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  • [Entretien] Charly Extra : « Le système de santé ne permet pas de répondre aux besoins »

    [Entretien] Charly Extra : « Le système de santé ne permet pas de répondre aux besoins »

    Charly Extra raconte à La Marseillaise son quotidien difficile de médecin de campagne, dans une zone très rurale, mais aussi les atouts de la vallée de la Blanche qui font qu’il a choisi de s’y installer et d’y rester.

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous installé en tant que médecin dans la vallée de la Blanche ?

    Charly Extra : J’ai fait tout mon secondaire et ma première année de médecine en Polynésie française, puis j’ai fait ma faculté à Bordeaux et mon internat à Marseille. Quand je suis arrivé ici, je connaissais très mal la ruralité et la vie à la montagne. Je suis arrivé à Seyne-les-Alpes par opportunité, à la fin de mon internat, en 2018, par jeu des connaissances : une médecin qui travaillait à Seyne cherchait des remplaçants. J’ai progressivement pris la suite d’un médecin qui partait à la retraite.

    Pourquoi avez-vous décidé de rester dans la vallée ?

    C.E. : J’ai aimé la pratique en milieu isolé, rural, parce que cela correspondait à l’image que je me faisais de la médecine générale, c’est-à-dire avoir un champ de compétences extrêmement large, de la pédiatrie jusqu’à la gériatrie, les imprévus, la traumatologie (une particularité liée à la montagne). Ce qui m’a fait rester, c’est le côté riche, humain de la pratique médicale ici, avec un contact proche avec les gens. C’est une petite communauté, on connaît presque tout le monde. J’ai aimé la qualité de vie, communautaire, avec les montagnes, la randonnée en itinérance. C’était un coup de cœur.

    Y a-t-il un manque cruel de médecin dans votre zone ?

    C.E. : Oui, il y a un cruel manque de médecins. Cela a récemment été reclassé en zone d’intervention prioritaire, ce qui n’était pas le cas quand je suis arrivé. Une médecin a quitté le cabinet, on n’est plus que deux, moi et mon collègue de 63 ans qui partira bientôt à la retraite, qui a des problèmes de santé et ne travaille plus avec la même intensité. C’est un désert médical, l’hôpital le plus proche est celui de Digne à 45km, c’est environ une heure en voiture. Je suis le seul médecin à faire des astreintes. Je dois avoir un grand niveau de disponibilité, la nuit comme le jour. On est très rapidement isolé. On doit pouvoir gérer des situations très graves seul, avec notre propre équipement.

    Devez-vous passer beaucoup de temps au volant dans le cadre de votre travail ?

    C.E. : Oui. Je travaille sur toute la vallée. On fait des visites à domicile une demi-journée par semaine. Le reste de la semaine, on reçoit au cabinet, en plus des visites imprévues après les journées de travail. On a 60% de programmé et 30% d’urgences. La zone est assez large, il y a beaucoup de route. On peut facilement faire entre 15 et 20 kilomètres pour une visite à domicile. En milieu urbain, je pense qu’ils ont des distances plus courtes.

    Comment peut-on attirer plus de médecins en milieu rural ?

    C.E. : Il faut que l’État investisse dans les services publics nécessaires en ruralité pour que les gens aient envie d’y vivre. Il faut des emplois pour les conjoints, des écoles pour les enfants. C’est très difficile de réussir à accéder aux médecins, il y a beaucoup d’intermédiaires avant. Pour attirer, il faut lutter contre le sentiment de solitude au travail, de se sentir facilement en danger car on se sent trop seul face à des problématiques importantes. Pouvoir faire appel à un confrère dont c’est le domaine lorsqu’on commence à être dépassé par la situation peut être une solution.

    Est-il compliqué pour vos patients de voir des médecins spécialistes ?

    C.E. : On fait partie des départements les moins peuplés de France, l’offre de spécialistes est plus faible qu’ailleurs, il y a des délais importants. Cela demande un dépassement de fonction, du temps de travail supplémentaire. Parfois, on doit demander à nos patients de parcourir de grandes distances, d’aller jusqu’à Marseille. La politique sur les transports liés à la santé n’est pas du tout adaptée aux particularités des territoires. Quand vous avez une vieille dame qui n’a pas de famille dans le coin et qui n’a pas le droit à une prise en charge de son transport alors qu’elle est presque aveugle et que c’est dangereux pour elle de prendre la route, on se retrouve à devoir trouver quelqu’un pour l’accompagner.

  • Amiante dans des écoles : le livre noir de FO en Vaucluse

    Amiante dans des écoles : le livre noir de FO en Vaucluse

    Dans les locaux vauclusiens de Force ouvrière, à Avignon, les responsables syndicaux de l’éducation diffusent, sur un mur, deux images d’un même escalier abîmé d’une école primaire de la Cité des Papes : l’une prise en 2020 et l’autre il y a quelques jours. « Une entreprise a identifié que la colle utilisée pour coller les carreaux contient de l’amiante et nécessite une intervention car des poussières toxiques peuvent en émaner. Et six ans après, rien n’a été fait », souffle Blaise Laurent, co-secrétaire départemental du Snudi-FO éducation dans le premier degré.

    Une illustration afin d’alerter sur une problématique plus globale dans le département. En se plongeant dans les dossiers de chaque établissement scolaire du Vaucluse, les représentants syndicaux ont identifié 308 écoles, collèges ou lycées « dans lesquels la situation n’est pas vérifiable par les élus du personnel ». Avec précisément 190 où « il n’y a rien dans la base de données » et 118 où « le dossier technique est incomplet car les dossiers sont antérieurs à 2013, donc pas conformes à la loi qui a été durcie en 2012 », précise FO. Et même 30 établissements où des travaux ont été préconisés par les services, mais dont la mise en règle ne peut être vérifiée.

    Pour y répondre, FO demande, par la voix de son secrétaire général Étienne Raoul, « un vrai plan de désamiantage, la mise à jour des dossiers techniques des établissements, un vrai suivi du personnel actif et des retraités et une reconnaissance de possible contamination facilitée ». Contactée, la Direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à notre sollicitation.

    Poussière toxique

    L’élément déclencheur a été un cas d’exposition à des poussières amiantées, en 2024, dans le lycée professionnel de l’Argensol, à Orange. Charles Boulanger, enseignant dans l’établissement et représentant syndical FO, témoigne de « travaux sur les éclairages qui ont dégagé énormément de poussières, respirées par les élèves et le personnel ». Conscient d’une potentielle présence d’amiante sur le site, le responsable syndical demande un droit de retrait. Des analyses ont finalement confirmé un taux 20 fois supérieur à la limite tolérée. « On cherche maintenant à faire reconnaître cette exposition, mais c’est un combat », poursuit le professeur.

    « On ne fait que nous dire que le désamiantage, ça coûte très cher. Mais on s’en fout, la santé des personnels et des enfants devrait être la priorité. L’employeur a des devoirs. On ne nous fera pas pleurer pour les coûts, mais bien pour les collègues qui meurent », clame Jacques Fassié, ex-instituteur et représentant des retraités chez FO.

  • Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Jeudi après-midi, six des neuf salariés de l’Hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer étaient réunis à la Bourse du Travail, entourés d’une douzaine de syndicalistes de l’UL CGT, pour parler de leur situation. Ceux-ci expliquent ne plus être payés depuis novembre dernier. Une situation qui interroge au vu de la situation de l’établissement, « qui a plus de 30 ans d’existence et qui a toutes les raisons de fonctionner. La question est donc : pourquoi ne tourne-t-il plus ? », interroge Marc Louis, secrétaire général de l’UL CGT la Seyne, qui rappelle que celui-ci accueille « des salariés qui travaillent dans la zone, des personnes en transit… Il y avait une vingtaine de chambres réservées pour l’accueil des réfugiés également, mais depuis que le directeur a repris l’hôtel, c’est terminé. On ne sait pas si c’est lié à lui, mais ça change au niveau de l’équilibre financier ».

    De premiers retards de paiement auraient ainsi été relevés à partir de juillet 2025, quelques semaines après la réouverture de l’établissement suite à des travaux. La situation se serait aggravée, jusqu’à l’absence totale de paiement. Face à leurs inquiétudes, le directeur de l’hôtel leur avait pourtant donné des garanties, affirment les salariés. Ceux-ci auraient même reçu des chèques, qui se sont avérés être sans provision. Sans salaire depuis plusieurs semaines, ils ont alors décidé de cesser de travailler, et se trouvent actuellement tous en arrêt maladie. « Leur objectif est de récupérer leur salaire. Certains sont obligés de se surendetter pour payer leurs loyers, et vont perdre leur logement », se désole Marie Claude Latour, secrétaire adjointe de l’UL CGT.

    Rendez-vous au tribunal de commerce le 19 février

    Pour ce faire, des procédures juridiques ont été lancées, et l’inspection du travail alertée. Mais livrés à eux-mêmes et sans représentants du personnel (il faudrait, pour en nommer un, avoir onze salariés), les employés peinent à faire valoir leurs droits : « En maladie, ils perçoivent la moitié du salaire qui n’est déjà pas élevé. Où en est la prévoyance ? Ce patron agit dans son intérêt particulier. Il n’informe ses salariés sur rien : sur quand ils vont être payés, sur la question de la prévoyance… », déplore Marc Louis, qui se demande comment un hôtel de 70 chambres « peut continuer de fonctionner sans personnel », celui-ci étant encore ouvert à l’heure actuelle.

    De son côté, le directeur de la franchise annonce une imminente cessation de paiement. Un rendez-vous est prévu au Tribunal de Commerce le 19 février. Les salariés seront pris en charge par le régime de garantie des entreprises (AGS). « Si je fais ça, c’est pour qu’eux soient payés. C’est moi qui vais les payer sur mon redressement judiciaire », justifie-t-il, affirmant avoir payé les salaires « jusqu’au 31 décembre ». Il accuse également son personnel de « fraude » concernant les arrêts maladie. « Comme des dizaines de milliers d’entreprises, la mienne est en difficulté. Depuis qu’on est dans la m…., tout le monde se barre, nous sabote. Ma femme a la tête dans la machine à laver car on n’a plus de personnel », explose-t-il.

  • Alerte sur une « catastrophique » baisse de financement de la formation à la Région

    Alerte sur une « catastrophique » baisse de financement de la formation à la Région

    Ce vendredi matin, seules deux délibérations sont inscrites dans l’ordre du jour minimaliste du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. En pleine campagne des municipales, l’institution doit en effet débattre de ses orientations budgétaires pour l’année. Un débat qui avait été repoussé l’année précédente faute de budget adopté au Parlement. Passé au forceps du 49.3, celui-ci tombe avec de nouvelles coupes budgétaires pour la Région.

    « Nous étions, l’année passée, avec un M. Barnier qui nous avait fait une saignée pour nos territoires, nous sommes partis avec la même musique avec M. Bayrou », déplore le président (Ren.) de la collectivité, Renaud Muselier. Les mesures du projet de loi finances se traduisent ainsi par un manque de recettes de 51,5 millions hors investissement pour la Région. « On garde notre ligne de conduite, celle de la Cop d’avance : réindustrialisation, décarbonation, innovation et opérations d’intérêt régional », notamment pour l’industrie militaire, promet son président, qui souligne les investissements pour les Jeux d’hiver 2030, pour le rail. En coupant dans les « doublons ».

    Désengagement de l’État

    Face à cette situation, le Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) pointe, dans un avis publié jeudi, « une dégradation prévisible de certains indicateurs financiers ». La dette de la Région va passer de 3 milliards d’euros fin 2024 à 3,5 milliards en 2026, loin cependant de la cote d’alerte.

    « Les trois derniers exercices budgétaires ont été marqués par des baisses conséquentes du budget consacré à la formation professionnelle, qui ont eu pour conséquence la disparition d’un certain nombre d’organismes », déplore surtout l’institution consultative. Et d’alerter : « Une nouvelle baisse serait catastrophique pour les publics comme pour les entreprises. » Cela vaut en particulier pour les professions du sanitaire et du social. « L’absence de visibilité sur le maintien des engagements de l’État au titre du Ségur implique nécessairement un ajustement de la carte des formations, après plusieurs années de hausse très significative », explique le rapport d’orientations budgétaires. Après une coupe de 4,3 millions d’euros en 2025, la dotation devrait encore reculer de 3,1 millions d’euros. « On a fixé un plan avec l’État, et l’État se désengage ! » déplore Renaud Muselier. Pendant que les besoins, sur le territoire, restent de plus en plus criants.

  • La Plateforme en démo culture au Dock des Suds

    La Plateforme en démo culture au Dock des Suds

    La Grande Démo, dès le 10 avril, est cette journée portes ouvertes avec conférences, ateliers pratiques, lab immersif et live coding pour décoder et questionner les usages numériques. Mais aussi, des rencontres cinéma, un forum de la cybersécurité et un festival de l’IA.

    Le dock des Suds désaffecté avait trouvé une vocation culturelle populaire et viré à la Fiesta, dès 1992, entre les mains de Latinissimo. Pour l’essentiel, la grande entrée et son lustre à pampilles, la salle des sucres ou le cabaret sont restés dans leur jus. Une partie du grand hangar a été en partie aménagée avec des conteneurs pour des salles de classe et des open spaces pour l’école. Mais « que faire de ce truc en plus ? », avoue s’être interrogé Cyril Zimmerman, quand Euromed lui a proposé d’investir le site en attendant la fin de la construction de La Plateforme dans les friches de Cazemajou. La réponse se situe entre la continuité du site et son avenir dédié au numérique pour cet entrepreneur du top 20, cofondateur de La Plateforme : « On propose plus qu’une école, une expérience. »

    Alignement des étoiles

    Responsable de La Plateforme-events, Bertrand Brême avait déjà commencé à « faire revivre » le site en musique en accueillant le Grand Bazar du Turkistan ou Phocéa Rock. Les partenariats continuent. Et évoluent en mixant les genres. Les 27 et 28 mars, place au 7e art avec Marseille fait son cinéma, des rencontres en tables rondes, ateliers initiatiques, panorama de la filière audiovisuelle, diffusion de courts-métrages, avec entre autres invités, le réalisateur Robert Guédiguian. « Une édition zéro pour se réjouir d’un alignement des planètes sur le secteur marseillais comme on n’en avait pas vu depuis longtemps », se félicite William Benedetto. Le directeur de l’Alhambra prendra toute sa place arts et essais aux côtés de la cinémathèque française dans le projet de campus.

    Deux forums et festival également au menu des réjouissances. Le 11 juin la deuxième édition du forum Méditerranéen de la cybersécurité pour faire dialoguer acteurs publics, chercheurs et étudiants autour d’enjeux dans un contexte de tensions numériques croissantes. À l’automne, la troisième édition du Forum méditerranéen de l’IA s’inscrit dans la volonté de La Plateforme de « faire du numérique un sujet de compréhension collective et de débat public ». L’IA aura aussi son festival dédié, MarseAI, les 19 et 20 juin avec l’image au cœur des découvertes en projection de films générés par l’IA et une clôture festive.

    Après deux années de préfiguration du futur campus, quelle vocation pour le Dock des Suds ? Euroméditerranée reste maître à bord.

  • À Sisteron, la gauche s’unit autour d’une liste citoyenne

    À Sisteron, la gauche s’unit autour d’une liste citoyenne

    Solidarité, écologie, justice sociale, protection des services publics… à Sisteron, de « grandes figures de la gauche locales » se sont regroupées autour de valeurs communes pour créer une liste citoyenne d’union de la gauche, « Demain Sisteron ! », explique Sasha Quiles, 25 ans, huitième colistier. « Notre idéologie partagée est le socialisme au sens large », avance le jeune syndiqué CGT.

    Une réunion publique, début octobre, a marqué le véritable point de départ de la liste. « On s’est mis d’accord sur des grands points, comme le fait de déclarer que nous étions apartisans, note Sasha Quiles. On n’a pas eu de tensions : on est assez détachés du national, on n’a pas de querelles de chapelle. » Il ajoute : « Tout se fait de manière démocratique et horizontale. On a chacun nos opinions personnelles, mais au niveau de Sisteron, on est tous d’accord, tout a été fait avec concertation. »

    Les colistiers ont déterminé cinq points principaux pour leur programme. D’abord, recruter des médecins salariés pour renforcer une offre médicale jugée insuffisante au regard de la population. Les candidats sont déjà en contact avec des praticiens intéressés par cette proposition. L’objectif est de leur fournir des locaux et un service de secrétariat qui leur permettrait de se concentrer sur l’aspect médical. « Cela les soulagerait de la partie administrative de leur travail », avance Sasha Quiles.

    Rouvrir les urgences

    « On a un gros souci au niveau des urgences, qui sont fermées très régulièrement en raison d’un manque d’effectifs, de budget et de financements au niveau national », explique le colistier. Les candidats de la liste « Demain Sisteron ! » s’engagent à faire pression pour rouvrir ces urgences.

    La deuxième proposition vise à améliorer l’offre bio et locale dans les cantines scolaires et à instaurer une tarification en fonction du quotient familial.

    Troisièmement, la liste souhaite créer une maison des associations pour fédérer les structures locales, leur offrir des lieux d’accueil et mutualiser les équipements.

    Quatrièmement, elle prévoit un réaménagement urbain pour sécuriser les déplacements piétons et encourager l’usage du vélo. Enfin, les candidats veulent « mettre en place deux lignes de bus reliant le centre-ville aux quartiers périphériques et à la zone commerciale », explique le huitième colistier.

    Samedi, les colistiers organisent un grand porte-à-porte dans le quartier de Beaulieu pour présenter leur programme. Dans ce quartier « abandonné », excentré, historiquement construit pour accueillir des familles harkies, une partie de la population est « laissée de côté », selon Sasha Quiles. Il s’agit d’ailleurs de l’un des quartiers les plus pauvres de Sisteron, selon l’Insee. Un grand meeting festif de fin de campagne est par ailleurs prévu, le vendredi 6 mars, à la salle Alain-Prieur.

    Le binôme qui mènera la liste pour les municipales sera composé de Zoé Lerouge, 32 ans, professeure d’histoire géographie syndiquée et membre d’un collectif féministe, et d’Olivier Jourdan, 35 ans, coordinateur régional d’une association de développement local. Dans le reste de la liste, on retrouve des conseillers syndicaux, des agriculteurs, des retraités, une pharmacienne, un ingénieur ou encore une directrice artistique et électricienne.

    « Je me suis engagée dans cette liste pour être au plus près des besoins des habitants les plus précaires », mais aussi pour « porter une attention particulière à l’écologie et à la lutte contre les discriminations », souligne Zoé Lerouge.

    Les deux autres listes concurrentes sont issues de la majorité du maire actuel, Daniel Spagnou, ancien LR âgé de 84 ans, maire depuis 43 ans, qui ne se représente pas.

    Porte-à-porte samedi 14 février à 14h, quartier de Beaulieu, à Sisteron.

  • Pour Olivier Faure, « Avignon doit être un rempart à l’extrême droite »

    Pour Olivier Faure, « Avignon doit être un rempart à l’extrême droite »

    Si depuis septembre, David Fournier (PS) accumule les soutiens de différents partis de gauche – dont le PRG dernier en date, lire ci-contre – l’adjoint au maire sortant était en famille, ce jeudi soir, lors d’une réunion publique à la salle Saint-Jean. Sa maman et ex-députée Michèle Fournier-Armand était là, mais c’est surtout sa famille politique qui était à l’honneur. Olivier Faure, premier secrétaire national du PS, était là, tout comme le premier fédéral Lucien Stanzione, et Cécile Helle. Une première publique pour la maire socialiste depuis qu’elle a officialisé son soutien à David Fournier.

    « Cela n’a pas été simple, mais celui qui a insufflé la dynamique de rassemblement au sein de la majorité et au-delà, c’est David, redit-elle. Il a les qualités pour être un leader et animateur. » « Il ne sera pas un Jupiter local et vous consultera », loue Olivier Faure. Proximité, humanisme, autant de qualités louées envers David Fournier. Face notamment aux autres candidats qui ne seraient pas assez Avignonnais, comme Olivier Galzi « inscrit sur les listes électorales depuis septembre », pique le candidat. « Avignon ne peut pas être un lieu de one man show, on ne s’improvise jamais maire, il faut avoir cette capacité à ressentir les gens parce qu’il connaît votre quartier », analyse Olivier Faure. « David connaît Avignon comme sa poche, c’est une qualité essentielle que de vivre dans la ville dans laquelle on se présente et que l’on peut mesurer charnellement », embraye Cécile Helle.

    « Avignon mérite mieux que l’extrême droite et des aventuriers de la politique », poursuit David Fournier, qui a redécliné quelques axes de son programme, car « rien n’est gagné d’avance », prévient Lucien Stanzione. Dans une campagne, se prétendre le plus local ne fait pas un projet, Cécile Helle appelant à « être dans la continuité ». La maire souhaite entendre les prétendants sur « l’école, la jeunesse » et le devenir de ses mesures comme la gratuité du périscolaire, la baisse des tarifs de la cantine ou l’accès au sport et à la culture. « Nous sommes fiers d’avoir mené une politique de gauche qui n’a laissé personne au bord du chemin », défend-elle.

    Après avoir salué « l’élégance » de Cécile Helle qui « a fait le choix de transmettre plutôt que de mourir sur scène », Olivier Faure insiste aussi sur les différences entre gauche et droite, voire extrême droite. « Si Avignon bascule, ce serait un symbole délétère pour le reste du pays, vous êtes une ville de remparts, soyez un rempart face à l’extrême droite », implore le patron des socialistes, présent encore ce vendredi à Avignon.

    Le PRG en ultime soutien

    C’est « le dernier ralliement », annonce David Fournier (PS) ce jeudi : le parti radical de gauche (PRG) de son président vauclusien, Pierre Maurel, « qui sera adjoint », précise David Fournier. Il voit dans cet appui, « plus qu’un représentant d’un parti, une caution morale ». Un soutien en forme de pied de nez final aux adjoints sortants et ex-prétendants, Joël Peyre (PRG) et Paul-Roger Gontard (La Convention), qui se sont retirés de la course, sans intention de vote. « À partir du moment où Joël a abandonné, il fallait poursuivre le rassemblement, seule la gauche républicaine peut permettre d’éviter le RN et la droite dure », justifie Pierre Maurel. Qui écarte toutefois tout rapprochement avec LFI au second tour. « C’est une ligne rouge, mais d’abord pensons au 1er tour », enjoint Pierre Maurel, candidat aux municipales en 2008 et 2014 sur des listes Modem-centre droit. « Cessons de faire de la politique-fiction, on discutera de manière collégiale », martèle David Fournier.

  • Alain Hayot : « La priorité nationale est un projet d’apartheid »

    Alain Hayot : « La priorité nationale est un projet d’apartheid »

    « Lorsqu’en 1995, les 3 villes de Toulon, Orange et Marignane, puis Vitrolles en 1997, sont prises par le Front national, le slogan du parti était “Tête haute, mains propres” », rappelle Pascal Brun pour la Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex). Slogan repris en 2011 par Marine Le Pen, elle-même, précise-t-il, alors que depuis les jugements de cour avaient mis à jour une tout autre réalité. Et le bilan des municipalités d’extrême droite montre quelle piètre interprétation se donnent ces idéologues affairistes du bien commun une fois aux manettes.

    Et le Var, où après Toulon en 1995, les villes de Fréjus, Cogolin et Le Luc tombent dans leur escarcelle en 2014, en donne une sinistre illustration.

    La Cour régionale de comptes (CRC), dans son rapport de 2002, pointe dans les quatre cas des dérives financières, une gestion chaotique des marchés publics, des frais de représentation abusifs, des dépenses à caractère personnel et un recrutement de cadres inexpérimentés effectués dans le sérail. Une gestion qui les font toutes sortir exsangue de cette période.

    Des condamnations

    Pour ce qui est des condamnations des maires, c’est encore pire. Celui du Port du Levant Jean-Marie Le Chevallier écope en 2001 d’un an de prison avec sursis, pour détournement de fonds publics et abus de confiance. Mais aussi d’un an de prison avec sursis, et 5 ans d’inéligibilité pour subordination de témoins dans l’affaire Poulet Dachary, son ancien adjoint et directeur de cabinet qui avait trouvé la mort en 1995.

    Sinon, l’ex-maire de Cogolin Marc-Etienne Lansade (FN puis Reconquête) vient de ramasser en juillet 2025 trois ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, 18 mois de prison avec sursis, pour abus de faiblesse. Pas très glorieux tout ça. Sans compter qu’à Fréjus, rappelle le syndicaliste, David Rachline est sous le coup d’une enquête du parquet national financier sur des faits présumés de favoritisme concernant l’attribution de marchés publics.

    Et de conclure : « Les Varoises et les Varois ont déjà testé le poison de l’extrême droite. Et ce n’est pas en se présentant sans étiquette à Toulon que la députée RN Laure Lavalette fera oublier le parti dont est issue. »

    « Il est grand temps aujourd’hui de reprendre l’offensive sur le plan culturel », développe ensuite Alain Hayot. Pour le sociologue auteur de Face aux nouveaux monstres, le sursaut (Les éditions L’Humanité), il est urgent de démonter les faux arguments de l’extrême droite repris aujourd’hui par une grande partie de la droite qui s’appuient sur le thème de la priorité nationale, pointant l’immigration comme cause de la crise. « Une thèse complètement ahurissante et erronée qui attribue aux immigrés tous les malheurs du monde », dénonce-t-il.

    Et de plus, précise le socio-anthropologue, « les immigrés dont on parle ce sont des Français depuis plusieurs générations ». Ça veut dire, poursuit-il, que « le thème de la priorité nationale, est clairement un projet d’apartheid ». Et de rappeler à quoi tout cela renvoie : « L’idée qu’il existe deux catégories de Français : “les Français de souche” et “les Français de papier”, le terme réutilisé par Retailleau, remonte à Charles Maurras au tout début du XXe siècle pour désigner les Juifs. » On sait comment cela s’est terminé.

  • À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    « Nous voulons interpeller les candidats sur la place qu’ils font à ce sujet majeur, désormais première source de dépenses des Français », écrit, dans sa lettre ouverte envoyée la semaine dernière, le groupe logement solidarité Aubagne. Le courrier a été adressé aux candidats Gérard Gazay (LR), maire sortant, Mohammed Salem (SE), Giovanni Schipani (SE), Jean-Pierre Squillari (gauche, citoyens et écologistes), et Elodie Malek (LFI). À Aubagne, ville de 47 529 habitants, les problématiques de logement sont bien identifiées par ce groupe, créé il y a deux ans. Ce jour-là, autour de la table, figurent Roland Bourglan, référent à Aubagne de la Fondation pour le logement (anciennement Abbé Pierre), Christine Vandrame, Carmen Heuman, Cristel Migliaccio.

    « Le besoin local est immense »

    Et la situation est plutôt effrayante. Si la ville se trouve dans les clous du taux de logement social voulu par la loi, avec 27,4% et 5 500 logements sociaux selon le groupe ; 60% des demandes à Aubagne le sont « pour du logement très social, pour un public en grande précarité, dont les revenus sont en deçà de 13 000 euros par an », éclaire Roland Bourglan. Par ailleurs, 72% des Aubagnais sont éligibles au logement social. « Le besoin local est immense : 10 000 demandes de logement en cours à Aubagne, dont un peu plus de 3 000 concernent le logement social », cite Christine Vandrame. Aussi la lettre interroge : « Quel type d’offre de logements sociaux avez-vous l’intention de favoriser, en direction de quelle population ? » L’autre problématique majeure est celle du logement indigne. « Aubagne compterait le chiffre record de 21% de logements privés potentiellement indignes, soit environ 2 700 logements sur la ville », expose la lettre. Dans « logement indigne », on trouve le péril (danger pour la vie), et l’insalubrité (danger pour la santé). D’où la question aux candidats : « Quelles sont vos préconisations ? » Reste « le scandale des familles sans solutions de logement », épingle le groupe. Ils seraient 40 à 60 dans la ville, qui dorment dans la rue, dans des voitures ou des abris de fortune. Ouvrir une pension de famille serait une solution pour héberger, de façon pérenne, des personnes qui ne peuvent pas vivre seules. Gérard Gazay tout comme le candidat Jean-Pierre Squillari en souhaitent une. Le groupe voudrait savoir où elle serait localisée. Encore faudra-t-il se pencher sur le cas des personnes en situation de mal logement extrême.

  • À Port-de-Bouc, Laurent Belsola veut bâtir « la ville de demain »

    À Port-de-Bouc, Laurent Belsola veut bâtir « la ville de demain »

    Une équipe « ouvrière, populaire, ancrée et non parachutée ». C’est ce qu’a présenté le maire sortant qui brigue un second mandat, Laurent Belsola, salué par le conseiller municipal qui repart à ses côtés, Gilbert Caneri, devant une salle Youri-Gagarine comble et acquise à sa cause, jeudi.

    Comme lui, ils sont 18 de l’ancienne majorité à s’engager de nouveau pour écrire cette « nouvelle page ». Laurence Casandri, conseillère municipale déléguée au handicap et aux droits des femmes, figure en deuxième position de la liste et fera de l’inclusion son cheval de bataille. Son premier combat : « L’ouverture d’une classe Ulis [unité localisée pour l’inclusion scolaire, Ndlr.] collège. » Patrice Chapelle reprendra la délégation de la culture. Floriane Sotta, David Guiot, Martine Muller et Akrem M’Hamdi complètent le haut de liste, suivis de Cathy Vaxès, petite fille de l’ancien maire de 1990 à 2005, Michel Vaxès. La directrice de la mission locale veut mettre ses « compétences » et son « réseau professionnel au service des administrés et notamment des jeunes administrés pour favoriser leur émancipation, faciliter leur accès à l’emploi et à l’autonomie ».

    Parmi les autres visages connus qui complètent la liste, Naïma El Ghazzar, très impliquée dans le club de plongée et à la SNSM, Éric Jovenet du chantier naval, ou encore Matthieu Perfetti, qui fait rayonner la commune pendant Noël avec les illuminations qu’il installe dans son jardin.

    La santé comme priorité

    En cas d’élection, cette nouvelle équipe entend poursuivre le travail engagé depuis des années par les différentes majorités communistes. Laurent Belsola l’annonce : « La santé n’est pas une compétence municipale, mais ce sera notre priorité pour le mandat. » Le maire-candidat explique avoir d’ores et déjà racheté le centre Michel-Borio, autrefois centre de la mutualité Oxance, pour un euro symbolique, et dit vouloir le redynamiser « pour que l’hôpital de Martigues puisse s’y déployer »  : « Les discussions sont très avancées. » La liste emmenée par Laurent Belsola entend convertir les locaux de l’ancienne Caisse primaire d’assurance maladie en résidence senior.

    L’équipe veut s’atteler à continuer de « recoudre la ville », avec la fin des réhabilitations des quartiers prioritaires Bellevue, la Lèque et les Aigues Douces et la requalification de la RN568 en boulevard urbain. Mais aussi en renforçant l’attractivité avec le développement du tourisme culturel et industriel, la mise en place d’un village de Noël gastronomique en lien avec les restaurateurs, la rénovation des bâtiments du Respelido pour y installer un nouveau commerce de proximité ou le déplacement des sardinades vers le port pour créer un ensemble avec les artisans de bouche.

    Enfin, côté tranquillité publique, la liste de gauche compte se battre pour obtenir un commissariat mixte abritant la police municipale, mais aussi un détachement de la police nationale de Martigues. Les projets sont nombreux, mais l’équipe est motivée.