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  • Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    « Nous ne savons pas si nous allons garder Fame », lançait le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer Philippe Maurizot jeudi soir au conseil municipal. La régie autonome Festivités actions manifestations événement (Fame), établissement public organisateur de festivités locales, doit accueillir 6 représentants titulaires et autant de suppléants du conseil municipal à son conseil d’administration, sur proposition du maire.

    Aucun membre de l’opposition n’y figurant, Nicolas Féraud (PCF) demande à ce titre : « Allez-vous inviter un membre de Notre Fos ? », la liste conduite par Rémi Esnault, absent à la séance. « Ou allez-vous expliquer aux Fosséens que votre situation de majorité rend la transparence moins nécessaire que lorsque vous la défendiez », poursuit-il.

    Des audits internes

    À cela, Philippe Maurizot répond que « des audits démarrent sur les structures annexes de la commune » comme Fame, « il n’y a aucune garantie que Fame soit conservée, modifiée ou que nous faisions appel à une autre organisation ». Face à l’insistance de l’élu communiste de répondre à la question, l’édile explique n’avoir « rien à cacher, si un élu veut venir il pourra nous expliquer ce qui a été fait ».

    Dans la même veine, le maire envisage d’« arrêter certains projets comme la SPL sens urbain », la société d’aménagement à capitaux et direction publique associant les communes environnantes, un outil pour l’urbanisme. Même idée pour la Maison pour tous (MPT). « Ces organisations, au-delà du matériel, représentent un budget conséquent » justifie le nouvel édile, obsédé par la rigueur budgétaire (notre édition du 17/04).

    Un détricotage annoncé dans la lignée des mairies tombées à l’extrême droite.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

    LE CONCOURS

    « Je n’aurais jamais cru aller aussi loin, s’émerveille Chloé Muliva lorsqu’on l’interroge sur sa victoire au WorldSkills France. J’ai mis beaucoup de temps à réaliser mais c’est vrai que c’est agréable, en tant que fille qui évolue dans un secteur à dominante masculine, d’obtenir une reconnaissance. » Une expérience valorisante donc, mais aussi créatrice d’opportunités. « C’est vraiment une superbe aventure. C’est l’occasion d’obtenir des contacts mais aussi de découvrir des métiers que l’on ne connaît pas », liste-t-elle. Surmotivée, elle tente sa chance aux WorldSkills mondiaux 2027, avec l’équipe de France Abilympics.

  • 4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    Dans les années 1990 à Marseille, des archéologues mènent des fouilles sur la rive nord du Vieux-Port. Ils y découvrent des pépins de raisin particulièrement bien conservés. Leur âge ? Environ 2 600 ans. Soit la date à laquelle remonte l’arrivée de la viticulture en France via Marseille, sous l’influence des Grecs, selon les écrits historiques et l’archéologie. « Nous connaissions beaucoup de choses sur la production du vin et les échanges, mais très peu sur la nature des vignes utilisées, précise Laurent Bouby, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Nous avons maintenant des outils paléogénomiques puissants ». Et les réponses commencent à tomber, notamment grâce à l’ADN ancien contenu dans ces pépins marseillais et d’autres découverts sur des sites archéologiques français. « Cela permet de retracer l’arbre généalogique de la vigne en France et l’origine des cépages actuels », résume le chercheur, coauteur d’une étude parue dans Nature Communications.

    L’étude confirme des éléments connus. Par exemple que les plus vieux pépins découverts en France, à Nîmes et âgés de 4 000 ans, sont bien issus de plantes sauvages. « Des populations similaires à celles que nous connaissons aujourd’hui », précise Laurent Bouby. Les habitants utilisaient et consommaient les baies. « Nous ne savons pas s’ils la cultivaient », nuance-t-il. La culture arrive avec l’introduction de vignes domestiques, il y a 2 600 ans à Marseille. « Cela marque vraiment le début de la viticulture », souligne le chercheur. Et l’étude montre que ces premières vignes domestiques ont des liens de parenté avec des cépages d’aujourd’hui.

    Clonage

    Comme cela avait déjà été observé en Italie, il y a eu des croisements entre vignes sauvages et domestiques. « Cela a été un moteur important pour l’évolution de la vigne cultivée au cours de sa diffusion en Méditerranée et en Europe », résume Laurent Bouby. Peut-être pour faire émerger des variétés adaptées à certaines conditions écologiques et climatiques. Et ainsi permettre à la viticulture de se répandre vers le nord de la France, dès le Ier siècle de notre ère, jusqu’à Valenciennes.

    Enfin, l’étude montre la maîtrise des techniques de clonage et de greffe, probablement dès l’arrivée de la vigne domestique, il y a 2 600 ans. « C’est important pour reproduire des individus à l’identique, souligne Laurent Bouby. Nous nous doutions que ces techniques étaient maîtrisées car les textes antiques en parlent. Nous l’attestons ici avec la paléogénomique ».

    À quoi ressemblaient ces vignes ? Étaient-elles précoces ou tardives ? Les baies étaient-elles blanches ou noires ? Grosses ou petites ? « Ce sont les questions qui nous occupent maintenant », glisse Laurent Bouby. L’ADN ancien contenu dans les pépins a encore des choses à dire quant aux pratiques et aux choix des premiers viticulteurs en France.

  • 4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    Dans les années 1990 à Marseille, des archéologues mènent des fouilles sur la rive nord du Vieux-Port. Ils y découvrent des pépins de raisin particulièrement bien conservés. Leur âge ? Environ 2 600 ans. Soit la date à laquelle remonte l’arrivée de la viticulture en France via Marseille, sous l’influence des Grecs, selon les écrits historiques et l’archéologie. « Nous connaissions beaucoup de choses sur la production du vin et les échanges, mais très peu sur la nature des vignes utilisées, précise Laurent Bouby, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Nous avons maintenant des outils paléogénomiques puissants ». Et les réponses commencent à tomber, notamment grâce à l’ADN ancien contenu dans ces pépins marseillais et d’autres découverts sur des sites archéologiques français. « Cela permet de retracer l’arbre généalogique de la vigne en France et l’origine des cépages actuels », résume le chercheur, coauteur d’une étude parue dans Nature Communications.

    L’étude confirme des éléments connus. Par exemple que les plus vieux pépins découverts en France, à Nîmes et âgés de 4 000 ans, sont bien issus de plantes sauvages. « Des populations similaires à celles que nous connaissons aujourd’hui », précise Laurent Bouby. Les habitants utilisaient et consommaient les baies. « Nous ne savons pas s’ils la cultivaient », nuance-t-il. La culture arrive avec l’introduction de vignes domestiques, il y a 2 600 ans à Marseille. « Cela marque vraiment le début de la viticulture », souligne le chercheur. Et l’étude montre que ces premières vignes domestiques ont des liens de parenté avec des cépages d’aujourd’hui.

    Clonage

    Comme cela avait déjà été observé en Italie, il y a eu des croisements entre vignes sauvages et domestiques. « Cela a été un moteur important pour l’évolution de la vigne cultivée au cours de sa diffusion en Méditerranée et en Europe », résume Laurent Bouby. Peut-être pour faire émerger des variétés adaptées à certaines conditions écologiques et climatiques. Et ainsi permettre à la viticulture de se répandre vers le nord de la France, dès le Ier siècle de notre ère, jusqu’à Valenciennes.

    Enfin, l’étude montre la maîtrise des techniques de clonage et de greffe, probablement dès l’arrivée de la vigne domestique, il y a 2 600 ans. « C’est important pour reproduire des individus à l’identique, souligne Laurent Bouby. Nous nous doutions que ces techniques étaient maîtrisées car les textes antiques en parlent. Nous l’attestons ici avec la paléogénomique ».

    À quoi ressemblaient ces vignes ? Étaient-elles précoces ou tardives ? Les baies étaient-elles blanches ou noires ? Grosses ou petites ? « Ce sont les questions qui nous occupent maintenant », glisse Laurent Bouby. L’ADN ancien contenu dans les pépins a encore des choses à dire quant aux pratiques et aux choix des premiers viticulteurs en France.

  • Florence Lépine : « Une première étape contre la précarité menstruelle »

    Florence Lépine : « Une première étape contre la précarité menstruelle »

    La Marseillaise : En quoi cette annonce est une avancée ?

    Florence Lépine : C’est une mesure que l’on attendait depuis longtemps. Elle avait été annoncée, le 6 mars 2023 mais elle avait été reportée de mois en mois… C’est une première étape dans la lutte contre la précarité menstruelle comme un enjeu de santé publique. Après, il y a encore des inconnus sur sa mise en place effective.

    Lesquelles ?

    F.L. : Sur le cahier des charges des protections remboursées d’abord car on est attentives, au sein de l’association, à la composition de ces protections. De plus, le fait que seules les protections réutilisables soient remboursées ce n’est pas adapté à tous les publics. Notamment les femmes qui sont en parcours migratoires ou à la rue, car elles n’ont pas forcément accès à des points d’eau, à des toilettes qui puissent leur permettre de laver et d’utiliser ces protections en toute sécurité. Une coupe menstruelle par exemple, il faut la stériliser avant de l’utiliser.

    Vous souhaiteriez que le remboursement s’élargisse ?

    F.L. : C’est encore un peu tôt. On va déjà attendre d’avoir la mise en œuvre effective et le cahier des charges. Et peut-être élargir au-delà de 26 ans, car les règles s’arrêtent autour de 50 ans en moyenne. Mais cette mesure permet de mettre en lumière le sujet de la précarité menstruelle. Aujourd’hui, en France, environ 4 millions de personnes sont dans cette situation.

    Et en région Paca ?

    F.L. : Nous n’avons pas encore de chiffres, mais il y a une précarité globale qui est assez importante, notamment dans les Bouches-du-Rhône, avec beaucoup de familles monoparentales qui sont directement impactées par cela. Le public étudiant est lui aussi très touché. Une association étudiante avait démontré que l’un des premiers postes de dépense qui sautait pour les étudiantes était celui des protections périodiques.

  • Une Semaine olympique très compétitive à Hyères

    Une Semaine olympique très compétitive à Hyères

    Du 18 au 25 avril, la Semaine olympique française de Hyères réunira les dix classes olympiques.

    Deuxième étape du Sailing Grand Slam après Palma, l’épreuve française s’annonce comme un rendez-vous clé pour les athlètes engagés. Avec 136 inscrits, la flotte des ILCA 7 (dériveur solitaire hommes) s’impose une nouvelle fois comme la plus dense de cette Semaine olympique française. Elle devance les ILCA 6 (83 engagées) et les iQFOiL hommes (66 concurrents).

    Au moins quatre grandes chances de médailles

    Du côté des Françaises, on retrouve la championne du monde Louise Cervera et la Hyéroise Marie Barue chez les ILCA 6. En iQFOiL hommes, tous les regards seront tournés vers le Français Nicolas Goyard, récent vainqueur du Trofeo SAR Princesa Sofia 2026, qui arrive en grande forme. Hélène Noesmoen, 8e du Trofeo SAR Princesa Sofia 2026, fera son retour sur la SOF. Lauriane Nolot, vice-championne olympique et vainqueure à Palma, arrive en grande favorite dans la catégorie Formula Kite. Matisse Pacaud et Lucie de Gennes, troisièmes de la dernière Semaine olympique française, auront à cœur de jouer les premiers rôles en 470.

    Et chez les Nacra 17, Tim Mourniac et Aloïse Retornaz devront se frayer un chemin dans un plateau ultra-relevé, avec les Italiens Ruggero Tita et Caterina Banti, doubles champions olympiques (Tokyo 2020 et Paris 2024) et les Argentins Mateo Majdalani / Eugenia Bosco, médaillés d’argent à Paris 2024 et 2e du Trofeo SAR Princesa Sofia 2026.

  • De Marseille à Berlin pour témoigner

    De Marseille à Berlin pour témoigner

    Gérard Agresti

    Fils de Roger Agresti (1921-2005) déporté rescapé du camp

    « Roger, mon père avait 21 ans. Il est revenu vivant de Sachsenhausen. Il était du convoi du 28 avril depuis Compiègne. Il a fait partie des “marches de la mort” jusqu’au bois de Criwitz avec un petit groupe de Marseillais qui ont cheminé vers l’ouest jusqu’à rencontrer des soldats américains le 2 mai 1945 aux environs de Schwerin. Arrivé gare Saint Charles, un marin lui est tombé dans les bras. C’était mon frère qui a dû lui annoncer que son père était mort. Papa parlait peu de sa déportation car les petits n’ont pas à entendre des choses atroces. Il nous avait écrit son témoignage en 1995. Quand il allait dans les collèges, c’était pour dire ce qu’il avait vécu mais aussi ce qui peut advenir. Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si mon père humaniste voyait qu’autant de peuples se font massacrer aujourd’hui en Europe et au Moyen-Orient. »

    Fernand Riberi

    Petit-fils de Francesco Commentale, mort à Sachsenhausen

    « Les jeunes Allemands à qui j’ai raconté le sort tragique de mon grand-père sur lequel l’Histoire s’est acharnée ont posé beaucoup de questions. Le peuple allemand est très investi dans ce travail de mémoire. Ils ont un besoin de rédemption je crois. Ils nous renvoient l’image positive d’une jeunesse qui veut tirer les leçons de l’Histoire. Ces récits tragiques qu’on leur fait découvrir des rafles de Marseille de 1943, c’est une histoire qui leur appartient aujourd’hui. Vu le contexte international des conflits qui éclatent de l’Ukraine, à l’Iran et au Moyen Orient, c’est important. Si vous oubliez l’Histoire, elle ne vous oublie pas. Je leur ai dit à ces jeunes, vous êtes dépositaires aujourd’hui d’une mémoire qu’il vous appartient de transmettre. On espère que parmi eux, certains s’en empareront. On aura alors gagné notre pari. »

    Pascal Luongo

    Avocat qui a rédigé la plainte pour crime contre l’humanité

    « La mission du collectif est de transmettre cette mémoire afin qu’elle résonne au présent, portée par ceux qui l’ont vécu, en la replaçant dans la notion de crime contre l’humanité. Cette page tragique du quartier de Saint-Jean doit être racontée et enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt les 16 et 17 juillet 1942 par les mêmes acteurs. Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que 250 Marseillais y sont passés, certains y sont morts, tous victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy. Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain, côté français et d’Hitler, côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Il faut transmettre la mémoire entre Marseille et Berlin de ce qu’a produit la collaboration et le nazisme, une page pas bien écrite, en tout cas pas lue et pas retenue. »

    Antoine Mignemi

    Président du collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, raflé à 5 ans

    « Je suis un des derniers survivants de la rafle. J’avais 5 ans. J‘ai toujours porté au fond de moi cette tragédie. J’en garde des souvenirs d’enfant. Je revois le visage de ma mère marqué par l’angoisse quand on nous emmène le jour de la rafle. Mon père avait fui Mussolini. Nous étions pauvres mais heureux dans cette Petite Naples. Il y avait beaucoup de solidarité entre les gens. Mon père avait un salon de coiffure au 140 quai du Port. Nous habitions 66 rue Saint-Laurent là où je suis né le 24 novembre 1937 et qui a été rasé en février 1944. Quand on est revenu de Fréjus, ça a été la misère. Mon vécu a toujours été marqué par l’injustice permanente surtout sociale. J’ai des convictions sur la lutte des classes et je sais aussi qu’un pouvoir politique même démocratique peut arriver à imposer des injustices. Heureusement que la plainte pour crime contre l’humanité en 2019 a fait ressurgir cette rafle du 24 janvier 1943. »

  • Mikaël Mergui se prépare à un retour sur la Route du Rhum

    Mikaël Mergui se prépare à un retour sur la Route du Rhum

    Après une première tentative lors de la précédente édition, Mikaël Mergui se lance, à nouveau, dans une des transats les plus exigeantes : la Route du Rhum.

    « C’est pour moi la course mythique, celle que je regardais à la télévision en famille. J’ai déjà eu la chance d’être au départ… Mais c’est une épreuve à part. Avant même de s’élancer, il faut se qualifier, accumuler des milles, mériter sa place », explique-t-il. Mais, avant de prendre le départ, il a mis le cap de son Centrakor vers l’Atlantique, qui sera le champ de jeu des skippers au départ.

    « Gagner sa place à la Route du Rhum est déjà un défi en soi, j’ai tout mis en œuvre pour en être », précise-t-il. Avec le retour à la navigation en solitaire. « Le solo est encore une autre dimension. J’aime le double, j’aime la coopération, me dépasser avec mon co-skipper. Mais là, il faut aussi se battre contre soi-même : le mental, la fatigue, la gestion du sommeil, la nutrition. »

    Néanmoins, s’il sera seul à la barre lorsque l’épreuve se déroulera, c’est un travail d’équipe qui va permettre au Hyérois de décrocher son billet pour la Martinique.

    Un travail d’équipe

    Derrière le marin se cache une formation solide, fidèle et engagée. Son partenaire historique : Centrakor, l’enseigne de décoration, et Hirsch, spécialiste de la sécurité informatique, qui a rejoint l’aventure l’année dernière.

    Deux piliers qui accompagnent l’objectif sportif, humain et ambitieux de Mikaël : « C’est incroyable de voir l’émulation autour de ce projet. Chaque année, c’est une nouvelle histoire que nous tissons, avec toujours plus de personnes embarquées et de nouvelles rencontres. »

    Ce soutien pluriel est sa force lorsqu’il est à la barre : « J’ai toujours autant de plaisir à faire rayonner la course au large, à intervenir chez mes partenaires, faire découvrir ma passion et voir comment une entreprise peut se mobiliser autour d’un projet de cette envergure. »

    Après un hiver à terre, où la saison se joue souvent bien avant les départs. « L’hiver est toujours bien spécial. Tu t’enfermes dans le hangar avec ton bateau, en vase clos. Tu contrôles tout, tu vérifies tout. Tu cherches à gagner en confort, en vitesse, avec des modifications… Chaque détail devient stratégique : optimisation, fiabilité, performance. Rien n’est laissé au hasard. C’est un moment très introspectif », explique Mikaël Mergui.

    Après un mois de mars mis à profit pour remettre en route la machine, avec des premières sorties. « Chaque mille parcouru, chaque réglage, chaque choix technique construit l’objectif final : être prêt pour l’un des rendez-vous les plus mythiques de la course au large, la Route du Rhum. Faire briller les couleurs de la Team Centrakor-Hirsch, porter haut les valeurs du projet, et continuer à faire rayonner la Méditerranée sur toutes les mers. »

    Avec une hâte pour Mikaël Mergui : « Revoir le bateau à l’eau avec son nouveau visuel, ses pavois ajoutés sur les côtés, et deux portes d’entrée. »

    Programme 2026

    – Trin40 (première édition) – départ de La Trinité-sur-Mer

    – Armen Race

    – Normandy Channel Race

    – DREAHM Cup

    – Malouine 40

    Et bien sûr, en ligne de mire : la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, départ le 1er novembre

    depuis Saint-Malo.