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  • Linguine à la crème de chèvre, courgette croquante et pignons

    Linguine à la crème de chèvre, courgette croquante et pignons

    « Les choses simples sont souvent les meilleures », tel est le credo de Judith, la cheffe du Bistroquet qui vous propose une recette savoureuse, généreuse, gourmande et de saison.

    Une crème nappante

    Pour commencer, émincez l’échalote et faites-la revenir à la casserole dans du beurre et à feu doux. Pendant ce temps, coupez la bûche de chèvre en morceaux grossiers et réservez. Quand le beurre est fondu et que l’échalote a cuit quelques minutes, ajoutez le fromage et remuez. Attention, la cheffe vous conseille de ne pas mettre tout le chèvre dès le début pour pouvoir ensuite ajuster en fonction de vos goûts. Ajoutez ensuite un peu de crème liquide et assaisonnez avec du sel, du poivre moulu et un peu de piment d’Espelette en poudre. Remuez de nouveau et laissez cuire à feu doux toujours.

    Dans une poêle à feu très doux, faites torréfier les pignons. Quand ils sont dorés, ajoutez un filet de miel, remuez et éteignez le feu. Ils prennent un goût légèrement sucré sans pour autant les faire caraméliser.

    Des saveurs équilibrées

    Faites cuire vos pâtes dans l’eau et une fois qu’elles sont prêtes, égouttez puis déposez-les dans la sauce au chèvre lorsque celle-ci est épaissie et le fromage majoritairement fondu. Remettez la casserole sur feu très doux pour que les pâtes s’imprègnent bien de la sauce. Vient le moment de préparer vos tagliatelles de courgette. Pour cela, rien de plus simple utilisez un économe et faites comme si vous épluchiez le légume mais en entier. Déposez les lamelles dans une poêle avec un léger filet d’huile d’olive, du sel et du poivre, remuez quelques secondes sans les faire cuire, elles doivent rester croquantes.

    Une fois que tout est prêt, déposez les linguine dans le fond de l’assiette, ajoutez joliment les tagliatelles de courgette, les pignons torréfiés, quelques morceaux de feuille de menthe ciselées au ciseau et terminez avec des zestes de citron vert pour donner du peps à votre plat.

    Bon appétit.

    Pour 2 personnes il vous faudra :

    – Une belle bûche de chèvre, une noisette de beurre, une échalote

    – Une poignée de pignons, un citron vert, quelques feuilles de menthe fraîche

    – Du miel, de la crème liquide, une courgette jaune

    – Sel, poivre, piment d’Espelette et huile d’olive

    – Un paquet de linguine ou tagliatelle

  • Des petites secousses aux grands tremblements de terre

    Des petites secousses aux grands tremblements de terre

    Un tremblement de terre ne survient pas d’un seul coup sans prévenir. Il se passe des choses en amont. La faille se débloque à un endroit, commence à glisser puis tout devient instable et le glissement accélère jusqu’à générer un gros séisme. « C’est ce que dit la théorie et ce que montrent les expériences en laboratoire », pointe François Passelègue, chercheur CNRS au laboratoire Géoazur (Valbonne). Mais la réalité est plus complexe avec une grande variété de situations. Cette phase de préparation d’un séisme – appelée phase de « nucléation » – peut parfois durer quelques heures, quelques jours voire quelques mois. Elle a duré quelques jours avant le séisme de Tohoku-Oki qui a frappé durement le Japon en 2011, mais plusieurs mois avant celui d’Iquique au Chili en 2014. Et dans certains cas, cette phase de nucléation semble inexistante. Pourquoi une telle variété ? « C’est la grande question à laquelle nous avons voulu répondre », ajoute le chercheur.

    Dans un article paru dans Nature, il montre pour la première fois que des petites secousses précoces influencent la durée de la nucléation. Celle-ci sera d’autant plus courte que ces secousses – appelées « foreshocks » – sont fortes. « Quand elles sont vraiment fortes, la phase de nucléation est presque invisible », insiste Barnaby Fryer, post-doctorant à Géoazur et premier auteur de l’étude.

    Prédictions

    Ce résultat a été obtenu en laboratoire sur un dispositif expérimental simulant une faille avec du plexiglas, dans le cadre du projet européen Hope qui se termine en 2027. « Notre but est de déterminer quelles sont les informations minimales qu’il nous faut pour prédire la sismicité dans le temps et l’espace, résume François Passelègue. La conclusion actuelle est qu’il faut réussir à mesurer la contrainte sur toute la faille en temps réel ». Ce qui est faisable en laboratoire mais semble totalement impossible sur le terrain pour l’instant. « Cela impliquerait de faire des forages profonds pour installer des capteurs de contraintes et de pression, ajoute le chercheur. C’est beaucoup trop coûteux. »

    Maintenant que l’importance des secousses précoces dans la phase de nucléation est démontrée, les chercheurs aimeraient être capables de prédire où va commencer cette phase de nucléation. « Dans nos expériences de laboratoire, c’est très hétérogène », souligne François Passelègue. L’endroit où la faille commence à glisser change d’une expérience à l’autre. « Nous y travaillons depuis quelques années, ajoute-t-il. Cela serait une grande avancée dans la compréhension des processus de préparation des séismes ». Tout comme l’étude de scénarios plus complexes. « Jusqu’à présent, nous nous sommes limités au cas simple d’une seule secousse précoce située sur la faille », souligne Barnaby Fryer. Mais que se passerait-il s’il y en avait plusieurs et qu’elles se produisaient à distance de la faille ?

  • Au boulodrome Carli, la pétanque fait battre les cœurs

    Au boulodrome Carli, la pétanque fait battre les cœurs

    Le claquement sec des boules résonne sous les arbres du conservatoire Pierre-Barbizet. Un instant, tout se suspend. Puis les voix reprennent, mêlées au tintement des verres, aux rires et à l’odeur de barbecue qui flotte entre les terrains. « T’as le point ou c’est moi ? ». Sur le sable ocre, les pas crissent. Les regards se concentrent. Puis se relâchent. Les mains se serrent, les épaules se tapent. Ici, l’entrée dans le cercle est immédiate. Le boulodrome Carli est un lieu emblématique de rassemblement pour les Marseillais.

    Treize terrains en libre accès, ouverts tous les jours de 14h à 21h. Et une règle simple : chacun participe à faire vivre l’endroit. « On les entretient nous-mêmes », explique Valérie Patissier, vice-présidente de l’association Carli, la Boule des Trois Mages. Un terrain public, tenu à bout de bras par ses joueurs. « Contrairement aux terrains de village, celui-ci s’inscrit dans un environnement très urbain, ce qui reste rare », souligne Romain Pastor, adjoint en charge des traditions, cultures et pratiques sportives provençales à la Ville.

    Tous âges et cosmopolite

    Mais ici, ce n’est pas seulement le jeu qui retient. C’est l’ambiance « très conviviale. Il y a tous les âges, femmes, hommes. C’est très cosmopolite… On est vite adopté », sourit Valérie en suivant les parties qui s’enchaînent. Les accents se croisent, les générations se répondent. Les trajectoires aussi. « Le facteur d’attraction, c’est l’ambiance : tous les pays du monde sont représentés. » Au fil de la journée, le décor évolue. L’après-midi appartient aux retraités. Les gestes sont lents, précis, presque rituels. Puis, à mesure que le soleil décline, les actifs arrivent. Le rythme change. Le bruit aussi.

    « La pétanque devient une pratique d’afterwork », observe Romain Pastor. « Pour rencontrer des gens ou s’intégrer, il suffit souvent de prendre ses boules. » Un noyau d’habitués occupe les lieux, mais le terrain reste ouvert. Accessible. Vivant.

    Une place de village

    en plein centre

    Le week-end, les concours organisés par l’association deviennent même des portes d’entrée pour les nouveaux venus. À Marseille, « ville des 111 villages », rappelle Romain Pastor, le terrain de boules fait figure de place publique. À Carli, cette logique se glisse en plein centre. La poussière s’élève à chaque lancer. Les boules brillent dans la lumière qui tombe.

    Les conversations se superposent sans jamais s’annuler. « Je venais juste en divertissement au début puis j’ai accroché aux gens, puis à la pétanque », confie Valérie Patissier. Ici, on ne fait pas que jouer. On revient. On s’attarde. Et souvent, sans vraiment s’en rendre compte, on finit par y trouver sa place.

    « Je venais juste en divertissement au début, puis j’ai accroché aux gens puis
    à la pétanque »

  • Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Zaïd, premier bébé de l’année à Avignon et déjà victime d’un déferlement de haine raciste en ligne. Des mamans déléguées de l’école des Grands-Cyprès visées par une vague de commentaires racistes car voilées. Depuis le début d’année, plusieurs cas de discriminations ont éclaté au grand jour. Il semblait donc impensable que le Vaucluse se tienne à l’écart d’un appel national à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations.

    Une quinzaine d’associations (LDH, Mrap, Attac Mouvement de la paix…) collectifs (No pasaran, Les Rési-liantes…), partis politiques (PS, LFI, PCF, G.s, EELV) et syndicats (FSU, CGT) appellent donc à une manifestation, place Pie (10h30), dimanche. « Parce que notre département connaît depuis de nombreuses années une implantation durable de l’extrême droite et que les discours de rejet, de stigmatisation et de division y trouvent trop souvent des relais, nous refusons la banalisation du racisme sous toutes ses formes », indique la LDH qui appelle à une autre facette du département : « Le Vaucluse est aussi une terre de diversité et de solidarité. Nous voulons affirmer une autre voie : celle de l’égalité des droits, du respect de la dignité humaine et de la fraternité. » Côté politique, le Parti communiste sera de la partie : « À un moment où, en l’absence de perspectives de transformation crédible, l’extrême droite progresse sur ces divisions, alimentées par un capitalisme en crise qui mène une attaque frontale contre les conquis sociaux et provoque la colère populaire, le PCF souhaite contribuer à l’émergence d’un grand mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations. »

  • Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Un événement placé sous le signe du partage. Dans une centaine de restaurants, du bistrot à l’étoilé, mais aussi dans les cantines solidaires, restaurateurs, artisans de la région et cuisiniers réfugiés se réuniront afin de concocter des plats du monde entier, du 20 au 27 juin à Marseille. Au menu : banquet afghano-provençal, cuisines marocaines, palestiniennes ou encore ukrainiennes. « À travers ces rencontres nous voulons défendre l’idée que l’exclusion, la défiance et la peur s’effacent lorsque l’on apprend à se connaître », témoignent les organisateurs du Festival.

    C’est dans le cadre de la Journée mondiale des réfugié.es que s’organise chaque année autour du 20 juin, le Festival. « Nous voulons parler de chacun des individus qui sont appelés “réfugiés”. De chacune de ces personnes qui font preuve d’une résilience et d’un courage exceptionnels pour tout réapprendre », expliquent-ils.

    « La cuisine porte

    la mémoire »

    Manon Fleury, cheffe étoilée, parraine cette édition aux côtés d’Aïssa Maïga, réalisatrice, autrice et productrice française d’origine sénégalaise et malienne. « La cuisine fait partie de ces espaces très puissants où tout devient concret. Elle porte la mémoire, l’exil parfois, mais aussi la transmission, la joie. Elle permet de recréer du lien, même loin de chez soi », souligne-t-elle. « C’est ça la France, dans ce qu’elle a de plus beau : un lieu où les cultures se croisent, se transforment et inventent ensemble. »

    Programmation à retrouver sur festival.refuge-food.org/marseille

  • Un anniversaire festif et revendicatif au Mucem

    Un anniversaire festif et revendicatif au Mucem

    Témoigner, sensibiliser, résister : la série d’événements prévus au Mucem ce samedi pour le dixième anniversaire des opérations de SOS Méditerranée répond à ces trois objectifs. C’est ainsi qu’une table ronde se tiendra à 15h au sein de l’auditorium du musée réunissant Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée, Anne Kamel, médecin qui exerce à bord depuis le début des opérations en 2016, Moussa Camara, l’un des premiers rescapés secourus en 2016 (lire ci-dessus) et président de l’association Guinée à Marseille ainsi que François Gemenne, politologue belge spécialiste des migrations et membre du Giec.

    Puis, à 17h, le film Mothership, tourné en 2023 à bord de l’Ocean Viking, sera diffusé en présence de sa réalisatrice Muriel Cravatte. Ce documentaire met la lumière sur les équipages, les exilés secourus et plus particulièrement les femmes souvent invisibilisées lorsqu’il est question de migrations.

    Enfin, la journée se clôture par une soirée festive sur la place d’armes du Fort Saint-Jean, dès 19h. Un concert de soutien sera donné par de nombreux artistes venus des deux rives de la Méditerranée : le musicien Thomas de Pourquery, le chanteur occitan Sam Karpienia, le compositeur égyptien Tarek Abdallah et bien d’autres.

    La danseuse et chorégraphe Maryam Kaba proposera un warm-up AfroVibe aux côtés du collectif Twerkistan accompagné de DJ et performers pour finir la soirée par un set dansant de Matteo, membre cofondateur du groupe Chinese Man. En parallèle de cette soirée, l’équipe des Grandes Tables de la Friche la Belle de Mai inviteront à découvrir un repas inspiré par la cuisine d’urgence préparée à bord de l’Ocean Viking.

    * Les événements sont accessibles sur réservation sur sosmediterranee.fr

  • Deux coureurs à l’assaut de La Routo, jusqu’en Italie

    Deux coureurs à l’assaut de La Routo, jusqu’en Italie

    Après un voyage à vélo et en course à pied en Amérique du Sud, trois accompagnateurs en montagne ont décidé de jouer à domicile en parcourant la Routo, d’Arles vers le Piemont en Italie, puisque deux d’entre eux sont originaires de l’Ubaye, et le troisième de Nice. Jason Costa et Loïc Preghenella se sont donné le défi de battre le record de temps de parcours en course à pied, tandis que leur ami Bruno Maximim les suit en camion pour les ravitailler. « On nous a prêté un camion dans lequel on dort. On ne sait pas si c’est un bon cadeau ou un cadeau empoisonné vu toutes les galères qu’on a avec ! », lance ce dernier. « Les pratiques d’antan, la transhumance sont aussi importantes pour nous », explique-t-il.

    Les sportifs parcourent environ 62 kilomètres par jour, et se lèvent à cinq heures tous les matins. « Demain, on attaque les montagnes et les gros dénivelés », expliquent les coureurs de passage à Digne mardi. « Dès qu’il y en a un qui va moins bien, on se fait des blagues pour se remotiver », confie Jason. « Quand on repart après manger avec un ressenti de 39 degrés, en courant sur du bitume, on se demande pourquoi on fait ça », avoue-t-il.

    Sur leur route, ils rencontrent de nombreux personnages. « Avant-hier, on a dormi chez des gens qui sortaient d’une mise en bouteille de leur vigne. On leur a promis de boire la bouteille qu’ils nous ont offerte à notre arrivée à Cuneo », racontent-ils. « À Aix, un petit jeune de 13 ans est venu courir avec nous toute la journée ! », se rappelle Bruno. « Ce matin, on s’est arrêtés 30 minutes pour discuter avec un berger », se réjouit Jason.

    Les deux amis visent une arrivée à Cuneo en Italie ce dimanche au plus tard. Ils espèrent faire un film et écrire un livre sur leur aventure.

  • Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Être présents ce soir, c’est refuser le silence et l’habitude, et que la présence du RN devienne une normalité. » Le conseiller municipal Nicolas Féraud (PCF) donne le ton du rassemblement de vendredi soir, sur le parking de la Maison de la mer de Fos, à l’initiative de l’opposition de gauche au conseil municipal.

    L’élu communiste, portant la parole du groupe Notre Fos, a dénoncé le prêt de la salle communale par le maire d’extrême droite Philippe Maurizot à trois députés RN pour leur réunion publique. « Le nouveau maire de Fos n’assume pas ce qu’il est, ses choix politiques, mais fait de Fos la vitrine de l’extrême droite », affirme Nicolas Féraud. « On tente de nous opposer les uns les autres, un jour les immigrés, l’autre les retraités, demain les jeunes. Halte à la division, aux cases qui nous isolent », conclut-il.

    Les participants sont de cet avis. « La CGT a toujours été contre le RN qui agit contre les travailleurs et les syndicalistes » tance Frédéric Bruno, de la CGT Marcegaglia. « Ils font semblant de servir nos intérêts de classe mais c’est que du fake, car ils refusent de voter l’augmentation des salaires et veulent en terminer avec nos cotisations sociales, qui font la Sécu et les retraites, pour aller vers un système à l’américaine », observe le syndicaliste.

    « La Provence, nous on l’aime, mais pas eux » rebondit Jean-Philippe Murru, communiste fosséen. « La Provence est cosmopolite, elle s’est faite avec les Italiens, puis avec d’autres immigrés. Les RN vivent dans le fantasme ! Celui d’une race donnée pour un territoire donné », développe-t-il.

    « Une première étape »

    Cette histoire, Anne-Charlotte Cipreo, 16 ans, la connaît. « Ma meilleure amie est réfugiée, et y’a des gens qui auraient aimé qu’elle meure dans son bateau. Mon combat part de là », lâche-t-elle.

    Olivier Bonnet, insoumis de Fos, regrette l’utilisation de la Maison de la mer, « lieu de convivialité par excellence où les associations font leurs fêtes de fin d’année, le Téléthon ou les oursinades ». « Que ce lieu serve à distiller un discours de haine et de racisme nous est insupportable », dénonce le militant.

    Un rassemblement « bon enfant » en somme, comme l’assure Nicolas Féraud, conclu par un « siamo tutti antifascisti » collectif. « Notre message vise à s’organiser collectivement contre le RN, pas contre les urnes. Il y aura d’autres combats à mener, c’est une première étape », promet l’élu.

  • Le Secours populaire continue de faire vivre le droit aux vacances

    Le Secours populaire continue de faire vivre le droit aux vacances

    La lutte pour le droit aux vacances est une lutte historique au Secours populaire parce qu’à sa création, sa première action en 1945 a été de faire partir les enfants des familles victimes du nazisme. C’est vraiment quelque chose qui est fondateur pour nous », commence Olivier Masini, le secrétaire départemental de la fédération varoise de l’association humanitaire. Une campagne estivale qui cette année revêt une résonance symbolique toute particulière avec « l’anniversaire des 90 ans des congés payés amenés par le mouvement social du Front populaire en 1936 ».

    « Les vacances, le temps libéré, c’était révolutionnaire », reprend le secrétaire départemental, en expliquant pourquoi, à partir de cet événement historique, le Secours populaire s’est intéressé cette année à la perception qu’avaient aujourd’hui les Français des vacances. L’enquête Ipsos réalisée fin mai début juin, montre par exemple que pour 73% des personnes interrogées ce conquis social est placé comme important juste après la Sécurité sociale.

    « Les trois quarts d’entre eux déclarent que ça relève d’un besoin essentiel, d’autant plus dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Mais 40% considèrent maintenant les vacances comme un luxe, 90 ans après les congés payés », pointe Olivier Masini. Une situation inquiétante lorsqu’on connaît l’importance pour la santé mentale de pouvoir s’extraire de son quotidien, de découvrir d’autres horizons, et se retrouver en famille.

    Le sondage met malheureusement en lumière aussi que, sur les 4 dernières années, 33% des personnes interrogées ne sont pas parties en vacances.

    Ce samedi au bord du lac de Carcès, l’esprit de 36

    Pour lutter contre cette injustice le Secours populaire met en place des séjours de vacances pour les familles, des départs en colonies pour les enfants et la traditionnelle Journée des oubliés des vacances.

    Et dans le Var cela commence dès ce samedi au bord du lac de Carcès pour une guinguette populaire dans l’esprit de 36 afin de fêter les 90 ans des congés payés. « Une belle journée de partage » qui va réunir les bénévoles et les personnes accueillies qui le souhaitent. « Puisque vous le savez, au Secours populaire, il n’y a pas d’un côté celui qui donne et de l’autre celui qui reçoit. On est là pour mettre en mouvement la solidarité. »

    Le SPF83 fait le compte :« Pour l’instant, on a déjà 15 familles qui vont partir en vacances, contre une seule l’année dernière, et d’autres dossiers vont encore d’ici là être montés », précise Lamia particulièrement investie dans cette tâche d’accompagnement de A à Z des bénéficiaires. Et de poursuivre : « Ce matin, une famille a pris le train pour l’Ardèche et est arrivée à 11h à Montélimar, puis pris le bus jusqu’à Ruoms. Et on a leur a réservé un taxi pour les emmener au camping. On ne les abandonne pas dans la nature. »

    Le 22 août à Aqualand

    Des dossiers pas faciles du tout à monter puisque les bénévoles doivent commencer à faire admettre aux personnes en difficulté qu’elles ont droit elle aussi aux vacances. « Quand on y arrive c’est pour nous, une victoire », reprend Lamia. Et de poursuivre : « Notre but c’est justement que les vacances ne soient pas un privilège, mais soient accessibles à chaque famille, que chacun puisse s’épanouir moralement, physiquement, par la découverte. Pour les enlever de l’exclusion et permettre l’égalité de chance pour tout le monde. »

    Concernant la Journée des oubliés des vacances, destination cette année le parc Aqualand de Fréjus le 22 août.

    « On est déjà complets avec 350 participants pour le Var et je pense qu’on va peut-être même rajouter un bus, on va voir. C’est pour vous dire les attentes qu’il y a autour de tout ça », précise Olivier Masini.

    Le secrétaire départemental déplore, cette année encore, un recul évident de l’accès au droit aux vacances. Amer constat 90 ans après l’arrivée du Front populaire.

  • Les croix de la discorde à Comps

    Les croix de la discorde à Comps

    Sommes-nous revenus au XIXe siècle, époque durant laquelle l’Église catholique avait entrepris une reconquête symbolique de l’espace public en installant des croix au sommet des montagnes en opposition à la déchristianisation de la fin du XVIIIe siècle et à la Révolution française ? Dans le Gard, certains doivent le penser, puisqu’ils ont accroché deux croix catholiques sur les hauteurs de Comps, près de Beaucaire.

    Tout commence en 2025. Une première croix en bois est installée sans autorisation et y restera plus d’un an, jusqu’à ce qu’un inconnu la démonte. Mais en mai dernier, une nouvelle croix, cette fois en métal, est solidement accrochée à la roche au même endroit. L’association Action citoyenne anti-raciste et antifasciste à Beaucaire (ACAAB) alerte alors la Ligue des droits de l’Homme et la Libre pensée du Gard pour que cette croix illégale soit démontée, en respect de la loi de 1905.

    La polémique devient alors particulièrement violente. Laure Cordelet, présidente de l’association ACAAB, reçoit plusieurs menaces. Dans le même temps, de très nombreux habitants se mobilisent pour sauver cette croix symbole, selon eux, du patrimoine et de la culture française… Une pétition est même lancée en ligne pour rassembler les soutiens à la présence du symbole religieux dans l’espace public (348 personnes l’ont déjà signée).

    « Sur des parcelles qui appartiennent à une collectivité publique, c’est interdit d’apposer des symboles religieux quels qu’ils soient en vertu de l’article 28 de la loi de 1905. Sur une parcelle privée, chacun fait ce qu’il veut, même si elle est visible de l’extérieur. Toutes les croix installées avant 1905 peuvent être restaurées sans problème parce qu’elles sont devenues patrimoniales et qu’elles datent d’avant la séparation historique de l’Église et de l’État », recadre Nicolas Cadène, ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité.

    Une deuxième croix apparaît

    Pendant que la polémique enfle et s’accompagne de tags de soutien, une nouvelle croix, celle-ci en bois, apparaît, toujours sur les hauteurs de Comps. Après vérification, il s’avère que ces croix ont été apposées sur des terrains appartenant à la mairie de Beaucaire pour la première, et au Département du Gard pour la seconde. Le maire de Comps, Alain Laget, a ainsi contacté les deux collectivités pour leur demander d’appliquer la loi. Le Département a rapidement réagi en signifiant que la croix en bois serait retirée. Pour l’heure, la municipalité de Beaucaire n’a pris aucune décision et son maire RN Nelson Chaudon, qui avait été condamné à 103 000 euros pour avoir laissé une crèche dans la mairie, ne semble pas opposé à la présence de la croix.

    D’autres militants d’extrême droite ont même tenté un parallèle hasardeux entre la présence de la croix dans l’espace public et le port du voile islamique. « Ça n’a rien à voir. Est-ce que les croix sont interdites sur les gens ? Grâce à la laïcité, les gens ont le droit à la liberté de conscience et de conviction. Il y a d’un côté l’administration qui doit être neutre pour traiter tout le monde à égalité. De l’autre, les citoyens qui ne sont pas neutres, sinon on est dans un régime autoritaire où plus personne ne peut avoir des idées. Porter un voile n’est pas du prosélytisme. Le prosélytisme, ce sont des prises de parole, des écrits, des slogans, ça n’a rien à voir », rappelle Nicolas Cadène. Reste que la croix, à l’instar de la crèche, pourrait bien devenir la nouvelle marotte du maire RN de Beaucaire.