Category: accueil-third

  • Deux procédures lancées contre la mairie de Solliès-Toucas par Univers Mentor

    Deux procédures lancées contre la mairie de Solliès-Toucas par Univers Mentor

    Blasco Mentor a laissé une trace importante dans l’histoire de l’art au XXe siècle. Né en 1919, peintre virtuose, à 14 ans il obtient l’entrée aux Beaux-arts de Barcelone, dont il est l’un des trois seuls médaillés (avec Picasso et Clavé). Engagé dans l’armée républicaine, il fuit la dictature franquiste pour la France, puis rallie le Var où il est pris en charge par des réfugiés espagnols, dont Nieves, sa future épouse, qui habite Solliès-Toucas.

    Après la guerre, il s’installe à Paris et obtient une renommée internationale, gardant une forte attache à Solliès, où il fait bâtir une maison – la Casa Nieves – qu’il enrichit de ses œuvres au fil du temps pour en faire une « œuvre totale ». Il meurt en 2003, son épouse 4 ans plus tard. Avant cela, ils font don à la commune de la Casa Nieves et de centaines d’œuvres. Ils attachent des obligations à cette donation, dont « l’inaliénabilité de l’ensemble, la garde, l’entretien et l’assurance, la création d’une fondation », détaille Isabelle Rollin-Royer, directrice d’Univers Mentor, fondation créée en 2011, exécutrice testamentaire, titulaire du Droit moral et de l’expertise de l’œuvre de Mentor.

    La mairie condamnée

    Jusqu’en 2020, la collaboration avec la mairie est fructueuse. Mais tout change avec l’élection de Jérémie Fabre : « Il annonce publiquement que la peinture ne l’intéresse pas, comme Mme Addou, sa directrice de cabinet, qui déclare que ce qui l’intéresse, c’est uniquement la Casa Nieves », affirme l’exécutrice testamentaire. S’ensuit une bataille juridique autour des obligations de la donation, la mairie « prétendant ne pas être propriétaire des œuvres mais seulement de la Casa Nieves ».

    Des travaux y sont engagés en 2023. Et selon Isabelle Rollin-Royer, « après ceux-ci, nous découvrons beaucoup d’œuvres et objets endommagés, détruits, d’autres disparus. » En novembre 2024, Univers Mentor lance deux procédures judiciaires : une en référé à Marseille, pour contraindre la mairie à respecter les termes de la donation, l’autre « au fond », à Toulon pour demander la nullité de la donation. De son côté, pour obtenir que la Casa Nieves soit débarrassée de son contenu, la mairie lance une procédure administrative contre Univers Mentor à l’issue de laquelle le juge refuse sa demande, la condamnant à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à la fondation. La mairie s’est pourvue en cassation.

    Quant aux deux procédures entamées par Univers Mentor, la première, dont l’audience avait été reportée au 21 janvier dernier, a été à nouveau repoussée en vertu du pourvoi en cassation.

    Pour la seconde, la mairie souhaiterait dépayser l’affaire à Marseille. Univers Mentor constate que depuis plus d’un an la mairie cherche à gagner du temps. Contactée, la mairie dit se garder de tout commentaire concernant des affaires en cours.

  • Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Installé depuis 2021 au cœur du Parc Kalliste, proches des cités Granière et La Solidarité dans le 15e arrondissement de Marseille, le centre de santé pluridisciplinaire et expérimental s’est vu menacé par des coupes budgétaires impliquant la fin du dispositif Secpa, annoncée par le Premier ministre. De quoi soulever l’inquiétude parmi la population pour qui l’utilité de la structure n’était plus à prouver. Les équipes de soignants, d’assistantes sociales et de traducteurs s’étaient rassemblées le 6 février pour demander au gouvernement de sauver leur château. Un plaidoyer entendu au ministère de la santé le 17 février dernier et qui a permis à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de confirmer le maintien du dispositif et de son financement jusqu’à la fin de l’année. Un espace de travail pour préparer l’inscription des Secpa dans le droit commun est également ouvert.

    Relire Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

  • Les nouveaux visages de l’équipe Delafosse à Montpellier

    Les nouveaux visages de l’équipe Delafosse à Montpellier

    Des jeunes, des moins jeunes, des actifs ou des retraités. La liste de Michaël Delafosse qui doit être déposée en préfecture ce vendredi 20 février, est renouvelée environ au tiers.

    Parmi les nouveaux visages, certains se présentent à une élection pour la première fois. Comme Émilie Biondi. À 26 ans, cette fonctionnaire contractuelle en mairie (hors Métropole) a été séduite par « le respect des engagements pris » lors du mandat qui s’achève. Membre du PRG, elle se dit attachée au principe de laïcité érigé comme totem par le maire PS. Elle veut « agir sur des choses concrètes du quotidien » et « faire entendre la parole de la jeunesse ». « J’ai fait 5 ans d’études pour comprendre comment marche une administration, un budget. On ne donne pas les clés aux citoyens pour s’intéresser à la politique », déplore Émilie passionnée de démocratie participative.

    Comme elle, Éliane Urtado, 64 ans, se présente pour la première fois. Mais l’engagement citoyen, la militante au collectif pour la ligne 5 de tramway le connaît par cœur. « Je me suis investie 30 ans dans la vie associative. Pour le parc Clemenceau, puis le collège et le tramway qui change nos vies dans le quartier », se réjouit celle qui aime le « mode de gouvernance apaisée » de M. Delafosse. Ex-enseignante en maternelle aujourd’hui retraitée, elle se verrait bien travailler sur la problématique « Grandir dehors » entre enfants et jardins.

    Grégoire Delforge a lui déjà une expérience d’élu (à Villeneuvette). S’il a rejoint le maire sortant quitte à se faire suspendre de son parti, c’est parce que l’écologiste trouve que « M. Delafosse a une capacité d’écoute, il sait garder un cap malgré les critiques ». Alors que J-L. Roumégas « est dans une logique de rupture, de posture et N. Oziol mène avec LFI une campagne nationale ». Passionné d’éducation populaire, il est convaincu que « les gens sont prêts à la transition écologique si les politiques publiques sont justes, simples et compréhensibles ».

    Ancienne membre d’EELV aujourd’hui à Place Publique, Jacqueline Markovic sera aussi sur la liste Delafosse. Tout comme Muriel Ressiguier, ancienne députée LFI fâchée avec Mélenchon et aujourd’hui pragmatique face à la montée de l’extrême droite. « Soit on continue à se déchirer pour des virgules dans un tract, soit on prend notre place. Je laisse la haine aux haineux et je choisis mon camp sans aucune hésitation », explique M. Ressiguier qui se verrait bien travailler sur le logement.

    Qui dit renouvellement dit aussi départs. On sait déjà que Hind Emad ne soutient plus Delafosse. Démissionnaire, la vice-présidente à l’économie pourrait rebondir sur une autre liste…

  • [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    Pour attirer un nouveau public ou accueillir de nouveau des visiteurs conquis, le musée Maison rouge lance une initiative innovante avec « Les Aventures de l’Extra-Monde ». Ce jeu de piste, qui se déroule au milieu des collections du musée, s’adresse à un public familial avec des enfants bons lecteurs. L’objectif de cette quête est de retrouver « l’élixir de soie pur ». Pour ce faire, les visiteurs devront réaliser sept quêtes d’environ une heure chacune.

    « Un jeu d’aventure »

    « C’est un jeu d’aventure qui peut se faire en individuel ou en collectif. Soit on est sept et chacun peut incarner un personnage pour réaliser une quête, soit les joueurs peuvent réaliser plusieurs quêtes en une journée et revenir pour réaliser l’ensemble des quêtes. Ils circulent dans tous les espaces du musée à la recherche d’indices pour trouver des ingrédients de l’élixir », explique Carole Hyza, la conservatrice.

    Si les enfants auront tout le plaisir de chercher des indices dans les recoins du musée, cette sorte d’escape game réalisé par un prestataire privé comporte plusieurs niveaux de difficulté selon les personnages et s’adresse donc aussi aux adultes désireux de se creuser les méninges. « Les dernières quêtes ne peuvent pas être réalisées par un enfant seul », confirme Carole Hyza.

    Pour réaliser ce jeu, le musée a mis en place un pack à 30 euros qui permet de revenir autant de fois que nécessaire pour finir le jeu. Celui-ci devrait être disponible au moins deux ans dans le musée des Vallées cévenoles.

  • Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Pour les quelque 25 000 communes françaises de moins d’un millier habitants dont 175 (sur 341) dans l’Hérault et 208 (sur 351) dans le Gard, ces municipales auront le parfum de la nouveauté. Pour la première fois la parité sera obligatoire et le panachage, cette pratique qui permettait de rayer ou d’ajouter des noms sur les listes, interdit.

    Pour l’Association des maires de France, la réforme adoptée au printemps 2025 est positive. Avoir autant de femmes que d’hommes élus dans les mairies est bien entendu progressiste. Quant à la fin du panachage, le nouveau mode de scrutin permet de « voter pour une liste et un projet » plutôt que de se livrer à un « règlement de comptes », estime Frédéric Roig, président de l’AMF de l’Hérault.

    La fin du « tir au pigeon »

    « Le panachage, c’était un peu le tir au pigeon », explique Michel Crespy. « Les voisins mécontents réglaient leurs comptes au détriment des idées », illustre le politologue.

    Pour autant, ce changement drastique n’est pas sans conséquences. « On ne peut pas parler de bouleversement du scrutin mais la parité rend plus compliquée la constitution des listes. Plus la commune est petite, plus c’est difficile », résume Michel Crespy. Par ailleurs, les conseils municipaux des petites communes étant majoritairement constitués d’hommes, il va falloir apprendre laisser la place. « C’est très bien, cela va renouveler les conseils municipaux et mettre fin au male gaze [le regard masculin, Ndlr]. »

    En 2020, la réforme s’était déjà imposée aux communes de 1 000 à 3 500 habitants. La conséquence avait été une baisse des candidatures avec 48% des communes concernées avec une seule liste. Couplé à la fin du panachage, le risque pour l’électeur en l’absence de suspens est une perte d’intérêt au vote qui peut se traduire par une abstention en hausse. D’un autre côté, « s’il n’y a qu’une liste déclarée c’est que les citoyens ne sont pas si mécontents que cela de la municipalité en place », tempère Michel Crespy.

    Dernière conséquence et pas des moindres, une crise des vocations pourrait toucher certains villages. Actuellement plusieurs dizaines de communes françaises (contre seulement 17 en 2020) pourraient se retrouver sans aucune liste. Pour elles, le risque serait d’être placées sous administration provisoire de la préfecture voire d’être rattachées à une autre commune.

  • Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Ponctué de discours engagés, ce concert s’inscrit dans la « Tournée Municipales » lancée par le média spécialisé dans le rap « Grünt » le 5 février dernier.

    Une lutte qui se veut être « un rassemblement contre la haine », contre l’extrême droite et son idéologie « xénophobe, autoritaire, antisociale et climatosceptique ». Lors d’une table ronde organisée par Streetpress, le fondateur de Grünt, Jean Morel, alerte sur la mise en péril de la culture engendrée par la coupe de subventions.

    Dès lors, il avertissait sur « la disparition culturelle » et « l’augmentation de l’obscurantisme : De moins en moins de gens peuvent accéder à des choses qui font qu’on s’aime les uns les autres ». Après Marseille, Tours, Saint-Brieuc, Laval et Nice, la tournée se poursuivra à Lyon, Tourcoing, Caen et Strasbourg.

    Emma Kerbourc’h

    Concert complet

  • [Entretien] Pascal Chamassian : « Ils auraient pu choisir le silence, ils ont choisi le combat »

    [Entretien] Pascal Chamassian : « Ils auraient pu choisir le silence, ils ont choisi le combat »

    La Marseillaise : Pourquoi célébrer cet anniversaire ?

    Pascal Chamassian : D’abord parce que le mouvement Missak Manouchian est né le jour de la panthéonisation, le 21 février 2024. Il a été créé par ceux, dont je fais partie, qui ont milité depuis des décennies pour que cette panthéonisation ait lieu. Il y a eu deux moments forts dans ce processus. En 2010, on a fait installer sur le Vieux-Port le buste de Missak Manouchian. Et en 2014, nous avons lancé l’idée de sa panthéonisation. Dix ans après, ça a été un effort collectif qui a permis cette reconnaissance nationale.

    Pourquoi était-ce important ?

    P.C. : Parce que nous pensons que dans la société dans laquelle on vit, rappeler la mémoire de Manouchian et de ses camarades, de l’affiche rouge, est plus important que jamais. Pour rappeler ce qu’étaient leurs valeurs, dans une société où il y a eu une banalisation du racisme et un repli identitaire. Il faut rappeler que des étrangers sont morts pour la France, à cette époque [de la Seconde Guerre mondiale]. Il est impératif de le redire dans les temps que nous traversons. Nous avons pris la décision de célébrer, tous les 21 février, la date de l’exécution du groupe de résistants de Manouchian en 1944 et sa panthéonisation. Ils n’étaient pas nés Français, ils étaient étrangers, exilés, parfois rescapés de persécutions, ils étaient Arméniens, Espagnols, juifs, Hongrois. Ils auraient pu choisir le silence, ils ont choisi le combat. Ils se sont battus pour la liberté, l’égalité et la justice. C’est ce qu’on rappelle à l’occasion de cet anniversaire.

    C’est ce que votre mouvement porte comme valeurs ?

    P.C. : Notre mouvement doit être la boussole d’une petite vigilance démocratique. Cet événement est aussi l’occasion pour nous de faire un point sur les actions de notre mouvement. Nous voulons mettre en avant ce que nous mettons en place. En France, d’abord, où par l’éducation, nous rappelons les valeurs de Missak Manouchian. Mais aussi en Arménie, où nous œuvrons pour la sécurité et la défense du pays, qui est dans une période de vulnérabilité extrême depuis 2008.

    Il existe un lien fort entre la France et l’Arménie, particulièrement à Marseille…

    P.C. : Marseille, c’est le port d’arrivée depuis toujours des rescapés… Enfin, ça a été celui des rescapés du génocide arménien en Europe. Marseille, c’est d’une certaine façon la capitale des Arméniens d’Europe. Même ceux qui n’y sont pas restés et qui ont continué leur route, en France ou en Europe, sont forcément passés et ont débarqué à Marseille. La cité phocéenne, c’est cette terre d’accueil. Il y a une histoire particulière entre Marseille et les Arméniens. Ça, c’est historique. Et ça fait plus d’un siècle que ça dure. Iici, il y a une communauté arménienne qui est dense et dynamique. Et le rapport avec le pays est permanent. Marseille et les Arméniens, c’est indissociable.

    Réception ce vendredi à 19h, au centre de la JAF à Marseille. Inscription recommandée au 04.91.80.28.20

  • Une mise en lumière de la peinture provençale

    Une mise en lumière de la peinture provençale

    On veut mettre en avant nos grands maîtres provençaux », explique Éloïse Massot, membre du service culturel de Sisteron, à l’initiative de cet événement en partenariat avec Arsud. Une sélection de 25 peintures de grandes figures de l’école provençale, telles qu’Émile Loubon, Paul Guigou ou Adolphe Monticelli, permet de mettre à l’honneur cette période, de 1840 à 1950, très riche en peinture pour la région. Le président de l’établissement public Arsud, ainsi que l’élu à la culture de la ville de Sisteron, seront présents sur place pour le vernissage.

    « Un élan de mise en valeur de leur territoire »

    L’école provençale est un mouvement artistique régional regroupant des peintres unis par leur attachement à la à notre région. Elle représentait, par la peinture, les paysages et la lumière du Sud. « Ils peignaient autant la terre que la mer », explique Éloïse Massot, d’où le nom de l’exposition. « Ces artistes, se sont attachés à peindre leur terre avec sincérité, avec un élan de mise en valeur de leur territoire », détaille le peintre George Coulomb sur son site internet. Émile Loubon, figure majeure de ce mouvement, excellait dans la peinture de paysages champêtres et de scènes de vie rurale.

    Espace d’Ornano du musée gallo-romain – entrée gratuite
    Vernissage ce vendredi à 18h.

  • Cette petite épicerie qui« fait revivre le village de Peyruis »

    Cette petite épicerie qui« fait revivre le village de Peyruis »

    C’est le poumon du village, ils le font revivre ! », s’exclame un client en rentrant dans la seule épicerie du village de Peyruis, près des Mées. Parfois, ils sont jusqu’à une dizaine d’habitants à s’y retrouver pour discuter et boire le café le matin. Dans cette commune vidée de ses commerces, qui ne compte plus un seul café, le gérant de l’épicerie, Arnaud Chaumond, 33 ans, ancien éducateur en foyer, a voulu remettre de la vie. Il connaît par cœur les habitués du commerce, les salue tous par leur prénom et adapte ses produits en fonction de leurs souhaits, sur commande. « On peut prévoir des jours où les bananes arrivent vertes, je vais organiser ça pour toi», lance-t-il à Rose, retraitée, qui lui dit les préférer de cette couleur. « C’est mon petit fils adoptif, comme je n’ai pas de petits enfants », explique-t-elle.

    Arnaud Chaumond a stoppé sa carrière dans le médico-social à l’âge de 23 ans: « il n’y avait plus de moyens, ça me faisait mal au ventre. J’ai voulu lier ma passion pour le social avec cette nouvelle vie de commerçant, garder cette proximité avec les gens», confie-t-il. Une autre thématique qui lui tient à cœur est celle des agriculteurs, « laissés pour compte». C’est pour cela qu’il a décidé de les mettre en avant dans son épicerie, en proposant les produits d’une douzaine de producteurs locaux, dans un rayon de 15 kilomètres autour du village. « Peyruis a perdu 80% de ses commerces en 4 ans. Le bar a fermé, l’un des deux restaurants et le tabac aussi», regrette-t-il. Son projet est d’ailleurs de racheter ce tabac. « Je veux juste faire revivre le village !», s’exclame-t-il.

    « Faire vivre les petits producteurs locaux »

    Le gérant vient également de lancer un service de livraison, notamment pour les personnes en perte de mobilité. Il livre lui-même, aux horaires de fermeture de l’épicerie, entre 13 et 16 heures. « ça me fait plaisir parce que ça me permet d’aller au plus près des gens», détaille-t-il. Arnaud Chaumond veut également faire baisser les prix, actuellement plus élevés qu’en grande surface, en faisant appel à un nouveau grossiste. « J’attaque ce problème de prix à bras le corps, il est hors de question que les clients paient trop cher !», affirme-t-il.

    Tous les soirs, le jeune gérant « pianote sur internet à la recherche de nouveaux produits originaux» pour répondre aux demandes des clients, adolescents comme retraités. «Deux baguettes de pain comme tous les jours ?», « Petite mine, ça va ?», «A demain !», lance-t-il à un client âgé. «C’est ce que j’adore ici, cet échange. Les clients sont à l’aise et osent nous dire ce qu’ils veulent.» Dans les prochains jours, Arnaud Chaumond va notamment proposer aux habitants de Peyruis «un plateau de dégustation avec des fromages et des yaourts de la ferme». Il veut ainsi «montrer qu’on peut bien manger avec des produits de qualité à moins de 15 kilomètres de chez soi», avec l’idée de «faire vivre les petits producteurs dans la tourmente qu’ils subissent».

    Dans ses étales, le commerçant vend des fromages de vache frais, des pommes Golden, des pommes de terre, des baguettes de pain, des yaourts aux marrons d’agriculteurs locaux, mais aussi des produits de base, des pâtes, des boîtes de conserve ou encore des surgelés. Né à Martigues, Arnaud Chaumond a ensuite grandi à Fos, puis s’est installé dans les Alpes-de-Haute-Provence pour suivre une formation à Seyne-les-Alpes.

  • L’accueil des femmes victimes

    L’accueil des femmes victimes

    Partir est une chose, encore faut-il savoir où aller. Les femmes victimes de violence sont particulièrement précarisées par leur condition, notamment lorsqu’elles réussissent à quitter le domicile conjugal. En matière d’hébergement, le champ de compétence est normalement étatique, compétence pleine permise par des lois de décentralisation. Une prise en charge à titre supplétif est cependant permise par l’article L222.5 alinéa 4 du Code Social, pour les femmes avec enfants de moins de 3 ans. Un moratoire de 2017 disposait qu’en l’absence de solution dans un contexte d’embolisation pour l’État, le Département s’engageait à héberger les femmes et ce même avec des enfants de + de 3 ans sur une durée maximale de 2 mois.

    Des manquements multiples

    Cet accord reposait notamment sur l’engagement de l’État censé prendre le relais à la fin de ladite période. Promesse non tenue. Étranglé, le Département a été contraint de remettre en question l’accord passé et de se rabattre sur une durée de prise en charge plus courte. Ainsi, dès le 1er février 2025 le Conseil départemental a continué d’assurer une prise en charge à titre subsidiaire de 15 jours non renouvelables s’il était avéré que le 115 ne pouvait être en capacité de proposer une mise à l’abri. Alors, désengagement étatique ou réelles restrictions budgétaires ? Le rapport sénatorial sur l’évolution des financements de la lutte contre les violences faites aux femmes du 3 juillet 2025 déplore des financements qui, quoiqu’en augmentation, restent morcelés. La Cour des comptes l’avait déjà relevé dans son rapport de 2023, les manquements sont multiples : absence de politique globale, services chargés du pilotage peinant à assurer leur fonction, moyens budgétaires peu lisibles. L’État a cependant mis en place des actions concrètes telles que le protocole portant gratuité des transports sur tout l’Hérault pour les femmes victimes de violence.Cela permet ainsi aux femmes isolées notamment d’un point de vue géographique de se déplacer vers les dispositifs mis en place. Il existe uniquement deux structures en Hérault destinées à l’accueil des femmes victimes de violence : le Centre Bouissonnade et l’Amicale du Nid. Suite à un diagnostic commandé par la DDETS (direction départementale de l’emploi du travail et des solidarités), des places supplémentaires ont été ouvertes par l’Amicale du Nid. D’autres associations d’hébergement qui ne reçoivent habituellement pas ce genre de public ont également ouvert leurs portes afin de pouvoir pallier au maximum aux défaillances étatiques. Autant mettre un pansement sur une plaie béante.

    Les politiques publiques se doivent d’évaluer afin de répondre aux besoins de ces femmes et permettre une prise en charge effective qui ne continue pas de tirer sur un système déjà essoufflé.

    Par Inès Trambouze, SAF Montpellier

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail : avocats@lamarseillaise.fr