirs, entre deux salles de classe, deux établissements, deux élèves aux besoins différents. Mardi 9 juin, les AESH ont quitté l’ombre pour prendre la rue. À l’appel d’une intersyndicale réunissant notamment FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud Éducation, les accompagnants d’élèves en situation de handicap se sont mobilisés partout en France, et fortement en Occitanie : à Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès, devant les rectorats, inspections académiques, sous-préfectures ou théâtres municipaux.

    Partout, le même cri sourd : assez de la précarité organisée. À Montpellier, environ 150 personnes ont défilé jusqu’au rectorat. Parmi elles, Clémence Simier, AESH depuis onze ans dans une école montpelliéraine. « Les AESH en ont marre d’être payés sous le seuil de pauvreté », résume-t-elle. À ses yeux, l’annonce ministérielle d’une possible fonctionnarisation limitée à 10 ou 20% des accompagnants ne répond en rien à l’urgence. « Nous, on veut que ce soit tout le monde. On veut un statut avec un salaire décent. »

    La précarité en héritage

    Dans l’académie de Montpellier, les AESH sont près de 8 000. Dans le Gard, environ 1 800. Un maillon devenu indispensable, mais maintenu dans une fragilité permanente : contrats incomplets, salaires autour de 1 000 euros, affectations mouvantes, manque de formation, temps de préparation invisible. À Béziers, une quarantaine d’AESH ont dénoncé des contrats imposés à 24 heures et des rémunérations sous le seuil de pauvreté. À Alès, même colère devant la sous-préfecture.

    Car derrière les sigles, il y a des vies cabossées par des fins de mois impossibles. À Montpellier, Sandrine Brunie, AESH depuis vingt ans, raconte un salaire de 960 euros mensuels, malgré deux décennies d’expérience. Elle accompagne 8 élèves en dispositif Ulis, passe d’une classe à l’autre, adapte, rassure, reformule, soutient. Un métier « humain », dit-elle, mais usant. Et surtout trop peu reconnu : « Sans AESH, les professeurs auraient beaucoup de mal à gérer les classes, quant aux enfants, ils seraient livrés à eux-mêmes, avec leurs difficultés. »

    À Nîmes, une trentaine de manifestants se sont rassemblés devant l’inspection académique avant d’être reçus par le Dasen. Ingrid Poitevin, AESH depuis 18 ans à Gallargues, décrit « des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader ». Elle raconte les élèves multiples, les changements d’établissement, le personnel traité « comme des pions ». Et prévient : « Le système manque de moyens et ne respecte personne : ni les AESH, ni les enfants et leur famille, ni les enseignants. »

    Un statut pour toutes

    et tous

    Au cœur de la colère, la généralisation des pôles d’appui à la scolarité, les PAS, inquiète fortement. Les syndicats redoutent une nouvelle couche administrative qui éloignerait les AESH de leur cœur de métier : l’accompagnement concret des enfants. Certains craignent aussi que l’individualisation des suivis disparaisse au nom d’une gestion comptable de la pénurie.

    Les revendications, elles, sont claires : création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous, temps complet reconnu, revalorisation salariale, formations qualifiantes et moyens humains à la hauteur des besoins. Une prochaine réunion ministérielle est annoncée le 17 juin. D’ici là, les AESH veulent maintenir la pression. Car dans les classes, chaque absence se voit aussitôt. Et ce sont les enfants les plus fragiles qui en paient le prix.

  • À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    « On ne manquera pas de s’étonner qu’un orage, phénomène atmosphérique ordinaire, particulièrement dans notre région, puisse faire fermer un EHPAD », regrette le syndicat Force ouvrière des retraités de Vaucluse dans un communiqué ce mardi 9 juin, en écho à la fermeture en urgence de la maison de retraite « L’Âge d’or » à Cucuron suite à un orage fin mai.

    L’endommagement du système de sécurité incendie a poussé l’ARS à décider d’une fermeture anticipée, alors qu’un arrêt était prévu initialement en 2029. « Plusieurs équipements associés à la sécurité incendie ont été impactés, notamment le déclenchement de l’alarme sonore, les portes coupe-feu et le dispositif de désenfumage », précise l’Agence régionale de santé. Les premiers résidents ont déjà pu déménager.

    « Dépérissement organisé »

    L’ARS précise que 22 des 28 résidents disposent d’une solution d’accueil et que « les recherches se poursuivent activement pour les six autres résidents, avec plusieurs visites d’établissements actuellement en cours ».

    Le syndicat estime de son côté que des « explications s’imposent ». Dans son communiqué, FO refait un historique des décisions de ces dernières années, entre travaux d’extension avortés et refus de nouveaux pensionnaires dans l’optique de fermer le site.

    Une partie de l’activité irait vers l’Ehpad de Cadenet, dont les travaux d’agrandissement sont en cours. Et que cette fermeture, « au-delà des explications techniques, s’inscrit dans le virage domiciliaire que l’ARS, au nom du gouvernement, et le Conseil départemental promeuvent », conclut le syndicat.

  • [Entretien] Justine Van Minden : « Carpentras a souffert de l’antisémitisme »

    [Entretien] Justine Van Minden : « Carpentras a souffert de l’antisémitisme »

    La Marseillaise : Quel est le but de votre association ?

    Justine Van Minden : C’est une structure fondée en 1992 dont l’objectif culturel est de faire rayonner la culture judéo-provençale. Car il est important pour nous de mettre en avant l’ancienneté de la présence juive sur le territoire. Pour rappel, on a trouvé des traces qui remontent à l’an 0. Et cette présence a été continue, contrairement aux autres endroits en France, même si ça a parfois, voire souvent, été compliqué. Mais il en reste beaucoup de traces, que ce soit dans la langue, dans la cuisine ou simplement dans le patrimoine, avec les nombreuses synagogues, dont celle de Carpentras qui est la plus ancienne en activité de France, et c’est un bijou patrimonial !

    Que souhaitez vous porter en tant que nouvelle présidente ?

    J.V.M. : On veut rayonner dans toute la région et ouvrir l’association à tous, pas seulement aux descendants de juifs du Comtat Venaissin ! Je descends du grand rabbin d’Avignon et il était progressiste. Il considérait par exemple davantage les femmes que d’autres et permettait aux filles de faire leur bar-mitsva, ce qui n’est pas commun. On veut donc se déployer dans toute la région et renouveler les membres, pour rajeunir un petit peu notre organisation, et donc créer plus d’événements. On va également davantage communiquer et refaire le site, qui est vieillissant. On est aussi présents à Aix-en-Provence et à Marseille avec des membres qui sont très motivés. Ou encore à Paris, où on a aussi des attaches.

    Est ce complexe dans le contexte actuel ?

    J.V.M. : On veut montrer que le judaïsme est quelque chose de constructif et ne pas le voir seulement sous le prisme de l’antisémitisme ou de la guerre au Moyen-Orient. Carpentras est une ville qui a souffert de l’antisémitisme et on n’oublie pas l’Histoire, évidemment. C’est aussi symbolique d’être élue ici et d’avoir tenu notre assemblée générale dans la synagogue.

  • Dans le Var, précautions de mise contre l’introduction de la rage

    Dans le Var, précautions de mise contre l’introduction de la rage

    Malgré sa réputation de mal d’un autre siècle, la rage continue de représenter un danger de nos jours, et ce jusqu’à chez nous. En 2025, 370 animaux domestiques (chiens, chats, furets…) ont été introduits illégalement dans le département en provenance de pays non indemnes de rage (pays du Maghreb et de l’est de l’Europe).

    Une situation à surveiller, car la maladie est 100% mortelle lorsque les premiers signes cliniques (anxiété, hypersalivation, agitation, troubles de la conscience, similaires à ceux des animaux) apparaissent, après une période d’incubation de un à deux mois : « Elle se transmet essentiellement par morsure, griffure, une brèche cutanée avec de la salive qui contamine la peau puis remonte les voies nerveuses par les nerfs périphériques », explique le docteur vétérinaire Laurent Magne. « Quand ça atteint le système nerveux central, la course est perdue. »

    D’autant plus que la maladie a récemment sévi en France : six personnes sont décédées entre 2017 et 2025 après avoir subi des morsures d’animaux à l’étranger, tandis que deux cas de chiens infectés (dans la Loire en 2015, et dans le Var en 2023) ont été recensés. Dans ce contexte, comme l’a rappelé mercredi lors d’un point presse la directrice départementale de la protection des populations Nathalie Guerson, il demeure impératif, « quand on ramène un animal de l’étranger, de s’assurer qu’il soit soumis à un vaccin homologué dans l’Union européenne, mais aussi dans l’autre sens, quand on emmène son animal dans des zones non indemnes ». Cela permettrait, selon le docteur Magne, de diminuer les risques de contamination « de 90-95%, même si le risque zéro n’existe pas ».

    De même, en cas de morsure par un animal à l’étranger – subie par un homme ou un animal -, il convient de réagir vite, « car c’est une course contre la montre », prévient Nathalie Guerson. « Même si on a été exposé au virus, le vaccin et l’immunité auront le temps de se mettre en œuvre. Il faut donc rapidement consulter un centre anti-rabique, bien savonner, désinfecter la plaie au moment de la morsure. » Des réflexes qui peuvent sauver des vies et éviter une potentielle épidémie.