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  • Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Des professeurs de sport serrés dans une piscine gonflable au milieu du Vieux-Port. C’est tout l’objet de la mise en scène organisée, ce jeudi, par le Snep-FSU Aix-Marseille pour attirer l’attention sur le manque d’équipements aquatiques et de piscines dans la ville. Lunettes de plongée et bonnet de bain sur la tête, ils veulent alerter sur cette situation qu’ils jugent préoccupante.

    « À Marseille, seulement 14 piscines sont en activité, ce n’est pas assez. Surtout qu’il y a des piscines qui ont fermé, notamment celles de Luminy et de la Bombardière. La situation ne s’améliore pas, elle a plutôt tendance à se dégrader », affirme Jean Cugier, cosecrétaire académique du Snep-FSU et professeur d’EPS au lycée polyvalent Antonin-Artaud (13e). « Dans la deuxième ville de France, on compte 100 m² de piscine pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’à Lyon par exemple. Énormément de professeurs d’EPS sont privés de piscine pour emmener leurs élèves apprendre à nager », déplore Cédric Vassenaix, enseignant à Aix-en-Provence.

    Les professeurs d’EPS alertent surtout sur le nombre important d’enfants qui arrivent au collège sans savoir nager. D’après le syndicat, jusqu’à 85% des élèves entrant en 6e ne maîtrisent pas la nage, dans certains quartiers de Marseille. C’est le cas pour les élèves du collège Henri-Barnier, dans le 16e arrondissement, toujours selon le syndicat. Ce dernier précise qu’une grande partie des élèves ne sachant pas nager sont scolarisés dans les quartiers nord de la ville et ne disposent que de cinq piscines municipales, contre neuf dans le reste de Marseille.

    Face à ce constat, les professeurs d’EPS ont choisi un slogan : « Savoir lire, c’est essentiel. Savoir nager, c’est vital. » L’occasion de mettre en avant les risques liés à l’absence d’apprentissage de la natation, d’autant plus élevés dans une ville bordée par la mer, soulignent-ils.

    Réunion avec la Ville

    Paul Mauranes, qui enseigne depuis deux ans au collège Elsa-Triolet (15e), témoigne : « On a bien 40% d’élèves qui entrent et qui ne savent pas nager. Ça fait presque un enfant sur deux, même si on n’est pas les plus mal lotis car la piscine est à 25 minutes à pied. »

    Cette mobilisation s’inscrit dans une revendication portée à l’échelle nationale. « Notre syndicat réclame la construction de 1 000 piscines sur le territoire et la rénovation des bassins », précise Jean Cugier, qui évoque un enjeu de santé publique : « L’an dernier, il y a eu 50 décès par noyade en France chez les enfants de moins de 12 ans. C’est aussi la première cause de décès par accident domestique chez les moins de 25 ans », ajoute-t-il.

    Prévenue de la mobilisation, la Ville de Marseille a proposé « une rencontre », selon le syndicat, afin d’échanger sur le manque de piscines. Celle-ci devrait se tenir le 10 septembre.

  • Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Depuis plusieurs années, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) fait davantage parler d’elle pour ses déboires, faits de mises sous tutelles successives et problèmes de gouvernance, que pour ses missions d’aides aux entreprises. « On a peut-être besoin d’un exorciseur », ironise-t-on, ce jeudi, au moment de présenter la seule liste en lice pour reprendre la gouvernance, vacante depuis la démission du bureau et la mise sous tutelle par la préfecture, fin janvier.

    Portée par Anne Benedetti, la liste est soutenue par le Medef et l’U2P [union des entreprises de proximité] et se présente aux quelque 30 000 électeurs recensés amenés à voter – par papier – entre le 29 juin et 10 juillet. Un décompte tronqué qui s’arrête en 2021, année de la dernière élection, les futurs élus n’étant là que de manière transitoire pour achever la mandature jusqu’à l’automne 2027.

    « On a eu très peu de temps pour monter la liste, un mois et demi, alors qu’il faut un an d’habitude », campe Annie Benedetti, qui siège aussi à la Fédération des bâtiments et travaux publics, fière « d’avoir réussi l’union ». Toutefois, la CPME [petites et moyennes entreprises] n’est pas représentée. « Il y a eu un récent changement de gouvernance à la CPME [Denis Duchêne] pour qui c’était difficile d’être présent, il avait du mal à être partout », justifie Roland Paul, président du Medef Vaucluse et patron de l’entreprise GSE, hôte du point presse.

    « Allez voter, il nous faut une légitimité, que l’on soit reconnus pour fédérer et unir les forces vives », tente de convaincre Anne Benedetti, alors que ce type d’élection n’a mobilisé que 7,27% des votants en 2021 et risque d’être historiquement faible dans le contexte estival et de chambre transitoire. « Il faut nous aider à redorer le blason du territoire », abonde Nordine Saihi, président de l’U2P et seul, avec William Baud, à avoir déjà été élu parmi les 32 candidats. La future nouvelle équipe ne s’en cache pas, l’année de mandat sera consacrée « à gérer les affaires courantes, apprendre à se connaître et préparer une feuille de route », concède Roland Paul.

    Fini l’aéroport et le Quai des saveurs

    « On compte prendre nos marques, connaître les rouages de la CCI et mettre en place des moyens pour que les décisions prises soient des demandes des entreprises et non quelque chose fait en chambre », poursuit le patron du Medef qui précise que 70% des entreprises en Vaucluse ne comptent aucun salarié. Anne Benedetti trace toutefois un chantier : celui de la transmission d’entreprise : « 56% des chefs d’entreprise en Vaucluse ont plus de 60 ans [contre 41% au national], c’est un gros sujet dans les années à venir », se projette-t-elle.

    Parmi les dossiers, celui de l’aéroport qui a pris son envol sans la CCI. Jusque-là, la chambre gérait l’infrastructure via une société dédiée en délégation de service public pour la Région. « On aurait aimé que sa gestion reste ici, mais les dés sont jetés », regrette Roland Paul, la CCI n’ayant pu déposer un dossier pour renouveler la DSP. Autre sujet épineux, le Quai des saveurs. Le restaurant du parvis de la gare centre, géré par la CCI, est en redressement judiciaire et a fermé ses portes dans l’attente d’un repreneur. Une audience est prévue en juillet.

  • Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    « Nous avons déplacé des montagnes. » Au pied des Pyrénées, dans l’usine de pâte à papier Fibre Excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), Sophie Binet affiche sa satisfaction quant à la récente évolution positive du dossier. « Grâce à la combativité des salariés, nous avons réussi à trouver un investisseur qui souhaite la pérennité des sites », martèle la secrétaire générale de la CGT, aux côtés de Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie, et des représentants des salariés.

    Une référence à l’arrivée de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires, en soutien à l’unique offre de reprise pour sauver l’entreprise en redressement judiciaire (lire nos articles du 18/06). D’où le message emprunt de combativité de Sophie Binet : « Ces victoires nous permettent de déjouer le scénario que les vautours avaient organisé dans notre dos. Le scénario prévu était la liquidation. Maintenant, nous allons pouvoir construire un projet d’avenir pour les trois papeteries », développe-t-elle, citant les sites de Tarascon et de La Chapelle-Darblay (Seine-Maritime).

    Reste toutefois de sérieux points d’interrogation pour que le sauvetage de Fibre Excellence se déroule sans accroc : la position du gouvernement et le rôle de l’État dans le dossier. Car ce sont bien leurs actions qui peuvent, ou pas, « lever des conditions suspensives » dont dépend l’avenir de l’entreprise. Sophie Binet cite plusieurs « enjeux » liés à une intervention étatique et qui sont une question de survie pour l’entreprise. Parmi eux, une « révision du prix de rachat de l’électricité produite sur les sites » ou encore « garantir un approvisionnement en bois » à des prix raisonnables. C’est sur ce dernier point que la secrétaire générale tape du poing sur la table : « Les difficultés sont essentiellement dues à la désorganisation de l’approvisionnement en bois. L’État refuse d’organiser cette filière, nous lui demandons solennellement d’y remettre de l’ordre. »

    « Trois semaines pour corriger le tir »

    Autre demande formulée par Sophie Binet et Carole Delga : « Nous demandons au ministre de l’Industrie une table ronde avec l’investisseur, les porteurs du projet, les élus, l’intersyndicale. » En clair, si Matthieu Pigasse « s’est positionné sur un ticket d’entrée », comme le résume Sophie Binet, « la question reste bien les conditions suspensives ». « Pour faire les investissements, nous avons besoin que le marché du bois ne soit pas déséquilibré comme il est aujourd’hui », prend-elle pour exemple. Avant d’insister : « La balle est dans le camp du gouvernement. Nous avons besoin que l’État soit au rendez-vous. »

    D’autant que cela n’a pas vraiment été le cas depuis le début des difficultés de Fibre Excellence : « À ce stade, le ministre se contente à dire qu’il peut accorder des prêts garantis par l’État. Même quand on a un investisseur, les portes ne s’ouvrent pas en grand… Ça interroge. Si les usines ne sont pas sauvées, il y aura un seul responsable : l’État. Ça se paiera très cher. Il reste trois semaines pour corriger le tir. »

  • Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les organisations syndicales de la Métropole Aix-Marseille avaient déjà alerté face à la copie budgétaire présentée par la chambre régionale des comptes, jeudi 11 juin. En adoptant les 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement de l’intercommunalité préconisées par les magistrats financiers pour arrêter le budget de l’institution sous tutelle depuis le mois d’avril, le préfet de région n’a fait que confirmer leurs craintes.

    « À la fin, nous le savons bien, les seuls qui devront faire des efforts, ce sera nous, constate ainsi, ce jeudi, le syndicat CGT des agents de la Métropole. Leur seule proposition semble être de nous imposer des sacrifices, tel que réduire la médecine de prévention, comme si cela ne posait de problème à personne. » En déplorant qu’en un mois, « aucun élu n’a même évoqué notre existence ». Au total, ce sont pourtant 4,5 millions d’euros d’économies qui ciblent directement les agents, que ce soit en gelant remplacements et recrutements, en réduisant les heures supplémentaires et le complément indemnitaire annuel (CIA) ou en sabrant dans la médecine du travail. « Une ligne rouge à ne surtout pas franchir », déplorait, mercredi, le syndicat FO de la Ville et de la Métropole. « Il n’est pas question de faire des économies sur le dos des agents qui payent déjà cash la facture des choix politiques de l’État ! », dénonce l’organisation, qui rappelle que des grilles salariales commencent sous le Smic. Tandis que les magistrats financiers justifiaient les coupes dans la médecine du travail « au regard de l’exécution moyenne de cet article les trois années précédentes », le syndicat les juge « hors-sol », en particulier après avoir demandé un renforcement des visites de prévention après trois décès prématurés d’agents, qui avaient suscité une vive émotion. « Aucun agent contractuel occupant un emploi permanent ne sera licencié dans le cadre des mesures budgétaires annoncées, aucun acquis social ne sera rogné cette année », veut tempérer la FSU. Tout en reconnaissant que « les interrogations demeurent concernant les recrutements, le remplacement des départs, les moyens des services et l’avenir des missions ».

    Inquiétude sur la gratuité

    Parmi ces missions, la CGT Métropole appelle déjà à « défendre la culture, les sports, les compétences que nous exerçons avec professionnalisme ». Mais le syndicat dénonce aussi le choix du préfet de retirer 53 millions d’euros aux attributions de compensations reversées aux communes pour compenser l’ancienne taxe professionnelle. Rappelant qu’elles sont versées aux territoires qui accueillaient l’industrie « sacrifiant parfois la santé de leur population au nom du développement économique ». À contre-courant de la FSU qui refuse « une Métropole qui renoncerait à son ambition de solidarité territoriale ».

    Enfin, si l’union syndicale des retraités CGT se réjouit de voir la gratuité des transports maintenue, « elle est toujours largement menacée », reconnaît-elle, s’opposant à la refonte des tarifs proposée par la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali.

  • [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    La Marseillaise : D’où vient l’idée de cette caravane européenne solidaire avec Cuba ?

    Béatrice Abella : Elle est née de la volonté de parler de ce blocus lors d’une réunion en visio qui réunissait plusieurs associations européennes ( d’Angleterre, d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, de France…) au cours de laquelle nous nous sommes inquiétés des difficultés de plus en plus grandes à faire parvenir l’aide à Cuba. C’est l’association italienne qui a lancé cette idée de caravane solidaire qu’on a appelé « Let Cuba Breathe ».

    Aujourd’hui, l’aide ne parvient plus à Cuba ?

    B.A. : Non. Jusqu’ici, on arriverait à acheminer la solidarité matérielle. Aujourd’hui avec ce siège imposé par Trump, on ne peut plus. Par exemple dans l’Hérault on parraine trois orphelinats proches de La Havane. On passait nos commandes de lait infantile et de vivres par un magasin espagnol en ligne installé à Cuba mais depuis une dizaine de jours, les cartes Visa et Master Card ne fonctionnent plus dans l’île. Donc les Cubains ne reçoivent plus cette aide et pas non plus celle de leurs familles installées à l’étranger.

    Et l’aide matérielle que vous collectez n’arrive plus non plus ?

    B.A. : Non. Un conteneur devait partir de Midi-Pyrénées, mais on ne trouve pas de bateau. Notre économie est tellement dépendante de celle des États-Unis, que tout le monde baisse la tête aux injonctions de Trump et à ses lois extraterritoriales qui menacent tous ceux qui veulent aider Cuba ou même commercer avec Cuba. Même Air France a arrêté ses liaisons avec Cuba depuis mars. On est passé de l’asphyxie d’un embargo qui dure depuis 64 ans à l’assassinat de tout un peuple. Et les gouvernements européens sont complices par leur silence face à Trump qui bafoue le droit international. Il n’y a qu’une exception celle du gouvernement espagnol courageux malgré les menaces et les sanctions nord-américaines.

    La caravane s’est arrêtée
    le 10
     juin à Strasbourg devant
    le Parlement européen.
    à quelle occasion ?

    B.A. : C’est qu’une résolution du groupe de droite souverainiste qui demande la suspension formelle de l’Accord de dialogue politique et de coopération (ADPC), qui lie l’Union européenne à Cuba depuis plusieurs années doit être soumise au vote des députés le 18 juin. On se rend compte que c’est une bataille idéologique qui n’est pas menée que par Trump mais par tous les députés libéraux qui veulent comme lui faire tomber ce symbole qu’est Cuba dont les dirigeants Che Guevara et Fidel Castro qui continuent, même disparus, à parler au monde entier.

    Le 11 juin, la caravane était à Paris, à l’Assemblée nationale pour soutenir un texte complètement à l’opposé.

    B.A. : Oui une proposition de résolution présentée par Stéphane Peu du groupe GDR, visant à soutenir Cuba face au blocus américain. Le texte qui était prévu en fin de la niche parlementaire de ce groupe n’a pas pu être débattu ni voté mais il était un signal de solidarité internationale à La Havane au moment même où les institutions européennes s’orientent vers un durcissement de leurs relations avec l’île.

    Que se passera-t-il exactement
    le 20
     juin à Béziers ?

    B.A. : à 16h, un grand rassemblement accueillera la caravane au Champ de Mars ? Nous avons invité la population mais aussi les élus. Il sera suivi d’une manifestation en ville, puis une soirée musicale de solidarité* aura lieu à la Bourse du Travail animée par le groupe les Zétourdis.

    On vous sent particulièrement révoltée par ce qui est imposé
    au peuple cubain
     ?

    B.A. : Oui car pendant que d’autres pays exportent des armes ou font la guerre, Cuba envoie des brigades médicales dans le monde entier. Elles ont combattu le choléra en Haïti, Ebola en Afrique, le Covid dans une vingtaine de pays du monde… Cuba mérite le soutien solidaire du monde entier.

    * Avec restauration sur place

  • Pas de grève sur le métro marseillais

    Pas de grève sur le métro marseillais

    Force Ouvrière a décidé de lever son préavis de grève», annonce le syndicat ce jeudi après-midi après une réunion de négociation avec la direction de la RTM. « À l’issue des dernières négociations, Force Ouvrière prend acte des engagements écrits obtenus sur les principaux points à l’origine du conflit. […] Les réponses apportées permettent aujourd’hui de répondre à plusieurs revendications portées par Force Ouvrière », développe l’organisation syndicale.

    Pour rappel, FO avait déposé un préavis de grève qui devait débuter ce vendredi pour le métro marseillais. FO demandait « la formalisation de garanties claires concernant l’organisation du Centre Métro et les conditions de travail des agents ».

  • [Tribune] Marseille libre et républicaine

    [Tribune] Marseille libre et républicaine

    Par 60 signataires de moins de 40 ans se revendiquant de l’héritage du gaullisme

    Qu’est-ce que le gaullisme, en 2026 ? À l’heure précise où, sur tous les bancs de l’Assemblée nationale, on se réclame du général de Gaulle, la question mérite d’être posée. À plus forte raison à Marseille, notre ville, forte de vingt-six siècles d’histoire, cité libre capable de survivre à tous les régimes, toutes les tempêtes et tout le fracas de l’histoire.

    L’appel du 18 juin 1940 résonne d’une façon différente, cette année. La guerre d’Ukraine menée par la Russie vient de dépasser, en durée, la Première Guerre mondiale. Le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences posent la question de la stabilité du monde. Les modèles issus de l’après-guerre semblent se déliter, inlassablement.

    Et la France, dans tout cela ?

    Et Marseille ?

    La grande singularité de la France Libre tient à ce qu’elle sut rassembler bien au-delà des clivages et des luttes qui avaient émaillé le pays dans les années 1930. Sous la Croix de Lorraine, se retrouvèrent des femmes et des hommes venus d’horizons politiques, philosophiques et sociaux différents – voire opposés. Des communistes aux monarchistes, des bonapartistes aux socialistes, des croyants aux libres-penseurs, tous acceptèrent de se mettre au service d’une seule cause : la France.

    Bien sûr, à chaque époque, ses mœurs. Pourtant, cette leçon demeure d’une brûlante actualité. Dans les périodes de tensions, de fractures et d’incertitudes, la tentation est grande de céder à l’affrontement permanent, aux postures et aux radicalités. Et si, en riposte, Marseille devenait le creuset d’un nouveau gaullisme ?

    Précisément parce qu’à Marseille, nous nous trouvons au cœur de ce combat devenu mondial et civilisationnel à la fois !

    Et nous, signataires de cette tribune libre, nous faisons le choix de la constance, de la cohésion et de la clarté.

    Nous sommes tous différents. Nous avons des parcours, des sensibilités et des approches distinctes. Cependant, nous partageons une conviction commune et presque sacrée : Marseille est républicaine, Marseille est notre trésor commun et seule Marseille compte.

    C’est pourquoi nous l’affirmons aujourd’hui : nous continuerons, sans ambiguïté, à nous opposer à l’impasse des extrêmes.

    Nous voulons incarner une alternative exigeante, fidèle à la République, fondée sur les principes de liberté, de responsabilité, de justice et de rassemblement.

    Oui, le débat démocratique peut exister sans sombrer dans la haine.

    Oui, on peut se combattre politiquement sans se haïr, ni se condamner mutuellement.

    Oui, on peut construire plutôt que détruire. Dans notre cité libre plus encore qu’ailleurs !

    Nous ne sommes pas les héros de 1940, tout simplement parce que les circonstances restent – par bonheur – différentes. Mais, en nous hissant sur les épaules de ces géants, nous pouvons croire au sursaut : un sursaut fondé sur un courage politique.

    Nous le devons aux futurs enfants de 2040, au monde, au pays et à la ville dans lesquels ils naîtront, un siècle après l’appel.

    Beaucoup voudraient nous voir basculer. Ceux-là voudraient nous convaincre que la lâcheté est une fatalité. Mais toute l’histoire de l’humanité, dans sa grandeur, montre que c’est faux.

    À l’occasion de cet anniversaire de l’appel du 18 juin, souvenons-nous que les plus belles pages de notre histoire ont été écrites par le rassemblement et le courage.

    Nous l’affirmons aujourd’hui par cette tribune : nous continuerons à nous battre sur le terrain des idées, avec détermination, lucidité et sans outrance. Avec fermeté républicaine et sans sectarisme, en restant fidèles à ce que nous sommes et que nous resterons toujours.

    Des Marseillais, des Français, des Républicains et des gaullistes. Voilà la source de notre engagement, au service de notre ville !

    Rédacteurs : Lionel MODRZYK, collaborateur politique, militant LR et Génération Marseille ; Romain SIMMARANO, président du collectif Génération Marseille, conseiller municipal et métropolitain

    Signataires : Sandra BLANCHARD, avocate, secrétaire général de Génération Marseille ; Marine PUSTORINO, conseillère départementale, porte-parole de Génération Marseille ; Sylvain DI GIOVANNI, conseiller départemental, porte-parole de Génération Marseille ; Aurore BRUNA, conseillère régionale, coordinatrice Cap sur l’avenir 13 ; Marion BAREILLE, conseillère d’arrondissements du 13/14, porte-parole de Génération Marseille ; Sylvain SOUVESTRE, conseiller d’arrondissements du 11/12, porte-parole de Génération Marseille ; Alison DEVAUX, conseillère départementale, membre de Génération Marseille ; Jordan MANGANI, président des Jeunes avec Martine Vassal ; Djihane DIB, référente des Jeunes en marche Bouches-du-Rhône ; Léo KHOZIAN, responsable départemental adjoint des jeunes LR ;

    Juliette BACHELIER, membre de la direction nationale des Jeunes Horizons ; Gérard BLANC, avocat, délégué Renaissance 3e circonscription des BDR ; Thomas ARCADU, jeunes UDI Marseille ; Louise RAMOS, coordinatrice régionale des Jeunes en Marche ; Jean-Sébastien BOURGOGNE, responsable départemental des Jeunes Horizons 13 ; David SOUID, président de France Finance Patrimoine ; Nicolas LAMBERTI, membre des Républicains 13 et de Génération Marseille ; Julien AMAROU, référent régional des Jeunes Horizons ; Emmanuelle CHAIX, militante du Parti Radical ;

    Hamza BAGGOUR, président d’association marseillaise

    Nathan COHEN, avocat, membre de Génération Marseille ; Joachim FERNANDEZ, délégué de section LR de la 4e circonscription, membre de Génération Marseille ; Maxime BOUDET, cadre Renaissance Bouches-du-Rhône ; Kevin CORTI, juriste, membre de Génération Marseille 9/10 ; Audrey BERR, ancienne cheffe de cabinet, petite-fille de résistant et de déporté ; Maxime BOURREL, membre de Cap sur l’Avenir ;

    Amel AMARI, chef d’entreprise ; Sébastien DE HARO, collaborateur politique ; Arnaud BOYER, professionnel de santé ; Simon MARTINO, membre de Génération Marseille ; Karim BENNAMAR, membre de Génération Marseille ; Alexandre CAMARASA, athlète olympique, membre de Génération Marseille ; Mustapha DJEBLOUNE, fondateur d’une Equipe Marseillaise ; Liam ESCARTEFIGUES, référent Jeunes Horizons Marseille ; Lucas SIMON, membre de LR 13 et de Génération Marseille ; Lilian GINOUX, membre du bureau politique de Renaissance 13 et de Génération Marseille ; Tom RICCI, référent Horizons Jeunes ; Mathias MARKARIAN, co-délégué Horizons ; Jed PEILLEX, membre de Génération Marseille ; Ghania BENKEDIA, membre de Génération Marseille ; Yann BESNARD, militant Renaissance Marseille ; Danijela KOVACEVIC, membre de Génération Marseille ; Igor KOVACEVIC, citoyen marseillais et olympien, membre de Génération Marseille ; Yacin BERRABAH, promoteur de boxe ; Lucile DUMON, chargée de projet, membre de Génération Marseille ; Vincent COLONNA D’ISTRIA, chef d’entreprise, membre fondateur de Génération Marseille ; Mathieu MIRGUET, agent du service public ; Ethan LEVI-VALENSI, jeune engagé pour Marseille ; Vincent CANAVESE, chef d’entreprise, membre de Génération Marseille ; Estelle DE CAROLI, juriste, membre de Génération Marseille ; Nicolas PIETRI, cadre infirmier ; Raphaël RUBIO, professeur de philosophie, écrivain ; Hamza HARBI, membre de Génération Marseille ; Baptiste LUCCIONI, élu au Conseil des jeunes métropolitains ; Keltoum TACHEKAFT HASSANI, membre de Génération Marseille ; Gilles FOLIOT, membre de Génération Marseille ; Jimmy VILLEBOIS, agent du service public ; Deïla LEON-RUIZ, militante Horizons Marseille ; Clément FORTIER, membre de Génération Marseille ; Nicolas BONTRON, militant LR 13 ; Harris OVONE MOULENGUI, militant Renaissance 13 ; Sacha PARTOUCHE BARON, chef d’entreprise; Antoine CIRILLO, fondateur de L’Elan.

  • De Gaulle au cinéma : une figure longtemps restée dans l’ombre

    De Gaulle au cinéma : une figure longtemps restée dans l’ombre

    À l’heure du 86e anniversaire de l’Appel du 18 juin, le réalisateur Antonin Baudry propose un diptyque historique consacré au long combat du général de Gaulle avec La Bataille de Gaulle. Sortie pour sa première partie le 3 juin, l’œuvre retrace, dans un film épique, le combat de Charles de Gaulle pour que la France reste du bon côté de l’histoire.

    Un film porté par le jeu de l’acteur Simon Abkarian, qui incarne le général de Gaulle. Déjà habitué à jouer des personnages historiques, comme le résistant communiste Missak Manouchian dans le film L’Armée du crime (2009) de Robert Guédiguian, il incarne avec justesse cette figure de l’histoire de France.

    Par ce rôle, il rejoint le cercle restreint des acteurs ayant endossé la carrure de ce personnage historique. Car si la plupart des villes de France ont une place ou une rue à son nom, le cinéma ne s’est pas autant emparé de cette figure historique.

    Une ombre

    Au sortir de la guerre, si quelques films commencent à être réalisés sur la Résistance, ils n’évoquent le général de Gaulle que comme un nom, une ombre ou un signe de ralliement, car il fait l’objet d’une forme de sacralisation. À partir de 1958 et de son arrivée au pouvoir, les films sur la Résistance commencent à abonder. Mais sa double figure, à la fois ancien chef de la France libre et homme politique en exercice, limite grandement sa représentation.

    Il faut attendre 1978 pour que son personnage soit réellement incarné par Jacques Boudet dans le téléfilm diffusé sur Antenne 2, 12 jours pour entrer dans l’histoire, alors que le général est décédé depuis huit ans et que son ombre est moins prégnante dans la société française. Toutefois, son personnage reste souvent secondaire. Il faut attendre 2005 pour qu’il devienne le héros principal avec Le Grand Charles, qui retrace la reconstruction de la France dans l’après-guerre.

    Puis, en 2020, le réalisateur Gabriel Le Bomin sort De Gaulle. C’est le premier biopic qui lui est dédié à sortir dans les salles obscures. Incarné par Lambert Wilson, le film reçoit des critiques mitigées dans la presse, saluant la prestation de l’acteur tout en regrettant l’aspect très conventionnel de l’œuvre.

    L’œuvre d’Antonin Baudry s’inscrit donc dans cette présence progressive, dans le septième art, du personnage du général de Gaulle, désormais désacralisé, mais qui reste une figure emblématique de l’histoire de France.

  • Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le lieu rassemble les pages sombres de l’Histoire de France. Le camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fut un lieu d’internement de personnes jugées « indésirables » par l’État : républicains espagnols, Juifs, prisonniers coloniaux, nomades, harkis, migrants… Pas moins de 60 000 personnes y sont passées de 1941 jusqu’à la fin du XXe siècle.

    Ouvert depuis 2015, le Mémorial, témoin de toutes ces mémoires construit au milieu des vestiges des baraquements, vient de bénéficier d’une enveloppe de 2,6 millions de la Région Occitanie, du Département des Pyrénées-Orientales et de l’Union européenne afin de refondre intégralement son parcours. « Après dix ans d’existence, le Mémorial devait franchir une nouvelle étape. Nous ne voulions pas simplement actualiser un contenu ou moderniser des outils. Nous voulions nous interroger sur la manière dont un lieu de mémoire peut encore parler à la société d’aujourd’hui. Cette refonte est née d’une conviction : la mémoire n’a de sens que si elle continue à éclairer le présent et à nourrir la vigilance citoyenne », précise Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial.

    Une nécessité, à l’heure où la montée de l’extrême droite et des nationalismes dans le monde, prônant un discours d’exclusion, rappelle ces heures sombres de l’Histoire de France. « Comprendre comment des sociétés démocratiques ont pu accepter l’exclusion de certaines populations est une question fondamentale pour les générations actuelles », poursuit la directrice.

    Des îlots thématiques

    Ainsi, selon le nouveau parcours, aux côtés de la table centrale, colonne vertébrale de l’exposition, viennent s’ajouter des îlots « thématiques » (les exilés espagnols, la période de Vichy, la décolonisation, etc.). Une manière de faire dialoguer les périodes entre elles et de questionner le public. « Nous ne cherchons pas à juxtaposer des séquences historiques. Nous cherchons à faire émerger des questionnements. Faire dialoguer les périodes permet au visiteur d’identifier des mécanismes, des continuités, mais aussi des ruptures. L’objectif n’est pas de fournir des réponses toutes faites. C’est d’encourager une réflexion personnelle et critique », fait valoir Céline Sala-Pons.

    La refonte ne se limite pas à un changement scénographique. Les recherches récentes issues du conseil scientifique du Mémorial sont venues enrichir l’exposition. « De nouveaux travaux ont permis d’affiner notre connaissance du fonctionnement militaire du camp Joffre, des parcours des populations internées -notamment chez les nomades ou encore les soldats coloniaux- mais aussi des politiques publiques qui ont conduit à leur enfermement », souligne Céline Sala-Pons. Ces nouvelles recherches seront éclairées par des témoignages, une manière pour le musée « d’incarner l’Histoire, de lui donner un visage, un nom ». Des rencontres avec des témoins du camp sont d’ailleurs au programme.

    Le Mémorial entend également jouer à fond sa carte « lieu d’éducation à la citoyenneté » et essayer de toucher un plus large public. En ce sens, des parcours différenciés ont été mis en place : un parcours citoyen et un autre jeune public. Chaque année, pas moins de 20 000 élèves visitent le site. Des textes ont été simplifiés et traduits en plusieurs langues et les supports diversifiés. En somme, tout est fait pour donner des outils des réflexions. Car « la mémoire n’est pas tournée vers le passé. Elle est tournée vers les choix que nous faisons aujourd’hui et vers la société que nous voulons construire demain. »

  • La ligne Béziers-Neussargues se refait une santé

    La ligne Béziers-Neussargues se refait une santé

    « C’est une bonne nouvelle pour le maintien de notre ligne », estime Frédéric Laur. Le secrétaire du comité pluraliste de défense et de promotion de la ligne Béziers-Neussargues – également secrétaire CGT des cheminots de Millau – se félicite des travaux entrepris depuis le 1er juin sur cette ligne ferroviaire de l’Aubrac. Jusqu’au 3 juillet, les trains ne circuleront plus afin de réaliser des travaux de maintenance mais également le confortement de plusieurs ponts (dont Lieuran-lès-Béziers, Boujon-sur-Libron, Faugères), la sécurisation de parois rocheuses, notamment à Bédarieux.

    Une bonne nouvelle pour le comité mais également pour les usagers de cette « petite ligne » qui fait office d’exception à l’heure où ces dernières, jugées non rentables, sont menacées. « Plein de gens se l’approprient, certains y organisent des ateliers de théâtre, d’autres des cours d’anglais », poursuit le secrétaire. Néanmoins, Frédéric Laur espère de plus gros travaux afin de moderniser la ligne. « Elle doit retrouver sa performance. Aujourd’hui, sa vitesse est de 50km/h, les rails ont plus de 80 ans et on assiste parfois à des ralentissements », énumère le syndicaliste. Qui aimerait voir la fréquence des trains augmenter afin d’en faire profiter plus d’usagers. « Cette ligne a un plafond de verre. Par exemple, il n’y a que deux allers-retours pour aller à Millau, ce qui fait que souvent, on peut y aller mais ne pas revenir ou inversement. »

    Et pour être plus efficient, le fret pourrait faire son retour sur la ligne. « Cela mettrait aussi fin au dumping social dans le transport où des conducteurs d’Europe de l’Est sont recrutés pour rouler en camion, ce qui génère de la pollution », estime Frédéric Laur. Pour le moment, la ligne survit. Grâce au volontarisme des collectivités territoriales et à la mobilisation du comité et des usagers.