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  • Le Sénégal ne veut pas lâcher sa Coupe d’Afrique

    Le Sénégal ne veut pas lâcher sa Coupe d’Afrique

    En déclarant, deux mois après la finale, que le Maroc était vainqueur par forfait de la dernière Coupe d’Afrique des nations, les organisateurs ont déclenché une véritable tempête.

    « Le Sénégal rejette sans ambiguïté cette tentative de dépossession injustifiée », a déclaré Marie Rose Khady Fatou Faye, la porte-parole du gouvernement, dans un communiqué, dénonçant une décision «  d’une gravité exceptionnelle et grossièrement illégale ». Dakar « demande l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF », poursuit le communiqué.

    Articles et interprétation

    Le 18 janvier, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale disputée à Rabat, en protestation contre une décision de l’arbitre qui, peu après un but refusé au Sénégal, avait accordé un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période.

    Au bout de 15 minutes de confusion précédant finalement un retour sur le terrain des joueurs sénégalais – et dans un chaos qui avait gagné les tribunes avec des supporters sénégalais lançant des projectiles et tentant d’envahir le terrain – l’ailier marocain Brahim Diaz avait manqué le penalty.

    Durant la prolongation, c’est le Sénégal qui s’était imposé grâce à un but de Pape Gueye.

    Mardi soir, le jury d’appel de la CAF a justifié sa décision en se référant aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN, selon lequel si une équipe « refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match », « elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ».

    Si ces deux articles ont été retenus pour justifier la décision de la CAF, d’après Mohammed Diallo, expert juridique, « le retour sur le terrain de l’équipe du Sénégal change tout. Elle n’efface pas la faute comportementale, qui peut amener une sanction financière, mais pas la sanction d’un forfait, car le match est allé à son terme. »

    Pour que l’article 82 soit retenu, « il aurait fallu que l’arbitre siffle la fin du match lors du retrait des joueurs », poursuit Mohammed Diallo. Mais le résultat du match (1-0 après prolongation) a été homologué et le trophée remis. Or, selon le code de la Fifa, « les décisions prises par l’arbitre, sur le terrain, sont finales » (article 9). Certains joueurs sénégalais étaient restés sur le terrain montrant qu’il n’y avait pas volonté d’abandonner la compétition.

    Quant à retirer le trophée, « c’est tout simplement une monstruosité juridique », souligne Mohammed Diallo. Il reconnaît que « le Sénégal pourrait être sanctionné financièrement, mais il n’est pas possible de retirer les récompenses sportives ». La CAF pourrait éventuellement « adresser de lourdes amendes à la fédération sénégalaise, voire suspendre le sélectionneur ».

    De son côté, le Sénégal pourrait invoquer l’article 16 de la CAN pour faillite sécuritaire. « Juridiquement, on ne peut pas sanctionner une équipe qui se protège d’une faillite sécuritaire de l’hôte. » La fédération sénégalaise a dénoncé « une décision inique, sans précédent et inacceptable qui jette le discrédit sur le football africain », et indiqué qu’elle engagerait une « procédure d’appel dans les plus brefs délais » devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

  • L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    Entre un maire sortant complètement décrédibilisé et une gauche totalement désunie, le scrutin dans la troisième ville du Gard s’annonçait déjà favorable au RN avant le vote du premier tour. L’ampleur de la vague brune s’est confirmée dimanche 15 mars : la députée (RN) Pascale Bordes caracolait en tête avec 44,26%. Derrière, le maire sortant Jean-Yves Chapelet (soutenu par la macronie) arrivait tout juste en deuxième position avec 18,25%, devant Jérôme Jackel (Debout!) à 15,93%, Philippe Broche (soutenu par le PCF) à 14,43% et Michel Cegielski (PRG) à 7,13%.

    Mais malgré ce désaveu criant pour le maire sortant et l’incapacité pour un autre candidat de le devancer, Jean-Yves Chapelet a appelé la population à l’union « pour le progrès et l’avenir » pour ne pas « laisser les clés de la ville à un parti ». Sauf que son opposant au conseil municipal, Jérôme Jackel, se maintient au second tour. L’élu municipal membre du parti de François Ruffin, a aussi lancé un appel à l’union et a proposé une fusion à Philippe Broche. Une réunion s’est déroulée le 16 mars entre les colistiers de Philippe Broche qui ont finalement décidé de se retirer. Jugeant l’offre de fusion « pas à la hauteur », Philippe Broche a refusé de s’allier avec Jérôme Jackel et, devant l’absence de coup de fil du maire sortant, n’a pas donné de consigne de vote. Le Parti communiste qui le soutenait a de son côté appelé à ce qu’ « aucune voix n’aille au Rassemblement National ».

    Avec deux listes face à Pascale Bordes, les jeux semblent donc déjà pliés. « J’estime qu’à 160 voix du maire sortant je suis légitime », explique Jérôme Jackel. « J’irai chercher l’opposition. Les oppositions sont nécessaires. Si le maire avait été plus démocrate, je l’aurais suivi mais là, il règne seul. Si le RN doit prendre la ville, je serais là pour préparer l’avenir et être une opposition au RN, ce que Jean-Yves Chapelet est incapable d’incarner ».

    RN : une équipe très familiale

    Malgré les forts résultats de l’extrême droite à Bagnols-sur-Cèze, la liste de Pascale Bordes montre à nouveau qu’il est plus facile au RN d’atteindre les 40 % que de trouver 33 noms pour constituer une liste. Ainsi, Objectif Gard dénombrait pas moins de sept couples dans la liste de la députée. Aussi, trois colistiers sont ou seront durant le mandat, nonagénaires. « Quant à certains jeunes de la liste, une petite recherche sur les réseaux montre qu’ils vont quitter ou ont déjà quitté la ville pour étudier ailleurs. Ainsi, une jeune femme explique qu’elle sera en septembre 2026 à Paris », ajoute Elian Cellier, secrétaire de la section communiste de Bagnols-sur-Cèze.

    Cette liste, tout comme l’absence de Pascale Bordes en conseil municipal depuis 2021 alors qu’elle avait été élue dans l’opposition l’année précédente, n’a pourtant pas empêché les Bagnolais de plébisciter la députée d’extrême droite au premier tour.

  • À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    À Arles, Jean-Michel Jalabert se maintient face à de Carolis

    Le scénario de la quadrangulaire arlésienne se confirme. Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Arles, le maire Horizons d’Arles Patrick de Carolis enjoint son ancien premier adjoint Jean-Michel Jalabert (DVD), arrivé quatrième derrière le RN, à se retirer en sa faveur.

    Une option définitivement enterrée par l’intéressé à l’issue de l’annonce des résultats dimanche soir et réitérée dans une vidéo publiée lundi dans la soirée. « Nous avons décidé de nous maintenir au 2nd tour de cette élection municipale », annonce le candidat, rapportant « des déclarations publiques cinglantes à mon égard pour tenter d’obtenir mon désistement », visant l’édile en place. « Je ne porterai pas l’échec du mandat de Carolis, arrêtons les fables qui consistent à faire croire que je vais remettre l’extrême gauche au pouvoir, il est l’unique responsable de la situation actuelle », tranche Jean-Michel Jalabert, affirmant que « 66% des Arlésiens ne veulent plus de cette gouvernance défaillante et autoritaire ».

    Travailler l’abstention

    L’ancien 1er adjoint de Patrick de Carolis parle d’un « candidat hors-sol et méprisant » à l’adresse de ce dernier, dans son communiqué d’après 1er tour, dont « le résultat médiocre traduit l’insatisfaction et le souhait largement exprimé d’un changement de méthode et de gestion pour notre ville », au regard des 34% des voix récoltées par le maire sortant, comparés aux 14% de Jean-Michel Jalabert, le double des pronostics.

    Dans ce contexte, du côté de la seule liste de gauche encore en lice, Nicolas Koukas priorise le fait de « travailler les abstentionnistes », qui s’élèvent à 43% des votants du premier tour. Du côté de la liste insoumise conduite par Jecilla Regad, non qualifiée, fait « confiance à l’intelligence » de ses électeurs et indique que « faire barrage » à l’extrême droite et « se débarrasser » de la droite réactionnaire sont « nos priorités et notre boussole ».

    En attendant, l’Union pour Arles organise un meeting jeudi à 19h au stade Fournier.

  • Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    La candidate LFI, Rabyata Boinaheri, est arrivée en 3e position (23,28%) dimanche, derrière le candidat du RN (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais (36,96%). « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN. Nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », justifient les proches du jeune marseillais assassiné en 1995 sur l’avenue des Aygalades. Une proposition rapidement balayée d’un revers de la main par Sébastien Delogu, soucieux de faire « accéder au pouvoir dans les quartiers Nord de Marseille la première femme noire » et « faire dégager Samia Ghali ». Un vrai programme…

    Relire la tribune « Il s’appelait Ibrahim Ali, il était Marseille »

  • Amal Couvreur, la voix nîmoise de l’égalité

    Amal Couvreur, la voix nîmoise de l’égalité

    Avant les mandats, les discours et les campagnes électorales, il y a une histoire personnelle. Celle d’une femme née à Casablanca, arrivée jeune à Nîmes pour y poursuivre ses études et qui, au fil des années, a construit sa vie dans cette ville devenue la sienne. « J’y ai fait mes études, je m’y suis mariée, j’y ai eu mes enfants », raconte-t-elle souvent. Aujourd’hui mère et grand-mère, Amal Couvreur parle volontiers de la famille comme d’un repère. « Oui, je suis une femme, fille de, sœur de, maman de et grand-mère », disait-elle récemment devant des militants. Une façon de rappeler que son parcours politique s’enracine d’abord dans une expérience de vie.

    Pendant vingt-sept ans, Amal Couvreur exerce comme assistante sociale à Nîmes, notamment auprès des personnes sans domicile fixe et dans le cadre d’actions menées avec la Croix-Rouge. Un métier exigeant, souvent discret, mais qui façonne durablement son regard sur la société. Dans les permanences sociales, elle découvre la réalité des vies fragiles : les difficultés de logement, l’accès à l’emploi, les familles qui cherchent des solutions pour leurs enfants. « Je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens », répète-t-elle souvent. Plus tard, elle coordonne un réseau d’aide à la parentalité. Là encore, le terrain reste sa boussole : écouter, accompagner, répondre concrètement aux situations. Cette culture de l’écoute restera au cœur de sa manière de faire de la politique.

    Le déclic de l’engagement politique

    Pendant longtemps, Amal Couvreur ne se voit pas en élue. Elle n’est pas issue d’un appareil partisan et se définit encore aujourd’hui comme une femme « engagée mais indépendante d’esprit ». Le tournant survient en 2015, dans un contexte national marqué par les attentats contre Charlie Hebdo. « Ça m’a beaucoup marquée. Je me suis dit qu’il fallait être là où se prennent les décisions », confie-t-elle. La gauche locale vient alors la chercher pour être candidate aux élections départementales sur le canton de Nîmes-2, aux côtés du communiste Christian Bastid. Sans étiquette, elle réussit à rassembler des sensibilités différentes et est élue conseillère départementale. Depuis, elle est devenue vice-présidente du Département du Gard chargée notamment de la politique de la ville et de la jeunesse, puis conseillère régionale dans la majorité de Carole Delga.

    Dans son bureau ou lors de permanences cantonales, Amal Couvreur continue de recevoir les habitants un à un. Elle revendique cette proximité. « Parfois quelqu’un me dit : vous n’avez rien fait. Mais il ajoute : vous avez écouté. » Depuis 2015, elle estime avoir rencontré plus de 3 000 personnes lors de ces permanences. Logement, formation, difficultés familiales : autant de réalités qui nourrissent sa vision politique.

    Ce qui l’anime, dit-elle, c’est une idée simple : l’égalité. Entre les quartiers, entre les familles, entre les enfants. « Je veux que le gamin du Mas de Mingue ait les mêmes conditions que celui de Vacquerolles », résume-t-elle. Cette obsession de la justice territoriale traverse tous ses engagements. Pour elle, une ville apaisée est une ville où les habitants se rencontrent et vivent dans des conditions équitables. C’est aussi ce qui l’a poussée à rejoindre la liste Nîmes en commun, menée par Vincent Bouget pour les municipales de 2026. Comme numéro deux, elle revendique une place de « femme d’action », mais aussi de lien entre les habitants, les associations et les institutions.

    Dans ses discours, Amal Couvreur évoque souvent les femmes invisibles, les bénévoles, les éducateurs, les travailleurs sociaux. Tous ceux qui, selon elle, « font battre le cœur d’une ville ». Pour cette Nîmoise d’adoption, la politique n’est ni un spectacle ni une carrière. C’est un service public. Et peut-être, une manière de continuer le travail commencé il y a longtemps : aider les autres à tenir debout.

  • Un nouveau projet pour relancer le basket professionnel à Marseille

    Un nouveau projet pour relancer le basket professionnel à Marseille

    « Nous ne lançons pas une équipe, pas un club, mais un projet », insiste Julien Lebas, l’un des visages de Marseille Basketball, la nouvelle structure qui veut rendre ses lettres de noblesse à la pratique de la balle orange dans la cité phocéenne, où aucun club n’évolue au niveau professionnel. « Je pense que Marseille est une grande ville de sport. Maintenant, il n’y a pas de basket. La place, elle est libre. Je pense que c’était le moment de se lancer sur ce projet », souligne Charles Assailly, président de Marseille Basketball.

    En Betclic Elite d’ici 2030

    Ce jeune retraité du monde financier a roulé sa bosse dans l’Est de la France, où il a accompagné de nombreux clubs de basket professionnels, comme Dijon, Besançon, Chalon-sur-Saône, Bourg-en-Bresse. « Ces quatre clubs sont toutes dans des villes moyennes. Le basket y a fait son trou petit à petit. Pourquoi ça ne pourrait pas marcher à Marseille ? La deuxième ville de France avec 1,6 million d’habitants, 20 clubs de basket qui réunissent 13 000 licenciés, avec ses quartiers, sa culture urbaine grâce à tous les playgrounds qui se sont créés ces derniers temps, et surtout sa jeunesse, où 35% de sa population a moins de 30 ans. Marseille a tout le potentiel pour avoir une grande équipe de basket », lance le dirigeant marseillais, qui travaille depuis deux ans sur ce projet. Et pour ne pas repartir à zéro, la société par actions simplifiées (SAS) Marseille Basketball, composée aujourd’hui de huit personnes et bientôt de dix membres supplémentaires, a convaincu le Stade Marseillais Université Club de céder leurs droits sportifs dès la saison prochaine.

    La structure récupère ainsi l’équipe fanion, implantée en Nationale 2 depuis dix ans. « Grâce à l’arrivée de nouveaux partenaires, on va là aussi grandir et, j’espère, vite passer en Nationale 1 et, pourquoi pas, se lancer sur l’élite 2 et l’élite 1, donc l’élite du basket français, d’ici cinq ans », lance Charles Assailly, en détaillant le modèle économique envisagé, passant d’un budget de 300 000 euros en Nationale 2 à près de 10 millions d’euros en cas d’accession en Betclic Élite, envisagée en 2030-2031.

    Du Palais des Sports au projet d’une Arena

    Mais pour ouvrir les portes du basket professionnel à Marseille, la nouvelle marque doit se doter d’une infrastructure à la hauteur. Loin du Technosport de Luminy qui est trop excentré du centre-ville. Seul le Palais des Sports est pour le moment en mesure d’accueillir plusieurs milliers de spectateurs. « Si le toit existe, on va pouvoir multiplier les ressources », se projette Alexandre Fassi, entrepreneur local et vice-président.

    Mais pour Frédérique Prud’Homme, présidente du Comité 13 et vice-présidente de la Fédération française de basketball, Marseille Basketball doit voir encore plus grand. « 5 000 places, ce n’est absolument pas suffisant par les temps qui courent. Si vous voulez construire quelque chose en vue d’accueillir du très haut niveau local et international, il faudrait entre 6 000 et 10 000 places », estime-t-elle en suggérant la construction d’une nouvelle salle. « C’est trop petit 5 000 pour du basket. On aura rien même avec 10 000. Il faut une salle de 15 000 places », surenchérit Jean-Pierre Bruyère, président de la Ligue Sud de basketball.

    Avant de songer à cette future Arena, qui pourrait voir le jour au Parc Chanot, le Smuc Basket va profiter du parquet du Palais des Sports, le 18 avril face à l’USO Rognonas, lors de la 24e journée de Nationale 2.

    À cette occasion, Marseille Basketball deviendra le premier club de sport professionnel français à déployer une solution d’equity crowdfunding ouverte à ses supporters. Ce qui permettra à chaque supporter de devenir actionnaire du club et de participer à son développement.

  • Le CNM retrouve Sabadell pour un face-à-face clé

    Le CNM retrouve Sabadell pour un face-à-face clé

    Le parfum de la Coupe d’Europe est toujours bien présent. S’il a provisoirement disparu du Vélodrome, il ne s’est pas dissipé autour des piscines du Cercle des nageurs de Marseille. Ce mercredi, en fin d’après-midi, les poloïstes du CNM affrontent Sabadell en quarts de finale de la LEN Euro Cup, l’antichambre de la Ligue des Champions.

    Un adversaire bien connu des Marseillais parce que les Espagnols figuraient déjà dans la poule des hommes de Milos Scepanovic, cette saison, en LDC. Deux défaites contre cette formation avaient éteint les chances de qualification phocéenne pour la suite de la plus belle des compétitions. Cette nouvelle confrontation s’annonce donc intense. « Je dirais que c’est une très belle opportunité. Je ne suis pas du tout dans le sens, comme on dit, de la revanche, qu’on doit les battre parce que c’est quelque chose de personnel. C’est plutôt dans l’esprit, qu’est-ce qu’on a appris, qu’est-ce qu’on a appris de nous ? Parce que chaque crise, je pense qu’elle vient pour nous apprendre quelque chose. On a beaucoup parlé, on a beaucoup travaillé, depuis les dernières défaites en Ligue des Champions contre Sabadell, et on a une très belle opportunité de voir où on est par rapport à tout ce qu’on s’est dit », décryptait l’entraîneur monténégrin.

    Depuis le 11 février et cette élimination contre Sabadell, les Marseillais ont enchaîné les bons résultats en championnat. Plus de 20 buts marqués par match, moins de 10 encaissés et une vraie assurance face à leurs concurrents nationaux. « Depuis toujours, notre objectif, c’est notre campagne en Ligue des Champions ou en Coupe d’Europe. Mais les matches de championnat sont là pour mieux préparer nos matches en Europe. Évidemment, quand arrive la finale de la Coupe de France ou les play-offs, c’est très important pour nous. Il faut gagner. »

    Une qualification de justesse contre Savona

    Même si l’équipe a « très mal vécu » de sortir aussi tôt de la Ligue des Champions, le coach venu du Monténégro ne pense qu’à l’avenir. « Ça, c’est derrière nous. Ça fait maintenant plus d’un mois. On s’est mis au boulot, on a vraiment beaucoup travaillé, parlé, on a fait tout ce qu’il faut pour améliorer des choses. C’est pour ça que je dis qu’on verra comment l’équipe va réagir cette fois-ci contre le même adversaire qui nous a sortis de la Ligue des Champions. »

    Outre le championnat, le Cercle des nageurs de Marseille a déjà redoré son blason sur la scène européenne. Reversés en LEN Euro Cup, ils ont vécu une double confrontation dantesque contre les Italiens de Savona. 12-11 et 13-13, la qualification pour le top 8 s’est jouée à un seul but. Mais Milos Scepanovic était heureux du contenu et compte bien s’appuyer sur ces performances pour vaincre Sabadell. Et aller chercher le dernier carré de la C2. « Le premier match, je dirais qu’on a répondu très bien au jeu très agressif de Savona, surtout avec beaucoup de provocation, beaucoup de jeu sale. On était bien dans notre partie, avec beaucoup de sérénité, de concentration. Sur le deuxième match, on a eu deux fois une avance de 4 ou 5 buts et on a dominé le match. Je dirais que la majorité des matches, on a vraiment dominé, même si le résultat à la fin était comme ça. C’est plutôt la conséquence d’un manque de concentration, d’erreurs individuelles, plutôt que des problèmes sur les phases de jeu », analysait longuement Scepanovic.

    Quel que soit le résultat de ce match aller dans le bassin Pierre-Garsau, il y aura un retour, en Espagne. Dix jours de battement attendent le CNM avec, au milieu, une rencontre à la piscine Jean-Bouin de Nice. Leur avenir européen se décide donc durant ce mois de mars, avant de peut-être retrouver une équipe serbe ou une équipe monténégrine en demi-finales de la Coupe d’Europe. De quoi permettre des retrouvailles pour l’emblématique coach des Phocéens.

    MARSEILLE – SABADELL

    Quarts de finale de LEN Euro Cup

    Bassin Pierre-Garsau (18h)

    MARSEILLE : Bodegas, Crousillat, Drasovic, Vernoux, Larumbe, Tesanovic, Marion-Vernoux, Kalogeropoulos, Nagy, Spaic, Gbadamassi

    SABADELL : Asensio, Averka, Barroso, Bonet, Cabanas, Corres, Famera, Larsen, Lorrio, Panerai, Perez, Valera

  • [Entretien] Thierry Coville : « L’Iran et Israël veulent une guerre longue »

    [Entretien] Thierry Coville : « L’Iran et Israël veulent une guerre longue »

    Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé, mardi, « l’élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne. Un nouveau coup dur pour Téhéran dans cette guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine sur la République islamique et qui s’étend à toute la région. À ce stade, le pouvoir iranien n’a pas confirmé ces morts et demande à son peuple à se manifester « sur toutes les places des villes » pour un « rassemblement populaire afin de déjouer les complots potentiels des ennemis sionistes ».

    La Marseillaise : Israël a annoncé avoir tué Ali Larijani, présenté comme le dirigeant de facto de l’Iran depuis l’assassinat d’Ali Khamenei. Que représenterait sa mort ?

    Thierry Coville : Le pouvoir iranien est très opaque, mais j’avais la perception que depuis la guerre des douze jours comme on l’appelle, Ali Larijani avait pris des fonctions importantes. En tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il était un des personnages clés du système politique iranien. Si sa mort est confirmée, c’est un coup dur, oui. C’était un conservateur, mais d’un courant plutôt pragmatique. Il a eu un rôle en matière de diplomatie au début des années 2000 sur la question nucléaire, en négociation avec les Européens. Pour donner une idée de son importance, certains parlaient de lui comme une porte de sortie pour l’après-guerre. Il aurait pu être capable de mener un gouvernement de transition. Tout en restant très prudent, je pense que sa mort met les Pasdaran (Corps des gardiens de la révolution islamique) à la manœuvre aujourd’hui. Mojtaba Khamenei est d’ailleurs très proche d’eux, c’est pour cela qu’il a été nommé comme successeur du guide. On a un pouvoir iranien qui se radicalise et dont la stratégie est de faire durer la guerre.

    Israël et les États-Unis ont sous-estimé les capacités de défense iraniennes ?

    T.C. : Concernant Israël, c’est difficile à dire, parce qu’on voit très bien qu’ils veulent que le conflit dure. Côté américain, la réponse est oui, puisqu’on commence à comprendre que Donald Trump n’avait pas vraiment de raison de commencer cette guerre qui ne respecte aucune règle du droit international. L’Iran ne constitue pas une menace directe au plan balistique, ni nucléaire, pour les États-Unis. Donald Trump dit une chose et son contraire le lendemain. Dans son premier discours, il avait annoncé qu’il bombarderait l’Iran pendant trois semaines et préviendrait les Iraniens quand ils pourraient sortir dans la rue. Des propos lunaires et méprisants. D’autant qu’on commence à voir que c’est un petit peu plus compliqué que ça. L’élément qui fait réfléchir beaucoup de gens, c’est la fermeture du détroit d’Ormuz. Comment n’y avait-il pas pensé ? On sent beaucoup d’improvisation. Il en est réduit à demander l’aide des pays occidentaux.

    Israël et l’Iran veulent faire durer ce conflit ? Pourquoi ?

    T.C. : L’Iran et Israël veulent une guerre longue, mais pas pour les mêmes raisons. L’Iran a une stratégie de guerre asymétrique. Ils ne font effectivement pas le poids sur le plan des forces militaires parce qu’ils n’ont pas la maîtrise de l’espace aérien. Mais ils sont prêts à accepter beaucoup de pertes, avec l’idée de faire subir des pertes importantes à l’ennemi pour qu’il regrette d’avoir lancé cette guerre. Le contrôle du détroit d’Ormuz rentre complètement dans cette logique. Ils ont bien identifié que Donald Trump ne pouvait pas se permettre d’avoir une hausse du prix de l’essence aux États-Unis. Ils ont intérêt à ce que le conflit dure, à moins qu’il y ait une proposition d’un cessez-le-feu acceptable de la part des Américains. Je ne suis pas spécialiste des questions israéliennes, mais de l’extérieur, il semble qu’Israël veuille faire durer le conflit et affaiblir au maximum la République islamique d’Iran, ses programmes balistique et nucléaire. L’objectif est de provoquer une telle désorganisation dans le pays qu’il puisse y avoir un changement de régime.

    Et pourtant, on sait que les opérations similaires ont toutes échoué dans la région au détriment des peuples…

    T.C. : L’Iran est un pays très compliqué et prévoir ce qu’il va s’y passer est impossible. Mais c’est un fait, toutes les expériences similaires dans la région ont été catastrophiques. L’autre élément important est qu’il n’y a pas une opposition politique en Iran qui fasse consensus à l’intérieur du pays, qui soit organisée, capable de renverser le régime et surtout qui ait les moyens de prendre les armes. La seule force d’opposition identifiée par les Iraniens, c’est le fils de l’ancien chah Reza Pahlavi, mais il ne représente pas une porte de sortie pour tous les Iraniens. Dans les scénarios qu’on voit, le régime pourrait rester en place, d’autant qu’il a encore le soutien de millions d’Iraniens. Une autre possibilité, c’est une guerre civile.

    Quid des victimes à ce stade ?

    T.C. : Il y aurait déjà un peu plus de 1 300 victimes civiles en Iran. Un chiffre qui est sans doute sous-estimé. Cette idée d’attaquer un pays sans respecter le droit international, avec pour but une évolution politique très incertaine, sans parler des victimes civiles, c’est très dommageable et injustifiable. Effectivement, il y a eu une répression sauvage en Iran en janvier avec des estimations entre 20 000 et 30 000 victimes, ce qui est gigantesque. Ce n’est jamais arrivé en Iran depuis la Révolution. Cela justifie-t-il de ne pas prendre en compte les victimes civiles dans ce conflit ? Si le droit international n’existe plus, c’est la loi de la jungle et c’est dangereux pour tout le monde.

    Que signifierait une radicalisation du régime pour la population ?

    T.C. : La population iranienne demande la démocratie et l’état de droit. Quand Trump est sorti de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, il a réimposé des sanctions, ce qu’il a appelé une politique de pression maximale contre l’Iran. Le pays a pris 15 ans d’inflation à 40% directement liés à ces sanctions. Et les Européens n’ont rien dit. La population iranienne est épuisée par les sanctions. Une partie des Iraniens est tellement en colère contre le pouvoir actuel que certains se sont réjouis quand les attaques américaines et israéliennes ont commencé. Mais cela commence à changer parce que les gens sont très inquiets face à la guerre, à l’ampleur des destructions et craignent l’après car ils voient un pouvoir iranien de plus en plus radical. Ils ont peur que la répression de janvier se reproduise.

  • Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Valensole… Dans ces communes bas-alpines, 300 commerçants vont participer au Printemps du commerce, de mardi à samedi, ce qui doit permettre d’attirer de la clientèle, alors que les centres-villes sont souvent désertés. L’idée est de « mettre en valeur les commerces de proximité et créer du trafic, de la clientèle », explique Christophe Barrière, président de la CCI.

    Dans un contexte d’élections municipales, la CCI veut aussi « lancer un appel aux maires car les centres-villes sont en souffrance, notamment à cause du développement du e-commerce », déplore Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. « Les centres-villes ont besoin que les élus du territoire soient à leurs côtés. » Il rappelle les conditions difficiles dans lesquelles exercent les commerçants de proximité : « 40% se rémunèrent moins que le Smic, ils travaillent plus de 35 heures et prennent des risques. » Le vice-président en charge du commerce interpelle également sur la pyramide des âges : beaucoup de commerçants sont âgés, proches de la retraite et ont besoin de transmission.

    Pendant les cinq jours de l’opération, les commerçants participants vont proposer des animations, des promotions, des bons d’achat ou encore des tombolas dont les bénéfices seront reversés à des associations. C’est le cas à Manosque, où Agnès Gardiol, secrétaire de l’office des commerçants et artisans manosquins, organise avec les commerçants « une tombola au profit des soins palliatifs », explique-t-elle à La Marseillaise. Les fonds récoltés seront reversés à l’association Souffle de vie.

    « Combler les trous »

    La CCI a choisi d’organiser cette opération au mois de mars car c’est une période creuse où il y a « très peu d’activité commerciale », précise Jean-Pierre Pradalier. L’idée est ainsi de « combler les trous ». Des décorations permettront d’identifier les commerces participants. « On essaye de faire en sorte que ce soit relayé pour que résonne cette idée de faire vivre les commerces de proximité », avance le vice-président en charge du commerce.

    « Tout ce qui fait vivre la ville est important, il faut qu’on fasse venir du monde en ville » se réjouit Sandrine Brun, commerçante à Manosque depuis 42 ans qui participe à l’opération. « C’est compliqué partout, les gens consomment moins », constate Agnès Gardiol, venue dans son commerce pour lui apporter son kit de décorations.

    Jérôme Pelissier, directeur de l’agence de Manosque du Crédit Agricole, partenaire de l’opération, insiste : « Les cœurs de nos centres-villes doivent battre. » Certaines unions commerciales prévoient des jongleurs, des magiciens, des festivités ou encore des actions caritatives pour attirer le public dans le cadre de cette opération, qui coûte « entre 25 000 et 30 000 euros » à la CCI, avec le soutien du Crédit Agricole. Des maroquineries, des restaurateurs, des fleuristes ou encore des coiffeurs participeront.

    À Barcelonnette, l’association de commerçants prévoit notamment des jeux de société, un défilé de mode et une déambulation musicale.

    Du 24 au 28 mars à Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Barcelonnette, Pierrevert et Valensole. Programme à retrouver sur le site leprintempsducommerce.digne.cci.fr

  • La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    Lancée vendredi avec un préavis posé jusqu’au 30 mars, la grève des chauffeurs-livreurs de la cuisine centrale d’Avignon a entraîné encore mardi l’annulation de la distribution des repas dans une dizaine de cantines scolaires sur les 36 que compte Avignon, uniquement dans l’extra-muros. Dans le centre-ville, les repas sont en effet délivrés par une société qui utilise des vélos-cargos.

    Assemblée générale chaque matin

    Soutenus par les syndicats des Territoriaux de la CGT et de FO, les grévistes qui se réunissent en assemblée générale tous les matins pour décider de la suite du mouvement protestent contre les conditions dans lesquelles sont menées les investigations autour de vols de grosses quantités de viande dans la cuisine centrale découverts en fin d’année dernière. Une affaire révélée en plein conseil municipal par l’élue RN Anne-Sophie Rigault, candidate arrivée à la deuxième place dimanche. Une enquête administrative interne avait alors été lancée.

    Dans un tract commun, les deux syndicats dénoncent une campagne de diffamation à l’encontre des « lanceurs d’alerte » dont les « conditions de travail se sont fortement dégradées ». « Les agents demandent une enquête administrative impartiale et transparente, ils pensent que ce n’est pas le cas pour l’instant. Chaque agent doit pouvoir être entendu et la vérité doit être recherchée sans pression ni arrangement », justifient les syndicalistes.

    La mairie de son côté estime que seuls cinq chauffeurs sont en grève et a permis depuis lundi aux parents dans les groupes scolaires concernés, tous prévenus par mail au jour le jour, de donner aux enfants un pique-nique et de laisser leurs enfants sur place durant la pause méridienne. « On a été prévenu et on se débrouille, on prépare des sandwichs… » commente Sonia, mère d’élève devant une école du quartier de Montfavet avant d’ajouter : « Je ne suis pas au courant des motifs de la grève ni combien de temps elle va durer mais ils ont sans doute leurs raisons. »