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  • Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Tous à l’arrêt, jeudi ! Pour les salaires, pour de meilleures conditions de vie ! Tous dans la rue, jeudi », clame Sabrina Manca, postière et secrétaire de l’UD CGT 13 depuis un an. À la gare Saint-Charles, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône prépare la mobilisation nationale de jeudi. « L’électricité augmente, pas mon salaire », peut-on lire sur l’affiche placardée au mur, juste à côté. Installés à un point stratégique entre les quais des trains et la station de métro, les cégétistes profitent de ce passage très fréquenté pour distribuer leurs tracts au flux ininterrompu de voyageurs.

    Le tractage de ce lundi matin cherche à visibiliser et détailler les motivations de la mobilisation de jeudi. « Aujourd’hui, on a trois points de distribution dans tout Marseille, un à Gèze, un à la Blancarde et un ici à Saint-Charles. Le but, c’est vraiment de faire connaître au plus possible l’action de grève, et expliquer aux travailleurs en général, pourquoi on se bat et pourquoi ça va être important de sortir dans la rue ce jour-là », précise Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13.

    Rapidement, des dizaines de tracts transitent des mains des militants CGT à celles des passants. « C’est une heure de pointe, donc ça va très vite avec tout ce monde. L’objectif, c’était de viser les travailleurs. C’est pour ça qu’on est venu aussi tôt », confie Sabrina Manca, qui milite « depuis toujours ».

    Une journée

    d’une importance capitale

    Marc Pietrosino insiste sur le caractère décisif de la mobilisation de jeudi : « C’est le début de quelque chose. Là, on a un budget qui se prépare, qui est un budget de guerre sociale. Il y a des mobilisations un peu partout : citoyennes, lycéennes, étudiantes… Pour l’instant, elles n’obtiennent que la répression comme seule réponse. Donc, nous, en tant qu’organisation du travail, il faut qu’on réussisse à mettre le pays à l’arrêt, qu’on fasse un véritable bouclage de l’économie afin de se faire entendre, puisque visiblement le gouvernement ne comprend que ça ».

    Il souligne, par ailleurs, le bon accueil reçu de la part des salariés, dont l’implication est nécessaire afin de donner plus de poids au mouvement : « Il y a des signes qui sont très positifs. De manière générale, on a pas mal d’arrêts de travail qui tombent. Donc, on a des raisons de croire que ça peut être une journée assez énorme ».

    Les militants ont parfaitement conscience de la nécessité, pour eux, de faire le lien entre les travailleurs. « Dans leur vie de tous les jours, les gens se concentrent sur la façon dont ils vont payer leurs factures. Mais les salaires et les conditions de travail sont déplorables et ne s’améliorent pas. Dans le même temps, le Rassemblement National vote contre l’augmentation du Smic. C’est donc important de leur rappeler pourquoi on fait ça, ils ont besoin de l’entendre », affirme Sabrina Manca.

    Les cégétistes mobilisés se réjouissent des réactions des passants, qu’ils espèrent voir venir grossir les rangs de la manifestation de jeudi. « Je trouve les gens vachement réceptifs, c’est pas toujours comme ça. J’ai croisé plusieurs personnes qui m’ont dit : “on est avec vous, on sera dans la rue jeudi“. Le tractage fait son effet, on ressent une vraie volonté des travailleurs de répondre à l’appel du 5 », poursuit la postière, alors qu’une dame souhaite « bon courage » aux militants, au moment de saisir son tract.

  • Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    On se retrouve tous ensemble jeudi pour la grève contre la vie chère ! Ça concerne tout le monde ! » Devant les portes de la station de métro de Sainte-Marguerite Dromel, dans les quartiers sud de Marseille, plusieurs militants communistes donnent de la voix pour la distribution de tracts du jour. « La colère est légitime, la réponse doit être sociale », est imprimé sur les plusieurs centaines de feuilles qui partent en quelques dizaines de minutes. À la criée, Selma, militante du 10e arrondissement, donne le lieu et l’heure de la manifestation marseillaise à venir. « La vie chère, on est tous concernés par le problème. Le mouvement de grève est pour les retraites, pour des conditions de travail dignes et des études dignes », lance-t-elle à tire-larigot. D’un sourire ou d’un signe de tête, les passants prennent volontiers le tract estampillé PCF.

    Dans la plupart des cas, l’échange ne dure que quelques secondes mais certains curieux s’arrêtent et échangent avec les militants. Un jeune qui est au lycée professionnel César Baldaccini lit le tract avec attention après qu’Erwan, militant du 9e arrondissement, lui a confirmé le soutien du PCF au mouvement lycéen. « Fallait bien qu’on se fasse entendre mais c’est pas encore assez », juge le jeune. Avant de développer : « Les horaires, c’est impossible. On n’a pas de vie. » « On veut aussi supprimer la réforme Blanquer et Parcoursup », répond Erwan. Mais le sujet du jour est bien l’invitation à la manifestation de ce jeudi. « Ma mère ne voudra pas que j’y aille mais je vais venir quand même », poursuit le lycéen. « La manif va être sécurisée avec les syndicats », rassure Erwan. L’échange continue quelques minutes, le premier appelant à « arrêter de consommer » quand le militant communiste fait de la pédagogie : « C’est justement l’objet de la grève, arrêter l’économie. » Véronique, la secrétaire de la section du 10e arrondissement, confirme le bon accueil global du jour : « Aujourd’hui, les gens prennent les tracts assez volontiers. On sent un soutien, on sent que ça leur parle. »

    Des milliers

    de tracts distribués

    Même ceux qui refusent les tracts d’un geste de la main restent cordiaux. « Les refus vont rarement jusqu’aux insultes », confirme Florian Le Pape, militant de la section du 10e. Manque de chance, quelques instants après, un retraité refuse avec véhémence et lance « Si j’étais flic… » en mimant des tirs de fusil avec ses mains. Le militant communiste ne désarme pas : « C’est grâce aux communistes que vous avez une retraite ! » Le belliqueux repartira en baissant la tête et en marmonnant dans sa barbe. Pas de quoi enrayer l’ambiance bon enfant de la distribution ni son efficacité : les 500 tracts du soir sont partis comme des petits pains. L’initiative s’inscrit d’ailleurs dans un déploiement plus global de maintes sections communistes cette semaine : la veille, les militants du 8e arrondissement de la ville, ont fait de même du côté du Prado et ont distribué « 1 500 tracts ». Le matin même, c’était ceux du 2e arrondissement qui étaient sur le pont de l’autre côté de la ville.

  • [Afecioun] À Saint-Gilles, le Gland d’Or pour Lucas Lopez

    [Afecioun] À Saint-Gilles, le Gland d’Or pour Lucas Lopez

    Malgré un mistral pour rafraîchir l’atmosphère, cette course a bénéficié d’une belle entrée avec une affiche attirante et au bout du compte tous les cocardiers se sont distingués avec un plus pour Hermès. Côté raseteurs, Lopez a mené les débats avec constance. Félix et Leal ont eux aussi apporté leur touche à l’édifice au sein d’une équipe de huit, 4 de chaque bord.

    1) Quartz (362) de Chauvet

    À l’heure tout de suite, il se distingue dans de belles séries avec l’aide de Cadenas, avant de finir sur la retenue. Six fois la musique.

    2) Lucullus (109) de Cuillé

    Le vétéran de la course va beaucoup bouger sans oublier de taper dans les arrivées derrière les droitiers Lopez et Cadenas. Il s’envoie après Boualam avant de casser les planches sur Lopez. Pour 6 récompenses.

    3) Hermès (371) d’Aubanel et Fils

    Un vrai cocardier avec du placement et de la tenue qui compliquent le travail. Il peut aussi anticiper comme après Leal et Lopez. Motivé, il accomplit tout avec autorité. Il tolère une paire de rasets avant de se replacer pour mieux gérer le système. Ce qui lui permet de conserver ses ficelles avec un septième Carmen. Et le prix en poche sans aucune contestation.

    4) Novillero (706) de Bon

    Avec la vigueur en exergue, il enferme Cadenas. Des qualités telles que le placement et la générosité dans les séries vont lui permettre de se préserver pendant 14 minutes et recevoir une septième fois la musique.

    5) Pacha (509) de Lautier

    Il va à une vitesse de formule 1… Mais il est un peu trop sur la réserve malgré un grand nombre de propositions. Mais ça manque de percussion et il laisse ses ficelles partir assez vite. 5 fois la récompense.

    6) Amiral (732) de Chauvet

    Le taureau de l’Avenir 2025 va étaler beaucoup d’énergie avec des poussées puissantes au bout de la sollicitation. Bagarreur, il accepte tout et il conclut avec la manière. De temps à autre, il se soulève ( Cadenas, Leal, Lopez). Il va vite et Lopez le fait briller. Tout cela lui permet d’entendre l’air du Toréador à 10 reprises.

    7) Malagroy (723) de Fabre Mailhan

    Un vigoureux qui est capable de belles actions dans des arrivées puissantes et la plupart de l’adversité est menacé (Cadenas, Leal, Lopez ou Marquis). Le final nécessaire pour enchanter le public et un peu le réchauffer. Les ficelles aux Bernacles avec la fanfare pour la cinquième fois.

    Course du dimanche 1er novembre

  • La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    Le cerveau de l’enfant est vulnérable et malléable, il se façonne dans la relation à l’adulte », rappelle Vincent Théron dans son intervention au conseil de canton de Martigues mardi soir, salle Dufy. Cette idée tirée de l’œuvre de la pédiatre Catherine Gueguen résume l’enjeu de la protection de l’enfance, qui fait l’objet d’assises obtenues par le groupe communiste au Département les 18 et 19 novembre.

    Comme à Gardanne à la mi-octobre, les témoignages en attestent. « J’ai été victime d’inceste il y a plus de 20 ans. Ça a déclenché des handicaps chez moi » illustre cette jeune femme, « les enfants victimes de violences se construisent de manière bancale et les rendent plus vulnérables à l’âge adulte, par exemple aux violences conjugales ». Cette autre jeune femme membre du Mouvement des jeunes communistes rebondit : « L’Éducation nationale a mis en place un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles. Mais quel est le suivi ? » pose-t-elle. « Il faut donner les outils aux jeunes pour s’exprimer, au travers de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité », affirme-t-elle.

    Former à détecter

    Victime devenue travailleuse sociale, l’adjointe Marceline Zéphir considère que « la politique de la Ville permet de prévenir ces problèmes quand elle met en place des activités gratuites et des accompagnements financiers, psychologiques ou sociaux ». Le maire (PCF) Gaby Charroux complète : « Cela nécessite une vigilance permanente » des agents, « nous avons eu des expériences où il nous est arrivé de prendre des mesures d’éloignement contre des adultes ». « Nous formons l’ensemble de nos animateurs et de nos structures comme les CIS ou centres aérés qui sont un pilier préventif », poursuit cette agente de la Ville, « dès qu’on a un doute, nous faisons des informations préoccupantes », le dispositif de signalement des mineurs en danger.

    Mais au-delà de la Ville, Marceline Zéphir insiste sur le besoin « de développer les mesures d’Action éducatives en milieu ouvert », pour maintenir les mineurs en famille, « parfois mieux que d’être placé loin ». Mais aussi, l’élue appuie « le suivi des enfants jusqu’à 21 ans dans le cadre du contrat jeunes majeurs », contrairement à certains départements où « quand t’es majeur, tu te démerdes ».

    La conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti rappelle que « le service public et le tissu associatif ne sont pas des chances mais des choix politiques ». Son binôme Gérard Frau affirme dans ce sens que ces témoignages et propositions « doivent créer l’exigence que nous allons porter » lors des assises de la protection de l’enfance. Le prochain rendez-vous est à Arles, samedi 7 novembre à 17h en la Bourse du Travail.

  • À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    Cette journée s’inscrit dans un contexte social fortement tendu », ont précisé les syndicats qui s’élèvent contre les coupes budgétaires en cours. Fortement mobilisés les salariés de Sauvegarde 13 en proie à des difficultés financières refusent que le plan de retour à l’équilibre se fasse sur le dos des salariés et du public accueilli et accompagné. Ils ont exigé un réexamen de la situation.

  • Une messe pour l’Armistice à Rognac, l’opposition saisit le procureur

    Une messe pour l’Armistice à Rognac, l’opposition saisit le procureur

    La cérémonie de commémoration de l’Armistice organisée par la Mairie fait polémique au sein des élus. Envoyée par le service du protocole, l’invitation indique, entre autres : « 10h : messe à l’église Saint-Jacques. (…) Prévoir le port de l’écharpe. » Le conseiller d’opposition Stéphane Duchesne (DVD) annonce faire un signalement auprès du procureur de la République d’Aix-en-Provence, au titre de l’article L2122-34-2 du Code général des Collectivités territoriales qui dispose : « Pour les attributions qu’ils exercent au nom de l’État, le maire ainsi que les adjoints et les membres du conseil municipal (…) sont tenus à l’obligation de neutralité et au respect du principe de laïcité. » « J’estime qu’une écharpe tricolore n’a rien à faire dans une messe, réagit-il. Afficher ses opinions religieuses dans le cadre d’une cérémonie républicaine n’a pas de sens. »

    Le maire (RN) Christophe Gonzalez n’en est pas à son coup d’essai. Début octobre, il avait fait bénir une voie verte en présence du préfet Jacques Witkowski. L’extrême droite exerce une laïcité à géométrie variable. Tandis que le parti lepéniste pousse pour une interdiction du port du voile dans l’espace public, l’édile de Rognac « ancre de plus en plus la religion catholique comme étant religion communale », dénonce Stéphane Duchesne.

    Au RN, Christophe Gonzalez n’est pas le seul à jouer la provocation. À Ivry-sur-Seine, l’élu Kevin Nader, par ailleurs collaborateur d’Emmanuel Fouquart, s’était fait remarquer en juin pour avoir sorti un crucifix et entonné une prière catholique suite au rejet de sa proposition d’interdiction de tout signe religieux pour les élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions. « Une charge peu subtile contre deux conseillères municipales qui portent le voile », selon Street Press qui relate l’épisode.

  • Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    La mission locale du Pays de Martigues tire la sonnette d’alarme. Alors que les baisses de dotations se succèdent année après année, « les nouvelles économies qui pourraient nous être demandées auraient désormais des conséquences radicales et impacteraient la pérennité de notre association », écrit le conseil d’administration dans une résolution.

    La principale ressource de la structure, qui couvre six communes de l’ouest du département (Martigues, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et Saint-Mitre-les-Remparts), est « la subvention versée par l’État », explique Pierre Dharréville, le président de la structure. En 2023, elle s’établissait à environ 1 million d’euros. Après des réductions de 16%, de 6% puis de 8%, « on nous annonce pour 2027 une diminution de 5,55% », sans compter une éventuelle baisse de dotation de 6% du côté de la Métropole. Au total, l’antenne perdrait plus de 80 000 euros.

    Capacité d’accueil restreinte

    Depuis 2023, la Mission locale du Pays de Martigues Côte Bleue a déjà vu son budget amputé de 353 000 euros. « La pyramide des âges a permis de contenir la charge de personnel, donc l’hémorragie », et de continuer d’accompagner 1 800 jeunes à l’année, détaille son directeur Fayçal Abed. « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de supporter ces baisses de dotations », assure-t-il. Des effets directs commencent à se faire ressentir, avec le non-remplacement d’une chargée d’entreprise. Deux autres équivalents temps plein sont menacés pour l’exercice 2027, avec, à la clef, une « capacité et une qualité d’accueil restreintes ».

    Fayçal Abed s’inquiète : « Moins on a d’agent pour recevoir les jeunes, moins on sera en mesure de satisfaire les besoins, d’autant que les besoins se complexifient. Le traitement ne se fait pas uniquement sur l’emploi, il se fait aussi sur la santé, la formation, le logement, la mobilité… Les situations que rencontrent les jeunes sont multi-factorielles et nécessitent plus de temps et d’engagement de nos conseillers ». Pierre Dharréville s’agace : « Ce serait quand même hallucinant qu’avec le mouvement de la jeunesse que nous avons dans tout le pays on s’attaque à un des outils qui permet de l’accompagner ». Le conseil d’administration appelle l’État à renoncer aux baisses annoncées, et la Région et la Métropole à revenir à la subvention initiale.

  • Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un homme de 33 ans a été tué et un autre, âgé de 32 ans, blessé lundi 2 novembre au soir dans une fusillade près de la cité de la Cayolle dans le sud de Marseille (9e), indique le bataillon des marins-pompiers (BMPM).

    Si les détails de ce qui s’est passé n’ont pas encore été communiqués, les marins-pompiers ont été appelés « vers 21h20 », indique le BMPM.

    Un clip qui a mal tourné ?

    « Le corps d’un homme de 33 ans en arrêt cardiorespiratoire a été retrouvé chemin de Sormiou, et un deuxième homme, de 32 ans, a été découvert portant plusieurs impacts de balles », non loin, avenue de Colgate, précise-t-il par ailleurs.

    « Ce soir, à La Cayolle, dans les quartiers sud de Marseille, un homme de 33 ans a été tué. Un autre est grièvement blessé. Une nouvelle fois, notre ville est frappée par la violence », a réagi sur les réseaux sociaux Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire délégué à la jeunesse et figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille. « Du nord au sud de Marseille, nous devons poursuivre sans relâche notre engagement pour que chaque habitant puisse vivre en paix et en sécurité », a-t-il déclaré. Le procès des tueurs présumés de son frère Brahim se tenant actuellement à Aix-en-Provence.

    Selon nos sources, les deux hommes auraient été en train de tourner un clip de rap avant d’être pris pour cibles par des tueurs.

  • [Entretien] « Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale »

    [Entretien] « Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous des éléments de langage utilisé par le gouvernement pour parler des manifestations ?

    Alexis Lévrier : Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale en adoptant un lexique qui réduit les manifestants à des pilleurs. Alors, ces pillages, ils existent. Ce qui s’est passé le 17 octobre est extrêmement choquant mais la mobilisation, on sait qu’elle est nettement antérieure, qu’elle a commencé avec les lycéens et s’est étendue à l’université. Il y a certainement une volonté de masquer les failles du dispositif policier puisque tout le monde savait que le 17 octobre allait être une énorme mobilisation, elle était annoncée depuis des mois. On savait aussi que ce serait très hétérogène puisqu’il y aurait à la fois les lycéens et les étudiants, des syndicats traditionnels, les Gilets jaunes qui ont toujours une dimension très éruptive et puis le risque effectivement de black bloc ou de casseurs.

    Au lieu de souligner l’hétérogénéité de ce mouvement, le gouvernement a préféré ne garder que la partie la plus visible et la plus condamnable qui était les pillages. Le lexique reflète cela. On peut considérer que c’est un contre-feu médiatique qui a été créé par le gouvernement pour délégitimer ce mouvement et d’autre part pour ne pas reconnaître ses propres failles.

    Comment expliquer que certains médias reprennent parfois mot pour mot ces éléments de langage ?

    A.L. : Il y a ce qu’on appelle le journalisme de préfecture qui fonctionne très bien. Pour être plus nuancé, il y a toujours au début cette tendance-là qui est de relayer le discours dominant. Au moment des Gilets jaunes il y avait eu une fake news qui venait du ministère de l’Intérieur accusant des Gilets jaunes d’être entrés à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans les salles de réanimation pour volontairement mettre en danger la vie des patients. La presse a révélé, Le Parisien en l’occurrence le soir même, que ce n’étaient pas des gens sans foi ni loi qui voulaient tuer de pauvres patients, c’était des gens qui avaient été nassés, qui avaient été victimes de gaz lacrymogènes et cherchaient un lieu où se réfugier pour fuir les violences policières. Ça avait d’ailleurs conduit à une plainte contre Christophe Castaner, le fragilisant considérablement.

    C’est un phénomène extrêmement classique dans les médias mainstream, dans les médias audiovisuels, sur les chaînes d’information en continu qui doivent retransmettre l’événement en direct pour lesquels le discours gouvernemental est une source considérée comme fiable au départ et qu’on met à distance dans un second temps. C’est souvent la presse écrite qui, dans un second temps, a décrypté et démasqué les faux-semblants de la communication gouvernementale.

    Pourquoi les comptes rendus de manifestation se focalisent surtout sur les débordements ?

    A.L. : Une manifestation traditionnelle ça ne les intéresse absolument pas. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont maintenu en état de vie végétative le mouvement des Gilets jaunes qui ne représentait plus rien. Ces mouvements, ces violences sont télégéniques. La clé, c’est ça. Il y a le discours gouvernemental, la passivité, la tendance à reprendre un discours officiel, au moins dans un premier temps. Mais il y a aussi la télégénie de la violence et le fait que ça sera toujours plus vendeur et plus synonyme d’audience de filmer des feux de poubelle, des exactions, des gens qui pillent et qui cassent. Donner l’impression d’un mouvement intrinsèquement violent, alors même que ces violences sont périphériques. On ne filme pas les manifestants pacifiques. On filme les violences. C’est ce qui fait de l’audience.

    Mais n’est-ce pas un traitement anxiogène ?

    A.L. : Oui, ça fabrique de la peur, mais il faut aussi s’interroger sur le regard des téléspectateurs qui sont friands de cette violence-là. Si ça fait de l’audience, c’est bien parce qu’il y a des gens qui regardent. Il faut aussi peut-être s’interroger nous-mêmes, sur ce que nous attendons de ces images. Est-ce que nous sommes capables de regarder un cortège qui manifeste dans le calme avec des revendications parfaitement légitimes, partagées par une large partie de la population, mais qui ne génère pas de violence ?

    Par ailleurs, je trouve qu’on n’a pas tiré les leçons des Gilets jaunes qui ont été une faillite des médias dans la façon de raconter les violences policières. Ils ont été victimes de manière structurelle de cette violence : ils ont été éborgnés, ils ont perdu des mains, ils ont vraiment eu des blessures extrêmement graves pour un certain nombre d’entre eux. On voit aujourd’hui que les lycéens sont concernés – ça paraît encore plus scandaleux quand il s’agit d’enfants – et qu’aucune manifestation, alors que c’est un des droits les plus fondamentaux dans une démocratie, ne se déroule dans un cadre normal. Dans ces journées de mobilisation, on relaye toujours le discours policier. Que CNews le fasse, c’est son idéologie mais que les autres chaînes aussi, c’est beaucoup plus problématique.

    L’auteur de l’attentat raciste de Trappes, Kevin T., a justifié son acte en disant avoi voulu « venger les commerçants » après les événements du 17 octobre en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes ». Quelle responsabilité des médias ?

    A.L. : J’attends beaucoup des jours qui vont suivre et de la campagne qui s’ouvre. Cet attentat à Trappes nous montre que « les mots sont des pistolets chargés », comme disait Jean-Paul Sartre, et que la violence de la presse d’extrême droite a des conséquences sur le terrain. Toute l’histoire de l’extrême droite médiatique le montre. Durant l’entre-deux-guerres des mouvements politiques qui dépendaient de ces médias d’extrême droite. La Fédération nationale des Camelots du roi était adossée à l’Action française, s’en prenait physiquement à des hommes politiques ou à des figures de la société civile, des universitaires, qui avaient été ciblés dans le journal. Les mots de l’extrême droite ont une traduction dans la société civile. Il était évident que le discours de CNews, qui est tenu de manière obsessionnelle à l’encontre de l’immigration et de l’islam, allait conduire à des actes de ce type. Le grand remplacement, dont il faut rappeler qu’Aurore Bergé, la ministre en charge de la lutte contre la discrimination estime que ce n’est pas une théorie raciste, a déjà conduit à des attentats dans le monde, et notamment en Nouvelle-Zélande. II était évident qu’en France aussi, il se passerait la même chose. La violence des mots a pour vocation, dans la presse extrême droite, de déboucher sur une traduction physique. Ça a été le cas à Trappes, il y en aura d’autres. On sait désormais à quoi conduisent les mots de l’extrême droite. Il serait temps d’en tirer les conséquences dans la façon dont on l’accueille sur les plateaux. Je m’inquiétais beaucoup de l’évolution de l’audiovisuel public mais j’ai été rassuré par la façon dont Sarah Knafo a été reçue dans la matinale de Franceinfo, c’est-à-dire en rappelant toutes les condamnations dont Éric Zemmour a été l’objet, et en lui demandant s’il n’y avait pas un lien entre ce discours raciste, obsessionnel de son parti, et finalement l’attentat de Trappes.

  • Rémi Parra de retour à « sa » Nuit des Champions

    Rémi Parra de retour à « sa » Nuit des Champions

    Le tatami rouge des locaux de la Full Contact Academy (4e) n’attendait que lui. Pour la seconde année consécutive, Rémi Parra est la tête d’affiche de la Nuit des Champions (NDC), événement référence dans le microcosme du kickboxing. Le rendez-vous marseillais est un incontournable de la saison de pieds-poings et réalise sa 33e réunion annuelle le 28 novembre prochain, au Palais des Sports.

    Ce mardi 3 novembre, Parra a rendu visite à la famille Roméas, organisateur historique de la NDC, pour passer du temps avec des jeunes du club. Avant ce moment d’échange, le Catalan a évoqué le combat prévu dans trois semaines. Il se sent simplement prêt, « au top » mentalement et physiquement. « Je suis dans de très bonnes conditions, avec un entraîneur qui prend soin de moi. J’ai juste hâte d’être au 28 novembre », répète-t-il. Rémi Parra possède un lien particulier avec la Nuit des Champions. L’événement est comme une seconde maison pour celui qui s’est imposé lors du tournoi en 2024 et qui a remporté la ceinture l’an passé, face à Fabio Loisi.

    Ce coup de poing retourné adressé dès la 2e reprise à son adversaire est encore bien ancré dans la mémoire des spectateurs présents ce soir-là. L’homme de 25 ans porte particulièrement l’organisation dans son cœur : « En France, on ne peut pas avoir une meilleure échéance que celle de la Nuit des Champions, il n’y a que des très bons boxeurs, à chaque fois. La famille Roméas respecte les boxeurs et ça c’est un point que je souligne et je suis heureux de pouvoir faire partie de cette équipe-là. Ils me respectent et je me sens très bien quand je boxe à Marseille. À force, j’ai un peu l’impression de boxer chez moi », explique le boxeur désormais basé à Toulouse, où il alterne entre son travail chez Metal Boxe, un équipementier, et sa carrière sur les rings.

    Rei Nakajima, des poings redoutables

    Un an après le Provençal Rémi Loisi, Rémi Parra fera face à un tout autre combattant lors du main event de cette Nuit des Champions. Un combat contre le Japonais Rei Nakajima a été monté pour lui. Nakajima, 28 ans, 1 m 67, vient de la boxe anglaise et a même détenu le titre de champion du Japon par intérim. Passé au pieds-poings, ce dernier est toujours aussi féroce. « Je pense qu’il a une très bonne boxe anglaise, il a déjà boxé dans de belles organisations. On l’a très bien étudié et, tous les jours, on continue de le regarder pour pouvoir faire la meilleure prestation possible le 28 novembre », détaille son adversaire français.

    Après la Nuit des Champions, Parra s’envolera pour l’Indonésie. Là-bas, en Asie du Sud-Est, il combattra trois fois dans la même soirée pour tenter de remporter un prestigieux tournoi. À la clé : 60 000 dollars de prime. Mais avant son long périple oriental, le bon déroulement de sa carrière passe par le Palais des Sports de Marseille.